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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

dimanche 10 mai 2015

Au nom du père (Chapitre XX ; Tome I)

Les histoires de famille… 
 
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 
 
Ça commence, dès le lendemain en Conseil des ministres… L’heure y est grave. 
À l’ordre du jour, on doit juste adopter par ordonnances le nouveau régime des conservateurs des hypothèques, réforme, qui répond aux préconisations de la Cour des comptes, met fin à un régime ancien, se caractérisant par une responsabilité civile personnelle et un mode de rémunération dérogatoire au droit commun de la fonction publique. 
Un décret sur la police d’agglomération à Paris, qui signe le retour de la police de proximité en Île-de-France, présenté comme l’achèvement de la mise en place, à Paris et dans les départements de la petite couronne, de la police d’agglomération, qui repose sur une organisation intégrée de la police sous le commandement unique du préfet de police. 
 
Le conseil des ministres examine également les projets de loi autorisant l’approbation de l’accord sous forme d’échange de lettres entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement d’Antigua-et-Barbuda relatif à l’échange de renseignements en matière fiscale, le Gouvernement de Saint-Christophe-et-Niévès, le Gouvernement de Sainte-Lucie, le Gouvernement de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le Gouvernement de la République orientale de l’Uruguay et celui d’avec Gouvernement de la République du Vanuatu. 
Les paradis fiscaux ont la vie dure, mais tout cela fait suite aux accords du sommet du G20 du 2 avril 2009 et de sa suite tenue à Busan, en Corée tout récemment, les 4 et 5 juin 2010. 
On cause aussi de l’accompagnement des enfants handicapés à l’école, des progrès de la politique européenne de l’immigration et de l’asile, dans le prolongement de l’adoption, le 16 octobre 2008, sous présidence française de l’Union européenne, du Pacte européen sur l’immigration et l’asile. 

Il est question également de nominations : M. Philippe Paplantoni devient grand-croix de la Légion d’honneur et le général d’armée Jean-Louis Georgelin grand chancelier de la Légion d’honneur. Jean-Jacques Bosc, est parachuté procureur général près la cour d’appel de Fort-de-France. 
Xavier Darcos, ancien ministre, est nommé ambassadeur, chargé de mission pour l’action culturelle extérieure de la France par le même Conseil.
M. Hadelin de la Tour du Pin-Chambly de la Charce, ministre plénipotentiaire de 1ère classe, est nommé ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de la Communauté du Pacifique et secrétaire permanent pour le Pacifique. 
M. Jean-Benoît Albertini, préfet du Territoire de Belfort, est nommé secrétaire général adjoint, directeur de la modernisation et de l’action territoriale du ministère de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales, à compter du 28 juin 2010 ; M. Benoît Brocart, administrateur civil hors classe détaché comme secrétaire général de la préfecture des Alpes-Maritimes (1ère catégorie), est nommé préfet du Territoire de Belfort ; M. Michel Jeanjean, administrateur civil hors classe détaché en qualité de sous-préfet hors classe, sous-préfet de Torcy (1ère catégorie), est nommé préfet, administrateur supérieur des Îles Wallis-et-Futuna. 
M. Jean-François Raynal est nommé inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche au « tour extérieur ». 
M. Michel Laurent, professeur des universités, est nommé président de l’Institut de recherche pour le développement. 
M. Jean-Jacques Aillagon est nommé président de l’Établissement public du musée et du domaine national de Versailles. 
Et il est ensuite prononcé, sur proposition du ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales, la dissolution du conseil municipal de Saint-Geroges-sur-Baulche (Yonne). 
 
