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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

jeudi 3 août 2023

Menaces de chaos (41/54)

40 – Interception.
 
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », du pur jus de neurone garanti 100 % bio, sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
« Des questions ? »
On l’arrête comment ce drone nucléaire ?
« En coupant son filoguidage ! Vous allez voir. C’est un énorme engin mais qui obéit au sous-marin lanceur jusqu’à attendre de lui l’ordre de se mettre en mode « supercavitation ». S’il ne reçoit plus d’indication de cap et de profondeur, il va se mettre en mode « pose » tout seul en attendant des instructions qu’il ne recevra pas, voilà tout. Vous allez le voir ! » répète-t-il.
Pas d’autre question sur le moment, tout paraît limpide dans les explications de Paul. Pourtant, Alexis imagine bien qu’il y en a plein qui se forment entre les oreilles et derrière les yeux des participants à ce conseil de guerre improvisé sous la surface de l’océan.
Notamment comment on attrape une fibre optique fine comme un fil électrique dans une vaste étendue comme l’océan…
 
Alexis, la « civile » de l’équipe hormis Paul lui-même, demande pourquoi une torpille est filoguidée ?
« Elles le sont toutes pour prendre leur cap sur leur cible une fois sortie de leur tube de lancement. Au moins sur une centaine de mètres. On ajuste sa trajectoire ensuite parce qu’on ne peut pas toujours être de face quand on est en plongée, ni quand on s’attaque à un autre sous-marin qui ne navigue pas nécessairement à la même profondeur.
Et un braquage définitif des gouvernes peut devenir dangereux pour le sous-marin lanceur : si la torpille ne va pas droit, elle fait un cercle et revient d’où elle est partie.
Mais notez que les meilleures torpilles possèdent des détecteurs acoustiques, parfois même leur propre sonar pour leur permettre de poursuivre un navire qui ferait des manœuvres d’évitement.
Ce qui est probablement le cas de la Poséidon qui est aussi créditée d’un système de positionnement GPS qui fonctionne seulement à proximité de la surface en renfort de sa centrale de navigation inertielle.
Ce qui la rend autonome et c’est ainsi que la perte du contact avec le Belgorod pourrait ne pas trop inquiéter le commandant de bord, au moins dans un premier temps.
Après chaque tir, les sous-marins rembobinent le câble de commande pour préparer la torpille suivante. Ce qui peut être long.
Mais là, avec la fibre optique qui est plus légère et moins encombrante, on peut faire plusieurs dizaines de kilomètre. »
Et ça ne casse pas en chemin ?
« C’est conçu pour résister… »
« D’autres questions ? Non, alors chacun à son poste ! »
Quel poste, pour les « observateurs » ?
La question finit par sortir : comment attrape-t-on une fibre optique ?
 
« Vous allez voir ça aussi : on cherche la trajectoire de la torpille, on se cale sous sa profondeur, on coupe son sillage et on fait rapidement surface en chassant au ballast. Le kiosque est alors censé croiser la fibre et la remonter avec nous.
En plus, là, nous disposons, depuis l’arrière, d’un câble qui tracte une bouée de surface : si on est assez profond, forcément on récupérera la fibre sur notre passage.
Si en revanche, la fibre passe sous notre quille, il faudra fissa faire demi-tour en plongeant brutalement ! »
 
Et comment sait-on qu’on l’a crochée, cette fibre ?
« Ça fait du bruit et il y a des capteurs que j’ai fait installer sur le pont et le kiosque qui la détecteront. »
Paul a réponse tout alors que les « spécialistes » opinent du chef, l’air de dire que ce plan de bataille n’est pas trop mal conçu…
Mais en fait, à leur mine, Alexis note qu’ils n’en mènent pas très large… si la menace se concrétise, parce que pour l’heure, tout cela reste très hypothétique et l’incrédulité a encore l’air de dominer les esprits : personne ne semble croire à l’imminence d’un « moment historique ».
Pensez, une attaque russe contre la baie de San Francisco avec une munition nucléaire… ce n’est pas tous les jours !
En tout cas leur conviction oscille entre une incertitude profonde et l’idée de louper une opportunité qui pourrait être payée très chère s’ils la laissent passer.
 
Le commandant du bord, le seul qui arbore une casquette crasseuse et déformée vissée sur son crâne avec quatre galons dorés qui la ceinture, manœuvre selon les indications de Paul et pendant trois bons quarts-d’heure il coupe et recoupe la ligne théorique tracée par Paul, tout en descendant à faible allure dans les profondeurs de l’océan.
D’après les cartes, il y a encore de l’eau sous la quille et il s’abstient d’envoyer un coup de sonde bien trop sonore, toujours pour rester discret.
De toute façon, le yacht des Harrison lance de temps en temps un « ping » à la recherche de gros poisson et il suffit de faire un petit calcul de l’écho sur le fond croisé avec la sonde de profondeur pour se rendre compte que « Le Loup » a encore un peu de marge de manœuvre dans cette troisième dimension-là…
Probablement aussi que l’écho du « Loup » se prolonge ainsi vers le large.
 
