Tous responsables !
Naturellement, aujourd’hui, main sur le cœur, tous
veulent « faire barrage » à l’extrême-droâte, et au « national-populisme »,
au moins dans mon pays de « Gauloisie-magnifique ». C’est devenu leur
fond de commerce, et ils sont nombreux à se disputer les faveurs d’être le
porte-drapeau de cette « lutte civilisationnelle ».
À croire que, soit ils n’ont rien compris, soit ceux sont eux-mêmes qui ont soutenu le diable pour demain lui « faire barrage ».
Personnellement, je me rappellerai toujours « Francisque-Mythe-errant », Président de cette Vème République qu’il disait détester, surnommé « Dieu » pour être devenu le « maître du Verbe », qui pour se maintenir au pouvoir malgré sa détestable gestion du pays balançait une phrase, une idée, voire une organisation comme SOS Racisme archi-subventionnée et sortie de rien (et qui y est retournée depuis), pour empêcher ses adversaires de droâte-Républicaine de devenir majoritaire dans le pays : Il aura gardé un mauvais souvenir de la première cohabitation (avec « le Chi »).
Et depuis, tous oscillent entre le mot et les maux extrêmistes…
En janvier 2024, « Marinella-tchi-tchi » n’a
pas hésité à qualifier ainsi la loi « Pour contrôler l’immigration, améliorer
l’intégration », adoptée par le gouvernement « @table » de « Victoire
idéologique ».
Une année plus tard, « Fanfan-Bébé-Roux », figure centriste de la majorité, s’inquiétait publiquement d’une « submersion » migratoire.
Des éléments de langage qui illustrent un phénomène plus large : Les idées d’extrême droâte, autrefois marginales, semblent avoir trouvé leur place dans les discours et les pratiques de responsables politiques qui ne lui sont pas traditionnellement affiliés.
À l’analyse, la part d’idées d’extrême droâte dans les
déclarations de politique générale progresse de manière continue depuis le
milieu des années 1970, selon une dynamique de long terme qui dépasse largement
les alternances partisanes.
Après des niveaux élevés au début de la Vème République – notamment sous « Michou-Deux-Braies » et de « Pompon-Pie-doux », dans le contexte de la guerre d’indépendance algérienne, le scoring idéologique d’extrême droâte augmente progressivement dans les années 1980 et 1990 (les année « Mythe-errant »), et marquera un palier relatif au tournant des années 2000 (les années « Chi »).
Puis il repart nettement à la hausse à partir des
années 2010 (les années « Tagada-à-la-fraise-des-bois »).
Les discours les plus récents (années « Jupiter », sans socle dogmatique) atteignent ainsi des niveaux comparables à ceux observés dans les moments les plus conflictuels du début des années 1960, mais dans un contexte institutionnel bien plus stable que celui du début du régime.
Ce qui interpelle, c’est que les propos de « premiers
sinistres » de droâte, du centre et même de gôche ont, à des degrés
divers, repris des expressions ou des cadrages caractéristiques de ce registre
idéologique « d’extrême-droâte » qui reste construit sur quelques
thèmes restés stables au fil du temps.
Un phénomène qui n’a rien d’étonnant : L’extrême droâte ne crée rien ex nihilo, elle ne fait que radicaliser des idées déjà présentes dans la société – l’attachement à la nation, la valorisation de l’ordre ou la méfiance envers l’égalité.
La notion de nation en offre un bon exemple : Elle peut être comprise de manière ouverte, comme un projet politique commun ou, au contraire, comme une communauté fermée, définie par la naissance ou la supposée appartenance raciale.
Mais en valorisant ces interprétations exclusives, les
« premiers sinistres » successifs du pays ont, depuis les années
1970, contribué à estomper la frontière entre discours d’extrême droâte et
langage institutionnel.
