Bienvenue !

Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…
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lundi 3 octobre 2022

Sur les traces de Charlotte (00)

00 - Sommaire
(Version 2022)
 
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
0 - Le page 4…
I-Cube (l'exilé): Sur les traces de Charlotte (flibustier20260.blogspot.com)
 
Chapitre 1er : Je reprends mon récit…
I-Cube (l'exilé): Chapitre 1er (flibustier20260.blogspot.com)
 
Chapitre 2ème : Comment débute un incendie ?
I-Cube (l'exilé): Chapitre 2ème (flibustier20260.blogspot.com)
 
Chapitre 3ème : Plus rien de sera jamais comme avant
I-Cube (l'exilé): Chapitre 3ème (flibustier20260.blogspot.com)
 
Chapitre 4ème : Mylène et le « New-Vox »…
I-Cube (l'exilé): Chapitre 4ème (flibustier20260.blogspot.com)
 
Chapitre 5ème : Florence et ses mômes…
I-Cube (l'exilé): Chapitre 5ème (flibustier20260.blogspot.com)
 
Chapitre 6ème : Les histoires de gros-sous
I-Cube (l'exilé): Chapitre 6ème (flibustier20260.blogspot.com)
 
Chapitre 7ème : La juge Trois-dom
I-Cube (l'exilé): Chapitre 7ème (flibustier20260.blogspot.com)
 
Chapitre 8ème : Nouvelle piste à suivre
I-Cube (l'exilé): Chapitre 8ème (flibustier20260.blogspot.com)
 
Chapitre 9ème : Christophe Scorff
I-Cube (l'exilé): Chapitre 9ème (flibustier20260.blogspot.com)
 
Chapitre 10ème : Charlotte Maltorne
I-Cube (l'exilé): Chapitre 10ème (flibustier20260.blogspot.com)
Chapitre 11ème : Mon père, William River…
I-Cube (l'exilé): Chapitre 11ème (flibustier20260.blogspot.com)
 
Chapitre 12ème : Précisions
I-Cube (l'exilé): Chapitre 12ème (flibustier20260.blogspot.com)
 
Chapitre 13ème : Isabelle Nivelle
I-Cube (l'exilé): Chapitre 13ème (flibustier20260.blogspot.com)
 
Chapitre 14ème : À suivre…
I-Cube (l'exilé): Chapitre 14ème (flibustier20260.blogspot.com)
 
  
Amazon.fr - Sur les traces de Charlotte: Les enquêtes de Charlotte - Flibustier20260, Dubois, Alexis - Livres

lundi 11 juillet 2022

Chapitre 14ème

Retards pour cause de décès…
 
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
À suivre…
 
« L’argent et la confiance rétablie, ça alors été très simple de remettre les gens au travail et de faire tourner rond la boutique d’Isabelle. Je devais passer à autre chose ensuite, mais je suis resté. Ce que femme veut, Dieu le veut, dit-on.
J’en ai profité pour lancer l’activité « céramique » réfractaire et faire mes prototypes hypersoniques. »
Et puis, de ce que j’en ai compris, les « minoritaires » l’ont débarqué pour reprendre ledit prototype « Nivelle 001 » et ont fini par fermer l’essentiel du site.
« Oui, mais on va le reprendre pour le faire renaître et redonner du travail dans la vallée avec le « Nivelle 003 », l’avion-orbitale pour compléter mon projet des Chagos. »
Le « double-zéro-trois » il m’en a parlé et reparlé durant mon séjour aux Îles-Chagos, à Pâques 2019, alors que la cathédral de Paris flambait. Je dois avouer que si le séjour était très agréable, je n’ai pas compris grand-chose à ce qu’on tentait de m’expliquer.
 
J’avais surtout hâte de rentrer prendre contact avec « le gardien », Flibustier20260 afin d’obtenir l’autorisation de reprendre ce qui existe déjà, de le mettre en forme, de le faire valider par tous ces personnages afin de pouvoir l’éditer, ma mission originelle…
C’est sur une idée de Paul que finalement nous optons pour la plateforme offerte par Amazon. Le « gardien » s’y était déjà essayé, mais ne maîtrisant pas vraiment les canons de l’édition et ça l’avait découragé.
Quant à la recherche d’un éditeur « indépendant » qui veuille bien prendre en charge les ouvrages de la série, I-Cube soi-même a été écœuré par son premier essai.
Là, je collectais, remettais en forme et dès que j’ai eu le feu vert, j’ai fait mettre en ligne un premier manuscrit, plus la suite inédite du volume « Alex cherche Charlotte », puis « Parcours olympiques » et enfin, avec retard, « Mains invisibles », puis le tome II en préparation et ainsi de suite.
Tout en tenant ce « journal » de mes pérégrinations et rencontres.
 
I-Cube lui-même nous a mis en retard avec le décès de sa propre mère, atteinte de la même maladie que la mère d’Isabelle Nivelle, avec les mêmes conséquences chronophages.
Question cancer, Charlotte sera opérée d’un cancer du rein, comme I-Cube et Haddock (que je n’ai pas pu rencontrer) ainsi que Flibustier, et celle dont « le nez bouge quand elle parle » est actuellement traité pour un cancer de l’œsophage qui lui fait des « nœuds » dans la gorge.
Il en ira tout autant, mais plus tard, pour Christophe Scorff, miné par son cancer des os !
Une véritable épidémie.
 