Les quatre filles se mettent à l’écart pour papoter un peu, en chuchotant et grignotant des biscuits secs à tremper dans ce qui ressemble à du café.
C’est qu’elle découvre qu’elles sont toutes les quatre là pour le même bonhomme.
Il y a l’épouse, la première à avoir fait craquer Paul jusque devant un pasteur à Las Vegas, il y a bien longtemps.
Depuis Paul ne s’est jamais remarié et il aura fait des enfants à une autre. Mais elle aime à faire savoir au trois autres qu’elle reste la seule à lui avoir passé l’anneau au doigt.
Il y a la maîtresse, Shirley, qui raconte que Paul lui doit la vie et comment elle aura vécu une magnifique croisière en Méditerranée[1], il y a 13 ans de ça.
Elle était raide-dingue de ce gaillard qui la regardait comme d’une gourmandise dont il aura apprécié tous les contours avec sensualité…
Son grand-amour de jeunesse.
Depuis, elle s’est mariée et élève les deux gamins dans banlieue de Londres que lui a fait un officier des SIS.
Julie et Alexis sont toutes ouïes. À tenter de démêler le vrai de la légende. Alexis se faisant parfois traduire par Julie quand les deux anglo-saxonnes échangent en anglais…
Et elles ne font qu’expliquer seulement leur rôle en quelques phrases, buvant les paroles du reste de l’aparté quand l’une des deux anglo-saxonnes les questionne.
Pas d’aventure avec Paul… que les autres en restent coites de surprise !
Il faut dire qu’Alexis et Julie ne correspondent pas vraiment aux archétypes de femmes qu’elles représentent, capables de séduire « Charlotte » en quelques clins d’œil…
Paul en dira plus tard : « Tout le monde a pris de la bouteille depuis… » comprenne qui pourra !
 
Plusieurs alertes mobilisent ensuite le personnel du bord qui écoute les « bruits de la mer ». Un chant de baleine, des dauphins qui chassent, un navire de plus qui passe au large, un banc de poisson qui se frotterait contre la coque du sous-marin.
Alexis, Shirley, Emily et Julie croisent leur regard et s’interrompent… n’est-ce pas plutôt le bruit que ferait un monstre marin inconnu venu des abysses qui les enveloppe subrepticement ?
Et puis plein de bruits d’hélice que les ordinateurs identifient grâce à leur signature acoustique en les comparant à la bibliothèque numérique embarquée.
On n’ose plus trop faire le moindre bruit à bord tout en grignotant toujours les quelques biscuits de survie laissés en libre-service et en lapant parfois des boissons froides. Parfois aussi on tape le carton pour tromper l’attente.
Au fil de l’attente, les murmures se tarissent et à part les deux officiers de l’US Navy qui échangent, en aparté leurs impressions dans un coin, il n’y a finalement que les ronronnements des ventilateurs des appareils électroniques qui meublent le silence des profondeurs océaniques.
On essaye surtout de dissiper le doute… et si la frappe partait de plus loin au Nord, ou au Sud de la droite que Paul avait tracé sur la carte ?
Sera-t-on trop loin pour être utile ?
Est-ce le bon jour ? Est-ce bien le plan des russes ?
Ou seulement le produit de l’imagination d’une IA hypothétique qui se serait prise à « fantasmer » ?
 
Et puis d’un coup tout s’enchaîne à vive allure. L’ordinateur qui analyse les échos de l’océan en temps réel clignote trop longtemps à identifier ce qui reste un « murmure », même très amplifié.
Le pacha du bord trace des petites croix sur sa carte : les azimuts. L’opérateur aux écoutes note la profondeur estimée. Paul revient avec sa règle Cras et trace rapidement au crayon une ligne droite à partir de trois points bien alignés venus du large qu’il prolonge jusque sur la côte.
Pas de doute, un « objet » se dirige tout droit à faible allure vers l’entrée de la baie à une profondeur estimée à 20/25 mètres sous la surface des flots, à l’abri de la houle !
Coup d’œil entre le commandant du bord, qui faisait faire des zigzags à son navire, et Paul qui sur un signe de tête déclenche la manœuvre d’approche.
La « torpille » va passer dans quelques minutes au droit du sous-marin et le dépasser. Celui-ci descend encore un peu à faire craquer sinistrement ses membrures, accélère ensuite un peu et change de cap.
Quelques minutes plus tard, le temps que tous les « invités » se regroupent silencieusement dans le poste de commandement, un nœud dans l’estomac, pendant que Paul trace ses petites croix qui s’alignent sur la carte sur les indications de l’analyste en « guerre acoustique » du bord, jouant le rôle de « l’oreille d’or », ses écouteurs vissés sur le crâne, le chrono dans une main, l’autre sur le gros bouton d’orientation de ses micros.
 
Quand la trajectoire du « Loup » coupe le sillage supposé de la torpille, le commandant de bord ordonne de chasser au ballast. Le sous-marin remonte rapidement dans un vacarme de jets d’eau pulsé par l’air comprimé envoyé dans les ballasts. À un moment, on entend distinctement comme une élingue qui racle la coque : « La pêche est bonne. Hameçonné ! » lance Paul qui se précipite vers le massif central des périscopes et commence à grimper sur l’échelle qui monte jusqu’au kiosque du sous-marin.
Le raclement disparaît faisant monter la tension à bord, puis réapparait plus régulièrement.
Une fois en surface, Paul ouvre l’écoutille qui laisse tomber une cataracte d’eau dans le poste des périscopes éclaboussant tout, tout autour. Il est suivi d’un membre de l’équipage qui se tenait prêt.
 
