La fin du monde aura lieu le 13
novembre 2026 !
Et c’est deux jours avant le franchissement
de ma « dernière borne » : Pas banal, n’est-ce pas ?
La première révélation aura été faite en 1960
où la prestigieuse revue « Science » publiait un calcul très sérieux prédisant
la fin de l’humanité à cette date exacte où elle disparaissait par asphyxie
sous la foule trop nombreuse !
La seconde, toute autant sérieuse, relève de mes propres équations « prédictives ». J’ai ainsi franchi haut-la-main les quatre précédentes et le 15, ce sera la dernière possible. Après, il n’y a plus de limite prévisible de ma disparition de cette foutue planète, parce que quand on dépasse les bornes, il n’y plus de limite à rien, c’est bien connu (Petit hommage en passant à mon « Papa-à-moâ » qui me fait toujours frémir quand je l’évoque, puisque c’était une de ses formules favorites pour justifier de l’indicible).
En 1960, « Science », titrait sans
équivoque : « La fin du monde : vendredi 13 novembre 2026 », prédisant
qu’à cette date, la population humaine tendrait vers l’infini, entraînant de
fait sa propre annihilation.
Cette prédiction extravagante a valu à l’article un large écho auprès du public. Plus surprenant encore, les recherches et les calculs sur lesquels elle reposait paraissant solides, elle a aussi fait l’objet d’un examen scientifique attentif et prolongé.
« Nos arrière-arrière-petits-enfants ne mourront pas de faim », affirmaient-ils. « Ils mourront écrasés par la foule. »
L’article était régulièrement cité et ses prédictions semblaient remarquablement exactes – jusqu’aux alentours de 1993, à mi-chemin de la « fin du monde » annoncée, lorsque la population mondiale a commencé à croître moins vite que prévu.
Aujourd’hui, le taux de natalité mondial est un peu inférieur à la moitié de ce qu’il était en 1960, ce qui laisse espérer que le 13 novembre sera pour vous tous une journée ordinaire.
Cet article reste néanmoins un exemple magistral de l’alliance entre rigueur scientifique et l’art de la mise en scène.
En effet, au milieu du XXème
siècle (après J-C.), la croissance de la population mondiale suscitait des
inquiétudes grandissantes : Elle risquait d’entraîner une pénurie de ressources
et des conflits géopolitiques. Ces craintes reposaient en grande partie sur une
adhésion, implicite ou explicite, à l’idée malthusienne selon laquelle la
population peut croître de façon exponentielle, mais reste constamment limitée
par sa capacité à se nourrir.
Un théorème qui aura fait les belles heures de « l’écolologisme-politique » depuis des décennies et que viennent renforcer d’autres scientifiques financés par l’ONU dans le cadre du GIEC.
Il faut dire que par la suite, en 1972, on aura eu le rapport du « Club de Rome » qui prédisait une crise mondiale qui aura eu lieu dès le premier choc pétrolier de 1974, mais pour d’autres raisons…
Dans leur article de « Science »,
von Foerster et ses coauteurs soutenaient toutefois que la population humaine
pourrait constituer un cas à part. Grâce à notre capacité à communiquer et à
former des « coalitions » pour résoudre les problèmes, une densité de
population accrue pourrait simplement multiplier les possibilités de
collaboration. Notre population pouvait ainsi croître plus vite que selon un
rythme exponentiel, avec une accélération constante, d’après eux.
Et « le tout était exposé dans une prose scientifique sobre, étayée par des équations mathématiques complexes. » Ils s’appuyaient ensuite sur 24 estimations de la population mondiale couvrant les 2.000 dernières années pour montrer que celle-ci avait, de fait, continuellement dépassé les prévisions.
Von Foerster et ses coauteurs ont ensuite extrapolé ces données historiques, calculant qu’avec une croissance toujours plus rapide, notre population tendrait vers l’infini en 2026.
Nous y sommes, et on se tapent toujours joyeusement sur la gueule, jusque sur nos boulevards pour des billevesées d’ignorants…
Heureusement, cette même capacité à
collaborer, qui avait contribué au développement de notre espèce tout au long
de son histoire, pouvait désormais éviter la catastrophe. Puisque nous ne
souhaiterions probablement pas raccourcir notre espérance de vie,
concluaient-ils, nous devrions unir nos efforts pour réduire de moitié le taux
de natalité mondial.