Une maladie qui s’attaque à un organe quelconque, mais fragile et indispensable, avec les propres cellules du sujet malade.
Ce n’est même pas viral, ni microbien ou accidentel, ça semble même inhérent aux organismes « en bonne santé ». Et l’organisme ne peut rien faire pour se défendre contre lui-même : les limites du miracle de la vie, en somme.
D’autant que les causes ou les raisons de déclenchement restent toujours un mystère pour la science.
Oui, certes, on sait les comportements et molécules cancérogènes, mais un fumeur peut très bien ne jamais développer de tumeur alors qu’un non-fumeur peut trépasser d’un cancer des poumons ou de la trachée.
Les seins sont également tumoraux pour être des boules de graisse et de glandes inactives, même chez les hommes, sans contamination spéciale, même si l’on sait que pour des organes plus délicats comme la thyroïde, la présence d’iode radioactive est un facteur déclenchant indéniable.
Une saloperie mondiale de maladie.
C’est ainsi que va la vie, limitée par elle-même, en quelle que sorte.
 
Une maladie qui fait souffrir, mais en général, quand ça arrive, il est déjà trop tard : l’adénome aura pris trop de place, détraquant les délicats mécanismes des autres organes proches et si celui-ci est très vascularisé, les risques de métastase sont importants.
Pour l’éviter, quand la maladie est prise à temps, j’ai cru comprendre que les traitements visent à réduire la taille des tumeurs et en tout cas, quand ce n’est pas possible, à « dessécher » le cancer, le priver de nutriment, l’empoisonner, l’irradier.
Sans ça, on coupe, on retire ce qui peut l’être, ce qui n’est pas le cas des métastases qui se répartissent un peu partout où elles peuvent s’implanter, « s’accrocher », véhiculées grâce à la circulation sanguine.
Un médecin vous expliquera ça beaucoup mieux que je ne peux le faire.
 
Pour bien faire, on devrait toutes et tous se faire dépister : or, c’est cher… et ça n’a pas toujours été techniquement possible.
Les « Pet-scans » (ou tomographes par émission de positons) ne sont disponibles que depuis les années 2000. Une technique qui repose sur le principe général de la scintigraphie et qui consiste à injecter un traceur dont on connaît le comportement et les propriétés biologiques pour obtenir une image du fonctionnement d’un organe ou la présence d’une cible moléculaire. Ce traceur est marqué par un atome radioactif (carbone, fluor, azote, oxygène…) qui émet des positons (de l’antimatière) dont l’annihilation produit deux photons.
C’est la détection en coïncidence de ces photons qui permet la localisation du lieu de leur émission et donc la concentration du traceur en chaque point de l’organe. Et c’est cette information quantitative que l’on représente sous la forme d’une image en trois dimensions faisant apparaître en couleurs les zones de forte concentration du traceur.
 
Le positon, si j’ai bien compris, c’est l’antiparticule associée à l’électron. Il possède une charge électrique de + 1 charge élémentaire (contre – 1 pour l’électron), de même spin et ayant la même masse que l’électron.
C’est lui qui scintille…
Une des retombées de la recherche nucléaire fondamentale : merci à la bombe atomique !
Et les tumeurs cancéreuses se trahissent par leur appétit vorace pour le glucose dont elles ont besoin pour assurer leur croissance.
Du coup, hors examen « à froid », quand on détecte un cancer par des signes cliniques, il alors est souvent bien trop tard.
D’où l’intérêt des campagnes de dépistage systématique.
 
Un dernier trimestre 2019 par conséquent très perturbé par des inopportunités et contrariétés nombreuses : je dois suivre mon « Charlotte » dans ses voyages quand nous devons retourner à Londres puis en Écosse, mais également dans l’Océan Indien quand le président Makarond décide de faire une visite à Mayotte et à La Réunion.
Là, c’est une des conséquences du rapport de la procureure Trois-Dom.
Mais pas seulement…
En l’occurrence, il ne se déplace pas pour rien en cette fin du mois d’octobre : il fait un détour passé inaperçu chez Paul de Bréveuil où la piste est enfin ouverte aux avions moyen-courriers.
C’est d’ailleurs un des premiers « visiteurs » à l’utiliser.
 
Une visite qui fait elle-même suite à ses entretiens de l’été avec le président russe au fort Brégançon en amont du G7 de Biarritz.
Je n’y étais pas, en ce mois d’août-là, mais il semble que Paul, renseigné par Gustave Morthe-de-l’Argentière, toujours au courant de tout dans les « sphères de sécurité » qu’il persiste à animer avec sa fille à la Cisa, ait été vilipendé par le russe.
Et réciproquement, alors qu’officiellement le séjour du russe se serait bien passé !
Car c’est tombé sur le carafon du président Makarond entre la poire et le fromage sans crier gare.
Grosse colère du français…
Qui aura répliqué avec l’épisode de l’incendie de Notre-Dame-de-Paris !
À moins que ce soit l’inverse.
Un beau méli-mélo à huis-clos.
Du coup il s’est fait « briefer » de façon plus approfondie sur les activités de Paul.
Qui l’aura alors invité à visiter ses installations dans l’océan indien…
D’où cette visite officielle dans ces départements ultra-marins.
 
