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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…
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dimanche 10 septembre 2017

Ultime récit : Chapitre zéro


Sommaire

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

Chapitre double-zéro : Je plains mon biographe !

Chapitre premier : Rencontre inédite.

Chapitre deuxième : Disparition inexpliquée.

Chapitre troisième : Réapparition inexplicable.

Chapitre quatrième : Explications oiseuses.

Chapitre cinquième : Un récit abracadabrant.

Chapitre sixième : L’enlèvement.

Chapitre septième : Mises à niveau.

Chapitre huitième : La mission.

Chapitre neuvième : Le voyage intersidéral.

Chapitre dixième : Formation accélérée.

Chapitre onzième : Précisions utiles.

Chapitre douzième : Paradoxes temporels (22/21) 

Chapitre treizième : Paradoxes temporels (23/21) 

Chapitre quatorzième : Paradoxes temporels (24/21) 

Chapitre quinzième : Préparatifs.

Chapitre seizième : La bataille de « Boomerkar ».

Chapitre dix-septième : Ces interminables étapes.

Chapitre dix-huitième : Le 95ème saut.

Chapitre dix-neuvième : La bataille de la « côte 95 ».

Chapitre vingtième : La poursuite du voyage.

Chapitre vingt-et-unième : Déjà la question du retour.


Chapitre vingt-troisième : Seconde mission.

Chapitre vingt-quatrième : Le naufragé.

Chapitre vingt-cinquième : Les « rebelles ».


Chapitre vingt-septième : Retournement de situation.

Chapitre vingt-huitième : Le business-plan.

Chapitre vingt-neuvième : Visite du laboratoire.

Chapitre trentième : Évacuation d’urgence.

 

(Suivre les liens en bleu, SVP)

lundi 4 septembre 2017

Ultime récit : Chapitre trentième


Évacuation d’urgence.

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

Le premier qui tire, il surprend définitivement tous les autres : facile pour Paul qui avait son M16 armé, prêt à faire feu et déjà calé au niveau du coude.
Juste une courte rafale et c’est réglé.
« Merde ! ». Ce n’est pas ce qu’il avait prévu de faire…
D’autant que là, ça affole les voisins qui après un petit temps de surprise, déclenchent l’alarme.
Un boucan d’enfer, justement ce qu’il ne fallait pas laisser faire.
Et maintenant, il fait quoi ?
Ce n’est pas avec un malheureux M16 – plus quelques chargeurs récupérés sur ses victimes – qu’il va pouvoir faire face tout seul : c’est sûr !
Et puis déjà trois personnes brutalement décédées : écœurant de stupidité !
Dont un qui ne sera jamais jugé et qui ne pourra plus jamais donner ni les détails de ses intentions ni les noms des personnes de ses réseaux de soutien. Les « mécènes », encore, on finira par trouver, même si ce n’est pas certain.

Le monte-charge se met en branle. Punaise ! Bloquer la machine, vite.
Et comment à part trouver un meuble assez costaud pour l’empêcher de monter ?
Une chaise ? Non une armoire.
Mais punaise, qu’elle est lourde à déplacer ! Et puis elle ne résistera pas, elle se pliera.
Il n’a plus qu’à piquer un sprint pour trouver l’escalier de secours. Celui qui s’enroule autour du monte-charge, il va certainement être investi sous peu. Même pas la peine d’essayer. Et puis on va l’attendre à la sortie…
Avant tout, espérer trouver de quoi accueillir l’équipe de surface qui rapplique. Il a quelques minutes devant lui. Mais l’accueillir avec quoi pour la neutraliser ?
Au niveau – 2, il y a des laboratoires, il doit bien y avoir des sources d’énergie à disposition.
Dans sa course pour trouver une solution, il finit par dégoter le fameux escalier de secours.
n fait, un puits encombré tuyaux et de câbles et une échelle à crinoline scellée au mur pour en permettre la visite et probablement l’entretien.
Allons-y : vingt à trente mètres de haut d’une course effrénée, toute en puissance.
Pour déboucher sur une première porte blindée qui s’ouvre avec une petite roue, comme dans les salles de coffres des banques les moins modernes : à l’ancienne.
Qu’il referme et « bloque » avec le manche d’une autre hache de pompier trouvée sur place.
Un étroit palier, une coursive et une seconde porte de même nature, même mécanisme d’ouverture, même manche de hache pour la bloquer : on ne sait jamais.
Et de nouveau une échelle à crinoline qu’il faut grimper et qui s’ouvre dans une casemate posée à l’écart de la maison de maître et de la caserne, près des engins de manutention et de chantier qu’il a remarqué avant sa descente.
Ah que c’est bon de revoir la lumière du soleil !
La cahute est encombrée de matériel de pompage et d’un gros groupe électrogène. Il doit bien y avoir quelques carburants à disposition, dans les parages pour fournir de l’électricité en cas de panne du générateur principal qui doit être posé ailleurs ?

