Bienvenue !

Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

mercredi 23 août 2017

Ultime récit : Chapitre dix-huitième


Le 95ème saut.

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

Certes, il y a bien sa curiosité naturelle qui l’emmène à parcourir les longues coursives où il découvre les « barges de secours », qui sont en fait de petites machines autonomes, un peu étroites pour son gabarit, en parfait état de vol dans le vide spatial, qui plus est armées, qui lui permettront de faire des « sorties » à explorer les contours de l’immense vaisseau pris sur la légion.
Certes, il a ses propres équations à avancer pour concevoir correctement le Nivelle 003.
Bien sûr, ça manque un peu d’activité sportive. Il fait installer un vélo d’appartement, les ateliers du bord étant capable de fabriquer ex-nihilo à peu près n’importe quoi, même des pièces défaillantes du vaisseau lui-même, même les plus complexes, par méthode additive – comme dans les imprimantes 3 D de son époque – et faire défiler « son paysage » avec un peu de vent dans les cheveux rend l’illusion presque parfaite : il suffit pour cela d’adapter la difficulté à la pente apparente de la piste et le souffle de l’air à sa vitesse théorique.
Ça reste toutefois limité.

Le plus splendide en matière d’activité physique et « autre », ça reste « Alpha », « Bêta », « Gamma » et leur « catalogue » de formes.
Il pourra ainsi « essayer » quantité de « people », des actrices, des femmes célèbres ou des épouses d’hommes publics, des comédiennes, des femmes politiques, d’autres simplement splendides qui auraient pu devenir « top-modèle » dans la vraie vie, des chanteuses, des romancières, des athlètes sportives, voire quelques-unes de ses anciennes conquêtes, dont Florence, Matilda, Emily, Isabelle Nivelle, sa fille, Mylène et sa fille, et beaucoup d’autres dont Miho, sur lesquelles il fantasmait sur terre : un vrai bonheur !
Des blacks, des beurs, des métisses, des blanches, des asiatiques, des grosses, des maigres, des grandes, des petites, des superbement belles, d’autres moins belles et même une réplique d’Axel elle-même est très ressemblante, juste pour en rire…
D’ailleurs, le jour où elle s’est ainsi croisée, alors qu’elle se contentait de rester habituellement dans ses quartiers à elle, qu’il en fallu sortir son cyborg ainsi transformé, juste pour lui faire une démonstration de ce qu’il avait à lui offrir jusque dans le poste de pilotage, elle a été à la fois outrée, scandalisée et … intéressée !
Au moins, ça aura réveillé sa libido d’homosexuelle, puisque Paul lui aura « prêté » un cyborg à plusieurs reprises.
Paul, en revanche, devant ces masses molles disgracieuses et bloblottantes à outrance, son absence de poitrine faute d’utilité, il en a eu « une défaillance »…
Ça lui a fait comme l’effet d’être un peu l’équivalent d’une activité zoophile déplacée.
De toute façon, ça reste des cyborgs et c’est déjà en soi « contre-nature », des cyborgs manquant en plus d’un peu de diversité vestimentaire. Ça a même un côté un peu dément, alors que ces créatures artificielles savent y mettre les apparences d’y prendre un goût certain et quelques compétences, beaucoup de « bonnes techniques » comme les massages mantra, sans jamais aucune retenue ni aucun tabou des meilleurs venus.
Passons : on fait avec ce qu’on a sous la main…

L’autre activité qui reste intéressante, c’est de faire la cuisine. Steph avait fait rentrer quantité impressionnante de vivres dans les réserves de la cambuse, mais essentiellement congelés ou sous forme de poudres lyophilisées.
Beaucoup de produits déjà préparés, qu’il suffit de réchauffer au micro-onde ou en bain-marie, mais heureusement encore, aussi pas mal de produits bruts qui avaient dû être frais à un moment ou à un autre.
Manquaient que les œufs, remplacés par des poudres sans saveur…
Dès lors, quant à pâtisser, là, il ne fallait pas trop y compter, même si les quelques essais de crème ne sont pas trop mal réussis. En revanche, les glaces et sorbets prennent très bien…
Alors cuisiner avec ça, c’est l’affaire de « Gamma ».
D’ailleurs même Axel est venue partager ce moment de convivialité, malgré la présence de « sa réplique » découverte en milieu de parcours, pour manger des portions ignobles, hyper-protéinées de couleurs inconvenantes, avec des surdoses de glucides. Très peu de graisses apparentes, et pourtant elle est grasse.
Allez savoir pourquoi ?
Quand Paul se met aux fourneaux, ça a une autre gueule et les odeurs de fritures et d’épices dégoulinent un peu partout avec bonheur. Même Axel n’y est pas totalement indifférente, c’est dire.
Et c’est d’ailleurs ce qui l’a fait revenir « en cuisine ». Ce qui embête un peu Paul au début : il a pris l’habitude de « se faire tripoter » sous la table pendant ses repas et il ne veut pas contrarier son pilote après l’épisode de la « copie-cyborg »…
Tiraillements dans l’ambiance générale.
En revanche, question boisson, le Gouverneur Stéphane avait fait des efforts particuliers : il y a de quoi satisfaire les palais les plus fins et exigeants pendant des années et des années, à coup de productions australiennes, argentines, californiennes, européennes et même chinoises.
Tel qu’au bout de son voyage, il ne restera plus grand-chose et que finalement Paul aura dû se contenter d’eau gazeuse sur la fin, ce qu’il déteste, d’autant que celle disponible a un arrière-goût de désinfectant et est très salée : c’est ce que boivent habituellement les « Homos Plus ».
Alors qu’Axel a apprécié les vins californiens…
Ça, et les plats au thon rouge…