Plus fort, I-Cube dont la santé semble faiblir, me fait savoir qu’il souhaite me mettre en ligne l’été prochain, renonçant à le faire lui-même alors qu’il devait initialement reprendre mes rajouts inédits de « Alex cherche Charlotte », mon premier « reportage ».
Qui par la force des choses resteront cantonnés dans la version « éditée/brochée » chez Amazon, même si j’en reprends une petite partie dans le présent opus.
Je ne sais pas si c’est une bonne idée, mais comme Paul me dit de lui laisser croire que c’est encore lui qui décide, je me mets, en plus des « histoires manquantes » issues de mes interviews, de la reprise des volumes déjà en ligne, à écrire ce texte.
Et puis, revenant sur sa parole, il me fait dire qu’il le fera lui-même !
Enfin, dans une dernière étape, il décide finalement souhaiter avoir une douzaine de posts à mettre en ligne fin février…
 
Or, dans 12 billets au « format 2.500 mots », il n’est pas possible de rapporter la même chose que dans une trentaine.
J’en fais finalement une quatorzaine…
« Ce n’est pas grave. De toute façon il faut que ce soit écrit, vous le savez bien, et édité. Vous le ferez dans l’ordre que vous voulez Alexis. Ce qui compte, c’est que je puisse les retrouver… plus tard ! »
L’ordre que je veux, tu parles Charles…
C’est encore le Flibustier20260 qui me fait faire comme ils ont décidé, lui et I-Cube.
 
À savoir que I-Cube a besoin de « faire vivre » son blog (qui pourtant perd en audience même s’il s’internationalise probablement) et souhaite « s’arrêter » quelques jours début mars 2020.
Peut-être veut-il prendre du recul.
Ou des vacances.
Ou il faut qu’il se soigne, j’ignore ce détail…
En bref, il est indisponible une bonne quinzaine à ce moment-là et aimerait quelques billets pour compléter « les trous » qu’il y aura dans ses rubriques quotidiennes sans intérêt.
Enfin, c’est mon point de vue.
D’ailleurs, il ne censurera pas cet avis-là.
 
Alors, je suis mise à contribution pour le suppléer et propose ce texte.
Un travail de dingue qui se rajoute à tout le reste, d’autant qu’il faut faire vite, vite et bien. D’un autre côté, j’ai déjà de la matière prête à usage.
Et ça me convient assez bien : j’ai déjà pu reprendre l’été dernier les premiers chapitres du volume « Alex cherche Charlotte » et j’ai su rajouter une trentaine de chapitres qui étaient originellement promis à « mise en ligne » durant l’été 2020.
En avance sur ce calendrier, le volume complet – quelques 630 pages tout de même… – j’ai su le mettre à disposition chez Amazon.
Avec un peu de chance, je réitère « ce coup-là » avec ce petit opus, nettement plus court et plus abordable à la lecture (30.500 mots seulement).
 
L’objectif que me demande d’atteindre Paul, c’est que ce soit moi qui propose au « Gardien » le prochain texte de l’été.
I-Cube n’aura plus qu’à prendre sa retraite : il a trouvé un « nègre » qu’il ne paye même pas et Paul aura sa biographie… plus tard, comme souhaité !
Voilà la raison pour laquelle ce récit s’arrête là…
Bien sûr, il a une suite qui se nommera « Dans le sillage de Charlotte » que j’ai déjà entamé en plus que de reprendre les volumes passés et de m’atteler sur « les manquants ». Un volume où il faut que je narre nos voyages successifs et surtout le développement de ce qui se passe, en ce moment, au premier semestre 2020.
C’est dense, car il s’en est passées des choses restées inconnues du grand-public.
 
Passionnant même : « mon Charlotte » n’en fait qu’à sa tête et m’aura entraînée dans des situations inattendues à bien des égards.
J’aime bien finalement…
 
Courances - Mars 2020
Alexis Dubois c/o Flibustier20260

dimanche 10 juillet 2022

Chapitre 13ème

Isabelle Nivelle
 
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Par la suite, Paul en fera un rapport à Harrison junior n° 4. Ce dernier est accompagné d’un procureur fédéral qui enquête sur de supposées malversations des autorités en matière de « fonds secrets » fédéraux : plus de 40 milliards ont disparu du Koweït à ce moment-là, en comptant la restitution par l’Irak des 8 milliards de lingots interceptés.
Chaque lingot est numéroté et on sait tout de chacun d’entre eux depuis le moment où ils sont fabriqués jusqu’au moment où ils apparaissent à la vente sur les marchés.
Même en les refondant avec une nouvelle identité, ils sont invendables, puisque sans histoire antérieure, ça les rend « suspects ».
Un billet, il y en a tellement, même s’il a un numéro unique, il est plus difficile de reconstituer sa vie, puisqu’il n’existe pas de registre de toutes les transactions auxquelles il aura participé.
Or, comme River est mentionné par Paul, ce procureur part enquêter jusqu’à Hong-Kong où il a le siège de ses intérêts dans la culture des perles, alors qu’il habite Hawaï, là où il a commencé à bâtir sa fortune, et où il vient de faire un aller et retour.
Le procureur meurt dans la baignoire de son hôtel de ce qui semble être un arrêt cardiaque.
Un peu avant, l’hôtel-restaurant « Chez Charles » en Normandie, est victime d’une équipe de saboteurs qui se retrouve confrontée à un premier tueur à gages lancé aux trousses de Paul, qui se fait tuer à l’occasion d’un repérage, Paul n’étant attendu que dans la nuit.
 
