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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…
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samedi 19 août 2017

Ultime récit : Chapitre quatorzième


Paradoxes temporels (24/21)

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

La dernière bataille, de très courte durée, fait rage sitôt après cette intrusion.
Comment cette apparition a pu pénétrer le vaisseau, sans avoir été détectée ni repérée alors même que tous ses détecteurs sont en fonction ?
Impossible !
L’un des officiers présents se remet plus vite que les autres de la tétanie provoquée par cette apparition ubuesque et monstrueuse à la fois : pensez, un poilu !
Il se précipite vers une console de commande pour couper l’activation du champ de gravitation interne au vaisseau et centré sur le poste de commandement.
Paul réagit très vite, comme s’il savait, sort son lourd 11,43 colt 45 fétiche et tire dans la direction de la créature alors que chacun flotte désormais en apesanteur !
La détonation claque, l’odeur de la poudre envahit l’habitacle et apparaît un liquide rouge qui gicle de la blessure, mortelle, de l’officier désormais inanimé …
Du sang !
De l’hémoglobine !
Son odeur âcre, ses petites gouttelettes qui se répandent dans le poste de commandement et de pilotage du vaisseau…
L’horreur absolue.
Ils sont combien à avoir vu du sang sortir d’un orifice gros comme un pouce ?

Paul se retourne vers un autre, flottant dans un coin isolé, sur le côté et lui loge une seconde balle dans le buffet alors qu’il sortait son arme personnelle de son étui.
Normalement, le massacre doit s’arrêter là, il le sait pour avoir pris connaissance des archives de Steph.
« Un autre candidat ? »
Les mots ne sont pas ceux-là quand ils sortent de son larynx, mais ils sont immédiatement traduits par un des cyborgs qui l’accompagnent en langage coutumier aux autres officiers de la légion.
« Rétablissez immédiatement la gravitation, que je n’ai pas à le faire moi-même ! »
L’un des officiers obtempère.
Tout le monde choie sur ses pieds (ou ce qui en fait office), l’arme sortie de son étui produit un son métallique en heurtant le sol, les gouttes de sang des deux victimes de Paul éclatent en une multitude de tâches par terre.
« Paul de Bréveuil, alias « Charlotte », ambassadeur de la Coupole. Je prends le commandement de cet appareil. »
Un prénom neutre et autre féminin. Serait-ce un transgenre ?
Qu’est-ce donc que la Coupole ?
Est-ce une façon normale et « diplomatique » propre à la fonction d’ambassadeur que de commencer par tuer des officiers de la légion ?
« Vous allez évacuer avec vos barges de secours vers l’appareil en second. Tous ! »
Le temps de comprendre…
« Tous, sauf les droïdes, les cyborgs, les robots d’entretien et un pilote. »
Il prend un otage ?
« Exécution ! Et plus vite que ça. Sortez-moi aussi l’amiral Landditsy de son trou et amenez-le-moi. »
Comment cette… créature peut-elle connaître le nom de l’ex-patron du bord et de la flottille ?