La publication a immédiatement fait sensation. Time et le New York Times lui ont consacré des articles.
Mais l’affaire, loin de retomber, a pris une tournure inattendue : Lorsque « Science » a publié des lettres de mathématiciens et de démographes critiquant les travaux de von Foerster et de ses collègues – les qualifiant de « ridicules » et de « manifestement absurdes » –, les auteurs ont riposté avec vigueur, réaffirmant la validité de leurs calculs et des conclusions qu’ils en tiraient.
Et « l’idée d’une fin du monde démographique a perduré en partie parce que ses prévisions se sont révélées très exactes – du moins pendant un temps. »
Car l’équation centrale de l’article donnait
des projections plus fiables que celles de la plupart des démographes tout au
long des années 1970 et 1980.
Ce n’est que vers 1993 que cette précision a commencé à s’émousser et que la population mondiale s’est mise à croître moins vite que prévu. Et aujourd’hui, tout--à-fait naturellement, le taux de natalité mondial est un peu inférieur à la moitié de ce qu’il était en 1960.
Si l’article de von Foerster et de ses coauteurs a durablement marqué les esprits, c’est parce qu’il s’appuyait sur des recherches et un raisonnement solides. Et passer par l’absurde pour attirer l’attention du monde sur une question sérieuse, voilà un beau tour de magie.
Il n’empêche, cette réduction inattendue de
la fécondité de nos femmes, qui aurait sauvé l’humanité de l’étouffement, reste
étonnante et pour l’heure inexpliquée. Certes, nos femmes semblent être moins
attirées par la gaudriole que leurs mères et même leur grand-mère (quoique… pas
toutes, hureusement !). Mais tout de même…
Il faut rappeler qu’en quelque secondes, l’orgasme reste irremplaçable et condense tout notre être vers le plaisir intime qui est à la base de la sexualité humaine et animale.
Et donc de la vie.
« L’orgasme, ce spasme narcotique qui nous propulse hors de nous-mêmes quelques secondes suscite depuis toujours un malaise chez les observateurs.
Et une certaine paresse à comprendre.
Du coup l’inégalité entre hommes et femmes face au plaisir reste une plaie observable dans toutes les civilisations » en dit un « trouveur ».
Et celui-là en parle avec gourmandise : « L’orgasme,
c’est une bombe à fragmentation. Un vertige subversif – 6 à 10 secondes montre
en main chez l’homme et deux fois plus chez les femmes – qui suspend
furtivement la conscience de soi.
C’est à la fois l’accomplissement d’un
désir impératif et une abolition de la raison.
Une sorte de fission psychique. »
Pour les anciens, l’orgasme est une
pathologie caractérisée par une perte de conscience : « L’épilepsie mineure ».
Manifestement, ce travail de « synthèse créatrice » a été longtemps contrarié sinon empêché par le « malaise » qu’induit le mystère de l’orgasme.
Un nœud de secrets intimes.
Freud lui-même, et c’est tout de même un comble, ne s’attarde guère sur l’étude de l’orgasme et la grande anthropologue Margaret Mead non plus dans son ouvrage majeur Mœurs et sexualité en Océanie.
Évitement incompréhensible encore dans les célèbres grandes enquêtes pionnières Kinsey sur la sexualité contemporaine de 1948 et 1953 !
La raison ?
C’est peut-être parce que « nous sommes des animaux et que la culture qui nous distingue des autres espèces n’a pas pour autant instauré avec elles une rupture radicale. »
Et ce bien que voilà un million d’années
environ, les hominidés connaissaient une émancipation majeure qui les
distinguait des autres espèces : L’acquisition du langage mais aussi l’exercice
cumulatif et transmissible de la culture et l’organisation d’une vie affective
émancipée de la promiscuité au sein d’unités souvent plus monogames régies par
des totems et des tabous.
À commencer par celui de l’inceste.
Une certaine régulation des pulsions est donc ainsi engagée aux fins par exemple de contrôle des naissances. Mais à bien y regarder, cet effort ne dit pas grand-chose des secrets de l’orgasme.
