Premières orbites (2/2)
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci
n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », du
pur jus de neurone garanti 100 % bio, sortie tout droit de l’imaginaire de son
auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
À la treizième minute, la force centrifuge due à la vitesse acquise est
équivalente à celle de la pesanteur à la surface de la Terre. Et jusque-là, l’accélération cale les pilotes
au fond de leur siège. C’est comme s’ils pilotaient allongés sur le dos et non
pas assis.
Et la bascule s’est faite lentement, mais ne s’arrêtera pas là, puisque les mouvements du corps vont être de plus en plus contrariés jusqu’à la quinzième minutes, moment où tout d’un coup, l’alimentation des moteurs sera coupée, et tout « flottera » en état d’impesanteur.
Applaudissement général dans les écouteurs…
L’orbite est dépassée, il va falloir redescendre un peu pour se caler sur celle du réservoir qui arrive sur l’arrière.
Paul, toujours à son humour noir, fait : « J’ai comme un doute… »
Quoi ?
Silence dans les écouteurs…
« Je me demande si je n’ai pas porté le log décimal de Pi au lieu du log népérien dans une des équations du retour… »
« Ce serait vraiment con », fait Bill en réponse dans le micro… « Là où on est, il n’y a plus qu’à refaire le plein pour vérifier l’erreur… »
C’est aussi le moment d’une check-list, afin de vérifier que tous les
indicateurs son « ok », que les trappes sont fermées et verrouillées,
les éparses bien rangés dans leurs logements, l’ensemble prêt à un retour
précipité.
Problème, il n’y a plus que quelques jerricans de carburant, ce qui est largement insuffisant pour rentrer au bercail après avoir parcouru quelques 3.600 km.
Désormais, l’allure est dingue : ils vont faire le tour de la planète en 90 minutes et en aligner 4 d’affilée sans mollir !
Un nouveau record personnel pour Paul, même s’il n’est pas le premier à en faire autant : plus d’une centaine d’astronautes, des dizaines de cosmonautes et quelques taïkonautes l’auront précédé.
Il est toutefois le premier à avoir conçu, puis construit et financé l’engin de ce voyage, sur son pur jus de neurone, son temps et ses avoirs personnels…
Tous les autres ne sont finalement que des mercenaires volontaires pour le casse-pipe !
Les deux hommes se félicitent, ravis que tous les indicateurs soient « ok ».
Maintenant il faut retourner l’appareil, il va voler cul devant, tête-bêche, et
faire faire une rotation de la cabine et du cockpit : le « 003.1 »
va voler sur le dos, sur son extrados – qui à cette altitude ne lui sert à rien
– pour devenir son bouclier de protection thermique.
La manœuvre ne prend que quelques minutes et c’est Paul qui l’exécute. Puis il met son appareil face au réservoir-cible de Musk, alors que défile la Terre au-dessus de leur tête : on survole désormais le pacifique probablement pas très loin de l’équateur.
Il leur faut ensuite se rapprocher et s’aligner sur l’étage de la StarShip qui arrive par derrière et par « en dessous », c’est-à-dire plus proche de la Terre que le « 003.1 », parce qu’en réalité, il faut lever les yeux pour l’apercevoir, à l’occasion de ses rotations, scintiller dans les reflets du soleil.
À première vue, ce sera confirmé au fil de l’approche, la fusée-réservoir tourne sur elle-même et sur son axe à raison d’un tour toutes les 28 secondes.
Elle bascule cul par-dessus tête toutes les 80 secondes, et la précession de son axe a l’air de suivre un rythme d’un tour toutes les 70 secondes, un peu plus d’une minute.
C’est là que se justifie la présence de Bill dans le cockpit avec sa console radiocommandée qu’il met en marche pour vérifier que les commandes de l’étage en perdition répondent bien.
Et il fait une blague à Paul en réplique à celle de Paul : « Shit… il ne répond pas ! »
S’il ne répond pas, il ne sera pas possible de refaire le plein. En plus les pilotes ne sont pas équipés pour faire une sortie extravéhiculaire et il n’est donc pas question de tirer un tuyau souple entre les deux satellites qui n’est d’ailleurs pas en soute.
Donc, pas de retour possible, sauf à ce que la Nasa envoie un vaisseau de secours qui poussera le « 003.1 » vers une orbite plus basse en le ralentissant…
« Ah si ! »
« Commence par faire cesser la rotation sur lui-même… »
C’est prévu dans le protocole.