Junior n° 4 est victime à son tour et à Londres d’un second tueur.
« Un truc assez bien fait. Un complice qui sera identifiée plus tard comme la sœur jumelle du tueur, tire un missile sur les bureaux des Harrison depuis la rive opposée de la Tamise. J’ai nettement vu la trace des gaz d’échappement. L’objectif et de faire évacuer le building.
Et sur le trottoir au pied de l’immeuble, attend le véritable assassin.
Qui abat sa cible et que je course dans le métro londonien, où il se fera finalement « démonter » par la police à la station Westminster.
Plus tard, je retrouve sa sœur jumelle au pied de mon bunker qui vient déjà de lâcher plusieurs salves sur ma carcasse. Et le lien entre ces quatre attentats, ça reste River qui a embauché tout ce joli monde depuis HK pour nous liquider : il était lié de près ou de loin aux triades et la pègre locale. »
 
Et puis, il y a eu l’attentat sur l’A13.
« Franchement, au lieu de se planquer, il a cherché à effacer de toutes les mémoires les témoins directs et indirects de ses exactions criminelles.
Désolé, Alex, mais votre géniteur a basculé dans le crime quand il a volé 40 milliards de dollar aux Koweïtiens et gardé les pierres précieuses pour lui… »
Avec lesquelles il a bâti sa fortune dans le pacifique.
 
« Géniteur », c’est ça le terme. Pas papa, ni père, géniteur !
De toute façon, j’ai vécu toute ma vie sans la présence de mes parents : ni mère, ni père.
La première décédée de façon prématurée, le second n’ayant jamais existé.
C’est peut-être pour ça que je reste un peu une asociale, ayant toujours redouté la présence d’un homme à demeure dans ma vie sentimentale.
Peut-être…
« On fait quoi, maintenant ? »
Paul me rappelle ma mission.
« Premièrement, vous faites l’analyse ADN avec les échantillons que vous avez, et vous vous démerdez pour la dépouille de River. Je vous préviens, ça demande du temps, mais au bout du compte, ça va vous permettre de récupérer ses sites de cultures perlières actuellement cogérées par une de ses épouses sur place au nom des enfants de William, ceux qu’elle lui a fait, vos demi-frères et sœurs, mais vous aussi qu’elle n’a pas faite. Ça devrait vous motiver.
Deuxièmement, vous me proposez un manuscrit de ce que vous avez vécu jusque-là en ma compagnie, depuis le premier jour. Notez que I-cube en a déjà préparé un bout qui va mettre en ligne au mois d’août prochain.
Troisièmement, vous rencontrez le « gardien » de I-Cube et vous vous arrangez avec lui pour publier rapidement un résumé acceptable de l’ensemble.
Attention, je censure tout ce qui est hors sujet pour être trop personnel.
N’en faites pas trop, s’il vous plait Alexis.
Et nous aurons chacun remplit notre part du contrat. »
 
Une collaboration qui s’arrête là, ensuite ?
« Non pas du tout… Vous allez avoir du travail pour la suite, figurez-vous. »
De quoi veut-il parler ?
« Vos histoires personnelles, votre travail de recherche sur archives. I-Cube, je crois que le seul à l’avoir vu jusque-là, c’est Gustave.
Vous, vous verrez aussi son « gardien » et il sera d’accord, à trois, pour que vous publiez les « volumes manquants » dans la collection. »
C’est quoi les « manquants » de la collection ?
« Toutes les références « à paraître » que vous fera rajouter I-Cube. Pour cela, votre travail d’enquête est loin d’être terminé ! »
S’il le dit… c’est qu’il l’a déjà lu !
Il faut s’y faire.
 
Je poursuis donc mes « vagabondages » jusqu’avenue Foch, là où demeure Isabelle Nivelle, une des femmes qui aura compté dans la carrière de Paul de Bréveuil.
Une très belle dame, beaucoup de classe, dotée d’un long cou et jolies mains effilées, qui porte bien sur elle la cinquantaine dépassée, une voix posée et fluette qui vit entre un grand appartement avec terrasse sur la célèbre avenue qui descend de la Place Charles-de-Gaulle vers le bois de Boulogne, ses contre-allées et sa vaste chaussée principale. Et jusqu’à « son usine » située en Ardèche, en périphérie d’Aubenas, petite ville de province, nichée dans la vallée de l’Ardèche.
En fait, on dit « Aubenas », mais l’usine est située sur une des communes voisines, encastrée sur des terrains inondables et vides de toute habitation ou presque.
Il se trouve que j’y suis allée parce que Madame Nivelle n’est pas souvent présente à Paris à ce moment-là.
C’est six heures et demi de route (par l’autoroute du Sud), quand ça roule, c’est entre quatre heures et demi et cinq heures par le train avec une ou deux correspondances seulement selon l’heure : pas très commode, mais ça vaut le déplacement.
Non pas pour visiter une plaine envahie par les mauvaises herbes depuis que les bâtiments ont été quasiment abandonnés, vide d’activité autre que la fabrication et l’expédition des « enduits-spéciaux » de la maison Nivelle, mais parce que la « maison de maître » est une grande bâtisse accrochée sur le relief, entourée d’arbres centenaires du meilleur effet et joliment aménagée.
 
