La ruine des « sans-dents » !
Je ne suis plus à un paradoxe près dans cet univers
délirant. On vous présente les 1.140 milliards d’euros de rachats de dette plus
ou moins publique étalés sur 18 mois comme la dernière trouvaille pour relancer
l’économie européenne et sortir de la déflation qui guette nos territoires.
J’en rigole parce qu'il va falloir revenir aux conditions retenues pour leur mise en œuvre absolument délirantes !
Pour l'heure, revenons seulement à quelques principes énoncés en fanfare qui restent tout autant rigolatoires : Un bel exercice d'enfumage, finalement.
Pour l'heure, revenons seulement à quelques principes énoncés en fanfare qui restent tout autant rigolatoires : Un bel exercice d'enfumage, finalement.
Le QE européen : Éviter à tout prix le sort du Japon qui ne s’en sort
pas depuis plusieurs décennies…
Elle est forte celle-là, non ?
Soyons sérieux : En base 100 en 2000, la
production industrielle allemande est aujourd'hui à 120, la Gauloise est à 85,
l'italienne à 75.
De 1960 à 2000, avant l’Euro, la production
industrielle de ces trois pays était pourtant exactement la même.
Après avoir foutu en l'air notre appareil industriel
pour financer sa réunification, l'Allemagne est tout simplement en train de demander qu'on
réduise nos protections sociales.
Ce que l'Espagne a d’ailleurs commencé à faire, malgré
son taux de chômage double du nôtre.
Alors que le Portugal assume et que les Grecs se
rebiffent.
Ce qui appauvrit de manière épouvantable tous les « sans-dents »…
Vous avez vu la Grèce ? Pas la peine d’y revenir.
Et ce qui est assez logique : On pourra déverser
autant d’argent que l’on veut dans les circuits bancaires, si les profits des entreprises
baissent de 2 ou 3 % par an, elles n'ont que faire d'emprunter pour augmenter
leur production.
Que les taux d'intérêt soient à 0,3 % ou 5 %, cela ne
change strictement rien à l’affaire.
Dans le contexte actuel, cela ne sert à rien d'investir
et quiconque a un peu d'argent en Europe préférera d'ailleurs construire son
usine en Allemagne, là où le coût du travail, du capital et le poids de la
réglementation sont moins élevés, ou en Chine (voire au Maroc) et non en « Gauloisie »,
en Italie ou en Espagne.
Rappelons que nos systèmes d'assurance et de retraite
ont besoin de vrais taux pour pouvoir remplir leurs objectifs. Avec des taux à
zéro, voire négatifs, les retraites complémentaires comme l'Agirc et l'Arrco
seront en faillite d'ici deux-trois ans, peut-être avant, parce qu’une grosse
partie de leur revenu vient de leurs placements obligataires !
En d'autres termes, la BCE est en train de vouloir subventionner
la consommation actuelle avec la retraite du futur.
C'est un jeu à somme nulle.
Cela fait trois ans que l'on nous promet le nirvana.
Cela a simplement eu pour effet de faire monter les volumes des marchés
obligataires des pays périphériques de la zone euro comme la « Gauloisie-ruinée »,
le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la Grèce à des niveaux qui ne sont justifiés
en rien par les fondamentaux économiques de ces pays depuis 3 ans.
Autrement dit, est à craindre un « krach
obligataire » quand les banques centrales remonteront leurs taux d'intérêt…
Et cela se produira dès qu'il se passera quelque chose d’imprévu qui fera
réaliser enfin aux gérants du monde entier que tous les prix sont faussés.
Si les prix sont les « rois » sur les
marchés, il faut rappeler que les liquidités en sont les « reines ».
Un marché des obligations qui n’est plus liquide pour
être capté par les banques centrales, avec des
prix – les taux – totalement faussés pour ne plus rien valoir, ce n’est décidément
pas sain !
Il faut bien voir que les taux zéro reviennent, finalement
et paradoxalement, à prélever un impôt sur les « sans-dents » au
profit des « hyper-riches ». Aux États-Unis, les dépôts bancaires,
détenus en particulier par des « petites gens » des classes moyennes,
sont de l’ordre de 10.000 milliards de dollars.
Si les taux étaient à 3 %, il y aurait à peu près 300
milliards de revenus supplémentaires à dépenser par an.
C'est autant d'argent qui est retiré de la
consommation, car il n’existe pas.
Ou tout comme.
Ces 300 milliards sont en fait transférés aux « Goldman
Sachs » de ce monde par les profits qu'ils réalisent grâce aux taux à
zéro.