Mais il faut vraiment être sur place pour le faire finement…
L’opération mettra plusieurs dizaines de minutes à être réalisée, et encore, il faudra y revenir ultérieurement.
Entre-temps, Paul s’est encore rapproché alors que Bill tente maintenant
de stabiliser le second étage de la StarShip en réduisant le rythme de ses
tonneaux, ses « boucles ».
S’il faut encore se rapprocher c’est parce que bientôt le futur attelage va entrer dans la zone de nuit qui recouvre le Pacifique Est et l’Amérique latine.
Chaque étape est suivie par le Texas, Le Kremlin-Bicêtre et les Chagos…
Parfois avec des commentaires comiques ou décalés : « Quand est-ce qu’on mange ? »
« Je te proposerai bien des œufs brouillés au fromage et aux lardons, mais on va s’ébouillanter avec l’huile de friture en apesanteur… »
Il faut pratiquement une orbite complète pour finalement stabiliser le second étage de la StarShip laissé en orbite en mars dernier pour le Nivelle et le rendre immobile par rapport au « 003.1 ». Pour finalement l’approcher à « touche-touche » sans risquer l’accrochage non-contrôlé.
Là, c’est à Paul de réussir l’arrimage de la tête du vaisseau de Musk sur
le « ventre » du « 003.1 », qui en l’occurrence après le « retournement »
de l’appareil est sur le dos – mais dans l’espace, il n’y a ni haut ni bas,
sauf pour les gyroscopes –, derrière l’habitacle situé lui-même derrière le
cockpit mais devant la trappe du train d’atterrissage avant de l’appareil et
derrière le logement de l’aileron du foil avant…
En bref, il faut garder la tête retournée pour avoir une vision directe depuis les sièges des pilotes, et se lever un peu pour vérifier le bon positionnement des points d’ancrage.
Le plus simple ça reste tout de même de se servir des caméras et des télémètres qui sont disposées justement là à cet effet.
Et c’est l’occasion pour Bill « d’affiner » le positionnement sur ses axes de l’énorme réservoir.
Et puis, au milieu de la deuxième orbite, l’arrimage se fait, à 90° l’un de l’autre.
Tonnerre d’applaudissements au Kremlin-Bicêtre et aux Chagos : l’équipage vient de toucher son billet de retour : reste à le valider !
C’est la manœuvre qui suit une fois la jonction terminée et verrouillée. Les vannes sont ouvertes et les jauges des réservoirs du « 003.1 » se mettent à bouger, les pompes aspirent pendant qu’un réservoir d’azote liquide se déverse dans le satellite de Musk pour « pousser » le carburant extrait par les pompes, en réalité pour équilibrer les pressions.
D’abord l’oxygène liquide (LO2) puis le kérosène.
Pour des pleins au deux tiers… un pour désorbiter et un autre pour rejoindre un aéroport de dégagement, ou le lagon de l’atoll des Chagos.
Le « ticket de retour » vient d’être imprimé !
L’étape suivante va prendre un peu de temps et une grosse puissance de
calcul…
C’est l’occasion pour l’équipage de faire de la voltige en « G zéro » à travers le cockpit et la cabine. Bill va chercher de quoi se désaltérer et Paul se met à grignoter des œufs durs qui volent sans leur coquille, retirée avant le départ.
C’est un peu la chasse aux miettes mais c’est surtout l’occasion de mirer la terre quand elle apparaît à travers les hublots.
Une grosse boule bleue et blanche de nuages. On est au-dessus des océans la plupart du temps, notamment à ce moment-là le Pacifique, le long de l’équateur. Les images époustouflantes ramenés par les uns et les autres, comme Thomas Pesquet, sont en réalité prises avec des optiques, des téléobjectifs, parfois long de près d’un mètre. Là sans grossissement, c’est nettement moins précis même si on devine parfois les villes quand on survole la face cachée du soleil et que les lumières de l’éclairage public tracent ses trainées lumineuses.
Mais il ne faut pas qu’il y ait de nuage. En revanche, ceux-ci prennent des allures de fantômes quand ils sont sporadiquement éclairés par les flashs des orages qu’ils véhiculent au-dessus de l’horizon.
À la lumière du jour, ce qui reste étonnant c’est cette couleur bleue des océans qui est fascinante. Parfois zébrée, à certains endroits, des trainées de condensation de réacteurs d’avion qui forment de longues lignes droites très fines qui s’évadent vers l’horizon.