Dans le même mouvement, le commandant fait virer son embarcation pour filer vers San Francisco et passe en avance lente au moteur diesel. On a même de l’air frais dans l’embarcation qui chasse lentement la puanteur à laquelle tout le monde s’était habitué !
Pendant ce temps-là, Paul mouline déjà la fibre optique capturée, passée à la va-vite dans un chaumard, puis autour du winch de pont qui sert normalement aux manœuvres d’amarrage, sorti de son logement, et étarque le fil sur un taquet en faisant des « huit » en quelques tours de poignet pour la bloquer.
Il file ensuite vers la poupe en la tenant à la main, la passe dans un autre chaumard situé à l’arrière du navire avant de le l’enrouler sur un autre winch, celui de poupe, tire dessus et fini par faire un double huit sur un taquet.
Gustave sort à son tour, suivi de son ami vice-amiral de l’US Navy et des autres « invités » du bord et d’un second membre d’équipage.
« Beau temps ! Avez-vous une pince coupante ? »
Euh… non justement…
 
C’est finalement à l’américain, encore incrédule, de sectionner le cordon ombilical de la Poséidon en s’y reprenant à plusieurs fois, avec un gros coupe-boulon qu’on lui apporte : on est à dans les eaux territoriales de la Californie, à lui l’honneur de sauver sa patrie !
La manœuvre suivante consistera à naviguer de telle sorte que la torpille continue sur sa trajectoire, à peu près à la même allure de 5 nœuds. Mais elle semble ralentir et s’arrêter en douceur.
Au bout de 5 minutes, le bout qui se déroule toujours depuis le Belgorod resté invisible est largué et le sous-marin accélère sa course, poursuivi par le yacht des Harrison afin de se rapprocher de la torpille qui avance sur son aire, tranquillement et toujours en ligne droite vers l’embouchure du golf désormais plus proche.
Des marins moulinent le winch pour remonter la fibre, sans trop la brusquer, on embarque ainsi plusieurs kilomètres de câble fin et au bout du compte, le monstre est amené juste devant l’étrave du sous-marin en remontant vers la surface.
 
L’équipage du yacht des Harrison qui s’est rapproché la crochète par les ailerons et gouvernes de queue et finit par hisser hors de l’eau sa partie arrière qui porte la double hélice de propulsion devenue immobile, jusque sur la plage arrière pour la sortir de l’eau…
L’hélice de l’engin de mort ne réagit pas, la queue à l’air libre et le yacht prend une assiette inquiétante, soulevant son étrave tel qu’il doit ralentir et renoncer à sortir la tête de la Poséidon hors de l’eau.
Paul fait rassembler leurs affaires à ses « invités » écartelés entre la joie d’avoir réussi une manœuvre « impossible », de celles qui n’existent même pas dans les manuels de guerre, la terreur d’avoir côtoyé et vu un engin de mort atomique qui aurait pu rayer de la carte, ou en tout cas d’obliger à la refaire, une bonne partie de la Californie et d’avoir fait face avec succès à un procédé qui n’était absolument même pas admissible par les meilleurs spécialistes et experts militaires du moment.
 
Pour mémoire (n’en déplaise à « Poux-tine ») : « LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
 

 
Éditions I3


[1] Cf. épisode « Au nom du père – tome I », dans la série des « Enquêtes de Charlotte », à paraître aux éditions I3

mercredi 2 août 2023

Menaces de chaos (40/54)

39 – Le plan de « Charlotte »
 
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », du pur jus de neurone garanti 100 % bio, sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Officiellement, le samedi 12 août 2000, le Koursk est en exercice en mer de Barents, dans le cadre de grandes manœuvres visant à montrer au peuple russe que la flotte est de nouveau opérationnelle comme l’avait promis Poutine lors de son élection.
Selon la thèse officielle, il devait lancer deux torpilles d’exercice, de type 65-76, plus familièrement baptisées Tolstouchka, « grosse fille », sur le navire amiral de la flotte du Nord, le Pierre le Grand, un croiseur à propulsion nucléaire de classe Kirov.
Le système de propulsion des torpilles 65-76 est basé sur une réaction chimique entre le peroxyde d’hydrogène concentré et l’eau. La réaction chimique pousse les gaz résultants vers la turbine. Le peroxyde d’hydrogène est contenu dans un réservoir en métal à l’intérieur de la torpille. Très corrosif, il impose un entretien très régulier des torpilles, avec le changement du réservoir de peroxyde si nécessaire. Si un feu lèche l’enveloppe de la torpille, le peroxyde d’hydrogène se met à bouillir puis explose. Les mémos de sécurité des arsenaux de la marine donnent un délai maximum de deux minutes d’exposition au feu avant explosion de la torpille !
C’est dire s’il faut rester vigilant !
 