Le constat est d’autant plus frappant que les déclarations de politique générale – ces discours solennels où un chef de gouvernement présente son programme devant l’Assemblée nationale et le Sénat – sont réputées consensuelles, destinées à rassembler une majorité. Or, même dans ce cadre codifié, le lexique s’est déplacé : Des termes autrefois impensables s’y sont imposés, élargissant peu à peu les limites du dicible, de ce qui peut être énoncé sans provoquer de tsunami.
Traditionnellement, on a tendance à expliquer la
diffusion des thèmes d’extrême droâte par la cooptation électorale : Des partis
reprennent ponctuellement certains éléments du programme de leurs adversaires
pour séduire leur électorat. « Bling-bling » (le repris de justice
qui a réalisé un hold-up sur le parti Gaulliste pour gagner l’Élysée) a, par
exemple, multiplié les références à l’« identité nationale », en 2007 et en
2012.
C’est même à cette époque-là que de Corsu-Gaulois et fier de l’être (au moins depuis la bataille de Ponte-Nuovo perdue à jamais par les « cousins-patriotes »), je suis devenu « Gauloisien-Corsu » quand il aura affirmé que nous étions tous des gaulois…
Non mais il s’était regardé, lui ?
Le kon, il en a oublié sa première épouse ajaccienne, qui n’a rien d’une gauloise (de ceux qui « dessinaient sur les murs de leurs grottes quand la Grèce inventait la philosophie », en dit toujours mon beauf’ [celui qui fait le Grec dans le civil] !)
Toutefois, à des périodes où cette stratégie n’était
pas payante électoralement, à qui sait regarder, apparaît une hausse du score
idéologique d’extrême droâte dans les discours de « premiers sinistres »
également issus du centre ou de la gôche, les pires (qui ont pourtant, d’après
leurs prétentions, des « valeurs » radicalement opposées).
Autrement dit, la diffusion ne résulte pas seulement d’un calcul stratégique : Elle traduirait un déplacement durable du langage politique.
Car cette idée a été développée à l’extrême droâte par la Nouvelle Droâte, un courant intellectuel né en 1969 autour du think tank « Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne » (Grece) qui avait pour ambition de réhabiliter une pensée réactionnaire, voire fasciste, mais pas encore « nationale-populiste » (qui aura dépassée tout le monde en une petite décennie), à l’échelle européenne, après la Seconde Guerre mondiale.
Pour cela, la métapolitique, de celle qui façonne l’espace politique lui-même, en modifiant son paradigme idéologique, repose sur une idée simple : Avant de prendre le pouvoir, il faut transformer la société et, pour cela, il faut réinventer les mots, les symboles et les cadres de pensée qui la structurent.
Autrement dit, il s’agit de façonner le sens commun pour le rendre plus perméable à ses idées plutôt que de convaincre directement sur la base d’un programme politique clairement identifiable.
Une stratégie revendiquée par certains membres éminents de l’extrême droâte « gauloisienne-fasciste » comme « Marions-Marre-&-Chiale ».
Autrement dit, une idée auparavant impensable peut
devenir politiquement légitime si elle est régulièrement évoquée, débattue ou
reformulée dans des termes plus neutres.
Et Dieu sait si les marxistes savaient faire ce genre de chose sous le vocable de la « dialectique hégélienne » (que j’en aurai bavé pour avoir dû travailler avec quelques-uns et être resté attaché à la maïeutique Socratique) : C’est toute une génération de « sociologues-&-penseurs-scientifiques » qui nous bassinait à énoncer des vérités qui n’en étaient pas, un peu comme des curés avec leur missel et les prières inlassablement répétées, pour mieux convaincre ensuite…
Pour en rire, je me souviens d’un prof d’Histoire,
agrégé des lycées, qui nous avait lancé en classe lors d’un cours sur le mur de
Berlin, qu’il fallait mettre fin aux 10 millions de réfugiés qui passaient à l’Ouest…
« Mais pour l’essentiel des médecins et des avocats ! »
Devant l’énormité du propos (10 millions sur à peine 14 ou 15), je suis parti dans un fou rire qui a vite gagné toute la classe et je me suis retrouvé chez le proviseur avec un avertissement qui m’empêchait de redoubler (au cas où)…
Ainsi à chaque fois qu’un responsable politique – même
modéré – mobilise une rhétorique sécuritaire, anti-immigration ou
anti-égalitaire, il contribue, volontairement ou non, à élargir cette « fenêtre
de respectabilité » : Ce qui paraissait extrême hier devient aujourd’hui
une opinion ordinaire, ni plus ni moins.
