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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

lundi 3 juillet 2023

Menaces de chaos (10/54)

9 – Menaces de chaos.
 
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », du pur jus de neurone garanti 100 % bio, sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Paul réagit sur le champs à l’interjection : « Écoutez, Julie, ce sont les mêmes qui sont prêts à sacrifier les « profiteurs » et enfermer le bas-peuple dans des pénuries monstrueuses, d’énergie, de nourriture, de soins et d’un minimum de confort en refusant l’énergie nucléaire domestiquée, en organisant des pénuries agricoles faute d’engrais et devenus interdits alors qu’ils ont sortis l’humanité des famines récurrentes, et demain s’opposeront aux retenues de flotte, qui soutiennent les migrations incontrôlées pour venir faire exploser notre modèle social et au bout du compte notre modèle de société qu’ils ne comprennent pas et qu’ils honnissent sans même savoir ce que c’est ni à quoi ni à qui on les doit, mais qui sont tout de même bien contents de bénéficier des progrès de la médecine, même la nucléaire, se font vacciner sans le dire tout en affirmant que c’est dangereux, et j’en passe et des meilleurs !
Ils ne sont pas à une contradiction près quand il s’agit de détruire les sociétés capitalistes qui permettent même de soutenir les pays en voie de développement et de lutter contre les famines et les pandémies chez tous les oubliés de la planète qu’ils prétendent défendre !
Mais ce ne sont hélas pas les seuls. »
Paul vide son verre de vin et reprend sans laisser à quiconque le temps de réagir.
 
« On y retrouve également toutes les dictatures du globe qui ne supportent pas non plus le rayonnement des démocraties occidentales. Et là, ils sont nombreux entre ceux qui prient tous les jours le retour de leur Dieu après une belle apocalypse provoquée où Il pourra ensuite imposer sa volonté sur des ruines fumantes et radioactives !
Dieu dont naturellement ils s’autoproclament les fervents suppôts cela va sans dire !
Plus tous ceux qui n’ont pas envie d’aller mourir sur Mars comme Elon Musk mais se sont préparés à vivre confortablement reclus dans leurs luxueux bunkers antiatomiques, ou qui se fabriquent une « élite génétique » qui vise à l’éternité et dont ils seront les premiers bénéficiaires, assurant la survie de leur seul génome !
Il y a plein de cinglés qui ne rêvent que d’une chose : ne pas partager l’avenir avec leurs semblables et mieux imposer leurs quatre volontés à quelques-uns, moins nombreux parce que c’est plus facile !
J’en connais même qui se disent « éclairés » et « humanistes », c’est dire ! » continue de s’emporter Paul.
 
« Vous déconnez, « Charlotte » », intervient Gustave qui reprend le surnom de Paul[1] attribué après une mission de combat à son bord en Afghanistan par toutes les forces aériennes, civiles et militaires de la planète et qui l’aura fait entrer, une première fois dans « la légende »…
« C’est qui « Charlotte » ? » interroge Julie qui descend de son nuage, l’air totalement perdue. Il faut dire que depuis tout-à-l’heure, elle prend une leçon de géostratégie dans les grandes profondeurs ― qui d’ailleurs lui était destinée sans qu’elle ne le sache, pour devoir en rendre compte à Matignon ― tout comme Alexis qui se demande si ce rendez-vous nautique est bien, oui ou non, une improvisation de son patron, ou encore un « coup monté » avec Gustave tellement ces deux-là se complètent dans leurs affirmations…
Paul se tourne vers Julie : « Vous lisez vos dossiers, de temps en temps, vous ? »
Mitraillée du regard…
 
« Vous ne pensez pas que vous exagérez un peu, Monsieur de Bréveuil ? » interroge-t-elle de façon déférente.
« Justement non et la suite va vous le démontrer.
Une guerre, même par procuration avec armes et munitions à volonté, ça provoque forcément le chaos.
D’abord avec les trafics mafieux d’armes de guerre détournées qu’on va retrouver un peu partout et qui vont faire des ravages tôt ou tard jusque sous nos latitudes et dans nos rues.
Mais ça, c’est un problème de police et, Gustave, vous serez chargé de les épauler et de pister avec notre logiciel BBR, toutes ces bandes de trafiquants.
Vous allez également m’aider dans l’accès aux décideurs politiques qu’il va nous falloir mobiliser et convaincre, parce que je ne pourrai pas tout faire tout seul.
Et vous, Gustave, vous vous ferez aider par Julie qui va pouvoir vous être utile à forcer les secrétariats ministériels. »
« Je veux bien, mais de quelles menaces parlez-vous ? »
 