Mais ce n’est pas ce qui les a occupé toute la matinée : toutes ces décisions avait été débattues en cabinet par directeurs interposés, mûries depuis des semaines. 
Certes, il y a l’affaire Bettencourt, qui pollue le petit marigot parisien de la politique nationale et font les belles pages de la presse sur fond silencieux de l’opposition qui sauf Mme Royale, fait le dos rond, cette dernière parlant d’un régime corrompu ! 
La cruche ! Si elle savait… 
C’est la « liste des mille », celle qui circule depuis quelques semaines qui les préoccupe. Celle dans laquelle ils et elles s’y retrouvent toutes et tous, y compris nombre de proches. 
Que fait le gouvernement au moment même où, sous la pression, Madame Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, leur révèle qu’une troisième personne a été retrouvée calcinée au volant de sa voiture sur une route de Bretagne. Une à Nice, un eurodéputé disparu en mer Adriatique, maintenant une autre en Bretagne, elle suggère qu’il vaut mieux que la presse se déchaîne sur les « petites affaires d’enveloppes » bourrées de billets de banque, plutôt que de mettre son nez dans cette affaire-là, qui pourrait provoquer une panique. 
Mauvaise pioche pour les quelques concernés autour de la table. 
« Je n’ai pas accepté ce mandat pour devenir la cible de fous cinglés et réac, en plus ! » lance une secrétaire d’État. 
« J’ai échappé à des armées de snipper sous tous les cieux du monde depuis le Biafra, je me contrefous totalement des obus ! Mais là, dans mon propre pays, je trouve indigne de notre police qu’on nous prenne pour cible pour ce qu’on est ! »
« Personnellement, Monsieur le Président, si c’est venir autour de cette table pour t’aider à finir la mission que tu t’aies imposée, je veux bien. Mais pas de finir rôti n’importe où, la faute à l’incapacité à ta ministre de l’intérieur de nous protéger. Je fais plus confiance ma police municipale qui se ferait tailler en pièces plutôt que cette absence totale de protection ! » 
« Personnellement, devant tant d’incapacités de ton gouvernement, je crois qu’il faut que tu réagisses, Nicolas. Il te faut un premier ministre qui gouverne, Nicolas ! Je ne dis pas ça pour toi, François, mais voilà où nous en sommes ! » la ramène le ministre de l’écologie et du développement durable. 
Etc.  
 
