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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

mercredi 28 août 2019

Chapitre XXXIX – Phase I

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Le « raid » démarre en tenue d’égoutier complète, bottes qui remontent jusqu’à la taille, ciré, gants, casque et lampe torche sur le front, à partir d’une plaque d’égout située dans le parking du Palais de l’Alma et se poursuit dans les égouts qui longent la rue de l’Université, puis rejoint le collecteur du boulevard Rapp.
De là, il n’aura pas été difficile de pénétrer dans le premier bâtiment, après avoir reçu le « top » de Dimitri qui met en rade et à distance les systèmes de sécurité de la partie protégée de l’enceinte, précédemment « hackés ».
C’est le groupe « HLM » qui assure la sécurité d’Alexis. Un reste en arrière pendant que les deux autres l’accompagnent dans le dédale des sous-sols, sauf que très rapidement, ils tombent sur une porte blindée et verrouillée.
La mini-torche à plasma ne met pas longtemps à en venir à bout.
Et ils débouchent sur une sorte de sas d’où part une échelle à droite et en face sur une porte épaisse à oculus, verrouillée et se manœuvrant comme celle d’un navire.
Ce qui est curieux, ce sont les décors de cette petite pièce : plein de tuyaux de diamètre différents, avec des indications de couleurs différentes et des caractères cyrilliques, le tout baignant dans une lumière faible de couleur bleue.
Pas un bruit, hors le léger ronronnement d’un refoulement d’air.
 
Pas un mot échangé entre les trois comparses.
Ils ouvrent la porte et avancent sur le sol en acier, sans un bruit.
Pour tomber sur un couloir de traverse, à la perpendiculaire, donnant sur deux portes à roues pour système de fermeture. Mais celles-là sont scellées et ne bougent pas du tout.
Le long de ce court couloir, deux autres portes qui s’ouvrent facilement, bloquées par une paire de simple targette de forte dimension.
Derrière la première, rien qu’une étroite cellule baignée de lumière bleue et fermée par une grille, avec au fond deux bannettes, une table deux tabourets et probablement un lavabo et une tinette.
Derrière la seconde, la même chose mais aussi une ombre…
Qui se redresse, méconnaissable.
« Alex ! Je cherche Charlotte… »
Pas de réponse… mais elle bouge pour se lever.
« Qui ? »
« Alexis Dubois, je cherche Charlotte Maltorne. Vous êtes qui ? »
« Mais vous êtes rentrée comment ? »
Par la porte, cette idée… et les égouts.
« Dans un sous-marin nucléaire en plongée ? »
Elle est cinglée, la minette dont les traits ressemblent à ceux d’Aurélie au fur et à mesure qu’elle s’avance vers la grille.
L’effet de l’ivresse des profondeurs peut-être ?
Pas à cette altitude, tout de même…
« Où est Charlotte ? »
 
Là, derrière elle, sur sa couchette.
Coup de projecteur qui ne la réveille même pas.
« Mais qu’est-ce que vous faite dans cette tenue merdique ? »
Si c’est bien le cas, elle peut parler avec sa guenille…
« On est venu vous libérer. Mais pas de bruit, s’il vous plaît. Ce n’est pas encore gagné ! »
Les garçons se sont attaqués à la grille qui finit par céder et s’ouvrir largement.
Pas de panique, il faut sortir.
Sauf que Charlotte est totalement amorphe et pèse un âne mort…
Et une fois dans le boyau des égouts, il n’est même plus question de la porter. La traîner, encore, dans les eaux usées qui stagnent, ça peut se faire.
Heureusement, à force d’être ballotée, elle sort de sa torpeur et se met à parler.
« Tu vas bien, mon chaton ? »
Elle ne s’inquiète même pas d’elle-même.
« On est où ? »
Alexis trouve ça très drôle !
« Justement, je me demande. On a peut-être loupé la sortie. »
Non, ce n’est pas ça qu’elle demande, mais comment ils ont pu s’introduire dans un sous-marin nucléaire russe en plongée profonde au fond de l’atlantique pour venir les chercher.
« Oh bé on l’a coulé. On a tué tout l’équipage, mais là je crois qu’on n’a pas bien colmaté les fuites d’eau et de merde… » en rigole-t-elle.
« On arrive ! » dit simplement Henry, le grand black qui supporte Charlotte, un visage rassurant parce que reconnu.
« Faudra m’expliquer… »
Pour sûr.
 
