Ou quand la mobilité dévore l’île de Beauté
Un petit détour par la presse régionale de la semaine
dernière confirme mes propres observations étalées sur plusieurs décennies…
Naturellement, il s’agit de la terre de mes ancêtres (pas les gauloisiens, mais les corses) où les ânes et les mules traçaient leurs chemins à travers la montagne au rythme lent de leurs sabots.
Et que quand il fallait tracer une route carrossable à l’assaut d’un col, on mettait la mule devant, l’ingénieurs de ponts-et-des-chaussées derrière pour faire ses relevés, et le bulldozer suivait le convoi…
C’est comme ça que des routes contournent un arbre, on ne sait pas vraiment pourquoi…
Bref, une fois les routes esquissées, empierrées puis
goudronnées, il faut bien avouer que la voiture (les cars, les bus, les camions
& camionnette) a transformé la vie sur l’île qui a pu ranger ses ânes et
ses mules, soi-disant recyclés en saucisson alors qu’en fait ils servaient essentiellement,
comme les biquettes et les mouflons, à l’écobuage des parcelles de maquis inflammables.
La voiture a ainsi rapproché des villages longtemps isolés, désenclavé les montagnes, facilité l’accès au travail, aux soins et à l’éducation.
Dans une région où les transports collectifs demeurent rares, la voiture est souvent le seul moyen de se déplacer.
Mais ce qui a libéré la « Corsica-Bella-Tchi-tchi »
de l’isolement l’a aussi, peu à peu, enfermée dans une dépendance coûteuse et
nuisible.
Effectivement, et je m’en fais souvent l’écho dans « mes estives », car à chaque saison estivale, le scénario se répète. Entre Ajaccio et Bonifacio, la RT40 voit son trafic bondir de plus de 80 %, atteignant 12.000 véhicules par jour contre moins de 5.000 l’hiver et encore, si les cols ne sont pas fermés.
Autour de Propriano, il faut parfois une heure et demie pour franchir quelques kilomètres.
La T10, entre Bastia et Porto-Vecchio, se transforme en serpent métallique de 143 kilomètres où l’on met quatre heures à progresser, quand tout va bien.
À Ajaccio, parcourir 14 kilomètres peut prendre une heure.
À Porto-Vecchio, les files de voitures bloquent l’accès aux plages, et la route de Palombaggia (une perle devenue quasi-inaccessible) est devenue à sens unique pour les camping-cars.
« Le paradoxe est total » nous dit le
« journaleux » du canard-local. « On vient en Corse pour sa
nature et son calme, et on se retrouve à respirer l’air chaud d’un
embouteillage ». Chaud et pollué.
Le rêve de liberté tourne à la claustrophobie.
La voiture n’est plus un moyen d’évasion, mais la cellule climatisée de l’été corse.
Les camping-cars se transforme une aberration écologique ambulante, leur afflux massif aggrave la situation : Ces véhicules encombrants ralentissent les routes sinueuses, obstruent les passages étroits, et posent un problème majeur : Le stationnement.
D’autant que c’est difficile à dépasser sur des routes parfois étroites et mal carrossées.
De plus, le camping sauvage est interdit sur l’île pour des raisons évidentes – respect de l’environnement, lutte contre les incendies, préservation des sites naturels – mais l’accueil des camping-cars n’a pas suivi.
Résultat, des milliers d’entre eux s’installent sur les parkings publics, les accotements, ou les bords de mer. Certains déversent leurs eaux usées dans des zones sensibles, laissent des déchets ou augmentent les risques d’incendie.
Résultat, c’est une ironie totale : Ces touristes prônent une vie proche de la nature, tout en la détériorant chaque été !
Et encore, en « Corsica-Bella-Tchi-tchi », on a été les premiers à interdire les pochons en plastique « haute-densité » pour emballer les marchandises en sortie de caisse. Parce que le maquis en était constellé par l’effet des courants d’air locaux, partout où le regard se posait : Une horreur !