« Je ne comprends pas, je ne comprends pas », commence ainsi l’amiral qui est amené manu-militari par les propres cyborgs de son bord, alors que d’autres regroupent les légionnaires vers les véhicules de sauvetage.
« – Qu’est-ce se passe ici ?
– Paul de Bréveuil, ambassadeur de la Coupole. Je prends le commandement de ce vaisseau et vous décharge de toute responsabilité quant à l’usage que je vais en faire.
– …
– Prise de guerre. Mais je vais vous le restituer d’ici quelques temps. Après usage. J’ai besoin d’un de vos officiers qualifiés pour en rendre compte et le piloter. Juste durant l’intervalle. Vous ne comptez pas comme moi, mais j’en ai pour environ 260 de mes mois. Si vous êtes assez patient, vous le récupérerez. »
En un seul morceau et en état de marche…
Qu’est-ce que ça veut dire ? Et puis tout ce sang étalé sur le sol…
Les deux cadavres.
Il reconnaît d’ailleurs en l’un d’eux son « partenaire de sensualité » favori, auquel il était attaché. Le conduire jusque-là pour le voir périr, alors que ce n’était pas vraiment un légionnaire qui s’intéressait à la chose militaire, quel gâchis ?
Pourquoi lui ?
Landditsy réprime le nœud qui lui tord les boyaux à la vue de cette chose devenue inerte et qui savait si bien prendre soin et exalter ses sens, pouvait être très tendre et toujours attentif, tel que lui n’avait jamais su lui rendre la pareille.
Mais quel désastre !
La honte de se faire voler son vaisseau en plus, également. Il ne pourra jamais y survivre.
« Nous récupèrerons quoi, si un de nos pilotes est à bord ? »
Une question stupide. Landditsy se rend compte que ce n’est le problème du moment.
« Comment avez-vous pu aborder et pirater un vaisseau de combat de la Légion ? Savez-vous ce qu’il en coûte ? »
La conversation est un peu hachée pour cause de traduction simultanée, malgré les deux cyborgs qui accélèrent le rythme.
« – Facilement.
– Quels sont vos objectifs ? Votre mission ?
– La même que la vôtre : pas les Krabitz ! »
Alors là, Landditsy ne sait plus quoi penser…
« – Mais, mais… » balbutie-t-il. « Ce n’est pas possible. Je m’apprêtais à me faire confirmer l’ordre d’évacuation par mon état-major.
– Pas la peine. Je suis là. Et puis… je vous signale que vous avez été destitué de votre commandement par vos propres officiers.
– Comment savez-vous ça aussi ?
– Et eux n’auraient fait qu’une bouchée des touffes d’herbes à transférer. Vous le savez bien. Vous n’auriez jamais eu le temps ni la possibilité d’exécuter le contrordre que vous avez reçu.
– Vous… vous êtes encore un avatar de ce… de ce Michel…
– Pas du tout. Moi, je suis un marin-militaire. Pas une gonzesse. Mais militaire de réserve mobilisé de temps en temps par la Garde et ses agents. Et j’obéis.
– Mais qu’est-ce donc que cette « garde » ?
– Je n’en sais rien et de toute façon, si je savais, je ne vous répondrai pas. Vous n’avez pas besoin de cette donnée pour débarrasser mon bord. »
Son bord, comme il y va !
« – Je ne comprends toujours pas, il était convenu avec… enfin il était convenu que nous restions sur place en attendant des vaisseaux de transport pour évacuer les Krabitz…
– Vous restez dans le coin si ça vous amuse. Le navire de la Garde que vous avez voulu écarter restera sur place tant qu’ils n’auront pas tous embarqué dans les cargos qui vont arriver. Des fois que vos officiers félons veuillent en découdre de nouveau.
Ce qui est improbable, mais ça va les retenir.
Moi, je file avec mes troupes et un de vos pilotes. Votre machine, mérite que je ne fasse pas trop de fausses manœuvres avec. Et comme je n’ai pas trop le temps de suivre des cours de pilotage accélérés, tâchez de me fournir celui qui est censé le ramener en un seul morceau.
– Vous allez où ?
– Mais j’en pose des questions, moi ? Faites ce que je dis où je me fâche. Et en ce moment, j’ai le sang chaud !
– Bien, bien ! »
Du calme.

Qui lui refourguer ? Soit il choisit Ilke mais ce serait prendre le risque de saboter le parcours, car ce n’est pas le pilote le plus habile, soit il désigne Axel. C’est un bon élément, assez adroit et si le vaisseau revient, il aura bien eu l’idée de noter jusqu’où cet ambassadeur-là emmène les Krabitz.
Pour une opération ultérieure. 
Seulement voilà, Axel est déjà embarqué sur la chaloupe d’évacuation. Il faut le sortir de là.
« – Et pourquoi moi, Amiral ?
– Parce que j’ai besoin d’une personne de confiance.
– Ilke ferait l’affaire. Non mais, je ne comprends pas Amiral. Je ne vais quand même pas voyager avec ce rustre-là, seul jusqu’à je ne sais où ?
– Il affirme en avoir pour 260 de ses semaines à lui…
– Et ça fait combien des nôtres ? »
Comment peut-il savoir…
« – Non mais Amiral ! Vous ne pouvez pas me faire ça… J’ai toujours été bien noté. Je ne vais pas voyager avec cette bête toute poilue tout de même.
– Si ! Et justement parce que vous êtes bien noté. Votre mission, c’est de nous faire un rapport de l’endroit où il va. C’est absolument essentiel. Et je m’occupe de votre avancement et de votre solde… Avec prime de risque doublée !
– Pendant toute la durée de la mission ?
– Toute et au tarif majoré ! »
Dans ces conditions-là…
« – Mais vous me demandez l’impossible… Cohabiter avec ce… ce monstre !
– Vous y arriverez. Prenez sur vous. C’est important pour la suite. » 