Direction le Van et en route pour la Normandie.
Alexis va enfin découvrir « Les collines de Cabourg » et son fameux restaurant attenant, le « Cuisine de filles ».
La route est longue il faut faire plusieurs relais au volant, des arrêts-pipi toutes les heures : les « libérées » ont faim, ont soif, sont rincées et sauf à faire attention aux radars, il ne faut pas traîner.
Ils sont accueillis à la nuit par Alexis, l’homonyme dégarni du crâne d’Alex, et Dorothée, la concierge rondelette aux « masses molles » qui dansent à chacun de ses pas, qui leur trouvent à tous des chambres libres dans cette immense demeure assez curieuse.
Si la façade éclairée reste celle d’un « petit-château » normand sans tourelle, en fait tout l’arrière s’ouvre sur deux ailes au style nettement plus moderne, entourant une piscine.
Depuis la route et le portail s’ouvrant sur un chemin qui coupe en deux une vaste pelouse qui grimpe vers un escalier d’entrée aux dimensions imposantes, on ne peut pas les voir.
Puisque finalement la route est en contrebas.
« Ce sont des rajouts du patron ! »
On aurait pu en douter. Mais ce n’est pas de mauvais goût.
Ce sont Marion et Laurent qui lui font faire un tour succinct du propriétaire avec quelques explications, alors qu’Henry rend compte de leur arrivée à proximité du « bunker », une zone sous « sphère de sécurité » permanente pour protéger le serveur de secours de la CISA.
 
« Je crois qu’au démarrage, c’est ici que le patron passait ses vacances d’été quand il était jeune. C’était chez ses grands-parents. Et puis il a hérité de la bicoque qu’il a fait transformer en hôtel-restaurant sur des plans dessinés par sa femme. »
Il faudra qu’elle la rencontre…
« C’est ici qu’il y a eu une horrible bagarre entre une équipe de casseurs venue racketter le boss qui s’est faite hachée-menue par un tueur à gage envoyé par un dénommé River. William River je crois. »
Ce nom… ce n’est décidément pas la première fois qu’Alexis l’entend.
« Nous, on est rentré au service de la CISA un peu après. Alors je ne sais pas tout. En revanche, ce que je sais, c’est que de l’autre côté de la colline, il y a le « Bunker », là où est stocké le second serveur de la CISA. Et où le « boss » a neutralisé le deuxième tueur envoyé par River. »
Un vrai roman photo…
« Oh, ce n’est pas tout ! Il y en a eu un troisième, mais sur l’autoroute par lequel nous sommes arrivés. Et celui-là a failli avoir la peau du « boss ». »
Des détails qu’on lui avait déjà narrés.
« Après, on s’est mis en chasse de ce River et nos collègues filles ont retrouvé sa trace sur les bords du Lac Léman grâce au logiciel de la maison. »
 
Et qu’est-ce qu’il est devenu, ce dangereux phénomène ? En prison pour longtemps ?
« Non, même pas. Je crois qu’il avait le cœur fragile, qu’il avait trop bu, ou pris trop de médicaments, ou les deux en même temps, et il n’a pas survécu à leur rencontre. »
C’est Paul de Bréveuil qui l’a tué ?
Marion rit à gorge déployée : « Le patron ? Il ne ferait pas de mal à une mouche ! »
Et Laurent de se calmer tout de suite après de rajouter : « Mais quand on le cherche, on le trouve ! »
Marion de reprendre : « Toujours en légitime défense ! Le dernier qu’il a dessoudé, je crois que c’était à l’Élysée. Il a sauvé la mise au Président Makarond en juillet d’il y a un an en tuant un islamiste qui s’était introduit jusque dans ses appartements privés. Un cuistot ![1] »
Pas possible ?
Si ! Il a organisé avec ses collègues l’extraction de leur patron.
« On n’en a jamais parlé, » réagit Alexis.
« Et pour cause, c’est secret-d’État. Mais le chef des armées a démissionné à la suite de cette affaire-là et depuis, miss la première dame ne veut plus dormir à l’Élysée. »
Incroyable histoire !
« Et comment il a fait pour pénétrer jusque dans les appartements du Président ? »
L’agresseur était cuistot tout ce qu’il y a de plus loyal, sauf qu’il s’est radicalisé en douce…
« Non, le « boss » ? »
« Ah ça… Il fait ce qu’il veut quand il le veut, où il le veut. Je crois qu’il est passé par les toits en se faisant parachuter au-dessus de Paris… »
 
Alors parachutiste, pilote de chasse dans aéronavale, industriel dans l’océan indien…
« Il n’en manque pas ? »
Oh que si !
« Mais c’est à lui de vous le dire. Quand il le voudra, où il le voudra bien et comme il le voudra… »
Charmant.
 
