Bienvenue !

Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

dimanche 29 novembre 2015

Au nom du père (Chapitre XXII ; Tome II)

Entrée dans « la légende » 
 
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. 
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 
 
Au fil du temps et des remplissages de réservoirs, la nuit s’écoule jusqu’à retrouver le soleil un peu plus de 5 heures plus tard, plein feu dans le cockpit. 
On peut signaler une fausse manœuvre au-dessus du pacifique. Le « Capitaine Haddock » ferme une vanne qu’il croyait ouvrir, alors qu’il fallait l’ouvrir parce qu’elle était fermée, et un stato s’arrête, faute de carburant. 
Fatigué, le co-pilote !... 
Et l’avion part en crabe que « Pedro », le pilote automatique, récupère comme il peut. 
Le temps de diagnostiquer la panne, d’ouvrir la vanne et de réamorcer les pompes du stato, ce qui peut se révéler périlleux par – 54° C, si par hasard le kérosène givre dans les buses d’admission : Là, ce serait la fin de l’aventure assurée. 
Mais non, pas de panique : Ça se passe bien ! 
L’avion est passé de Mach 3,8 à Mach 2,9 en pointant le nez vers le haut jusqu’à ce que l’alarme « Stall » sonne quelques secondes. 
L’altitude est restée stable à 77.000 pieds. Puis la poussée revenant, l’avion s’est remis à plat et a continué d’accélérer. 
 
Paul se rend compte à ce moment-là que « l’Amiral Haddock » a perdu la résistance de sa jeunesse... Pas étonnant qu’il ait autant insisté pour avoir des aérodromes de secours tout au long du parcours : Il connaît les limites de ses propres capacités et compte bien revenir sain et sauf !... 
C’est en effet la possibilité d’une panne de stato qui a obligé Paul et l’Amiral à retenir une série d’aérodromes capables de recevoir le « Nivelle 001 ». 
Une sage précaution pour faire face aux pannes et aux températures extrêmement froides qui parfois se rencontrent en zone polaire – l’Amiral raconte à l’occasion qu’il a déjà observé une température de – 77° C sur un retour de Moscou alors qu’il était pilote chez « Air-Transe » : Il avait dû descendre pour éviter le givrage de tout le carburant embarqué ! 
 
Miho s’occupe de la cafetière et apporte des plateaux-repas à base de sushi coréens qu’elle a elle-même confectionné. 
Une petite sieste pour faciliter la digestion du « Capitaine Haddock », qui va se reposer sur la couchette situé derrière le poste de pilotage ! 
Il n’a pas perdu ses bonnes habitudes de pilote long-courrier… 
Une sieste bien méritée, et nécessaire, avant le survol de l’Antarctique. 
Car une fois passé le travers de la Nouvelle Zélande, il n’y a plus aucun terrain sur 11.000 km avant l’arrivée sur l’Afrique du Sud. 
 
C’est l’occasion pour Miho et Paul d’entrer les premiers dans le « club des 75.000 » (pieds) : De façon un peu acrobatique, il faut dire ! 
 
(Aparté n° 31) 
 
Le Pôle Sud est le « point équitemps » entre Wellington et Le Cap, c'est-à-dire l’endroit avant lequel, en cas de panne moteur et descente en subsonique au FL 350, il faut faire demi-tour vers la Nouvelle Zélande. 
En cas de panne moteur après le « point équitemps » le vol doit être poursuivi vers Le Cap. 
Même problème d’instruments de navigation au-dessus du pôle magnétique sud qu’au-dessus du grand nord canadien : Même le « directeur de vol » s’épuise à épouser les tours sur elle-même de la boussole. Il n’y qu’à naviguer droit devant, en déconnectant « Pedro », manche au point mort : Ne surtout ne toucher à rien ! 
 
