Rencontre présidentielle (1/2)
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci
n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », du
pur jus de neurone garanti 100 % bio, sortie tout droit de l’imaginaire de son
auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
Les enfants de Florence et Paul ont d’abord passé
quelques jours en Normandie : ils adorent la grande maison des
arrière-grands-parents que Florence aura réaménagée quand Paul eut racheté la
part de son frère sur ce bout-là de leur héritage. Une époque où l’avenir
financier n’était pas encore tracé, assuré, et son horizon toujours en forme de
pointillés.
Mais les choses avaient heureusement bien tourné et les gamins étaient traités comme des rois par le personnel, Victor et Dorothée notamment, pour partager le deuxième étage de la bâtisse originelle, alors que le premier, plus les ailes rajoutées par Florence, servaient de chambre à des hôtes qui profitaient du cadre, du restaurant au rez-de-chaussée et surtout de la piscine centrale : en été et par un grand soleil normand, c’était fort agréable et des touristes venaient de partout, même des USA et du Canada…
Et puis, les touristes, s’ils aimaient bien taper dans une balle avec une raquette, quand ils ne parcouraient par les golfes du pays avec leurs clubs, les enfants quant à eux appréciaient le haras voisin pour monter des poneys…
Une initiation sportive où « c’est le bestiau qui fait l’effort », en disait Paul pour se moquer d’eux gentiment.
Lui, il préférait « monter » des machines, bourrées de chevaux-vapeurs, qui allaient plus vite que le son…
Par la suite, les enfants ont fait un séjour dans
le Vaucluse chez la famille de Florence, les Chapeuroux réunis au grand complet
pour la fête nationale et la semaine qui suit alors que Paul aura prétexté devoir
fignoler la mise au point de la prochaine mise en orbite du démonstrateur
Nivelle pour échapper à la « famille Rantanplan » et aux invitations
des festivités nationales…
La belle-famille et Florence ainsi que ses enfants se sont ensuite retrouvés dans la propriété estivale de Balagne, celle financée par la fondation luxembourgeoise de Paul, rachetée à la fille Veyle[1] en exil en Grande-Bretagne depuis sa sortie de prison, maison et domaine que Florence avait là encore fini de retaper…
On récoltait même les citrons et les oranges amères laissés jusque-là en jachère. Les amendes, en revanche, elles tombaient au sol et faisait le bonheur des petits animaux du maquis et de quelques marcassins (les cochons sauvages locaux…).
Que ça méritait tout de même une visite des uns et des autres.
Cette année, la goélette de Paul était restée dans l’océan Indien en partance pour les Philippines pour un prochain séjour de l’armateur à son bord sur cette partie du globe et de ses océans qu’il n’avait fait que traverser, une fois sous les 40ème rugissants et deux autres fois à 100.000 pieds d’altitude et à plus de Mach 3 sur les Nivelle 001 et 002…
Florence aura donc dû « gérer » les difficultés de voisinage du lieu qui faisait des ennuis à Olga, Guido, son mari et leurs enfants.
Tous les quatre sont typés « Inca » et les gosses « rebeus » du pays, nés en Corse et parlant le corse au moins aussi bien que les « natifs » des générations antérieures – parce que les « d’jeuns-locaux », la culture des papys, ça ne les intéressait pas, ils préfèrent leur portable –, auront pris en grippe les deux gamins dans la cour de récréation du collège.
C’en est suivi des algarades entre Olga et des « Fatima » enrubannées, hidjab, tchador et compagnie, en général escorté par l’iman local et sa garde rapprochée à la sortie des classes, tel que le directeur de l’établissement aura dû faire appel aux gendarmes… qui se sont bien déplacés, mais surtout bien après que tout le monde se soit dispersé.
En revanche, ultérieurement, le capitaine du peloton aura pris sur lui de déplacer un véhicule sur place à titre purement préventif…
Mais ça reste désagréable, à se demander si les colombiens resteront au service de « Madame ».
Par ailleurs, le « Balbuzard-Team » aura animé un peu le ciel d’été pour reprendre ses vols d’entrainement sur jet et espérer croiser Paul, mais sans succès.
Julie sera partie avec Oscar, son napolitain, en
vacances en Sicile visiter quelques sites, antiques et en ruine, remarquables.
