« Zèle-en-ski » aura tranché…
Et le vieux aura eu la peau du jeune loup…
Le conflit entre le ministre de la défense Mykhaïlo Fedorov, 35 ans, et le chef d’état-major Oleksandr Syrsky, 60 ans, a été tranché : Fedorov a été limogé ! Une décision qui a suscité une large levée de boucliers au sein de la population mais aussi parmi les proches soutiens du président. Et c’est la deuxième fois en un an, qu’une décision de « Zèle-en-ski » provoque des manifestations de protestation dans plusieurs villes d’Ukraine !
Ce qui méritait d’être souligné : Verrait-on en « Gauloisie-lumineuse » des manifestations de rue pour soutenir tel préfet de police contre son « sinistre » de tutelle ?
Pour les amnésiques, rappelons qu’en juillet 2025, le
président avait tenté de réduire les prérogatives de deux agences
anticorruptions indépendantes, ce qui avait suscité une vive contestation, au
point qu’il dut se résoudre à faire machine arrière. Après tout, il avait été
élu pour lutter contre la corruption qui mine tout et reste un barrage à l’entrée
dans l’UE…
Cette fois, c’est le limogeage du très populaire « sinistre de la Défense », Mykhaïlo Fedorov – dans le cadre d’un remaniement plus vaste marqué surtout par le départ de la « première sinistre » Ioulia Svyrydenko – qui a déclenché la colère de la rue.
D’autant que ce n’est pas la première fois que « Zèle-en-ski » remanie son équipe en charge de la défense : Oleksiï Reznikov, « sinistre-en-poste » depuis 2021, avait été démis de ses fonctions en 2023 à la suite d’une série de scandales de corruption très médiatisés.
Il avait été remplacé par Roustem Oumerov qui resta à ce poste jusqu’en juillet 2025, quand il fut nommé secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine dans le cadre d’un déjà vaste remaniement gouvernemental.
Son successeur, Denys Chmyhal, qui avait été « premier sinistre » durant les cinq années précédentes, n’est resté en fonctions qu’un peu moins de six mois avant d’être lui aussi emporté, en janvier 2026, par un nouveau remaniement, conséquence prolongée des scandales de corruption de l’été 2025.
Devenu « sinistre de l’Énergie », il avait cédé sa place à Mykhaïlo Fedorov.
Cette fois-ci, ce qui distingue l’éviction de Fedorov
de celles de ses prédécesseurs, c’est qu’il s’agit de la première
réorganisation motivée non par un scandale, mais par des désaccords internes au
sein même du cercle rapproché de « Zèle-en-ski ».
Récemment, lors d’une conférence de presse du 16 juillet, Fedorov a accusé le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrsky, d’entraver ses projets de réforme et de « diviser le pays ».
Les tensions entre les deux hommes étaient devenues de plus en plus visibles. Selon plusieurs sources, chacun aurait réclamé le départ de l’autre, au lieu de parvenir au compromis souhaité par « Zèle-en-ski ».
Le choix du président de soutenir le commandant en chef plutôt que son « sinistre de la défense » peut paraître surprenant puisque dès son passage au ministère de la transformation numérique, immédiatement après l’arrivée de « Zèle-en-ski » au pouvoir en 2019 (il était alors devenu, à 28 ans, le plus jeune « sinistre » de toute l’histoire du pays), Fedorov s’était imposé comme l’un des principaux promoteurs de la guerre conduite par drones.
Et depuis sa nomination au ministère de la défense en janvier, l’Ukraine était parvenue à ralentir sensiblement la dynamique des forces russes.
Cette évolution s’explique en grande partie par l’intensification des frappes contre les infrastructures pétrolières russes, l’un des piliers de l’économie de guerre du pays.
