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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

samedi 22 août 2026

Sanction fondée sur des propos injurieux tenus à l’égard de non-grévistes

Une affaire rigolote et une issue de bon sens
 
Où il s’agit d’un gâteau d’anniversaire qui sucerait « les boules » et crée des tensions internes… ou les limites à ne pas franchir…
C’est l’histoire d’un salarié muté à titre disciplinaire pour avoir tenu des propos hostiles et injurieux envers des collègues nongrévistes qui contestait sa sanction, invoquant une discrimination syndicale et une atteinte à sa liberté dexpression.
 
La Cour de cassation confirme pourtant la légitimité de la sanction car selon l’article L. 11341 du Code du travail, le salarié doit dabord présenter des éléments laissant supposer une discrimination.
Or le juge apprécie ces éléments dans leur ensemble.
Sils paraissent suffisamment sérieux, lemployeur doit démontrer que sa décision repose sur des motifs objectifs et étrangers à toute discrimination.
 
Ici, le salarié invoquait ses anciens mandats au CHSCT (20102018) et sa participation à des mouvements de grève en 2023.
Mais ces éléments ne suffisaient pas à établir un lien entre son activité syndicale passée et la sanction.
En revanche, des propos répétés créant un malaise dans l’équipe.
Les propos insultants envers les nongrévistes, utilise de façon répétée le terme péjoratif « les remplaceurs », des écrits offensants et humiliants sont signalés ce qui crée des tensions croissantes dans l’équipe, qui sont également signalés par le chef de poste pour risques psychosociaux.
Un épisode a particulièrement marqué les juges : Le salarié avait apporté un gâteau d’anniversaire accompagné d’un message : « Interdit aux remplaceurs. Il y a une malédiction sur ce gâteau. Si un remplaceur en mange, c’est comme s’il me (propos injurieux) »
 
Le chef d’équipe avait alerté la hiérarchie, craignant que la situation dégénère physiquement.
Une enquête interne a été menée, suivie d’une mutation disciplinaire fondée sur l’obligation de sécurité de l’employeur.
Pas de discrimination : la sanction repose sur des motifs objectifs
La Cour de cassation valide l’analyse de la Cour d’appel :
 
Cour de cassation, civile, Chambre sociale, 10 juin 2026, 24-21.589, Inédit
Texte intégral
N° de pourvoi : 24-21.589
Non publié au bulletin
Président : M. Huglo (conseiller doyen faisant fonction de président)
Avocat(s) : SARL Thouvenin, Coudray et Grévy, SELAS Waquet, Farge, Hazan et Féliers
 
COUR DE CASSATION
 
Arrêt du 10 juin 2026
Arrêt n° 534 F-D
Pourvoi n° N 24-21.589
 
R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
 
ARRÊT DE LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, DU 10 JUIN 2026
 
1°/ M. [A] [P], domicilié [Adresse 1],
2°/ le syndicat CGT Arcelormittal [Localité 1], dont le siège est [Adresse 2],
ont formé le pourvoi n° N 24-21.589 contre l'arrêt rendu le 20 septembre 2024 par la cour d'appel d'Aix-en-Provence (chambre 4-3), dans le litige les opposant à la société Arcelormittal Méditerranée, société par actions simplifiée, dont le siège est [Adresse 3], défenderesse à la cassation.
Les demandeurs invoquent, à l'appui de leur pourvoi, deux moyens de cassation.
Le dossier a été communiqué au procureur général.
 
Sur le rapport de Mme Sommé, conseillère, les observations de la SARL Thouvenin, Coudray et Grévy, avocat de M. [P] et du syndicat CGT Arcelormittal [Localité 1], de la SELAS Waquet, Farge, Hazan et Féliers, avocat de la société Arcelormittal Méditerranée, après débats en l'audience publique du 12 mai 2026 où étaient présents M. Huglo, conseiller doyen faisant fonction de président, Mme Sommé, conseillère rapporteure, Mme Bérard, conseillère, et Mme Aubac, greffière de chambre,
la chambre sociale de la Cour de cassation, composée du président et des conseillères précités, après en avoir délibéré conformément à la loi, a rendu le présent arrêt.
 
Faits et procédure
1. Selon l'arrêt attaqué (Aix-en-Provence, 20 septembre 2024), statuant en matière de référé, M. [P] a été engagé en qualité de technicien d'exploitation coulée continue, le 28 septembre 1998, sur le site de [Localité 1], par la société Sollac Méditerranée aux droits de laquelle vient la société Arcelormittal Méditerranée.
2. Le salarié a été élu sur la liste du syndicat CGT Arcelormittal [Localité 1] (le syndicat) et a exercé un mandat de membre du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de 2010 à 2014 puis de secrétaire de ce comité de 2014 à 2018. Il n'a plus de mandat depuis cette date.
3. Par lettre du 28 juin 2023, le salarié s'est vu notifier une mutation disciplinaire dans un autre service à effet du 1er juillet suivant.
4. Invoquant une discrimination syndicale et une atteinte à sa liberté d'expression, le salarié et le syndicat ont saisi, le 6 septembre 2023, la juridiction prud'homale afin notamment d'obtenir la réintégration du salarié à son ancien poste sous astreinte et la condamnation de l'employeur à verser, au salarié, une provision sur dommages et intérêts pour discrimination syndicale et, au syndicat, une provision sur dommages et intérêts au titre de l'atteinte à l'intérêt collectif de la profession.
 