Conclusion : Du point de vue de la justice
sociale, il n'y a rien de plus abominable que des taux nuls !
Et après on s’étonnera de l’explosion des richesses accumulées
par les 1 % « les plus riches ».
Avec toujours cet
avertissement de la semaine dernière : Personne n’a les moyens
d’acquérir ce qu’ils ont entassé.
Et si ce n’est pas assez « liquide », c’est
que ça ne vaut plus rien.
Mais également le revers de la médaille, à savoir l’endettement
généralisé, avec l’avertissement Grec : Quand personne
ne peut rembourser, les créances ne valent plus rien.
D’où les « QE » de la BCE qui va faire
fonctionner la planche à billets, du double de ce qui était prévu, avant que l’ensemble
ne s’écroule sous son propre poids.
La BCE table aussi sur une inflation revenue « par
le dessous » à 2 % alors que l’Euroland est à – 0,2 %.
2 % d’inflation, même si les taux d’épargne remontent
à 3 %, c’est une autre façon de tondre les « sans-dents » des classes
moyennes.
Assez fabuleux, non ?
Rappelons que les deux principaux « prix »
dans un système économique ouvert, m’a expliqué un jour mon « boss-actuel »,
ce sont les taux d'intérêt et le taux de change. Si ces deux prix sont faux
parce que manipulés par la banque centrale, le chef d'entreprise sent bien que
tous les prix dans l'économie sont faux.
Il ne va donc pas se lancer dans une opération
d'investissement à 10 ans comme construire une nouvelle usine, car il ne sait
pas du tout quels seront les prix à cet horizon-là.
Il préfère donc racheter ses propres actions,
puisqu'il devient beaucoup plus rentable d'emprunter de l'argent pour racheter
ses propres titres pour maximiser ses propres dividendes, que d'acheter une
machine-outil, le prix des actifs.
Cela n'augmente pas du tout l'investissement. Du coup,
la productivité baisse, les salaires n'augmentent plus et les « sans-dents »
en prennent plein la gueule.
Il faut toujours garder à l’esprit, pour reprendre ces
concepts avec d’autres mots, qu’imprimer des billets pour racheter des actifs
qui ont déjà été financés n’a jamais et ne provoquera jamais une once de croissance
supplémentaire par des moyens supplémentaires.
Cela permet en revanche de masquer ou d’éviter l’insolvabilité
de certains acteurs économiques majeurs, qu’il s’agisse de banques ou même
d’États.
En rachetant massivement les créances immobilières
pourries des grandes banques américaines, la FED, la banque centrale des USA,
n’a jamais relancé la croissance directement : Elle a évité la faillite
des banques en prenant à sa charge des dettes pourries (qu’elle avait d’ailleurs
encouragées) qui pesaient dans le bilan des banques.
En allégeant cette charge pour les banques, elle leur
a permis indirectement de poursuivre leur travail de prêts… et donc les banques
ont pu continuer bon an, mal an à financer plus ou moins l’économie réelle.
Elles ont surtout thésaurisé pour éviter un nouveau
crash prévisible.
Au Japon, le problème est un peu différent. Il ne
s’agit pas de relancer l’économie, il s’agit de faire face au vieillissement de
la population nippone qui a besoin de son épargne pour boucler ses fins de mois
de plus en plus difficiles.
Du coup, les Japonais « désépargnent » mais cela veut
dire qu’ils revendent par exemple des obligations de l’État japonais que
personne en face n’est en mesure de racheter…
Il faut donc que la banque centrale japonaise s’y
substitue pour assurer la contrepartie afin d’éviter qu’apparaisse au grand
jour l’absence d’acheteur d’obligations japonaises et que tout le monde soit
conscient de la faillite généralisée ainsi que, au passage, tous leurs
épargnants « sans-dents » soient ruinés.
En Europe, nous sommes confrontés à un problème tout
aussi complexe.
Croissance anémique certes, mais qui ne sera pas
relancée par le QE.
Non, si encore nous dépensions ces sous-là dans de
grands travaux… augmentant encore la part anormalement élevée de « l’économie-administrée »
des sous-doués étatiques de notre pays… Là, évidemment, cela irait tôt ou tard directement
dans l’économie d’après les canons keynésiens.
Mais ce n’est pas ce que la BCE fait.
La BCE va « racheter » des obligations d’États. En
clair, la Banque centrale européenne va racheter de la vieille dette nationale,
mais sans injecter un centime dans l’économie réelle puisque cette vieille
dette a déjà été financée et que les épargnants « sans-dents » en
sont détenteurs via par exemple leurs contrats d’assurance-vie en euro-fonds.