Sur ces entrefaites, le trio retrouve Henry au bar.
« Les meufs ont mangé un peu et sont couchées. Nous, on a reçu de nouvelles instructions accompagnées des remerciements de Gusgusse et des félicitations du Boss. Il rapplique pour nous en serrer cinq. »
Quand ?
Ça, il ne sait pas.
« Nous on se divise. Deux restent ici jusqu’à ce que nos colis veuillent bien rentrer chez elles. Il faudra penser à leur faire faire des courses de fringues avec la carte bleue à Caen ou Deauville à leur choix. Le troisième ramène Madame Alexis à Paris demain et on vous remet aux bons soins du groupe ADN en attendant de nouvelles instructions. »
Pour l’heure, ils mangent et vont se coucher.
Alexis sort de sa douche en catastrophe pour cause de téléphone qui sonne.
C’est Paul de Bréveuil.
« Alors intéressant les russes ? »
Tu parles d’une combine : « Je vous rappelle que je suis votre biographe, par votre femme de ménage ! »
« Justement je vous emmène à Londres rencontrer ma « gestionnaire de fortune » qui va vous faire un topo. »
Et quand donc pourra-t-elle rencontrer Florence, Mylène et tous les autres ?
« Après. Là, vous repartez à Paris et vous recevrez des instructions et billets. On se retrouve dans le TGV qui part de la gare du nord pour Saint-Pancras station. Mais attention, il y a un piège ! »
Allons bon ! Lequel ?
« Le premier, c’est que je ne sais pas quand exactement. On attend que le capitaine Igor se manifeste à une frontière. Le logiciel BBR ne devrait pas le rater, mais ne sait-on jamais. Et le second, c’est que vous faites le voyage avec lui… »
Quoi ?
Mais elle ne le connaît pas !
« Nous non plus, on ne le connaît pas et on ne se connaît pas tant que le train n’aura pas démarré. Je vous fais louer un carré en première classe et je vous rejoins une fois que ça roule : il ne pourra plus s’enfuir jusqu’à Londres. Simple précaution : on ne descend pas d’un Eurotunnel en marche et il ne s’arrête pas avant sa destination à cause des clandestins.
Prenez juste une pièce d’identité et de quoi vous habiller… pour le retour ! Elle est smart, ma « conseillère de gestion ». Une vraie Lady ! »
Elle n’est pas mal, celle-là !
Alex n’a pas le temps de raccrocher que Paul avait coupé la conversation.
Mais dans quoi elle s’est embarquée, finalement ?


[1] Cf. « Les enquêtes de Charlotte », épisode « Ultime récit – suite… » aux éditions I3

mardi 27 août 2019

Chapitre XXXVIII – La cathédrale de la Sainte-Trinité

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Elles reviennent avec quelques couleurs et quelques courbatures.
« Bon, et notre visite chez les popovs, on y va quand alors ? »
C’est Noeline qui s’impatiente lors de cette réunion « de reprise » où reste absent Gustave.
« Attendez, une chose à rajouter, » intervient Dimitri qui y participe. « Vous savez ce que vous avez à faire, Alex ? »
Bé oui : passer un message à l’adresse du capitaine Igor Valantinovich…
« Ne comptez pas qu’il réponde immédiatement. En revanche, le logiciel que je vous ai présenté précédemment va « tracer » le trafic téléphonique, Internet, le câble diplomatique et les canaux radios.
Je vous rappelle qu’on n’écoute rien, c’est interdit et on n’est pas équipé. Mais ça va nous permettre de compléter nos données, mais pas seulement. »
Comment ça ?
« Normalement, ils vont réagir. C’est pourquoi on veut des « visuels » avec la « sphère de sécurité » autour de vous. Alors ne quittez pas des yeux le groupe ADN et réciproquement.
Je vous signale que votre domicile est déjà sous surveillance et qu’on va voir combien de temps ils vont mettre à vous identifier… »
Très instructif, finalement : elle joue le rôle de la chèvre dans les plans du « Big boss » !
 
« Exactement. Ça va nous permettre de détecter le moment idoine pour déclencher la phase II de notre opération. »
Qui consiste en quoi ?
« Mais tu es bien curieuse, Alex… »
Elle a le droit de savoir, puisqu’elle joue un rôle inattendu dans toute cette affaire.
Dire qu’au démarrage, il n’était que question de retrouver son père…
C’est Dimitri qui répond posément.
« Une fois qu’on aura tracé tous les agents « actifs » des russes sur le territoire, on libère Charlotte et Aurélie ! »
Comment ça, à Mourmansk ? Elles ne sont donc pas rentrées ?
« Mais non ! Et toujours pas d’activité traçable. Ce sont les russes qui nous l’amèneront sur un plateau et nous on va juste la « cueillir » d’après le « big-chief » ! Vous allez voir… »
Ah bé ça, pour sûr qu’elles ont envie de voir ça !
« C’est que nous avons travaillé pendant vos « vacances ». Enfin surtout le groupe HLM. »
 