Les cyborgs de Paul auront compris l’essentiel de l’échange et l’un d’entre eux lui en rapportera le contenu.
Les derniers légionnaires embarquent, laissant l’équipage réduit à un seul de leur membre, désigné volontaire, et une armée de droïdes, de cyborgs et de robots à bord.
«  – On va où et on part quand, votre excellence ?
– On attend d’embarquer mon chargement personnel qui devrait arriver dans quelques instants. Et on démarre.
Appelez-moi Paul. Vous êtes Axel, si je ne m’abuse. Et puis rassurez-vous, j’ai besoin de vous, dans certaines limites, naturellement, mais vous n’êtes pas du tout mon style. Et j’ai ce qu’il faut pour satisfaire tous mes instincts bestiaux… »
De quoi parle-t-il ?
« – Avez-vous à bord une machine qui puisse traduire nos échanges vocaux en direct.
– Naturellement ! »
Axel se tourne vers une des consoles du bord et manipule quelques boutons et curseurs.
« – Je note que votre langage est … comment dire ? Très antique !
– Je viens de votre antiquité.
– Vous, vous… vous êtes un Homo ou une machine ?
– Un Homo Sapiens. L’espèce mère de la vôtre. Mais pas dégénérée par quantité de mutations génétiques comme vous l’êtes… »
L’affront !
Il n’y a pas plus évolué dans tout le cosmos connu que les homos-supérieurs tel qu’Axel…
« Et si je peux me permettre… Paul… Comment à votre époque pouvez-vous disposer d’une telle technologie qu’elle dépasse le mienne ? »
Une alarme retentit et un robot d’alerte indique la présence d’une chaloupe de ravitaillement en approche imminente.
« Ah ! Voilà ma cambuse avec mon matériel, » s’exclame Paul.
Époustouflant de précision : comment cet engin est apparu de façon si proche sans avoir été détecté avant ?
Et de quelle façon il s’arrime à l’un des sas de ravitaillement, pris en charge par les robots manipulateurs qui déchargent le matériel et quantité impressionnante de conteneurs… !
« – Excusez-moi de vous importuner, Paul. Savez-vous au moins piloter ce vaisseau ?
– Vous allez m’expliquer. J’étais assez doué pour piloter n’importe quel engin, à mon époque. Même des prototypes qui n’avaient jamais volé.
Mais vous avez raison, j’ai besoin que vous me fassiez faire le tour du propriétaire…
– Le tour du propriétaire ?
– De la machine et de tous ses organes et nous mettons les voiles ?
– Les voiles ?
– Une expression de mon mode à moi. Ça veut dire qu’on décampe. On se casse.
– On n’attend pas l’évacuation des Krabitz ?
– Pas la peine. D’autres vaisseaux vont s’en charger dès que vos petits camarades auront rejoint leur vaisseau en second.
– Mais comment vont-ils nous suivre ?
– Il est prévu de larguer des balises spéciales sur notre parcours qui débarquent avec mon chargement. Pas compliqué. Elles arrivent dans plusieurs des containers ».
Euh, si tout de même. Et puis n’importe qui peut les suivre…
Axel ne comprend plus très bien…


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vendredi 18 août 2017

Ultime récit : Chapitre treizième


Paradoxes temporels (23/21)

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

La bataille de « Boomerkar », du nom donné à l’amas d’étoiles local par la mission astronomique qui aura identifié le système planétaire détecté il y a des dizaines de décades de ça, restera dans les annales de la légion.
D’abord, parce que c’est un échec. L’amiral Landditsy sera relevé de son commandement par l’état-major, non pas pour cette raison qui aurait suffi à elle-même, mais parce qu’il n’a pas su empêcher une mutinerie de ses officiers supérieurs.
Il faut dire que les circonstances s’y prêtaient.
Il sera ensuite promu, sans commandement opérationnel, pour avoir validé, une des premières fois dans l’histoire de la Légion, l’existence de « La Garde », cette légende et de ses moyens technologiques qui dépassent largement la science et les connaissances du moment.
Par ailleurs, la révélation restera dans les hautes-sphères du « Haut-Conseil » : la légende de Patrick Cortinco reprend de l’épaisseur, puis s’étend à l’ensemble des officiers de la légion.
Dès lors, le message « pas les Krabitz » deviendra un mot d’ordre général durant de très longues périodes dans ce corps de soldats de l’espace, et même au-delà, quand celle-ci se muera en « La Garde » par absorption.

Par ailleurs, on cherchera longtemps à localiser à la fois « les barges » où auraient transité Lierreux le Sapiens et Edgorkloonyx le Krabitz. Mais probablement elles sont « cachées » au-delà de l’horizon de l’univers visible.
Plus étonnant, ça restera la présence d’un « Homo-rustique » se présentant comme l’ambassadeur d’une Coupole, qui se saisira du vaisseau de l’amiral Landditsy de façon inexplicable.
Qu’est-ce donc, cette Coupole qui ne laisse aucune trace dans les archives et reste insaisissable dans l’organisation du cosmos, en tout cas dans les galaxies explorées du groupe local ?
Ce qui valide du coup les hypothèses d’infinités de l’univers dans ses dimensions spatiales.
Bien trop loin pour être éternellement cachées aux instruments et sondes de recherche.
Les deux seuls témoignages qui en restent sont celui d’Axel, l’officier de navigation qui aura accompagné le « Charlotte », le Sapiens primaire des plus rustres qui aura ouvert la route et pilotant ainsi la flottille des cargos de Krabitz vers leur destination finale et un récit oublié – présenté comme d’un roman –, dans les mémoires internétiques mis en ligne par un certain « I-Cube » de l’époque très ancienne d’où serait issu « Charlotte », mais aussi la légende de Cortinco : rien ni de très sérieux, ni de très probant et finalement, le toute reste très embarrassant.
Puisqu’inexplicable.
En revanche, le plus crédible des rapports et études qui auront été produits depuis sur le sujet, restera l’idée générale d’une civilisation spatiale qui semble maîtriser les déplacements sur la flèche du temps.
Ce n’est pas que la recherche scientifique du moment ne s’intéresse pas aux propriétés cachées du neutronium-spiné, loin de là, et l’idée a déjà fait l’objet d’études théoriques et de mises en applications pratiques nombreuses, mais jusque-là, on n’en sait pas plus quant aux voyages sur la flèche du temps.
Et la consigne est désormais, dans les flottes de la Légion, de ne pas s’opposer à n’importe quel prix aux vaisseaux de « La Garde », dès qu’ils sont identifiés comme tels.