Et si la BCE fait cela, c’est qu’il se pose une
question de solvabilité des assureurs-vie, un problème de « contrepartie » et qu’il
faut qu’il y ait des acheteurs pour que votre épargne conserve sa valeur.
Là encore, il s’agit donc d’éviter le risque d’insolvabilité.
La Banque centrale Suisse nous a d’ailleurs bien
montré depuis quelques jours que les moyens d’une banque centrale ne sont pas
illimités. En réalité, ils sont théoriquement illimités mais dans les faits, il
arrive un moment où la quantité de monnaie créée est telle que plus personne ne
veut plus de votre monnaie ou que, dans le cas de la Suisse, tout le monde s’arrache
votre monnaie, puisque vous la décrochez de la fuite en avant de toutes les « créations
monétaires » des autres, fuyant donc … les autres devises…
D’où l’appréciation de 40 % en quelques jours de la
monnaie suisse, ce qui est un record absolu.
Notez que leurs industriels et animateurs touristiques
ont quand même tiré la sonnette d’alarme : Ce n’est pas tout d’être le
coffre-fort de l’Europe ou du monde entier, il faut aussi faire vivre le pays, procurer du boulot, etc. !
Au Japon, chaque impression de nouveau billet fait
baisser un peu plus la valeur du yen, rendant plus cher les importations et,
comme le Japon est une île qui importe beaucoup de produits, eh bien le panier
de la ménagère coûte de plus en plus cher.
Hélas, les salaires n’augmentent pas plus.
Résultat, l’appauvrissement est généralisé et c’est le
cycle de la déflation : Il vaut mieux attendre et se priver que d’avancer
et dépenser !
C’est sans doute la raison pour laquelle le principal
artisan de cette politique monétaire expansive a déclaré récemment qu’il
n’était pas forcément utile d’en rajouter encore plus cette année…
« La Banque du
Japon n’a pas besoin d’assouplir plus cette année la politique monétaire à
moins que l’économie soit frappée par un choc externe grave », en dit « Koze-haut
Y’a-ma-moto-qu’a-dérapé », l’un des principaux experts sur la politique
monétaire du Parti libéral-démocrate, d’après une dépêche de l’agence Reuters.
De toute façon, le message est clair : « La politique monétaire peut créer les bases
pour la croissance, mais pour que la croissance s'affermisse il faut de
l'investissement », et c'est aux politiques d'en favoriser les conditions, en
a dit Mario la semaine dernière !
Vous êtes prévenus.
Personnellement (et on entre là dans le domaine de l’opinion
d’un « béotien-krétin » économique et fiscaliste), je n’arrive pas à
comprendre comment tous ses « sachants » ignorent finalement et totalement
ce qu’est le « capitalisme », ou plus prosaïquement une libre « économie
de marché ».
C’est un système de production de richesses solvables qui
tentera toujours de produire plus avec moins de moyens, toujours avec des coûts
encore inférieurs.
Pour maximiser ses profits, bien sûr et en premier.
Mais idem du « capitalisme-administré » de
la « socialie-Gauloise »: Toujours mieux sans augmentation de coût (espère-t-on)
!
Or, pour survivre, le système dans lequel on vit
depuis une éternité a besoin de créer de la pénurie : Dans l’abondance, le
prix dégringole et les facteurs de production ne sont plus financés, ce qui
réduit naturellement et mécaniquement l’abondance et augmente la misère des « sans-dents »
tout en ruinant les « capitalistes-entrepreneurs »…
Là, on crée artificiellement de l’abondance monétaire
(qui provoque d’ailleurs une « guerre des monnaies » sans merci, nous
y reviendrons).
Qu’il faudra bien un jour « gérer » : Rembourser
ou détruire la dette.
Au passage, on détruit la notion de prix (qui reste le
« roi » incontestable de toute économie), mais avec des « liquidités »
(la « reine » de toute économie) qui ne sert qu’à éviter l’embolie du
risque de défaillance généralisée.
Et si par hasard, ces « coûts de l’argent »
historiquement bas et « faciles » vont finalement aller financer « l’économie
réelle », le « capitalisme » les transformera nécessairement en « réduction
des coûts », en « déflation » (et chômage des « sans-dents »)
!
Assez fabuleux de contradictions, finalement.
Notez, que ce que j’en dis ou rien, finalement, c’est exactement
la même chose.
Bon début de semaine quand même à toutes et tous !
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