« Gustave, je vous aime bien et j’ai un grand respect pour vous. Alors je vais vous expliquer. Que diriez-vous si, comme il ne va pas arrêter de le faire, Poutine menaçait ses « ennemis » d’utiliser ses munitions nucléaires contre les ukrainiens, directement sur le champ de bataille ? »
Qu’il est cinglé !
« À quoi sert d’atomiser un territoire qu’on veut occuper ?… »
« Et si tout d’un coup une munition anonyme explosait à proximité de la faille de San Andréas, en baie de San Francisco par exemple, et provoque ainsi un « Big one » foutant par terre toute la Californie et la planète « Tech » dans le même élan ?
Après tout, Poutine nous a bien averti qu’il avait dans son arsenal une torpille supersonique capable d’une telle frappe… »
Ce serait signé !
« Et il s’engagerait dans un conflit généralisé. »
Même si ce n’est pas lui qui l’aura lancée… ?
« Imaginez donc une charge, même sale, qui pète le barrage sur le Dniepr en amont de Kherson en Ukraine… »
Ça détruirait la région en aval.
« Mais justement elle est occupée par la troupe russe… », pour l’heure.
« Et ça assécherait de nouveau le canal du Nord de la Crimée qui alimente la péninsule en eau douce. Qui aura été fermé en 2014 et qui vient de rouvrir au grand bénéfice des agriculteurs du cru, des touristes et des populations locales de la péninsule… »
Oui mais ça peut être imputé aux ukrainiens déçus de ne pas récupérer ces territoires.
 
« On peut aussi péter le pont de Kertch, les gazoducs de la Baltique, les câbles sous-marins, atomiser le port de Sébastopol, de Vladivostok ou de New-York, voire de Londres ou les terminaux du Havre, de Fos, ou d’ailleurs…
Si c’est anonyme et que personne ne voit rien venir, c’est du « faux-drapeau », de la « fausse barbe », du « faux nez » et à un moment il y en aura un qui prendra la crampe !
Imaginez que Kim Jong-Un s’amuse à balancer une charge sur Formose, on accusera Pékin, mais si c’est sur la Potomac on accusera forcément Moscou même si ce n’est ni l’un ni l’autre qui en aura donné l’ordre ! »
Avec des « si », on peut tout imaginer, s’exclame Gustave : « On n’avance pas pour autant. »
Et si c’est « Istanbul et son détroit qui sont vitrifiés ? » réplique Paul.
« Voire Jérusalem ou Téhéran… »
 
« Mais vous voulez en venir où ? »
« Je viens de vous affirmer que les opportunités que crée un conflit armé mondial sont considérables pour un type ou une ou plusieurs organisations qui veulent déclencher un holocauste planétaire.
Et qu’ils sont nombreux à pouvoir et vouloir le provoquer. »
On n’en finirait plus…
« Si, justement : ce serait le début de la fin dont certains rêvent.
Et c’est tout ça qu’il va falloir empêcher ! »
Des fous…
« Moi, non. Eux oui ! »
Jamais on n’y parviendra tout seul…
« C’est bien ce que je vous dis : il va me falloir des appuis et des portes ouvertes. Et c’est là que vous allez être utiles, tous les deux », fait-il en désignant Julie et Gustave.
Comment ça ?
 
« Eh bien, puisque je suis là à pouvoir anticiper, et que je sais bien que personne ne croira à ces menaces de chaos jusqu’au moment où elles pourraient se matérialiser, il va nous falloir alerter les autorités et parer les premiers coups.
À nous tout seuls, il n’y a pas d’autres solutions… »
« Je veux bien mais comment ? » répond Gustave.
Très simplement : « Quelques desserts en attendant ? »
Paul se lève vers la cuisine du bord et ses trois convives en croisent leur regard, étonnés voire ahuris.
C’est Alexis qui s’adresse aux deux autres pour couper le silence qui devient lourd.
« Je rappelle ici que Paul, mon sujet de biographie, aura reçu les plus hautes distinctions honorifiques des mains de la reine d’Angleterre et de celles du Pape Benoît pour avoir déjà pu éviter un holocauste nucléaire à Londres lors de l’ouverture des JO de 2012[2].
Je n’y étais pas, mais j’ai pu le vérifier et j’ai même été missionnée, en urgence, pour en faire une relation livresque. Le premier des tomes mis sous presse de sa biographie.
Mon boulot… »
Morthe de l’Argentière acquiesce en opinant de la tête.
« C’est dans son dossier classifié… » rassure-t-il à l’adresse de Julie.
Manifestement Julie n’est pas encore au courant…
 
Et il n’y a pas eu que ça. Alexis poursuit : « Il aurait également évité à deux de nos présidents, l’actuel[3] et son prédécesseur, d’être assassinés. »
Gustave confirme !
« Pour le premier, du point de vue chronologique, j’y étais[4]. On n’a pas fait grand-chose, mais on faisait office de dernier recours, je peux vous l’assurer, Mademoiselle… »
Julie semble en rester totalement incrédule : « Alors expliquez-moi pourquoi je suis censée venir vous espionner pour le compte de Matignon ? »
Ce sur quoi Gustave lui répond : « J’ai ma petite idée, mais Paul pourrait peut-être nous éclairer » alors que celui-ci revient avec les bras chargés de ses « gourmandises » depuis la cuisine.
 