Pas la peine de risquer inutilement les matériels et les troupes…

Par ailleurs, la présence de « Michel », une sorte d’archange, qui se présente comme un « jardinier » œuvrant pour des « maîtres » qui se nourrissent du « vivant » et lutte contre des « sans-âmes » qui détruisent la vie sous toutes ses formes, générera des travaux en quantité considérable.
S’agit-il d’une énième espèce dont personne n’a encore et jusque-là aucune trace ?
D’une espèce « à naître » si l’on envisage des boucles temporelles, ou au contraire « originelle » si l’on considère qu’elle est première, dépassant la théorie du tout ?
Ce qui voudrait dire que l’univers est « causé », ce qui est parfaitement inenvisageable ?
Où gisent les « maîtres », comment se manifestent-ils, quels sont leurs objectifs ?
Il faut alors se replonger dans les textes anciens, voire très anciens, mythologiques de dizaines et de dizaines de civilisations exotiques, parfois disparues, pour avancer des explications qui ne sont que des spéculations.
Dieu n’existe pas pour les « Sapiens-Plus » dit « augmentés ». Tous les phénomènes religieux sont les résultats de pures spéculations d’esprits faibles : c’est une constante historique dans toutes les civilisations rencontrées, quelle que soit l’époque, leur développement, les lieux et les espèces.
Un fait scientifique acquis. Irréfragable.
D’autant qu’au fil du temps, les connaissances s’accumulent sur les origines de l’univers et ses mécanismes intimes. Et il est convenu que Dieu, la notion, ne peut pas être réduit à une série d’équations. Or l’univers entier, le connu et celui qui échappe à l’observation, le macro comme le plus petit de ses éléments microscopiques, obéissent tous à des équations.
Il n’y a donc pas de place pour « les maîtres » dans la culture des « Plus ».
Même les « Ultras » sont prévisibles puisqu’il s’agit de recherches des plus pointues, mais pas les « maîtres » et « Michel » n’entrent, à ce moment-là, dans aucune catégorie.
Inutile de dire que l’épisode de Landditsy et de la bataille perdue de « Boomerkar » restera un « marqueur » important dans la culture de la « Légion ».

Effectivement, sitôt après cet ordre de suspension, à la surprise générale, une alerte des « sentinelles-avancées » disséminés dans l’espace proche survient de façon inopinée, juste le temps que les messages arrivent.
« Vaisseau non-identifiée en approche ! »
Hostile demande le robot d’alerte du pont ? Pas de réponse…
« Amiral ! Qu’est-ce qui se passe ? »
La question se veut surtout portée sur la « prémonition » formulée par Landditsy l’instant précédent.
« Armez un coup de semonce et tentez d’entrer en contact avec ce vaisseau pour lui indiquer qu’il entre en zone de combats. Formation de combat ! »
Les émetteurs crépitent…
« – C’est quoi ce message de contrordre que vous venez de me remettre ?
– Je vous ai demandé de l’analyser en urgence.
– Semonce armée-verrouillée. Boucliers armés.
– Une réponse à nos messages ? Quelle est la distance de l’intrus ?
– Huit minutes. Progression en ralentissement, trajectoire convergente. Mais on ne sait pas par où il est arrivé.
– Alarme ! Chasseur inconnu en progression convergente et accélération sur azimut 100, hauteur – 40, à 3 minutes.
– Alerte ! Chasseur inconnu en progression convergente et accélération rapide sur azimut 200, hauteur + 110 à 6 minutes.
– Alerte ! Chasseur inconnu en progression convergente et accélération, azimut 220, hauteur 330, à 12 minutes.
– Amiral ? On nous assaille !
– Je le vois bien. Alors ces analyses ? La sonde de liaison ?
– Il n’y a pas plus urgent ?
– Si !… L’évacuation du secteur…
– En abandonnant notre offensive contre les touffes d’herbe ? Après tant d’efforts pour être parvenu à les regrouper.
– Commandant, vous ne voyez pas que nous sommes attaqués ?
– Par quatre malheureux vaisseaux inconnus…
– Et ce coup de semonce, alors ? »
Le dégagement d’énergie est immédiatement envoyé dans la direction verrouillée et… loupe sa cible qui réapparaît immédiatement – le temps que l’information arrive – sous un autre angle.
« Pas possible ! C’est de la magie, ça… » lâche un des officiers de pont, celui qui est de plus le responsable de l’arsenal du bord.

