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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

mercredi 8 avril 2015

Parfois, j’ai du mal à garder mon calme.

C’était la semaine dernière.
 
« Mon Boss à moi » venait visiter un de ses « bons clients », francophone et francophile, résident belge de la Sérénissime qui fait des centres commerciaux en Bulgarie (et par ailleurs) et qui avait décidé de passer la semaine sainte et ses festivités religieuses dans sa ville d’attache.
On est allé au « Quadri », Piazza San Marco (cher, très cher même, une patate et demi de franc gaulois à 4 en comptant les Spritz et le cognac, mais disposant d’une cave … phénoménale !).
 
En prenant toutefois quelques risques, puisqu’avec les grandes marées, quand je me promenais à travers l’univers en avion (dont aucun n’est tombé quand j’étais à bord…), la ville était congelée et une alerte d’Aqua-Alta avec vent du sud contrarié par celui du nord a apporté quelques flocons de neige…
Un épisode climatique des plus classiques en cette saison, paraît-il, au moins depuis deux ans déjà.
C’est le client qui invitait (hein, alors pourquoi se gêner ?) : Il voulait absolument faire ma connaissance avant que je ne parte sur Paris pour Pâques, me faire découvrir une des meilleures tables de la ville et me présenter sa « contrôleuse de gestion » en chef (une fille insipide en forme de sac-à-main, mais avec un joli sourire) avec qui je suis censé travailler dans ses affaires de production cinématographique… 
Oui, parce qu’en plus que de blanchir son pognon dans des affaires parfaitement légales, il fait dans le « cinéma de charme », autrement dit dans du porno.
Que ça doit rapporter encore plus que les centres commerciaux et qu’il faut bien glisser des enveloppes en roupie – de l’euro classique depuis le début de l’année au lieu et place du Lev – là où il faut pour faire avancer ses dossiers.
 
Moi et le cinoche…, même porno, à part les James Bond et la guerre des étoiles, je n’en connais que ses subventions effrénées en « Gauloisie-fiscale » au nom de « l’exception culturelle », ses SOFICA ahurissantes, son régime des intermittents du spectacle « hors normes »… enfin passons : Il y a aussi la taxe sur les productions, les profits et sur la distribution de films porno… justement !
Lui, en revanche, il trouve cela assez lucratif pour y investir une partie de sa fortune et y faire encore quelques « jolis coups ».
J’étais en charge de le séduire, c’était la consigne reçue de « mon boss à moi », quitte à l’étonner, comme parfois je sais faire.
Surtout, ne rien lui vendre : C’est lui qui demande à acheter !
Et pour l’heure, il n’achète même plus de billets bulgares…
 
Que la conversation déboule d’abord sur l’aspect fiscal des choses, que je connais un peu quand ça concerne la « Gauloisie-exceptionnelle ».
Tout en découvrant, qu’en Italie, ils ne sont pas mal non plus…
Pour en venir aux hommes, par le biais du régime des droits d’auteur, semble-t-il un peu moins favorable que dans la péninsule (ce que je demande à vérifier…), pour en finir par les acteurs et … le droit du travail en général, le pendant du droit « au » travail inscrit dans le préambule de la constitution, la IVème !
Là, il ne faut pas me taquiner trop longtemps où je peux devenir iconoclaste.
Et il a été servi…
 
Pour moi, si le salariat était parfaitement adapté aux usines du dernier millénaire, comme on a changé de millénaire, il est désormais un agonisant qui ne le sait pas encore, atteint du sida irrémédiable qu’il ignore avoir chopé.
« Qu’on y songe. Il y a seulement trois formes de contrat de travail et une trentaine d’exceptions. Le CDI, l’intérim et le CDD. »
Le CDD et l’intérim sont très encadrés et le premier bascule une fois sur deux, si l’on n’y prend pas garde, en CDI.
« Or, le CDI, c’est le saint-graal du salarié et de ses représentants syndicaux, comme dans la fonction publique, le modèle à décliner, c’est la norme incontournable ! » 
 