L’eau et la pitance d’Axel, ça aurait tendance à filer la tourista à Paul. Et la pharmacopée, bien fournie pour les « Homo-Plus », aura dû être « adaptée » pour Paul et ses petits-bobos du voyage. Soit en diluant les principes actifs, soit en forçant les doses, après avis d’Alpha, le cyborg.
Les seuls moments reposant et plaisant, outre les parties de « pattes en l’air », ça reste les longs moments à écouter des enregistrements de concerts ou regarder des films anciens et la « bibliothèque » disponible – sur écran – jusqu’à y compris une biographie complète, mais alors complète jusqu’à sa nécrologie, de « Charlotte-soi-même » : très perturbant de découvrir tout ça, presque par hasard…
C’est ce qui meuble ces trop nombreuses « étapes » où les robots-ateliers ravaudent les blessures du vaisseau, où les générateurs quantiques refont les pleins d’énergie.
Si le cinquième arrêt, en bordure apparent de la galaxie de départ est aussi dû à la présence d’un obstacle imprévu, il est surtout question de faire quantité de travaux de réparation des défaillances de la machinerie du vaisseau.
À cette occasion, ils se font rattraper par la flotte des cargos chargés de Krabitz.
Ceux-là sont arrivés par sauts sur la flèche du temps grâce aux efforts de la Garde, à proximité de leur planète-refuge.
Des mécaniques probablement plus solides et mieux adaptées que les vaisseaux de la Légion, puisqu’ils sont prêts pour un long voyage de long des crêtes avant que le vaisseau de Paul ait pu être prêt lui-même.
Impressionnant que d’entendre les alarmes retentir dans le poste de pilotage. Paul faisait une sieste « coquine » avec une « bimbo » (qui n’existe pas, mais est très à son goût du moment) dans ses appartements, et à chaque nouvelle arrivée, plutôt à chaque rafale d’arrivées, les détecteurs se mettent à hurler.
Il débarque en petite tenue, dissimulant mal son érection insatisfaite et finissante.
Tel qu’il est accueilli par un hurlement d’horreur poussé par Axel, à la vue de sa pilosité.
Drôle d’effet…
Il y en a partout tout autour, arrivés par grappes, à touche-touche… presqu’au contact.
Axel est également arrivé, nue sans sa tenue de vol, encore plus moche avec ses « plis » sur le ventre et ce qui lui tient lieu de fessier.
« – Tu viens pour me finir une pipe où tu t’occupes de manœuvrer pour éviter des collisions ?
– Votre excellence, voyons ! Je ne sais pas faire et vous n’êtes pas du tout mon genre, vous le savez bien. Mais un jour si mon cul vous intéresse, passez par derrière ! »
Du lard ou du cochon ?
Axel serait-elle une hétérosexuelle refoulée ?
Ayant une attirance pour la zoophilie d’avec des Sapiens ?
On ne saura jamais.

Au fil des arrêts, ils prennent l’habitude de faire un check-up complet de tous les organes du vaisseau, de refaire les pleins d’énergie, de procéder à quelques réparations plus ou moins majeures.
Il peut y avoir ainsi des étapes sans pratiquement aucune panne détectée, d’autre avec une foultitude de choses à remettre en état. Parfois les jauges d’énergie sont seulement au plus bas : la machine ne peut plus aller plus loin en toute sécurité, parfois non.
Juste un obstacle imprévu qu’il faut cerner.
Mais à chaque fois, l’arrêt prend quelques jours, parce qu’ils décident de cartographier l’espace « de leur point de vue ». On entre ainsi au fil du temps dans des portions de l’espace où personne n’a jamais été. Et l’univers visible – et celui qui rayonne dans l’invisible mais qui reste détectable par les instruments de mesure – se modifie du tout au tout : une mine d’informations inégalée pour les scientifiques de la Garde !
Non pas directement, puisque tout sera effacé des mémoires sur le chemin du retour, mais pendant les quelques mois où la route est tracée et pas encore refermée, Paul imagine à juste titre que La Garde, le seul organisme qui connaît la localisation précise dans le temps et dans l’espace des « balises » laissées par Paul dans son sillage, « maintenant » et « à jamais », enverra bien quantité de sondes et d’engins, à n’en pas douter.
Ainsi, jamais aucune sonde n’aura été aussi loin dans l’espace profond.
Ce qui reste curieux, c’est que les galaxies lointaines, les plus jeunes, semblent vouloir rester en nombre important, quel que soit l’azimut où elles sont détectées.
L’univers apparaît n’avoir aucune limite, hors le rayonnement fossile, qui reste le même dans toutes les directions, sauf les « irrégularités » déjà connues sur Terre et ce « point bleu » qu’ils ont visé dès le départ qui s’intensifie de fil en aiguille.
Disons qu’il grossit, et en son sein, on distingue désormais une toute petite portion qui approche le zéro absolu comme jamais. À peine 0,000.01 °K !
C’est celui-là qui grossira au fil de leur progression, jusqu’à devenir « non mesurable » sur l’échelle des températures : le noir absolu, là où il n’y a rien, même pas ce rayonnement fossile, le siège de la matière « mange-énergie », les « sans-âmes » vers lesquels ils emmènent les Krabitz chargés de les « avaler », de les métaboliser…Incroyable, l’univers a-t-il une fin, une limite ?