Le « dernier tiers de planète » donne des sueurs froides à Paul : Et s’il s’était trompé dans ses calculs ? Il n’y a plus que 6 tonnes de carburant dans les soutes et les réservoirs supplémentaires, et encore 15.000 kilomètres à parcourir. Ils viennent de faire 25.000 kilomètres et ont consommé 80 % de leur carburant. 
Intuitivement, il va en manquer. 
Monter encore pour consommer moins va immanquablement augmenter l’assiette de vol et ralentir l’engin. Non, il faut donc rester à 77.000 pieds. 
Et effectivement, l’accélération se poursuit sans pour autant augmenter la consommation à la minute : C’est l’effet « d’aplatissement de l’assiette » entraînant une amélioration de la « finesse ». 
La traînée diminue d’autant. Les buses d’admission du carburant étant réglées au minimum pour une poussée constante, la résultante est une augmentation de la vitesse et une moindre consommation au kilomètre parcouru, autrement dit une « impulsion spécifique rapportée à la distance » supérieure. 
À Mach 5,25, sur la fin du parcours, l’avion file à 5.200 km/h. 15.000 kilomètres, c’est à peine 2 heures 50 minutes, soit un peu moins de 6 tonnes… 
Les calculs sont bons, il suffit de laisser les « manettes au tableau », de faire confiance au GPS sur lequel est calé « Pedro » et de refaire un ultime plein au dernier moment avec les dernières réserves dans leur bulle de caoutchouc située au centre de la cabine des passagers. 
Paul compte bien faire un piqué « tout sorti » au-dessus de la base aérienne pour finir son approche au turboréacteur. 
Un avion sans aucun intérêt militaire : Il va tout droit (même aux pôles où il fait « géographiquement » un demi-tour) et il ne s’agit de surtout pas de le contrarier ! 
 
Miho est calme durant tout le vol, s’emmerdant ferme à certains moments. Elle sait qu’elle est là pour « témoigner ». On lui a même laissé embarquer « sa » micro-balise Argos pour vérification : Tous « ses alliés » auront pu repérer sa course. 
Et ils ne seront pas les seuls : Les américains en premier, les russes en second… 
Il faut dire qu’au-dessus du Tchad, N’Djamena-Center n’en croit pas ses oreilles. 
Par deux fois, le contrôleur demande la position de l’avion pour contrôle. On fait même changer le numéro de son transpondeur au « Capitaine Haddock » pour vérification. 
Ils étaient pourtant prévenus… 
Le temps de faire, Paul est déjà dans la zone Libyenne ! 
Sautée aussi, la zone de contrôle Tunisienne… pour finalement commencer une prudente descente au-dessus de la Sardaigne et « stopper » la course infernale, moteurs coupés au large de Marseille. 
C’est le début de la descente, « tout sorti », en évitant de se prendre un voile rouge, au-dessus de Marignane. 
Que « Provence-Approche » en voit débouler un aérolite sur ses radars, carrément en trajectoire verticale. 
« Y’a-t-il un pilote dans l’avion » ? peuvent-ils s’interroger. 
Il y a, mais il est déjà sur la fréquence d’Orange après un loupé supplémentaire : Paul, il ne sait pas pourquoi, prend la fréquence de Salon-de-Provence qui l’autorise à atterrir. 
Il s’agit de ne pas se planter une seconde fois : Il avait atterri par mégarde à Aubenas au lieu d’Orange lors de son premier vol. Salon, c’est aussi une base militaire, mais moins discrète pour un prototype comme le sien… 
Il est finalement 18 heures et 3 minutes quand le « Nivelle 001 » stoppe à l’avant-dernière bretelle d’accès aux parkings, sur la gauche de la piste : Trois minutes de retard sur un vol de 12 heures, et encore quelque 0,8 tonne de carburant en réservoir. 
C’est un peu le « boxon » dans l’appareil qui sent la sueur de douze heures de vol et le dégorgement de la latrine de bord qui a eu du mal à supporter le piqué final. 
Mais c’est fait. 
L’avion est définitivement rangé au parking, avant d’être roulé sous son hangar. 
 
La deuxième phase du plan imposé par l’Amiral peut commencer, pendant que les ingénieurs-maison pourront ausculter les céramiques.
Verdict provisoire : Elles ont tenu au-delà des scénarii les plus optimistes ! Comme quoi, le calcul, il n’y a que ça de vrai… 
Et pourtant, elles ont « chatouillé » le mur de la chaleur un bon moment. 
De la « bonne technique » appliquée. 
 
Curieusement, la presse locale ne consacrera que quelques entrefilets teintés d’incrédulité quant à « la performance » … historique qui reste un record mondial absolu : Comme quoi, on n’est jamais prophète en son pays ! 
La presse nationale ? Néant ! 
En revanche, dans les milieux « avertis », la prouesse est considérée comme majeure, même si le « secret militaire » entrave la diffusion des détails du vol et des techniques propres aux vols hypersoniques.
 