Mais on n’a pas empêché quelques « écololos » de s’installer au milieu du maquis en espace protégé mais sans exiger la présence d’une fosse septique…
La voiture devait rapprocher du monde naturel, elle en devient l’un de ses principaux prédateurs.
Quant à l’électrique, c’est comme un mirage vert pour
une île dépendante de tout. Une idée de psychopathe diplômé… Car on vous répète
que la voiture électrique serait la solution « écolologique ». « En
réalité, pour un territoire insulaire, elle est une impasse. D’abord, le
transport maritime. Les batteries lithium-ion représentent un risque majeur
d’incendie sur les ferries » : Elles peuvent brûler spontanément, sans
oxygène et sont impossibles à éteindre.
Corsica Linea et Corsica Ferries imposent désormais une charge limitée à 30 % et isolent ces véhicules à bord.
Les incendies des cargos Felicity Ace (en 2022) et Freemantle Highway (en 2023) hantent encore les compagnies maritimes, au point qu’une pétition réclame leur interdiction !
Ensuite, la dépendance énergétique. La Corse importe déjà une grande partie de son électricité. Recharger des milliers de véhicules accentuerait cette dépendance, sans parler du manque criant de bornes.
L’électrique ne règle donc rien, elle ne fait que déplacer les problèmes, du carburant vers l’énergie importée. Le « modèle automobile » reste intact, simplement repeint en vert.
Par ailleurs, « le village d’Olmeto
(à l’approche de Propriano) incarne à lui seul l’absurdité de la gestion
routière corse. Sur la RT40, un feu tricolore régule un goulet si étroit qu’un
seul véhicule à la fois peut passer. Résultat : plusieurs minutes d’attente
pour chaque conducteur. »
Heureusement, une déviation est prévue… depuis 1956 !
Soixante-dix ans plus tard, elle n’est toujours pas construite.
Quatre tracés ont été présentés en 2024, avec des budgets dépassant les dizaines de millions d’euros, mais le projet piétine.
En attendant, 2,8 millions d’euros ont été dépensés pour créer 136 places de parking, et 35.000 euros par an pour employer du personnel chargé de fluidifier la circulation. Les tentatives de suppression du feu ont toutes échoué les unes après les autres…
C’est l’illustration parfaite d’un système qui investit dans des solutions temporaires plutôt que dans des réponses structurelles. « On construit pour les voitures, pas pour les habitants ».
Autre exemple, Le 18 octobre 2025, Ajaccio a inauguré
un téléphérique reliant Saint-Joseph à Mezzavia en douze minutes. Coût du
projet : 38 millions d’euros. Capacité annoncée : 3.000 passagers par heure.
Sur le papier, c’est une alternative à la voiture. Dans les faits, c’est un constat d’impuissance : La ville est tellement dépendante de l’automobile qu’il faut désormais s’élever dans les airs pour s’en sortir. Ironie supplémentaire, pour prendre le téléphérique, il faut d’abord y venir… en voiture.
Avec un tel budget, Ajaccio aurait pu se doter d’un réseau de bus moderne, de pistes cyclables continues ou d’un « plan de circulation apaisée » sur l’exemple parigot qui aura transformé la chaussée publique en foire d’empoigne par ses excès dogmatiques, mais justement sans les excès « écolologistes » pour apprendre des erreurs de la kapitale.
Mais non, à la place, la municipalité a choisi un symbole technologique coûteux, sans repenser la logique urbaine de fond.
Autre aberration îlienne des « sachants »
locaux détachés par la Nation : L’histoire du chemin de fer corse (au
statut du personnel calqué sur celui de la SNCF continentale) !
Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, une ligne reliait Bastia à Porto-Vecchio sur 130 kilomètres. Elle transportait bois, sel, liège, charbon, et soutenait toute l’économie de la côte orientale : Ma grand-mère (celle de mon cimetière personnel) m’en parlait souvent pour descendre de son village sur la côte orientale et rejoindre « le cour » à Bastia (pour se montrer « aux galants » qui y patrouillaient avant-guerre, la première…).