Aurélie aura fait un voyage en Finlande en solitaire dans un groupe de francophones, belges surtout, alors que cet été, Alexis sera partie à la découverte de Varsovie et d’une partie de la Pologne avec Victor qui reste aux petits soins pour elle…
Et pour le reste, les activités de la Cisa auront explosé – mais ce sera surtout rentable les années suivantes – en exploitation des « sphères de sécurité » autour de quelques VIP venus à Paris pour les jeux – alors que le logiciel BBR est aussi activé en suppléance de la veille organisée par les forces de l’ordre de la DGSI : pas une journée sans au moins une alerte « sérieuse » – nécessitant l’intervention d’un peloton du GIGN – et parfois plusieurs par jour durant tout le mois de juillet et une partie du mois d’août.
L’activité se prolongera même en automne avec les jeux paralympiques et le retour de flamme des JO dans son ballon stationnaire au-dessus du jardin des tuileries, à savoir que la ville sera devenue à la fois glamour et l’endroit où il fallait être cet été-là pour bon nombre de « happy few » à travers le monde.
Florence et Paul, invités par plusieurs ministres,
auront dû répondre positivement à la soirée d’ouverture des jeux. C’est elle
qui le souhaitait et la secrétaire générale de la Cisa, Oriane, lui aura dégoté
un aller et retour depuis l’aéroport Santa Catalina jusqu’à Paris dès qu’elle
aura reçu confirmation des invitations et leurs QR Code nécessaires pour passer
les divers contrôles…
Arrivés en tribune par l’esplanade du Trocadéro conduit par Étienne et son chauffeur du groupe de protection de la sphère de sécurité dit « HEC », Paul aura rapidement été intercepté par un « G-man » qui lui a remis un autre carton d’invitation avec un QR Code de la Présidence, lui demandant de rester partager un « verre de l’amitié » dans les salons du musée de la Marine après la fin de la cérémonie.
Ce n’était pas dans ses plans – il n’a pas encore retrouvé tous ses souvenirs – mais ça ne se refusait pas.
Et la séquence assez extraordinaire qui a suivi aura été reconstituée par Alexis à travers ce qu’en a laissé paraître Paul et rapporté Florence, seul témoin direct.
Le Président Makarond se sera avancé vers Paul qui
saluait de-ci-delà et de loin en loin quelques têtes qu’il aurait dû
reconnaître, une flûte à la main, Florence accrochée fermement à son bras.
« Monsieur Charlotte ! Je suis ravi que vous soyez-là ! Ça vous a plu, cette belle cérémonie ? » fait le Président avec un grand sourire et un main tendue longue comme ça.
Il aurait été difficile si ça n’avait pas été le cas. Mais bon, tout n’était pas vraiment non plus du meilleur goût et puis la présence des marques de luxe qui subventionnaient à outrance l’événement était bien trop déplacée : « Très réussi, Président ! J’ai apprécié tout particulièrement les images de Zeus sur son cheval descendant toute la Seine : je me suis laissé bluffer ! »
Très bien : « J’aurai deux mots à vous dire si vous aviez un moment à m’accorder… »
Paul repart dans la matinée qui vient pour les Chagos et Florence pour la Balagne.
« Je m’en doutais, naturellement… ça avance vos travaux sur votre dernier prototype ? » demande Makarond sur un ton fort aimable, voire affable…
Paul doit tenter une première mise en orbite début août… « Puis nous ferons plusieurs exercices pour affiner nos procédures avant d’envoyer en toute sécurité des touristes et des scientifiques en mal de présence sur l’ISS… »
Et l’orbiteur final, le « double zéro trois » ?
« Je manque un peu de fonds en ce moment pour financer un small réacteur nucléaire dont il aura besoin pour être fonctionnel. Mais Bill Gates avance et les chinois également… »
L’air de dire que les européens, et notamment les français, sont « à la ramasse » sur les évolutions futures de la conquête spatiale…
« Nous avons d’autres priorités… » se justifie le Président. « En fait on en a trop sans en avoir les moyens… » semble vouloir dire le Président tout en entrainant Paul par le bras laissé disponible par Florence qui persiste à rester accrochée, vers un petit salon attenant.