Pour être plus précis, d’un point de vue juridique, c’est un contrat de louage d’ouvrage, moyennant trois critères : Une rémunération (forfaitaire ou à la pièce, mais forfaitaire tout de même et avec des minimas), des tâches à accomplir et un lien de subordination.
Quand il n’y a plus de tâches à accomplir, de travail à exécuter, le salarié peut même « prendre acte » d’une rupture aux torts exclusifs de l’employeur, et sans la procédure « normale », donc avec les indemnités maximums qui vont avec.
Le fonctionnaire, lui, il continue de « fonctionner » : Il n’y a pas de licenciement économique possible. Ce n’est pas prévu et au pire, il est reclassé. Au mieux, il est en disponibilité en attente d’affectation.
Quant au lien de subordination, c’est une mise à disposition du salarié, dans le cadre d’un horaire, d’un lieu et d’une organisation du travail collectif (motif de pénibilité à retenir dans la nouvelle législation sur le « compte de pénibilité »). 
 
Enfin la rémunération, elle n’est jamais ce qui est convenu : Il faut décompter les charges salariales, mais rajouter, les congés-payés, les charges patronales, les impôts et taxes dus par l’employeur sur les salaires versés, et finalement l’éventualité d’une rupture du contrat de travail aux torts de l’employeur…
Ce qui fait cher au bout du bout !
« Qu’on compte bien, sur 100 de base, le salarié coûte entre 140 et 160 qui sont des rémunérations « différées » à rajouter à la rémunération directe. Sur celle-ci, il ne touche que 80, va payer 8 de TVA au plus bas et 4 à 5 d’impôt sur le revenu. Ce qui est acheté 160 finalement ne rapporte que 64 à 65 au mieux au prolo ! Comment voulez-vous que tout le monde soit contant après un pareil déluge ? » 
 
Pire, pour alléger la sauce, « François III » a inventé le CICE, le Crédit d’Impôt Compétitivité pour l'Emploi.
« Une grande rigolade ! On demande aux entreprises d’investir pour l’emploi, moyennant une ristourne de ses charges sociales sur ses impôts calculée sur les investissements qu’il réalisera.
Vous voyez un peu le niveau de schizophrénie atteint par l’énarchie de mon pays : Je te ristourne de l’IS si tu achètes des robots qui vont faire le boulot de tes prolos déqualifiés – justement ceux qu’on retrouve essentiellement dans les CDD et l’intérim – pour conserver de l’emploi ! »
Fabuleux !
Comment veut-on créer des emplois avec une pareille « mécanique » ? 
 
On paye des meks inutiles à surveiller des machines, qui ne font jamais grève, qui peuvent tourner 24 heures sur 24 et 365 jours par an, en se tournant les pouces et on veut être « plus productif ».
« Je vous le dis, on tue le contrat de travail ! »
J’en avais bien d’autres à lui sortir, mais la tirade lui a coupé le souffle et la répartie.
« Salarié kleenex contre salarié zappeur », conclue-je, « transformant le « marché du boulot » en vaste jachère sur laquelle poussent tous les extrémismes. »
De l’autisme pur et dur… 
 
C’est comme ça qu’on détruit de l’emploi et gonfle les rangs des chômeurs.
Et pas un mot sur, l'évolution jurisprudentielle désastreuse en cours, les délocalisations que le « bon client » de mon « boss à moi » pratique avec assiduité, qui ne sont jamais qu’un détour possible pour se sortir de la nasse des normes en tous genres, y compris du droit du travail…
Les gouvernants, leurs opposants, les partenaires sociaux d’hier débattent encore de la meilleure façon de relancer l’emploi. Mais le travail change sans qu’ils ne s’en aperçoivent, restant sur leurs « anciens logiciels de pensée ».
Et le monde du travail, il change en profondeur sous nos yeux, qu’il faut être trisomique pour ne pas s’en rendre compte. 
Et il va encore changer dans les années qui viennent comme jamais depuis la dernière révolution industrielle.
Encourager l’emploi sans voir ce bouleversement à venir et actuel, c’est un peu comme fabriquer une robe de fillette en oubliant que la fillette est devenue entre-temps une ado en pleine croissance pour reprendre l’expression bien vue d’un éditorialiste gaulois.
(Plus récent que mon propos de ce jour-là).
 