De son irrésistible attrait avant et après la conquête du langage, de sa puissance narcotique à se hisser hors de soi et qui permet à tout un chacun, puissant ou misérable de « prendre pied dans les nuages » et « d’effleurer les anges » selon les formules populaires de jadis.
Tous les efforts des monothéismes pour
réduire l’indicible pulsion voluptueuse à un simple devoir de reproduction ont
été vains : La preuve, nous sommes là, vous à lire ces lignes, moâ à les
tracer sur un écran avec un clavier (et mes pitis-doigts).
Ce serait donc bien la quête du plaisir qui serait motrice dans la sexualité quand bien même la preuve de l’orgasme chez l’homme, c’est la délivrance simultanée de gamètes ouvrant à une possible fécondation.
Si l’instinct de reproduction existe, il ne serait donc qu’une conséquence très secondaire de la course à l’extase.
Pas sa causalité première.
Ainsi, une enquête « Why humans have sex ? »
menée en 2007 sur plus de 1.500 étudiants en psychologie de l’université du
Texas à Austin semble le confirmer : La recherche du plaisir arrivait toujours
en première place dans les réponses des hommes et des femmes.
Je peux vous dire, à la fac de droit de Paris II aussi, de ce que j’en sais de mes jeunes années…
Une aspiration au plaisir orgasmique qui s’émancipe d’ailleurs aujourd’hui comme jamais de la reproduction avec le recours massif à la contraception ou la reconnaissance et la dépénalisation d’autres formes de sexualité.
En cela, notre humanité ne se distingue pas des autres espèces.
Mieux, elle s’en rapproche de nouveau !
Ainsi, pour la plupart des espèces animales
en effet, il n’y a jamais eu d’exclusive pour assouvir le désir. L’acte sexuel
peut être indifféremment hétérosexuel, homosexuel ou solitaire. Stérile ou
fertile. Et les exemples pullulent.
Ils sont même à bien des égards stupéfiants : « Biologistes, écologues et éthologues ont décrit des comportements homosexuels chez 167 espèces de mammifères, 132 espèces d’oiseaux, 32 espèces de reptiles et d’amphibiens, 15 espèces de poissons et 125 espèces d’insectes et autres invertébrés, soit un total de 471 espèces. »
Idem pour le recours à la masturbation qui n’est manifestement pas un pis-aller mais une pratique parmi d’autres de savourer le plaisir sans accouplement.
L’onanisme ou ce qui en tient lieu chez les animaux est le fait des mâles mais aussi des femelles bonobos, des chimpanzés, des gorilles, des orangs-outans, des gibbons, des babouins ou des macaques japonais.
Notez que les primates ne se masturbent pas faute de mieux, par myopie ou par erreur, mais tout bêtement quand ils en éprouvent l’envie et parfois quel que soit le nombre de femelles à proximité lorsqu’il s’agit d’un sujet mâle !
Tout est bon pour grimper au septième ciel
chez nos amis les bêtes : Le bouc et le grand bharal (caprin vivant dans
l’Himalaya) peuvent avoir recours à « l’autostimulation orale ».
Comme le chat.
Le bœuf ? Il utilise une patte pour stimuler son pénis.
Le cerf rouge ? En se frottant les bois…
Pour ne pas parler des rapports sexuels entre espèces différentes comme ceux des dauphins qui peuvent copuler avec des tortues ou des requins…
Pour le plaisir. Juste pour le plaisir.
Attention, le désir d’orgasme n’est pas contradictoire avec une gestion de la reproduction dans la sélection du partenaire notamment. Le cas des mouches scatophages qui, prospèrent sur le fumier est particulièrement démonstratif.
Lors des accouplements, les femelles stockent à part les spermes de leurs mâles favoris supposés dotés d’une « haute qualité génétique » et les utilisent en priorité dans un second temps lors de la fécondation des œufs.
Mais revenons à nos humains qui ont manqué d’être
étouffés par leurs trop nombreux coïts féconds : Indiscutablement l’orgasme
fait le bonheur des deux sexes mais, c’est une certitude, il n’est pas partagé
de manière égale.
