L’insulte, le mépris et la brutalité…
Petites réflexions autour de « Trompe-le-clown » qui, au-delà de ses foucades désolantes mais habituelles, a cela d’infâmant pour la fonction qu’il occupe et qu’il dévalorise, est d’agir aussi comme un révélateur : Ses propos accélèrent une désinhibition morale générale où la brutalité, le mépris et la transgression deviennent progressivement acceptables sinon désirable… et deviennent une norme de gouvernement !
Fabuleux détournement de la démocratie élective…
Et faillite des acquis de la bienséance civilisationnelle…
On dit fréquemment que « le mal procède par division ». Effectivement, le mal fracture l’individu, les relations humaines, la société et le rapport au vivant, faisant ainsi du conflit la forme normale des interactions !
La guerre est ainsi devenue un paradigme commun.
La logique concurrentielle s’étend ensuite de l’entreprise aux relations internationales.
Seule une culture de paix fondée sur la reconnaissance de l’autre pourrait probablement rompre cette dynamique et on compte sur les esprits éclairés dont s’entourent en principe nos dirigeants pour tracer ce chemin au bénéfice de l’humanité toute entière.
Mais que nenni…
C’est que les crises contemporaines ne se laissent plus comprendre par la seule analyse des événements ou des figures qui les incarnent. Elles signalent une rupture plus profonde, touchant jusqu’à notre manière d’habiter le monde, d’exercer le pouvoir et de reconnaître l’autre comme sujet de dignité.
En quelques années, un homme est parvenu à rendre appréhendable et parfois même respectable ce qui demeurait contenu, dissimulé ou honteux : L’insulte, le mépris, la brutalité !
Et « Trompe-le-clown » n’a évidemment pas inventé ces forces : Il les a seulement autorisées, leur donnant un visage, un langage et une validation symbolique depuis le sommet du pouvoir mondial.
C’est à la fois sa petitesse d’esprit, son étroitesse de vue, et dans le même temps la matière de sa gloire, celle de nous révéler à nous-même jusqu’où on peut aller quand on dépasse les bornes…
Comme disait mon « Papa-à-moâ-même » (celui qui me fait toujours frémir quand je l’évoque), au-delà des bornes, il n’y a plus de limite !
À l’observer depuis des semaines et des semaines, à écouter ce qu’on veut bien me rapporter de ses propos, à tenter de comprendre ce qu’il peut y avoir de dogmatique dans ses dires et décisions, on se rend compte que le phénomène dépasse sa personne et trouve en lui une fixation nouvelle.
Ce qui se jouerait n’est pas seulement un style provocateur, mais bien plus une désinhibition morale du pouvoir : Ce qui était inacceptable devient tolérable, ce qui était indigne devient performant, ce qui devait être combattu devient imité.
Concevoir le mal uniquement comme violence spectaculaire ou démesure exceptionnelle empêcherait d’en saisir la dynamique la plus dangereuse : Sa capacité à se répandre silencieusement, à se normaliser, à s’intégrer aux pratiques quotidiennes et aux imaginaires collectifs.
Le mal ne surgirait pas toujours sous une forme monstrueuse. Mais il se diffuse bien plus sûrement lorsqu’il devient banal et qu’il cesse d’être jugé.
« Trompe-le-clown » ne pense ni n’invente le mal (trop kon pour ça) : Il le performe, il l’exhibe sans honte et suspend ainsi l’exercice du jugement moral chez celles et ceux qui s’identifient à lui.
Il délivre un « permis de transgression », même sans le vouloir !!!
C’est là de la « violence mimétique » : Affranchies, elles prolifèrent dans tous les interstices du social. La dynamique n’est ni strictement états-unienne ni strictement politique, et l’Europe n’est pas en reste.
Elle va même contaminer notre espace politique de « Gauloisiens-électeurs » qui entrent dans une campagne électorale qui va être saignante…
S’installe alors une ronde auto-alimentée, où le président du pays le plus puissant du monde représente à la fois le produit et le moteur du mouvement. Chaque parole brutale en libère d’autres. Chaque transgression appelle une surenchère. Chaque recul éthique devient un précédent, une jurisprudence sans prudence !
Ce ne sont plus seulement les comportements politiques qui sont touchés, mais les pratiques économiques, managériales, médiatiques et jusqu’aux relations quotidiennes.