Au 95ème saut, alors que les précédents sont « sans histoire notable », mêmes alertes en cascade que lors du 5ème saut. Paul était prévenu : là, ça ne peut pas être une ânerie de navigation.
Il ne sait plus quelle heure, ni quel jour il est malgré qu’il ait tenu un calendrier à jour, comme un prisonnier qui coche une barre sur les murs de sa cellule chaque jour qui passe.
En fait, sa montre possède une fenêtre indiquant le jour, mais combien de fois, l’avait-il avancé à bon escient à l’occasion des mois courts de 30 ou 28 jours ?
On doit en être au 15ème mois, peut-être le 14ème ou le 16ème, de navigation monotone, mais il allait falloir se battre, il le sait déjà.
L’état du vaisseau n’est alors pas au mieux et Axel s’est précipitée pour régler les urgences et redémarrer les générateurs identifiés comme déphasés.
Paul lui s’occupe de l’environnement immédiat.
Il y a quantité de « grosses pierres », grosses, c’est de plusieurs kilomètres, qui suivent des trajectoires convergentes.
Le problème, c’est que ça ne vient pas d’une seule direction, mais de plusieurs à la fois.
Pas de doute, ils sont tombés dans une sorte de traquenard : une intelligence quelconque dirige ces pierres vers eux, qui se sont mises en mouvement dès que le vaisseau volé à la légion s’est matérialisé dans leur espace !
Il va falloir livrer bataille.
C’était prévu…

Seulement voilà, ces « assaillants » sont encore loin, mais ils sont nombreux. Ils ne volent pas vite et ne sont pas visibles à l’œil nu, même s’ils apparaissent clairement sur les focales des instruments du bord.
Quant aux niveaux des réserves d’énergie du vaisseau, elles sont des plus faibles, à peine 3 %. Et 95 % des générateurs se sont déphasés depuis leur départ. Pourtant, en prévision, ils avaient perdu un peu de temps à les rendre disponibles à hauteur de 100 %.
Et d’avoir fait les pleins de matière et antimatière à hauteur de 90 % des capacités. Au-delà, par exemple 98 % ça prend un temps fastueusement et inutilement long.
Il vaut mieux remplir deux fois à 70 %, on va plus loin et ça demande des arrêts beaucoup plus courts.
« – Comment va-t-on pouvoir faire face ?
– Est-on sûr que ce sont des hostiles ? »
Là, il ne faut pas trop en douter, d’après Paul.
Pourtant, à l’observation, quel que soit le spectre, ce sont des astéroïdes tout ce qu’il y a de plus inoffensif. Pas la trace d’une seule arme de projection.
« – Tu sais quoi Axel, pour en avoir le cœur net, je vais aller au-devant avec une des barges.
– Excellence… ça peut être dangereux.
– Bé oui, mais je préfère avoir l’initiative plutôt que de faire uniquement confiance à nos systèmes de défense.
– Les barges sont très limitées en cas de problème.
– Elles ont un canon à antimatière, non ?
– Un seul. Et deux tourelles d’auto-défense. Nous, on peut sortir plusieurs tourelles…
– Eh bien voilà ce qu’on va faire. Toi tu restes et tu mets en branle l’armée des robots et droïdes pour réparer cette foutue barcasse. Mais tu consacres un peu des réserves d’énergie à ces fameuses tourelles.
– Euh, je ne sais pas comment elles fonctionnent.
– Les cyborgs du bord si !
– Mais je vais en avoir besoin pour les remises à niveau.
– La priorité, c’est le vaisseau. Sans lui, nous ne sommes plus rien et notre mission échouera. Alors tu le mets en état de combat, avec bouclier et tout. Celui-là, tu vas l’ouvrir pour me laisser passer, à l’aller et à mon retour.
Ok ? »
Une phrase qui va lui provoquer une énorme angoisse.

mardi 22 août 2017

Ultime récit : Chapitre dix-septième


Ces interminables étapes

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

Finalement, Paul fait la visite complète du vaisseau qui est, grand, mais grand, immense.
Probablement de plusieurs kilomètres.
Qu’il faut se déplacer sur de petits véhicules individuels, probablement électromagnétiques autonomes, qui se commandent avec un joystick en trois dimensions dans les coursives et autres entrelacs de cheminements faiblement éclairés, en état d’apesanteur, peuplées d’innombrables machines, câblages, droïdes et autres cyborgs…
Parfois c’est sportif quand on n’a pas l’habitude, car il s’agit surtout de contrôler son inertie !
C’est l’occasion de se rapprocher d’Axel qui, pour en rajouter, ne sent décidément pas bon. Et c’est une sensation probablement réciproque et partagée…
Il s’agit de savoir comment ce foutu vaisseau fonctionne et de quoi il est fait.
En notant que c’est plus facile avec un plan en main. Et des plans, il y en a partout accrochés aux cloisons, avec derrière chaque cloison amovible, des détails sur le compartiment qui s’ouvre à sa visite.