C’est le « Capitaine Haddock », plus connu dans les milieux de l’aviation civile que Paul, malgré ses exploits aéronautiques, qui se charge des « relations » du parcours de cinglé. 
On le verra en Europe et sur le nouveau-continent faire quelques conférences dans les mois qui suivent, dont une qui tourne en boucle sur CNN, comme au bon vieux temps où il a croisé avec son équipage un OVNI d’environ 300 mètres de longueur au-dessus de la région parisienne au milieu des années 90. Une rencontre qui l’a laissé « pantois » à en réunir durablement une équipe de « muets-pantois » autour de lui dans un vaste réseau d’Ufologues très actifs en Europe qui collaborent toujours avec le Geipan français, l’organisme officiel chargé de collecter et d’analyser les témoignages et autres indices de la présence aliène au pays. 
C’est d’ailleurs à l’occasion d’une de ces réunions que Paul avait rencontré pour la première fois l’ex-pilote au long-cours « d’Air-Transe ». 
Et il l’avait drôlement bien tuyauté dans sa recherche des fonds « disparus » de la division Daguet, sa mission de l’époque… encore récente. 
Depuis, ses « muets » se sont un peu perdus dans la poursuite du « canular stratosphérique » que sont les histoires d’Ummo, inventées de toutes pièces par les « superlatifs » de la « Baleine joyeuse » des années 60 à 70 à Madrid. 
Il faut dire qu’autant Claude Poher, Jean-Pierre Petit, Jorion et plein d’autres avaient repris en les enrichissant les lettres (f)ummistes, dans la décennie suivante : Toutes choses qu’ils nient avec la dernière virulence depuis… 
Il n’empêche, depuis l’arrivée d’Internet, leurs travaux sont consultables par n’importe qui ! 
 
Pour ce qui est des « milieux autorisés », le ministère de la défense s’est contenté de sobres « félicitations » à l’adresse de Paul et de son équipage. 
Rien venant de l’Hôtel Matignon, ni encore moins du Palais de l’Élysée. 
Les chiens ! 
En revanche, le département d’État, le « Foreign-office », Moscou, Pékin, Jérusalem, Pyongyang, New-Dehli, Téhéran même, Bruxelles, Varsovie, Tripoli, Rome, Madrid et plein d’autres se sont manifestés pour saluer la performance. 
Ça fait toujours plaisir par où ça passe. 
Mais ce n’est pas non plus désintéressé : Les invitations à « tenir conférence » en centre de recherche ou université ont commencé à arriver à petite-allure. 
Plus important, EADS s’est fendu d’un message appelant à « réintégrer » les effectifs. 
Dassault Aviation s’est également manifesté. 
 
C’est d’ailleurs dans les locaux un peu vieillots d’aspect à Argenteuil, que Paul accepte de se rendre dans les jours qui suivent son retour à Paris. Il pense avoir à préparer un RDV préliminaire d’embauche et la boutique est réputée payer « correctement » ses ingénieurs. 
C’est en fait une réunion de « hauts-cadres » techniques qui viennent l’entendre sur les performances des fameuses céramiques des bords d’attaque du Nivelle 001. 
Comme il n’a pas grand-chose à en dire, d’abord parce qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil en la matière, il leur débite seulement les grandes lignes du procédé comme il a déjà pu le faire auprès du directeur Europe de la CIA – qui n’y a vraisemblablement rien compris – et qu’il le refera à plusieurs reprises un peu partout dans le monde dans les mois qui viendront. 
Chacun sait ainsi qu’il est « en mission secret-défense », a priori non disponible, qu’il a des projets hautement futuristes dans la tête, ce qui les mettra un peu en transe et qu’il ne refuse pas une « solide » couverture officielle pour se promener dans toutes les capitales du monde à chaque occasion. 
Pourquoi pas pour vendre la technologie française à l’export ? 
Le Rafale est en compétition dans le Maghreb, sur le continent d’Amérique du sud, en Asie, au Moyen-Orient, notamment dans la péninsule arabique : Un « héros de légende », devenu tel après son exploit, ça ne peut qu’allécher quelques « acheteurs » potentiels, présenté dans les délégations en « vedette américaine » ! 
Le deal n’est pas immédiatement scellé : Il faut des autorisations en provenance des « tutelles tutélaires » pour aboutir. 
Et elles aboutiront, parce que justement l’amirauté appuie la démarche en sous-main. 
 