Aucun autocrate du siècle passé ne disposait de l’instantanéité des réseaux sociaux ni d’une fortune (acquise par héritage et manipulations fiscales) érigée en preuve ultime de légitimité. « Trompe-le-clown », selon cette perception, ne construit pas un système totalitaire classique : Il désagrège les digues intérieures et rend le mal ordinaire, banal, acceptable, et même désirable.
En grec antique, diabolos signifie « celui qui sépare, qui désunit ». Le diable n’est pas tant celui qui détruit que celui qui désagrège les liens.
Nous connaissons tous l’écart entre ce que nous savons être juste et nos actions, entre notre vulnérabilité et le masque que nous endossons pour exister. Ainsi, un être divisé devient dangereux non par malveillance, mais parce qu’il cherche à l’extérieur ce qu’il a perdu à l’intérieur.
L’autre cesse d’être un visage pour se transformer en un obstacle : Un visage, c’est la présence directe d’une personne autre que moi avec qui la relation devient possible. Un obstacle, un non-visage, se contourne ou s’élimine. La relation entre deux visages se mue en rapport de force, leurs différences menacent : La violence s’avère possible, puis acceptable.
Et ça dégouline dans la société : Le même mécanisme oppose en camps irréconciliables les gagnants aux perdants.
La division devient ainsi un outil de gouvernement.
Sa version la plus radicale survient lorsque l’humanité se pense séparée du monde. La nature est vue comme de la matière inerte, l’animal comme un stock, l’être humain comme une ressource. La relation se transforme alors en prédation.
La crise « écolologique » n’est par conséquent pas seulement technique : Elle est d’abord relationnelle avec une perte de sensibilité au vivant.
Dans l’entreprise ce phénomène se déploie même de façon systémique : Mise en concurrence permanente, culture du chiffre où les tableaux de bord comptent plus que les personnes qu’ils prétendent évaluer, burn out transformé en rite de passage plus qu’en signal d’alerte, sacrifice du long terme humain à un court terme financier érigé en évidence.
Au niveau social, la même logique stigmatise les plus fragiles, légitime des inégalités extrêmes présentées comme naturelles et installe la méfiance comme principe implicite de vie commune.
Sur la scène mondiale, le même mécanisme évolue en un prélude inévitable à un conflit militaire : Les sanctions, autrefois considérées comme des mesures extraordinaires, sont maintenant utilisées comme des outils de coercition courante.
L’énergie et les technologies, y compris les terres rares, deviennent des facteurs de division, transformant les interdépendances en foyers de tension.
Les engagements climatiques sont abandonnés au profit de la compétitivité à court terme.
Les institutions multilatérales, qui constituent les seuls espaces de médiation disponibles, sont délibérément affaiblies.
Et comme par le hasard d’une démonstration, les propositions de règlement du conflit russo-ukrainien portées par « Trompe-le-clown » en donnent la formule : Le deal commercial remplace toute architecture diplomatique.
C’est également le cas avec l’Iran, avec la guerre des droits de douanes, avec la Korée et l’OTAN…
La rationalité néolibérale aura rendu impensable toute grammaire autre que le rapport de force. Lorsque la gouvernance s’inspire du modèle de l’entreprise concurrente, le deal se substitue au traité, la pression au dialogue, la menace à la garantie.
Le passage de la guerre économique à la guerre armée marque une continuité : C’est la même logique poursuivie par d’autres moyens. Et l’histoire montre avec constance que la brutalisation du langage précède celle des actes.
Le paradigme économicopolitique dominant semble s’être rigidifié autour d’axiomes aujourd’hui encore invisibles : La compétition anime la vie sociale, la valeur se mesure à la capacité de dominer, les relations se résument à des rapports de force.
Ce paradigme a un nom : La grammaire de la guerre. Non pas la guerre comme exception tragique, mais comme mode ordinaire de relation : Guerre de l’ego contre lui-même, guerre managériale, guerre sociale contre les perdants, guerre géopolitique, etc.
Et ces guerres ne sont pas que des métaphores : Elles produisent de la souffrance et de la mort réelles.
Or, un paradigme ne se réformerait pas même à la marge : Ses présupposés ne s’amendent pas, ils se remplacent. Ce n’est pas l’usage du pouvoir qu’il faudrait moraliser, mais la conception même de la puissance qu’il faudrait refonder.
Car, si la guerre commence dans les mots, la paix débute par la reconnaissance que l’autre, concurrent, migrant, ennemi désigné, opposant politique, est aussi un sujet de dignité au moins autant que soi-même, dont l’éventuelle vulnérabilité nous concerne avant toute décision économique.