En surface, assez peu d’animation. Le gros des troupes doit être descendu pour porter secours aux rescapés du sous-sol : les trois cadavres laissés dans le monte-charge les auront mis en alerte.
Forcément.
Ce qu’il ne peut pas savoir, c’est le « drame de conscience » qui se déroule sous terre.
Le professeur Phîu et ses laborantins ont immédiatement suspendu leurs travaux à la première alerte. Le temps de se décontaminer, de sortir du double sas, ils se sont retrouvés nez-à-nez avec l’escouade de gens d’arme venus à leur rencontre.
Une fouille des locaux plus tard, ils auront compris qu’il manque « l’invité » du patron et qu’il sera ressorti, non pas par l’escalier du monte-charge, ni par celui-ci, mais par l’escalier des colonnes de service dont la première porte est bloquée de l’extérieur.
La seule issue qui n’a pas été « gardée » : il est dans la nature et il manque au moins une arme et plusieurs chargeurs à l’inventaire.
Un type devenu dangereux.
Alors, soit on le retrouve et on l’élimine, soit on évacue le site.
Pas question pour le biologiste : les travaux en cours revêtent une importance capitale !
Ce dont ne sont pas vraiment convaincus la troupe d’hommes de main.
« Oui mais qui nous paye ? »
Milton a des associés, des commanditaires, des intendants, des régisseurs pour ces détails-là.
Ils seront payés dans tous les cas.
Sauf abandon de poste et « trahison ».
« Et qui pour nous dénoncer ? »
Boum, un pruneau dans le buffet !
Expéditif. « Il y a d’autres volontaires ? »
Les ambitions se sont tues instantanément.
« On évacue ! »

C’est comme ça que Paul qui se dissimule dans les environs immédiats voit sortir un quarteron de bonshommes du monte-charge qui s’éparpillent en de multiples directions.
Les uns filent vers leur caserne ramasser leurs effets personnels, les autres vers la maison de maître probablement pour la piller, un troisième groupe vers le débarcadère en trainant la silhouette d’Albin, entravé à son tour.
Il fait quoi, Paul ? Un carton pour les affoler un peu ou non ?
Parce que là, ils sont en train de tout saccager.
Ce serait bien inutile quand il s’aperçoit que la chaudière du petit-cargo se met à fumer : les rats quittent le navire. Ils ne le cherchent même pas. Idem pour le yacht.
Départ en catastrophe qui sera effectif en début de soirée.
Prudent, Paul ne s’approche qu’une fois la nuit tombée : ça peut être un piège, il peut y avoir des explosifs à retardement, ils peuvent revenir, avoir laissé une arrière-garde ou un type trop saoul pour ne pas s’être signalé et avoir été oublié…
On ne sait jamais.
Mais non, rien au petit matin : même les animaux semblent revenir investir les lieux désertés. Et comme Paul à faim et soif, en plus de la fatigue d’avoir veillé toute la nuit, il ne se fait pas prier pour aller butiner dans les cuisines les quelques restes qui s’y trouvent.
Incroyable : ils sont tous partis.