Examen des moyens
Sur le premier moyen, pris en sa première branche
Énoncé du moyen
5. Le salarié fait grief à l'arrêt de le débouter de l'ensemble de ses demandes, alors « que lorsque le salarié présente des éléments de fait constituant selon lui une discrimination directe ou indirecte, il appartient au juge d'apprécier si ces éléments, pris dans leur ensemble, laissent supposer l'existence d'une telle discrimination et, dans l'affirmative, il incombe à l'employeur de prouver que ses décisions sont justifiées par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination ; qu'après avoir retenu que pris avec les autres éléments présentés par le salarié, la mutation disciplinaire sanctionnant l'usage du terme "remplaceurs" pour désigner les salariés non-grévistes laissait supposer l'existence d'une discrimination syndicale, la cour d'appel a estimé que "l'employeur apporte des éléments objectifs de nature à justifier que sa décision est étrangère à toute discrimination" aux motifs que "la cour relève l'absence de production d'élément de la part [du salarié] concernant son adhésion au syndicat CGT ou son activité syndicale postérieurement aux mandats accomplis, et notamment en 2023, étant précisé que l'exercice du droit de grève qui n'est contesté dans aucun écrit de la société, peut être indépendant d'un militantisme actif, relatif au caractère "stratégique" du département d'affectation aciérie, et du fait qu'il serait comme la CGT, la cible direct d'attaques de la part de la société, celle-ci se contentant de faire dans ses publication un état des journées de production perdues dans les services et des risques induits par ces perturbations à plus long terme. Par ailleurs l'absence d'évaluation du salarié de 2015 à 2020 n'a aucun lien avec les faits reprochés et la sanction. Et contrairement à ce qu'indique le salarié, la société justifie par le mail du chef de poste qu'elle a été saisie par ce dernier en raison d'une situation de malaise et tension au sein de l'équipe due au comportement de M. [P], correspondant à un signalement RPS et a décidé de mener une enquête, ce qui ne saurait lui être reproché. Il ne résulte pas de la lettre notifiant la sanction un motif contaminant, aucune référence à une quelconque activité syndicale n'étant présente, et au regard des motifs sérieux développés portant tant sur l'absence de respect des consignes que du règlement intérieur, et prise sur le fondement de l'obligation de sécurité" ; qu'en statuant ainsi, par des motifs impropres à caractériser l'existence d'éléments objectifs étrangers à toute discrimination syndicale et à l'exercice normal par le salarié de son droit de grève, quand il résultait de ses constatations que le salarié avait exercé des activités syndicales en 2023 par sa participation à des grèves et qu'il avait été sanctionné le 28 juin 2023 pour avoir fait usage du terme "remplaceur" pour désigner les salariés non-grévistes remplaçant les salariés grévistes, la cour d'appel a violé les articles L. 1132-1, L. 1132-2, L. 1134-1, L. 2141-5 et L. 2511-1 du code du travail. »
 
Réponse de la Cour
6. En application de l'article L. 1134-1 du code du travail, lorsque le salarié présente plusieurs éléments de fait constituant selon lui une discrimination directe ou indirecte, il appartient au juge d'apprécier si ces éléments pris dans leur ensemble laissent supposer l'existence d'une telle discrimination et, dans l'affirmative, il incombe à l'employeur de prouver que ses décisions sont justifiées par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination.
7. Après avoir retenu que le salarié produit des éléments laissant supposer l'existence d'une discrimination syndicale, l'arrêt constate que l'absence d'évaluation du salarié de 2015 à 2020 n'a aucun lien avec les faits reprochés et la sanction, que la société justifie qu'elle a été saisie par le chef de poste d'un signalement relatif à des risques psycho-sociaux en raison d'une situation de malaise et de tension au sein de l'équipe due au comportement du salarié en raison des propos répétés tenus par ce dernier à l'égard des salariés non grévistes, ce qui a entraîné une enquête interne, que la lettre notifiant la sanction, qui ne mentionne aucune référence à une activité syndicale, contient des motifs sérieux portant sur le non-respect des consignes et du règlement intérieur et sur l'absence de respect envers d'autres salariés et des membres de la hiérarchie en raison de propos inappropriés tenus par le salarié dans la sphère professionnelle, enfin que la sanction a été prise par l'employeur sur le fondement de son obligation de sécurité.
8. En l'état de ses constatations, la cour d'appel a estimé, dans l'exercice de son pouvoir souverain d'appréciation, que l'employeur démontrait que sa décision était justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination syndicale.
9. Le moyen n'est, dès lors, pas fondé.
 