La culture de paix apparaît alors moins comme une utopie que comme une stratégie de survie, une insurrection éthique : Rien, hors le lien et le travail patient d’apprendre à vivre, ne peut rompre la ronde auto-alimentée du mal ordinaire. Tout le reste (travail intérieur, éducation, politique et économie) n’est que chemin vers cette évidence.
Il me semble que c’est le message que l’on peut tirer des propos du pape Léon le quatorzième et des dires de la Curie.
Et pour ma part, je redoute la campagne des présidentielles : Pour l’heure les digues des « valeurs républicaines » (celle du « socle » du même nom) tiennent bon. Mais la déferlante pourrait être puissante tellement les messages de haine paraissent avoir un écho puissant dans l’opinion publique, celle de « monsieur tout le monde »…
Nous verrons bien, car il y a deux méthodes, deux types de réponse : La première est celle du conquérant désinhibé de « Trompe-le-clown » et des « Seigneurs de la tech » qui vivent sur du vent et leur réputation parfois fallacieuse à savoir faire du cash. Et celle des autocrates à la façon de « Pal-Poux-tine », « Xi-Ping-pong » ou « Kim-tout-fou », voire quelques autres au Moyen-Orient, qui n’ont qu’un seul objectif : Détruire, anéantir, exterminer, neutraliser, faire disparaître, ce qui n’est pas « orthodoxe » à leur propre système de valeur autocentré et qui pourrait lui porter ombrages.
Eux aussi sont désinhibés !
Portés au sommet du pouvoir dans leurs sillons, ils ont pris le melon, l’Hubris pour faire lettré, et poursuivent tout ce qui pourraient les entraver, comme s’ils étaient eux-mêmes immortels, éternels…
Quelle immense fatuité !
Et je vous avoue n’adhérer ni à l’une ni à l’autre hypothèse.
Tout cela est un peu comme le troisième Reich qui devait durer 1.000 ans : Poussière et vanité !
Toute cela finira donc mal et ce sont hélas toujours les mêmes qui en payent les conséquences sans pour autant faire avancer la sagesse collective de l’humanité !
Pour mémoire (n’en déplaise à « Pal-Poux-tine ») : LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весlь позор!
Pétition · Renommez la rue de l’ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny - France · Change.org
Petites réflexions autour de « Trompe-le-clown » qui, au-delà de ses foucades désolantes mais habituelles, a cela d’infâmant pour la fonction qu’il occupe et qu’il dévalorise, est d’agir aussi comme un révélateur : Ses propos accélèrent une désinhibition morale générale où la brutalité, le mépris et la transgression deviennent progressivement acceptables sinon désirable… et deviennent une norme de gouvernement !
Fabuleux détournement de la démocratie élective…
Et faillite des acquis de la bienséance civilisationnelle…
On dit fréquemment que « le mal procède par division ». Effectivement, le mal fracture l’individu, les relations humaines, la société et le rapport au vivant, faisant ainsi du conflit la forme normale des interactions !
La guerre est ainsi devenue un paradigme commun.
La logique concurrentielle s’étend ensuite de l’entreprise aux relations internationales.
Seule une culture de paix fondée sur la reconnaissance de l’autre pourrait probablement rompre cette dynamique et on compte sur les esprits éclairés dont s’entourent en principe nos dirigeants pour tracer ce chemin au bénéfice de l’humanité toute entière.
Mais que nenni…
C’est que les crises contemporaines ne se laissent plus comprendre par la seule analyse des événements ou des figures qui les incarnent. Elles signalent une rupture plus profonde, touchant jusqu’à notre manière d’habiter le monde, d’exercer le pouvoir et de reconnaître l’autre comme sujet de dignité.
En quelques années, un homme est parvenu à rendre appréhendable et parfois même respectable ce qui demeurait contenu, dissimulé ou honteux : L’insulte, le mépris, la brutalité !
Et « Trompe-le-clown » n’a évidemment pas inventé ces forces : Il les a seulement autorisées, leur donnant un visage, un langage et une validation symbolique depuis le sommet du pouvoir mondial.
C’est à la fois sa petitesse d’esprit, son étroitesse de vue, et dans le même temps la matière de sa gloire, celle de nous révéler à nous-même jusqu’où on peut aller quand on dépasse les bornes…
Comme disait mon « Papa-à-moâ-même » (celui qui me fait toujours frémir quand je l’évoque), au-delà des bornes, il n’y a plus de limite !