Le périphérique est bouché à cette heure-ci de la journée et les filles mettent un peu de temps à rejoindre la porte d’Issy-les-Moulineaux. Mais après, ça roule. Elles enfilent le boulevard Exelmans puis font un détour à la Muette pour arriver par le boulevard Flandrin sur la rue Dufrenoy où elles posent leur véhicule sur un passage piéton.
Le 45 est juste sur la droite, caché par les arbres.
« Bien c’est là. On laisse un peu de temps à Dimitri pour nous verrouiller. Nous on te couvre à droite et à gauche et moi, je reste au volant. Vu ? »
Vu.
Alexis sort gaillardement une fois que Noeline et Delphine textotent qu’elles sont en place aux coins de la bâtisse au style imposant, entourée d’un parc arboré et de doubles grilles de faible hauteur.
Tout est fait pour que rien ne filtre depuis l’intérieur du bâtiment. La porte est étroite et le chemin qui mène à l’entrée est cerné par des caméras bien visibles, pour déboucher sur une porte vitrée à travers de laquelle on ne voit rien. Même pas moyen de voir les portes d’entrée du parking souterrain qui se situe à l’arrière. Juste l’allée gravillonnée qui mène à la porte principale.
Elle sonne à l’interphone, sous le regard muet des caméras qui l’épient.
À la seconde tentative, on lui répond. Une voix d’homme : « Da ! » et une suite de syllabes sans signification pour Alexis.
« Je suis Alexis Dubois et je suis envoyée par Paul de Bréveuil qui propose de rencontrer le Capitaine Igor Valantinovich du KGB… »
Rien…
« Oh, vous avez compris ? »
« Da ! »
Et puis plus rien.
« Ah ça alors, les goujats ! Ils ne m’ont même pas ouvert ! »
 
Les filles se replient en ordre dispersé pour éviter d’aller directement vers la voiture qui va les ramener, chacune chez elle, Noeline et Alexis chez cette dernière…
« Toi, tu as une idée derrière la tête ! »
Quoi, elle, Noeline ?
« Pourquoi tu les as ramenées ? Vous ne deviez pas assurer ma sécurité ? »
Parce que l’une a son gamin à occuper et à faire manger, que l’autre va faire la cuisine pour son mec et qu’avec le logiciel et sa présence à ses côtés, la « sphère de sécurité » est assurée du moment qu’on ne coupe pas les portables.
Pas suffisant…
« Et toi… pas de mec à satisfaire ? »
Il faut au moins une personne connectée pour assurer la protection « sphère de sécurité »…
« Dis donc au fait… tu as ramené des photos de ton séjour aux îles Maurice ? »
Ah, c’est donc ça !...
« Je vais te dire, c’est un pays magnifique et j’ai des tas de photos sur mon téléphone. Je vais te montrer quand tu auras fini de conduire. Mais si c’est ce que tu cherches, je n’en ai prise aucune de ton boss ! »
Pas possible ?
« Ce n’est pas croyable ! Tu le vois, tu lui parles, tu le touches, tu lui fais la bise et tu ne penses même pas à faire un selfie ? Non mais tu n’es pas possible, toi ! Allo quoi ! Tu vis dans quel monde ? »
C’est qu’elle serait presqu’en colère, la Neoline.
« T’es sa biographe, il t’envoie en pigeon devant l’ambassade russe, et toi tu ne te poses aucune question, pas même un cliché pour souvenir ou t’inspirer ! »
Vénère…
Effectivement, alors qu’Alexis va faire pipi après avoir remis son GMS à Noeline, elle constate qu’il n’y a pas une seule photo de mec !
Incroyable…
Une vraie nonne !
 
En fin d’après-midi, Dimitri laisse un message : « RAS pour la SdS d’A et N. Pensons qu’ils ont mordu à l’hameçon ! »
C’est un SMS commun à toute l’équipe ADN, copie à Gustave et à Paul.
En fait, l’analyse des archives de la data-base du logiciel BBR permet d’identifier le trafic-communication cryptée de tout ce qui réseaute en France. Les Russes ont un trafic habituel « entrant » tous les jours à heures fixes, codé, crypté. Une routine.
Eux-mêmes émettent trois fois par jour, matin, midi et soir selon le même mode et plusieurs canaux habituels.
De vrais messages mélangés à plein de faux pour mieux brouiller les pistes d’un espionnage éventuel.
Mais là, le volume est sensiblement un peu plus important dans l’envoi du soir : probablement des images vidéos compressées prises par une des caméras, probablement pour identification d’Alexis.
Et le câble aura été distribué jusqu’au FSB dès le lendemain.
 
