J’ai dû le rêver !
Un, parce que, en admettant sous réserve d’inventaire,
que « Jupiter » n’en aurait pas créé sui generis, les taux de ceux existants ont su augmenter.
Ce sont ses prédécesseurs qui les ont créés.
L’objectif affiché – mais je l’ai peut-être également
rêvé – c’était de réduire la part des prélèvements obligatoires dans le PIB
national.
En fait, elle augmente, moins rapidement que
précédemment peut-être, mais ça va s’accélérer d’autant mieux que le
dénominateur (le PIB) n’augmente pas aussi vite qu’anticipé et qu’aucun effort
de réduction des dépenses n’a vraiment été entrepris : Aucune mesure « structurelle »
depuis mai 2017.
Au contraire, on vous annonce à coup de roulements de tambour
le franchissement du cap des 1.000 milliards de prélèvements obligatoires, sans
pour autant réduire le poids de la dette publique (qui modère son ascension) :
Un vrai coup de bambou sur le rachis !
Deux, parce que si « Jupiter » n’en invente
pas, il est prévu de laisser d’autres le faire à sa place : Je m’en lave
les mains, mais vous serez autorisés à réinventer les « barrières d’octroi »
à l’entrée de vos villes…
Hein, elle n’est pas mal, celle-là, question foutage-de-gueule,
n’est-ce pas !
Il s’agit d’instaurer des péages urbains aux portes
des grandes-villes.
J’adore l’idée…
Rouler en bagnole polluante – il paraît que vous payez
désormais plus cher votre gasoil que votre octane-indice-95, que d’ailleurs, ça
pollue plus, parce que ça consomme plus – en centre-ville, vous êtes des
assassins totalement inconscients : Faut rouler en bus… diesel bien dégueulasse !
Alors, vous êtes rackettés en stationnement (les
places de surface se faisant plus rares et plus coûtatives, soit vous êtes dans
l’obligation de fréquenter les parkings souterrains anxiogènes et hors de prix,
soit vous faites des ronds sur la chaussée en attendant que votre moitié prenne
ses achats, ce qui pollue), mais en plus, outre les taxes (assurances,
prélèvements sur les carburants, huiles et pneumatiques, carte-grise vignette-Crit’air
et TVA sur l’ensemble), vous allez payer un péage…
Magnifique !
Rappelez-vous tout de même qu’en 1789, ça existait à
peu-près partout – la dernière barrière d’Octroi ayant été démontée dans les
années 30 – que ça vous en a fait une révolution.
Une grosse sur la fin.
Depuis, l’État-impotent les aura réinventés sur les
seules autoroutes – une manne inespérée pour financer via des concessions
perpétuellement renouvelées – un réseau routier « moderne » et même « Tagada-à-la-fraise-des-bois »
aura trouvé géniale l’idée de « Bling-Bling » d’imposer des « portiques-à-poids-lourds »
sur tout le réseau national et secondaire.
Une petite-affaire de 800 millions d’euros qui n’aura
créé aucun des emplois promis et pas le moindre centime de recette parafiscale
pour cause de « réserve » des bonnets rouges !
Les deux « rigolos » auront terminé dans les
oubliettes de l’Histoire…
Alors de remettre ça en « délégant » le
problème, je trouve l’initiative assez époustouflante.
Surtout que l’idée affichée c’est de réduire le trafic
automobile et donc la pollution. Le beau prétexte perpétuellement renouvelé.
Hein, le kérosène cramé par les avions en haute
altitude, tout le monde s’en fout pour l’avenir de la belle « planète-bleue »,
en attendant…
Mais vous, on vous prend à la gorge et au portemonnaie,
une fois de plus
T’iras à pied mon gars (parce que le vélo, il y aura
bientôt une taxe dessus et une obligation d’immatriculation) et on finira de
mettre les villes à la campagne quand les camions qui t’apportent à becqueter jusqu’à
ton magasin de proximité déchargeront sur les périphéries…
À part ça, si les commerçants ferment leurs échoppes,
si tu ne payes plus pour ta bagnole ou ton pass-métro-bus, tu es prié de crever
la bouche ouverte ou de déménager : On tue la ville, les villes, et avec leurs
financements, et ils vont pouvoir nationaliser les fonciers libérés pour y
installer les miséreux du monde entier qui n’ont pas une tune et seront bien en
peine de bosser un peu en « centre-ville ».
J’adore la perspective autistique.
Donc faux-kul au possible et se rappelant le désastre
de l’expérience des portiques « écotaxe », suffisamment amère pour
avoir marqué les esprits des « sachants-trisomiques », l’exécutif ne
compte pas renouveler l’expérience. En tout cas pas dans sa version d’antan.