« Bien sûr que je peux l’expliquer : malgré mes actions passées au service du pays et de ses institutions, je reste suspect pour notre nouvelle première ministre qui a reçu des échos de nos alliés. Je vous l’ai dit d’entrée, en début de soirée. Et puis je ne vous cache pas que je suis un peu en froid avec notre président que je n’apprécie pas vraiment et je pense que c’est réciproque. »
Pour quelle raison et qu’est-ce qui lui permet de l’affirmer ?
« Pour ce qui est de notre première ministre, Babette Brown, figurez-vous qu’une année, je suis allé rosser le dictateur de Corée du Nord[5] pour lui rendre la pièce de l’infirmité, heureusement provisoire, que ses agents ont infligé à Florence, la mère de mes gamins. »
Et alors ?
« C’était il y a cinq ou six ans… Et alors, nos services ont été incapables d’empêcher son enlèvement et encore moins d’organiser son exfiltration depuis un camp algérien de djihadistes.
Donc je l’ai fait moi-même.
Mais pour que ça ne se reproduise plus, il a fallu que j’aille jusqu’à Pyongyang rencontrer Kim-le-cinglé dont les services avaient monté ce coup-là croyant plaire ainsi à Pékin. Et pour ça, j’ai justement eu besoin de l’aide des chinois qui n’en espéraient pas tant.
Eux, pour des raisons que j’ignore, ils voulaient faire passer un message à leur allié comme quoi tout ne lui était pas permis sans qu’ils ne l’autorisent au préalable, et ils m’ont facilité la tâche. Notez que ça n’a pas été simple, mais je lui ai abîmé une jambe comme il avait pu le faire faire à ma Florence.
Là-dessus, je cherchais des financements pour le prototype du Nivelle 002 et ce sont eux qui m’ont offert de le financer intégralement.
À cette occasion, j’ai créé et mis au point un procédé innovant pour franchir le mur de la chaleur sans dommage, les céramiques de la MAPEA n’étant pas forcément suffisantes pour les longs vols hypersoniques et sans user de la MHD[6] comme les russes, même si le principe reste le même : repousser les filets d’air autour des point chauds, les bords d’attaque des ailes et du fuselage.
C’est le « gel Birgit ». »
De quoi s’agit-il ?
 
« Un procédé piézo-électrique. La chaleur produite sur les parties chaudes fabrique un courant électrique qui est immédiatement consommé dans la création d’un champ électromagnétique qui repousse les particules ionisées d’un plasma en formation sur ces mêmes parties chaudes.
Autrement dit, c’est un procédé autorégulé à base de thermopiles. Un système qu’on enseigne en section physique de notre grande école et qui a été découvert puis compris au cours du XIXème siècle grâce aux travaux de Seebeck, Peltier ou encore Lord Kelvin, si mes souvenirs sont exacts. »
Globalement, un matériau thermoélectrique transforme directement la chaleur en électricité, ou déplace de l’énergie thermique par l’application d’un courant électrique. Un grand nombre des matériaux possédant des propriétés thermoélectriques intéressantes ont été découverts au cours des décennies 1950 et 1960. « C’est notamment le cas du tellurure de bismuth (Bi2Te3) utilisé dans les modules Peltier commerciaux, ou des alliages de silicium-germanium (SiGe) utilisés pour l’alimentation des sondes spatiales dans des générateurs thermoélectriques à radioisotope.
On utilisera le même procédé sur le Nivelle 003, à la fois pour traverser l’atmosphère à l’occasion de son désorbitage, ainsi que pour refroidir le réacteur embarqué en orbite. »
Gustave est largué.
Alors qu’Alexis sait de quoi il s’agit pour avoir écrit cette partie-là de la biographie de Paul et que Julie connaît le procédé, au moins de loin.
« L’innovation, c’est que ça s’applique comme d’une peinture, comme d’un film qu’il faut remplacer après usage par souci de sécurité. »
Bon et alors, quel rapport ?
 
Pour mémoire (n’en déplaise à « Poux-tine ») : « LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
 


Éditions I3


[1] Cf. épisode « Opération Juliette-Siéra » dans la série des « Enquêtes de Charlotte », aux éditions I3
[2] Cf. épisode « Parcours olympiques » dans la série des « Enquêtes de Charlotte », aux éditions I3
[3] Cf. épisode « Mains invisibles » dans la série des « Enquêtes de Charlotte », aux éditions I3
[4] Cf. épisode « Ultime récit – suite » dans la série des « Enquêtes de Charlotte », aux éditions I3
[5] Cf. épisode « Mains invisibles – Tome II » dans la série des « Enquêtes de Charlotte », aux éditions I3
[6] MHD pour Magnéto-Hydro-Dynamique. Une discipline scientifique qui s’applique notamment aux plasmas, au noyau externe et même à l’eau de mer. C’est une généralisation de l’hydrodynamique (la dynamique des fluides) couplée à l’électromagnétisme ou encore de la mécanique des fluides ionisés en présence de champs électriques (électrostatique), mais sans champ magnétique.

dimanche 2 juillet 2023

Menaces de chaos (9/54)

8 – La Rand Corporation
 
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », du pur jus de neurone garanti 100 % bio, sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
« Oh, c’est effectivement très simple », intervient Gustave qui, pour avoir été le patron de la DRM quelques années, la direction du renseignement militaire français, est resté toutes ouïes ouvertes au monde qui l’entoure et aux rumeurs qui y circulent, depuis qu’il est à la retraite (seconde section…).
« C’est dans le rapport de la Rand Corporation pour déstabiliser la Russie ! »
C’est quoi, ça, la « Rand Corporation » et ça dit quoi ce rapport ?
 