Néanmoins, selon une autre thèse, le peroxyde d’hydrogène ne serait plus utilisé depuis des années en raison des risques qu’il présente, en revanche, le Koursk devait également lancer la dernière version d’un autre type de torpille à « supercavitaion », la fameuse « Chkval », qui se caractérise par une propulsion à la vitesse exceptionnelle de 500 km/h au lieu de 70 km/h pour les torpilles classiques.
La Chine en ayant déjà acheté, la présence de deux officiels chinois accrédite l’hypothèse que ces manœuvres étaient l’occasion de faire une démonstration de la nouvelle version.
Or, deux explosions font sombrer le Koursk à approximativement 135 km de la ville de Severomorsk.
Il s’immobilise sur une zone peu profonde de la mer de Barents, à 108 m de profondeur, une profondeur si faible que si l’on avait fait basculer le Koursk verticalement, les 50 m de l’arrière, car il mesure 154 m de long, auraient été hors de l’eau et les marins qui s’y étaient réfugiés auraient pu en sortir vivants.
 
À 11 h 28 heure locale, peu avant le lancement des torpilles, une première explosion d’une puissance équivalente à 100 kg de TNT provoque une onde de choc mesurée d’une magnitude sismique de 1,5 sur l’échelle de Richter, qui se produit dans le compartiment avant du sous-marin. Selon la version officielle, ce serait une fuite de peroxyde d’hydrogène employé pour amorcer la propulsion des torpilles, qui aurait réagi avec le cuivre et le laiton des compartiments torpille, conduisant à une réaction en chaîne…
La cloison étanche qui sépare la salle des torpilles du reste du bâtiment étant ouverte, peut-être pour éviter une surcompression d’air lors du lancement des torpilles mais selon toute vraisemblance plutôt à cause d’une erreur humaine, l’onde de choc se propage aux deux premiers compartiments avant, tuant probablement sur le coup les sept marins du premier et blessant grièvement les trente-six autres présents dans le second, où se trouve le poste de commandement.
Au cours des deux minutes qui suivent, le commandant du navire, qui officie dans le troisième compartiment, ne lance pas de signal de détresse. Aucune balise de détresse n’est larguée, alors qu’un dispositif automatique réagit normalement à tout feu ou explosion dans le sous-marin.
Un incident survenu l’été précédent en Méditerranée, lors duquel un lancement de balise mal évalué avait risqué de dévoiler la position du sous-marin à la flotte américaine qui croisait à proximité, avait probablement amené l’équipage à désarmer ce dispositif.
Le moteur du Koursk est alors lancé à pleine puissance, sans que l’on connaisse l’intention du commandant, surface ou fuite.
 
Deux minutes et quinze secondes après le premier choc, une explosion bien plus importante ébranle le Koursk. Les stations de mesure sismique d’Europe du Nord montrent que cette explosion intervient au niveau du fond marin, ce qui tendrait à prouver que le sous-marin a alors heurté le fond. Ce choc additionné à la hausse de température engendrée par la première explosion a déclenché l’explosion d’autres torpilles.
Cette seconde explosion développe une puissance équivalente à 3 à 7 tonnes de TNT, soit l’équivalent d’une demi-douzaine de têtes de torpilles : les mesures montrent une magnitude sismique de 3,5 sur l’échelle de Richter.
La coque, prévue pour résister à des pressions externes de 1.000 m de profondeur, est éventrée sur une surface de 2 m². L’explosion ouvre également des voies d’eau vers les troisième et quatrième compartiments. L’eau s’y engouffre alors à raison de 90.000 litres par seconde, tuant tous les occupants de ces compartiments, dont cinq officiers.
Le cinquième compartiment contient les deux réacteurs nucléaires du sous-marin et il est protégé par une paroi de 13 cm d’alliage de titane et ses cloisons résistent.
Les barres commandant les réacteurs restent donc en place.
 
C’est ce que vont affronter Paul et l’équipage de son sous-marin.
Paul décrit alors devant son aéropage la manœuvre qui va conduire à la capture de la torpille Poséidon russe.
Une prise qui va faire saliver bien des experts occidentaux.
« On va plonger en immersion périscopique de façon à rester en vue du yacht des Harrison convoqué sur place pour nous servir de plastron et qui va suivre la bouée de signalement trainée dans notre sillage au fil de notre avancement.
Officiellement c’est un yacht de loisir qui va faire un peu de bruit et, quand il recevra notre signal, il va faire beaucoup plus de boucan, comme s’il était en train de pêcher un squale ou un espadon : il est équipé pour ça.
Nous, en revanche, après « dilution », on mettra le cap au Nord pour rejoindre le travers de Berkeley au droit de l’entrée de la baie. À pas plus de trois nœuds pour rester discret et surtout à l’écoute des bruits du fond de l’océan. »
« Parce que vous comptez détecter ainsi l’approche du sous-marin nucléaire russe de dernière génération ? » questionne Gustave.
Sûrement pas ! « Il navigue en mode furtif depuis un long moment. Probablement en immersion profonde et à petite allure. Indétectable même au sonar !
Or, on ne va pas lui révéler notre présence en faisant fonctionner le nôtre. Il faut qu’il ne se doute de rien.
En revanche, à un moment on va entendre sa torpille naviguer vers la côte.
Là encore, en mode furtif. Probablement en-deçà de 5 nœuds pour faire le moins de bruit possible.
Notre rôle sera de croiser sa route dans son sillage en descendant sous les 50 mètres. »
Et alors ?
 