La fronde est dense. Le Président écoute en se tenant le menton, ou en répondant à ses textos, les réponses vaseuses de sa ministre de l’intérieur, visée par l’incapacité de ses services. 
La ministre n’y est pourtant pour rien : la police patauge dans ses enquêtes. Si pour l’eurodéputé, il s’agit vraisemblablement d’un accident, puisque son propre frère était au commande de l’avion et est le seul rescapé de l’accident en mer, effectivement, pour les deux autres cas, personne ne comprend comment cela a pu se passer, ni si ce sont vraiment des assassinats ou seulement des accidents. 
« Parce que pour l’eurodéputé, on est sûr qu’il s’agit d’un accident ? » questionne le premier ministre. 
Et pourquoi n’est-il pas en garde-à-vue ?
« C’est un officier de réserve de l’aéronavale. D’ailleurs, tu le connais Hervé, puisqu’il paraît que tu as usé de ses services l’été dernier [1] », détourne-t-il ainsi l’ire générale sur son collègue centriste. 
Qui ça ? Moi ?, répond le ministre concerné… 
« Charlotte ! C’est ce qu’a dit un de mes flics à un de tes directeurs qui le tient d’un de tes chefs d’état-major ! » 
Et de rétorquer : « Charlotte, c’est une femme. Je sais je l’ai saluée comme me l’avait demandé Nicolas l’année dernière ! » 
Et le Nicolas de lever son nez : « C’est une femme ou un travelo, Charlotte, à la fin ? » 
Quiproquos et brouhahas autour de la table du Conseil : tout le monde parle en même temps et hausse le ton pour se faire entendre. 
Le Président prend la crampe et cogne du poing sur la table. 
« Je ne comprends pas : je suis le premier sur la liste ! Et est-ce que je panique comme un pleutre pour autant ? » 
Oui, mais lui a une protection rapprochée et à part la ministre de l’intérieur et le premier ministre, aucune autre personne ne bénéficie des services de garde-du-corps autour de la table du Conseil des ministres. 
Question de budget, s’entendent-ils répondre. 
Peut-être, mais quand même. 
« Bon à la fin, c’est une fille ou un trav’, ce « Charlot » ? » 
En fait personne n’en sait rien, ce jour-là. Tout ce qu’on sait, c’est que c’est à lui que l’on doit le financement du grand emprunt de décembre dernier. 
« Ah oui ! », fait le Président. « Je me souviens de cette affaire-là et d’avoir ainsi essuyé vingt ans de conneries des douanes et du ministère des affaires étrangères, sur ce coup-là ! », fait-il d’un ton négligé. 
S’en est trop pour le ministre des affaires étrangères. Déjà qu’il n’est pas très content d’être sur la « liste des mille », ça ne l’amuse pas du tout de ne pas être au courant de tout, la faute à l’incompétence de la nullité de la collègue de l’intérieur, complice du ministre des armées, maintenant… 
Sur ce, le brouhaha qui renaît est rapidement maîtrisé par le Président. 
« S’il y en a d’assez trouillard parmi vous, alors qu’ils se cassent. On entre au gouvernement pour se battre, pas pour se la couler douce ! Y’a des risques. Je vous ai nommés pour ça. Alors cassez-vous si vous n’êtes pas capables d’attendre le prochain remaniement ! Moi, je ne me laisse pas dicter ma conduite et mon calendrier par la pression publique, ni par aucune menace ! » 
Silence… C’est à peine si on peut entendre un battement d’aile de mouche pendant quelques secondes. 
Ils sont deux à se lever, ce jour-là, dans le même élan, dont le maire de la cité de la première victime du « doigt de Dieu » : lui il en sait un peu plus pour avoir été voir les dégâts sur place. 
« Attendez au moins que je vous remplace ! » leur lance le président. « Vous pouvez régler les affaires courantes en attendant. Pour les autres, faites passer vos souhaits à François. Je veillerai à récompenser les braves. La séance est levée ! » 
 
Ce n’est pas tout à fait la même scène qui est jouée sur l’autre rive de la Seine, dans les locaux de la MAPEA, avant l’arrivée du crépuscule, mais c’est tout comme : une grosse tempête qui passe quand Sabine débarque au siège parisien de la boîte. 
« Comment ça tu lui as donné les clés ? Mais c’est chez moi qu’elle dort cette pouffiasse décolorée ! » 
Impossible de lui faire comprendre qu’elle n’est plus sa belle-sœur légitime et que c’est une autre qui a pris sa place… 
« Faut se calmer-là ! La loi est comme ça et tant qu’on n’aura pas ouvert le testament de Jacques, elle garantit à l’épouse légitime du moment l’usage du domicile conjugal ! » 
Légitime, tu parles ! 
« J’ai des gosses et ils sont de Jacques. Ce sont les siens et des « légitimes » que je protège. Alors que cette grosse pouffiasse n’a même pas été foutue de lui en faire : ça pourrait lui faire des rides aux fesses ! » 
Ouf, ouf, ouf, pense si fort Paul que ça a failli s’entendre. 
« Parce que tu as des rides aux fesses, toi ? » C’est sorti trop vite… 
Faut dire que jusque-là Paul ne connaissait de Sandrine que d’un bref passage à la maison de Cabourg, après le décès du Grand-père. 
Et qu’il avait eu du mal à la remettre quand elle s’est présentée à lui dans les locaux de la MAPEA, le temps ayant empâté ses traits et silhouette, à l’en faire devenir encore plus rousse que rouge, de surcroît. 
 