J’y découvre Isabelle et sa mère, alitée et hospitalisée « à domicile ». Elle souffre d’un cancer du pancréas qui l’empêche de vivre normalement.
Elle est affreusement maigre pour ne rien pouvoir avaler. Quand elle boit pour prendre ses médicaments, elle vomit. Pire encore avec la nourriture ou les nutriments vendus en petits bidons (et divers parfums) : à la seconde gorgée, elle fait des efforts intenses pour garder ce qui lui sert d’aliment.
Et puis souvent, elle a tellement mal au ventre qu’elle se précipite pour évacuer des selles liquides et noires, quelques goûtes seulement.
On lui a fait un drainage du foie qui s’est dérèglé sous les chimios successives et parfois elle a le teint jaunâtre.
Elle a le ventre gonflé et les jambes dans un sale état, prises dans un œdème flagrant.
Et on la voit parfois assise dans son fauteuil, le visage se crisper sous la douleur, devenir blême. Parfois ça passe en quelques minutes, parfois elle va s’allonger armée de couvertures chauffantes.
 
Et les infirmières et aides-soignantes se succèdent à son chevet, pour les soins, pour la toilette quand les ambulanciers ne l’emmènent pas sur une civière jusqu’à l’hôpital le plus proche pour une séance de chimio ou une intervention d’urgence, parce qu’elle fait aussi des accès de fièvre : pas vraiment en bon état, la dame.
Les kinésithérapeutes passent une fois par jour pour la masser, les jambes, le dos, le ventre et une pédicure lui fait des soins une fois par semaine : le seul moment où elle sourit de plaisir !
Manifestement un délice de se faire limer les ongles des pieds…
Un enfer qui lui gâche ses derniers jours qu’elle sait proches, et met en émoi sa fille unique.
Isabelle qui ne l’intègre pas encore.
 
Madame Mère est née Tolignac, une famille de la région. Elle a épousé un Nivelle, Georges, une autre famille de la région. Mais contrairement à ce que je croyais – et que tout le monde croit encore – ce Nivelle-là n’a rien à voir avec la famille du général chargé de la défense de Verdun avant d’avoir été relevé de ses fonctions pour être remplacé par Philippe Pétain à ce poste.
Les Nivelle s’appelaient « Nivellac ». L’arrière-grand père a fait fortune en fournissant « des quarts, des gamelles et des bidons » et quelques « roulottes » à tambouille pour la troupe de Napoléon III.
Avant, c’était une famille qui faisait dans la culture du mûrier à soie.
Et c’est justement à l’occasion de la « grande-guerre » que le grand-père, blessé au front, s’est reconverti dans la fabrication de munitions de tous calibres pour l’armée française. Pour avoir quelques marchés, il a « transformé » son nom en Nivelle. Et c’est resté.
La mère d’Isabelle, quand elle ne dort pas, elle souffre, mais elle est extrêmement bavarde… se remémorant ses souvenirs de jeunesse et ceux de sa famille, des fonctionnaires de province.
 
Je l’aurai accompagnée, un peu, pour formaliser tout ça : pour résumé, elle a eu trois vies. Celle de son enfance, angoissée par les annonces du front. Son mariage avec Georges et sa fille unique, son grand-bonheur. Puis son long veuvage à épauler sa fille unique dans la gestion des affaires de famille.
Et désormais son lit de souffrances, la quatrième vie inattendue qui se terminera sous l’effet de la morphine ou des antalgiques associés, codéine et Tramadol, de puissants antalgiques qui détruisent son organisme, affaiblissent les fonctions cardiaques, rénales et hépatiques, la rendent amorphe et provoquent des cauchemars où « d’horribles monstres » l’assaillent durant ses nuits. Des épisodes où d’épouvantables Gorgones hideuses l’assaillent sans répit.
Une dernière fois, elle sera hospitalisée en « maison palliative », où elle finira inconsciente en une poignée de jours, sous l’effet d’une dose de Pentobarbital, ce qu’elle souhaitait, convaincue qu’elle en avait assez expié, assez souffert comme ça, sans espoir de rémission durable.
 
C’est un barbiturique, il peut être utilisé dans l’anesthésie ou comme somnifère.
En principe, le protocole demande à recueillir « le consentement » du patient : on administre par voie orale ou intraveineuse un barbiturique quelconque, qui va permettre d’anesthésier le patient, du Pentobarbitural de sodium ou du Thiopental sodique, par exemple.
Cette étape va permettre au patient en fin de vie de basculer dans l’inconscience.
Il déprime le système nerveux central (mise en veille du cerveau) entraîne une hypotonie musculaire (ralentissement des mouvements) et provoque une dépression respiratoire (ralentissement des mouvements respiratoires).
Cette injection, peut elle-même, conduire à la mort du patient.
 
Néanmoins, si tel n’est pas le cas on procède à l’administration (par injection en général) d’un paralysant neuro-musculaire tel que le bromure de pancuronium. Il est destiné à paralyser les muscles.
Enfin, la troisième et dernière injection possible (mais elle est toutefois proscrite), est une technique bien connue utilisée pour la mise à mort des condamnés aux États-Unis, qui consiste à injecter du chlorure de potassium, provoquant ainsi un arrêt cardiaque.
Toutefois, c’est une technique proscrite pour les euthanasies actives, puisque douloureuse.
Elle n’aura pas été jusque-là et est partie en pleine nuit, désormais apaisée… pour l’éternité.
Après tout, c’est ce qu’elle souhaitait, n’en pouvant plus supporter d’être torturée par son crabe inopérable.
 