Landditsy se rend compte que la bataille est mal engagée.
« – Ordre de repli. On se regroupe en …
– … Ah non amiral ! Refus de se battre en pleine action de feu, c’est l’exécution immédiate !
– Commandant, ne déraillez-pas. On ne sait rien de la dangerosité de la menace. Pensons d’abord à nos matériels et nos troupes !
– Mais non ! Pas question !
– Ventre-saint-gris, commandant ! Vous obéissez à mes ordres oui ou non ? Je vous ai demandé une analyse du contrordre que je vous ai remis, un sonde de liaison avec l’état-major et je vous dis que la situation créée par ces intrus nous oblige à un repli. On reviendra régler le problème des Krabitz ultérieurement !
– Les quoi ? Avec tout le respect que je dois à votre rang, je constate que c’est vous qui avez les foins de vous battre et que vous avez de plus un langage qui témoigne de votre inaptitude au commandement, amiral !
– Vous débloquez totalement, commandant ! Ce n’est pas le moment de jouer au fanfaron.
– Au titre de l’article 156 du code de la légion, je vous destitue sur le champ de votre commandement, vous mets aux arrêts de rigueur et prends la tête des opérations ! » fait l’officier le plus proche entouré de quelques-uns de ses collègues qui s’étaient regroupés autour du fauteuil de l’amiral durant l’échange verbal.
« – Planton ! Désarmez l’amiral et escortez-le en chambre-forte.
– Vous faites une immense bêtise qui va nous mettre tous en péril imminent, commandant ! »
Dans l’instant, des droïdes désarment l’amiral et se saisissent de sa personne. Celui-ci persiste à protester vertement.
« Je vous en conjure. Cessez cette mutinerie immédiatement ou vous en rendrez-compte ! »

Pendant ce temps-là, les « chasseurs » se sont rapprochés alors que le vaisseau initial a encore changé de position.
« Hostile au contact ! » annonce un robot.
« Vite ! Armez les champs et les tourelles ! »
D’un coup d’un seul le vaisseau amiral de la flottille devient impénétrable par activation des champs de gravitation et l’activation des boucliers d’énergie des tourelles chargées en principe d’annihiler tout forme d’énergie venant de l’extérieur.
« Combattants ! Feu sur tous les hostiles, depuis toutes les stations ! Exécution immédiate ! »
L’espace est aussitôt zébré, en divers endroits de puissants traits lumineux créés par l’éjection de pairs de jet de matière et d’antimatière prélevées sur les réservoirs d’énergie, qui circulent autour de la planète des Krabitz, mais aussi d’un peu partout ailleurs jusqu’aux confins du système stellaire, là où sont positionnées les « sondes-vigie » qui n’ont pas vu venir le vaisseau hostile.
Le temps pour que l’information en retour parvienne au poste de commandement, il faut se rendre compte que l’incroyable se produit : pas un seul des objectifs visés par les armes de la légion n’atteint sa cible ! En revanche en quelques parcelles de temps, la plupart des engins automatiques des légionnaires sont pulvérisés !
Une déroute à laquelle assistent médusés et terrorisés les Krabitz derrière leurs écrans de visionnage de l’extérieur.
« Vous voyez bien qu’il s’agit maintenant de profiter de l’occasion pour évacuer ce foutu caillou ! » s’exclame Edgorkloonyx à l’adresse des siens.
Oui, peut-être, mais avec quels moyens… ?
Les bipèdes Homos de la légion vont de toute façon rappliquer, dans des délais courts, avec des moyens militaires et de destruction supplémentaires et ils n’auront pas le temps de finaliser la fabrication de leurs propres vaisseaux.
Peut-être un ou deux pour sauver leur espèce, et encore. 

Les deux vaisseaux amiraux, celui de commandement et le second, celui qui suit de très loin la bataille qui sera livrée à ses capteurs plusieurs heures (décimales) plus tard, pour, comme dans toute expédition de la Légion, à la fois témoigner en lâchant des sondes automatiques vers les relais de l’état-major et éventuellement récupérer et porter secours aux légionnaires survivants, sont épargnés.
Mais, seconde surprise, et des plus étonnantes, celui qui est « engagé » en première ligne est tout d’un coup « occupé ».
Paul de Bréveuil, alias « Charlotte », se présente à la porte du sas du poste de commandement, entouré de trois cyborgs, immédiatement identifiés comme tels, revêtus de combinaisons grises argentées et ajustées.
Il est impressionnant, revêtu d’une sorte de scaphandre antique, exactement le même qu’il avait à Biskra (1), articulé, noir-profond, mais en plus tout orné aux articulations de liserés dorés du meilleur effet qui en jettent !
Son visage est en partie dissimulé par un masque transparent qui lui permet de respirer dans un air surchargé de dioxyde d’oxygène propre aux homos-rustiques.
Et contrairement aux équipes du bord, s’il s’agit d’un bipède à la stature impressionnante, ce masque laisse apparaître des poils, notamment au-dessus des yeux et autour des paupières : des cils et des sourcils !
Une horreur pour l’équipage, dépourvu de tout poil depuis des générations et des générations de manipulations génétiques successives… !