La vitesse est telle qu’on n’a pas le temps de fixer plus de quelques instants sur un élément de relief quand le « 003.1 » passe au-dessus des Andes ou de la forêt amazonienne et son fleuve de boue qui forme un serpent brun sur un tapis vert.
Tout cela est captivant, et la Terre rappelle qu’il s’agit maintenant que
les estomacs sont rassasiés (« Moi, les voyages, ça me donne faim ! »
avouera Bill entre deux bouchées d’un sandwich qui fait heureusement peu de
miettes, et de raconter que c’est presque un réflexe pavlovien, qu’il soit en
voiture, en train, en avion ou en bateau dès qu’il n’est plus à la manœuvre) de
faire quelques changements d’orbite.
L’une au périgée, où il faut placer l’attelage dans l’axe de la prochaine poussée qui doit à la fois faire dévier l’inclinaison de l’orbite de quelques degrés pour venir se caler sur l’équateur.
En tout cas plus qu’elle ne l’est actuellement.
Et remonter un peu l’orbite pour que l’apogée soit portée à 350 km d’altitude et s’interdire ainsi de croiser l’orbite de l’ISS qui vole plus haut.
Le plus complexe reste de se positionner dans la bonne direction et de doser la poussée d’un seul des moteurs : l’attelage forme une équerre et le centre de gravité de l’ensemble, d’après les calculs, est à plusieurs mètres au-dessus du « 003.1 », ce qui va mettre à dure épreuve le bloc d’arrimage.
Mais il a été calculé pour ça, et ça doit le faire sans dégât.
La poussée ne dure que quelques secondes et tout de suite après, il s’agit
de se mettre en position pour l’arrondissement final, avec une nouvelle
poussée, peut-être pas dans la même direction, qui doit avoir lieu dans 45
minutes ou deux heures dix, après que les capteurs confirment la nouvelle
orbite, mais celle-là pour stabiliser celle-ci et finir « d’arrondir »
cette nouvelle orbite avec un bref coup d’accélérateur.
Ce qui sera fait avec précision, une fois que Bill aura englouti une grappe de raisin au son des Quatre saisons de Vivaldi…
La séparation se fait sans difficulté : il s’agit de rentrer après avoir vérifier que tout fonctionne correctement à bord. Il n’y a même aucune perte de pression, aussi infime soit-elle : l’étanchéité de la cabine est finalement parfaite. Ailleurs, c’est moins certain, mais comme ce n’est pas vital, ça n’a aucune importance, hors le contenu des réservoirs de carburants et autres fluides.
Seule une petite incertitude : la perte de courant électrique d’une batterie, ou alors c’est soit le panneau solaire soit le radiateur chargés de l’alimenter qui aura fait défaut.
La descente va durer plus de 25 minutes et commence au-dessus de la longitude du canal du Mozambique.
Les moteurs-fusées sont lancés à pleine puissance durant 5 minutes et 57
secondes. Paul visait 6 minutes.
Tout de suite après, Paul retourne l’appareil tête-bêche, volant toujours sur le dos. Les bords d’attaque du bouclier sont désormais devant, dans le sens de la marche et il s’agit désormais de garder l’axe.
Très rapidement l’altitude décroît proportionnellement à la vitesse qui tombe également de façon accélérée…
10 minutes plus tard, les premiers soubresauts occasionnés par les premières couches atmosphériques secouent l’appareil assez violemment. Paul pourrait « allonger » la trajectoire en relevant le nez, mais là il est prévu de tester un retour en urgence, le plus court possible : il maintient donc l’assiette de l’appareil.
Il aura l’occasion de faire les tests de « trajectoires confortables » plus tard, pour ses passagers.
Parce que bientôt, question confort, c’est un peu celui d’un « grand huit » qui serait pris de folie. La machine fait des embardées qu’il faut parfois contrôler aux rétrofusées d’attitude pour éviter qu’elle ne se retourne, ce qui assurerait sa destruction en quelques secondes.
L’engin tombe comme une brique et la température extérieure augmente terriblement d’après les indications des sondes, mais le « gel Birgit » à l’air de faire son office : la génération d’électricité bat son plein et on n’atteint jamais les cotes d’alerte.
Et puis ça fait de belles étincelles de lumière à travers les hublots du cockpit.