Isabelle également a eu trois vies. Jusque-là.
Une enfance insouciante entourée de nurses et gouvernantes à Paris, des vacances passées auprès de son père beaucoup plus âgé en Ardèche, « mort prématurément d’un rhume à l’âge avancé d’un nonagénaire »… mais à Paris.
Adolescente, elle hérite de l’usine de poudre : un bon parti pour la région, d’autant qu’elle ne voyait vraiment pas comme ça son avenir. Mais elle a fait face bien entourée par les équipes de son père et conseillée par sa mère et elle se marie une première fois avec un « fils à papa » de la capitale rencontrée dans un « bal de promotion » à Versailles.
Ils mettent au monde Sophie, leur fille, avant de divorcer « à l’amiable » pour « incompatibilité (durable) d’humeur ».
C’est sur le tard qu’elle s’est remariée avec un bel ingénieur chimiste, célibataire, embauché quelques mois seulement auparavant à l’usine.
« J’ai succombé. Il avait un culot monstre… Je me suis laissée faire ! »
Hélas, celui-ci préférait également la vie parisienne des dandys argentés de province à celle qui s’ouvrait à lui sur les bords de l’Ardèche…
 
« Paul m’a été présenté par un de nos actionnaires minoritaires. Présenté… pas vraiment ! Imposé, plutôt. Il faut dire qu’à ce moment-là, l’usine ne fonctionnait pas très bien faute d’un patron à poigne et j’ai été obligée de mettre en place plusieurs plans sociaux que je souhaitais être les plus légers possibles, usant des mises en pré-retraite au lieu de faire des licenciements secs. De toute façon, à l’époque, au-delà de 10 d’un coup, on se prenait les inspecteurs du travail sur le dos… »
Or, l’usine a connu plusieurs accidents : rien n’était vraiment aux normes. Une inspection des services aurait été une catastrophe…
« Paul y a remis bon ordre avec des financements surprises de la part de nos minoritaires et a lancé l’activité « missile ». Ça consistait en des mélanges de poudres « non explosives ». Un vrai bol d’air qu’avait toujours refusé de faire mon père.
D’ailleurs, la vraie mission de Paul, c’était de démasquer une taupe dans nos murs.
J’étais en première ligne et étais soupçonnée sans que je ne m’en doute : les dossiers techniques des appels d’offre du ministère des armées « fuitaient » jusqu’en Israël. Une filière d’espionnage qui passait par la Suisse. »
Ou l’Espagne elle ne se souvient plus très bien : les pages noires de son histoire.
En réalité, c’était son nouveau mari qui vendait des copies de ces dossiers pour se faire un peu de menue-monnaie à vivre avenue Foch et financer ainsi ses « extras » campant dans les contre-allées et sa dope.
Charmant…
 
« Le jour où il devait se faire arrêter par les gendarmes, il y a eu une course-poursuite, il a perdu le contrôle de sa voiture et a plongé dans les gorges de l’Ardèche. J’ai repris mon nom de jeune-fille et j’ai fait des pieds et des mains pour garder Paul.
C’était un choix judicieux… »
Paul en dira qu’en réalité, il s’est fait embaucher par une filiale du groupe EADS alors en constitution pour booster l’usine et démultiplier les productions : « on cherchait à doper les fournisseurs dans les états-majors de la grande boutique. »
À l’époque, il venait de créer « CAP Investigations » avec Charlotte et Aurélie et ils cherchaient des missions.
« On s’est fait remarquer avec quelques enquêtes difficiles sur lesquelles pataugeaient un peu la police judiciaire. »
Et puis c’était un officier de la marine, habilité-défense.
J’en avais entendu parler lors de mes entretiens avec Scorff.
« Là, c’était l’alibi rêvé : le contre-espionnage cherchait la source des fuites sur des dossiers confidentiels. Il y avait plusieurs pistes possibles et j’ai été « détaché » sur le site perdu au fond de l’Ardèche, là où personne ne voulait aller.
Je n’ai pas été long à comprendre que ça ne pouvait pas venir d’Isabelle ni des quelques ingénieurs de son équipe. Le seul qui vivait nettement au-dessus de ses moyens officiels, c’était bien son mari. Il a suffi de le piéger… »
Je n’ai su comment que par la suite, mais j’en ferai un petit volume « d’inédit », parmi les « manquants ».

samedi 9 juillet 2022

Chapitre 12ème

Précisions
 
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Est-ce que Gérard et River se connaissaient ?
« Oui, a n’en pas douter. Dès que notre Gérard est arrivé, votre mère lui a fait visiter la ville et les environs et l’a emmené à l’ambassade pour se signaler. Mais déjà il avait été guidé jusqu’à nos locaux par l’américain. En tout cas, c’est ce qu’il nous affirmé.
Et puis ils sont allés dîner ou déjeuner avec le Général Ali, le fils d’un frère de l’Émir.
Tous les deux ont d’ailleurs disparu dans les jours qui ont suivi, l’un mort durant la bataille du palais et l’autre, le fils de l’ambassadeur à Doha, retrouvé exécuté à une frontière dans l’Est de l’Arabie Saoudite. Bahreïn je crois, ou le Qatar. Je ne me souviens plus.
À mon sens, l’américain faisait aussi « entremetteur » pour entretenir ses bons rapports avec les autorités koweïtiennes, ce qui lui permettait d’avoir des coupe-files pour approcher la famille de l’Émir, se déplacer sans contrainte et faire ses photos pour son journal, le Washington Post. »
 
Oui, des rapports protégés « et puis, ce jour-là votre mère était en retard dans ses règles. Elle me l’avait indiquée au déjeuner. Je n’imaginais pas qu’elle puisse être enceinte de vous, parce qu’avec ce climat infernal, on pouvait être déréglées facilement et fréquemment. »
Ce pouvait-il que son père puisse être une tierce personne ?
« Sans vouloir vous vexer, votre mère était affreusement défigurée avec son bec de lièvre qui la faisait en plus affreusement zozoter. Elle ne me disait pas tout et j’étais sur place depuis moins de temps qu’elle. Mais ce n’était sûrement pas les foules des grandes occasions qui se bousculait auprès d’elle… »
Elle en souffrait, d’ailleurs.
 