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jeudi 17 août 2017

Ultime récit : Chapitre douzième


Paradoxes temporels (22/21)

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

« Et maintenant ? »
C’est l’amiral Landditsy qui s’exprime. Lierreux vint de disparaître. Comme il était venu, sans prévenir, sans laisser de trace que ce message écrit, tracé directement avec son propre sang sur une pochette tirée de son pyjama.
Ce barbare, tout poilu…
« Michel. Tu nous dis la suite ? On ne va pas rester coincé là toute une éternité… »
Là, c’est Edgorkloonyx qui commence à trouver le temps long.
« L’éternité… Quelle drôle d’idée ! » lui répond Michel.
« – Edgorkloonyx, tu as reconnu Pierre, le messager ?
– Probablement. Mais j’ai surtout bien aimé son message.
– Landdisty, tu as compris ce qu’il t’a ordonné ?
– Oui, ça, ça va : pas les Krabitz. J’ai entendu. J’ai aussi entendu ton message. Mais j’ai des objections ?
– Ah non ! » intervient Edgorkloonyx.
Ah si ! J’aime bien le côté « évacuation ». Le problème, c’est que je ne sais comment on va faire. Tes vaisseaux me semblent vachement trop rustiques pour envisager un long périple dans l’espace. Vous ne savez faire au mieux que des voyages de quelques dizaines de parsecs… » (1)
Ce qui n’est pas totalement faux. À chaque « migration », quand le biotope local est épuisé, les Krabitz disparaissent petit-à-petit avant d’envisager de déménager. Ils consacrent alors leurs dernières ressources pour construire quelques vaisseaux interplanétaires pour aller « plus loin », jusqu’à un endroit qui soit à leur portée et assez accueillant afin de s’y établir de façon provisoire.
Et ainsi de suite de génération en génération.
Beaucoup périssent ainsi par épuisement. Les survivants échouent souvent pour se perdre dans le cosmos, mais l’espèce survit toutefois depuis des temps immémoriaux pour avoir toujours pu retrouver un lieu d’accueil favorable.
Là, le problème posé par la présence des Homos, leur première rencontre semble-t-il, c’est que ne disposant pas d’une technologie comparable, les Krabitz sont dans l’incapacité de résister à une invasion.

L’espèce est un végétal qui ce sera libéré de son enracinement. Les végétaux se nourrissent de nutriments puisés dans leur environnement, en principe solide même si  certaines espèces trouvent ceux-ci dans des gaz ou des liquides, dès lors qu’il y a un ou des solvants disponibles à profusion, et du carbone, la matière-première indispensable, même sous forme de monoxyde ou dioxyde. Le reste est affaire de « chimie » en fonction des réactifs disponibles.
Et les Krabitz sont à l’origine lointaine des « plantes-marines » mais qui ont su développer une « micro-civilisation », puisqu’ils communiquent entre eux par échanges « chimio-électriques » comme n’importe quel végétal même ceux qui n’ont qu’une conscience diffuse de leur identité propre, partageant leur environnement avec d’autres espèces, notamment des « mobiles », bipèdes, quadrupèdes, volantes, nageantes ou non, les insectes et autres. Ils sont d’abord « enracinés », puis, au fil du temps, ils sont sortis de leur milieu liquide et ont acquis aussi la possibilité de se mouvoir « hors-sol » sur les parties émergée de leur planète d’origine.
Ce n’est que quand celle-ci a été mise en danger par son étoile qui se transformait en géante rouge au fil du temps, que les Krabitz, qui raffolent de philosophie et de mathématique, ce sont mis à chercher des moyens de migration.
L’espace immédiat a été identifié comme une bouée de secours provisoire et puis ils ont ensuite migré toujours plus loin dans l’espace.
Globalement, l’espèce est installée depuis pas mal de temps dans ce petit coin du ciel, autour de trois étoiles, un système binaire et une étoile proche, autour desquels orbitent, parmi d’autres, cinq planètes telluriques et deux gazeuses situées dans des zones de températures supportables.
À distance convenable desdites étoiles.
Le système binaire est un peu instable, mais les biotopes sont parfois riches et la bio-cinèse acceptable. Pas trop létale à condition de prendre des précautions d’usage.
Bref, pas le paradis, mais assez « confortable » pour avoir pu y regrouper une grande partie de la population de Krabitz pendant longtemps avant d’envisager une nouvelle migration.