Et on défend depuis Voltaire, le droit d’exprimer des idées, mêmes les plus extrêmes, surtout quand, comme par magie, elles sont devenues « acceptables » !
En modifiant les cadres symboliques et les
associations de sens, des responsables politiques qui ne sont pas affiliés à
l’extrême droâte ont donc contribué – bon gré mal gré – à un processus « métapolitique »
favorable à la diffusion de ses idées. Ce faisant, ils ont contribué à les
faire entrer dans le langage du pouvoir, jusqu’à les rendre familières au-delà
des acteurs qui s’en revendiquent traditionnellement.
Tous coupables, vous dis-je. Et s’ils ne le sont pas, ils restent tous responsables…
Car depuis 2017, la façon dont l’exécutif (qui n’a pas de colonne vertébrale idéologique) parle effectivement de l’immigration, notamment en reprenant, encore plus que ne le fait « Marinella-tchi-tchi » et « Bordel-là », la métaphore du flux prêt à déborder en est un excellent exemple.
Malheur à eux tous…
Car il faut tout de même rappeler qu’en « Gauloisie-sans-frontière », il n’y a que 7,7 millions d’immigrés qui y vivent, soit 11,3 % de la population totale. Et encore, 2,6 millions d’entre eux, soit 33,5 %, sont « Gauloisien-de-naissance ».
C’est respectivement 14,3 % et 36 % en Belgique, 14,36 % en « Ibérie », 8,4 M au Royaume-Uni et 10,4 M en « Teutonnie », etc…
Les « premiers sinistres » qui se réclament
du centre – et qui se présentent souvent comme des figures de modération – sont
les mêmes qui paradoxalement ont contribué à accélérer ce glissement vers
l’extrémisme.
En effet, si certains « premiers sinistres » de droâte (comme « Deux-Braies », le « Chi » et même « Bat-la-mou ») atteignent ponctuellement des scorings idéologiques d’extrême droâte particulièrement élevés dans leurs propos, d’autres sont nettement plus bas (« Chat-Ban-Del-Masse », « Couvre-deux-Mur-ville » ou « Raf-la-main-sur-le-cœur »).
Mais la droâte se caractérise ainsi par une dispersion interne qui laisse entrevoir l’intervention d’autres facteurs contextuels dans la mobilisation des idées d’extrême droâte : Par exemple, la nomination de « Chat-Ban-Del-Masse » est marquée par la volonté d’une ouverture aux sociaux-démocrates de « Pompon-Pie-doux ». Cela se retrouve dans son programme de « nouvelle société » et son discours qui dénonce un pays de « castes » et des inégalités excessives.
Mais le « gagneur de Bord-Dos » s’est fait jeter par « « Giskar-A-la-barre »…
À l’inverse, les « premiers sinistres »
issus du centre présentent des niveaux durablement élevés de références d’ultra-droâte
et relativement homogènes, en particulier dans la période récente (« Kung-fu-panda »,
« Gens-Casse-tête » ou « Gaby-@table »). L’écart maximal
observé au sein du centre – entre « Lili-Bête-Borgne » et « Gens-Casse-tête »
– ne dépasse leur « scoring » que de 3 points l’un envers l’autre alors
qu’il dépasse 8 points entre « Chat-Ban » et « Deux-Braies »,
les deux « premiers sinistres » de droâte aux scores les plus
opposés.