Sur le premier moyen, pris en sa seconde branche
Énoncé du moyen
10. Le salarié fait le même grief à l'arrêt, alors « que sauf abus résultant de propos injurieux, diffamatoires ou excessifs, le salarié jouit, dans l'entreprise et en dehors de celle-ci, de sa liberté d'expression à laquelle seules des restrictions justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché peuvent être apportées ; qu'en l'espèce, le salarié a été sanctionné pour avoir déposé sur un gâteau un message énonçant "Interdit aux remplaceurs. Il y a une malédiction sur ce gâteau. Si un remplaceur en mange, c'est comme s'il me suçait les boules. PS, je ne vise personne. Bon appétit aux personnes de valeur" ; que pour retenir que "le comportement de M. [P] caractérise un abus dans la liberté d'expression et une faute justifiant une sanction disciplinaire", la cour d'appel a estimé que "le libellé du mot inscrit sur le gâteau ne constituait pas la simple expression d'une opinion mais bien une injure et une menace et en tout cas un manque de respect envers les autres salariés, contrevenant au règlement intérieur. En outre, il résulte suffisamment de l'enquête que cet écrit a été ressenti comme une violence par un autre salarié, de nature à causer un trouble objectif dans l'entreprise au moins dans le service concerné, nécessitant pour l'employeur de prendre des mesures, au titre de son obligation de sécurité, compte tenu de cet excès, afin de protéger tant M. [P] que les autres salariés" ; qu'en statuant ainsi, sans caractériser l'emploi de termes injurieux, diffamatoires ou excessifs dans le contexte du message litigieux, quand le salarié, qui avait participé à l'ensemble des grèves au cours de l'année 2023, faisait valoir qu'il avait exprimé son opinion sur les salariés non-grévistes remplaçant les salariés grévistes, sur un gâteau apporté par lui-même pour son anniversaire afin de le partager dans un cercle restreint à ses collègues d'équipe avec lesquels l'usage d'un langage familier voire grossier était habituel, la cour d'appel a violé l'article L. 1121-1 du code du travail. »
 
Réponse de la Cour
11. Il résulte de l'article R. 1455-6 du code du travail que le juge des référés ne peut prescrire des mesures conservatoires ou de remise en état que pour prévenir un dommage imminent ou pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
12. La cour d'appel a retenu que les griefs visés par la lettre de mutation disciplinaire, reprochant au salarié un manque de respect envers d'autres salariés et des membres de la hiérarchie au travers d'écrits, de propos et notamment de propos grossiers offensants et humiliants et de manière générale inappropriés dans la sphère professionnelle, et l'utilisation répétée d'un terme péjoratif « les remplaceurs » à l'origine de tensions avec les salariés non grévistes qui assurent le remplacement des salariés qui exercent leur droit de grève et d'un malaise dans l'équipe qui tend à provoquer une dégradation de leurs conditions de travail, étaient matériellement établis et pouvaient justifier la sanction disciplinaire.
13. Elle a pu en déduire que la mutation disciplinaire n'était pas constitutive d'un trouble manifestement illicite.
14. Le moyen n'est donc pas fondé.
 
Mais sur le second moyen
Énoncé du moyen
15. Le syndicat fait grief à l'arrêt de déclarer irrecevables ses demandes, alors « que les syndicats professionnels peuvent, devant toutes les juridictions, exercer les droits réservés à la partie civile concernant les faits portant un préjudice direct ou indirect à l'intérêt collectif de la profession qu'ils représentent ; que pour déclarer irrecevable l'intervention volontaire du syndicat, l'arrêt énonce qu' "à défaut de préjudice porté à l'intérêt collectif, la demande de provision sur dommages et intérêts du syndicat est irrecevable pour défaut de qualité à agir" ; qu'en statuant ainsi, quand l'intérêt à agir n'est pas subordonné à la démonstration préalable du bien-fondé de l'action et que la violation invoquée des dispositions relatives à l'interdiction de toute discrimination syndicale était de nature à porter un préjudice à l'intérêt collectif de la profession, la cour d'appel a violé l'article L. 2132-3 du code du travail. »
 
Réponse de la Cour
Vu l'article L. 2132-3 du code du travail :
16. Aux termes de ce texte, les syndicats professionnels ont le droit d'agir en justice. Ils peuvent, devant toutes les juridictions, exercer tous les droits réservés à la partie civile concernant les faits portant un préjudice direct ou indirect à l'intérêt collectif de la profession qu'ils représentent.
17. Le syndicat, qui poursuit le paiement de dommages et intérêts en réparation du préjudice résultant d'une discrimination syndicale, de sorte que la violation invoquée des dispositions relatives à l'interdiction de toute discrimination syndicale est de nature à porter un préjudice à l'intérêt collectif de la profession, est recevable en son action.
18. Pour déclarer irrecevables les demandes du syndicat, l'arrêt énonce qu'à défaut de préjudice porté à l'intérêt collectif, la demande de provision sur dommages et intérêts du syndicat est irrecevable pour défaut de qualité à agir.
19. En statuant ainsi, alors que la violation invoquée des dispositions relatives à l'interdiction de toute discrimination syndicale est de nature à porter un préjudice à l'intérêt collectif de la profession, la cour d'appel a violé le texte susvisé.
 