Porter la guerre subie sur les infrastructure de l’envahisseur est le meilleur moyen de le faire plier puisque tout le reste ne fonctionne décidément pas…
Fedorov s’était également attaqué à la réforme des
procédures d’achat du ministère de la défense. En juin, il déclarait que la
mise en concurrence systématique des marchés avait permis d’économiser plus de
100 M$ grâce à une baisse du coût des obus d’artillerie de 155 mm.
C’est probablement là que se trouve l’une des principales sources de son conflit avec Syrsky, qui décide des systèmes d’armes et des équipements militaires à acquérir. Et au-delà des questions de corruption, c’est en réalité la maîtrise des décisions qui est en jeu, avec, en toile de fond, un affrontement entre deux cultures : Celle du modernisateur Fedorov et celle d’un haut commandement militaire plus traditionnel, incarné par Syrsky.
À noter qu’après son limogeage, Fedorov aurait refusé
de conserver un rôle de conseiller auprès du Président et deux éminents
conseilleurs du ministère de la défense, Serhiï « Flash » Beskrestnov et Serhiï
Sternenko, ainsi que le commandant en second de l’armée de l’air, Pavlo
Yelizarov, ont depuis présenté chacun leur démission.
Ces départs illustrent bien davantage les profondes divergences stratégiques qui traversent les plus hautes sphères du pouvoir ukrainien quant à la conduite de la guerre.
D’autant que le premier choix de Zelensky pour succéder à Fedorov se serait porté sur Ihor Klymenko. Mais celui-ci aurait décliné l’offre et devrait finalement prendre la tête du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine.
Ancien chef de la police nationale et « sinistre de l’Intérieur » depuis 2023, Klymenko était considéré comme l’homme capable de résoudre la crise persistante du recrutement militaire.
C’est d’ailleurs le domaine dans lequel Fedorov semble avoir obtenu les résultats les plus décevants, or, l’Ukraine se vide de ses hommes en âge de combattre : Soit ils sont déjà au front, soit ils se cachent, soit ils sont en exil à l’étranger. Une situation anxiogène pour l’économie et le moral du pays…
Alors que les rumeurs d’une nouvelle mobilisation
russe à l’automne persistent, la pénurie d’effectifs apparaît plus que jamais
comme l’un des principaux défis auxquels l’Ukraine est confrontée.
Or, selon le propre constat de Fedorov, l’ampleur du problème est considérable : Deux millions d’Ukrainiens seraient actuellement recherchés pour avoir échappé à la conscription, tandis que 200.000 militaires seraient absents de leur unité sans autorisation…
Toutefois, en tant que « sinistre de l’Intérieur », son successeur portait lui-même une part de responsabilité dans les dérives de ce que les Ukrainiens appellent désormais la « busification » : Ces arrestations forcées d’hommes en âge de servir, embarqués dans des véhicules par les agents chargés de la mobilisation.
Klymenko a toujours soutenu que ces pratiques s’inscrivaient dans le cadre légal de la loi martiale.
Son refus d’accepter le portefeuille de la Défense peut d’ailleurs être interprété comme une reconnaissance implicite de l’extrême difficulté que représenterait une réforme du système de recrutement.
D’autant que « Zèle-en-ski » s’est publiquement engagé à mettre fin à la « busification » lors de sa conférence de presse du 16 juillet à Kiev, aux côtés du « premier sinistre » britannique sortant, « Kyr-Étoile-de-mer ».
C’est finalement Ievhen Khmara, général de division et
directeur par intérim du Service de sécurité d’Ukraine (SBU), qui a été nommé « sinistre
de la Défense » également par intérim. Compte tenu du rôle qu’il a joué
dans le renforcement de la campagne aérienne ukrainienne contre la Russie, sa
désignation répond en partie aux critiques suscitées par l’éviction de Fedorov.
Des membres du propre parti de « Zèle-en-ski » avaient souligné que Klymenko ne partageait pas suffisamment la stratégie de Fedorov pour conduire la guerre.