Dans les années 1930, un train moderne mettait trois heures pour relier Bastia à Porto-Vecchio. Aujourd’hui, il faut quatre heures de route en voiture l’été.
En septembre 1943, l’armée « Teutonne » détruit les ponts ferroviaires.
Après la guerre, on décide de ne pas les reconstruire, jugés trop coûteux.
La route devait suffire. Le dernier train circule en 1953, la fermeture officielle est prononcée en 1958.
Depuis, l’emprise ferroviaire a été livrée au béton : D’anciennes gares sont devenues des propriétés privées, des routes ont été tracées sur le tracé d’origine. Le réseau a été effacé, au sens propre du terme.
Ce choix, motivé par la facilité immédiate, a condamné l’île à une dépendance durable à la voiture.
Depuis plus de dix ans, la Collectivité de Corse
évoque la réouverture de la portion Casamozza-Folelli (10,5 km), derrière l’aéroport
de Poretta au Sud de Bastia, un prolongement du « métro » local qui
dessert toutes les gares jusqu’à Bastia.
Budget prévisionnel : 42 millions d’euros. Livraison annoncée pour 2023.
Nous sommes en 2026 et rien n’a bougé.
L’urbanisation a envahi le tracé initial, rendant les travaux encore plus complexes. Le projet reste au stade de l’étude.
Pendant ce temps, la circulation explose malgré l’ouverture de l’autoroute « Furiani-Furiani » (2 x 2 voies sans intersection) et les bouchons s’allongent. Ce qui aurait pu être un axe vital dort toujours sous le béton.
Le réseau de bus « Via Corsica » affiche des
lignes régulières sur le papier. Dans la réalité, deux passages par jour, du
lundi au samedi.
Impossible d’organiser sa vie autour d’un service aussi rare.
La ligne Calvi-Bastia part à 5 h 30 ou 6 h 30, et le retour est à 10 h ou 16 h 30. Si vous ratez le bus, vous attendez le suivant… le lendemain.
Je me souviens d’avoir fait du stop toute une journée pour aller de Bastia à Saint-Florent pour avoir raté le car du matin : J’ai finalement pris celui du soir.
Les prix sont attractifs, mais le service ne répond à aucun besoin réel du quotidien.
Le réseau ferroviaire actuel (régional, avec des voitures
« Bleu-blanc-rouge » comme le RER parigot) compte 232 kilomètres
entre Bastia, Ajaccio et Calvi. C’est un trésor patrimonial sous-exploité.
Malgré une fréquentation dépassant le million de passagers en 2014, les horaires restent mal adaptés aux travailleurs et les fréquences insuffisantes.
Notez, il n’y a qu’une voie, mais les rames peuvent se croiser en gare.
Surtout, la côte orientale – la plus peuplée – n’est toujours pas desservie au-delà de Casamozza, comme indiqué ci-avant.
Par ailleurs, avec 1.000 kilomètres de côtes, la Corse
pourrait relier ses communes littorales avec des navettes régulières.
« Un système Ajaccio-Propriano-Bonifacio-Porto-Vecchio serait logique et agréable. Pourtant, les rares initiatives existantes restent saisonnières et touristiques. »
Aucune stratégie globale n’existe pour exploiter ce potentiel pourtant évident.
Il était une époque où on pouvait partir le matin de Calvi avec la vedette de Colombo Line (de la famille calvaise des Colombani) direction Ajaccio 3 heures plus tard si la mer était belle. On y traitait ses affaires, on y déjeunait, on pouvait même y faire une petite sieste éventuellement coquine, et rentrer pour le diner.