Et l’arrivée des vaisseaux d’exploration scientifique des Homos, une espèce carnée, bipède et belliqueuse, aura été un bouleversement inattendu.
Alors qu’ils ne sont pas du tout adaptés pour vivre et partager le même milieu, puisque les Homos sont incapables de vivre dans une atmosphère trop chargée en dioxyde-de-carbone, alors que c’est l’essence même du gaz parfait qui favorise le développement des Krabitz et autres herbacés, ces gens-là se sont permis de les expulser de leurs endroits favoris pour creuser les sols, saccageant les autres espèces locales et les réalisations Krabitz.
Forcément, la révolte a grondé et a tourné en faveur des espèces autochtones qui se sont liguées contre les envahisseurs venu de l’espace.
S’en est suivi une courte période de calme, jusqu’à l’arrivée d’une flotte de vaisseaux armés qui, en représailles, ont réduit en cendre les habitats de la première planète envahie.
Quelques Krabitz ont pu s’en échapper pour rejoindre les colonies sises à proximité. Mais s’en est suivi alors une course-poursuite qui a permis de regrouper les Krabitz sur une seule des planètes, un peu hostile et à la gravitation insuffisante – il y a parfois des vents furieux qui balayent la surface de la planète et détruisent tout sur leur passage, jusqu’à propulser hors de l’atmosphère nombre d’objet « non-enracinés » –  qui est désormais entièrement mise sous blocus.
Tous les vaisseaux spatiaux ont été détruits. Il n’y a plus de moyen de fuite et la flotte humaine s’apprête à donner l’assaut final à coup de grands dégagements d’énergie ponctuels.
Alors l’épisode de suspension temporel est vécu par Edgorkloonyx, le Krabitz, comme inespéré. Puisque son espèce n’a plus les moyens de ne pas disparaître, pourquoi ne pas accepter de migrer là où elle sera le plus utile ?
Même si l’apparition d’un curieux « humanoïde » reste suspecte dans cet épisode.
Mais Edgorkloonyx n’en est plus à sa première « rencontre » aliène : il a vécu longtemps sur ce qui s’apparentait à une sorte de barge en suspension autour d’une planète inconnue où il avait déjà rencontré un humanoïde.
C’était d’ailleurs juste avant l’arrivée des « sans-âmes », cette poussière noire qui se mange si facilement et qui envahissait tout.
Il en garde le souvenir d’un « paradis » à retrouver et à partager avec le plus grand nombre de ses congénères, avant d’avoir eu l’idée de retrouver la barge de l’humanoïde qui les avait visité et que tous les deux disparaissent dans un « puits-du-temps » improbable.
Pierre était manifestement revenu à son époque et sur son monde d’origine, Edgor également, alors que la population des autres Krabitz s’en donnait probablement encore à cœur-joie de bouffer du « sans-âme » et à en prospérer de façon soutenue.
Certes, il était passé pour un hurluberlu sur sa planète, quand il avait raconté son histoire, alors même que tous les Krabitz envisageaient déjà une migration.
L’arrivée des vaisseaux de la Légion donnait sens à tout cela.

« La solution va arriver incessamment. » C’est Michel qui l’affirme.
« Ta parole d’officier général que tu ne vas pas t’y opposer ? »
Quelle question…
En fait ce qui taraude l’amiral, c’est la réaction de ses troupes : tous ses officiers sont prêts à en découdre. Ils ont redoublé d’efforts pour éradiquer toutes traces de vie sur trois des planètes rocheuses. Manifestement, les humains veulent des territoires vierges pour mieux les exploiter, en extraire des minéraux qui semblaient si précieux à leur expédition d’étude scientifique.
Il en reste deux.
Sur les planètes gazeuses, ils ont lâché des quantités prodigieuses de cyanobactérie non-symbiotique (2) donc capables d’une vie indépendante, parfois « aérobiques »,  qui réduisent en un temps record le taux de gaz carbonique du milieu naturel, le rendant impropre à la vie des Krabitz.
Et avec le blocus orbital, toute échappatoire devient très difficile : les vaisseaux humains et leurs machines de guerre sont sans pitié. Ils détruiraient tout ce qui tente de passer.
Ce sont en fait des robots qui veillent et appliquent sans aucune empathie les consignes des officiers de la Légion.
Du coup, les Krabitz survivants se sont regroupés sur les deux planètes rocheuses et inconfortables, qui orbitent l’une autour de l’autre, en vue de produire des vaisseaux assez rapidement dans des cavernes parsemées dans les profondeurs de la plus petite des planétoïdes qui reste « creuse » : de vastes galeries générées par des « macro-biotiques-mange-pierre », qui se nourrissent de silicate mais restent heureusement hydrophobiques.
Cette espèce a déserté ses galeries, qui sont restées, au contact des nappes phréatiques profondes.
Sans grand espoir : même si les humains peuvent éventuellement les laisser faire un temps, il faudrait mettre au point une tactique de leurre des drones qui interdisent tout trafic spatial autour de ces deux planètes.
Et là, les intentions de l’amiral Landditsy sont claires : il va passer à l’offensive, au moins sur la plus grosse des planètes-refuges.
Alors évidemment, changer du tout au tout tous ses plans de de bataille jusque-là élaborés, même parce qu’il aurait vu et dialogué avec un « ancêtre », même celui de la légende des officiers généraux, ça n’a rien d’évident.