Pour autant, un retour à la vision stratégique défendue par Fedorov ne résoudra ni la crise du recrutement, ni le conflit de fond avec Syrsky.
Or, le maintien de ces tensions risque d’être particulièrement déstabilisateur, d’autant que le calendrier de confirmation de Khmara par le Parlement demeure incertain.
Car, conformément au droit ukrainien, Khmara devra
d’abord quitter le service actif avant de pouvoir exercer les fonctions civiles
de « sinistre de la défense ». Le président devra ensuite le proposer
officiellement, avant que la Rada, le Parlement ukrainien, ne valide sa
nomination.
Et comme lors de la crise de corruption de l’été 2025, « Zèle-en-ski » parviendra sans doute à surmonter cette nouvelle épreuve. Mais le prix politique pourrait être élevé : Une nouvelle érosion de son autorité et un rétrécissement progressif du cercle des collaborateurs en qui il place sa confiance.
Mais ce départ est surtout une aubaine pour la « Sainte-Russie »
de « Pal-Poux-tin » : Les réseaux russes favorables à la guerre
y voient une occasion d’affaiblir encore les réformes engagées contre Moscou.
D’autant que le moment reste délicat pour l’Ukraine qui manque toujours de soldats, de systèmes de défense aérienne et de moyens occidentaux capables d’intercepter certains missiles balistiques russes.
Elle tente parallèlement de ralentir les forces de Moscou dans l’Est du pays. Et plusieurs parlementaires appartenant au parti de « Zèle-en-ski » ont publiquement regretté son départ : Fedorov bénéficiait d’une image favorable auprès de nombreux partenaires étrangers, notamment grâce à son discours axé sur l’innovation et la transparence des achats militaires.
Des militaires, des vétérans et des membres de la société civile ont demandé le maintien de Fedorov ou, au minimum, la poursuite de ses réformes.
Ses soutiens mettent en avant l’amélioration des achats de drones, la numérisation des communications, la simplification de certaines démarches administratives et la lutte contre les détournements dans les marchés de Défense.
Son départ aura aussi provoqué une démission
symbolique : Pavlo Yelizarov, commandant adjoint de l’armée de l’air, a
annoncé qu’il quittait ses fonctions. Il estimait que l’interruption des
réformes de la défense aérienne pouvait accroître la vulnérabilité du pays face
aux missiles et aux drones russes.
Pour contenir la crise, « Zèle-en-ski » a désigné, comme on vient de le dire, Yevhenii Khmara, alors chef par intérim du service de sécurité ukrainien SBU, en qualité de « sinistre » de la Défense par intérim : Ancien responsable de l’unité spéciale Alpha, Khmara dispose d’une expérience reconnue dans les opérations technologiques et les frappes ukrainiennes à longue portée.
Son profil suggère donc que Kyiv ne souhaite pas abandonner la guerre numérique développée sous Fedorov.
Et les réactions venues de Russie permettent de
mesurer l’importance stratégique attribuée à Mykhailo Fedorov. Une analyse
publiée par The Moscow Times a recensé plusieurs messages de blogueurs
militaires et de chaînes Telegram favorables au Kremlin. Ces relais de la
guerre russe ont présenté l’ancien « sinistre » comme un adversaire
particulièrement compétent.
Alekseï Jivov a ainsi estimé, en substance, que les opérations russes pourraient devenir plus simples après son départ !
Le blogueur Sviatoslav Golikov a reconnu que les actions conduites par l’équipe de Fedorov avaient eu des conséquences significatives pour les forces russes.
D’autres canaux espèrent que le changement de « sinistre »
entraînera aussi le départ de responsables chargés de la numérisation et des
programmes de drones. Cette satisfaction ne repose donc pas uniquement sur la
personnalité de Fedorov. Elle concerne surtout le système qu’il cherchait à
construire. L’ancien entrepreneur avait défendu une armée plus souple,
utilisant les données du champ de bataille pour commander rapidement des
équipements et adapter les tactiques. Il avait également accéléré le recours
aux drones afin de compenser la supériorité numérique de la Russie. Ces
appareils permettent de surveiller le front, de frapper des véhicules, de
guider l’artillerie et d’attaquer des infrastructures situées loin des lignes
de combat.