Portée et conséquences de la cassation
20. Après avis donné aux parties, conformément à l'article 1015 du code de procédure civile et tel que suggéré par le mémoire en défense, il est fait application des articles L. 411-3, alinéa 2, du code de l'organisation judiciaire et 627 du code de procédure civile.
21. L'intérêt d'une bonne administration de la justice justifie, en effet, que la Cour de cassation statue au fond.
22. Le syndicat, qui poursuit le paiement de dommages et intérêts en réparation du préjudice résultant d'une sanction dont il est soutenu qu'elle a été prononcée de façon discriminatoire en considération de l'appartenance ou de l'activité syndicale du salarié, de sorte que la violation invoquée des dispositions relatives à l'interdiction de toute discrimination syndicale est de nature à porter un préjudice à l'intérêt collectif de la profession, est recevable en son action.
23. Cependant, le rejet du premier moyen, en ce que celui-ci critique le chef de dispositif de la décision ayant, en l'absence de toute discrimination syndicale, débouté le salarié de ses demandes au titre de la discrimination syndicale, prive de tout fondement la demande de provision sur dommages et intérêts présentée par le syndicat.
24. Le syndicat doit en conséquence être débouté de sa demande de provision.
25. La cassation du chef de dispositif déclarant irrecevables les demandes du syndicat n'emporte pas celle des chefs de dispositif de l'arrêt condamnant le salarié aux dépens ainsi qu'au paiement d'une somme en application de l'article 700 du code de procédure civile, justifiés par d'autres dispositions de l'arrêt non remises en cause.
 
PAR CES MOTIFS, la Cour :
CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il déclare irrecevables les demandes du syndicat CGT Arcelormittal [Localité 1], l'arrêt rendu le 20 septembre 2024, entre les parties, par la cour d'appel d'Aix-en-Provence ;
DIT n'y avoir lieu à renvoi ;
Déclare le syndicat CGT Arcelormittal [Localité 1] recevable en son action ;
Déboute le syndicat CGT Arcelormittal [Localité 1] de sa demande à titre de provision sur dommages et intérêts pour atteinte à l'intérêt collectif de la profession ;
Laisse à chacune des parties la charge des dépens par elle exposés ;
En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ;
Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement cassé ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé publiquement le dix juin deux mille vingt-six par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile
 
La Cour de cassation valide donc l’analyse de la Cour d’appel : La lettre de sanction ne mentionnait aucune activité syndicale, les griefs étaient établis, la sanction visait à préserver la santé et la sécurité des salariés, l’absence d’évaluation du salarié entre 2015 et 2020 n’avait aucun lien avec les faits reprochés.
L’employeur démontrait donc que sa décision était objectivement justifiée.
De plus, la liberté d’expression est un droit… mais n’est pas un permis d’injurier.
Car la Cour rejette cet argument : Ses propos tenus dépassaient largement le cadre de la liberté d’expression dans l’entreprise.
 
Ainsi les juges rappellent que la liberté d’expression doit s’exercer sans abus, et que des propos grossiers, humiliants ou hostiles peuvent légitimement être sanctionnés lorsqu’ils créent un climat délétère.
 
Bonne fin de week-end de retour d’estives à toutes et à tous !
 
I3
 
Pour mémoire (n’en déplaise à « Pal-Poux-tine ») : LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весlь позор!
Pétition · Renommez la rue de l’ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny - France · Change.org

vendredi 21 août 2026

Une classique pour finir la semaine.

Donc déjà « revenue »…
 
C’est l’histoire de ce trader qui gare sa Porsche flambant neuve achetée avec ses primes annuels, histoire de frimer devant ses collègues.
Au moment où il commence à sortir de sa voiture, un camion arrive à toute vitesse et passe si près de la Porsche qu’il arrache la portière de la voiture, puis disparaît aussi vite.
Le trader prend son téléphone et appelle la police. Cinq minutes plus tard, une voiture de police arrive et avant même que les policiers aient pu poser la moindre question, le trader commence à hurler :
« Ma Porshe est foutue !
Quoique fassent les carrossiers, ce ne sera plus jamais la même !
Elle est foutue, foutue, foutue ! »
Les policiers le laissent s’épuiser à gueuler puis une fois la tirade terminée, l’un d’entre eux se lamente :
«  C’est absolument incroyable comment vous autres, traders, vous êtes matérialistes !
Vous êtes si concentrés sur vos biens que vous ne pensez à rien d’autre dans la vie !
 Mais comment pouvez-vous dire une chose pareille, brigadier ?
 Vous n’avez même pas remarqué que votre bras gauche aura été arraché avec la portière ! »
Le trader regarde son bras manquant et hurle :
« Aaaaaaah merde ! Ma Rolex ! »
 
Jean-Paul à Jean-Marc, un matin en semaine, au « bar des amis » devant une bière-comptoir :
«  Tu te rends compte, un crédit pour acheter ta maison, c’est 25 ans.
Un braquage pour la même raison, c’est 10 ans…
 Tu en as d’autres des conseils financiers pertinents comme ça ? »
 