« Ah ça, c’est nouveau ! » s’exclame le capitaine Igor quand il reçoit l’information de son colonel. « Qu’est-ce que ça veut dire ? »
Que « la cible » prend les devants. Elle devient active.
« Il aurait compris, là, tout de suite ? Ce n’est pas possible ! »
Et comment il l’aurait identifié si directement ?
« On n’a même pas repéré la moindre tentative d’intrusion dans nos fichiers. »
Il est vraiment très fort, le « Charlotte » !
« J’en réfère à notre directeur. Ça contrarie nos plans ! »
Et comment…
Normalement, c’était à Igor de prendre contact dès que Paul de Bréveuil était signalé en Europe, pas l’inverse.
« Remarquez que notre rencontre n’en sera que plus facilitée. S’il se jette lui-même directement entre mes pattes, c’est qu’il ne se méfie pas. »
Ou au contraire qu’il contre-attaque d’une façon imprévisible.
« Qu’est-ce qu’on a à risquer le coup ? »
Que le « plan A » est éventé…
« Reste le « B ». On détient toujours la fille ! Et elle est bien planquée. »
En est-on si sûr ?
« Je pencherai pour que vous alliez coordonner son exfiltration. Ce n’est peut-être pas une si bonne idée que de l’avoir mise dans « la baignoire ». »
Mais on ne pouvait pas faire autrement au moment où il a fallu improviser et prendre plus de risques qu’il n’a déjà été pris avec la diplomatie française…
L’effet des « autres dossiers » en cours qui nécessitent tant de « doigté ».
 
« Bon, c’est fait, c’est fait. Ça a été validé et l’exécution s’est passée sans difficulté : il n’y a même pas d’avis de recherche lancée par les policiers français. Black-out total sur sa disparition. »
Justement, ça, ce n’est pas normal. Ça devait inquiéter Paul de Bréveuil et son personnel, or là, rien, jusqu’à cette invitation improbable.
Et on fait comment pour y répondre ?
« Vous avez raison, capitaine. Je n’aime pas ça. Je prends langue avec la hiérarchie. Vous, de votre côté, préparez une escapade en France ou ailleurs dans les meilleures conditions de sécurité. Moi, j’envoie des instructions et du personnel sur place pour vous fournir un support technique. »
Il se peut qu’il en ait besoin, effectivement.
Parce que pour un « dérapage » dans le scénario originel, s’en est un et tout-à-fait imprévu.
Mais qui est-ce donc que cette fille sans forme qui passe par là en venant à pied de nulle part et en repartant de la même façon ?
C’est qui cette Alexis Dubois ? Elle n’est même pas fichée dans le dossier « Charlotte »…
Un piège ! Mais alors il est grossier…
 
Igor obéit aux instructions reçues et se prépare avec de nouveaux papiers pour le premier vol de la matinée pour Munich. De là, il louera une voiture « entrée de gamme » pour finir le chemin vers Paris par la route…
Arrivée probable en milieu d’après-midi à son hôtel du quartier Saint-Germain dans l’après-midi.
Il a l’avantage de se situer à proximité d’un parking sous-terrain où il réserve une place par Internet.
Un détail qui n’échappera pas Dimitri et son logiciel BBR, mais qui reste pour l’heure noyé dans le reste de l’immense trafic du Web.
 
De toute façon, l’heure est plutôt à la phase de libération de Charlotte et Aurélie.
L’équipe des garçons ne s’est pas faite repérer à desceller durant l’été les cloisons de parpaing qui relie les égouts, dans lesquels ils ont pataugé plusieurs jours, pour s’ouvrir un passage praticable dans les sous-sols bétonnés de la cathédrale de la Sainte-Trinité.
À la lance à plasma : une chaude épreuve, même si la lance était « miniaturisée ».
Un projet lancé en 2007 par les présidents Krasosky et Vladimir Poutine, et par le patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Alexis II de Moscou.
L’église-cathédrale inclut un complexe culturel orthodoxe russe, une maison paroissiale, un auditorium, un centre culturel, une école bilingue franco-russe, une librairie, des salles d’exposition, une cafétéria, et se situe sur les quais de Seine du quartier du Gros-Caillou, entre le palais de l’Alma et l’ambassade de Bulgarie, aux angles du quai Branly, de l’avenue Rapp et de la rue de l’Université.
La Russie achète le terrain de 4.000 m² en février 2010, situé dans un secteur protégé qui est également convoité par l’Arabie saoudite qui y aurait prévu l’édification d’une imposante mosquée.
Le 15 octobre 2010, Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie en France, donne le coup d’envoi du concours international d’architectes lancé pour la construction d’un nouveau centre spirituel et culturel orthodoxe russe.
Ce n’est que le 17 mars 2011 que le jury composé à parité de Russes et de Français couronne l’architecte espagnol Manuel Núñez Yanowsky devant ses homologues français Jean-Michel Wilmotte et Frédéric Borel. Le projet, audacieux si ce n’est exubérant, déplaît fortement au maire de Paris du moment qui le considère inadapté aux rives de la Seine, classées au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1991.
Il s’oppose fermement au projet, allant jusqu’à faire appel à l’UNESCO et en invoquant un risque de « sécurité nationale ».
Ce qui n’empêche pas, dès que Météo-France quitte les lieux, de commencer à déblayer le terrain, à faire de profondes excavations pour préparer le terrain à recevoir des fondations.
Devant la polémique, le ministre de la culture Fred Tiersmirant confessera avoir « laissé pourrir » le dossier jusqu’à l’élection présidentielle de 2012.
 