Fedorov était déjà associé à cette transformation avant son passage au ministère de la Défense : « Sinistre de la Transformation numérique » au début de l’invasion de 2022, il avait sollicité « Élan-Must » pour obtenir l’activation du réseau satellitaire Starlink en Ukraine. Des dizaines de milliers de terminaux ont ensuite été utilisés pour assurer les communications civiles et militaires.
À la tête de la Défense, il a cherché à élargir cette logique technologique : Sous son mandat, l’Ukraine a renforcé ses achats de drones et développé une stratégie fondée sur l’usure des forces russes.
Elle a aussi multiplié les frappes contre des installations pétrolières, des dépôts logistiques et des sites industriels participant à l’effort de guerre de Moscou.
Le départ de Fedorov ne constitue toutefois pas
automatiquement un avantage militaire durable pour la Russie. Les compétences
techniques, les unités de drones et les chaînes de production ukrainiennes ne
disparaissent pas avec un « sinistre » quel qu’il soit :
Yevhenii Khmara possède lui-même une solide expérience des opérations spéciales
et technologiques.
Le véritable risque pour Kiev se trouve ailleurs : Une longue période d’incertitude, une rupture dans les commandes ou une mise à l’écart des équipes chargées des réformes pourrait ralentir l’adaptation de l’armée.
La Russie exploite déjà cette crise pour nourrir l’idée d’un pouvoir ukrainien divisé. Le « cadeau à Moscou » évoqué par certains commentateurs russes reste donc, à ce stade, une espérance politique et propagandiste.
Il ne deviendra un avantage concret que si l’Ukraine laisse les rivalités internes interrompre la modernisation de sa Défense.
C’est tout l’enjeu des prochains jours, voire seulement semaines… éléments qui vont être intéressant à suivre.
Pour mémoire (n’en déplaise à «
Pal-Poux-tine ») : LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON
RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC
LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весlь позор!
Pétition · Renommez la rue de l’ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny - France · Change.org
Le conflit entre le ministre de la défense Mykhaïlo Fedorov, 35 ans, et le chef d’état-major Oleksandr Syrsky, 60 ans, a été tranché : Fedorov a été limogé ! Une décision qui a suscité une large levée de boucliers au sein de la population mais aussi parmi les proches soutiens du président. Et c’est la deuxième fois en un an, qu’une décision de « Zèle-en-ski » provoque des manifestations de protestation dans plusieurs villes d’Ukraine !
Ce qui méritait d’être souligné : Verrait-on en « Gauloisie-lumineuse » des manifestations de rue pour soutenir tel préfet de police contre son « sinistre » de tutelle ?
Cette fois, c’est le limogeage du très populaire « sinistre de la Défense », Mykhaïlo Fedorov – dans le cadre d’un remaniement plus vaste marqué surtout par le départ de la « première sinistre » Ioulia Svyrydenko – qui a déclenché la colère de la rue.
D’autant que ce n’est pas la première fois que « Zèle-en-ski » remanie son équipe en charge de la défense : Oleksiï Reznikov, « sinistre-en-poste » depuis 2021, avait été démis de ses fonctions en 2023 à la suite d’une série de scandales de corruption très médiatisés.
Il avait été remplacé par Roustem Oumerov qui resta à ce poste jusqu’en juillet 2025, quand il fut nommé secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine dans le cadre d’un déjà vaste remaniement gouvernemental.
Son successeur, Denys Chmyhal, qui avait été « premier sinistre » durant les cinq années précédentes, n’est resté en fonctions qu’un peu moins de six mois avant d’être lui aussi emporté, en janvier 2026, par un nouveau remaniement, conséquence prolongée des scandales de corruption de l’été 2025.