« La Rand Corporation est un laboratoire d’idée crée en 1948 pour conseiller l’armée américaine » explique-t-il alors.
« Elle est aujourd’hui principalement financée par le gouvernement américain. Le rapport dont il s’agit a été publié en 2019 et a été « sponsorisé par l’armée américaine », selon le site lui-même. »
Alexis vérifiera ultérieurement, depuis ses « sources ouvertes », qu’en introduction de son rapport intitulé « Overextending and Unbalancing Russia », (Étendre et déséquilibrer la Russie) la Rand Corporation explique l’objectif recherché : « Cette note résume un rapport qui examine de manière approfondie les options non violentes et coûteuses que les États-Unis et leurs alliés pourraient poursuivre dans les domaines économiques, politiques et militaires pour mettre à rude épreuve ― étendre (overextend) et déséquilibrer ― l’économie, les forces armées de la Russie et la position politique du régime dans son pays et à l’étranger. »
On ne peut pas être plus clair !
 
Gustave poursuit : « La question que l’on devine et qui a probablement initié le rapport est la suivante : « comment opérer un changement de régime en Russie, sans envahir le pays ? »
D’ailleurs, une note de l’éditeur datée d’avril 2022 qui précède la dernière version de ce rapport, avertit et prévient que des « médias d’État russes et des individus favorables à la décision de Poutine d’envahir l’Ukraine ont déformé ce travail de recherche ».
Dans le contenu, on peut voir que l’éventail des mesures envisagées est très large. Pour chaque mesure, un tableau fait apparaitre un rapport coût-bénéfice en fonction de l’objectif recherché ― déstabiliser la Russie — et de ce que cela risquerait de coûter fort cher aux États-Unis.
Par exemple, en économie, les mesures sont « d’étendre la production énergétique des États-Unis », pour faire chuter les cours et diminuer les revenus de l’État russe, « imposer de nouvelles sanctions commerciales et financières », en insistant sur la nécessité que d’autres pays y participent, « augmenter la capacité de l’Europe à importer du gaz venant d’autres pays que la Russie », tout en omettant de préciser que les États-Unis seraient certainement bénéficiaires de ce genre de transition, mais aussi « encourager l’émigration des gens éduqués de Russie vers l’étranger ».
Dans la sphère du géopolitique, la première mesure étudiée a été la « fourniture d’armements létaux à l’Ukraine », que le président Trump a décidée avec les fameux missiles anti-char Javelin.
Mais, le rapport prévient que l’aide dans ce domaine devra être progressive pour ne pas provoquer un conflit plus large. Du reste, l’administration Biden a aussi étendu ses livraisons d’armes à l’Ukraine de manière progressive tant en quantité que sur le plan de leurs performances.
L’idée d’« augmenter le soutien aux rebelles syriens » est venue par la suite, mais la mesure a été considérée comme trop risquée. Comme les seuls rebelles dont on parle ici étaient des islamistes, on voit bien que les idées les plus dangereuses ont été mises sur la table. »
Ce n’est pas tout…
 
« « Promouvoir la libéralisation de la Biélorussie » a été considéré comme une mesure qui échouerait probablement. Cela ne les a pas empêchés d’essayer de le faire lorsque l’occasion s’est présentée.
« Réduire l’influence russe en Asie centrale » et « expulser les forces russes de Transnistrie » ont également été étudiées. Ces options ont cependant été considérées comme peu utiles et difficilement applicables.
Dans la sphère informationnelle et idéologique, il est question de « diminuer la confiance dans le processus électoral russe », « créer la perception que le régime ne poursuit pas l’intérêt général », « encourager les manifestations et la résistance non-violente », « dégrader l’image du pays à l’étranger ». Et il faut dire qu’il y a matière fournie par Poutine lui-même ! 
On a bien là tous les leviers des révolutions de couleur ! » précise-t-il.
 
« On peut mieux comprendre pourquoi nos journaux de la presse mainstream adoptent systématiquement les mêmes thèmes et les mêmes approches critiques quand il s’agit de parler de la Russie. On a là quasiment la preuve qu’ils sont sous contrôle. La Rand Corporation expose seulement l’envers du décor.
Son rapport conclut sur ces mots que je cite de mémoire : « Bien qu’aucune de ces mesures n’ait une forte probabilité de succès, l’une ou l’autre d’entre elles renforcerait les inquiétudes les plus profondes du régime russe et pourrait être utilisée comme une menace dissuasive pour diminuer les campagnes actives de désinformation et de subversion de la Russie à l’étranger. » »
Étonnant : tout était-il déjà prêt ?
 
« Par ailleurs, il est également question de « déplacer les bombardiers à portée de frappe » des cibles stratégiques russes les plus essentielles, de même que les chasseurs et les missiles nucléaires sont jugés comme étant très efficaces pour « renforcer l’anxiété des Russes ». Quand on se donne pour but de renforcer l’anxiété de l’adversaire, on ne travaille pas pour la paix, mais bien pour la domination et la guerre.
On provoque !
Une nouvelle course aux armements est aussi envisagée, mais jugée potentiellement très coûteuse pour les États-Unis qui ont du retard dans certains domaines.
Quant au domaine maritime, le rapport indique que « enforcer la présence et la posture des forces navales américaines », notamment en mer Noire, n’est pas jugé comme très efficace.
Cependant, l’exercice de l’OTAN Sea Breeze qui s’est déroulé pendant l’été 2021 au large d’Odessa, a contribué à faire monter la pression.
Une « augmentation des forces américaines en Europe, augmentation des capacités terrestres des membres européens de l’OTAN et un déploiement d’un grand nombre de forces de l’OTAN à la frontière russe » étaient en revanche des mesures envisagées. Le dernier point a été largement couvert, notamment depuis le démarrage de « l’opération spéciale russe » et encore tout récemment. 
Mais augmenter la taille et la fréquence des exercices de l’OTAN en Europe n’était pas jugé efficace, même si cela a pourtant été fait. »
Il avale un gorgeon de vin rouge.
 