Aujourd’hui que le patron est à la retraite, sa vedette amarrée au fond de l’ancien port de commerce et il faut se faire la route par Corte. Trois heures si les cols sont ouverts, 4 l’été. Idem au retour… Tu passes ta journée en bagnole…
Les villages se vident, les commerces de proximité
disparaissent, remplacés par des zones commerciales périphériques. Les paysages
sont défigurés par des routes élargies, des parkings géants, des ronds-points à
perte de vue et des zones d’entrepôts immenses : Le foncier n’est pas si cher…
« Le mitage du territoire s’accélère » : Je sais, même le tracé des déviations futures et les réserves foncières n’empêchent pas de caviarder le paysage de « maison d’architecte » ici et là…
Les pics de pollution estivaux touchent désormais
Bastia, Ajaccio et Porto-Vecchio. « L’entretien routier engloutit des
budgets qui pourraient financer bus, pistes cyclables ou navettes »
avance-t-il.
Et chaque voiture supplémentaire accentue l’importation de carburant et d’électricité.
Résultat « temps et qualité de vie perdus : des milliers d’heures passées chaque année dans les bouchons, un stress devenu banal » se lamente le « journaleux ».
Et le voilà en militant de « Sœur-Âne » la
parigote : « La voiture restera nécessaire dans certaines zones de
montagne, mais son règne doit cesser !
Imaginons une île où : une nouvelle ligne ferroviaire
relie Bastia à Porto-Vecchio, avec arrêts dans la plaine orientale ; des
navettes maritimes régulières relient les grandes villes côtières ; un réseau
de bus cadencé fonctionne chaque heure sur les grands axes ; les centres
historiques redeviennent piétons ; les camping-cars sont limités et garés dans
des zones périphériques avec navettes ; le « trinichellu » (le TGV local
pour Train à Grandes Vibrations) est modernisé et mieux intégré à la vie
quotidienne ; des pistes cyclables sécurisées apparaissent dans la plaine
orientale ; la déviation d’Olmeto et d’autres villages sort enfin des tiroirs ;
et les millions du téléphérique d’Ajaccio servent à bâtir un vrai réseau
collectif. »
On dirait le discours d’un déçu de la prochaine
campagne des municipales…
Ou comment claquer du pognon qu’on n’a pas… Parce que tout ça est peut-être bien joli pour la haute saison, mais surdimensionné les trois-quarts de l’année…
« La Corse paie le prix d’un modèle bâti
autour de l’automobile » nous assure-t-il. Trafic en hausse de + 80 %,
routes saturées, dépendance énergétique, pollution, infrastructures obsolètes,
lignes ferroviaires sacrifiées : « Tout converge vers un même constat
d’échec. »
« La fermeture de la ligne Porto-Vecchio-Bastia, il y a soixante-neuf ans, symbolise notre renoncement collectif. Ce que la guerre avait détruit, nous avons choisi de ne pas reconstruire. »
« Olmeto et son feu tricolore sont le miroir de cette inertie : soixante-neuf ans d’attente pour une déviation toujours à l’étude. » C’est dire sa nécessité urgentissime !
« Le téléphérique d’Ajaccio, lui, représente l’illusion technologique d’une modernité qui ne remet rien en cause. »
Arrêtez le tir de barrage ! N’en jetez plus, SVP…
Heureusement il ne propose pas d’interdire la voiture,
c’est déjà à assez coûteux à faire traverser depuis le continent, mais propose
de cesser « d’en faire la mesure de tout ».
« Investir dans le rail, les navettes, les bus, c’est redonner à la Corse une respiration, un équilibre. »
« La vraie liberté, ce n’est pas de tourner au ralenti dans les embouteillages d’août. C’est de pouvoir traverser son village à pied, entendre le silence des soirs d’été, respirer un air enfin apaisé.
Après soixante-neuf ans de routes élargies, il est
temps de reconstruire ce que nous avons perdu : une île pensée pour ses
habitants, pas pour leurs voitures » assure-t-il.