Le problème, c’est qu’ils n’ont rien laissé derrière eux : pas d’électricité, la salle de radio est complètement détruite, saccagée, pas de réseau, encore moins de wifi, pas un véhicule marin…
Enfin si, mais du côté de la plateforme de l’héliport, vide de tout appareil : il aura décollé pour une destination inconnue sans que Paul ne s’en rende compte, finalement. Plus exactement, il l’avait entendu et pensait qu’on pouvait le rechercher de la sorte. Dès lors il s’était tenu à couvert, mais l’avait oublié et il n’est manifestement pas revenu…
Reste qu’il faut prendre des mesures : il y a un virus « stérilisateur », là sous ses pieds. Quelle est la meilleure solution pour le détruire ?
Descendre et foutre le feu à tout le laboratoire ?
Peut-être pour être radical, mais si le feu fait exploser une machine ou autre chose, c’est prendre le risque de faire sortir ce virus à l’air libre et là… on ne sait plus ce qui peut se passer.
Alors noyer l’ensemble du dispositif souterrain comme le lui avait indiqué le « Gouverneur Stéphan ». Ce qui fait environ 4.000 tonnes de flotte.
Or, il y a la mer à proximité et s’il y a au moins quelques dix à vingt mètres de tuyaux, de pompier, par exemple et une pompe assez puissante, ça peut éventuellement le faire.
Justement, des tuyaux de pompier, il y en a assez dans la caserne.
Une pompe, il a le choix entre plusieurs. Reste à en mettre une en batterie et la faire tourner avec les fûts d’essence posés à proximité du local technique de surface, par où il était sorti la veille.
Quelques heures plus tard, ça se déverse dans la cage du monte-charge. À raison de 3.000 litres/heure, si c’est assez pour éteindre un incendie, ça va prendre presque deux mois.
Intenable !
La journée se passera à en mettre plusieurs en fonction…
Qui vont tourner durant quelques jours à jouer à refaire les pleins des générateurs à tour de rôle jusqu’à ce que ça « dégueule » enfin par tous les orifices.

Entre-temps, il aura récupéré son colt et ses cinq cartouches, une sorte de vaste hors-bord à coque semi-rigide et quelques instruments de navigation – carte, compas, sextant – pour fignoler une route vers la vraie civilisation, la sienne, celle où les gens ne pensent pas nécessairement à s’entre-tuer dès qu’ils se croisent.
Et puis, et puis… avec les matériels de chantier et de manutention, il en profite aussi pour faire un peu de béton : un tiers de sable, un tiers de gravier, un tiers de ciment et « un bol » d’eau-douce.
Enfin un bol… juste de quoi mouiller pour que la tour à béton veuille bien cracher un magma compact, gris, et assez fluide qu’il va déverser, toupie après toupie dans le trou de l’escalier de service.
Ça, juste entre la surface et le premier palier, plus quelques rochers un peu plus gros que les autres, sur le dessus, il ne devrait pas y avoir de problème de « fuite ».
D’ailleurs, une fois son bétonnage réalisé, il recommence la manœuvre les jours suivant dans l’escalier qui entoure le monte-charge.
L’idéal serait d’ailleurs de descendre ledit appareil de deux ou trois mètres, et d’obstruer son puits de la même façon.
Sauf qu’à un moment, l’eau de mer a fini par « dégueuler des orifices ». Et le béton, ça n’aime pas l’eau de mer.
Tel qu’il aura fallu « pomper à l’envers »…
Et que finalement, il n’y aura pas assez d’eau douce pour finir le travail correctement.
La galère que de remonter le monte-charge avec le bulldozer, chargé de tonnes et de tonnes de béton pas encore sec déversées à la va-vite !
Deux jours de boulot pour finaliser le travail.
Il peut se mettre en quête d’un port d’accueil.