Toutes les études confirment que les femmes atteignent moins souvent l’orgasme que les hommes. À la question « Lorsque vous avez des relations sexuelles avec votre partenaire actuel, à quelle fréquence avez-vous un orgasme ? », 35 % des femmes ont répondu « toujours » ou « habituellement », contre 76 % des hommes.
Un « écart orgasmique » de 30 % en moyenne qui, il faut le souligner, épargne les populations lesbiennes dont le pourcentage de satisfaction atteint 86 %.
Cette inégalité dont les femmes sont victimes
est particulièrement insupportable et injuste. Et ce pour trois raisons au
moins.
La première, c’est que du fait de la physiologie spécifique des organes féminins, l’intensité du plaisir est plus longue, plus disséminée et plus puissamment variée que chez ces messieurs.
C’est si vrai qu’une enquête menée sur 137 femmes somaliennes excisées semble conclure que malgré leur terrible mutilation « 91 % d’entre elles disaient trouver du plaisir lors des rapports sexuels et que 69 % déclaraient même atteindre « toujours » l’orgasme ».
La seconde raison, c’est que seules les femmes sont dotées d’un organe dédié au seul plaisir : Le clitoris. Une formidable prérogative !
Et la troisième raison c’est que le plaisir féminin peut différer en amplitude et en puissance mais pas en substance du plaisir masculin.
C’est le résultat d’une enquête qui consistait à faire décrire leur orgasme par des jeunes femmes et des jeunes hommes : À la lecture des réponses étonnamment similaires, il s’avère qu’il est à peu près impossible de déterminer le sexe des répondants…
On rappelle toutefois que presque 30 % des
étudiantes de premier cycle universitaire aux États-Unis ne savent pas placer
correctement le clitoris sur un dessin de vulve. Et du côté des garçons
l’impressionnisme de la carte du tendre de leur partenaire est souvent
chaotique.
C’est cette « construction de l’ignorance » à travers les âges qui entretiendrait l’inégalité.
Et à des degrés divers, aucune civilisation n’est épargnée par cet illettrisme des sens. Cette dyslexie des gestes.
Cette injure au plaisir partagé.
Cette fabrique d’invalides.
Telle aura été la réponse, l’adaptation, de l’humanité
à son sinistre sort d’étouffement prévu par la science des années 60 (du
dernier siècle du précédant millénaire), faisant mentir tous les castrophistes
et autres collapsologues au profit des « déclinistes » dans une sorte
de « prophétie autoréalisatrice ».
Très étonnant, finalement…
En verrais-je la suite ?
À suivre… une fois de plus.
Dans
cette attente,
Bon début de semaine à toutes et à tous !
I3
Pour mémoire (n’en
déplaise à « Pal-Poux-tine ») : LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE
PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE »,
REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весlь позор!
Pétition · Renommez la rue de l’ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny - France · Change.org
La seconde, toute autant sérieuse, relève de mes propres équations « prédictives ». J’ai ainsi franchi haut-la-main les quatre précédentes et le 15, ce sera la dernière possible. Après, il n’y a plus de limite prévisible de ma disparition de cette foutue planète, parce que quand on dépasse les bornes, il n’y plus de limite à rien, c’est bien connu (Petit hommage en passant à mon « Papa-à-moâ » qui me fait toujours frémir quand je l’évoque, puisque c’était une de ses formules favorites pour justifier de l’indicible).
Cette prédiction extravagante a valu à l’article un large écho auprès du public. Plus surprenant encore, les recherches et les calculs sur lesquels elle reposait paraissant solides, elle a aussi fait l’objet d’un examen scientifique attentif et prolongé.
« Nos arrière-arrière-petits-enfants ne mourront pas de faim », affirmaient-ils. « Ils mourront écrasés par la foule. »
L’article était régulièrement cité et ses prédictions semblaient remarquablement exactes – jusqu’aux alentours de 1993, à mi-chemin de la « fin du monde » annoncée, lorsque la population mondiale a commencé à croître moins vite que prévu.
Aujourd’hui, le taux de natalité mondial est un peu inférieur à la moitié de ce qu’il était en 1960, ce qui laisse espérer que le 13 novembre sera pour vous tous une journée ordinaire.
Cet article reste néanmoins un exemple magistral de l’alliance entre rigueur scientifique et l’art de la mise en scène.