Au fil du temps, passé encore quatre à cinq minutes, ça se calme : la
trajectoire devient plus stable et Paul retourne l’appareil et son cockpit,
pour sortir les ailes en flèche maximum, les mâts dérives qui supportent l’aileron
de profondeur situé désormais sous l’avion. À la 25ème minute, le machmètre
indique 2,5 et le « 003.1 » se pilote comme un avion classique,
sur ses ailes et ailerons. Il est redevenu un avion, un planeur pour être juste !
Le port d’arrivée étant relativement proche, il s’agit maintenant de s’aligner sur le radiophare des Chagos, de réduire encore un peu la vitesse, en ouvrant les aérofreins, en zigzagant à l’occasion, ailes totalement déployées, pour se donner le temps d’arriver à basse altitude en mode subsonique, quitte à rallonger la distance de descente en donnant un petit coup de turboréacteur dont les trappes d’alimentation d’air se sont ouvertes au dernier moment.
Pour le plaisir, Paul stabilise à 1.000 pieds en arrivant sur l’atoll, fait un tonneau, celui de la victoire alors que raisonne les applaudissements des spectateurs dans l’après-midi au sol, dépasse l’aéroport, revient au réacteur, et s’aligne sur l’axe de la piste pour se poser en amont, aérofrein ouvert et volet de profondeur partiellement rentré au minimum pour encaisser le premier contact avec l’eau de l’atoll, à plus de 200 km/h : il ne s’agirait pas de l’arracher.
Il ressortira après, ainsi que celui de devant, quand il s’agira de faire démarrer les hydrojets et rejoindre le plan incliné d’où ils sont partis quelques heures plus tôt ce matin…
Mission réussie : il y en aura d’autres avec cet engin-là !
Pour mémoire (n’en
déplaise à « Poux-tine ») : « LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE
PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE »,
REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весь позор!
Parrainez Renommez la rue de l'ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny (change.org)
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
Et la bascule s’est faite lentement, mais ne s’arrêtera pas là, puisque les mouvements du corps vont être de plus en plus contrariés jusqu’à la quinzième minutes, moment où tout d’un coup, l’alimentation des moteurs sera coupée, et tout « flottera » en état d’impesanteur.
Applaudissement général dans les écouteurs…
L’orbite est dépassée, il va falloir redescendre un peu pour se caler sur celle du réservoir qui arrive sur l’arrière.
Paul, toujours à son humour noir, fait : « J’ai comme un doute… »
Quoi ?
Silence dans les écouteurs…
« Je me demande si je n’ai pas porté le log décimal de Pi au lieu du log népérien dans une des équations du retour… »
« Ce serait vraiment con », fait Bill en réponse dans le micro… « Là où on est, il n’y a plus qu’à refaire le plein pour vérifier l’erreur… »
Problème, il n’y a plus que quelques jerricans de carburant, ce qui est largement insuffisant pour rentrer au bercail après avoir parcouru quelques 3.600 km.
Désormais, l’allure est dingue : ils vont faire le tour de la planète en 90 minutes et en aligner 4 d’affilée sans mollir !
Un nouveau record personnel pour Paul, même s’il n’est pas le premier à en faire autant : plus d’une centaine d’astronautes, des dizaines de cosmonautes et quelques taïkonautes l’auront précédé.
Il est toutefois le premier à avoir conçu, puis construit et financé l’engin de ce voyage, sur son pur jus de neurone, son temps et ses avoirs personnels…
Tous les autres ne sont finalement que des mercenaires volontaires pour le casse-pipe !
La manœuvre ne prend que quelques minutes et c’est Paul qui l’exécute. Puis il met son appareil face au réservoir-cible de Musk, alors que défile la Terre au-dessus de leur tête : on survole désormais le pacifique probablement pas très loin de l’équateur.
Il leur faut ensuite se rapprocher et s’aligner sur l’étage de la StarShip qui arrive par derrière et par « en dessous », c’est-à-dire plus proche de la Terre que le « 003.1 », parce qu’en réalité, il faut lever les yeux pour l’apercevoir, à l’occasion de ses rotations, scintiller dans les reflets du soleil.
À première vue, ce sera confirmé au fil de l’approche, la fusée-réservoir tourne sur elle-même et sur son axe à raison d’un tour toutes les 28 secondes.
Elle bascule cul par-dessus tête toutes les 80 secondes, et la précession de son axe a l’air de suivre un rythme d’un tour toutes les 70 secondes, un peu plus d’une minute.
C’est là que se justifie la présence de Bill dans le cockpit avec sa console radiocommandée qu’il met en marche pour vérifier que les commandes de l’étage en perdition répondent bien.