« Plus intéressant et en conclusion, le rapport estime que la plus grande vulnérabilité russe est son économie, et sa plus grande force, son armée. Or, il semble que les événements récents ont montré que l’économie russe résistait plutôt bien aux sanctions, notamment grâce au fait que seul l’Occident les applique, mais également que l’armée russe n’était pas aussi efficace que ce qui avait pu être affirmé.
Enfin, ce rapport estime par ailleurs que les élites russes s’inquiètent grandement pour la stabilité du régime.
Au total, l’existence dudit rapport est bien la preuve que les États-Unis, et a minima des éléments de son administration, ceux qui l’ont commandé, cherchaient à déstabiliser la Russie, et que toutes les options étaient sur la table. Et nous constatons qu’un certain nombre des propositions étudiées ont été mises en œuvre, il est vrai à des degrés divers.
À la lumière de cette étude, il n’est pas absurde de penser que le but cynique et ultime est de renforcer l’anxiété de la Russie et principalement de la pousser à la faute en Ukraine, de l’attirer dans un bourbier savamment alimenté, type Afghanistan, ce qui pouvait permettre à terme d’encourager le changement de régime recherché à Moscou.
Les autres objectifs — désormais atteints — étaient probablement l’accélération de la vassalisation et de l’affaiblissement comme jamais de l’Europe, en la coupant durablement et profondément de la Russie.
On peut toutefois douter que le président Trump ait commandé cette étude. Car rien ne l’indique.
Si l’armée américaine a commandé ce travail sans qu’on le lui ait demandé, ce serait bien la preuve que l’État profond a sa logique propre et s’auto-anime, quel que soit le président, s’autorisant même à faire pression ou du moins influencer ce dernier.
Quand l’administration élue devient plus favorable aux actions agressives, au moins les plans sont prêts. »
C’est donc un « complot » !
 
« Non, même pas » intervient Paul. « Les « complotistes » sont des ânes bâtés qui ne méritent même pas la botte de foin qui les nourrit.
En fait, toutes les administrations du monde entier ont besoin de « projections », de plans préparés et étudiés à l’avance pour réagir à tous les problèmes et opportunités quand elles se manifestent.
Chez nous ça s’appelle plan Orsec, plan Blanc, plan Rouge, le plan Épervier, le plan Inondations, Bison futé, Vigipirate et parfois on procède à des répétitions et des simulations in situ.
Une démarche d’ingénieur qui calcule tout avant de passer à la réalisation, mais en l’occurrence réalisée par des énarques chez nous.
Raison pour laquelle ça déraille parfois…
Les américains se sont fait piéger une fois avec les attentats du 11 septembre : ils dépensent simplement beaucoup de neurones pour ne plus être repris au dépourvu. »
Il ne faut donc pas confondre les causes et les effets, comme pour la Covid 19 où avait été organisée une simulation par l’OMS et Bill Gates notamment, aux USA, deux mois avant le début de la pandémie en Chine, où encore cette répétition générale l’avant-veille des attentats de novembre 2015 à Paris.
« Il y en a d’autres qui ne se réaliseront jamais, comme la simulation d’une cyberattaque massive en 2020. Alors que personne n’avait imaginé ni simulé qu’un camion pouvait rouler à tombeaux ouverts sur les trottoirs de la promenade des anglais à Nice avant juillet 2016…
Je rappelle simplement que tout cela ne serait jamais arrivé si Poutine avait laissé ses troupes tranquillement dormir dans leurs casernes et leurs campements.
Il faut tout de même se souvenir que c’est lui qui a envahi l’Ukraine et pas les américains qui l’ont poussé à franchir la frontière contre sa volonté ! » s’emporte-t-il.
Et il conclue par un : « De toute façon, ce n’est toujours pas tout ! »
C’est-à-dire ?
 
« Car « l’État profond » n’a pas encore tout vu, » reprend Paul de Bréveuil.
Mais encore ?
« Il se trouve que d’une part, il y a des « faucons » qui n’espèrent qu’une chose c’est d’en découdre quel qu’en soit le prix à payer, façon « Patton » qui voulait entrer le premier à Berlin, avant l’armée rouge, pousser jusqu’à Moscou, et régler une bonne fois pour toute la menace communiste russe à lui tout seul.
Or, ceux-là agissent dans l’ombre et le développement de « l’opération spéciale » de Poutine leur donne une opportunité fantastique d’avancer un peu plus vers le démantèlement de la fédération de Russie… »
« … la Biélorussie est un obstacle, un tampon » intervient Gustave !
« Pour l’heure ! D’autant que le pays sera doté de munitions nucléaires sous peu, fournies par les russes qui comptent bien garder un allié sûr sur son flanc occidental, comme d’un glacis.
Au moins tant que son actuel dirigeant reste en vie…
Vous noterez également que l’enclave de Kaliningrad, tout comme celle de Transnistrie, ne sont pas menacées… pour le moment également. Des pièces à jouer plus tard.
Après, c’est l’élargissement de l’Otan au Nord de la Baltique, une fois que cette mer-là deviendra un enjeu géopolitique de premier plan avec le sabotage des gazoducs Nord Stream le mois prochain.
Mais pas seulement les « faucons » : il y a quantité de va-t’en guerre qui fourbissent leurs projets de chaos. »
Un sabotage ? Et qui donc veut le chaos ?
 