Mais avant tout faire des provisions et penser à passer par l’île des « re-belles ». Ces filles-là, ce n’est pas qu’il ait une affection toute particulière pour leurs attraits physiques, loin de là, mais elles ne peuvent pas rester en mode « survie » éternellement.
Compte tenu de leur peur primaire de faire du feu pour se signaler, ce sont probablement des fugitives de l’île Milton. Des cobayes ou des esclaves sexuelles…
Vraisemblablement, la seconde des hypothèses, puisqu’à aucun moment il n’a été fait allusion à des essais cliniques sur des humains, des « humaines », que comme d’une prochaine étape envisagée seulement.
Et il avait vu quelques « demoiselles » sortir de la caserne assez brutalement : Albin devait être le seul inverti des populations de cette île, avec Caroll…
Une demi-journée de mer pour retrouver son atoll de départ, tellement il est bas sur l’horizon.
Même que Paul a cru s’être perdu : il a pourtant un bon sens de l’orientation et en trois dimensions pour avoir été pilote de guerre sur le porte-avions Charles-de-Gaulle…
Et là, autre obstacle : aucun signe de vie des trois donzelles.
Elles ont dû entendre son moteur et se seront cachées.
Les connes…
Il a beau hurlé ses « hoho », « houhou » et « hihi », rien à faire.
Quand même pas banal.

Il débarque par une passe et s’échoue sur une des plages qu’il a pu fréquenter il y a encore quelques jours, dans l’espoir de retrouver « des traces ».
Mais elles ont manifestement déménagé. Leur « jardin » est devenue une friche, leurs « sweet-home » est manifestement abandonné, leur « cacatier » n’est plus infesté de mouches, les insectes ayant laissé seulement des excréments secs.
Elles ne se sont quand même pas volatilisées.
Pas de trace non plus de cadavre en décomposition : ça fleure bon la nature dans toutes ses expressions olfactives.
Il décide alors de passer la nuit à « son bord », non sans avoir laissé un paquet de gâteaux secs et un autre de viande séchée, bien en évidence sur la plage.
Mais au lendemain, ce sont des traces de rongeurs qui entourent les paquets éventrés.
Pas de veine…

Il pourrait faire le tour de l’île avec son hors-bord, mais ça épuiserait ses réserves de carburant inutilement, parce que de toute façon, le bruit du moteur les ferait fuir.
Alors le lendemain il arpente la plage et les sous-bois à pied, avec de l’eau.
D’ailleurs, il commence par ça, la source. Une bonne idée, parce que dans le sol humide, il y a des traces de pas. Les siens – les grands pieds chaussés – mais également d’autres plus anciennes et encore d’autres encore plus fraîches, plus petites, de pieds dénudés.
Il se pourrait que…
Il s’est pu que justement, en remontant la piste, elle le mène de l’autre côté de l’île. Un long trajet.
Pour finir par débusquer « Houhou », encore plus efflanquée qu’il ne l’avait laissée et armée d’un bâton… Les autres ne doivent pas être loin, puisque celle-ci agit comme si elle était acculée.
Et miracle, elle reconnaît Paul.
« Hoho » est au pied de « Hihi », tellement épuisée et mal en point qu’elle ne bouge plus allongée par terre, la première chassant les « bestioles » qui viennent la croquer.
Il était urgent qu’il arrive et la porte au hors-bord. La faire boire, la nourrir de ce qu’elle peut avaler, enfin… grignoter, et ils « décollent », direction Diego Garcia.

Où ils finiront à la rame, réserve de carburant épuisée, sans eau et avec si peu de nourriture, pour être recueillis par un garde-côte américain de patrouille, en fait signalé par un pêcheur autochtone.
Une aventure épuisante.
Qui garde encore plein de mystères et de questions laissées sans réponse.
Mais c’est déjà une autre histoire.


I3 – 25 juillet 2017

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dimanche 3 septembre 2017

Ultime récit : Chapitre vingt-neuvième


Visite du laboratoire.