Dès septembre, une fois le Président Landau élu, le service territorial de l’architecture et du patrimoine (STAP) rend un avis défavorable au projet initial et la Russie finit par retirer sa demande de permis de construire deux mois plus tard. Or, pendant une visite du président français à Moscou en février 2013, engagement est pris de faire avancer le sujet, cher aux yeux de Poutine.
Le dauphin du concours de 2011, Jean-Michel Wilmotte, apparaît comme la solution de compromis idéale et il est chargé du projet, dont le permis de construire est délivré le 24 décembre 2013 et les travaux commencent presque immédiatement.
Le 19 mars 2016, l’évêque russe de Chersonèse, Nestor Sirotenko, procède à la bénédiction de la croix du dôme principal, accompagné par la chorale du séminaire orthodoxe Sainte-Geneviève d’Épinay-sous-Sénart.
Les 23 et 24 août 2016, les quatre petites coupoles sont mises en place et elle est inaugurée en octobre de la même année en pleine « tourmentes » diplomatiques…
 
Pour autant, si le projet retenu ne fait pas l’unanimité, on parle ici et là d’un outil de propagande qui contribue à un large projet « d’embrigadement des diasporas russes », l’ouvrage fera même l’objet d’une tentative de saisie-judiciaire, il est parfois surnommé par ses détracteurs le « Kremlin-sur-Seine », « Saint-Vladimir » ou encore la « cathédrale Poutine ».
 
Tout autant, l’architecture s’inspire de la cathédrale de la Dormition de Moscou de 1475, la plus ancienne, la plus grande et la plus imposante cathédrale du Kremlin, mais avec des façades en empilement horizontal de pierres de différents tons blanc. Le bâtiment principal mesure finalement 450 m². Il y en a quatre. Une rue piétonnière, bordée d’arbres, permet l’accès au palais depuis l’Alma et le bâtiment cultuel est surmonté de cinq bulbes fabriqués à Vannes (Morbihan) constitués de vingt pétales de fibre de verre, recouverts de 90.000 feuilles d’un alliage d’or et de palladium, ce qui leur confère un aspect relativement mat.
Ces cinq bulbes symbolisent le Christ et les quatre Évangélistes du Nouveau Testament : Jean, Luc, Marc et Matthieu. Le plus grand mesure 17 m de circonférence et pèse 8 tonnes.

lundi 26 août 2019

Chapitre XXXVII – Ultimes précisions

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
« Effectivement, n’importe quoi ou rien du tout. Tout dépend du dernier lieu, de ce qu’il y a à proximité et de l’heure !
Ça peut être une partie de chasse ou de poker, un symposium de cadres en goguette, une partouze ou tout simplement des types et des femmes qui vont pioncer au même moment.
C’est très courant et c’est pour ça qu’il doit y avoir un contrôle « humain » au bout de la chaîne. Une obligation légale, d’ailleurs.
Chez nous, quand ce n’est pas « Gusgusse » qui s’en occupe, c’est sa fille… »
Sa fille ?
« Nathalie la rouquine… »
Ah… Alexis ne savait pas.
« Mais bon, les flics ont leurs propres méthodes actives : ils sont plus pointus que nous sur ces affaires-là. D’autant qu’ils ont plus de monde à mettre à la manœuvre pour un suivi 24 heures sur 24.
À la limite, on ne fait que confirmer ou leur donner des précisions, exonératoires ou au contraire accusatrices. »
 
Ça arrive deux/trois fois par semaine, « parce que sur le territoire européen, on a l’historique des mouvements et trafics et que ça ne demande pas plus de quelques minutes pour se faire une idée de la « qualité » de la menace… »
Mais, « ce bidule peut être utilisé pour combattre les crimes et les délits ? » questionne Alexis.
« Bien sûr ! Seulement voilà, en France, hors les attentats, on ne fait pas de prévention. Ce n’est pas prévu par le code pénal.
Contre les crimes et les délits visant tel ou tel individu, ce n’est pas possible non plus : seule la « sphère de sécurité » permet de prévoir, mais autour de « cible » prédéterminée.
Vous comprenez ? On ne va pas « cibler » tout le monde, ça serait kafkaïen ! »
Oui, ça y est, elle a compris l’intérêt de cette machine-là !
 