À l’observer depuis des semaines et des semaines, à écouter ce qu’on veut bien me rapporter de ses propos, à tenter de comprendre ce qu’il peut y avoir de dogmatique dans ses dires et décisions, on se rend compte que le phénomène dépasse sa personne et trouve en lui une fixation nouvelle.
Ce qui se jouerait n’est pas seulement un style provocateur, mais bien plus une désinhibition morale du pouvoir : Ce qui était inacceptable devient tolérable, ce qui était indigne devient performant, ce qui devait être combattu devient imité.
Concevoir le mal uniquement comme violence spectaculaire ou démesure exceptionnelle empêcherait d’en saisir la dynamique la plus dangereuse : Sa capacité à se répandre silencieusement, à se normaliser, à s’intégrer aux pratiques quotidiennes et aux imaginaires collectifs.
Le mal ne surgirait pas toujours sous une forme monstrueuse. Mais il se diffuse bien plus sûrement lorsqu’il devient banal et qu’il cesse d’être jugé.
« Trompe-le-clown » ne pense ni n’invente le mal (trop kon pour ça) : Il le performe, il l’exhibe sans honte et suspend ainsi l’exercice du jugement moral chez celles et ceux qui s’identifient à lui.
Il délivre un « permis de transgression », même sans le vouloir !!!
C’est là de la « violence mimétique » : Affranchies, elles prolifèrent dans tous les interstices du social. La dynamique n’est ni strictement états-unienne ni strictement politique, et l’Europe n’est pas en reste.
Elle va même contaminer notre espace politique de « Gauloisiens-électeurs » qui entrent dans une campagne électorale qui va être saignante…
S’installe alors une ronde auto-alimentée, où le président du pays le plus puissant du monde représente à la fois le produit et le moteur du mouvement. Chaque parole brutale en libère d’autres. Chaque transgression appelle une surenchère. Chaque recul éthique devient un précédent, une jurisprudence sans prudence !
Ce ne sont plus seulement les comportements politiques qui sont touchés, mais les pratiques économiques, managériales, médiatiques et jusqu’aux relations quotidiennes.
Aucun autocrate du siècle passé ne disposait de l’instantanéité des réseaux sociaux ni d’une fortune (acquise par héritage et manipulations fiscales) érigée en preuve ultime de légitimité. « Trompe-le-clown », selon cette perception, ne construit pas un système totalitaire classique : Il désagrège les digues intérieures et rend le mal ordinaire, banal, acceptable, et même désirable.
En grec antique, diabolos signifie « celui qui sépare, qui désunit ». Le diable n’est pas tant celui qui détruit que celui qui désagrège les liens.
Nous connaissons tous l’écart entre ce que nous savons être juste et nos actions, entre notre vulnérabilité et le masque que nous endossons pour exister. Ainsi, un être divisé devient dangereux non par malveillance, mais parce qu’il cherche à l’extérieur ce qu’il a perdu à l’intérieur.
L’autre cesse d’être un visage pour se transformer en un obstacle : Un visage, c’est la présence directe d’une personne autre que moi avec qui la relation devient possible. Un obstacle, un non-visage, se contourne ou s’élimine. La relation entre deux visages se mue en rapport de force, leurs différences menacent : La violence s’avère possible, puis acceptable.
Et ça dégouline dans la société : Le même mécanisme oppose en camps irréconciliables les gagnants aux perdants.
La division devient ainsi un outil de gouvernement.
Sa version la plus radicale survient lorsque l’humanité se pense séparée du monde. La nature est vue comme de la matière inerte, l’animal comme un stock, l’être humain comme une ressource. La relation se transforme alors en prédation.
La crise « écolologique » n’est par conséquent pas seulement technique : Elle est d’abord relationnelle avec une perte de sensibilité au vivant.
Dans l’entreprise ce phénomène se déploie même de façon systémique : Mise en concurrence permanente, culture du chiffre où les tableaux de bord comptent plus que les personnes qu’ils prétendent évaluer, burn out transformé en rite de passage plus qu’en signal d’alerte, sacrifice du long terme humain à un court terme financier érigé en évidence.
Au niveau social, la même logique stigmatise les plus fragiles, légitime des inégalités extrêmes présentées comme naturelles et installe la méfiance comme principe implicite de vie commune.
Sur la scène mondiale, le même mécanisme évolue en un prélude inévitable à un conflit militaire : Les sanctions, autrefois considérées comme des mesures extraordinaires, sont maintenant utilisées comme des outils de coercition courante.