Remarquez, c’est partout pareil, mais sans bagnole,
pas de touriste et donc pas assez de revenus pour les autochtones. Donc pas de
pognon pour combler les nids de poules, donc retour de la mule et adieu le train
et la marche à pied…
Car à aucun moment il n’a évoqué le vélib’ électrique : Il faut dire que l’été, on les voit pédaler sur les faux plats, que ça m’en fait hoqueter d’effroi le muscle cardiaque bourré de ses stents…
Que d’ailleurs, il n’évoque pas plus les déserts médicaux de nos montagnes, où il faut retenir un hélico pour se faire hospitaliser rapidement, tellement les routes sont impraticables pour les urgences : Après tout, la légion a perdu 2 camions cet hiver dans les virages de la route Calvi-Île-Rousse…
Bref, « l’écolologie » se cherche encore
Corsica-Bella-Tchi-tchi » et la presse locale s’y prend comme un pied pour
soutenir les candidats s’en réclamant pour les municipales.
Ça méritait d’être souligné…
Pour
mémoire (n’en déplaise à « Pal-Poux-tine ») : « LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ
RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE «
NON RUSSE », REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весь позор!
Parrainez Renommez la rue de l'ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny (change.org)
Naturellement, il s’agit de la terre de mes ancêtres (pas les gauloisiens, mais les corses) où les ânes et les mules traçaient leurs chemins à travers la montagne au rythme lent de leurs sabots.
Et que quand il fallait tracer une route carrossable à l’assaut d’un col, on mettait la mule devant, l’ingénieurs de ponts-et-des-chaussées derrière pour faire ses relevés, et le bulldozer suivait le convoi…
C’est comme ça que des routes contournent un arbre, on ne sait pas vraiment pourquoi…
La voiture a ainsi rapproché des villages longtemps isolés, désenclavé les montagnes, facilité l’accès au travail, aux soins et à l’éducation.
Dans une région où les transports collectifs demeurent rares, la voiture est souvent le seul moyen de se déplacer.
Effectivement, et je m’en fais souvent l’écho dans « mes estives », car à chaque saison estivale, le scénario se répète. Entre Ajaccio et Bonifacio, la RT40 voit son trafic bondir de plus de 80 %, atteignant 12.000 véhicules par jour contre moins de 5.000 l’hiver et encore, si les cols ne sont pas fermés.
Autour de Propriano, il faut parfois une heure et demie pour franchir quelques kilomètres.
La T10, entre Bastia et Porto-Vecchio, se transforme en serpent métallique de 143 kilomètres où l’on met quatre heures à progresser, quand tout va bien.
À Ajaccio, parcourir 14 kilomètres peut prendre une heure.
À Porto-Vecchio, les files de voitures bloquent l’accès aux plages, et la route de Palombaggia (une perle devenue quasi-inaccessible) est devenue à sens unique pour les camping-cars.
Le rêve de liberté tourne à la claustrophobie.
La voiture n’est plus un moyen d’évasion, mais la cellule climatisée de l’été corse.
Les camping-cars se transforme une aberration écologique ambulante, leur afflux massif aggrave la situation : Ces véhicules encombrants ralentissent les routes sinueuses, obstruent les passages étroits, et posent un problème majeur : Le stationnement.
D’autant que c’est difficile à dépasser sur des routes parfois étroites et mal carrossées.
De plus, le camping sauvage est interdit sur l’île pour des raisons évidentes – respect de l’environnement, lutte contre les incendies, préservation des sites naturels – mais l’accueil des camping-cars n’a pas suivi.
Résultat, des milliers d’entre eux s’installent sur les parkings publics, les accotements, ou les bords de mer. Certains déversent leurs eaux usées dans des zones sensibles, laissent des déchets ou augmentent les risques d’incendie.
Résultat, c’est une ironie totale : Ces touristes prônent une vie proche de la nature, tout en la détériorant chaque été !
Et encore, en « Corsica-Bella-Tchi-tchi », on a été les premiers à interdire les pochons en plastique « haute-densité » pour emballer les marchandises en sortie de caisse. Parce que le maquis en était constellé par l’effet des courants d’air locaux, partout où le regard se posait : Une horreur !