Et cette configuration des mesures se retrouve dans la
distribution des scorings : Parmi les cinq « premiers sinistres »
affichant des scores les plus élevés, on compte trois personnalités de droâte
et deux du centre, tandis que les cinq scores les plus faibles regroupent une
personnalité de gôche et quatre de droâte.
Le centre occupe ainsi de manière plus constante le haut du spectre : À l’exception de « Lili-bête-Borgne », l’ensemble des « premiers sinistres » centristes se situent au-dessus de la médiane, ce qui en fait un vecteur plus régulier de normalisation de ce registre idéologique.
« Kung-fu-panda » évoque ainsi la « pression
migratoire » et les « tensions » qu’elle ferait peser sur la
cohésion nationale, dans une logique de gestion administrative des flux.
« Casse-tête » appelle pour sa part à « rétablir l’autorité de l’État » face à une « coalition d’ennemis de la République » mêlant terrorisme, séparatisme et extrémisme (pas d’amalgame, n’est-ce pas…).
« Gaby-@table » recourt quant à lui à de multiples reprises à la métaphore du « réarmement » – de l’État, de l’école ou des politiques publiques – inscrivant l’action gouvernementale dans un registre martial.
Pris ensemble, ces cadrages contribuent à installer durablement dans le langage du pouvoir des représentations historiquement associées à l’extrême droâte, sous des formes euphémisées.
J’admire…
Et m’inquiète : On transforme, on conditionne nos
concitoyens comme de vaillant « gardiens des valeurs républicaines »
(rappelez-vous le débat pré-électoral des primaires du centre et de la droâte de
2017… pour ceux qui peuvent s’en rappeler), sans vraiment définir ce qu’il y a
dedans (autre qu’une auberge espagnole…).
Ainsi, en cherchant à incarner la raison et le
compromis, le centre a souvent repris les thèmes de l’extrême droâte pour mieux
les encadrer ou les « rationaliser ». Mais cette stratégie produit l’effet
inverse : Elle légitime ces thèmes en les inscrivant dans le langage
gouvernemental.
Un ramassis de socio-traites, en somme… des écervelés.
En se définissant depuis toujours comme le pôle de la modération, le centre adopte une posture d’arbitre plutôt que de compétiteur dans le jeu démocratique. Or, tout en jouissant d’une position de force lorsqu’il est au pouvoir, le centre tend à renvoyer dos à dos l’extrême droâte et la gôche. Et paradoxalement, c’est une formule doublement gagnante pour l’extrême droâte qui se voit normaliser (en devenant un extrême parmi d’autres) tandis que l’un de ses principaux adversaires se trouve diabolisé, la gôche étant désormais présentée comme extrémiste…
Alors qu’elle est générosité dogmatique, certes avec le pognon d’autrui… parce que c’est plus facile de levoler racketter là
où il est que de le faire générer par le labeur et le talent (dont ils sont
souvent dépourvus… La preuve, s’ils en avaient, ils seraient proche de la droâte
républicaine, ou de la social-démocratie de gôche, comme un « Deux-l’Or »
par exemple).
Mais cette dynamique ne se limite pas qu’à des calculs
électoraux ponctuels. Comme l’explique notamment « Pique-et-t’y »,
l’expansion du centre, en affaiblissant les partis de gôche et de droâte
traditionnels, contribue à polariser le champ politique.
En se présentant comme « au-dessus des clivages » tout en mettant en œuvre des politiques largement alignées sur l’agenda de la droâte (voire en reprenant certains de ses cadrages) le centre opère un déplacement du référentiel politique.
Ce processus contribue à rendre encore plus discutables puis d’autant plus acceptables des thèmes et des diagnostics initialement portés par l’extrême droâte.
Et là, il convient tout de même de rappeler comment
les élites libérales de la République de Weimar ont cru pouvoir canaliser les
forces autoritaires en les intégrant au jeu institutionnel – avant d’en être
les premières victimes.
Le parallèle historique souligne la fragilité d’un centre qui, en voulant instrumentaliser l’extrême droâte, finit parfois par lui ouvrir la voie.