Par conséquent il me faut chercher autour de ce William River.
Je reconnais qu’à un moment, j’avais espéré que ce Gérard Dupont, alias Paul de Bréveuil, ait pu mettre enceinte ma mère : j’aurai compris qu’il ne voulait pas coucher avec sa fille, puisqu’il savait depuis le début de notre collaboration qui est mon père.
En tout cas, c’est ce qu’il affirme.
Et puis ça expliquait aussi qu’un père puisse faire irruption dans la vie bien rangée de sa progéniture pour l’entrainer dans une rocambolesque aventure, que dis-je, plusieurs aventures : les russes et le moine-croisé dans la même semaine !
C’est quand même une paternité plus sympathique qu’un simple photographe de presse, plus ou moins baroudeur.
 
Je demande donc à Charlotte, la vraie, celle dont le nez bouge de haut en bas quand elle parle, de me faire un petit topo sur cet américain, si le logiciel de la Cisa le lui permet.
Ce qu’elle ne fait pas.
Je ne sais pas si c’est parce qu’elle est en mauvais termes avec la boîte ou si elle est trop préoccupée de l’état de santé d’Aurélie qui ne s’améliore pas.
Je cogne donc à la porte du bureau de Gustave Morthe-de-l’Argentière qui me reçoit gentiment, comme de coutume.
« Paul m’avait dit que vous viendriez quémander de vous raconter ce que je sais de lui… »
Oui, certes, mais là pas du tout : ce qui m’intéresse, c’est l’autre, William River.
« Eh bien, je dois vous dire que je commandais l’escadre française au large de l’Afghanistan dans les opérations anti-Al-Qaïda quand j’ai reçu à mon bord une poignée de jeunes officiers pilotes qu’il s’agissait d’aguerrir… »
Oui, très bien amiral : « Mais là, je suis venue vous réclamer une faveur… »
Et laquelle donc ?
 
« J’aurai aimé savoir si votre logiciel a quelque chose sur un dénommé William River, un photographe de presse américain des années 90 ! »
Qu’avais-je fait comme boulette ?
Il a bondi de son fauteuil ouvrant toute grande sa bouche comme pour hurler « Quoi ! »…
Et puis, sans rien dire, il se rassied baisse le regard et s’exprime normalement : « Cette ordure ! Mais bien sûr que nous avons un dossier sur lui, chargé, même !
Demandez donc aux filles de vous en dire plus. »
Qu’est-ce que ça voulait dire, cette réaction ?
« Non, j’ai cru qu’il était revenu… »
Revenu ?
« Mais ce n’est pas possible qu’il vous ait croisée, puisqu’il est mort et enterré. Mais il « revient » dans notre orbite tout de même, d’où ma surprise. Demandez donc aussi au groupe des garçons, HLM, de vous en dire plus. Ce sont eux qui ont accompagné Paul à leur dernière entrevue avec ce voyou criminel. »
Criminel ?
Voyou ?
Qu’est-ce qu’il voulait dire, « le vieux » ?
 
Les filles du groupe ADN racontent comment elles parviennent à le localiser en Haute-Savoie.
« Dimitri était déjà en train de tester notre logiciel avec la notion de « zombie ». Des personnes qui passent sous l’objectif d’une caméra de surveillance publique, qui ne laissent pas de trace électronique et n’ont aucun profil dans la base de données de BBR. »
J’avais précédemment compris ce « détail ».
« Ça arrive plusieurs fois par jour.
C’était suite au dernier attentat contre le patron, celui sur l’autoroute A 13 en Normandie.
Le boss avait descendu un agresseur qui venait de l’envoyer à l’hôpital et qui rétrospectivement était un « Z ».
L’agresseur, quand on a réussi à l’identifier, s’était révélé être en fait un « fiché » recherché un peu partout à travers le monde comme étant un dangereux tueur à gages.
Je ne sais plus comment on a fait » précise Anaïs, « mais on passait notre temps à l’époque à identifier tous les « Z » qui résistaient à la machine pour compléter la base de données de la « sphère de sécurité ». C’est comme ça qu’on est tombé sur ce citoyen américain qui faisait des déplacements en Suisse et à Anvers chez les diamantaires depuis la Haute-Savoie. »
Elles croient savoir que le « big-boss », l’actionnaire, le connaissait déjà.
En revanche, pour la suite, il faut demander à ce dernier ou au groupe des garçons, les « HLM ».
Ce que j’ai fait.
 