« Dassault est pourtant capable de vous sortir des plans d’une navette opérationnelle rapidement… »
« Ce sont les fonds qui manquent pour une souveraineté assumée et tous azimuts… » plaide alors le Président…
Il fait d’abord une diversion avant d’aborder le
sujet qu’il lui tient à cœur : « Que pensez-vous de l’abandon de
Joe Biden[2] ?
C’est une chance inouïe pour la vice-présidente, n’est-ce pas… »
Probablement. « Mais si vous faites confiance aux sondages d’opinion, Trump a de toute façon l’élection gagnée… »
Les sondages se trompent souvent.
« Président, je prends le pari que pas cette fois-ci et que ce sera bien un problème notamment pour les européens et les chinois en 2025, mais pas seulement eux… »
Le logiciel prédictif, même en mode « bêta » et expérimental aurait-il déjà rendu son verdict ?
« Pas besoin d’un logiciel qui calcule des probabilités… Il suffit de penser que Trump va pouvoir mettre le boxon partout où il passe depuis la Maison Blanche, que ça va faire des heureux et perdre pas mal de temps à tout le monde, pour imaginer ce que sera le monde de 2025 et des années suivantes… »
Qu’est-ce que veut dire par là Paul, s’inquiète Makarond ?
« Eh bien on disait de son premier mandat que de lui apprendre son rôle de Président, c’est un peu comme essayer d’apprendre à une dinde à jouer aux échecs. Là, on va découvrir probablement que c’est pire que ça : une dinde, quand elle est sur un échiquier, elle bouscule et renverse toutes les pièces, chie sur le plateau et dit ‘‘J’ai gagné’’ ! »
Belle image…
Et puis enfin il aborde un des sujets pour lequel
il avait eu recours à tout ce stratagème détourné pour croiser Paul sans
éveiller les soupçons de personne…
« Vous n’ignoriez pas que je cherche un nouveau premier ministre… »
Paul avait envie de lui répondre que ce n’est pas nouveau depuis la démission, acceptée, de Babeth Brown… mais, dans un premier temps, il ne trouve pas de formule assez cinglante pour critiquer le choix d’Attal, le « bébé-Makarond » qui se sera fait fusiller en « avance d’hoirie » dès le dernier scrutin européen.
« J’ai besoin de quelqu’un de compétent et de neutre… Je veux dire qui puisse sidérer les leaders de notre monde politique pour leur être inconnu. »
Et à qui pense-t-il ?
« À vous, pardi ! Vous seriez le parfait prototype de l’ingénieur sans affaire au cul, sans étiquette, sans parti pris, sans passé politique qui pourrait reprendre le flambeau des réformes en cours et suspendues le temps de la dissolution. Et puis avec l’aide de votre logiciel prédictif, vous pourriez proposer de prendre les meilleures décisions possibles… »
Si Florence en tremble de tous ses membres et même de la mâchoire, le neurone en feu, Paul garde son calme.
« J’en serai très honoré, mais vous venez de le dire : vous cherchez quelqu’un de compétent. Or, je ne le suis absolument pas en matière politique… et mon logiciel ne fonctionne toujours pas ! »
Là, on sent que Makarond reste déçu, désarçonné, et qu’il réfléchit vite.
« Vous apprendrez rapidement ! Ou alors, au moins le ministère de l’Industrie et de la Recherche, par exemple. Vous pourriez mettre en place les politiques nécessaires pour un rebond vers notre souveraineté scientifique et industrielle… »
Paul coupe court : « Désolé, Président, mais j’ai d’autres urgences en matière de souveraineté. Et puis vous trouverez bien un vieux briscard capable d’affronter une chambre sans majorité, type IVème République, avec les outils institutionnels de la Vème. »
C’est-à-dire ?
« Il ne faut pas être sorti de la cuisse
de Jupiter… (à ses mots, Makarond aurait cillé) pour comprendre que vous
avez une Assemblée sans majorité dont les deux extrêmes se détestent majestueusement
et voteront systématiquement l’une contre l’autre… »
La dissolution était-elle une erreur ?