Et il fait une blague à Paul en réplique à celle de Paul : « Shit… il ne répond pas ! »
S’il ne répond pas, il ne sera pas possible de refaire le plein. En plus les pilotes ne sont pas équipés pour faire une sortie extravéhiculaire et il n’est donc pas question de tirer un tuyau souple entre les deux satellites qui n’est d’ailleurs pas en soute.
Donc, pas de retour possible, sauf à ce que la Nasa envoie un vaisseau de secours qui poussera le « 003.1 » vers une orbite plus basse en le ralentissant…
« Ah si ! »
« Commence par faire cesser la rotation sur lui-même… »
C’est prévu dans le protocole.
Mais il faut vraiment être sur place pour le faire finement…
L’opération mettra plusieurs dizaines de minutes à être réalisée, et encore, il faudra y revenir ultérieurement.
S’il faut encore se rapprocher c’est parce que bientôt le futur attelage va entrer dans la zone de nuit qui recouvre le Pacifique Est et l’Amérique latine.
Chaque étape est suivie par le Texas, Le Kremlin-Bicêtre et les Chagos…
Parfois avec des commentaires comiques ou décalés : « Quand est-ce qu’on mange ? »
« Je te proposerai bien des œufs brouillés au fromage et aux lardons, mais on va s’ébouillanter avec l’huile de friture en apesanteur… »
Il faut pratiquement une orbite complète pour finalement stabiliser le second étage de la StarShip laissé en orbite en mars dernier pour le Nivelle et le rendre immobile par rapport au « 003.1 ». Pour finalement l’approcher à « touche-touche » sans risquer l’accrochage non-contrôlé.
En bref, il faut garder la tête retournée pour avoir une vision directe depuis les sièges des pilotes, et se lever un peu pour vérifier le bon positionnement des points d’ancrage.
Le plus simple ça reste tout de même de se servir des caméras et des télémètres qui sont disposées justement là à cet effet.
Et c’est l’occasion pour Bill « d’affiner » le positionnement sur ses axes de l’énorme réservoir.
Et puis, au milieu de la deuxième orbite, l’arrimage se fait, à 90° l’un de l’autre.
Tonnerre d’applaudissements au Kremlin-Bicêtre et aux Chagos : l’équipage vient de toucher son billet de retour : reste à le valider !
C’est la manœuvre qui suit une fois la jonction terminée et verrouillée. Les vannes sont ouvertes et les jauges des réservoirs du « 003.1 » se mettent à bouger, les pompes aspirent pendant qu’un réservoir d’azote liquide se déverse dans le satellite de Musk pour « pousser » le carburant extrait par les pompes, en réalité pour équilibrer les pressions.
D’abord l’oxygène liquide (LO2) puis le kérosène.
Pour des pleins au deux tiers… un pour désorbiter et un autre pour rejoindre un aéroport de dégagement, ou le lagon de l’atoll des Chagos.
Le « ticket de retour » vient d’être imprimé !
C’est l’occasion pour l’équipage de faire de la voltige en « G zéro » à travers le cockpit et la cabine. Bill va chercher de quoi se désaltérer et Paul se met à grignoter des œufs durs qui volent sans leur coquille, retirée avant le départ.
C’est un peu la chasse aux miettes mais c’est surtout l’occasion de mirer la terre quand elle apparaît à travers les hublots.
Une grosse boule bleue et blanche de nuages. On est au-dessus des océans la plupart du temps, notamment à ce moment-là le Pacifique, le long de l’équateur. Les images époustouflantes ramenés par les uns et les autres, comme Thomas Pesquet, sont en réalité prises avec des optiques, des téléobjectifs, parfois long de près d’un mètre. Là sans grossissement, c’est nettement moins précis même si on devine parfois les villes quand on survole la face cachée du soleil et que les lumières de l’éclairage public tracent ses trainées lumineuses.
Mais il ne faut pas qu’il y ait de nuage. En revanche, ceux-ci prennent des allures de fantômes quand ils sont sporadiquement éclairés par les flashs des orages qu’ils véhiculent au-dessus de l’horizon.
À la lumière du jour, ce qui reste étonnant c’est cette couleur bleue des océans qui est fascinante. Parfois zébrée, à certains endroits, des trainées de condensation de réacteurs d’avion qui forment de longues lignes droites très fines qui s’évadent vers l’horizon.