D’un autre côté, même si Paul n’est plus dirigeant officiel de la MAPEA, enfin pas encore de retour, il se trouve que c’est aussi à la fois un fournisseur indirect de l’avionneur et surtout un concurrent potentiel sur le marché des drones. 
« Ne rêvez pas ! On nous a demandé de faire des drones, c’est vrai. Mais on n’a même pas encore demandé copie du cahier des charges ! » fait-il en rigolant franchement… 
C’est quand même un point de contrariétés potentielles. 
Ce qui n’empêche pas d’une visite, dans l’après-midi, des bureaux d’études et de recherche de l’avionneur. 
Pas tout naturellement : Ils restent très prudents chez Dassault. 
En revanche, Paul voit fonctionner leur système-expert de conception « 3D » d’engins volant. 
Un programme informatique en développement permanent, vendu dans le monde entier, qui facilite la tâche des ingénieurs-concepteurs en traçant tout seul des plans, qui calcule tous les paramètres physiques d’un avion, mais aussi d’une voiture, d’un bâtiment, d’un navire, de n’importe quoi, statique ou mobile, avec une rapidité et une précision incroyable : Des mois et des mois de calcul économisés en quelques clics pour qui sait s’en servir ! 
Vraiment fabuleux. 
Il aurait ce progiciel sur un de ses ordinateurs, le « 002 » serait dessiné-bouclé en moins d’une semaine : Y’aurait plus qu’à acheter ou louer les machines qui fabriqueraient les pièces indispensables, et en un mois de montage, on aurait le premier prototype. 
 
Mais le progiciel est hors de prix et gardé au secret par une série de système anti-piratage que seul sa hackeuse de la cour des comptes seraient peut-être, peut-être seulement, capable de casser : Elle l’avait fait pour son compte à la recherche des milliards perdus par la France il y a encore peu. 
 
Et tout le monde se sépare en prenant date après un échange de cartes de visite : On ne sait jamais ce que peut réserver l’avenir…

samedi 28 novembre 2015

Hommages à mon « Ange-gardien »

Circonstances de mon séjour hospitalier…
 
Mon « Ange-gardien » a du boulot par-dessus la tête depuis que je suis tout petit.
Imaginez un peu : Né prématuré, pas vraiment fait pour la vie, quoi, gros comme une crevette-rose, il s’est tellement démené que j’ai pu « compenser » en quelques décennies, jusqu’à tutoyer le double-quintal !
Mais pas seulement.
 
À peine dépassé les 3 ans, né « kon-natif » au dernier degré pour n’avoir déjà pas un cerveau très évolué, alors que mon unique neurone actif, celui qui gère le « nerf-honteux », n’avait pas encore commencé de fonctionner, je ne trouve rien de mieux que de me pencher bêtement en travers d’un escalier pour me casser la figure un étage plus bas, la tête la première sur du carrelage !
Marre de sang, pleureuses au pied du lit et huit jours de coma en prime…
Je me souviens très bien de cet épisode, notamment et seulement celui du toubib qui n’a rien trouvé de mieux que de pronostiquer une issue fatale sous quelques heures, et de me bander le crâne après avoir appliqué une pièce de deux francs (des anciens) sur le crâne pour contenir le volume de la bosse qui poussait à vive allure.
C’était histoire de mourir pas trop déformé…
Tellement bien fait le bandage, que la pièce de monnaie s’était incrustée dans les chairs, pas bien épaisses, du crâne.
Depuis les toubibs, j’évite sévèrement, même si celui-ci avait l’excuse d’être Corsu, puisque cet accident a eu lieu « au village » de « Corsica-Bella-Tchi-tchi » de mes ancêtres.
 
