C’était la semaine dépassée et je n’y étais pas…
J’ai juste demandé à quelques de mes « potes » déjà sur place de me faire chacun un petit compte-rendu de ce qu’ils ont compris qu’il se passait. Le temps que les corbeaux porteurs de leurs messages « passent à l’Ouest » comme à la belle époque d’un autre millénaire et parviennent à me retrouver dans mon inexpugnable maquis Corsu jusqu’en Balagne, que je recoupe leurs informations, je peux enfin vous faire savoir quelques nouveautés – qui n’en sont pas – intéressantes résumées dans ce billet.
Mais ça, vous le saviez.
Dans un contexte économique délétère et après « l’échec » tout relatif des célébrations du 9 mai (qui ont été catastrophiques, d’où la relativité requise), ce « Davos russe » se voulait être une « vitrine de la normalisation » éternelle de la Russie et démontrer que le pays n’était pas du tout, mais alors pas du tout isolé !
Un retour « à la normale » qui semble en réalité très loin : D’autant que le schisme est croissant entre les technocrates russes pro-occidentaux qui réclament la fin de la guerre et les faucons conservateurs qui veulent que le pays poursuive le combat…
« Pal-Poux-tine » quant à lui, loin de chercher à saisir les ouvertures pour sortir la tête haute du conflit, a répondu par une fin de non-recevoir à la lettre ouverte du Président « Zèle-en-ski », celui qui devait être assassiné par les Spetsnaz (pour Spetsial’noïe Naznatchéniyé) avant la fin février 2022 et qui lui proposait une discussion d’homme à homme en territoire neutre pour parler de paix…
La paix, pour quoi faire au juste se demande probablement « Pal-Poux-tine » puisque tout va bien ?
C’est que depuis l’invasion de l’Ukraine, la Russie, soumise à des sanctions internationales, entend faire du SPIEF sa « vitrine de la normalisation » pour démontrer que même si les capitaux occidentaux ne reviennent pas en Russie, une relation internationale est maintenue. Et « Pal-Poux-tine » avait besoin d’un « succès en matière de relations publiques ».
Matthias Schepp a ainsi animé un débat sur les relations économiques bilatérales et justifié sa venue par la volonté de protéger les 100 Mds€ d’investissements teutons en Russie de l’activisme des chinois.
Le quotidien germanique spécialisé dans le journalisme économique, Handelsblatt précise à cette occasion que le chiffre d’affaires des quelque 1.600 entreprises « teutonnes » toujours présentes en Russie (pas solidarité peut-on espérer) et malgré les sanctions que le pays aura voté avec enthousiasme, s’élève à 20 Mds€, mais que le commerce bilatéral, lui est inférieur à 10 Mds€ l’an dernier, ayant fortement chuté depuis (80 Mds€ en 2012).
S’y sont joints des représentants de la mouvance d’extrême-droâte européenne (entre « nationalpopulistes » on sait se reconnaître, même quand un des leurs devient un criminel de guerre qui déporte des enfants…), notamment avec plusieurs élus de l’AfD.
Ainsi, le brillant député au Bundestag, Steffen Kotré, aura expliqué à un média indépendant que l’UE « détruit les ponts avec la Russie, alors que des pays comme les États-Unis les rétablissent par-dessus la tête des Allemands et des Européens »…
Naturellement, dans cette version-là des affaires du monde, le gouvernement de la « Sainte Russie » n’est absolument pas responsable du conflit en Ukraine, qui dégénère et dure de façon détestable seulement parce que « Zèle-en-ski » refuse encore et toujours de livrer son pays aux armées russes sans combattre…
Quel outrage !
Quand l’UE occupe un pays, c’est sans armes, sans bombardements, sans effusions de sang et sans exils forcés et contraints des enfants déportés…
Scandaleux, quoi !
Le SPIEF a ainsi attiré cette année d’autres figures très controversées de l’élite des occidentale comme l’admirable Candace Owens, l’influenceuse « ricaine » poursuivie en justice par le couple « Jupiter » pour affirmer que « Bibi » est en fait Jean-Michel, son frère (alors que le vrai scandale que personne n’ose soulever c’est le dépucelage d’un mineur par personne ayant autorité dont a été victime « Jupiter-ado »), et les frères Andrew et Tristan Tate, inculpés de viol et de trafic d’êtres humains au Royaume-Uni, qui, selon la présidente de la commission de la Douma pour la défense de la Famille, « n’ont pas leur place dans notre pays », relève The Bell.