C’est Jean-Dominique qui se fait opérer.
Il a une requête à formuler auprès de son chirurgien traitant :
«  Docteur, si je paye ce qu’il faut en supplément, est-ce que vous pouvez m’assurer d’avoir une infirmière très jolie ?
 Mais enfin Monsieur… à votre âge je me soucierai plus de ma santé que de tirer des plans absurdes avec une infirmière !
 Non mais vous m’avez mal compris docteur…
Si mon infirmière est jolie, j’ai plus de chance de voir souvent mes deux fils qui viendront prendre de mes nouvelles !
  »
 
Jean-Paul à Jean-Marc, un autre jour, devant une autre bière, mais au même comptoir :
«  Tu savais qu’un aveugle ça pleure des vraies larmes quand il épluche des oignons ?
 Bé oui : Ils se coupent souvent les doigts ! »
 
Germaine chez son gynécologue :
«  Docteur, vous me conseillez quoi comme contraceptif ?
 Oh, dans votre cas, un simple démaquillant devrait suffire ! »
 
C’est Jean-Marc qui, en déplacement en province, s’ennuie au comptoir du bar de l’hôtel.
Une femme s’approche et il entame la discussion :
«  Puis-je vous offrir un verre ?
 Tout d’abord, dites-moi : Avez-vous une petite amie ?
 Non… Elle m’a quitté il y a un peu plus d’un mois…
 Alors oui, je veux bien boire un verre en votre compagnie… »
Et de verres en verres, ils se rapprochent alors que la soirée s’étale et s’anime.
Telle qu’ils finissent par s’embrasser et terminent la nuit ensemble dans le lit de la chambre de Jean-Marc.
Le lendemain, après une folle nuit, la femme demande à Jean-Marc qui sort de la douche :
«  Explique-moi une chose, veux-tu…
 Quoi ?
 Comment ta petite amie a pu te quitter alors que tu n’es pas mal et que tu baises plutôt bien ?
 Oh ça, c’est très simple : Elle a découvert l’existence de Germaine, ma femme ! »
 
Jean-Paul, un matin, devant une bière, à Jean-Marc :
«  Tu imagines si un groupe musical s’appelait « dentifrice » ?
 Pourquoi ?
 Parce qu’à la radio on annoncerait alors le dernier tube de dentifrice… »
 
Toujours Jean-Paul :
«  Avec toi, je bois des bières, Jean-Marc.
Mais quand j’ai un problème insoluble, je me demande comment aurait fait Jésus. Alors je fais comme lui !
 C’est-à-dire ?
 Je bois du vin avec 12 potes ! »
 
Jean-Marc en consultation chez son généraliste :
«  Docteur, quand je me lève le matin, j’ai mal au dos !
 Et ça passe ensuite ?
 Oui mais je souffre toute la matinée…
 Eh bien levez-vous l’après-midi… Ça fera 75 euros ! »
 
Le patron de Jean-Marc en déplacement sur site lui demande :
«  Quelle est la façon la plus rapide de se rendre en centre-ville depuis les ateliers ?
 Vous êtes à pied ou en voiture ?
 En voiture ?
 C’est la plus rapide ! »
 
Jean-Marc, un matin à Jean-Paul, chacun devant une chope de bière :
«  Cette nuit, un cambrioleur est entré chez nous !
 Mon Dieu… Et qu’est-ce qu’il a pris ?
 Un sacrée branlée : Ma femme a cru que c’était moi qui rentrais complètement bourré ! »
 
Germaine à sa copine Marie-Chantal :
«  Moi, à ta place, avec les jambes que tu as en ce moment, je ne sortirai pas en jupe…
 Ah bon ? Tu sors bien sans cagoule !
 
Jean-Paul à Jean-Marc, un soir avant de rentrer chacun chez soi, après la pause « bière-rafraîchissante » :
« Quand on y songe bien, les hommes, quand ça picole un peu trop, ça parle pour ne rien dire, ça devient émotif, ça conduit mal, ça réfléchit de travers et ça se bat pour un rien…
Alors que les femmes, ça fait tout ça aussi bien sans rien boire… »
 
Marie-Chantal à Germaine, devant une tasse de thé :
«  Mon dernier amant est parti avec tous mes plats à gratin !
 Quel mufle !
 C’est le Pyrex que j’aie jamais eu ! »
 
Jean-Paul à Jean-Marc :
«  Tu savais que la femelle du condor s’appelle « la chambre à coucher » ?
 Qu’est-ce que tu racontes ?
 C’est parce que c’est là condor ! »  
 
Et Jean-Marc lui répond :
«  Et toi tu savais que la femelle du canard ne pondait qu’un seul œuf en été ?
 Ah bon ?
 Bé oui, c’est l’œuf estival de cane !
 C’est malin ! »
 
Une petite « revenue » au passage ?
«  Hier, nous sommes tombés en panne de voiture en pleine nuit sur une route de campagne…
 Et alors, vous avez paniqué ?
 Si, si ! Mais sur la banquette arrière en attendant le dépanneur ! »
 