Globalement, le vaisseau aurait la forme d’une lentille elliptique. Devant et derrière sont regroupés deux groupes de trois moteurs. De gros accélérateurs de particules dans lesquels de la matière et de l’antimatière s’annihilent mutuellement à très haute température dans une chambre au très fort gradient électromagnétique, pour s’évacuer par une tuyère d’une taille ridicule par rapport à l’engin lui-même : ça doit « pulser » !
Paul tente de calculer de tête que l’éjection de quelques kilogrammes de matière et antimatière par seconde qui s’échappent à la vitesse de la lumière, ça doit forcément dégager des poussées invraisemblables, mais il se perd dans les zéros, ceux avant la virgule !
Sur place, les tuyères auraient presque la dimension d’une dizaine de mètres.
Les trois sorties de tuyères sont prolongées entre elles par un cône de fuselage tronqué qui peut lui-même s’ouvrir comme une tulipe pour embarquer de gros chargements, et le tout, invisible de l’intérieur et recouvert, non pas d’une peinture noire, mais de neutronium, à l’état de repos pour le moment, d’un noir absolu : même pas la trace d’une ombre à sa surface !
Quand il est « spiné », il ferme le champ des tuyères et ne sont actives que des sondes qui émergent à travers et vers le milieu extérieur.
De ce que Paul comprend des explications fournies par Axel et le cyborg Alpha, la manœuvre de déplacement dans l’espace infini consiste à accélérer dans une direction, droit devant après avoir positionné le vaisseau entier dans la bonne direction grâce aux moteurs tournant à faible régime et pivotant sur trois axes, et de fermer le champ du temps qui s’écoule en spinant le neutronium de l’enveloppe extérieur.
À charge pour les détecteurs et sondes de détecter les obstacles situés en aval et de déclencher le despinage, soit de façon programmée soit automatiquement en cas de « d’alerte-panne » ou pour éviter une éventuelle « collision ».
Le vaisseau entier avance donc à son allure première dans l’espace, mais comme le temps est suspendu à l’extérieur, quelle que soit la vitesse initiale, le déplacement atteint une vitesse infinie.

À l’intérieur, il s’agit de contrebalancer les effets de la suspension du flux du temps qui s’écoule du fait du spinage de la coque extérieure en neutronium, car les machines doivent « vivre » pour fournir l’énergie nécessaire à ce spinage.
Il s’agit d’énormes boîtes à « énergie quantique » qui tournent sans arrêt. Même s’il paraît que ça se déphase et tombe en panne de temps-à-autre, chose que les cyborgs spécialisés sont sensés réparer jusqu’à la… limite d’usure.
L’énergie primaire ainsi pompée dans le vide quantique de l’endroit est stockée dans des accélérateurs de particules après avoir été transformées en matière et antimatière, qui s’enroulent autour de tout le fuselage.
Une partie est prélevée pour les moteurs à l’avancement, une autre est récupérée dans un générateur nucléaire de fusion, pour produire l’électricité nécessaire au « spinage » de la coque extérieur, mais également d’une sphère inversement spinée qui contient l’ensemble des espaces de vie des équipages.
En effet si le temps ne s’écoule plus dans le monde extérieur pendant le déplacement du vaisseau, il s’écoule à l’intérieur soumettant les équipages au vieillissement au même titre que les machines et sources d’énergie.
Pour protéger l’équipage des effets de ce vieillissement, la sphère est elle-même spinée de la même façon. Et s’il s’agit bien d’une sphère, c’est qu’une partie de l’énergie stockée dans les anneaux des accélérateurs de particules, sert de « masse » pour créer un champ de gravitation différentiel et artificiel interne à ladite sphère de vie, compensant les effets des accélérations éventuelles à subir par des tressautements ou autres accidents de l’ensemble dudit vaisseau.
C’est la circulation de cette matière relativiste qui a été, non pas coupée, mais « équilibrée » de telle sorte que tout-à-l’heure, lors de la prise du bâtiment par Paul, en son centre, là où se trouve le poste de commandement et les espaces de vie de l’équipage, se sont retrouvés en apesanteur relative…
Ils auraient pu tout aussi bien être écrasés par une pesanteur artificiellement provoquée de la même façon…