Eux se souviennent d’avoir été jusque sur les bords du Lac Léman pour « couvrir » le patron.
Celui-ci a eu une discussion avec « la cible » au bar du casino local et puis ils sont allés ensemble chez lui pour le menacer de torture.
« J’avoue que nous n’en menions pas très large : on n’a pas été embauchés pour torturer des inconnus, même ceux que le patron tutoie.
Tout ce qu’on sait, c’est que nous n’avons pas eu à le faire. Car le type a rapidement lâché ce que cherchait le « Boss » et nous l’avons laissé entravé, bâillonné et bien en vie quand nous sommes partis, non sans avoir mis à sac son logement qui a été fouillé de fond en comble. »
Ce qu’ils savent aussi, c’est ce qu’ils ont fait ensuite.
« Nous avons escorté le « Boss » jusqu’en Suisse le lendemain, dans une banque. Le chef est descendu à la salle des coffres, et remonté assez vite et nous sommes allés au consulat koweïtien voisin remettre un coffret qu’il venait d’extraire dudit coffre de notre « cible ».
Je me souviens que les fonctionnaires n’en revenaient pas : des milliers et des milliers de diamants de toutes les calibres et toutes tailles… Il y en avait plusieurs litres ! »
Pour savoir d’où venait cette fortune, il faut demander au « Boss ».
 
Et alors, il n’y a pas eu d’enquête ? Le bonhomme est mort chez lui, tout de même !
« Si, probablement puisqu’il est mort entravé dans la nuit. Mais je pense qu’ils ont cru à un cambriolage. Et puis l’autopsie a conclu à un décès par AVC puisqu’il n’avait aucune blessure létale ni même le moindre gnon. Il faut dire que le gars avait particulièrement bien bu et qu’il était sous traitement pour son hypertension.
Ça ne fait pas bon ménage, ces choses-là. »
Bref, ils auront quand même tué mon père sans le vouloir.
Paul de Bréveuil sera plus précis.
 
« Premier point, je vous donne la preuve que ce n’est pas moi qui suis votre père, comme vous l’aviez pensé jusque-là, Alexis. Vous ferez une comparaison de test ADN. »
Sur ce, il me donne deux tubes stériles dans lesquels se trouve un petit bâtonnet avec un embout entouré de coton.
Il ouvre le premier, sort la tige et imprègne le bout en coton de sa salive en faisant le tour de ses gencives durant une dizaine de secondes avant de remettre le tout dans le tube qu’il referme et me remet.
« Vous ferez la même chose avec l’autre tube et vous demanderez à Gustave de faire faire un test ADN. »
Il connaissait déjà le résultat…
 
Ce n’était pas une question, mais une affirmation. Il répond tout de même : « Bien sûr. Pour la suite, vous demanderez à Gustave d’ouvrir une enquête de recherche de paternité, la seule procédure qui permettra à un juge de faire extraire la dépouille de William River pour des prélèvements.
Et vous saurez de façon définitive. »
Quel intérêt, si c’est déjà « marqué comme ça » ?
« Parce que justement, c’est marqué « comme ça » lorsque je l’ai lu… dans bien des années. »
Toujours ces histoires de « boucles temporelles »…
 
Ceci dit, ce qui m’importe sur le moment c’est de savoir comment tout cela est arrivé.
« Oh c’est très simple : encore une histoire de « boucles du temps ».
Je suis en Californie pour faire opérer Florence. Nous sommes reçus comme des amis de longue-date par les Harrison Junior, n° 4 et n° 5.
Le junior cinquième du nom s’occupera des parties charnues de la mère de mes gamins quand j’aurai le dos tourné et numéro 4 me fait inviter à une soirée de gala organisé par les Gates.
Moi, à cette époque-là, je veux déjà rencontrer Bill Gates pour lui parler de mes céramiques et de mon tour du monde sans escale en vol extra-atmosphérique que je viens de réaliser avec le prototype « Nivelle 002 » monté en Chine.
Mais ça ne va pas se passer comme ça. »
Paul raconte alors que celle qui assure la « partie musicale » de la soirée est sa première et unique épouse, Emily Lison, un ancien agent dormant du NSA et qu’il se fait alpaguer par River en le nommant « Gérard Dupont ».
 
« Moi, Dupont, à ce moment-là, je ne connais pas. Lui si et depuis 20 ans. On suppose que se sentant en danger d’être découvert, il est allé chercher jusqu’à Washington un soutien auprès de son administration de référence, ce qu’il n’aurait pas obtenu.
Pendant ce temps-là, je fais mon second saut dans le passé avec mission d’aller au Koweït pour dénouer tout ça.
C’est là-bas que je rencontre votre mère et votre père, que je reconnais dans les rues, alors que lui ne met connaissait pas encore.
Et j’assiste aux premières heures de l’invasion Irakienne.
Là, stupeur : je suis aux premières loges quand le frère de l’Émir organise l’évacuation du Trésor gardé au palais. Un camion de lingots est intercepté et River conduit une semi-remorque de palettes de billets de banque américains, alors que je tente de le rattraper avec la teuf-teuf de l’antenne de l’AFP, avec seulement une palette entière contenant environ un milliard de dollars en billet de 100. »
 
« Lui se débarrasse du Frère de l’Émir, un crime qui sera attribué aux irakiens durant la bagarre qui fait rage autour du palais et il file vers le sud.
Moi, j’embarque le général Ali, le fils de l’ambassadeur de l’émirat à Doha, et on rattrape William à la frontière d’avec Amana. Il tue le général Ali et reprend sa fuite non sans m’avoir tiré dessus. J’essaye de l’arrêter, mais ce n’est pas avec un malheureux 11,43 qu’on crève les pneus de la remorque et du coup je file à Doha où je remets mon chargement à l’ambassade.
Et je rentre pour me retrouver cocu… »
Je ne comprends rien à toute cette histoire, mais ça correspond à peu près à ce que j’ai lu sur le bog d’I-Cube.
Comme quoi, celui-là, pour toutes les raisons que l’on sait, ne raconte pas que des carabistouilles.