« Une minute, je croyais que cette torpille était capable de tracer à plusieurs centaines de kilomètres par heure… » intervient le vice-amiral américain dans un français approximatif pour être certain que tout le monde comprenne son scepticisme soudain.
« En mode « supercavitation », bien sûr. Mais ça c’est pour la phase finale de son lancement, les 10 derniers kilomètres, une fois à proximité de l’entrée de la baie.
Parce que ça fait un tapage épouvantable ! »
« Euh, commandant de Bréveuil, là où nous sommes, elle arrivera sous le « golden Brigde » bien avant nous, surtout si elle accélère. Il nous sera impossible de l’intercepter, vous signale-je, mon petit-vieux ! » intervient Gustave.
Évidemment !
« Nous le ferons avant qu’elle n’y parvienne. »
Et comment ?
En tirant dessus ? Et avec quoi ?
« Mais on ne la détruit pas ! » s’insurge Paul. « Ce serait dommage de priver les experts d’une étude détaillée de ses organes et mécanismes. »
Regards interrogatifs autour de la table à carte, située au milieu du poste de commandement du « Loup » et où Paul pointe du doigt depuis le début les indications géographiques illustrant son propos.
 
« La torpille n’est autonome que sur la fin de son parcours. Elle file tout droit, mais encore faut-il la faire pointer de façon précise vers son objectif, une fois qu’elle aura passé l’entrée de la baie, entre les piliers du Golden Gate Bridge. Et ça c’est le rôle du sous-marin lanceur. »
Ce qui veut dire ?
« Qu’elle est filoguidée ! » comme la plupart de ses congénères modernes.
« On chope la fibre optique qui la guide, on remonte en surface et on l’enroule sur le winch d’amarrage du pont avant.
Ensuite, on coupe la fibre et la torpille devient inerte faute d’instruction. Il n’y aura plus qu’à rembobiner la fibre pour la capturer… »
« Osé ! » sifflent ensemble l’amiral américain et le « candide » du bord.
« Vous voyez un autre moyen d’éviter une troisième guerre mondiale meurtrière, vous ? »
On n’y est pas encore, loin de là !
« Sorry, mais le Belgorod ne se doutera-t-il pas que son drone a été intercepté quand il perdra le contact avec ce… cette torpille ? » intervient le lieutenant de vaisseau de la Navy.
Bien sûr que si : « Il le saura immédiatement ! »
 
Mais avant qu’il ne comprenne ce qui se passe, « on aura piqué un sprint jusqu’à se mettre sous la protection des garde-côtes, aidé par le tintamarre que fera le yacht des Harrison à ce moment-là. »
« Ils pourraient tirer une seconde torpille… »
Ils n’en ont qu’une… « Et la première étant défaillante, la mission ayant échoué, le commandant de bord préférera prendre le large pour rendre compte de l’état défectueux du matériel qu’on lui a confié sans avoir pu faire des essais à la mer, attendre les ordres et faire procéder à une enquête.
C’est qu’en ce moment même, la délégation russe arrive à Bali pour participer au G 20. La position de son pays deviendrait extrêmement délicate : une attaque surprise et unique, suivie d’un « Big One » qui ravagerait la région, les diplomates du Kremlin peuvent encore nier toute implication avec ferveur et conviction dans le désordre qui va suivre comme ils savent si bien le faire depuis des mois, mais deux projectiles, ce n’est plus une surprise, c’est un acte de guerre délibéré !
Ce qui change tout.
Ce n’est plus de la compétence du commandant du Belgorod… »
 
Et nous ? « On ne risque pas une attaque ? », s’inquiète Emily pas très courageuse face à cette perspective…
« Mais non ! Je ne vous aurai pas tous embarqués dans cette galère si nous y risquerions notre matricule.
Comment veux-tu que le Belgorod sache ce qui se passe en surface avec son matériel expérimental alors qu’il est en plongée profonde en-deçà du plateau continental qui forme un écran entre lui, sa torpille et nous ?
Il nous entend, ça c’est certain, il peut suivre son engin tant qu’il est relié à lui grâce à sa fibre optique qui le renseigne, mais une fois coupée, il ne sait plus ce qui se passe sur le plateau continental. Il va juste attendre et espérer que sa torpille suive sa trajectoire programmée et arrive à destination.
Ce n’est que quand il ne détectera aucune explosion qu’il comprendra que son assaut aura échoué ! »
Oui, mais… « s’il perd le contact avec sa Poséidon, il va savoir que celle-ci rencontre un problème. »
Bien sûr ! « Mais lequel ? 
Ce n’est que quand il ne l’entendra plus qu’il en déduira qu’elle n’avance pas selon la trajectoire prévue. D’ailleurs, là où il est, il ne l’entend peut-être déjà plus alors qu’elle navigue au-dessus du rebord du plateau continental, en mode furtif.
Lui peut naviguer entre 500 à 1.000 mètres en dessous, et tout est normal tant que la fibre de guidage continue de se dérouler. Or, nous allons amarrer le brin sur la poupée de winch à l’arrière pour qu’elle continue de se dérouler en tractant l’avant pour choper l’engin en appuyant un peu au moteur, couvert par les bruits du yacht des Harrison.
En réalité, il perd le contrôle de la Poséidon, mais ne sait plus rien de ce qui se passe clairement en approche de l’entrée de la baie tant qu’il ne refera pas surface pour un coup de radar ou de périscope.
Or, il ne le fera pas pour éviter de se signaler au destroyer qui descend en ce moment du port d’Anchorage, en Alaska où il était en patrouille, alors qu’il navigue vers San Diego. »
 