Le patron de Jean-Marc :
«  Nous les riches, on souffre bien plus que vous, les pauvres des prix du carburant…
 
 Un hélicoptère ça consomme beaucoup plus qu’une Twingo, alors arrêtez tous de vous plaindre ! »
 
Jean-Paul à qui Jean-Marc aura raconté cette saillie patronale :
« Tu sais, quand tu as vraiment envie de gifler un mec, il ne fait pas te gêner !
Mais avant tu cries « Moustique » ! »
 
Germaine chez son fromager :
«  Bonjour Monsieur !
 Bonjour Chère Madame. Qu’est-ce que je vous sers aujourd’hui ?
 Un camembert fait à cœur, une portion de Roquefort et un morceau de rompit que je veux découvrir, s’il vous plait !
 Du rompit ? Je ne connais pas…
 Comment ça vous ne connaissez pas le rompit ?
 Bé… euh, non !
 Mais enfin, vous êtes fromager et vous ne connaissez pas le rompit alors que dans la bible ils en parlaient déjà ?
 Dans la bible ?
 Oui, dans la bible il est écrit que Jésus prit le vin, le pain et le rompit !
 Ah oui, je vois… Je n’en ai plus, mon fournisseur est en rupture de stock, désolé ! Mais je peux vous proposer un Celle-sur-Cher à la place ! »
 
« Courir rime avec mourir. Sport avec mort…
Est-ce seulement une coïncidence ? »
 
Jean-Marc au Bar des amis, en attendant Jean-Paul :
«  Combien une levrette, s’il vous plait mademoiselle !
 C’est en promo. La levrette, un soixante-neuf !
 Eh oh ! On se calme la chaudasse : Je parlais de la bière !
 Et moi de son prix espèce de connard ! »
 
Jean-Paul arrive entre temps et raconte qu’il a enfin la réponse à la question de qui est arrivé en premier de l’œuf ou de la poule !
«  Et c’est l’œuf qui est arrivé en premier !
 Et comment tu es sûr de ta réponse ?
 Bin j’ai jeté une poule et un œuf en même temps de la fenêtre du troisième et c’est l’œuf qui est arrivé en premier sur terre ! »
 
« Quel âge as-tu ? » demande une vieille dame à un petit garçon.
«  Sept ans.
 Comment ?
 J’ai dit : Sept ans !
 Dix-sept ans !
 Non, sept, sans dix
 Sept cent dix ans ! Bravo mon garçon, tu ne fais pas ton âge ! »
 
Jeanjean demande 10 euros à son père.
Jean-Marc le questionne :
«  C’est pour quoi faire ?
 Pour donner à une vieille dame.
 Bravo, c’est très bien de vouloir l’aider. Et où est-elle cette dame ?
 Là-bas, elle vend des glaces ! »
 
C’est dans la savane australienne où le ciel commence à virer au gris charbon.
Deux mamans kangourous sont arrêtées près d’un eucalyptus, observant les nuages avec une inquiétude grandissante.
L’une delles soupire bruyamment en ajustant sa posture, l’air franchement agacée.
« Oh non, j’espère vraiment qu’il ne va pas pleuvoir aujourd’hui, » lance-t-elle.
Sa copine, étonnée par cette soudaine météo-sensibilité, lui répond :
« Pourquoi ça ? Un peu d’eau, ça fera du bien à l’herbe, on va enfin avoir de quoi brouter du frais ! »
Elle secoue la tête, les oreilles basses, et répond avec une grimace :
« Tu rigoles ? Je déteste quand il pleut... Il n’y a rien de pire que d’avoir les enfants qui jouent à l’intérieur ! »
 
C’était encore pour mieux en rire…
Alors bon week-end à toutes et tous, avec une pensée émue pour les aoûtiens qui vont s’enfermer dans les embouteillages des grands retours !
 
I3
 
Pour mémoire (n’en déplaise à « Pal-Poux-tine ») : LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весь позор!
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jeudi 20 août 2026

« Trompe-le-clown » et sa «license to transgress»

L’insulte, le mépris et la brutalité…
 
Petites réflexions autour de « Trompe-le-clown » qui, au-delà de ses foucades désolantes mais habituelles, a cela d’infâmant pour la fonction qu’il occupe et qu’il dévalorise, est d’agir aussi comme un révélateur : Ses propos accélèrent une désinhibition morale générale où la brutalité, le mépris et la transgression deviennent progressivement acceptables sinon désirable… et deviennent une norme de gouvernement !
Fabuleux détournement de la démocratie élective…
Et faillite des acquis de la bienséance civilisationnelle…
 
On dit fréquemment que « le mal procède par division ». Effectivement, le mal fracture l’individu, les relations humaines, la société et le rapport au vivant, faisant ainsi du conflit la forme normale des interactions !
La guerre est ainsi devenue un paradigme commun.
La logique concurrentielle s’étend ensuite de l’entreprise aux relations internationales.
Seule une culture de paix fondée sur la reconnaissance de l’autre pourrait probablement rompre cette dynamique et on compte sur les esprits éclairés dont s’entourent en principe nos dirigeants pour tracer ce chemin au bénéfice de l’humanité toute entière.
Mais que nenni…
 