Si nous sommes condamnés au travail, celui-ci a pris différentes formes au cours du temps : Le travail indépendant de toute éternité, puis l’esclavage, le servage, le fermage, l’artisanat, le métayage… et le salariat.
À l’aube de la révolution industrielle c’est le salariat qui commence à s’imposer.
Et ce n’est pas par hasard : Il répond parfaitement aux exigences de la production industrielle des maîtres des forges, qui devient dominante dans la première moitié du XXème siècle.
Des ouvriers payés pour effectuer des tâches répétitives et stupides, définies (avec la sacro-sainte fiche de poste) avec une rémunération et une durée fixées au préalable, dans un lieu donné et pas un autre.
Ce qui, au passage, facilitait l’organisation des grèves lancées par les marxistes qui n’ont vu que ça surfant sur l’aspect abêtissant du boulot morcelé.
Combien de fois ai-je pu questionner le prolo-au-boulot lui demandant pourquoi il faisait ça comme ça et pas autrement et à quoi ça servait…
Parfois, il n’y avait personne derrière les yeux : Je débarquais d’une autre planète !
Le travail s’inscrit alors dans « l’emploi », dont les conditions s’améliorent au fil des gains de productivité et des luttes sociales, ou … se dégradent lors des crises.  
 
Sauf que la production, elle, elle a complétement changé. Les process ne sont plus les mêmes, les machines non plus. La proportion d’ouvriers dans la population active a chuté de moitié en un demi-siècle, tombant à moins de 20 %.
L’industrie fait à peine plus du dixième de l’activité globale…
La production matérielle et les tâches répétitives sont de plus en plus souvent confiées à des machines et des robots.
Les entreprises ne fonctionnent plus du tout de la même manière : Leurs frontières sont mouvantes, elles sollicitent davantage des ressources extérieures avec les technologies de l’information, elles forment des équipes au gré de leurs projets pour quelques jours ou quelques mois, elles n’ont plus besoin d’avoir tous leurs employés sur place.
C’est le contrat de mission, le télétravail, toutes ces innovations qui maintiennent un « lien de subordination » allégé contre une rémunération variable et parfois aléatoire quant à sa durabilité.
C’est même typique du contrat d’intermittent du spectacle et de son régime traitement du chômage en faillite depuis des décennies…
 
Mon pays (celui que j’aime tant…) compte dix fois plus de salariés que d’indépendants (24 millions, dont bientôt 6 de fonctionnaires et déjà au moins 6 millions de chômeurs contre 2,6 millions d'indépendants).
Et encore, on vient de tuer le régime de l’auto-entrepreneur de façon durable, puisque même à l’UMP, ils n’en veulent plus, tellement l’hémorragie des cotisations sociales est néfaste à la fois aux élus-syndicaux et à d’autres cotisants comme les artisans et leur RSI. 
 
Un salarié sur trois n’est pas en CDI, le contrat typique de l’ère industrielle.
Un salarié sur deux travaille parfois le samedi.
On va ouvrir le dimanche dans les zones dites à « intérêt culturel national ».
Je ne sais même pas si on compte les curés dedans, les pompiers, les militaires, les flics, l’aviation civile, les cheminots, traminaux et autres transporteurs, voire les intermittents du spectacle entre autres.
Plus de 2 millions d’hommes et de femmes exercent plusieurs activités (salarié et non salarié, multi-employeurs, etc.).
À en croire les chiffres publiés récemment par « Lyne-sait-tout », le nombre d’indépendants a progressé l’an dernier tandis que le nombre de salariés a diminué.
Aux États-Unis, un actif sur quatre n’est pas salarié…
Même pas semainier (ni plus journalier) puisque c’est encore une particularité Gauloise que d’être mensualisé : Le prolo fait l’avance de son boulot pendant 30 jours, pendant 12 mois pour son 13ème mois conventionnel, le temps que l’employeur vende et encaisse sa production…
Là encore, c’est fabuleux : Tout le monde vit à crédit sans le dire.
Dire qu'à mon premier boulot, j'étais payé trois mois plus tard : Double paye pendant 3 mois quand je suis parti !
Et on ne cause même pas des fonctionnaires en fonction, qui endettent leur pays et les générations futures dès le mois d’octobre tous les ans, après avoir racketté tout le monde jusqu’à fin juillet, en première et totale exclusivité… 
 