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

« – La promesse d’une énergie-libre, en tout cas, bon marché et abondante.
– … Ah oui ? Je comprends mieux. Lui aussi pensait que le développement de l’humanité de façon exponentielle engendrerait de grands-malheurs pour la planète… Et qu’au minimum, elle se réchaufferait sans limite.
Elle fonctionne sa « Z » machine ?
– Non, pas pour le moment. Je n’ai guère eu le temps de m’en occuper. Mais moi je comptais l’utiliser pour fournir l’énergie primaire de vaisseaux spatiaux…
– Intéressant, en effet. Il faut absolument que vous rencontriez Elon Musk. Il va vous écouter avec ferveur, vous verrez…
– Il paraît. Harrison m’y avait chaudement invité. Bon revenons à vos équipes…
– Ah oui… Mes équipes ! Eh bien suite à votre intervention à Montréal, du jour au lendemain, vous les avez tous mis au chômage. Certains n’ont pas été très longs à répondre favorablement aux avances de notre « petite-start-up ». La mode californienne a fait le reste…
Je vais vous présenter le docteur Phîu. Notre biologiste en chef. C’est lui qui masturbe les mouches, comme vous dites ! Ça va lui faire plaisir d’apprendre ça… Je n’en doute pas du tout. »
Et le voilà parti dans un rire gras qui entraîne celui, nettement moins viril, d’Albin qui en arrête de jouer ses accords.
Sodomiser les mouches, pas les masturber en pense Paul, mais il évite de la ramener, cette fois-ci.

Il lui faut en effet impérativement ne pas fâcher son « preneur d’otage », parvenir dans les sous-sols de ces installations, pour pouvoir y revenir une fois qu’il sera libre de ses mouvements et qu’il aura pu alerter les autorités les plus proches.
Un drame se noue peut-être pour l’humanité toute entière et personne ne le sait.
Alors que justement, Paul sait que l’avenir de l’espèce, de son espèce, passera par des « améliorations », des « augmentations » et le développement d’un seul des sexes au détriment de l’autre.
Et justement pas celui que Milton veut rendre stérile : quand même absurde, ces guerres des sexes où les mâles ne font rien qu’inventer des choses incroyables juste pour mieux « soumettre » le ventre de leurs femmes !
Et ça se passe « en-dessous ».
Paul est de nouveau entravé avec ses menottes en plastique cranté qui font un mal de chien quand elles sont trop serrées : « l’assurance-vie » de Milton.
Et tout compte fait, il a raison de rester prudent.
Ils empruntent un monte-charge moyennement dissimulé à proximité de l’arrière de la maison du maître, pas loin d’un bâtiment où sont stationnés des engins divers de manutention, un petit bulldozer, des montagnes de sable et de gravier à proximité d’une tour à béton désaffectée et probablement la caserne des « gardes-du-corps » et autres personnels…
L’engin descend lentement mais profondément. Qu’on a largement le temps de faire claquer les tympans.
« – On est largement sous le niveaux de la mer. Il y a d’ailleurs parfois des infiltrations par capillarité.
Pour tout vous dire, notre laboratoire c’est un gros parallélépipède de 30 mètres sur 15, de trois niveaux de 3 mètres de haut.
Au niveau n – 1, se trouvent les locaux techniques et quelques lieux de vie des laborantins, commodités, vestiaires, cuisines, etc.
Au niveau n – 2, nous avons installés des paillasses pour des expériences sans danger sur nos cobayes.
– C’est là que vous cultivez vos bestiaux et autres souris...
– Exactement. C’est au niveau n – 3 que se trouve le laboratoire P4 proprement dit. Par sécurité, l’air y est filtré et renouvelé. En pression négative pour une partie. On est à environ 2 bars, à ces niveaux-là, mais pour accéder à ce laboratoire P4 proprement dit, il faut entrer dans un premier sas et y revêtir une combinaison NBC avec une bouteille d’oxygène dans le dos. Le sas suivant est déjà en pression négative et il s’agit de se faire doucher d’un désinfectant absolu qui noie et tue tout être vivant qui ne serait pas protégé.
Et ensuite, vous pouvez entrer travailler à des manipulations dans le saint des saints du P4. Nous n’irons pas nous-mêmes, mais le professeur Phîu s’y trouve et on peut communiquer avec lui par micro et interphone. »