« Réfléchissez deux secondes ! Dans le désordre, nous avons un groupe de milliardaires anonymes qui sont persuadés que la planète a besoin d’un grand coup de Kärcher pour être sauvegardée.
Une population trop nombreuse, vivant peu ou prou à la mode occidentale, ou qui a vocation et ambition d’y parvenir, épuise les ressources naturelles de la planète, détruit l’environnement, menace la diversité biologique, éteint quantité d’espèces qui disparaissent dans un silence assourdissant, pollue plus que jamais et finalement cavale au suicide collectif.
C’est notamment le discours du GIEC qui chante ce refrain des oiseaux de malheur depuis des lustres.
Mais c’est aussi Davos qui appelle à une refonte générale de nos sociétés, leur fameux « Great-reset » sur le modèle « post-collectiviste » conduite par une petite élite autoproclamée, comme au bon vieux temps de Lénine et Trotski. Vous savez, l’affaire du despote éclairé de Voltaire…
Pour eux, pour cette élite « élitiste » et activiste, c’est une question existentielle car il s’agit de l’avenir de l’espèce humaine.
Alexis verra ça du côté des radicaux écologistes, environnementalistes et survivalistes. Ceux-là sont prêts à tout, y compris de détruire notre civilisation… »
Allons donc !
 
Pour mémoire (n’en déplaise à « Poux-tine ») : « LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
 

 
Éditions I3

samedi 1 juillet 2023

Menaces de chaos (8/54)

7 – Éclairages différents
 
Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », du pur jus de neurone garanti 100 % bio, sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Par la suite, Besseda aurait été rapidement libéré et serait revenu travailler à son bureau de la Loubianka. « Mais il ne faut pas y voir la trace d’une quelconque volonté de le réhabiliter, et encore moins le signe d’une prise de conscience, tardive, chez le président, de ses propres erreurs de jugement, mais plutôt la volonté de limiter le risque d’une aggravation de la situation en disent nos analystes. »
De fait, si l’arrestation de Besseda doit être interprétée comme un avertissement lancé aux services de renseignement, au FSB en particulier, sa libération correspond à un « repli tactique » destiné à couper court aux rumeurs sur les divisions internes et les dissensions entre les dirigeants et la « base » qui ont d’ailleurs fuité sur la place publique un court moment.
Il s’agissait de rassurer les « seconds et troisièmes couteaux » dont dépendent à bien des égards la stabilité du système et la bonne gestion du processus décisionnel.
 
Poutine a d’autant plus intérêt à ménager ses cadres du renseignement qu’il est confronté à la présence d’un « parti de la guerre », une fraction des « siloviki » en désaccord avec les objectifs revus à la baisse de l’« opération militaire spéciale », réduits non plus à la conquête de l’Ukraine, mais à l’occupation et l’annexion du Donbass.
Ces cadres de la base voudraient voir Poutine annoncer la mobilisation générale et utiliser des armes de destruction massive pour en finir au plus vite.
La libération de Besseda semble donc indiquer que Poutine tenterait d’apprendre de ses erreurs. »
L’effet de cette prise de conscience sera-t-il durable, questionne alors Alexis ?
 
Gustave répond à la volée : « Cela est peu probable tant que Poutine sera aux commandes, avec sa vision paranoïaque du monde et de l’Histoire, son système de valeurs anti-occidental et son obsession d’une Ukraine à « dénazifier », mais aussi tant que le principal modèle d’inspiration des services secrets russes restera le KGB d’Andropov et, de plus en plus, du NKVD stalinien. »
Paul semble approuver le propos de celui qui était son haut supérieur en Afghanistan à bord de l’unique porte-avions nucléaire tricolore.
« Alors, quelle issue et dans quel délai ? »
 
« C’est plus compliqué que ça : plus Poutine se sentira acculé vers une défaite, plus il va devenir dangereux.
Je vous rappelle qu’il est gravement malade et bien soigné, et qu’en plus il fera face à des oppositions de plus en plus marquées dans son cercle restreint et dans la société civile au fil de ses reculades. »
« Malade, malade, ça reste à voir », intervient Gustave en contre-point. « Il y a une partie d’intoxication de sa part pour faire croire qu’il l’est et que ce n’est pas la peine de le pousser dehors et ainsi d’alimenter le même sentiment chez nous ! »
C’est vrai, admet Paul.
« Mais il est vraiment malade et il se sait condamné. Par son crabe ou par ses proches. Il a intégré cette donnée et il se sent prêt à rentrer dans l’Histoire en qualité de martyr de son pays.
Ça le glorifierait enfin.
Sauf qu’à vivre en reclus, enfermé dans ses bunkers, déconnecté des réalités, il ne prépare pas non plus vraiment l’avenir du pays, pas plus que sa succession : dans ces conditions, après lui, pourquoi pas un désert radioactif ? »
Rien de rassurant, finalement…
 
« On n’en est pas là, mais justement, ça ouvre des perspectives à d’autres. »
Autour de lui ?
« Pas seulement.
Vous me goûterez bien un peu des fromages du pays ?
Je vous conseille le brocciu. C’est de la brebis fraîche qui vient d’une bergerie de Corte.
Ça se mange nature, ou avec du sel, mais je le préfère avec du sucre, du miel ou de la confiture de figue… » indique Paul à ses convives.
 