« Des questions ? »
On l’arrête comment ce drone nucléaire ?
 
Pour mémoire (n’en déplaise à « Poux-tine ») : « LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
 

 
Éditions I3

mardi 1 août 2023

Menaces de chaos (39/54)

38 – La « supercavitation »
 
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », du pur jus de neurone garanti 100 % bio, sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
C’est que le K-329 est un sous-marin nucléaire monstrueux.
Construit sur la base d’un bâtiment de la classe « Oscar II », il fait partie des systèmes d’armes présentés comme « invincibles » par le président russe au cours de son discours annuel du 1er mars 2018.
Ses capacités opérationnelles et sa destination aux missions spéciales font qu’il est confié aux spécialistes des plongées en eaux profondes du GUGI, la direction principale de la recherche en haute mer du ministère de la Défense de la fédération de Russie de la 29ème Brigade autonome des sous-marins de la flotte du Nord, stationnée en baie de la base navale de Gadjievo située au Nord de Mourmansk. Une unité qui dépend directement du ministère de la Défense russe, et non de la flotte militaire de Russie…
Opérationnel depuis seulement avril 2021, parce que retardé par un accident sur un autre bâtiment et un changement d’objectif plus tard, il a finalement été déployé dans la zone Pacifique.
Ce passage au second plan des objectifs en Arctique aura été mis sur le compte de l’accident à bord du Losharik en juillet 2019[1], comme de la montée des tensions en mer de Chine dans le cadre du partenariat militaire régulier entre la Russie et la Chine dans cette zone maritime, d’après les services de renseignements occidentaux.
Sa première mission est en réalité toute autre…
 
Des aléas rencontrés durant ces essais en mer ont entrainé de nouveaux retards de plusieurs mois, l’agence de presse Tass annonce le 26 janvier 2021 que sa mise en service a été repoussée en été 2022, avec une cérémonie qui aura eu lieu le 31 juillet.
Le 8 juillet 2022, en pleine « opération spéciale » en Ukraine, il est enfin livré officiellement à la marine russe par le chantier naval Sevmash.
C’est un engin de 184 m de long pour un maître-bau de 15 m, déplaçant 14.700 t en surface
Et probablement entre 24.000 à 30.000 t en immersion, propulsé par 2 réacteurs nucléaires totalisant une puissance de 190 MW. Il pourrait plonger entre 500 à 520 m, donc sous le niveau du plateau continental californien, pendant environ 120 jours et filer à la vitesse de 32 nœuds, soit plus de quatre fois le tour de la planète sans refaire surface !
Et ce qui en fait un vecteur redoutable, c’est qu’il est équipé de 6 torpilles nucléaires Poséidon.
 
Or, les caractéristiques opérationnelles précises du drone sous-marin Poséidon, bien plus qu’une simple torpille, sont en principe maintenues comme « classifiées ». Mais on suppose que chacune d’elle fait 24 mètres de long pour 2 mètres de diamètre et pèse autour de 60/70 tonnes. Ce qui nécessite des ouvertures de lancement inhabituelles, la plupart des torpilles en service dans le monde entier étant au standard des 553 millimètres. Ou 533 mm.
Sa vitesse pourrait varier entre une trentaine de nœuds en mode furtif, et jusqu’à 70 à 200 nœuds sur une distance de 10 kilomètres et à faible profondeur grâce à l’emploi de techniques de « supercavitation » pour un rayon d’action total de plus de 10.000 kilomètres à plus de 1.000 mètres de profondeur. Car sa source d’énergie serait nucléaire !
Sa charge militaire potentielle serait 2 Mt à 100 Mt…  En fait, il s’agit plus d’un drone sous-marin et pas d’une torpille, en principe équipé de capteurs pour s’orienter seul vers sa cible.
Quant à la technologie de « supercavitation », elle n’est pas en soi nouvelle dans l’arsenal russe, puisqu’elle est déjà utilisée par les torpilles à grande vitesse dites Shkval et leurs remplaçantes à venir.
Mais le principe de leur utilisation reste controversé dans les marines du monde.
 