La « sphère de vie » possède en son centre le poste de commandement lui-même, au plancher légèrement courbe, comme un couvercle, recouvert d’écrans qui restitue dans différentes longueurs d’ondes l’environnement naturel à la demande. Sans pivoter, on peut faire pivoter la vue restituée sur un angle d’environ 30° avec des repères gradués en radian qui permettent de s’orienter.
Et devant, tout un tas de compteurs divers qui rapportent l’essentiel du fonctionnement des machines.
Autour du poste de commandement, relativement étroit, il y a les « locaux techniques », au-dessous les locaux de vie de l’équipage, sur deux niveaux, par lesquels on accède par une échelle de coupée, et l’ensemble est protégé par des cloisons manifestement étanches.
Et au-dessus, des issues qui permettent d’accéder, en champ gravitationnel inversé ou neutre, vers d’autres équipements et compartiments.
Ce qui reste le plus impressionnant, ce sont les tubulures qui enferment de la matière accélérée dans ses entrelacs qui « tressent » l’environnement gravitationnel autour du poste de commandement. Où on règle la pesanteur relative en fonction des besoins en déplaçant ces masses.
Vers le centre du poste de pilotage pendant les manœuvres, plutôt vers les étages de vie dans les moments de repos. On peut ainsi avoir une « pesanteur-zéro » ou au contraire des pics tels qu’ils écrasent, contrebalancent l’inertie des accélérations du vaisseau.
« Jusqu’à un niveau 500… »
C’est tellement bien fait qu’il s’agit de se regrouper au centre de la sphère surtout de ne pas se déplacer au moment d’une manœuvre, pour que « l’ajustement » se traduise par un simple petit-choc quasiment imperceptible.
En revanche, par effet de marée, sortir de son fauteuil pourrait disloquer des matières molles composant le corps des Homos du bord.
Les cyborgs, les droïdes, les machines, les placards et les appareils sont fixés et conçus pour supporter ces différentiels.

Paul a pris campement dans la vaste cabine de l’amirale, bien équipée. Chose assez étonnante, c’est que le décor est « au choix ». Il peut ainsi recréer les perspectives d’un paysage de plaine, de plage, de mer, de montagne de son choix et même faire circuler du vent, du doux zéphyr à la tempête – avec ou non des embruns – maîtriser la température, l’hygrométrie et quelques autres paramètres.
Une de ses réalisations restera de restituer le pont d’Eurydice, depuis la plage arrière, depuis le carré, depuis le poste de barre, depuis la plage avant : assez extraordinaire !
Comme ça, il n’est pas trop perdu.
Mais il refera aussi sa vue depuis sa chambre des « Collines de Cabourg », la salle à manger du restaurant « Cuisine de filles », la vue qu’il a sur Notre-Dame-de-Paris depuis la fenêtre de son loft, celle de Paris depuis le toit des bureaux du Kremlin-Bicêtre et encore quantité de lieu qu’il a autrefois visité.
La pièce est finalement relativement petite, mais ça donne une impression vertigineuse d’immensité, surtout quand on laisse tout bonnement les cloisons se remplir des lumières des étoiles qui entourent le vaisseau.
Prodigieux.
Mais dès confirmation parvenue que les chaloupes de secours sont parvenues au vaisseau « bis », le temps que Paul se familiarise avec les commandent du bord, ce sera le premier saut.

Comme prévu, on vise une des « zone de froid », toute petite il faut bien le dire, dans le rayonnement fossile. Axel aidée des calculateurs du bord précise alors les zones de « crêtes » gravitationnelles, comme Paul le lui explique après avoir rapporté l’essentiel de sa conversation d’avec « Stéphane » sur le sujet.
Le tout afin de déterminer l’accès le plus proche d’une « sortie » de la galaxie, pas trop encombré.
Une opération qui demandera effectivement 5 arrêts pour corriger la route.
C’est que les cartes en quatre dimensions restent peut-être suffisamment précises, elles ne sont pas parfaites : on vise et s’aligne « là », pensant que la route est libre, et le « là » est en fait ailleurs et on aura croisé un obstacle non-inventorié !
On se sangle, on attend que tous les voyants soient au vert, les indicateurs et sondes à leur niveau optimal, les pleins d’énergie partiellement refaits à un niveau suffisant, et on appuie sur un bouton qui démarre la poussée des réacteurs : une toute petite partie des considérables réserves d’énergie contenu dans les anneaux des accélérateurs de particules est dérivée vers les trois chambres de fusion qui expulse l’énergie dégagée dans leurs tuyères à confinement électromagnétique.
L’engin tressaute quasi-imperceptiblement, pour une accélération de niveau deux qui écrase un court instant la colonne vertébrale sur le dossier, puis un voyant s’allume.
On appuie alors sur un second bouton, celui qui démarre le « spinage » du neutronium des deux coques, l’interne et l’externe, gros moment de consommation d’énergie, le ciel s’illumine de tous ces feux, transformant chaque point lumineux traduisant la présence d’une étoile en de vastes traits de lumière à travers la restitution qu’en font les écrans panoramiques situés devant eux et immédiatement après, les traits disparaissent pour un ciel qui redevient noir d’encre, parsemé d’un autre champ d’étoiles dont aucune n’a la même place, la même couleur, la même taille que l’instant d’avant…
Déroutant.