L’énergie et les technologies, y compris les terres rares, deviennent des facteurs de division, transformant les interdépendances en foyers de tension.
Les engagements climatiques sont abandonnés au profit de la compétitivité à court terme.
Les institutions multilatérales, qui constituent les seuls espaces de médiation disponibles, sont délibérément affaiblies.
Et comme par le hasard d’une démonstration, les propositions de règlement du conflit russo-ukrainien portées par « Trompe-le-clown » en donnent la formule : Le deal commercial remplace toute architecture diplomatique.
C’est également le cas avec l’Iran, avec la guerre des droits de douanes, avec la Korée et l’OTAN…
La rationalité néolibérale aura rendu impensable toute grammaire autre que le rapport de force. Lorsque la gouvernance s’inspire du modèle de l’entreprise concurrente, le deal se substitue au traité, la pression au dialogue, la menace à la garantie.
Le passage de la guerre économique à la guerre armée marque une continuité : C’est la même logique poursuivie par d’autres moyens. Et l’histoire montre avec constance que la brutalisation du langage précède celle des actes.
Le paradigme économicopolitique dominant semble s’être rigidifié autour d’axiomes aujourd’hui encore invisibles : La compétition anime la vie sociale, la valeur se mesure à la capacité de dominer, les relations se résument à des rapports de force.
Ce paradigme a un nom : La grammaire de la guerre. Non pas la guerre comme exception tragique, mais comme mode ordinaire de relation : Guerre de l’ego contre lui-même, guerre managériale, guerre sociale contre les perdants, guerre géopolitique, etc.
Et ces guerres ne sont pas que des métaphores : Elles produisent de la souffrance et de la mort réelles.
Or, un paradigme ne se réformerait pas même à la marge : Ses présupposés ne s’amendent pas, ils se remplacent. Ce n’est pas l’usage du pouvoir qu’il faudrait moraliser, mais la conception même de la puissance qu’il faudrait refonder.
Car, si la guerre commence dans les mots, la paix débute par la reconnaissance que l’autre, concurrent, migrant, ennemi désigné, opposant politique, est aussi un sujet de dignité au moins autant que soi-même, dont l’éventuelle vulnérabilité nous concerne avant toute décision économique.
La culture de paix apparaît alors moins comme une utopie que comme une stratégie de survie, une insurrection éthique : Rien, hors le lien et le travail patient d’apprendre à vivre, ne peut rompre la ronde auto-alimentée du mal ordinaire. Tout le reste (travail intérieur, éducation, politique et économie) n’est que chemin vers cette évidence.
Il me semble que c’est le message que l’on peut tirer des propos du pape Léon le quatorzième et des dires de la Curie.
Et pour ma part, je redoute la campagne des présidentielles : Pour l’heure les digues des « valeurs républicaines » (celle du « socle » du même nom) tiennent bon. Mais la déferlante pourrait être puissante tellement les messages de haine paraissent avoir un écho puissant dans l’opinion publique, celle de « monsieur tout le monde »…
Nous verrons bien, car il y a deux méthodes, deux types de réponse : La première est celle du conquérant désinhibé de « Trompe-le-clown » et des « Seigneurs de la tech » qui vivent sur du vent et leur réputation parfois fallacieuse à savoir faire du cash. Et celle des autocrates à la façon de « Pal-Poux-tine », « Xi-Ping-pong » ou « Kim-tout-fou », voire quelques autres au Moyen-Orient, qui n’ont qu’un seul objectif : Détruire, anéantir, exterminer, neutraliser, faire disparaître, ce qui n’est pas « orthodoxe » à leur propre système de valeur autocentré et qui pourrait lui porter ombrages.
Eux aussi sont désinhibés !
Portés au sommet du pouvoir dans leurs sillons, ils ont pris le melon, l’Hubris pour faire lettré, et poursuivent tout ce qui pourraient les entraver, comme s’ils étaient eux-mêmes immortels, éternels…
Quelle immense fatuité !
Et je vous avoue n’adhérer ni à l’une ni à l’autre hypothèse.
Tout cela est un peu comme le troisième Reich qui devait durer 1.000 ans : Poussière et vanité !
Toute cela finira donc mal et ce sont hélas toujours les mêmes qui en payent les conséquences sans pour autant faire avancer la sagesse collective de l’humanité !
Pour mémoire (n’en déplaise à « Pal-Poux-tine ») : LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весlь позор!
Pétition · Renommez la rue de l’ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny - France · Change.org