Mais on n’a pas empêché quelques « écololos » de s’installer au milieu du maquis en espace protégé mais sans exiger la présence d’une fosse septique…
La voiture devait rapprocher du monde naturel, elle en devient l’un de ses principaux prédateurs.
Corsica Linea et Corsica Ferries imposent désormais une charge limitée à 30 % et isolent ces véhicules à bord.
Les incendies des cargos Felicity Ace (en 2022) et Freemantle Highway (en 2023) hantent encore les compagnies maritimes, au point qu’une pétition réclame leur interdiction !
Ensuite, la dépendance énergétique. La Corse importe déjà une grande partie de son électricité. Recharger des milliers de véhicules accentuerait cette dépendance, sans parler du manque criant de bornes.
L’électrique ne règle donc rien, elle ne fait que déplacer les problèmes, du carburant vers l’énergie importée. Le « modèle automobile » reste intact, simplement repeint en vert.
Heureusement, une déviation est prévue… depuis 1956 !
Soixante-dix ans plus tard, elle n’est toujours pas construite.
Quatre tracés ont été présentés en 2024, avec des budgets dépassant les dizaines de millions d’euros, mais le projet piétine.
En attendant, 2,8 millions d’euros ont été dépensés pour créer 136 places de parking, et 35.000 euros par an pour employer du personnel chargé de fluidifier la circulation. Les tentatives de suppression du feu ont toutes échoué les unes après les autres…
C’est l’illustration parfaite d’un système qui investit dans des solutions temporaires plutôt que dans des réponses structurelles. « On construit pour les voitures, pas pour les habitants ».
Sur le papier, c’est une alternative à la voiture. Dans les faits, c’est un constat d’impuissance : La ville est tellement dépendante de l’automobile qu’il faut désormais s’élever dans les airs pour s’en sortir. Ironie supplémentaire, pour prendre le téléphérique, il faut d’abord y venir… en voiture.
Avec un tel budget, Ajaccio aurait pu se doter d’un réseau de bus moderne, de pistes cyclables continues ou d’un « plan de circulation apaisée » sur l’exemple parigot qui aura transformé la chaussée publique en foire d’empoigne par ses excès dogmatiques, mais justement sans les excès « écolologistes » pour apprendre des erreurs de la kapitale.
Mais non, à la place, la municipalité a choisi un symbole technologique coûteux, sans repenser la logique urbaine de fond.
Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, une ligne reliait Bastia à Porto-Vecchio sur 130 kilomètres. Elle transportait bois, sel, liège, charbon, et soutenait toute l’économie de la côte orientale : Ma grand-mère (celle de mon cimetière personnel) m’en parlait souvent pour descendre de son village sur la côte orientale et rejoindre « le cour » à Bastia (pour se montrer « aux galants » qui y patrouillaient avant-guerre, la première…).
Dans les années 1930, un train moderne mettait trois heures pour relier Bastia à Porto-Vecchio. Aujourd’hui, il faut quatre heures de route en voiture l’été.
En septembre 1943, l’armée « Teutonne » détruit les ponts ferroviaires.
Après la guerre, on décide de ne pas les reconstruire, jugés trop coûteux.
La route devait suffire. Le dernier train circule en 1953, la fermeture officielle est prononcée en 1958.
Depuis, l’emprise ferroviaire a été livrée au béton : D’anciennes gares sont devenues des propriétés privées, des routes ont été tracées sur le tracé d’origine. Le réseau a été effacé, au sens propre du terme.
Ce choix, motivé par la facilité immédiate, a condamné l’île à une dépendance durable à la voiture.
Budget prévisionnel : 42 millions d’euros. Livraison annoncée pour 2023.
Nous sommes en 2026 et rien n’a bougé.
L’urbanisation a envahi le tracé initial, rendant les travaux encore plus complexes. Le projet reste au stade de l’étude.
Pendant ce temps, la circulation explose malgré l’ouverture de l’autoroute « Furiani-Furiani » (2 x 2 voies sans intersection) et les bouchons s’allongent. Ce qui aurait pu être un axe vital dort toujours sous le béton.