On n’est pas là où l’on croyait être arrivé : un planétoïde, une masse noire, un gradient d’énergie noire aura été détecté par les sondes restées en fonctionnement durant tout le parcours. Ou bien les machines ont besoin de souffler un peu et d’être ravaudées, rééquilibrées, réparées.
Les horloges du poste de commandement n’ont même pas avancé dans l’intervalle.
Étonnant.
Il faut alors se positionner dans ce nouvel environnement, le temps que les calculateurs s’y retrouvent assez précisément, enregistrer la position, la transmettre à la balise qui va être larguée et dont une partie va faire rapidement le chemin inverse, tant que la « route » ainsi tracée n’est pas perturbée par un élément nouveau pas croisé à l’aller.
C’est que tout bouge dans le cosmos : il n’est jamais identique d’un moment à un autre. Et si les « plus gros » morceaux ont des trajectoires qui se calculent, parce que très prévisibles en application des lois de la mécanique céleste, les plus petits peuvent échapper à l’observation, donc à la détection et à la prévision.
Ça dure un peu. Paul a eu une journée pour le moins très chargée : il y a encore peu, il était dans un avion volant vers le nouveau continent.
Sa montre bracelet annonce un peu plus de 26 heures depuis son décollage de Roissy-Charles-de-Gaulle !
Et il est là, perdu au milieu de rien, quelle que part au milieu de n’importe où ailleurs !
Qu’il laisse donc Axel manipuler les calculateurs sous la surveillance de Bêta et va piquer un petit roupillon à l’étage inférieur et à la pesanteur un peu supérieure.
Pas longtemps : il est informé qu’un second saut se prépare.
Il y en aura encore quatre autres pour atteindre un endroit sur le bord de la galaxie où l’essentiel des lumières des étoiles se trouvent derrière eux. Et devant, immensément plus de « lucioles », toujours de façon aussi dense peut-être, mais dont l’éclat apparent est beaucoup plus faible et tire vers le rouge.
D’ailleurs la vue est meilleure dans l’infrarouge profond…

Là, il faut beaucoup plus de temps pour préparer le saut suivant : d’abord recharger les réserves d’énergie, ensuite repérer les fameuses « crêtes » qui s’alignent vers le « point-froid » visé.
Ce qui demande des temps de détection des quelques photons venus mourir de parfois si loin dans le fond des instruments de détection qui s’allonge parce que la lumière n’est pas si dense que ça.
Là, coincés à faire l’inventaire de ce qu’il y a autour, ils vont devoir patienter une petite semaine qui s’écoule avec lenteur.
Paul se fait l’effet de ces navigateurs au long-cours sur leurs porte-containers. Autant sur un voilier, il se passe toujours quelque chose, autant sur un pétrolier ou un cargo, il ne se passe jamais rien : la machine se pilote elle-même et toute seule jusqu’au port et la seule distraction reste… « les exercices ».
On en fait un peu n’importe comment, n’importe quand, pour ponctuer et réduire la routine.
Le seul qui a un peu d’activité, c’est le cuistot. Même si les tâches qu’il a fournir sont toujours les mêmes, il est là pour varier l’ordinaire en fonction de son inspiration du moment, des réserves et des restes à accommoder !
Eh bien à bord de cet engin de la Légion, c’est pareil.
Et Paul, s’il n’avait pas ses trois cyborgs « à géométrie variable », il deviendrait vite neurasthénique.

lundi 21 août 2017

Ultime récit : Chapitre seizième


La bataille de « Boomerkar »

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

« Nous sommes au carrefour de la bataille qui va vous permettre de capturer le vaisseau amiral de la flottille de Landditsy à proximité des peuplades à évacuer et dont vous allez prendre la charge.
Je crois qu’on arrive un peu avant le moment où l’amiral fait face à une mutinerie. Lui vient d’avoir un… comment dire ? Un « contact » avec un de ses ancêtres qui lui fournit un contrordre d’assaut des plus crédibles.
Ses officiers ne sont pas du même avis.
Nous intervenons à ce moment-là pour créer une confusion.
Avec la technique des sauts dans le passé, je n’ai aucun mal à échapper à leurs agressions et je vais pouvoir mettre hors d’état de nuire leurs drones spatiaux de combat.
Et puis je vous propulse au sein même du vaisseau de commandement, juste avant sa mise en phase de combat.
– Et comment ça ?
– Mais avec votre scaphandre préféré ! Vous connaissez, non ? »
Il parle de quoi, là, le mutant ?
Paul ne se voit pas du tout traverser le vide spatial sur toute la distance en tenue de plongeur. Avec des palmes en sus pour mieux se mouvoir !