« Tu vas le faire. De toute façon, je t’ai dit que je ne te laisserai pas saccager « mon jardin » et détruire jusqu’au dernier des Krabitz comme tu en as reçu la mission. Tu vas laisser faire leur prochaine migration et celle-ci sera définitive.
Je t’envoie aide et assistance. Une flottille de vaisseaux cargos devrait convenir. »
Et elle va sortir d’où, cette flottille ? Les moyens de la Légion ne sont pas illimités et ça va demander des années et années.
« – Ne t’inquiète pas. Elle va arriver. Tu laisseras les Krabitz embarquer et ils fileront là où ils sont attendus pour te laisser place nette… Ta mission sera couronnée de succès.
– Et où donc ? » demande Edgorkloonyx, un peu angoissé. « Là où nous migrerons, ils vont bien tenter de nous poursuivre.
– Tu as raison sur leurs intentions Edgor. Mais là où vous allez, ils ne peuvent pas vous pourchasser. C’est bien trop loin pour leurs vaisseaux et ils n’ont aucune idée de la façon de faire.
– Ils pourront nous pister.
– Bien sûr, mais pas longtemps. D’une part, la route sera fermée à jamais après votre arrivée sur place et puis, va couvrir votre départ un vaisseau doté d’armes contre lequel ceux de la légion ne peuvent encore rien. »
Landditsy voudrait bien voir ça, tiens donc…
La légion est équipée des engins de destruction et de mort les plus élaborés de l’univers à base de matière et antimatière. Et, en tout cas dans l’amas local de galaxies, il n’y a rien de plus puissant.
De plus, si la majeure partie des moyens de la légion est actuellement mobilisée pour mater les rebelles de Qarassa qui piratent les lignes commerciales entre les diverses civilisations d’un coin de la galaxie pas trop éloigné, là où d’ailleurs on attend sa flottille une fois sa mission commandée par la « Haute autorité » intergalactique contre les Krabitz terminée, elle pourrait être rapidement mobilisée pour repousser n’importe quelle agression.

« – Il ne s’agit pas de ça. Il s’agit d’une technologie qui dépasse la vôtre, Amiral.
– Celle de la Garde ?
– Effectivement. Que fait-on de mieux à ton époque…
– Là encore, c’est une légende ! Une de plus.
– Si tu en es certain, qu’as-tu à redouter à tenir ta parole ?
– J’ai surtout les moyens de détecter tous mouvements suspects d’ici jusqu’à quelques 24 à 48 heures-lumières (3)
– Je te laisse avec tes certitudes. Rentre chez toi, rends compte à tes autorités et laisse venir et faire. Toi, Edgor, tiens les tiens près à un départ massif. Entendu ? »
Et que bien sûr ! Même s’il reste à convaincre les siens de laisser tomber les solutions jusque-là envisagées pour se tirer d’affaire et échapper à un génocide.
Pas certain qu’il y parvienne…
D’autant qu’il se retrouve, sitôt la suspension temporelle de « Michel » terminée, dans la même situation qu’avant son « échappée » chez « Michel », dans le bruissement général qui l’empêche dans premier temps de se faire entendre. De là à se faire comprendre…
Heureusement que les événements se précipitent à l’extérieur.

Tout comme pour l’amiral de la légion spatiale…
Lui aussi se retrouve l’instant d’après dans son poste de commandement, entouré de ses officiers là où il les avait laissés, finissant leurs mouvements entamés au moment de la « suspension » qu’il a vécu avec une troupe improbable dans un endroit encore plus improbable, les rapports de position des diverses machines déployées dans le système Boomerkar où sa flottille s’apprête à livrer une bataille facile continuant à être égrainés par un droïde de liaison.
« – Amiral ? Oh, Amiral !
– Quoi ?
– Quels sont vos ordres ?
– Mes ordres ?
– L’ordre du feu.
– L’ordre du feu ?... Euh, non… On suspend l’offensive.
– Pardon ?
– On suspend. Il va se passer un événement nouveau.
– Comment ça, amiral ?
– En attendant, prenez ceci (il tend le message remis sur un bout de chiffon par Lierreux), analysez-le moi de toute urgence et préparez immédiatement une sonde de liaison avec l’état-major ! »
L’officier d’ordonnance semble interdit.
« Exécution ! »

(1) Un parsec est égal à environ 3,2616 années-lumière. Historiquement, le parsec est défini comme la distance à laquelle une unité astronomique sous-tend un angle d’une seconde d'arc. Autrement dit, la distance à partir de laquelle on verrait la distance terre-soleil, sous un angle d’une seconde d’arc.
Mais là, comme il s’agit d’autres mesures du temps et des distances – seul ne nom est resté – la distance n’est pas la même.
(2) Sur terre, elles ont été responsables de la « grande oxygénation » de la planète peu après sa formation et elles survivent sous forme d’algues « bleues vertes » qui prolifèrent dans les océans à la faveur des changements climatiques en cours au XXIème siècle.
(3) Là encore, la référence n’est pas comparable, puisque décimale, avec celles de leur passé : seul les noms sont restés dans la mémoire collective.


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