Finalement j’ai survécu un peu encore pour éviter les toubibs et affronter un premier accident de voiture sur l’A6.
À l’époque, c’était, en toutes circonstances, « pied au plancher », sur la voie de « gôche », je ne connaissais rien d’autre.
La « gôche », ça ne m’a jamais porté chance finalement : Quand il a fallu freiner pour ne pas tamponner les voitures de devant qui s’agglutinaient en un « ralentissement-soudain », le « tas de boue à roulette » est parti sur la « gôche », a grimpé sur le terre-plein central en béton me mettant dans l’impossibilité de contrebraquer, pour retomber lourdement « à l’envers » !
Et hop, longue glissage, plus de 300 mètres, dans un boucan infernal et de jolies étincelles, la chignole les quatre roues en l’air et moi à quatre pattes à l’intérieur.
Là, j’ai eu très peur : Combien allais-je en tuer konnement à cause de ma konnerie sans nom ?
Eh bien personne : Ils avaient tous filé sur ma trajectoire et je me suis retrouvé tout seul comme un kon avec une égratignure au petit doigt !
Un vrai miracle.
Chapeau « l’Ange-Gardien » !
 
Il y a dû y avoir d’autres épisodes, mais pas assez marquant pour que je m’en souvienne, hors celui, beaucoup plus récent où je me baigne sur une plage démontée de vagues en Balagne, « ma nichée » posée sagement sur le sable fin.
Je suis plutôt bon nageur, vice-champion minime sur 100 mètres nage-libre au PUC, champion en dos crawlé au même club en cadet, avant de laisser tomber les entrainements par manque de temps, pour cause d'attraction irrésistible vers le bien-nommé « beau-sexe ».
Je descends sans problème en apnée démêler un mouillage dans les algues ou les rochers à plus de 15 mètres de fond.
Et avec des palmes, je peux presque tracter un skieur-nautique.
En tout cas, aucune difficulté pour prendre sur mon dos ou mon ventre, selon la position du moment, un bout de « ma nichée » pour aller visiter les voiliers en mouillage forain en baie de Calvi depuis la plage en laissant un beau sillage bien visible.
Alors, les belles vagues de ce jour-là ne me faisaient pas vraiment peur, bien entendu et bien au contraire.
Sauf que je me fais prendre dans une sorte de « poubelle », en fait un tourbillon pas très visible rempli de détritus jetés là par les vagues, les déferlantes et le vent.
Pas inquiet, j’en sors, une fois, deux fois, trois fois et ralentissant l’allure, me fais rattraper par le tas de végétaux et autres dégueulasseries, une fois, deux fois, trois fois.
 
Là, à quelques mètres de la plage, je décide alors de rentrer me sécher au soleil.
Eh bien, la mer en profite pour forcir et rien à faire pour aller poser un pied sur le sable.
La bataille dure près de trois-quarts d’heure. À chaque fois que je crois me sortir de cet « aspirateur », il me reprend.
Je vais de biais, je vais vers le large, j’essaye de passer « par-dessous », il me reprend inlassablement.
Tel que je finis par commencer à me fatiguer avec les premières crampes dans les jambes qu’il faut « contrôler » en les massant, dépensant déjà beaucoup d’énergie à garder les voies aériennes supérieures à peu-près « praticables » entre les embruns et l’écume des déferlantes croisées.
Le pire c’est qu’à moins de 100 mètres de là, je vois nettement les secours locaux s’activer durant une bonne demi-heure sur un mek pris dans le même type de piège.
Lui, il a réussi à se faire remarquer, moi, ce n’est même pas la peine avec le boucan de la mer, l’hélico de la sécurité civile qui déboule, toute la plage qui a le regard tourné vers le gusse dont on apprendra le lendemain dans la presse locale qu’il s’est finalement noyé pour n’avoir pas pu être réanimé…
Et puis finalement, sans presque rien faire, juste un coup de pied sur le fond en apnée au moment où passe une déferlante un peu plus grosse que les autres, je parviens à m’échouer lamentablement sur la plage, pour ouïr le récit du sauvetage du voisin par « ma nichée », qui se demandait  bien ce que je faisais à patauger dans « la poubelle »…
Là encore, merci à mon « Ange Gardien » : J’arrivais aux abords de la résignation !
Et je n’en méritais rien de mieux.
 