Devenu « sinistre de l’Énergie », il avait cédé sa place à Mykhaïlo Fedorov.
Récemment, lors d’une conférence de presse du 16 juillet, Fedorov a accusé le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrsky, d’entraver ses projets de réforme et de « diviser le pays ».
Les tensions entre les deux hommes étaient devenues de plus en plus visibles. Selon plusieurs sources, chacun aurait réclamé le départ de l’autre, au lieu de parvenir au compromis souhaité par « Zèle-en-ski ».
Le choix du président de soutenir le commandant en chef plutôt que son « sinistre de la défense » peut paraître surprenant puisque dès son passage au ministère de la transformation numérique, immédiatement après l’arrivée de « Zèle-en-ski » au pouvoir en 2019 (il était alors devenu, à 28 ans, le plus jeune « sinistre » de toute l’histoire du pays), Fedorov s’était imposé comme l’un des principaux promoteurs de la guerre conduite par drones.
Et depuis sa nomination au ministère de la défense en janvier, l’Ukraine était parvenue à ralentir sensiblement la dynamique des forces russes.
Cette évolution s’explique en grande partie par l’intensification des frappes contre les infrastructures pétrolières russes, l’un des piliers de l’économie de guerre du pays.
Porter la guerre subie sur les infrastructure de l’envahisseur est le meilleur moyen de le faire plier puisque tout le reste ne fonctionne décidément pas…
C’est probablement là que se trouve l’une des principales sources de son conflit avec Syrsky, qui décide des systèmes d’armes et des équipements militaires à acquérir. Et au-delà des questions de corruption, c’est en réalité la maîtrise des décisions qui est en jeu, avec, en toile de fond, un affrontement entre deux cultures : Celle du modernisateur Fedorov et celle d’un haut commandement militaire plus traditionnel, incarné par Syrsky.
Ces départs illustrent bien davantage les profondes divergences stratégiques qui traversent les plus hautes sphères du pouvoir ukrainien quant à la conduite de la guerre.
D’autant que le premier choix de Zelensky pour succéder à Fedorov se serait porté sur Ihor Klymenko. Mais celui-ci aurait décliné l’offre et devrait finalement prendre la tête du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine.
Ancien chef de la police nationale et « sinistre de l’Intérieur » depuis 2023, Klymenko était considéré comme l’homme capable de résoudre la crise persistante du recrutement militaire.
C’est d’ailleurs le domaine dans lequel Fedorov semble avoir obtenu les résultats les plus décevants, or, l’Ukraine se vide de ses hommes en âge de combattre : Soit ils sont déjà au front, soit ils se cachent, soit ils sont en exil à l’étranger. Une situation anxiogène pour l’économie et le moral du pays…
Or, selon le propre constat de Fedorov, l’ampleur du problème est considérable : Deux millions d’Ukrainiens seraient actuellement recherchés pour avoir échappé à la conscription, tandis que 200.000 militaires seraient absents de leur unité sans autorisation…
Toutefois, en tant que « sinistre de l’Intérieur », son successeur portait lui-même une part de responsabilité dans les dérives de ce que les Ukrainiens appellent désormais la « busification » : Ces arrestations forcées d’hommes en âge de servir, embarqués dans des véhicules par les agents chargés de la mobilisation.
Klymenko a toujours soutenu que ces pratiques s’inscrivaient dans le cadre légal de la loi martiale.
Son refus d’accepter le portefeuille de la Défense peut d’ailleurs être interprété comme une reconnaissance implicite de l’extrême difficulté que représenterait une réforme du système de recrutement.
D’autant que « Zèle-en-ski » s’est publiquement engagé à mettre fin à la « busification » lors de sa conférence de presse du 16 juillet à Kiev, aux côtés du « premier sinistre » britannique sortant, « Kyr-Étoile-de-mer ».