« Et il serait difficile de l’étendre à toute la population. En revanche, les flics ne se gênent pas pour fouiller les archives des données pour alimenter leurs enquêtes, c’est clair. »
Elle voit…
« Ce qui est clair aussi, c’est que si tu veux qu’on démarre pour Fox-Amphou, c’est quand tu veux Alex. Tu pourras revenir plus tard… »
Juste une question : « C’est qui qui a pensé à tout ça ? »
« Le patron-fondateur de la CISA. Un type génial. Mais il a été aidé par son copain de polytechnique, le batave Huyck, mon boss personnel… »
Lui, Dimitri, n’est que centralien, arrivé ici en stage-ouvrier. « Mais cette machine est géniale et ici, c’est magnifiquement bien payé, donc… »
Il ne le dit pas, mais il y a des débouchés : le contrat entre l’État français et Pamentir expire en 2020 et la concurrence se réveille !
« Ne sois pas idiot, Dimitri. Nos boss le savent parfaitement et tu verras que c’est nous qui, d’une façon ou d’une autre, serons aux opérations à un moment ou à un autre… »
« Tu as probablement raison, Noeline. Ça reste un des débouchés. D’autant qu’on va avoir encore de l’avance d’ici peu. »
Comment ça ?
« C’est en cours de développement. Le « batave » a des équipes qui bossent sur le projet « 2.0 » en Islande et en Hollande. Je coordonne le tout ici. »
Et c’est quoi le « 2.0 » ?
 
« C’est un truc tout con. Du « 1.0 » au « 1.41 », on part de tout ce qui est fiché et on fait des rapprochements d’activité. Et ça fait des pétas de données à traiter en même temps sur tout l’espace Schengen et environs. Mais pas de problème quand on a les puissances de calcul qui vont avec : ça reste « fluide ».
Le « 2.0 » procède à l’envers : puisque tout le monde n’est pas connecté, on collecte ce qui se passe à un instant « t » et on repère ce qui n’est pas dans la base de données. Ce sont nos « zombies », ceux qui n’existent pas chez nous, ne sont pas tracés mais sont tout de même présents devant une caméra vidéo, à un péage, dans une boutique à se payer une baguette de pain ou un croissant. »
Ça peut faire beaucoup de monde, là comme ça…
« Bé non justement ! Trois fois rien quand on retire tout ce qui est déjà « tracé » par le « 1.41 ».
Et soit c’est une mise à jour qui n’a pas été faite, soit c’est une fausse identité nouvelle.
En général les « zombies » viennent de l’étranger et se font repérer en entrant dans l’union Européenne aux frontières de l’espace Schengen. Comme on n’a pas toutes les données mondiales, d’autant que de nombreuses ne sont pas fiables, la machine les rentre et recoupe les identités après « butinage » des bases de données étrangères.
Ça peut demander de 24 à 48 heures.
Mais au-delà, c’est une fausse identité. Si notre « zombie » disparaît en plus de nos radars, tu peux être sûr que c’est un « vrai clandestin » qu’il faut choper à la première occasion.
On en retrouve beaucoup autour des ports d’embarquement pour l’Angleterre et des « vrais disparus », ça se compte sur les doigts d’une seule main par mois. »
Et ils en font quoi, à la CISA ?
 
« Dès qu’ils réapparaissent, ils sont « tracés », même quand ils ne laissent pas de traces électroniques, grâce à plein d’autres moyens « non électroniques ». On m’a même affirmé que les américains peuvent faire des recherches par satellites optiques pour les dénicher jusqu’aux cœurs des montagnes afghanes ou des déserts saoudiens, mais bon… ce n’est pas très utile sur le territoire français… »
Et on ne les lâche plus pour nous fournir la totalité de leur réseau au pays quand ils sont accueillis ici. « Ça étend notre base de donnée de « fichés suspects »… »
Et puis ?
« Bé on surveille en permanence les allers et venues. Il faut comprendre. Le « big-chief », il a été victime de trois attentats, de vraies tentatives d’homicide directe. »
Ah oui ?
« Des tueurs à gages envoyés par un certain William River qui aurait eu un vieux compte à régler avec le patron… Je ne sais pas lequel. »
William River, Alex ne réagit pas, mais ça lui dit quelle que chose.
Sauf que sur le moment, elle ne se rappelle pas : elle note seulement sur son cahier.
« Le premier s’est fait flinguer en Normandie par une équipe de racketeurs venus saccager le restaurant du patron. Le second s’est fait descendre par le patron lui-même qui l’aura repéré grâce à la « sphère de sécurité » installée autour de lui-même et de son bunker normand, là où se situe notre second serveur de sauvegarde.
En revanche, le troisième aura provoqué un accident sur l’autoroute A 13 qui a fait valser la moto du boss et il ne s’en est sorti que par miracle. Et c’est justement sur son lit d’hôpital qu’il en aura conçu les « Z » et ensuite le « 2.0 »[1].
Juste pour se mettre à l’abri. »
Je vois, laisse tomber Alexis.
 