Cette fois-ci, les mesures pourraient être encore plus drastiques : Il s’agira
de lutter contre la pollution au sein des agglomérations, et même les véhicules
légers seraient concernés. Car ce ne sera pas l’État-central qui décidera de la
mise en place de ces restrictions, mais les communes (ou les communautés des
communes) elles-mêmes. L’État ne fera qu’autoriser la mise en place de tels
péages urbains.
Pas idiot…
Et ça reste avancé : L’avant-projet de loi est
actuellement examiné par le Conseil d’État, avant son passage en conseil des
ministres en novembre 2018.
Le montant de ce droit de péage sera « déterminé de manière forfaitaire pour chaque
entrée dans la zone soumise au tarif ». Il ne devrait pas dépasser 2,50
euros pour les véhicules légers dans les communes de 100.000 habitants. Dans
les « très grandes villes » (plus de
500.000 habitants), il devrait être plafonné à 5 euros (contre plus de 20 euros
à Londres… nettement plus dissuasif).
Des exonérations pourraient (pourraient seulement :
conditionnel) être faites pour les personnes qui prennent leur voiture pour se
rendre au travail, et les véhicules de secours et autres véhicules « d’intérêt général » ne seront
naturellement pas redevables de ces droits de péage, vous précise-t-on, sans vous préciser que tous les meks qui payent déjà leurs impôts locaux sur place et leurs tickets de stationnement passeront à la casserole : Hein des fois qu’on puisse imaginer de leur rendre l’usage leur ville à eux !
On espère ainsi vous garder en vie le plus longtemps
possible pour mieux vous plumer.
En revanche, une fois à l’hôpital, bé les visites de
vos proches qui remontent le moral, hein…
Et à ceux qui redoutent les files d’attente à l’entrée
des villes, les auteurs de l’avant-projet de loi répondent qu’une solution
technologique permettra de régler ces droits à l’avance.
C’est un peu comme de généraliser la redevance-télé
même à ceux qui n’en possèdent pas !
Il faut reconnaître que pour certains, dans la boîte à
outils de la lutte contre la congestion et la pollution urbaines, le péage paraît
l’outil le plus efficace.
C’est très drôle quand on vous cause d’accroître la « mobilité »
des citoyens qui se reposent un peu trop sur leurs racines locales…
Mais il y aurait trop de voitures dans les centres
urbains, trop de bouchons, la faute des industriels de la bagnole et des
entreprises du BTP mobilisées pour goudronner la campagne et ses environs
urbains au lieu de bâtir des HLM.
Cette saturation aurait deux effets catastrophiques
pour vos « sachants » (qui savent tout de votre bonheur malgré vous) : Elle
engendre une pollution qui tue des milliers de femmes et d’hommes par an,
chacun en a bien conscience. Et elle fait perdre des millions d’heures à tous
ceux qui sont prisonniers de longues heures des voitures, des camionnettes, des
bus (quand ils ont besoin d’œuvrer à l’enrichissement national) !
La cata, quoi : Pollution et congestion sont
devenues les deux fléaux de la mobilité urbaine, c’est bien connu.
L’augmentation des voies de circulation, pratiquée
jusque dans les années 1980, a attiré encore plus de voitures. Pourtant, leur
diminution, appliquée avec zèle dans une ville comme « Paris-sur-la-plage »
avec ses couloirs dédiés aux vélos et au bus, n’a pas du tout accru la
congestion avec des effets discutables sur la pollution, vous vous en doutez
bien : L’interdiction des voitures les plus polluantes est pourtant peu
efficace et totalement socialement injuste : Les propriétaires de ces
véhicules anciens sont logiquement les moins aisés. Et une voiture électrique
prend autant de place qu’une voiture diesel, mais c’est beaucoup plus cher
malgré les « bonus-écololo » accrochés à leur plaque d’immatriculation
(qu’il faut bien payer avec des surtaxes prélevées par ailleurs).
D’autres formes d'interdiction, fondées par exemple
sur les plaques d’immatriculation (les numéros pairs autorisés à circuler
seulement les jours pairs) sont relativement peu efficaces et largement
contournées : Il suffit d’avoir deux voitures, ce qui est bon pour
soutenir les OS de chez Renault ou de Peugeot/PSA !
Par ailleurs, comme le montrent les quelques exemples
étrangers, le péage est l’instrument présenté comme le plus performant pour lutter à la fois
contre la congestion et la pollution.