Des membres du propre parti de « Zèle-en-ski » avaient souligné que Klymenko ne partageait pas suffisamment la stratégie de Fedorov pour conduire la guerre.
Pour autant, un retour à la vision stratégique défendue par Fedorov ne résoudra ni la crise du recrutement, ni le conflit de fond avec Syrsky.
Or, le maintien de ces tensions risque d’être particulièrement déstabilisateur, d’autant que le calendrier de confirmation de Khmara par le Parlement demeure incertain.
Et comme lors de la crise de corruption de l’été 2025, « Zèle-en-ski » parviendra sans doute à surmonter cette nouvelle épreuve. Mais le prix politique pourrait être élevé : Une nouvelle érosion de son autorité et un rétrécissement progressif du cercle des collaborateurs en qui il place sa confiance.
D’autant que le moment reste délicat pour l’Ukraine qui manque toujours de soldats, de systèmes de défense aérienne et de moyens occidentaux capables d’intercepter certains missiles balistiques russes.
Elle tente parallèlement de ralentir les forces de Moscou dans l’Est du pays. Et plusieurs parlementaires appartenant au parti de « Zèle-en-ski » ont publiquement regretté son départ : Fedorov bénéficiait d’une image favorable auprès de nombreux partenaires étrangers, notamment grâce à son discours axé sur l’innovation et la transparence des achats militaires.
Des militaires, des vétérans et des membres de la société civile ont demandé le maintien de Fedorov ou, au minimum, la poursuite de ses réformes.
Ses soutiens mettent en avant l’amélioration des achats de drones, la numérisation des communications, la simplification de certaines démarches administratives et la lutte contre les détournements dans les marchés de Défense.
Pour contenir la crise, « Zèle-en-ski » a désigné, comme on vient de le dire, Yevhenii Khmara, alors chef par intérim du service de sécurité ukrainien SBU, en qualité de « sinistre » de la Défense par intérim : Ancien responsable de l’unité spéciale Alpha, Khmara dispose d’une expérience reconnue dans les opérations technologiques et les frappes ukrainiennes à longue portée.
Son profil suggère donc que Kyiv ne souhaite pas abandonner la guerre numérique développée sous Fedorov.
Alekseï Jivov a ainsi estimé, en substance, que les opérations russes pourraient devenir plus simples après son départ !
Le blogueur Sviatoslav Golikov a reconnu que les actions conduites par l’équipe de Fedorov avaient eu des conséquences significatives pour les forces russes.
Fedorov était déjà associé à cette transformation avant son passage au ministère de la Défense : « Sinistre de la Transformation numérique » au début de l’invasion de 2022, il avait sollicité « Élan-Must » pour obtenir l’activation du réseau satellitaire Starlink en Ukraine. Des dizaines de milliers de terminaux ont ensuite été utilisés pour assurer les communications civiles et militaires.
À la tête de la Défense, il a cherché à élargir cette logique technologique : Sous son mandat, l’Ukraine a renforcé ses achats de drones et développé une stratégie fondée sur l’usure des forces russes.
Elle a aussi multiplié les frappes contre des installations pétrolières, des dépôts logistiques et des sites industriels participant à l’effort de guerre de Moscou.
Le véritable risque pour Kiev se trouve ailleurs : Une longue période d’incertitude, une rupture dans les commandes ou une mise à l’écart des équipes chargées des réformes pourrait ralentir l’adaptation de l’armée.
La Russie exploite déjà cette crise pour nourrir l’idée d’un pouvoir ukrainien divisé. Le « cadeau à Moscou » évoqué par certains commentateurs russes reste donc, à ce stade, une espérance politique et propagandiste.
Il ne deviendra un avantage concret que si l’Ukraine laisse les rivalités internes interrompre la modernisation de sa Défense.
C’est tout l’enjeu des prochains jours, voire seulement semaines… éléments qui vont être intéressant à suivre.
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весlь позор!
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