C’est une technique de propulsion sous-marine permettant à un objet de produire un gaz assez chaud pour vaporiser l’eau autour du nez de la torpille qui l’enveloppe ensuite totalement afin de réduire le frottement de l’eau. Un gaz comme la vapeur d’eau est en effet environ 800 fois moins dense que l’eau de mer. Le pouvoir de pénétration, autrement dit la résistance à l’avancement, le « Rx », est le résultat du carré de la vitesse, de la moitié de la densité du fluide traversé et d’un coefficient « cx » propre à la forme de l’objet en mouvement, en est alors radicalement réduit.
Or, la cavitation est un phénomène qui se produit quand un liquide est accéléré à grande vitesse, par exemple au niveau des parois des pales d’une hélice, un phénomène qui dégrade la puissance délivrée et abîme les matériaux. La pression du fluide baisse à cause de sa grande vitesse selon les théorèmes de Bernoulli, et, quand la pression du liquide chute en-dessous de la pression de vaporisation, l’eau se vaporise effectivement en formant de petites bulles de vapeur d’eau qui prend alors une forme gazeuse.
 
En hydrodynamique ordinaire, la cavitation est un phénomène qui, la plupart du temps, est fortuit et indésirable : habituellement, les bulles ne sont pas soutenues mais implosent à cause du ralentissement soudain du fluide et de l’élévation soudaine de la pression ambiante. Ces petites implosions mènent à des dommages physiques, par exemple à la détérioration d’une hélice mal conçue.
La création d’une « supercavitation » simplement par l’exercice d’une force plus grande sur l’eau n’est en principe pas réaliste étant donné que la friction devient proportionnellement plus grande. Sauf qu’elle peut être engendrée en injectant un gaz chaud à l’avant de la torpille qui va ébouillanter l’eau de mer. Dès lors, la torpille pénétrera continuellement dans ce gaz et cela formera un « enduit gazeux » autour d’elle, réduisant le frottement de l’eau.
 
Il se trouve que dans les années 1960, les ingénieurs soviétiques ont développé le premier projectile à employer la « supercavitation » : la torpille VA-111 Chkval. Celle-ci voyage à 100 m/s, 360 km/h ou 194 nœuds dans l’eau, soit 3 à 5 fois plus vite que des torpilles conventionnelles !
Des vitesses encore plus rapides, d’environ 140 m/s, 504 km/h ou 272 nœuds, ont été également rapportées. Cependant si le projectile gagne en vitesse, ce genre de torpille perd en maniabilité, du coup elles obligent à un tir direct, tout droit sur la cible, car elles ne peuvent pas virer comme les torpilles traditionnelles parce que cela romprait le courant des bulles autour du projectile.
Il convient également de préciser qu’hormis la Russie, l’Iran, l’Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni possèdent de telles torpilles contre lesquelles aucun sous-marin à propulsion classique ne peut plus rivaliser en vitesse.
En 2004, le fabricant d’armes allemand DIEHL BGT a même annoncé sa propre torpille à « supercavitation » appelée « Barracuda » qui atteindrait une vitesse de 800 km/h, la vitesse d’un avion de ligne volant à 10.000 mètres et non pas sous l’eau, mais qui s’avèrera finalement être une torpille limitée à la vitesse de 370 km/h.
Ce qui est déjà énorme…
 
Néanmoins, l’usage de ces torpilles semble poser de nombreux problèmes techniques.
On reste très méfiant dans les marines de guerre occidentale, notamment depuis, l’accident du HMS Sidon, qui n’a pourtant rien à voir avec cette technologie.
Le sous-marin de la Royal Navy, lancé en septembre 1944, appartient au troisième groupe de sous-marins de « classe S » construit au chantier naval de Cammell Laird & Co Limited, à Birkenhead, aura été la première victime d’une explosion causée par une torpille défectueuse qui aura provoqué sa perte dans le port de Portland, donc sans être tirée, entraînant la mort de 13 marins.
Ce qui reste rare, car la porte intérieure du tube lance-torpille est conçue pour être trois fois plus résistante que la trappe extérieure, de telle sorte qu’une explosion à l’intérieur du tube aurait été principalement dirigée vers la mer.
En effet, les submersibles sont armés de torpilles, lancées par des tubes fixes, à l’avant et à l’arrière du navire.
 
Dans la matinée du 16 juin 1955, le Sidon était à quai à côté du navire-dépôt HMS Maidstone dans le port de Portland. Deux torpilles Mark 12 de 21 pouces, propulsées au « High test peroxyde » et ayant pour nom de code « Fancy », avaient été chargées à bord pour procéder à des essais.
Cinquante-six officiers et hommes d’équipage se trouvaient à bord.
À 8 h 25, l’explosion de l’une des torpilles « Fancy » a lieu à l’intérieur du tube lance-torpilles n° 3 dans lequel elle avait été chargée et entraîne la rupture des deux compartiments avant.
Un incendie et l’émission de gaz toxiques et de fumée accompagnent l’explosion. Douze hommes présents dans les compartiments avant meurent instantanément et sept autres sont grièvement blessés.
 