« Pas du tout Président… Au soir du scrutin européen, ou dans les jours qui auraient suivi, vous ne pouviez pas faire autrement et entrainer tout le pays dans un no-man-land qui fige pour les mois à venir les travaux parlementaires !
Votre erreur, si je puis me permette, vient
de plus loin ! »
Ah bon et d’où selon Paul ?
« Monsieur le Président, avec tout le respect que je vous dois, votre erreur aura été de ne pas avoir réussi à bâtir en cinq ans un programme de gouvernement structuré et durable.
Vous ne proposez même pas l’esquisse d’une ossature
dogmatique, vous êtes dans un néant idéologique avec votre « en même temps »
qui ne veut rien dire où vous ne faites que gérer le temps qui passe sans
aucune vision d’avenir tel un laquais qui a perdu son maître – « maître
des horloges », quelle ironie ! –, sans personne d’assez compétent
pour incrémenter, compléter voire inventer pour vous un programme qui sorte un
peu du « barrage à l’extrême droite » ou prendre le relai et si, avec
Philippe vous aviez encore un peu d’épaisseur, vous-même n’en avez plus aucune ! »
Makarond prend le propos comme d’une claque en
pleine gueule… et Paul continue.
Pour mémoire (n’en
déplaise à « Poux-tine ») : « LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE
PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE »,
REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весь позор!
Parrainez Renommez la rue de l'ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny (change.org)
[1] Cf. l’épisode « Le feu », dans la série « les enquêtes de Charlotte », à publier aux éditions I3.
[2] Le Président US sortant venait de renoncer à se présenter aux élections de novembre prochain, laissant le soin à sa Vice-Présidente, Kamala Harris, de représenter les Démocrates alors même qu’elle n’est pas encore investie par le parti.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
Mais les choses avaient heureusement bien tourné et les gamins étaient traités comme des rois par le personnel, Victor et Dorothée notamment, pour partager le deuxième étage de la bâtisse originelle, alors que le premier, plus les ailes rajoutées par Florence, servaient de chambre à des hôtes qui profitaient du cadre, du restaurant au rez-de-chaussée et surtout de la piscine centrale : en été et par un grand soleil normand, c’était fort agréable et des touristes venaient de partout, même des USA et du Canada…
Et puis, les touristes, s’ils aimaient bien taper dans une balle avec une raquette, quand ils ne parcouraient par les golfes du pays avec leurs clubs, les enfants quant à eux appréciaient le haras voisin pour monter des poneys…
Une initiation sportive où « c’est le bestiau qui fait l’effort », en disait Paul pour se moquer d’eux gentiment.
Lui, il préférait « monter » des machines, bourrées de chevaux-vapeurs, qui allaient plus vite que le son…
La belle-famille et Florence ainsi que ses enfants se sont ensuite retrouvés dans la propriété estivale de Balagne, celle financée par la fondation luxembourgeoise de Paul, rachetée à la fille Veyle[1] en exil en Grande-Bretagne depuis sa sortie de prison, maison et domaine que Florence avait là encore fini de retaper…
On récoltait même les citrons et les oranges amères laissés jusque-là en jachère. Les amendes, en revanche, elles tombaient au sol et faisait le bonheur des petits animaux du maquis et de quelques marcassins (les cochons sauvages locaux…).
Que ça méritait tout de même une visite des uns et des autres.
Cette année, la goélette de Paul était restée dans l’océan Indien en partance pour les Philippines pour un prochain séjour de l’armateur à son bord sur cette partie du globe et de ses océans qu’il n’avait fait que traverser, une fois sous les 40ème rugissants et deux autres fois à 100.000 pieds d’altitude et à plus de Mach 3 sur les Nivelle 001 et 002…
Florence aura donc dû « gérer » les difficultés de voisinage du lieu qui faisait des ennuis à Olga, Guido, son mari et leurs enfants.
Tous les quatre sont typés « Inca » et les gosses « rebeus » du pays, nés en Corse et parlant le corse au moins aussi bien que les « natifs » des générations antérieures – parce que les « d’jeuns-locaux », la culture des papys, ça ne les intéressait pas, ils préfèrent leur portable –, auront pris en grippe les deux gamins dans la cour de récréation du collège.