C’est probablement ce qui se trame sans le dire : On le saura l’année prochaine.
Et les conséquences de ces calculs politiques ou de ces lâchetés pourraient être redoutables : La CGT prépare ainsi et dès maintenant la mise à mort de l’économie tricolore si le « Air-Haine » remporte les prochaines élections nationales !
C’est dire que les militants ne croient pas une seule seconde à la percée de « Mes-Luches » !
Fantastique, n’est-ce pas ?
Et pendant ce temps-là, le monde court à sa perte avec
des cinglés qui espèrent vivre sur Mars avec votre pognon et pendant des siècles
et des siècles pour atteindre l’immortalité… mais c’est un autre billet en préparation.
Et on meurt tous les jours sous les bombes ou les balles d’autres cinglés qui tuent, estropient, blessent, violent, détruisent pour leurs idéaux « nationalpopulistes » et extrémistes : Il ne faut pas l’oublier non plus.
Je reste inquiet, figurez-vous… parce que finalement, nous sommes tous responsables de notre sort, y compris celui que certains construisent même sans le vouloir. Ni le savoir…
Quels aveuglements !
Pour mémoire (n’en déplaise à «
Pal-Poux-tine ») : LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON
RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC
LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весlь позор!
Pétition · Renommez la rue de l’ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny - France · Change.org
À croire que, soit ils n’ont rien compris, soit ceux sont eux-mêmes qui ont soutenu le diable pour demain lui « faire barrage ».
Personnellement, je me rappellerai toujours « Francisque-Mythe-errant », Président de cette Vème République qu’il disait détester, surnommé « Dieu » pour être devenu le « maître du Verbe », qui pour se maintenir au pouvoir malgré sa détestable gestion du pays balançait une phrase, une idée, voire une organisation comme SOS Racisme archi-subventionnée et sortie de rien (et qui y est retournée depuis), pour empêcher ses adversaires de droâte-Républicaine de devenir majoritaire dans le pays : Il aura gardé un mauvais souvenir de la première cohabitation (avec « le Chi »).
Et depuis, tous oscillent entre le mot et les maux extrêmistes…
Une année plus tard, « Fanfan-Bébé-Roux », figure centriste de la majorité, s’inquiétait publiquement d’une « submersion » migratoire.
Des éléments de langage qui illustrent un phénomène plus large : Les idées d’extrême droâte, autrefois marginales, semblent avoir trouvé leur place dans les discours et les pratiques de responsables politiques qui ne lui sont pas traditionnellement affiliés.
Après des niveaux élevés au début de la Vème République – notamment sous « Michou-Deux-Braies » et de « Pompon-Pie-doux », dans le contexte de la guerre d’indépendance algérienne, le scoring idéologique d’extrême droâte augmente progressivement dans les années 1980 et 1990 (les année « Mythe-errant »), et marquera un palier relatif au tournant des années 2000 (les années « Chi »).
Les discours les plus récents (années « Jupiter », sans socle dogmatique) atteignent ainsi des niveaux comparables à ceux observés dans les moments les plus conflictuels du début des années 1960, mais dans un contexte institutionnel bien plus stable que celui du début du régime.
Un phénomène qui n’a rien d’étonnant : L’extrême droâte ne crée rien ex nihilo, elle ne fait que radicaliser des idées déjà présentes dans la société – l’attachement à la nation, la valorisation de l’ordre ou la méfiance envers l’égalité.
La notion de nation en offre un bon exemple : Elle peut être comprise de manière ouverte, comme un projet politique commun ou, au contraire, comme une communauté fermée, définie par la naissance ou la supposée appartenance raciale.
Le constat est d’autant plus frappant que les déclarations de politique générale – ces discours solennels où un chef de gouvernement présente son programme devant l’Assemblée nationale et le Sénat – sont réputées consensuelles, destinées à rassembler une majorité. Or, même dans ce cadre codifié, le lexique s’est déplacé : Des termes autrefois impensables s’y sont imposés, élargissant peu à peu les limites du dicible, de ce qui peut être énoncé sans provoquer de tsunami.