C’est que les crises contemporaines ne se laissent plus comprendre par la seule analyse des événements ou des figures qui les incarnent. Elles signalent une rupture plus profonde, touchant jusqu’à notre manière d’habiter le monde, d’exercer le pouvoir et de reconnaître l’autre comme sujet de dignité.
En quelques années, un homme est parvenu à rendre appréhendable et parfois même respectable ce qui demeurait contenu, dissimulé ou honteux : L’insulte, le mépris, la brutalité !
Et « Trompe-le-clown » n’a évidemment pas inventé ces forces : Il les a seulement autorisées, leur donnant un visage, un langage et une validation symbolique depuis le sommet du pouvoir mondial.
C’est à la fois sa petitesse d’esprit, son étroitesse de vue, et dans le même temps la matière de sa gloire, celle de nous révéler à nous-même jusqu’où on peut aller quand on dépasse les bornes…
Comme disait mon « Papa-à-moâ-même » (celui qui me fait toujours frémir quand je l’évoque), au-delà des bornes, il n’y a plus de limite !
 
À l’observer depuis des semaines et des semaines, à écouter ce qu’on veut bien me rapporter de ses propos, à tenter de comprendre ce qu’il peut y avoir de dogmatique dans ses dires et décisions, on se rend compte que le phénomène dépasse sa personne et trouve en lui une fixation nouvelle.
Ce qui se jouerait n’est pas seulement un style provocateur, mais bien plus une désinhibition morale du pouvoir : Ce qui était inacceptable devient tolérable, ce qui était indigne devient performant, ce qui devait être combattu devient imité.
 
Concevoir le mal uniquement comme violence spectaculaire ou démesure exceptionnelle empêcherait d’en saisir la dynamique la plus dangereuse : Sa capacité à se répandre silencieusement, à se normaliser, à s’intégrer aux pratiques quotidiennes et aux imaginaires collectifs.
Le mal ne surgirait pas toujours sous une forme monstrueuse. Mais il se diffuse bien plus sûrement lorsqu’il devient banal et qu’il cesse d’être jugé.
« Trompe-le-clown » ne pense ni n’invente le mal (trop kon pour ça) : Il le performe, il l’exhibe sans honte et suspend ainsi l’exercice du jugement moral chez celles et ceux qui s’identifient à lui.
Il délivre un « permis de transgression », même sans le vouloir !!!
C’est là de la « violence mimétique » : Affranchies, elles prolifèrent dans tous les interstices du social. La dynamique n’est ni strictement états-unienne ni strictement politique, et l’Europe n’est pas en reste.
Elle va même contaminer notre espace politique de « Gauloisiens-électeurs » qui entrent dans une campagne électorale qui va être saignante…
 
S’installe alors une ronde auto-alimentée, où le président du pays le plus puissant du monde représente à la fois le produit et le moteur du mouvement. Chaque parole brutale en libère d’autres. Chaque transgression appelle une surenchère. Chaque recul éthique devient un précédent, une jurisprudence sans prudence !
Ce ne sont plus seulement les comportements politiques qui sont touchés, mais les pratiques économiques, managériales, médiatiques et jusqu’aux relations quotidiennes.
Aucun autocrate du siècle passé ne disposait de l’instantanéité des réseaux sociaux ni d’une fortune (acquise par héritage et manipulations fiscales) érigée en preuve ultime de légitimité. « Trompe-le-clown », selon cette perception, ne construit pas un système totalitaire classique : Il désagrège les digues intérieures et rend le mal ordinaire, banal, acceptable, et même désirable.
 
En grec antique, diabolos signifie « celui qui sépare, qui désunit ». Le diable n’est pas tant celui qui détruit que celui qui désagrège les liens.
Nous connaissons tous l’écart entre ce que nous savons être juste et nos actions, entre notre vulnérabilité et le masque que nous endossons pour exister. Ainsi, un être divisé devient dangereux non par malveillance, mais parce qu’il cherche à l’extérieur ce qu’il a perdu à l’intérieur.
L’autre cesse d’être un visage pour se transformer en un obstacle : Un visage, c’est la présence directe d’une personne autre que moi avec qui la relation devient possible. Un obstacle, un non-visage, se contourne ou s’élimine. La relation entre deux visages se mue en rapport de force, leurs différences menacent : La violence s’avère possible, puis acceptable.
Et ça dégouline dans la société : Le même mécanisme oppose en camps irréconciliables les gagnants aux perdants.
La division devient ainsi un outil de gouvernement.
 
Sa version la plus radicale survient lorsque l’humanité se pense séparée du monde. La nature est vue comme de la matière inerte, l’animal comme un stock, l’être humain comme une ressource. La relation se transforme alors en prédation.
La crise « écolologique » n’est par conséquent pas seulement technique : Elle est d’abord relationnelle avec une perte de sensibilité au vivant.
Dans l’entreprise ce phénomène se déploie même de façon systémique : Mise en concurrence permanente, culture du chiffre où les tableaux de bord comptent plus que les personnes qu’ils prétendent évaluer, burn out transformé en rite de passage plus qu’en signal d’alerte, sacrifice du long terme humain à un court terme financier érigé en évidence.
 