Un théorème qui aura fait les belles heures de « l’écolologisme-politique » depuis des décennies et que viennent renforcer d’autres scientifiques financés par l’ONU dans le cadre du GIEC.
Il faut dire que par la suite, en 1972, on aura eu le rapport du « Club de Rome » qui prédisait une crise mondiale qui aura eu lieu dès le premier choc pétrolier de 1974, mais pour d’autres raisons…
Et « le tout était exposé dans une prose scientifique sobre, étayée par des équations mathématiques complexes. » Ils s’appuyaient ensuite sur 24 estimations de la population mondiale couvrant les 2.000 dernières années pour montrer que celle-ci avait, de fait, continuellement dépassé les prévisions.
Von Foerster et ses coauteurs ont ensuite extrapolé ces données historiques, calculant qu’avec une croissance toujours plus rapide, notre population tendrait vers l’infini en 2026.
Nous y sommes, et on se tapent toujours joyeusement sur la gueule, jusque sur nos boulevards pour des billevesées d’ignorants…
La publication a immédiatement fait sensation. Time et le New York Times lui ont consacré des articles.
Mais l’affaire, loin de retomber, a pris une tournure inattendue : Lorsque « Science » a publié des lettres de mathématiciens et de démographes critiquant les travaux de von Foerster et de ses collègues – les qualifiant de « ridicules » et de « manifestement absurdes » –, les auteurs ont riposté avec vigueur, réaffirmant la validité de leurs calculs et des conclusions qu’ils en tiraient.
Et « l’idée d’une fin du monde démographique a perduré en partie parce que ses prévisions se sont révélées très exactes – du moins pendant un temps. »
Ce n’est que vers 1993 que cette précision a commencé à s’émousser et que la population mondiale s’est mise à croître moins vite que prévu. Et aujourd’hui, tout--à-fait naturellement, le taux de natalité mondial est un peu inférieur à la moitié de ce qu’il était en 1960.
Si l’article de von Foerster et de ses coauteurs a durablement marqué les esprits, c’est parce qu’il s’appuyait sur des recherches et un raisonnement solides. Et passer par l’absurde pour attirer l’attention du monde sur une question sérieuse, voilà un beau tour de magie.
Il faut rappeler qu’en quelque secondes, l’orgasme reste irremplaçable et condense tout notre être vers le plaisir intime qui est à la base de la sexualité humaine et animale.
Et donc de la vie.
« L’orgasme, ce spasme narcotique qui nous propulse hors de nous-mêmes quelques secondes suscite depuis toujours un malaise chez les observateurs.
Du coup l’inégalité entre hommes et femmes face au plaisir reste une plaie observable dans toutes les civilisations » en dit un « trouveur ».
Une sorte de fission psychique. »
Manifestement, ce travail de « synthèse créatrice » a été longtemps contrarié sinon empêché par le « malaise » qu’induit le mystère de l’orgasme.
Un nœud de secrets intimes.
Freud lui-même, et c’est tout de même un comble, ne s’attarde guère sur l’étude de l’orgasme et la grande anthropologue Margaret Mead non plus dans son ouvrage majeur Mœurs et sexualité en Océanie.
Évitement incompréhensible encore dans les célèbres grandes enquêtes pionnières Kinsey sur la sexualité contemporaine de 1948 et 1953 !
La raison ?
C’est peut-être parce que « nous sommes des animaux et que la culture qui nous distingue des autres espèces n’a pas pour autant instauré avec elles une rupture radicale. »
À commencer par celui de l’inceste.
Une certaine régulation des pulsions est donc ainsi engagée aux fins par exemple de contrôle des naissances. Mais à bien y regarder, cet effort ne dit pas grand-chose des secrets de l’orgasme.
De son irrésistible attrait avant et après la conquête du langage, de sa puissance narcotique à se hisser hors de soi et qui permet à tout un chacun, puissant ou misérable de « prendre pied dans les nuages » et « d’effleurer les anges » selon les formules populaires de jadis.
Ce serait donc bien la quête du plaisir qui serait motrice dans la sexualité quand bien même la preuve de l’orgasme chez l’homme, c’est la délivrance simultanée de gamètes ouvrant à une possible fécondation.
Si l’instinct de reproduction existe, il ne serait donc qu’une conséquence très secondaire de la course à l’extase.