La belle affaire que voilà…
Le Secrétaire d’État « Mark-Cie-Rubikio » a toutefois déclaré qu’il n’avait pas connaissance de la venue d’une délégation des États-Unis à Saint-Pétersbourg.
Mais la chambre de commerce « ricaine » (AmCham) a également mis en place une structure pour préparer le retour d’entreprises sur le marché russe, rapporte l’agence RBK.
Dans les stands loués auparavant par les grandes sociétés occidentales comme Goldman Sachs, constate l’agence Reuters, sont désormais exposés des drones et des armes, des entreprises font de la publicité pour leurs technologies de reconnaissance faciale et leurs programmes de cybersécurité qui utilisent l’IA.
Tout un symbole pour une dictature « nationalpopuliste » qui ne lève qu’à peine le voile sur sa véritable nature « Big-Brothérienne »…
La normalisation, c’est aussi ne plus cacher son projet dictatorial !
Pas très brillant…
D’autant que le constat est frappant par rapport aux années précédentes au cours desquelles les dépenses massives dans le secteur de la défense ont produit un boom économique, relève le Moscow Times.
Aussi, note Kommersant, la question posée lors du principal débat macroéconomique organisé le 4 juin dans le cadre du SPIEF, était « comment retrouver une trajectoire de croissance économique stable sur fond d’incertitude globale » ?
Ainsi, parmi les freins à la croissance, le quotidien économique cite le manque de main-d’œuvre qualifiée, le taux élevé du crédit, un rouble trop fort et la baisse tendancielle de la rente pétrolière et gazière.
Le lancement de grands projets à horizon de 5-10 ans, note-t-il, nécessite non seulement une baisse sensible des taux d’intérêt, mais aussi une visibilité à long terme qui n’existe pas, afin de rétablir le cycle de l’investissement.
Tout comme Kommersant, la NG considère que la discussion n’a pas permis d’identifier les moyens de renouer avec la croissance (« des banalités dans un contexte d’effondrement des investissements »), alors que l’économie russe est désormais menacée par la stagflation.
Si ce sont eux qui le disent…
Mais ils n’ont pas encore inventé un impôt sur la fortune comme les « Gauloisiens-acharnés », alors que les traces du communisme léniniste sont encore présentes jusque dans les esprits…
Pour l’économiste, le mot d’ordre du SPIEF 2026 était pourtant « tout va bien, Madame la Marquise » : Forcément, ils n’ont pas de « Zut-Man » ni de « Pique-et-t’y » dans leurs universités…
Et quand il a évoqué les raisons du déficit de carburant, causé par les frappes ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques, qui touche désormais 20 régions russes, le vice-premier Ministre Novak a parlé, de façon très sérieuse et même sans rire, de « travaux de réparation non prévus » sur les raffineries de pétrole, note Boris Grozovski : Le bel euphémisme que voilà !
Dans sa rencontre avec des journalistes étrangers, le président « Pal-Poux-tine » aura appelé à porter un jugement sobre sur l’état de l’économie russe, considérant que ces problèmes étaient largement exagérés, rapporte Business-gazeta.
Lors de son intervention en plénière, il a également tenté de relativiser ses difficultés et s’est montré confiant, considérant que ses performances se situent dans la moyenne européenne, note le Moscow Times.
Il n’a d’ailleurs cessé de parler de « développement » sans préciser les mesures concrètes qui pourraient y contribuer, la seule promesse évoquée concerne l’abandon d’une nouvelle baisse du seuil de taxation des entreprises, observe Andrey Pertsev, qui juge les dernières prestations du Président russe de plus en plus éloignées de la réalité.
Quant au président de la Vnecheconombank (« ВЭБ »), Igor Shouvalov a en revanche appelé à combattre ceux qui, dans l’entourage de « Pal-Poux-tine » veulent remettre en cause l’économie capitaliste et revenir à des méthodes soviétiques.
Autre dirigeant d’un autre grand établissement bancaire, la Sberbank, Guerman Gref a lui carrément évoqué les « quatre cavaliers de l’apocalypse » que sont (dans leur version « post-moderne ») les taux d’intérêt élevés, la pression fiscale, le rouble fort et les barrières administratives, mais lui non plus, sans mentionner la guerre en Ukraine.
Un débat, relève Business-gazeta, a aussi opposé ceux qui comme Guerman Gref déjà cité et le ministre du Développement économique, Maxim Rechetnikov, s’inquiètent d’un « épuisement des réserves de croissance » à ceux qui, à l’instar d’Alexandr Nowak, comparent l’économie à un « mécanisme qui se transforme constamment, s’épuise mais se renouvelle aussi ».