La vitesse est telle qu’on n’a pas le temps de fixer plus de quelques instants sur un élément de relief quand le « 003.1 » passe au-dessus des Andes ou de la forêt amazonienne et son fleuve de boue qui forme un serpent brun sur un tapis vert.
L’une au périgée, où il faut placer l’attelage dans l’axe de la prochaine poussée qui doit à la fois faire dévier l’inclinaison de l’orbite de quelques degrés pour venir se caler sur l’équateur.
En tout cas plus qu’elle ne l’est actuellement.
Et remonter un peu l’orbite pour que l’apogée soit portée à 350 km d’altitude et s’interdire ainsi de croiser l’orbite de l’ISS qui vole plus haut.
Le plus complexe reste de se positionner dans la bonne direction et de doser la poussée d’un seul des moteurs : l’attelage forme une équerre et le centre de gravité de l’ensemble, d’après les calculs, est à plusieurs mètres au-dessus du « 003.1 », ce qui va mettre à dure épreuve le bloc d’arrimage.
Mais il a été calculé pour ça, et ça doit le faire sans dégât.
Ce qui sera fait avec précision, une fois que Bill aura englouti une grappe de raisin au son des Quatre saisons de Vivaldi…
La séparation se fait sans difficulté : il s’agit de rentrer après avoir vérifier que tout fonctionne correctement à bord. Il n’y a même aucune perte de pression, aussi infime soit-elle : l’étanchéité de la cabine est finalement parfaite. Ailleurs, c’est moins certain, mais comme ce n’est pas vital, ça n’a aucune importance, hors le contenu des réservoirs de carburants et autres fluides.
Seule une petite incertitude : la perte de courant électrique d’une batterie, ou alors c’est soit le panneau solaire soit le radiateur chargés de l’alimenter qui aura fait défaut.
La descente va durer plus de 25 minutes et commence au-dessus de la longitude du canal du Mozambique.
Tout de suite après, Paul retourne l’appareil tête-bêche, volant toujours sur le dos. Les bords d’attaque du bouclier sont désormais devant, dans le sens de la marche et il s’agit désormais de garder l’axe.
Très rapidement l’altitude décroît proportionnellement à la vitesse qui tombe également de façon accélérée…
10 minutes plus tard, les premiers soubresauts occasionnés par les premières couches atmosphériques secouent l’appareil assez violemment. Paul pourrait « allonger » la trajectoire en relevant le nez, mais là il est prévu de tester un retour en urgence, le plus court possible : il maintient donc l’assiette de l’appareil.
Il aura l’occasion de faire les tests de « trajectoires confortables » plus tard, pour ses passagers.
Parce que bientôt, question confort, c’est un peu celui d’un « grand huit » qui serait pris de folie. La machine fait des embardées qu’il faut parfois contrôler aux rétrofusées d’attitude pour éviter qu’elle ne se retourne, ce qui assurerait sa destruction en quelques secondes.
L’engin tombe comme une brique et la température extérieure augmente terriblement d’après les indications des sondes, mais le « gel Birgit » à l’air de faire son office : la génération d’électricité bat son plein et on n’atteint jamais les cotes d’alerte.
Et puis ça fait de belles étincelles de lumière à travers les hublots du cockpit.
Le port d’arrivée étant relativement proche, il s’agit maintenant de s’aligner sur le radiophare des Chagos, de réduire encore un peu la vitesse, en ouvrant les aérofreins, en zigzagant à l’occasion, ailes totalement déployées, pour se donner le temps d’arriver à basse altitude en mode subsonique, quitte à rallonger la distance de descente en donnant un petit coup de turboréacteur dont les trappes d’alimentation d’air se sont ouvertes au dernier moment.
Pour le plaisir, Paul stabilise à 1.000 pieds en arrivant sur l’atoll, fait un tonneau, celui de la victoire alors que raisonne les applaudissements des spectateurs dans l’après-midi au sol, dépasse l’aéroport, revient au réacteur, et s’aligne sur l’axe de la piste pour se poser en amont, aérofrein ouvert et volet de profondeur partiellement rentré au minimum pour encaisser le premier contact avec l’eau de l’atoll, à plus de 200 km/h : il ne s’agirait pas de l’arracher.
Il ressortira après, ainsi que celui de devant, quand il s’agira de faire démarrer les hydrojets et rejoindre le plan incliné d’où ils sont partis quelques heures plus tôt ce matin…
Mission réussie : il y en aura d’autres avec cet engin-là !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весь позор!
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