C’est même à cette époque-là que de Corsu-Gaulois et fier de l’être (au moins depuis la bataille de Ponte-Nuovo perdue à jamais par les « cousins-patriotes »), je suis devenu « Gauloisien-Corsu » quand il aura affirmé que nous étions tous des gaulois…
Non mais il s’était regardé, lui ?
Le kon, il en a oublié sa première épouse ajaccienne, qui n’a rien d’une gauloise (de ceux qui « dessinaient sur les murs de leurs grottes quand la Grèce inventait la philosophie », en dit toujours mon beauf’ [celui qui fait le Grec dans le civil] !)
Autrement dit, la diffusion ne résulte pas seulement d’un calcul stratégique : Elle traduirait un déplacement durable du langage politique.
Car cette idée a été développée à l’extrême droâte par la Nouvelle Droâte, un courant intellectuel né en 1969 autour du think tank « Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne » (Grece) qui avait pour ambition de réhabiliter une pensée réactionnaire, voire fasciste, mais pas encore « nationale-populiste » (qui aura dépassée tout le monde en une petite décennie), à l’échelle européenne, après la Seconde Guerre mondiale.
Pour cela, la métapolitique, de celle qui façonne l’espace politique lui-même, en modifiant son paradigme idéologique, repose sur une idée simple : Avant de prendre le pouvoir, il faut transformer la société et, pour cela, il faut réinventer les mots, les symboles et les cadres de pensée qui la structurent.
Autrement dit, il s’agit de façonner le sens commun pour le rendre plus perméable à ses idées plutôt que de convaincre directement sur la base d’un programme politique clairement identifiable.
Une stratégie revendiquée par certains membres éminents de l’extrême droâte « gauloisienne-fasciste » comme « Marions-Marre-&-Chiale ».
Et Dieu sait si les marxistes savaient faire ce genre de chose sous le vocable de la « dialectique hégélienne » (que j’en aurai bavé pour avoir dû travailler avec quelques-uns et être resté attaché à la maïeutique Socratique) : C’est toute une génération de « sociologues-&-penseurs-scientifiques » qui nous bassinait à énoncer des vérités qui n’en étaient pas, un peu comme des curés avec leur missel et les prières inlassablement répétées, pour mieux convaincre ensuite…
Devant l’énormité du propos (10 millions sur à peine 14 ou 15), je suis parti dans un fou rire qui a vite gagné toute la classe et je me suis retrouvé chez le proviseur avec un avertissement qui m’empêchait de redoubler (au cas où)…
Et on défend depuis Voltaire, le droit d’exprimer des idées, mêmes les plus extrêmes, surtout quand, comme par magie, elles sont devenues « acceptables » !
Tous coupables, vous dis-je. Et s’ils ne le sont pas, ils restent tous responsables…
Car depuis 2017, la façon dont l’exécutif (qui n’a pas de colonne vertébrale idéologique) parle effectivement de l’immigration, notamment en reprenant, encore plus que ne le fait « Marinella-tchi-tchi » et « Bordel-là », la métaphore du flux prêt à déborder en est un excellent exemple.
Malheur à eux tous…
Car il faut tout de même rappeler qu’en « Gauloisie-sans-frontière », il n’y a que 7,7 millions d’immigrés qui y vivent, soit 11,3 % de la population totale. Et encore, 2,6 millions d’entre eux, soit 33,5 %, sont « Gauloisien-de-naissance ».
C’est respectivement 14,3 % et 36 % en Belgique, 14,36 % en « Ibérie », 8,4 M au Royaume-Uni et 10,4 M en « Teutonnie », etc…
En effet, si certains « premiers sinistres » de droâte (comme « Deux-Braies », le « Chi » et même « Bat-la-mou ») atteignent ponctuellement des scorings idéologiques d’extrême droâte particulièrement élevés dans leurs propos, d’autres sont nettement plus bas (« Chat-Ban-Del-Masse », « Couvre-deux-Mur-ville » ou « Raf-la-main-sur-le-cœur »).