« Vous n’y êtes pas. Vous l’avez déjà utilisé entre la Normandie et l’Algérie sur votre planète. Souvenez-vous ! »
Quoi ? Le « truc » qui ne lui a pas empêché de se fouler la cheville ? (1)
« – Attendez, Steph… Moi, là je ne comprends pas très bien. Votre… organisation m’a déjà fait faire deux séjours dans mon propre passé. L’un justement avec ce « bidule » mal commode…
– Oh, il a été réparé et même décoré. Il a l’avantage d’avoir été conçu à vos mesures.
– … Peut-être,  mais malcommode tout de même et l’autre dans une sorte de camping-car. Sans le « machin ».
– Votre premier saut dans le passé s’accompagnait simultanément d’un déplacement vectoriel dans l’espace à trois dimensions. Pour cela, à moins de disposer d’un engin incroyablement vorace en énergie comme notre véhicule actuel, le tout pour déplacer un simple « moucheron », on peut procéder via l’équipement d’un scaphandre équipé comme vous l’avez fait la première fois et d’une série de relais pré-positionnés.
Vous vous souvenez de ce que vous avez pris pour un OVNI en arrivant au-dessus de votre lieu de largage en parachute ? »
Oui.
« – Eh bien il y en avait un au-dessus de votre cave – l’agent Birgit aura profité des conditions météorologiques pour le dissimuler – pour faire la liaison. C’est beaucoup moins vorace en énergie et ça ne perturbe pas trop les champs à proximité.
C’est exactement la manœuvre que nous avons préparé pour vous.
À l’occasion de votre second saut vers votre passé, vous n’avez pas eu besoin d’un déplacement géographique. Souvenez-vous, vous avez pris un aéronef pour vous rendre dans votre désert et George vous a attendu sagement exactement au même endroit qu’à votre départ pour la phase de retour.
C’est son camping-car qui a sauté dans le passé, puis est revenu, avec vous à son bord à l’aller comme au retour.
– Mais lui, comment il est arrivé là ?
– Par la route.
– Par la route ?
– Oui, exactement. Son véhicule est arrivé par la voie normale, avec relai, pour sauter ensuite dans son passé sans mouvement sur la planète. Il a reçu consigne de se rendre à votre lieu de rendez-vous par la route de votre époque. Et une fois qu’il a accompli sa mission, il a fait le chemin en sens inverse.
– Les mêmes relais que je vais devoir poser sur mon prochain parcours ?
– Pas tout-à-fait. Les vôtres sont des balises. Elles sont composées de deux parties. La première cartographie précisément l’endroit où elle est larguée. Elle calcule donc la route empruntée. C’est assez facile. Elle remet ces données à la seconde partie qui part faire le chemin inverse pour être recueillie par les véhicules qui vous suivent. Tout simple.
Et durant votre propre retour à vous, vous les ramassez, pour les détruire, les rendre inactives, effacer leurs données, les rendre irrécupérables pour fermer le parcours.
– Personne ne peut les pirater ?
– Si naturellement. Mais justement, je reste sur place pour empêcher tout départ inopiné de « pirates » de la légion. Jusqu’à votre retour. Il faut vous dire que puisque nous ne détruisons pas le véhicule dont vous allez vous emparer, ne serait-ce que pour ne pas non plus sacrifier inutilement des êtres vivants qui y sont cantonnés, ceux-ci resteront dans les parages pendant quelques temps à bord d’un second véhicule, dit de secours, positionné à quelques « heures-lumière » en périphérie de ce système stellaire.
Même si finalement, je vous attendrai non pas vraiment à votre point de départ, mais à votre cinquième étape pour, à la fois faciliter votre retour à votre époque, et être certain que personne ne vous suive depuis les bords de la galaxie, dès qu’ils seront partis.
Vous ne ferez donc pas 258 sauts, mais 253 avant de me rejoindre. »
Très élaboré : Paul va donc d’abord jusqu’aux « bords de la galaxie ».

« – En cinq trajets, effectivement. Mais ensuite, ça va beaucoup plus loin…
– Euh autre chose Steph. Il faut que je vous dise que si j’ai bien compris la Miss Birgit, pour ce type d’usage de votre … scaphandre, il faut que je fasse corps avec lui et qu’il s’agit que je sois totalement enduit d’une sorte de gel hydrosoluble de façon… jusqu’à intime !
Et moi, ça me met dans un état impropre à enfiler ledit bidule.
– C’est prévu. Je vous ai dit que nous avions pensé à votre confort. Vous serez accompagné de trois cyborgs très élaborés, chargés de votre sécurité, aptes à satisfaire à tous vos désirs et à géométrie variable…
– À géométrie variable ? Qu’est-ce donc que cette diablerie ?
– Vous pourrez leur donner l’aspect et la forme que vous désirerez. Ce n’est pas infini, mais ils ont un catalogue assez considérable en mémoire. Vous verrez.
Faites-en bon usage le temps de votre parcours.
Je vous présente « Alpha », « Bêta » et « Gamma » ! »
Entrent alors trois formes d’humanoïde de taille identique, revêtues chacun d’une combinaison gris-argenté et ajustée, mais qui diffèrent par la forme et la couleur de ce qui ressemble à un épiderme : Alpha est pâle, Bêta est de la couleur caramel un peu cramé et Gamma à l’aspect d’un asiatique !
« Des robots… » fait Paul sur un ton dépité.
Pas très féminin d’aspect, en plus…
« Je ne peux pas faire mieux. Désolé. Mais je vous assure que vous en serez très content pour assouvir toute votre … bestialité.
Vous pouvez aller l’équiper ! » fait-il aux cyborgs.