« Ok, et on fait quoi ici au juste, ce soir, commandant ? » questionne Gustave.
« Eh bien d’abord déguster la gastronomie corse que vous ne connaissez pas et ensuite mettre en place une riposte décisive… »
Une riposte décisive ?
Les trois convives de Paul en restent bouche bée.
« Avec quels moyens, à trois contre une armée de plusieurs centaines de milliers d’hommes suréquipés ? » réagit Gustave en premier.
« Comment ça ? » interroge Julie.
« Pourquoi seulement trois ? » questionne Alexis à l’adresse de Gustave qui s’en mordrait presque la lèvre de l’avoir omise…
 
Le plateau de fromage circule enfin autour de la grande table.
« D’un point de vue militaire, cette « opération spéciale » décidée par Moscou est une opportunité majeure pour les alliés de l’Otan de tester des armes nouvelles sans même envoyer un seul GI sur le territoire ukrainien risquer sa peau sous la bannière étoilée.
Certes, il y a bien des « boys » qui se sont engagés à titre individuel, venus d’Angleterre, du Canada et des USA. Des « chiens de guerre » qui aiment l’odeur du sang et de la poudre.
Plus quelques experts, analystes, agents de liaison et instructeurs qui accompagnent la mise en place des nouveaux équipements ukrainiens.
Nous-mêmes avons envoyé quelques pilotes chevronnés sur hydravion pour aider les Ukrainiens, mais je savais qu’ils ne risquaient pas de ne pas revenir.
Car passées les 76 premières heures de l’invasion vers Kiev et les villes du Sud et de la mer d’Azov, le régime de Zelensky n’étant pas tombé, lui-même refusant le « taxi » proposé par les USA pour l’exfiltrer, il a été décidé de réagir.
Non seulement à travers des sanctions inédites et sévères qui attaquent les fondamentaux de l’économie de Moscou pour de nombreuses années, mais aussi par la mise en place d’un soutien matériel des armes de l’Ukraine. »
Oui, mais d’une part, les contre-mesures russes relatives aux hydrocarbures dont sont friands les européens, auront eu un impact considérable sur les populations de l’UE ouvrant le cycle d’une nouvelle crise économique au moment de sortir de la crise sanitaire, précise encore Paul, et d’autre part, il aura provoqué l’extension de l’Otan sur la frontière Nord de la Russie, complète Alexis.
 
« Pas seulement, » rajoute Gustave : « Nous avons été dans l’obligation de renforcer militairement le flanc Est de l’Otan. Roumanie, Pologne, les États Baltes. »
« Ce qui fait dire à certains qu’il s’agit d’un gigantesque piège dans lequel les Russes se sont précipités » rajoute Paul.
Comment ça ?
Tous les regards se tournent vers lui alors qu’il se sert de quelques de chèvre, le plateau étant revenu à sa portée.
« Je vous explique : l’Ukraine est un pays trop grand, trop exposé, avec trop de voisins ayant des revendications historiques sur son territoire, pour pouvoir choisir le chemin de la neutralité.
Il lui fallait donc choisir entre la Russie et l’OTAN. Comme l’Ukraine avait déjà essayé la Russie, il lui fallait maintenant tenter l’OTAN.
Effectivement, si l’Ukraine ne rentrait pas dans l’OTAN, elle serait sous contrôle russe d’ici à 10 à 12 ans. Car il est certain que la Russie voudrait réintégrer les pays de l’ex-URSS dans sa sphère d’influence, comme la Biélorussie et quelques autres en Asie centrale.
Cependant, jusque-là, une Ukraine dans l’OTAN est inacceptable pour la Russie et celle-ci préférerait faire la guerre à l’Ukraine plutôt que de laisser son voisin adhérer à l’alliance militaire de l’Ouest perçue à Moscou comme une menace au lieu de l’analyser comme une chance inouïe.
Et c’est exactement ce qui s’est passé.
D’autant que par ailleurs l’OTAN n’accepterait pas l’Ukraine en son sein avant qu’une guerre russo-ukrainienne n’ait lieu, une guerre dont il fallait que l’Ukraine sorte vainqueure, même si elle devait être dévastée pour cela et qu’elle récupère les territoires perdus : c’est dans les statuts de l’alliance.
En d’autres termes, il fallait que l’Ukraine soit prête à un sacrifice énorme, pour s’assurer ensuite d’être complètement détachée de la Russie. »
Osé comme raisonnement…
 
« Dans ce conflit, l’Ukraine ne pouvait être que soutenu activement par l’Occident avec des armes, des équipements, de l’assistance, des nouvelles sanctions contre la Russie, et même possiblement l’introduction d’un contingent de l’OTAN, d’une zone d’exclusion aérienne, etc. car, et c’est le plus important, il s’agit de l’opportunité, pour l’Occident, d’affaiblir durablement et en profondeur la Russie pour qu’elle ne représente plus une menace pour ni pour l’Europe ni pour les USA qui pourront alors se projeter sur le pacifique occidental ».
Et la prochaine étape serait l’entrée en guerre officielle de l’OTAN, par exemple contre la Biélorussie, si elle devient un cobelligérant, avec la 101ème division aéroportée américaine, déjà déployée en Roumanie, en plus des contingents français et de quelques autres, questionne Gustave ?
« Vous verrez bien, mais ça laisse le temps à la 101ème de se déployer tranquillement… »
 