Au niveau social, la même logique stigmatise les plus fragiles, légitime des inégalités extrêmes présentées comme naturelles et installe la méfiance comme principe implicite de vie commune.
Sur la scène mondiale, le même mécanisme évolue en un prélude inévitable à un conflit militaire : Les sanctions, autrefois considérées comme des mesures extraordinaires, sont maintenant utilisées comme des outils de coercition courante.
L’énergie et les technologies, y compris les terres rares, deviennent des facteurs de division, transformant les interdépendances en foyers de tension.
Les engagements climatiques sont abandonnés au profit de la compétitivité à court terme.
Les institutions multilatérales, qui constituent les seuls espaces de médiation disponibles, sont délibérément affaiblies.
Et comme par le hasard d’une démonstration, les propositions de règlement du conflit russo-ukrainien portées par « Trompe-le-clown » en donnent la formule : Le deal commercial remplace toute architecture diplomatique.
C’est également le cas avec l’Iran, avec la guerre des droits de douanes, avec la Korée et l’OTAN…
 
La rationalité néolibérale aura rendu impensable toute grammaire autre que le rapport de force. Lorsque la gouvernance s’inspire du modèle de l’entreprise concurrente, le deal se substitue au traité, la pression au dialogue, la menace à la garantie.
Le passage de la guerre économique à la guerre armée marque une continuité : C’est la même logique poursuivie par d’autres moyens. Et l’histoire montre avec constance que la brutalisation du langage précède celle des actes.
 
Le paradigme économicopolitique dominant semble s’être rigidifié autour d’axiomes aujourd’hui encore invisibles : La compétition anime la vie sociale, la valeur se mesure à la capacité de dominer, les relations se résument à des rapports de force.
Ce paradigme a un nom : La grammaire de la guerre. Non pas la guerre comme exception tragique, mais comme mode ordinaire de relation : Guerre de l’ego contre lui-même, guerre managériale, guerre sociale contre les perdants, guerre géopolitique, etc.
Et ces guerres ne sont pas que des métaphores : Elles produisent de la souffrance et de la mort réelles.
Or, un paradigme ne se réformerait pas même à la marge : Ses présupposés ne s’amendent pas, ils se remplacent. Ce n’est pas l’usage du pouvoir qu’il faudrait moraliser, mais la conception même de la puissance qu’il faudrait refonder.
Car, si la guerre commence dans les mots, la paix débute par la reconnaissance que l’autre, concurrent, migrant, ennemi désigné, opposant politique, est aussi un sujet de dignité au moins autant que soi-même, dont l’éventuelle vulnérabilité nous concerne avant toute décision économique.
La culture de paix apparaît alors moins comme une utopie que comme une stratégie de survie, une insurrection éthique : Rien, hors le lien et le travail patient d’apprendre à vivre, ne peut rompre la ronde auto-alimentée du mal ordinaire. Tout le reste (travail intérieur, éducation, politique et économie) n’est que chemin vers cette évidence.
 
Il me semble que c’est le message que l’on peut tirer des propos du pape Léon le quatorzième et des dires de la Curie.
Et pour ma part, je redoute la campagne des présidentielles : Pour l’heure les digues des « valeurs républicaines » (celle du « socle » du même nom) tiennent bon. Mais la déferlante pourrait être puissante tellement les messages de haine paraissent avoir un écho puissant dans l’opinion publique, celle de « monsieur tout le monde »…
Nous verrons bien, car il y a deux méthodes, deux types de réponse : La première est celle du conquérant désinhibé de « Trompe-le-clown » et des « Seigneurs de la tech » qui vivent sur du vent et leur réputation parfois fallacieuse à savoir faire du cash. Et celle des autocrates à la façon de « Pal-Poux-tine », « Xi-Ping-pong » ou « Kim-tout-fou », voire quelques autres au Moyen-Orient, qui n’ont qu’un seul objectif : Détruire, anéantir, exterminer, neutraliser, faire disparaître, ce qui n’est pas « orthodoxe » à leur propre système de valeur autocentré et qui pourrait lui porter ombrages.
Eux aussi sont désinhibés !
Portés au sommet du pouvoir dans leurs sillons, ils ont pris le melon, l’Hubris pour faire lettré, et poursuivent tout ce qui pourraient les entraver, comme s’ils étaient eux-mêmes immortels, éternels…
Quelle immense fatuité !
Et je vous avoue n’adhérer ni à l’une ni à l’autre hypothèse.
 
Tout cela est un peu comme le troisième Reich qui devait durer 1.000 ans : Poussière et vanité !
Toute cela finira donc mal et ce sont hélas toujours les mêmes qui en payent les conséquences sans pour autant faire avancer la sagesse collective de l’humanité !
 
Pour mémoire (n’en déplaise à « Pal-Poux-tine ») : LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весlь позор!
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