La bataille qui suit est conforme à la fois au déroulement des événements qui se sont déroulés en ce lieu perdu dans l’espace, et à ce qui était donc prévu dans les annales de la Garde.
La tactique du Gouverneur Stéphane est simple : puisqu’il connait très précisément le déroulé et les lieux exacts de ses interventions, il n’a aucun mal à faire une succession de saut sur la flèche du temps. De « T », il interrompt les circuits qui l’ont propulsé depuis son époque, disons « T + 1.000 », pour revenir à « T » dans un second saut, mais pas tout-à-fait au même endroit. Puis interrompre à nouveau les « phases », pour passer à « T + 1.000 » et ainsi de suite.
D’ailleurs, entre chaque « saut », il peut très bien se passer plus de temps que l’instantanéité apparente en « T » ne l’exige, par exemple « T + 1.000 » plus « 1 » ou « 2 », mais peu importe.
Le tout consiste à se présenter à faible distance devant la partie la plus faible du vaisseau-robot à détruire, à savoir les tuyères de ses moteurs restées « ouvertes » pour pouvoir se mouvoir et manœuvrer, avant que l’alerte « combat » ne déclenche les protections habituelles de champs d’énergie et de déclenchement de feu automatique.
Steph, choisi le moment juste avant le premier tir de semonce à recevoir : il n’aura pas été le premier à faire feu…
Là, il dégage une bouffée à haute densité de matière et antimatière simultanément depuis ses tourelles d’assaut, focalisée sur la partie visée, en même temps que les réacteurs de son vaisseau produit une accélération compensatrice : c’est que c’est assez « massif » et à grande vélocité pour avoir un effet « recul » non négligeable.
En général, le dégagement d’énergie sur la cible est particulièrement destructeur et déstabilise le vaisseau-automatique-cible.
Il assure ensuite la destruction finale par deux autres tirs du même genre et coupe les circuits de phase temporelle, avant que les morceaux du véhicule détruit ne viennent polluer son environnement immédiat au risque de collision.
C’est rapide et imparable, et il recommence sur la cible suivante.
Compte tenu du parcours pour le moins lent des signaux électromagnétiques et des photons émis à l’occasion de ces « décharges » d’énergie, la bataille semble s’écouler sur plusieurs équivalents-heures, voire équivalents-jours pour un observateur un peu éloigné.
Mais reconstitués, tous ces mouvements créent une impression de saturation, d’autant plus facilement qu’il n’y a pas de trace du tireur en déplacement d’une de ses cibles à une autre.
C’était ce qui était arrivé à Paul à Biskra : un seul bonhomme, mais ils étaient finalement quatre à faire le coup de feu contre les geôliers de Florence (2).
Là, il n’en verra pas vraiment les effets, ou pas grand-chose.

Paul se retrouve en effet propulsé, dès avant la mutinerie dans les entrailles d’une machine dotée d’un champ de gravitation léger et artificiel.
Un dédale de couloirs, de portes, avec quelques escaliers à franchir, guidé par les cyborgs qui semblent connaître les lieux comme le fond de leur poche… qu’ils n’ont pas.
Pour déboucher dans la salle de commandement alors en plein drame.
L’apparition inopinée de Paul fait son effet.
Il faut dire qu’avec tous les liserés dorés rajoutés sur son scaphandre, Paul se fait l’impression d’être déguisé en sapin de noël !
Et comme prévu, il est obligé de faire feu à deux reprises sur les « augmentés » du bord, alors qu’il a armé et déverrouillé son arme favorite pendant leur parcours dans les couloirs du vaisseau. Un mystère, ce 11,43 qui le suit depuis la Normandie…
Des « filles » d’après ce qu’il a pu en comprendre des explications antérieures de Steph.
Que ça ne se voit vraiment pas trop, finalement : aucune rondeur « attractive » à se mettre sous la macula.
Hors le fait que leur apparence est plutôt « rabougrie », pas très grande sans toutefois être des naines, métissées à des degrés divers, un peu comme « Bêta », s’agitant dans un langage incompréhensible mais retraduit par Alpha, alors que Gamma se charge de traduire ses propres ordres et indications à lui dans leur logorrhée à elles, elles ont la particularité d’être totalement imberbe, pour ne pas avoir un seul poil visible : pas de cheveu, pas de cils ni de sourcils !
Le reste, il ne sait pas encore.
Ce n’est pas que ce soit « moche », mais ce n’est vraiment pas très sexy du tout.
D’autant que leur visage reste ovale, avec des yeux très écartés au plus large de « l’ovalité », avec un nez assez affreux, équipés de narines épatées mais pareilles à celle des félins, qui se dessine à partir du tiers du visage et tombe jusqu’au-dessus de la bouche sans lèvre et assez large pour barrer le milieu du dernier tiers du visage.
Globalement, les bras sont manifestement plus longs que chez un Sapiens et les jambes plus courtes, pour un buste taillé en forme de tonneau…
Et manifestement, Paul leur fait le même effet, mais inverse, avec sa propre pilosité apparente et son aspect… humanoïde archaïque et musclé !
Pas de quoi en rire…

Cela dit, il fait venir l’amirale Landditsy dans son ex-poste de commandement et lui donne ses instructions. Pas contente du tout l’amirale. Mais elle obtempère sans résistance. Qui serait vaine : Paul a encore cinq étuis parfaitement opérationnels dans son chargeur.
Et il se retrouve affublé d’un pilote nommé Axel.
Une bouille plutôt plus moche que celles de ses copines – sans aucun cheveux ce qui lui donne un air de cancéreuse – tachetée de points de rousseur, au visage creusé par ce qui pourrait être des traces d’acné juvénile, dotée d’une voix plutôt grave et rauque, qui a l’air paniquée à l’idée de se faire violer.
Ou quelque chose comme ça…
Elle est grosse et molle des parties-molles : « Vraiment pas mon style ! »
Et puis il est entouré par Alpha et Gamma, pendant que Bêta contrôle l’évacuation du reste de la troupe des légionnaires à jeter par-dessus bord.
« Je veux faire le tour du propriétaire. »
Il aurait parlé chinois…