Depuis, « ma nichée » ayant grandi, je suis un adepte inconditionnel du « F3B », sans limite, sans condition, sans contrainte, sans précaution aucune, tant qu’il y a de la vie.
(F3B = Fumer, Boire, Bouffer, Baiser)
Arrivera suffisamment tôt ce qui doit de toute façon arriver, alors que je me considère provisoirement immortel, et dans ces conditions, pourquoi se priver de ce que la vie vous offre généreusement et sans compter ?
Seulement voilà : Il paraît que nous avons tous des cellules cancéreuses que nous cultivons dans le secret de nos organes.
Rien de dangereux tant qu’elles ne s’agglomèrent pas en tumeur volumineuse.
Et comme depuis les deux derniers médecins que j’ai croisés après l’épisode Corse de mon enfance, puisque je les évite tous, pas moyen de prévenir quoique ce soit pour mon « ange-gardien ».
 
L’avant dernier, c’était quand je m’étais ouvert la main, celle qui signe les chèques, en faisant la vaisselle : Un verre m’échappe des doigts à cause du savon-vaisselle et, rapide comme l’éclair, je le rattrape dans sa chute au moment où il percute l’évier…
15 points de suture dans la paume de la main, deux doigts sans aucune sensation pendant plusieurs semaines : Ils m’ont gardé une nuit aux urgences où défilaient des « bien plus abîmés que moi »… et j’ai acheté un lave-vaisselle.
Le dernier, c’était la médecin du travail qui voulait me toucher les kouilles, à l’occasion d’une visite obligatoire.
Je lui ai expliqué que j’acceptais si elle me laissait palper son entre-jambe… et ses seins (qu’elle avait maigrichon).
Vue ma corpulence d’alors, elle a dû avoir peur, ça a été dissuasif et elle m’a déclaré apte sans même prendre ma tension artérielle…
 
Donc, me connaissant, mon « ange-gardien » a rusé cette fois-ci.
Il m’a laissé m’abîmer un doigt de pied cet été, sur le pont de mon voilier alors que je promenais « ma nichée » au tour de la « Corsica-Bella-Tchi-tchi » : Un beau souvenir.
Les blessures aux pieds, j’ai l’habitude. De toute façon avec mon diabète pathétique et récurrent, vu mon régime alimentaire ordinaire (les deux premiers « B » du « F3B » ci-dessus évoqué), je ne les sens plus même quand je marche sur des clous ou des épines de ronce.
Sauf que là, la plaie, elle ne veut pas s’arrêter de saloper mes chaussettes et mes chaussures, mon parquet et mes tapis, sitôt ôtée du milieu marin, ce qui fait sale.
Donc, je consulte.
Et pan : On a beau être assuré, et même bien assuré depuis que je suis redevenu esclave-salarié de « mon nouveau boss », voilà qu’on met le doigt dans un engrenage coûtatif.
Parce que le mek, il est comme un assureur, celui qui connaît le type qui a assuré le gusse bien content d’avoir pris une police d’assurance-invalidité juste avant de se retrouver dans un fauteuil roulant…
Des salauds !
 
Idem le toubib monégasque : Diabète ? Il te parle tout de suite d’amputation !
Authentique.
Et te bourre de médocs tel qu’il n’a aucune retenue vu que le diabète, c’est une ALD même sur le Rocher, et qu’on ne s’en soigne jamais !
Une vraie rente médicale…
Donc, analyse de pipi, de sang, scanner et tout le toutim, dans le même élan : J’ai même droit à la machine à se piquer pour mesurer mon taux de glycémie ! Génial l’engin, moi qui ai horreur des aiguilles et encore plus des piqûres, je passe plusieurs jours à angoisser sévère, tétanisé d'effroi devant la boîte du bidule.
Et là, au milieu de toutes ses démarches, je tombe sur une radiologue, tremblante de peur – je ne sais pas pourquoi : Peut-être pensait-elle que j’allais casser son labo de colère ou de dépit – qui me prend à part et me fait : « Allez voir en urgence votre médecin traitant, vous avez une tumeur sur le rein ! »
Gôche, le rein, comme normalement prévisible dans ces cas-là…
J’en sortais, de chez le toubib-traitant.
 