C’était il y a longtemps. La « vieille bique » avait réuni toute la famille, y compris Paul, le petit-fils « attardé » avec ses petits n’avions, durant un mois d’été (puis l’année suivante aussi), laissant à Michel le soin de gérer seul « ses affaires » dans l’hôtel de la « Tante Jacquelines » pendant une partie du mois d’août… La maison était tenue d’une main de fer, heureusement adoucie par la présence de Marie-Louise, la gouvernante et la mère des « trois cochonnettes », leurs cousines germaines : mais elle, c’était une cruche bigote, toujours en train de regarder ses pieds, des fois qu’elle marche sur une hostie consacrée par mégarde. À tel point qu’on saura plus tard que le « tonton » qui l’a engrossée à plusieurs reprises, il en a fini par s’envoyer en l’air avec l’un des clercs du cabinet avant le décès du grand-père. 
Jacques faisait le beau avec sa Spitfire vert-bouteille offerte par leur grand-père en récompense d’une année dernière année de droit soi-disant brillante et leur mère était sous somnifère à Strasbourg. 
Les « trois cochonnettes » avaient fait les délices de Paul lors de leur passage, le prenant pour un « pis-aller » de circonstance, car elles n’avaient d’yeux que pour Jacques qui les emmenait sur la plage tant que Sandrine, rencontrée à la fac, n’avait pas fait sa courte apparition : pas de place pour Paul dans l’étroite auto. 
Il en était réduit à aller compter fleurette aux filles des voisins fermiers à bicyclette : pas très glorieux. 
Même si Joceline et Marie-Line appréciaient, mais seulement quand elles étaient isolées. 
« Sensuels » à souhait ces rendez-vous clandestins dans les bottes de foin… 

Jusqu’à un soir ou pour une raison mal-comprise, Jacques a été contraint d’emmener les « trois cochonnettes » en boîte de nuit du côté de Rouen, délaissant à contrecœur sa dulcinée. 
Sandrine avait de toute façon « son goût » qui l’indisposait. 
Un vrai mystère, son « goût », âcre semble-t-il, au fond de la gorge qui apparaissait quand elle était contrariée et disparaissait quand elle renversait la tête à l’envers, vers le dos : un truc « vachement » confortable, quoi ! 
Bref, après le repas pris à la cuisine, Paul tente « l’aventure » par une petite promenade au sommet de la colline voisine, tout ce qu’il y a de plus romantique sous le ciel d’été. 
« Ah que ton frère me manque ! »… en ces occasions, fait-elle, la tête renversée à l’envers. 
Les lèvres de Paul se sont aventurées sur l’épiderme de sa joue. Elle en a un mouvement de recul, puis un grand sourire. 
« T’essaye quoi Paul ? De t’envoyer ta future belle-sœur ? » 
Fastueuse compensation envisageable, pense Paul, pendant que Jacques fait le bonheur des cousines germaines. 
« N’importe quoi ! » 
« J’espère bien » répond Paul. « Ce n’est pas que je sois jaloux, mais quand même, ces garcettes me laisse tomber uniquement parce que je n’ai pas de voiture, je trouve cela indécent après tout ce que j’ai fait pour elles ! » 
Lui qui sait déjà piloter des avions « en vrai » à l’époque, sans retombée du « prestige des ailes ». 
« Ah oui et tu leur fais quoi ? » 
La curiosité féminine, hein… 
Et Paul de raconter leurs caprices et leurs ébats dans le détail, que l’autre commence manifestement à imaginer des trucs pas possibles, se sentant plus à l’aise, son « goût » disparaissant au fil des détails « croustillants » qu’il raconte. 
« À toutes les trois ? À la fois ? » 
« Bé oui, qu’est-ce que tu crois ! » répond Paul mi- ingénu, mi- sûr de lui ! 
« Tu n’exagères pas un peu, là ? Tu me parais bien jeune pour faire tout ce que tu dis savoir faire ! » 
« Tu paries combien que, par exemple, je te fais jouir sans même te pénétrer ? Tu veux essayer ? Mais juste pour ton plaisir du moment, hein : ce sera notre petit-secret ! » 
Du moment qu’il ne la pénètre pas, ne la viole pas, pourquoi ne pas essayer après tout ? 
C’est tentant si Paul n’en tire pas un avantage contre son frère et le couple qu’elle forme avec lui : sait-on jamais ? 
Pas croyable comment un récit d’aventures érotiques peut chambouler le neurone de quelques dames : il en avait déjà fait l’expérience.
Un peu de tendresse dans le propos, l’assurance que rien dans sa vie ne sera chamboulé et il a pu vérifier qu’elle n’a pas de ride aux fesses, qu’elle a toujours d’ailleurs imposantes ! 
Et tout le monde n’en a jamais rien su. 
 