Singapour a ouvert la voie en 1975 : Je ne sais
pas, je n’y suis pas allé, mais il ne me semble pas qu’on y meure moins qu’en
Europe…
Bien d’autres villes ont suivi, dans des pays du sud
de l’Europe (Milan : Là je sais, pour y avoir été à plusieurs reprises du
temps où j’étais « Rital ». Un vrai boxon… à la ritale, alors qu’à
Rome, ça circule plutôt bien… sauf dans leur métro !) comme du nord
(Londres : Je sais, j’y suis. Mais un peu sur le tard, je n’ai pas de
moyen de comparaison, sauf à constater que la circulation reste « intense »
autour de Westminster, bien bloquée plusieurs heures par jour et la pollution est en croissance de 30 %, nous dit-on, que le maire envisage le tout-électrique en 2025 ! En signalant que pour Londres, le périmètre du péage correspond seulement au centre-du-centre, à savoir le périmètres des gares ferroviaires du pays. Globalement pour Paris-sur-la-plage, du Nord au Sud, Gare du Nord/Gare Montparnasse-Denfert-Rochereau et Ouest/Est, place de la Concorde/Place de la Bastille : Rien à voir avec votre projet de loi ! Et pour Londres, du coup, le
tissu économique de l’hyper-centre est aux mains des « pak-pak » qui
tiennent de toutes petites surfaces de souvenirs, hors Piccadilly qui reste
avoir des « boutiques de luxe » encore un peu imposantes : L’avenir
de vos villes ! Quoique, même les agences bancaires ferment…), dans des
pays de tradition libérale et d’autres de tradition plus sociale-démocrate.
Stockholm a prouvé de son côté l’utilité d’un système
moins coûteux sur une aire plus vaste…
Là non plus, je ne sais ce qu’il en est, sauf qu’ils
ont une autre approche du « vivre ensemble ».
La création du « bidule » serait en fait du
ressort de « l’autorité organisatrice de mobilité » (AO), c’est-à-dire
le plus souvent des villes ou des communautés de communes. En Ile-de-France en
revanche, cette compétence appartient à la Région. Et c’est l’AO qui toucherait
les recettes de ce nouveau « péage ».
Pour financer des projets alternatifs.
Parigots, vous n’y couperez pas : Le « Das
Groβ-Paris » n’est pas financé et il y a urgence pour faire face aux JO de
2024…
(JO, JO Paralympique, JO LGBT, naturellement…)
Le taux ? Au plus égal à 2,50 euros vous a-t-on
précisé.
Pour les véhicules légers. Mais pour tous les autres
véhicules, le tarif peut être jusqu'à quatre fois plus élevé !
De toute façon, ces montants pourraient être
multipliés par 2 « dans des unités
urbaines de plus de 500.000 habitants ». Soit un maximum de 5 euros pour
une voiture et 20 euros pour un camion dans des villes comme Paris, Lyon ou
encore Marseille.
Le texte prévoirait toutefois la possibilité d’instaurer
des tarifs réduits, voire la gratuité avons-nous déjà dit sans que l’on sache
si le texte inclut les taxis et les VTC…
Et comme ailleurs, pour éviter les bouchons des péages
autoroutiers vous devrez acquitter ces tarifs mais sans avoir à faire la queue
devant des barrières de péages installées pour l'occasion : L’avant-projet de
loi prévoit la mise en place d'un « téléservice », permettant aux usagers de
payer à l’avance (même quand il ne se déplace pas), en incluant des forfaits à
la journée ou sur une durée plus longue.
Que vous rouliez ou non donc, comme votre pass Navigo…
J’admire, j’admire !
La ségrégation sociale des « queues-de-cordée »,
franchement, j’adore le concept.
Un peu comme la vignette « éco » : Tu
es « premier de cordée », tu t’achètes un « droit à polluer »
en payant un gros cube et son malus.
Au moins, le « sans-dents », il dégage de
ton chemin !
Que tu sois riche ou pôvre, la « justice-sociale »
est la même pour tous, n’est-ce pas ?
Ceci dit, comme la décision finale sera du ressort des
collectivités locales, il reviendra donc à ces dernières d’affronter la colère
de leurs administrés…
Et à ce stade, aucune ne s’est volontaire pour en
cueillir les éventuels lauriers !
C’est quand même curieux : Seule Lille travaille
sur un péage inversé, pour récompenser les automobilistes circulant hors heures
de pointe.
Astucieux, n’est-ce pas : Les chauffeurs-livreurs
des magasins à becquetance peuvent rouler sans surcoût (que de toute façon vous
retrouverez jusque dans votre assiette) aux heures creuses matinales ou
nocturnes.
Pas kon…
Mais la perspective d’une nouvelle recette au mauvais
motif de la lutte contre la pollution pourraient être la plus forte et inciter certains élus à se
lancer…
Ils vous veulent du bien, puisque c’est vous qui les
élisez !
Tant pis s’ils vous font cocus à chaque occasion, n’est-ce
pas : Leur renouvellement sera de dans longtemps. D’ici-là, vous aurez
oublié, une fois de plus…
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