« Je vous rappelle qu’en octobre 2019, le président Zelensky annonçait alors fièrement que l’Ukraine était prête pour reprendre le Donbass par la force. S’ils avaient voulu provoquer la Russie, c’est exactement par là qu’il fallait commencer.
Laisser la Russie attaquer la première était par ailleurs la meilleure stratégie pour pouvoir ensuite endosser le rôle de la victime et quémander le soutien de la terre entière contre l’agression de l’ogre russe et ce jusqu’en Chine où Pékin se garde bien d’afficher un franc soutien à qui que ce soit. Sauf à vendre un peu de matériel éculé contre du pétrole bon marché.
Il est d’ailleurs notable que, dans leur communication, les anglo-saxons insistent sur le fait que l’agression russe était absolument « non provoquée ». S’ils insistent si lourdement là-dessus, c’est parce que l’agression a au contraire bien été provoquée ! »
Admettons…
 
« Gageons que la tentative de réanimer les accords de Minsk, avec la réunion du format Normandie le 9 décembre 2019 à Paris, aura retardé quelque peu l’affrontement prévu et probablement voulu. De quoi permettre aux Ukrainiens de se préparer…
Les Ukrainiens se sont prêtés à l’exercice imposé, en apparence, mais comme d’habitude ils n’ont respecté aucun des engagements pris, si ce n’est l’échange de prisonniers.
Vous aurez aussi tous noté que dès l’intronisation de Biden, fin janvier 2021, les provocations contre les intérêts russes reprenaient de plus belle, avec les persécutions judiciaires lancées contre Victor Medvetchuk, le leader de l’opposition favorable aux Accords de Minsk et à une politique de bon voisinage avec la Russie.
Le pouvoir ukrainien n’est pas « blanc de chez blanc ». Ça reste un monde de voyous, encore corrompus par ses mafias et oligarques et qui est encore loin d’être un État de droit comme l’exige l’UE.
La fermeture des chaines de TV d’opposition, dès le 2 février, avant la première offensive russe, allaient dans le même sens, comme le décret signé le 24 mars précédent autorisant la reprise de la Crimée par la force. En moins de deux mois, Zelensky avait finalement tenté le maximum pour provoquer la Russie.
Mais cette dernière n’attaquait toujours pas !
Par la suite, les États-Unis et l’Ukraine n’ont cessé de parler d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.  C’est ainsi que le 1er septembre 2021, les États-Unis et l’Ukraine ont fait une déclaration commune de partenariat stratégique qui insistait lourdement sur la dimension sécuritaire. Ce travail débouchait le 10 novembre sur la mise à jour d’une charte commune signée initialement en 2008.
Du point de vue russe, la pression montait. Plus le temps passait, plus le soutien américain à l’Ukraine augmentait !
À quand les bombardiers stratégiques et les missiles américains déployés sur le territoire de l’Ukraine ? »
Ce déroulé historique qui, vérification faite postérieurement par Alexis, journaliste de formation, se révèle être exact, même si on avait oublié entre-temps tous ces détails-là, éclaire le conflit en cours sous une autre lumière…
 
Paul continue : « Dans la même période, à l’automne, les Russes ont alors sondé une dernière fois la volonté des Français et des Allemands pour faire pression sur les Ukrainiens, agissant de telle sorte que ces derniers négocient enfin avec les séparatistes dans le cadre des Accords de Minsk. Face au refus franco-allemand, les Russes excédés ont fini par publier le 18 novembre les échanges diplomatiques avec Paris et Berlin. »
Un scandale diplomatique, tout le monde s’en souvient…
« Parallèlement, ils ont commencé à amasser des troupes aux frontières de l’Ukraine sous prétexte d’exercices, pour faire pression. Des réunions ont eu lieu en janvier et février 2022, mais elles se sont heurtées aux mêmes obstacles. Ni Paris ni Berlin n’ont voulu exercer de pressions sur Kiev, comme à l’accoutumée.
C’est là que les Russes ont définitivement pu conclure que les Accords de Minsk étaient morts, faute de volonté politique des trois autres signataires.
On se souvient aussi que lorsque Zelensky feignait de ne pas croire à l’invasion, en février 2022, il mentait, bien entendu. Il fallait juste éviter un exode des combattants potentiels dont on avait déjà prévu la mobilisation. »
 
Tout le monde autour de la table opine et attend la suite de la démonstration de Paul.
« Ensuite tout y passe. De la tentative du siège de Kiev à la destruction des infrastructures. On comprend d’autant mieux pourquoi les Russes n’ont pas eu la partie facile, puisque les Ukrainiens, et leurs alliés anglo-saxons, avaient prévu leurs moindres mouvements grâce aux satellites et aux avions espions. »
Comment Paul peut-il être aussi affirmatif sur tous ces points ?
 
Pour mémoire (n’en déplaise à « Poux-tine ») : « LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
 

 
Éditions I3