Bref, elle doit se souvenir de ce petit secret resté intact, puisque sur le moment, la remarque de Paul, des années plus tard, lui rappelle de ce cunnilingus masturbatoire inoubliable et inavoué. 
« Je me souviens que tu n’étais pas sans talent, en effet. » 
Et de rappeler que depuis, elle était divorcée et désormais veuve. Que si on ne rattrape pas le temps perdu, on peut quand même compenser. 
« Oh là ! Pas si vite jolie Sandrine. Tu restes ma belle-sœur, la mère de mes neveux, et on ne va pas refaire le monde avec des coups de queue, même loupés. D’autant que tu n’es pas ma seule belle-sœur : j’en ai deux désormais », fait-il pour tenter de ne pas aller plus loin. 
Il a envie de rajouter qu’entre la « rousse » et la blonditude de sa successeuse, Jacques n’avait pas si mauvais goût, finalement… 
« Reste que j’ai un peu mûri depuis, tu sais, et que je suis devenu sélectif en matière de charme féminin. » 
Un peu goujat. 
« En revanche, si tu es devenue une femme-fontaine, rien n’est impossible ! » fait-il pour adoucir son propos. Et comme elle ne doit pas savoir ce que c’est, elle en écarquille plus intensément les yeux… 
« Revenons à nos moutons, Sandrine. Tu as prévu de dormir où, ce soir ? » 
Elle n’en a pas la moindre idée, puisque pour elle, « chez elle » à Paris, c’est chez Jacques. 
« Bé je t’emmène chez Priscilla, si elle est d’accord… » 
Manifestement, elle a pourtant autre chose en tête, mais pas Paul. 
 
Un quart d’heure après, l’affaire est entendue : elles pourront papoter « souvenirs du défunt », l’une ne voulant pas dormir seule, l’autre ayant alors l’occasion de « faire l’inventaire » discrètement. 
« Dis donc, pendant que nous y sommes, de ton côté, tu n’as jamais reçue de menaces, du temps où tu vivais avec Jacques où même depuis quelques semaines ? » 
Non mais en revanche, elle a des tonnes de choses à raconter sur leur vie de couple mouvementée pendant que Paul fait commander un taxi par la secrétaire et qu’ils l’attendent tous les deux sur le trottoir. 
Ce qui n’avance pas trop l’enquête de Paul. 
La seule chose intéressante est de savoir que Jacques avait de fréquents rendez-vous mystérieux. « Il filait parfois l’air très préoccupé : un dossier disait-il. Je crois que c’est en rapport avec votre père à tous les deux. Je n’ai jamais su comment il était mort : il ne voulait pas en parler. » 
Il est mort en « homme debout ». Paul l’a toujours su, même si ça ne s’explique pas. 
Mais comment, ça, ça devient de plus en plus trouble. 
 
En attendant, pour Priscilla, c’est une aubaine inespérée : passer la soirée et la nuit avec sa rivale d’antan ne peut que la servir. Jacques mort, et à part Paul manifestement resté ignorant de ses objectifs ultimes, il faut tenir à l’œil les « enfants de Jacques ». 
Même si elle sait bien que le colonel Frank lui avait dit un jour : « Jamais les enfants ! » 
Elle trouvera bien le moyen de se débrouiller sans, s’il s’avérait que ça devenait indispensable.
 
[1] Voir l’épisode : « Opération Juliette-Siéra », publiée aux éditions « I-Cube ».

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