Impressionnant, cette grande pièce inondée de lumière, d’immenses paillasses avec des appareils qui clignotent dans tous les coins, des centrifugeuses, d’autres où sont alignées des quantités industrielles de tubes à essais, là grésillent des bec-benzène, ailleurs des fours rougeoient, et au bout du fond, des cages à souris avec à côté des tables de dissection et des microscopes.
Justement « au fond, c’est un microscope à balayage électronique, là-bas un tomographe, à côté un densitomètre nucléaire. Je ne vous fais pas de détail : vous voyez que votre argent sera bien investi. »
Milton se signale, depuis la profondeur de deux oculus qui séparent le local des combinaisons et celui où se trouve un « cosmonaute » qui répond au nom de Phîu, entouré de deux laborantins pareillement vêtus.
L’homme est invisible derrière son masque, mais il explique brièvement ses travaux actuels.
En fait, il vérifie que son virus, la génération actuelle, est sans influence sur les souris mâles.
D’après lui, les premières générations n’étaient pas assez contagieuses. Les secondes l’étaient bien trop et avaient des effets néfastes sur la motilité des spermatozoïdes.
Les virus suivants sont mieux calibrés, et là, à chaque fois, il faut trouver un vaccin – qui n’en est pas un, puisqu’il ne protège pas définitivement – qui ait une action certaine mais un délai de protection de seulement quelques mois.
« Nous sommes sur la bonne piste. Il faut faire comprendre à l’honorable Monsieur Milton que nous avons encore de l’argent pour vérifier et affiner les effets de résiliences des produits qu’il nous demande de mettre au point. »

« – Vous voyez, cher ami ! Ces chercheurs, toujours les mêmes : ils ne pensent qu’en  terme de budget, alors qu’ils n’en ont aucune maîtrise.
– Naturellement : ils font durer le plaisir. C’est que transformer un chercheur en un « trouveur », ça demande beaucoup de patience.
– Hélas… je sais désormais. Mais il me semble qu’on approche du but. Là, on en est à doser les concentrations nécessaires de nos produits. En fait, il y en a deux. L’un est le vaccin lui-même, mais qui reste inerte s’il n’est pas activé soit par le virus lui-même, soit par une souche virale elle-même.
– Autrement dit, pour vacciner, vous infectez d’abord ?
– Non, je ne crois pas, tout de même ! De ce que j’ai compris, le vaccin seul, si vous n’êtes pas contaminé ne sert à rien. En revanche, si vous l’êtes, c’est trop tard. En tout cas c’est ce qui ressort des études que j’ai pu découvrir ici même.
Donc, pour que ce soit efficace, il faut contaminer en même temps que vacciner.
– Simple. Enfin, tant que ça fonctionne et que ça ne produit pas d’effets indésirables…
– Là, ce sera l’objet d’études d’une deuxième phase, plus… une autre clinique. Ça fonctionne assez bien sur les souris et les singes. Mais on les a sorties d’ici ces derniers : ça indisposait le personnel…
– De derrière leur masque ? Vous m’étonnez. Vos installations ne seraient pas si étanches que ça, finalement.
Pas bon signe pour un laboratoire « P4 ».
– Mais non, pas les odeurs. Les cris !
– Justement, on met où les déchets ? Vous les incinérez, je suppose ?
– Absolument, dans un de ces fours en fonction là-bas. Mais il reste des cendres qu’il faut réduire à la torche à plasma…
– Quelle installation !  Époustouflant…
– Je ne vous le fais pas dire… »
Cinglé ces mecs : des torches à plasma dans 450 m² de surface utile, encombrée de centaines de délicats appareils…