Pas sa causalité première.
Je peux vous dire, à la fac de droit de Paris II aussi, de ce que j’en sais de mes jeunes années…
Une aspiration au plaisir orgasmique qui s’émancipe d’ailleurs aujourd’hui comme jamais de la reproduction avec le recours massif à la contraception ou la reconnaissance et la dépénalisation d’autres formes de sexualité.
En cela, notre humanité ne se distingue pas des autres espèces.
Mieux, elle s’en rapproche de nouveau !
Ils sont même à bien des égards stupéfiants : « Biologistes, écologues et éthologues ont décrit des comportements homosexuels chez 167 espèces de mammifères, 132 espèces d’oiseaux, 32 espèces de reptiles et d’amphibiens, 15 espèces de poissons et 125 espèces d’insectes et autres invertébrés, soit un total de 471 espèces. »
Idem pour le recours à la masturbation qui n’est manifestement pas un pis-aller mais une pratique parmi d’autres de savourer le plaisir sans accouplement.
L’onanisme ou ce qui en tient lieu chez les animaux est le fait des mâles mais aussi des femelles bonobos, des chimpanzés, des gorilles, des orangs-outans, des gibbons, des babouins ou des macaques japonais.
Notez que les primates ne se masturbent pas faute de mieux, par myopie ou par erreur, mais tout bêtement quand ils en éprouvent l’envie et parfois quel que soit le nombre de femelles à proximité lorsqu’il s’agit d’un sujet mâle !
Comme le chat.
Le bœuf ? Il utilise une patte pour stimuler son pénis.
Le cerf rouge ? En se frottant les bois…
Pour ne pas parler des rapports sexuels entre espèces différentes comme ceux des dauphins qui peuvent copuler avec des tortues ou des requins…
Pour le plaisir. Juste pour le plaisir.
Attention, le désir d’orgasme n’est pas contradictoire avec une gestion de la reproduction dans la sélection du partenaire notamment. Le cas des mouches scatophages qui, prospèrent sur le fumier est particulièrement démonstratif.
Lors des accouplements, les femelles stockent à part les spermes de leurs mâles favoris supposés dotés d’une « haute qualité génétique » et les utilisent en priorité dans un second temps lors de la fécondation des œufs.
Toutes les études confirment que les femmes atteignent moins souvent l’orgasme que les hommes. À la question « Lorsque vous avez des relations sexuelles avec votre partenaire actuel, à quelle fréquence avez-vous un orgasme ? », 35 % des femmes ont répondu « toujours » ou « habituellement », contre 76 % des hommes.
Un « écart orgasmique » de 30 % en moyenne qui, il faut le souligner, épargne les populations lesbiennes dont le pourcentage de satisfaction atteint 86 %.
La première, c’est que du fait de la physiologie spécifique des organes féminins, l’intensité du plaisir est plus longue, plus disséminée et plus puissamment variée que chez ces messieurs.
C’est si vrai qu’une enquête menée sur 137 femmes somaliennes excisées semble conclure que malgré leur terrible mutilation « 91 % d’entre elles disaient trouver du plaisir lors des rapports sexuels et que 69 % déclaraient même atteindre « toujours » l’orgasme ».
La seconde raison, c’est que seules les femmes sont dotées d’un organe dédié au seul plaisir : Le clitoris. Une formidable prérogative !
Et la troisième raison c’est que le plaisir féminin peut différer en amplitude et en puissance mais pas en substance du plaisir masculin.
C’est le résultat d’une enquête qui consistait à faire décrire leur orgasme par des jeunes femmes et des jeunes hommes : À la lecture des réponses étonnamment similaires, il s’avère qu’il est à peu près impossible de déterminer le sexe des répondants…
C’est cette « construction de l’ignorance » à travers les âges qui entretiendrait l’inégalité.
Et à des degrés divers, aucune civilisation n’est épargnée par cet illettrisme des sens. Cette dyslexie des gestes.
Cette injure au plaisir partagé.
Cette fabrique d’invalides.
En verrais-je la suite ?
À suivre… une fois de plus.
Bon début de semaine à toutes et à tous !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весlь позор!
Pétition · Renommez la rue de l’ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny - France · Change.org