« Bon, en route pour Fox, jeune-fille : on est attendu pour le souper. »
Même pas une halte pour changer de vêtements ?
C’est pourtant sur le chemin.
« Ah non. On s’arrête à Vélizy et on y va en avion jusqu’à Toulon avec un jet loué par la boîte. »
Fox, c’est au bout d’une route « impossible » dans la garrigue, tout un domaine défendu par de hauts barbelés : un camp militaire interdit aux intrusions.
Mais pas de trouffion pour accueillir les intrus ou les… visiteurs.
« C’est une fondation archéologique. Dans le temps, c’était un abreuvoir à dinosaures. Il reste plein d’osselets à déterrer. »
À cette altitude, pas très élevée, mais tout de même assez loin de la mer ?
« On se trouve à proximité d’une vieille faille tectonique. Sa plus spectaculaire trace reste les gorges du Verdon qui se trouvent à quelques kilomètres de là à l’ouest. »
Le chemin serpente à travers une forêt de pins parasols pour déboucher sur deux paires de vieilles bâtisses.
Lydia Rémarde les accueille avec un large sourire encadré par ses cheveux longs et noirs comme de l’anthracite.
« C’est Paul qui vous envoie ? »
C’est ça.
« Il a été pensionnaire de ce centre de repos pour « forte tête » de l’armée. Plus tard il a été un de nos administrateurs et même notre Président de fondation avant d’être remplacé. Je dois vous avouer que je ne connais pas les talents ni la tête de l’actuel : il ne vient jamais. »
C’est pourtant assez mignon, cet ensemble perdu dans les collines.
Et complètement dépaysant.
 
La maison principale est la demeure de maître, de plain-pied, à un seul niveau avec une toiture typique du pays en tuiles rondes.
Vaste terrasse ombragée, vaste salon, vaste bibliothèque, nombreuses chambres toutes équipées de salles de bain, parfois sommaire.
Derrière à l’ombre des pins, une piscine.
Devant une vaste plaine bordée de pins, cultivée de diverses espèces.
« Dans le temps on en faisait plus. De l’agriculture certifiée bio. Ça avait du succès. Désormais, c’est surtout pour notre consommation personnelle et de quoi acheter quelques équipements à remplacer, parce qu’on manque de budget. »
Au fond, des champs de fouille à ciel ouvert partiellement abandonnés. Une activité secondaire qui permet d’avoir quelques visites.
« L’armée, à qui appartient le domaine, n’envoie plus ces militaires un peu trop perturbés du bulbe après leurs combats sur les théâtres d’opérations extérieures : elle les garde dans ses hôpitaux pour psychopathes. »
Ou les réforme.
Sur le côté, cachée par la végétation, une petite salle assez inattendue de musculation.
Assez poussiéreuse tout de même…
 
L’autre paire de bâtiments en contre-bas est constitué du logement des Rémarde, au premier étage, et d’une étable… vide.
« L’hiver, quand il fait vraiment très froid, on y rentre parfois les moutons et les mules… »
Il y a donc des moutons et des ânes.
« Quelle que part en train de paître ou de piquer un roupillon, plus haut. »
Plus loin la grange, avec un tracteur et un atelier d’outils et de pièces détachées.
« On dispose d’un champ de tir derrière avec quelques armes de guerre. Mais pas beaucoup de munitions. »
Nathalie a apporté un stock dans son bagage : « On fera tout de même quelques cartons : il faut habituer la demoiselle à un minimum de contact avec ces engins.
Nous ne resterons de toute façon pas longtemps. »
Et puis Alex voudrait bien aller voir la mer.
« Oh, la mer est à une heure de voiture par la route de Draguignan, quand ça roule. Vous feriez mieux d’utiliser la piscine, s’il s’agit de barboter, parce que du côté de Toulon, ce n’est pas nécessairement propre et il y a plein de touristes qui polluent rien que par leur présence. »
C’est vrai qu’on est en pleine « saison haute ».
« Elle est peut-être fraîche ? » s’inquiète Alexis.
« Pas vraiment plus que la grande bleue : il a même fallu planter quelques arbres pour qu’elle ne se transforme pas en étuve, l’été… »
De toute façon il est dans les intentions de Nathalie de faire un crochet jusqu’à Port Cros avant de rentrer.
Ce qu’elles feront durant la semaine avant de rentrer, après qu’Alex ait pu apprendre quelques principes de self-défense, à mains nues ou armées…
Pas une mauvaise élève, mais pas très souple.


[1] Cf. « Les enquêtes de Charlotte », épisode « Laudato sì… » aux éditions I3