Pourtant, le député a critiqué l’absence d’un système judiciaire indépendant (mais il aura laissé faire jusque-là), ainsi que la vague actuelle de nationalisation d’entreprises, confisquées à leurs propriétaires sous divers prétextes…
On aurait pu le prédire sans même à avoir se déplacer…
Quand il a été interrogé sur la lettre ouverte du Président « Zèle-en-ski » à « Pal-Poux-tine », celui-ci a répondu qu’il « fallait s’adresser non pas aux auteurs de cette lettre, aux amateurs du genre épistolaire, mais à nos combattants sur la ligne de contact » et leur dire que « tout le pays vous regarde, est fier de vous et place ses espoirs en vous », note ce journaliste proche du Kremlin.
Selon lui, la « réponse honnête à la question ‘‘quand est-ce que l’opération militaire spéciale va prendre fin ?’’ » a été donnée par Andreï Bezroukov. Cet ancien agent de renseignement, aujourd‘hui professeur au MGIMO, a répondu « en réalité jamais », étant entendu que la confrontation avec l’Occident peut revêtir différentes formes, se sent obligé d’expliquer Andreï Kolesnikov (cité si avant).
Vous voilà prévenu : Il va falloir les éradiquer tous avec les ongles et les dents pour un monde en paix à laisser à nos petits-enfants…
En effet, à deux reprises, le mois dernier, « Pal-Poux-tine » a laissé entendre que la guerre touchait à sa fin, mais, mis à part ces deux phrases « sibyllines », il s’est rangé du côté des « faucons ».
Les propos tenus lors de sa rencontre avec les journalistes étrangers, selon lesquels « les forces russes progressent sur toute la ligne de contact » témoignent de sa confiance, mais aussi d’une perte du sens des réalités.
« Rien dans les interventions de Poutine et dans les propos de son entourage ne suggère qu’ils veulent mettre un terme à la guerre. Rien non plus n’indique qu’ils comprennent la situation actuelle de l’armée, la nature de cette guerre et la manière de la poursuivre », constate aussi Ivan Filippov.
Leur vision de la guerre « contredit fondamentalement la manière dont les Z-bloggers analysent la guerre et la situation de l’armée », juge ce spécialiste de la mouvance « nationalpopuliste », qui fait état d’une impression qu’il « n’avait pas éprouvée depuis 2022 », à savoir « une situation grosse de changements, peut-être radicaux ».
« Dans la sphère Z, le sentiment que quelque chose est en préparation est répandu », écrit ainsi Ivan Filippov.
En cas de refus, estimait le politologue, la Russie devait être prête à l’escalade du conflit, y compris dans sa dimension nucléaire.
Et dans un entretien à Business-gazeta, il voit dans la lettre du président « Zèle-en-ski » une manifestation « d’hystérie » et « un signe de faiblesse », motivée par un « changement important de position de certains grands pays de l’UE, désormais favorables à un dialogue avec la Russie ».
Et en frappant la population et les infrastructures russes, « Zèle-en-ski » entend surtout pousser Moscou à négocier à ses conditions, estime Vassili, mais, d’après lui, la situation peut encore se renverser. En effet, l’escalade, l’utilisation d’armes de plus en plus puissantes sur les villes ukrainiennes et l’offensive sur le terrain se poursuivront aussi longtemps que les conditions essentielles de la Russie ne seront pas acceptées. D’un autre côté comme personne ne connaît les objectifs de « Poux-tine » hors la reddition sans condition de l’Ukraine…
Par conséquent, pour ce soi-disant expert, « la nouvelle guerre froide n’est pas seulement normale, c’est une bonne chose ».
Selon cette spécialiste de la Russie, ce discours « réfute l’idée qu’ayant pris conscience des difficultés croissantes, Poutine chercherait maintenant une issue à la situation critique et qu’il faudrait seulement l’aider à la trouver ».
En réalité, explique-t-elle, « le président russe ne juge pas du tout critique sa situation et est véritablement convaincu de sa victoire inévitable. Il est prêt à l’obtenir par des moyens militaires ou diplomatiques, mais dans tous les cas uniquement aux conditions de Moscou ».
C’est le propre des cinglés du ciboulot : Ils ont des idées fixes !
C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnait…
Malédiction des malédictions de l’Hubris (divinité de la démesure, qu’on retrouve jusque sur les pelouses de la Maison Blanche, occupée par un octogénaire sur la fin de son parcours terrestre…)
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весlь позор!
Pétition · Renommez la rue de l’ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny - France · Change.org