C’en est suivi des algarades entre Olga et des « Fatima » enrubannées, hidjab, tchador et compagnie, en général escorté par l’iman local et sa garde rapprochée à la sortie des classes, tel que le directeur de l’établissement aura dû faire appel aux gendarmes… qui se sont bien déplacés, mais surtout bien après que tout le monde se soit dispersé.
En revanche, ultérieurement, le capitaine du peloton aura pris sur lui de déplacer un véhicule sur place à titre purement préventif…
Mais ça reste désagréable, à se demander si les colombiens resteront au service de « Madame ».
Par ailleurs, le « Balbuzard-Team » aura animé un peu le ciel d’été pour reprendre ses vols d’entrainement sur jet et espérer croiser Paul, mais sans succès.
Aurélie aura fait un voyage en Finlande en solitaire dans un groupe de francophones, belges surtout, alors que cet été, Alexis sera partie à la découverte de Varsovie et d’une partie de la Pologne avec Victor qui reste aux petits soins pour elle…
Et pour le reste, les activités de la Cisa auront explosé – mais ce sera surtout rentable les années suivantes – en exploitation des « sphères de sécurité » autour de quelques VIP venus à Paris pour les jeux – alors que le logiciel BBR est aussi activé en suppléance de la veille organisée par les forces de l’ordre de la DGSI : pas une journée sans au moins une alerte « sérieuse » – nécessitant l’intervention d’un peloton du GIGN – et parfois plusieurs par jour durant tout le mois de juillet et une partie du mois d’août.
L’activité se prolongera même en automne avec les jeux paralympiques et le retour de flamme des JO dans son ballon stationnaire au-dessus du jardin des tuileries, à savoir que la ville sera devenue à la fois glamour et l’endroit où il fallait être cet été-là pour bon nombre de « happy few » à travers le monde.
Arrivés en tribune par l’esplanade du Trocadéro conduit par Étienne et son chauffeur du groupe de protection de la sphère de sécurité dit « HEC », Paul aura rapidement été intercepté par un « G-man » qui lui a remis un autre carton d’invitation avec un QR Code de la Présidence, lui demandant de rester partager un « verre de l’amitié » dans les salons du musée de la Marine après la fin de la cérémonie.
Ce n’était pas dans ses plans – il n’a pas encore retrouvé tous ses souvenirs – mais ça ne se refusait pas.
Et la séquence assez extraordinaire qui a suivi aura été reconstituée par Alexis à travers ce qu’en a laissé paraître Paul et rapporté Florence, seul témoin direct.
« Monsieur Charlotte ! Je suis ravi que vous soyez-là ! Ça vous a plu, cette belle cérémonie ? » fait le Président avec un grand sourire et un main tendue longue comme ça.
Il aurait été difficile si ça n’avait pas été le cas. Mais bon, tout n’était pas vraiment non plus du meilleur goût et puis la présence des marques de luxe qui subventionnaient à outrance l’événement était bien trop déplacée : « Très réussi, Président ! J’ai apprécié tout particulièrement les images de Zeus sur son cheval descendant toute la Seine : je me suis laissé bluffer ! »
Très bien : « J’aurai deux mots à vous dire si vous aviez un moment à m’accorder… »
Paul repart dans la matinée qui vient pour les Chagos et Florence pour la Balagne.
« Je m’en doutais, naturellement… ça avance vos travaux sur votre dernier prototype ? » demande Makarond sur un ton fort aimable, voire affable…
Paul doit tenter une première mise en orbite début août… « Puis nous ferons plusieurs exercices pour affiner nos procédures avant d’envoyer en toute sécurité des touristes et des scientifiques en mal de présence sur l’ISS… »
Et l’orbiteur final, le « double zéro trois » ?
« Je manque un peu de fonds en ce moment pour financer un small réacteur nucléaire dont il aura besoin pour être fonctionnel. Mais Bill Gates avance et les chinois également… »
L’air de dire que les européens, et notamment les français, sont « à la ramasse » sur les évolutions futures de la conquête spatiale…
« Nous avons d’autres priorités… » se justifie le Président. « En fait on en a trop sans en avoir les moyens… » semble vouloir dire le Président tout en entrainant Paul par le bras laissé disponible par Florence qui persiste à rester accrochée, vers un petit salon attenant.