Impossible d’organiser sa vie autour d’un service aussi rare.
La ligne Calvi-Bastia part à 5 h 30 ou 6 h 30, et le retour est à 10 h ou 16 h 30. Si vous ratez le bus, vous attendez le suivant… le lendemain.
Je me souviens d’avoir fait du stop toute une journée pour aller de Bastia à Saint-Florent pour avoir raté le car du matin : J’ai finalement pris celui du soir.
Les prix sont attractifs, mais le service ne répond à aucun besoin réel du quotidien.
Malgré une fréquentation dépassant le million de passagers en 2014, les horaires restent mal adaptés aux travailleurs et les fréquences insuffisantes.
Notez, il n’y a qu’une voie, mais les rames peuvent se croiser en gare.
Surtout, la côte orientale – la plus peuplée – n’est toujours pas desservie au-delà de Casamozza, comme indiqué ci-avant.
« Un système Ajaccio-Propriano-Bonifacio-Porto-Vecchio serait logique et agréable. Pourtant, les rares initiatives existantes restent saisonnières et touristiques. »
Aucune stratégie globale n’existe pour exploiter ce potentiel pourtant évident.
Il était une époque où on pouvait partir le matin de Calvi avec la vedette de Colombo Line (de la famille calvaise des Colombani) direction Ajaccio 3 heures plus tard si la mer était belle. On y traitait ses affaires, on y déjeunait, on pouvait même y faire une petite sieste éventuellement coquine, et rentrer pour le diner.
Aujourd’hui que le patron est à la retraite, sa vedette amarrée au fond de l’ancien port de commerce et il faut se faire la route par Corte. Trois heures si les cols sont ouverts, 4 l’été. Idem au retour… Tu passes ta journée en bagnole…
« Le mitage du territoire s’accélère » : Je sais, même le tracé des déviations futures et les réserves foncières n’empêchent pas de caviarder le paysage de « maison d’architecte » ici et là…
Et chaque voiture supplémentaire accentue l’importation de carburant et d’électricité.
Résultat « temps et qualité de vie perdus : des milliers d’heures passées chaque année dans les bouchons, un stress devenu banal » se lamente le « journaleux ».
Ou comment claquer du pognon qu’on n’a pas… Parce que tout ça est peut-être bien joli pour la haute saison, mais surdimensionné les trois-quarts de l’année…
« La fermeture de la ligne Porto-Vecchio-Bastia, il y a soixante-neuf ans, symbolise notre renoncement collectif. Ce que la guerre avait détruit, nous avons choisi de ne pas reconstruire. »
« Olmeto et son feu tricolore sont le miroir de cette inertie : soixante-neuf ans d’attente pour une déviation toujours à l’étude. » C’est dire sa nécessité urgentissime !
« Le téléphérique d’Ajaccio, lui, représente l’illusion technologique d’une modernité qui ne remet rien en cause. »
Arrêtez le tir de barrage ! N’en jetez plus, SVP…
« Investir dans le rail, les navettes, les bus, c’est redonner à la Corse une respiration, un équilibre. »
« La vraie liberté, ce n’est pas de tourner au ralenti dans les embouteillages d’août. C’est de pouvoir traverser son village à pied, entendre le silence des soirs d’été, respirer un air enfin apaisé.
Car à aucun moment il n’a évoqué le vélib’ électrique : Il faut dire que l’été, on les voit pédaler sur les faux plats, que ça m’en fait hoqueter d’effroi le muscle cardiaque bourré de ses stents…
Que d’ailleurs, il n’évoque pas plus les déserts médicaux de nos montagnes, où il faut retenir un hélico pour se faire hospitaliser rapidement, tellement les routes sont impraticables pour les urgences : Après tout, la légion a perdu 2 camions cet hiver dans les virages de la route Calvi-Île-Rousse…
Ça méritait d’être souligné…
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весь позор!
Parrainez Renommez la rue de l'ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny (change.org)
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