Trois centimètres, la saleté de pustule ! Bien encapsulée en dira le chirurgien.
Le « traitant », il n’en revient pas : « C’est la deuxième fois de ma vie que je cherche une chose et que je trouve autre-chose ».
Chapeau « l’Ange-gardien » !
Oui, parce que pour le reste, tout est normal et même à sa place, ce qui est confirmé par l’IRM suivant, hors le cerveau : Ils n’ont pas encore cherché « le » neurone…
En revanche, ils m’ont même irradié les poumons pour vérifier que la plèvre n’a pas subi de dégâts à l’occasion de l’ouverture de la « boîte à tuyaux ».
Que donc je file fissa chez le chirurgien urologue, je lui explique le topo, genre, je suis provisoirement un immortel dans l’âme, qui digère même les pierres ; il n’a qu’à m’allonger là, sur sa table, donner un coup de scalpel dans la bidoche et ôter la saloperie illico-presto avec son sécateur… je serrerai les dents pour ne pas effrayer sa patientèle !
Le mek en tourne presque de l’œil !
 
Ah oui, parce que je suis tellement volumineux, que le bourreau disséqueur-dépeceur m’explique que ça ne va pas se faire comme ça, qu’il faut renoncer à passer par les abdominaux. Du coup, entre le pont du 1er novembre et celui du 11 (il est gaulois), il va couper du muscle sur le côté, enlever une côte au passage (qu’il n’a même pas voulu me restituer pour mes petites expériences de médecine vaudou) et m’a laissé avec une « écorchure » de près de 18 cm pour 27 agrafes.
Et une note d’honoraires astronomiques, au tarif local.
 
Ah bé oui, à Monaco, hospital Grâce de Monaco, pavillon Charlotte (ça ne s’invente pas), juste après le début des travaux d’agrandissement de l’établissement (ça va durer 15 ans et ils en installaient les baraques de chantier quand je suis arrivé), qui doit faire passer le futur bâtiment au-dessus de l’actuelle rue Pasteur en contre-bas, par où on accède, j’ai pu vérifier que les infirmières soi-disant « nues sous leur blouse », c’est une légende.
Même celle qui se penchait sur moi à me coller ses électrodes : Si je n’ai vu que ses yeux derrière son masque pendant qu’elle enfilait le mien à oxygène sur la table d’opération, j’ai bien noté que sa blouse était rose et s’ouvrait sur un corsage en dentelle blanc.
Juste eu le temps de noter l’heure : 10 heures pétantes, après que l’anesthésiste ait pu me massacrer le bras « gôche », comme d’habitude ce côté maudit, pour finalement se résoudre à poser son cathéter sur le bras droit, quand je suis des yeux la silhouette rose de mon infirmière de « salle d’ops ».
L’instant suivant, le plafond a changé de couleur et ça m’intrigue, le gosse qui braillait dans la salle à ma droite se retrouve à brailler à ma gauche et il est midi à l’horloge locale : Je suis déjà en salle de réveil et j’ai mal.
Entre deux, rien ! J’aurai pu mourir que je ne m’en serai même pas rendu compte : Formidable.
Et déjà les agrafes qui tirent la caouane. 
 
Un peu plus tard, on me ramène dans ma chambre du 4ème étage où je suis accueilli, tout sourire, par une partie de ma nichée et ma « Môman » à moi-même qui avaient fait le déplacement et investi mon « deux-pièces-cuisine-terrasse » la veille quand je quittais les lieux… à moitié dans les vapeurs !
Content-ravi de les voir, mais je n’ai qu’une hâte, celle de faire la plus longue sieste de ma vie : Un tour trois-quarts de cadran, rien de moins, les doses de morphine en goutte-à-goutte aidant.
Pour une fois que je me drogue, autant en profiter, n’est-ce pas !
 
Le personnel soignant, aux petits-soins, me barde de capteurs. Au doigt une pince qui mesure le pouls et le taux de sucre à travers l’ongle de l’index « gôche », toujours la « gôche », et un engin qui se gonfle toutes les 20 minutes pour mesurer la tension sur le même bras.
L’engin me fait une frayeur pas possible la nuit suivante : Non seulement il me réveille trois fois par heure, mais en plus j’entends tout d’un coup les sirènes d’alarme à réveiller tout le bâtiment et une cavalcade dans le couloir : J’avais dépassé les 18 de tension !
N’importe quoi ! Ils auraient dû changer les piles, moi qui aie toujours une tension de jeune premier…
Je suis enfin libéré de mon cathéter et de ma sonde urinaire, après qu’elle ait pompé plus de deux litres de pisse rouge-sang, un truc qui remonte par ma vénérée bite jusqu’à la vessie à travers ma prostate, que je pensais si fragile pour en avoir vu tellement passer, et qui vous laisse une solide envie d’uriner après la manœuvre alors que la vessie est vide : Je peux enfin me doucher, me raser, me laver les cheveux, passer un pantalon et sortir avec les deux redons, qui m’auront aspiré pas loin d’un litre de sang, tels deux vampires assoiffés, dans la poche de la robe-de-chambre, pour aller fumer une pipe dans la cour arborée.
Qu’elle était bonne celle-là !
 