Paul jette un œil aux faux-plafonds. Il y a bien les luminaires, les orifices de l’aspiration de l’atmosphère, des arrivées de flux électriques, peut-on supposer, probablement d’eau et de vide, des têtes de détecteur en tout genre, donc probablement des détecteurs de fumée, mais pas de tête de sprinkler. Curieux ça.
Feraient-ils confiance à la seule présence des quelques dizaines d’extincteur ?
« Ok patron, j’en ai assez vu. Est-ce qu’il y a moyen de soulager sa vessie ici avant que vous ne me montriez autre-chose et qu’on signe quoique ce soit ? À mon âge, la prostate commence à faire défaut et comme votre table était bien garnie, j’ai peut-être abusé de votre hospitalité… »
En surface ?
« – Vu la lenteur du monte-charge…
– Albin ! Tu peux accompagner notre invité au niveau supérieur. Tâche de lui trouver un WC inoccupé et propre. Je discute un peu avec le professeur Phîu et je vous rejoins.
– Oh mais volontiers, mon chou. Notre Paul va avoir besoin d’être détaché, non ? À moins que je la lui tienne !
– Albin ma grande folle. Tu n’arrêteras donc jamais ! »
Paul ne sait pas s’il va pouvoir réitérer le coup de la plateforme de Risle (1) dans ces conditions…
De toute façon, ce n’est pas vraiment sa première intention qui est de sortir de ce trou à rat et d’avoir les mains libres pour signer les contrats à proposer. Son idée première reste de fausser compagnie à sa garde et d’aller chercher du renfort du côté de Diego Garcia, ou un ailleurs plus proche…D’autant qu’il n’est pas si incontinent que ça et que se faire « tripoter » par « un phoque », ça va lui couper l’envie.
« Tu as entendu ? Je vais devoir m’occuper de toi personnellement… J’espère que ça te plaira ! »
Il croit quoi, la folle, là ?
Paul est indestructiblement hétérosexuel et se faire « toucher » la bite par un couillu, ça aurait tendance à le l’écœurer, même s’il s’agit d’un toubib. Déjà, rien que l’idée…
La petite compagnie, Albin un garde armé et Paul, se dirige donc vers un réduit au fond d’un couloir au niveau n – 1.
« Laisse-toi faire ma belle… Je suis sûr que tu as une belle pièce ! »
Non mais, c’est franchement un truc à te faire vraiment passer l’envie de pisser…

Quand Albin se penche pour déboutonner la braguette du bermuda de Paul, celui-ci se plaque le dos au mur, faisant face à Albin pendant que le garde détourne le regard, l’air amusé en imaginant la suite…
Paul n’attend que ça. Un grand coup de genou, d’abord au plexus puis un second dans le même élan avec l’autre genou dans la mâchoire d’Albin, deux coups mats dans le même mouvement et sans appui autre que le dos contre la cloison, alors qu’il s’affairait à sortir le sexe de Paul et le voilà KO à en choir bruyamment tel que le remue-ménage alerte le garde qui en fait demi-tour sur les talons.
Il s’agit de se faire entendre et de râler en anglais : « Oh le con ! Merde ! »
Le gars mire Albin à terre, inerte, se tourne vers « Paul-la-braguette-ouverte » qui ne le laisse pas comprendre de quoi il retourne pour lui envoyer un coup du plat du coup-de-pied monumental au visage après avoir repris appui des mains dans le dos sur la cloison.
L’homme chancelle, fait deux pas en arrière, puis tombe à son tour, KO.
Là, maintenant, il s’agit de ne pas perdre son temps : d’abord se débarrasser de ses liens. Des menottes en plastique qui se serrent comme un « serre-joint » cranté.
Coup de pied dans le carreau en verre qui protège l’accès à l’extincteur sagement installé dans son logement.
C’est l’occasion de se saisir d’un morceau de verre pour couper, maladroitement à s’en blesser, ses liens.

Une fois fait, il enferme les deux assommés dans les WC dont il entrave la porte avec le manche de la hache de pompier sise à proximité de l’extincteur et s’empare du M16 de son garde.
Qu’il arme et « désécurise ».
Trop facile.
Et il n’a même pas fait pipi, avec ça !
Une autre fois.
C’est qu’il s’agit d’être réactif. Doit-il fuir tant qu’il est encore temps, ou peut-il profiter de la situation pour bloquer tout le monde dans les sous-sols en attendant des renforts ?
Il faut s’assurer que le niveau n – 1 est vide d’occupant. Ou en tout cas les localiser.
Puis ce sera au tour de n – 2 et enfin bloquer l’escalier – il doit bien y en avoir un quelle que part – et rendre inutilisable le monte-charge.
Mais vous prévoyiez telle ou telle chose, vous pouvez être sûr que ça ne se passera pas comme ça.
Ça ne loupe pas : il faut improviser d’urgence quand sortent du monte-charge, sous le nez de Paul, Milton et ses deux gardes du corps… !

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