« Dassault est pourtant capable de vous sortir des plans d’une navette opérationnelle rapidement… »
« Ce sont les fonds qui manquent pour une souveraineté assumée et tous azimuts… » plaide alors le Président…
Probablement. « Mais si vous faites confiance aux sondages d’opinion, Trump a de toute façon l’élection gagnée… »
Les sondages se trompent souvent.
« Président, je prends le pari que pas cette fois-ci et que ce sera bien un problème notamment pour les européens et les chinois en 2025, mais pas seulement eux… »
Le logiciel prédictif, même en mode « bêta » et expérimental aurait-il déjà rendu son verdict ?
« Pas besoin d’un logiciel qui calcule des probabilités… Il suffit de penser que Trump va pouvoir mettre le boxon partout où il passe depuis la Maison Blanche, que ça va faire des heureux et perdre pas mal de temps à tout le monde, pour imaginer ce que sera le monde de 2025 et des années suivantes… »
Qu’est-ce que veut dire par là Paul, s’inquiète Makarond ?
« Eh bien on disait de son premier mandat que de lui apprendre son rôle de Président, c’est un peu comme essayer d’apprendre à une dinde à jouer aux échecs. Là, on va découvrir probablement que c’est pire que ça : une dinde, quand elle est sur un échiquier, elle bouscule et renverse toutes les pièces, chie sur le plateau et dit ‘‘J’ai gagné’’ ! »
Belle image…
« Vous n’ignoriez pas que je cherche un nouveau premier ministre… »
Paul avait envie de lui répondre que ce n’est pas nouveau depuis la démission, acceptée, de Babeth Brown… mais, dans un premier temps, il ne trouve pas de formule assez cinglante pour critiquer le choix d’Attal, le « bébé-Makarond » qui se sera fait fusiller en « avance d’hoirie » dès le dernier scrutin européen.
« J’ai besoin de quelqu’un de compétent et de neutre… Je veux dire qui puisse sidérer les leaders de notre monde politique pour leur être inconnu. »
Et à qui pense-t-il ?
« À vous, pardi ! Vous seriez le parfait prototype de l’ingénieur sans affaire au cul, sans étiquette, sans parti pris, sans passé politique qui pourrait reprendre le flambeau des réformes en cours et suspendues le temps de la dissolution. Et puis avec l’aide de votre logiciel prédictif, vous pourriez proposer de prendre les meilleures décisions possibles… »
Si Florence en tremble de tous ses membres et même de la mâchoire, le neurone en feu, Paul garde son calme.
« J’en serai très honoré, mais vous venez de le dire : vous cherchez quelqu’un de compétent. Or, je ne le suis absolument pas en matière politique… et mon logiciel ne fonctionne toujours pas ! »
Là, on sent que Makarond reste déçu, désarçonné, et qu’il réfléchit vite.
« Vous apprendrez rapidement ! Ou alors, au moins le ministère de l’Industrie et de la Recherche, par exemple. Vous pourriez mettre en place les politiques nécessaires pour un rebond vers notre souveraineté scientifique et industrielle… »
Paul coupe court : « Désolé, Président, mais j’ai d’autres urgences en matière de souveraineté. Et puis vous trouverez bien un vieux briscard capable d’affronter une chambre sans majorité, type IVème République, avec les outils institutionnels de la Vème. »
C’est-à-dire ?
La dissolution était-elle une erreur ?
« Pas du tout Président… Au soir du scrutin européen, ou dans les jours qui auraient suivi, vous ne pouviez pas faire autrement et entrainer tout le pays dans un no-man-land qui fige pour les mois à venir les travaux parlementaires !
« Monsieur le Président, avec tout le respect que je vous dois, votre erreur aura été de ne pas avoir réussi à bâtir en cinq ans un programme de gouvernement structuré et durable.
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весь позор!
Parrainez Renommez la rue de l'ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny (change.org)
[1] Cf. l’épisode « Le feu », dans la série « les enquêtes de Charlotte », à publier aux éditions I3.
[2] Le Président US sortant venait de renoncer à se présenter aux élections de novembre prochain, laissant le soin à sa Vice-Présidente, Kamala Harris, de représenter les Démocrates alors même qu’elle n’est pas encore investie par le parti.
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