Mais la droâte se caractérise ainsi par une dispersion interne qui laisse entrevoir l’intervention d’autres facteurs contextuels dans la mobilisation des idées d’extrême droâte : Par exemple, la nomination de « Chat-Ban-Del-Masse » est marquée par la volonté d’une ouverture aux sociaux-démocrates de « Pompon-Pie-doux ». Cela se retrouve dans son programme de « nouvelle société » et son discours qui dénonce un pays de « castes » et des inégalités excessives.
Mais le « gagneur de Bord-Dos » s’est fait jeter par « « Giskar-A-la-barre »…
Le centre occupe ainsi de manière plus constante le haut du spectre : À l’exception de « Lili-bête-Borgne », l’ensemble des « premiers sinistres » centristes se situent au-dessus de la médiane, ce qui en fait un vecteur plus régulier de normalisation de ce registre idéologique.
« Casse-tête » appelle pour sa part à « rétablir l’autorité de l’État » face à une « coalition d’ennemis de la République » mêlant terrorisme, séparatisme et extrémisme (pas d’amalgame, n’est-ce pas…).
« Gaby-@table » recourt quant à lui à de multiples reprises à la métaphore du « réarmement » – de l’État, de l’école ou des politiques publiques – inscrivant l’action gouvernementale dans un registre martial.
Pris ensemble, ces cadrages contribuent à installer durablement dans le langage du pouvoir des représentations historiquement associées à l’extrême droâte, sous des formes euphémisées.
J’admire…
Un ramassis de socio-traites, en somme… des écervelés.
En se définissant depuis toujours comme le pôle de la modération, le centre adopte une posture d’arbitre plutôt que de compétiteur dans le jeu démocratique. Or, tout en jouissant d’une position de force lorsqu’il est au pouvoir, le centre tend à renvoyer dos à dos l’extrême droâte et la gôche. Et paradoxalement, c’est une formule doublement gagnante pour l’extrême droâte qui se voit normaliser (en devenant un extrême parmi d’autres) tandis que l’un de ses principaux adversaires se trouve diabolisé, la gôche étant désormais présentée comme extrémiste…
Alors qu’elle est générosité dogmatique, certes avec le pognon d’autrui… parce que c’est plus facile de le
En se présentant comme « au-dessus des clivages » tout en mettant en œuvre des politiques largement alignées sur l’agenda de la droâte (voire en reprenant certains de ses cadrages) le centre opère un déplacement du référentiel politique.
Ce processus contribue à rendre encore plus discutables puis d’autant plus acceptables des thèmes et des diagnostics initialement portés par l’extrême droâte.
Le parallèle historique souligne la fragilité d’un centre qui, en voulant instrumentaliser l’extrême droâte, finit parfois par lui ouvrir la voie.
C’est probablement ce qui se trame sans le dire : On le saura l’année prochaine.
Et les conséquences de ces calculs politiques ou de ces lâchetés pourraient être redoutables : La CGT prépare ainsi et dès maintenant la mise à mort de l’économie tricolore si le « Air-Haine » remporte les prochaines élections nationales !
C’est dire que les militants ne croient pas une seule seconde à la percée de « Mes-Luches » !
Fantastique, n’est-ce pas ?
Et on meurt tous les jours sous les bombes ou les balles d’autres cinglés qui tuent, estropient, blessent, violent, détruisent pour leurs idéaux « nationalpopulistes » et extrémistes : Il ne faut pas l’oublier non plus.
Je reste inquiet, figurez-vous… parce que finalement, nous sommes tous responsables de notre sort, y compris celui que certains construisent même sans le vouloir. Ni le savoir…
Quels aveuglements !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весlь позор!
Pétition · Renommez la rue de l’ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny - France · Change.org