Cette montée (ou plutôt cette remontée) du travail indépendant est souvent présenté comme un choix par défaut, voire un terrifiant « recul social ».
« Les chômeurs n’ont qu’à créer leur emploi », avait lancé le Premier ministre « Raie-Mont-Bar-Biturique » en 1978, celui qui voyait le bout du tunnel avant ça !
Alors que beaucoup d’hommes et de femmes aspirent à travailler autrement.
Un sur deux aimerait travailler à la maison.
Les deux tiers des salariés à temps partiel disent l’avoir choisi.
Et beaucoup de ceux qui ont quitté le salariat affirment qu’ils n’y reviendraient pour rien au monde, même s’ils comptent souvent davantage leurs sous et moins leurs heures… 
 
Une formidable mutation du travail soulève bien sûr des myriades de questions : D’abord, il y a les abus qu’il faut contenir.
Ensuite, il y a les difficultés des peu-qualifiés à s’organiser dans ce monde nouveau, à prendre en main leur destinée et le stress généré par une instabilité professionnelle bien plus grande.
À l’échelle collective, toutes les protections sociales sont fondées sur le postulat d’une population employée à temps plein dans le même cadre fixé jusqu’au divorce, la maladie, la retraite ou le décès.
Mais le passage du privé au public, ou du salariat au travail indépendant, est par exemple sanctionné par une retraite sérieusement amputée.
Se pose aussi la capacité des entreprises et de leurs dirigeants à passer réellement au management par projet, à susciter la loyauté chez leurs salariés, à basculer d’une exigence de moyens (présence sur place) à une exigence de résultats (tâche réellement accomplie), à exprimer leur reconnaissance du travail restitué.
Il y a enfin un formidable défi pour les politiques, qui devront adapter le cadre légal et réglementaire au travail de demain, et avant  encore, réformer leur « logiciel » de pensée.
 
Alors non, je ne suis pas très optimiste quant à la lutte contre le chômage, ni et par voie de conséquence, aux grands défis de la productivité et encore moins à la sortie de crise qu’on veut bien nous servir comme je l’ai rapporté encore hier : Un grand mensonge d’incompétence maladive !
Pour qu’on puisse y croire, il faudrait commencer par un État qui se remette en question, dans son fonctionnement, ses coûts et ses missions, au lieu d’en vouloir toujours plus que la peau des os de ses citoyens pour compenser, payer et entretenir sa mauvaise graisse.
On en est encore très loin, n’est-ce pas…
 
Le meketon, il a essayé de me moucher : « Mais … mais, vous êtes pourtant bien le salarié de votre patron ? »
Je lui dois mes compétences putatives. « Je lui dois une loyauté totale et pour l’heure l’exclusivité de mes activités, jour et nuit s’il le faut. Mais le jour où il dékonne, je fais autre chose. Parce que lui aussi doit me faire confiance. En bref, le lien de subordination est particulièrement lâche et surtout réciproque. Et ça nous convient à tous les deux. »
Même si je sais déjà que ça durera moins que les contributions directes.
Je ne lui ai pas dit, mais en plus, il ne garde pas tous les gains que je fais pour lui : Il a déjà eu l’occasion de m’en restituer une partie.
Ça, j’aime bien…

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