Le sous-marin commence à pencher vers l’avant en raison de la voie d’eau avec une inclinaison à tribord et, son officier supérieur, le Lieutenant Commander Verry, ordonne l’évacuation du sous-marin à partir de la salle des machines et du sas d’évacuation situé à la poupe.
Grâce aux secours apportés par l’équipage du Maidstone, tous ceux qui n’avaient pas été tués immédiatement par l’explosion parviennent à s’échapper à l’exception de l’officier médical du Maidstone, le Temporary Surgeon Lieutenant Charles Eric Rhodes. Il se rend à bord du Sidon pour porter assistance à plusieurs survivants avant de mourir asphyxié car il n’avait pas été entraîné à revêtir la combinaison DSEA qu’il avait enfilée.
Vers 8 h 50, le Sidon sombre au fond du port.
Le 1er novembre 1955, Rhodes est décoré à titre posthume de la Médaille Albert pour avoir sacrifié sa vie pour venir en secours aux marins du Sidon.
La semaine suivante, l’épave est renflouée et remorquée dans une cale sur Chesil Beach. Les dépouilles des 12 marins et de Rhodes sont retirées et enterrées avec les honneurs au Royal Naval Cemetery de Portland, qui surplombe le port.
 
Une commission d’enquête dégage ensuite toute responsabilité pour la perte du Sidon. La cause de l’accident est analysée comme étant le dysfonctionnement de la torpille « Fancy ». Une torpille qui avait été préparée pour le tir d’essai prévu dans la matinée avait commencé à chauffer ― son moteur s’était déclenché alors que la torpille était encore à l’intérieur du sous-marin et était en excès de vitesse, créant une pression très élevée dans son système de carburant similaire à celui du mécanisme de la « supercavitation ».
La torpille « Fancy » utilisait du « high test peroxyde » comme oxydant.
Quand une ligne d’oxydant éclate, l’HTP est pulvérisée sur les parois en cuivre à l’intérieur de la torpille, la décomposition produisant de l’oxygène et de la vapeur d’eau. La tête de la torpille n’a pas explosé, mais sa coque éclate violemment rompant les parois du tube lance-torpilles et causant une voie d’eau qui mènera au naufrage du bâtiment.
Ce programme de torpille a cessé d’être utilisé et les torpilles du même type sont retirées du service en 1959 : Trop dangereuse, cette technologie-là…
 
Parmi les accidents similaires de sous-marin, plutôt rares, et bien plus tard, on peut aussi signaler que, selon une information du quotidien « The Sun », confirmée par le ministère britannique de la Défense auprès du « Telegraph », le HMS Victorious a également été contraint de faire surface après un début d’incendie à son bord. Et cela, au risque de se faire repérer par les satellites russes.
Le SNLE devait se rendre aux États-Unis « pour une série d’exercices ». Depuis, il est retourné à la base de Faslane en Écosse, où il devrait être immobilisé pendant quelques temps.
Les torpilles semblent n’y être pour rien, car selon les explications données au Telegraph, le feu aurait été causé par un court-circuit au niveau d’un module onduleur, qui convertit un courant continu en courant alternatif. Tous les membres de l’équipage, y compris ceux qui étaient au repos, ont été mobilisés pour combattre l’incendie et, surtout, pour s’assurer qu’aucun autre n’était sur le point de se déclarer.
Pour rappel, un SNLE de classe Vanguard affiche un déplacement de 15.900 tonnes pour une longueur de 149,90 mètres et un maître-bau de 12,80 mètres. Mis en œuvre par un équipage de 135 sous-mariniers, il emporte jusqu’à seize missiles nucléaires Trident 2D5 et douze torpilles de 533 mm.
Admis au service en 1995, le HMS Victorious est le second de la série.
 
En revanche, dans le même ordre d’idée, on suppute dans les états-majors occidentaux que la perte du Koursk russe, le K 141, serait probablement dû à l’instabilité des torpilles à « supercavitation ».
 
Pour mémoire (n’en déplaise à « Poux-tine ») : « LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
 

 
Éditions I3

[1] Un grave incendie se produit le 1er juillet 2019 à bord du Losharik, et le ministère russe de la Défense annonce que 14 officiers sous-mariniers – tous ultérieurement identifiés comme membres de l'élite des hydronautes de l’unité militaire russe 45707 – dont sept « capitaines de premier rang » (équivalent au grade français de capitaine de vaisseau) et deux « Héros de la fédération de Russie », sont morts en mer de Barents dans les eaux territoriales russes du fait de l’inhalation de produits de combustion à bord d’un véhicule submersible de recherche destiné à étudier les fonds marins.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov annonce que les informations détaillées – dont le nom du sous-marin victime de l’accident – ne sont pas rendues totalement publiques car « elles se trouvent dans la catégorie du Secret d’État ».
L’incendie a été éteint grâce au « comportement héroïque » de l’équipage. Les cinq survivants ont maîtrisé le feu et fait remonter le sous-marin à la surface. Le sous-marin est par la suite rapidement convoyé par le BS-64 Podmoskovye jusqu’au port de Severomorsk, puis amené au centre confidentiel des réparations navales Zvezdochka.
Si l’incendie a officiellement démarré dans le compartiment des batteries, sans toucher son réacteur nucléaire, les dégâts seraient néanmoins très importants selon des sources confidentielles, puisque seraient touchés les équipements radio-électroniques, les systèmes acoustiques et de navigation, le système de survie de l’équipage, et certaines parties en titane pour la partie structurelle.