Et c’est le deuxième soir que je me sens vivant, à râler de la bouffe servie (menu infect pour diabétique) et du bruit que font des fêtards un peu plus bas vers deux heures du matin, de l’autre côté de la rue : Des russes, ou des ukrainiens, festivent sur leur terrasse au son de tubes disco des années 80. Incroyable ! Serait-ce des gamins qui fumotent des pétards au rythme des disques de leurs parents, en leur absence ?
Là, tout d'un coup je comprends « Poux-tine » et sa politique : Avant, du temps de l’URSS, c’est une scène qui n’aurait jamais pu exister, même avec une carte du parti en poche.
Maintenant, même les classes moyennes viennent de Saint-Pétersbourg pour aller se faire rôtir l’épiderme au soleil de la Mer Rouge, alors que les enfants d’apparatchiks et autres « nouveaux riches » viennent jusque sur les hauteurs de Monaco perturber mon sommeil !
Bienvenue, les « petits-gars » ! Je suis finalement ravi.
Et j’espère que vous comprenez mieux pourquoi il va faire la guerre en Syrie après qu’on lui ait shooté un avion-charter…
Alors, je suis allé me recoucher faire des rêves de jolies filles qui aimaient à se faire caresser par mes 21 doigts experts.

Une autre nuit, je suis réveillé en sursaut par un lion au pied de mon lit. Plus exactement par son long rugissement sourd, dans les octaves profonds. Mais que fait-il là, dans ce pays tellement vidéo-surveillé qu'ils sont capables de compter les moustiques qui franchissent la frontière ?
Je mets plusieurs minutes à comprendre que mon transit intestinal redémarre bruyamment, de dedans la boîte et à n'en plus finir, tel que je mets un temps fou à me rendormir… 

Le chirurgien est repassé, content de lui : Il sera payé. Mais il m’indique qu’il a eu du mal avec ma masse musculaire dorsale… Une quarantaine de points de suture et seulement 40 grammes de gras ôté et donné au chat qui patrouillait. Il faudra refaire un IRM pour vérifier que les fils se sont bien dissouts, qu’il n’y a pas hématome résiduel et que tout ça est bien cicatrisé.
« Une jolie tumeur, bien encapsulée ! Magnifique. » Content de lui, lui.
On attendra quand même l’avis de l’anatomopathologue pour confirmer son pronostic réjouissif : Il faut plus d’un milliard de cellules cancéreuses pour commencer à redouter des métastases.
Je ne vous dis pas le boulot de mon « ange-gardien » pour en arriver à ce résultat-là de la médecine préventive !
Parce qu’un cancer du rein, ça ne se détecte pas par des signes cliniques.
Merci à lui.
 
J’en cause avec l’aumônier du bord, qui passe me saluer avant mon départ et ne s’étonne plus de rien, même pas de ma petite blessure au pied qui ne cicatrisait pas plus que ça à l’eau de mer…
Et puis avec l’anesthésiste, qui lui préfère s’émerveiller de « l’infini complexité » du corps humain et vient ramasser son chèque, en passant…
Je me fais livrer la boîte à 2,5 kilo de chocolat de la chocolaterie « prestige » locale pour l’équipe d’infirmières : Si elles ne sont pas nues sous leur blouse, ce que je regrette infiniment, elles ont été adorables, gérant avec douceur et savoir-faire ma phobie des aiguilles (un vrai martyr psychologique) même celle qui a encore de l’acné juvénile sur tout le visage et l’autre qui a encore des bagues aux dents…

Je n’ai qu’une envie, c’est de retrouver mon lit, pour faire une vraie sieste, sans limite.
En me jurant bien de saluer mon « ange-gardien », au moins avec un post.
Voilà qui est fait : Merci encore à lui !
Qu’il sache que je ne pourrai pas rendre la pareille, ce que je le regrette infiniment.