Science, business ou enjeu géopolitique ?
Pourquoi donc la NASA fonce-t-elle vers la Lune à
bride abattue ? Pourquoi tous ces « mignards » claqués dans
cette reconquête spectaculaire vers notre satellite naturel alors qu’il y a
tant d’autres urgences à régler avant, comme nourrir et soigner utilement une
humanité enkystée dans son désespoir de survivre face aux changements
climatiques qui se façonnent autour de l’inversion du champ magnétique de la
planète ou face aux risques de croiser l’orbite d’un gros « géocroiseur » ?
Nos « milliardaires » ne savent pas maîtriser la plupart des risques qui pourraient mettre fin à la vie de l’espèce « homo-sapiens-supérieur » sur sa planète, mais rêve déjà d’habiter la Lune ou Mars, alors que la vie n’y existe pas…
Peut-être parce que finalement, derrière la promesse
d’une « renaissance lunaire », le programme « CLPS » de la
NASA, notamment, révèle d’une course géopolitique sous pression, avec des
industriels encore fragiles et une Lune déjà pensée comme un territoire « stratégique ».
La Lune, ce n’est plus seulement un astre, c’est aussi désormais un calendrier.
Avec un programme dénommé « Commercial Lunar Payload Services » (CLPS), inventé par la NASA, celle-ci ne construit plus seule ses atterrisseurs lunaires : Elle achète des livraisons à des entreprises privées !
C’est désormais un business…
L’objectif officiel avoué c’est d’envoyer le plus vite
et le moins cher possible des instruments scientifiques, des démonstrateurs
technologiques et de petits robots sur la Lune, notamment pour préparer le
programme Artemis et le retour humain durable.
En clair, faire de la surface lunaire un « banc d’essai » permanent.
Le programme devait ouvrir une nouvelle méthode : L’agence fixe la destination, charge les industriels de livrer, accepte davantage de risques et espère développer un marché lunaire totalement « ricain ».
Moins de bureaucratie, plus de cadence.
Mais derrière cette élégante promesse de « livraison
commerciale », une question s’impose : S’agit-il encore d’explorer la Lune, ou
de construire à grande vitesse une logistique de puissance ?
Or, justement la NASA veut désormais inscrire les alunissages dans une cadence industrielle : Missions privées, livraisons répétées, engins commerciaux, instruments scientifiques empilés comme des colis haut de gamme…
Sur le papier, c’est la grande renaissance lunaire !
Dans les faits, cela ressemble surtout à une fuite en avant : Aller vite, très vite, avant que la Chine n’impose sa propre présence technologique au pôle Sud lunaire. La recherche scientifique est invitée, mais elle n’est pas forcément aux commandes.
Et le programme CLPS doit accélérer l’exploration lunaire robotique à l’aide des entreprises privées.
Vu comme ça, l’idée paraît brillante : La NASA achète un service au lieu de tout construire elle-même.
Moins cher, plus rapide, plus souple, du moins en théorie, vous dis-je.
Sauf que le rythme visé a changé d’échelle. L’agence
parle désormais de dizaines d’alunissages robotiques à partir de 2027, l’année
prochaine, avec un encadrement renforcé des fournisseurs et de leurs chaînes
techniques.
Ce n’est plus seulement un programme scientifique, c’est devenu une machine de puissance nationale !
La Lune redevient un podium et Washington ne veut pas voir Pékin monter dessus en premier.
La Chine, elle, avance avec son propre tempo : Alunissage
habité visé avant 2030, missions Chang’e successives, station scientifique
internationale lunaire autour du pôle Sud à l’horizon 2035.
Autrement dit, la NASA n’a pas mission de courir seulement vers la Lune : Elle court une nouvelle fois contre quelqu’un.
Une nouvelle fois, car les programmes Mercury, Gemini et Apollo, c’était déjà ça : Après avoir raté la première marche du premier astronaute en orbite basse laissée à l’URSS, la NASA a pris de l’avance avec le premier homme sur la Lune avec Apollo, puis l’a gardé avec la première station spatiale en orbite avec Skylab et aura tué le match avec l’ISS et sa coopération internationale…
Les USA ne veulent pas perdre la prochaine étape avec Artémis : La conquête du Pôle Sud de la Lune !
Et leur problème, c’est que les prestataires privés
n’ont pas encore démontré qu’ils pouvaient tenir cette cadence sans transformer
chaque mission en pari industriel.
Astrobotic n’est par exemple pas parvenu à poser l’alunisseur Peregrine sur la Lune.
Intuitive Machines a bien atteint la surface avec Odysseus en 2024, mais l’engin a fini couché.
En 2025, sa mission IM-2 a également terminé sur le flanc, limitant fortement son exploitation scientifique.
La réussite pour le moment, elle s’appelle Blue Ghost, de Firefly Aerospace.
On promet une autoroute lunaire, mais les premiers camions arrivent cabossés.
Pendant ce temps-là la Chine avance jusque sur la face cachée de notre satellite.
Et ce n’est pas seulement une question d’image : L’Inspection
générale de la NASA a déjà relevé des surcoûts cumulés de 208,2 millions de
dollars, des retards moyens de 14 mois et même une faillite parmi les
fournisseurs.
Avant de promettre des alunissages quasi mensuels, CLPS traîne déjà ses premières casseroles : Retards lourds, missions bancales, réussite complète encore rare. La cadence industrielle commence avec un pied dans le cratère : Même Starship « d’Élan-Must » aura loupé sa première mission juste avant la méga-hyper introduction en bourse de SpaceX. Même si on en dit que ça reste « perfectible »…
On parle beaucoup de « marché lunaire ». Très bien.
Mais qui finance l’apprentissage ?
Les contrats CLPS représentent jusqu’à 2,6 milliards
de dollars jusqu’en 2028.
La NASA finance les premières livraisons, absorbe une partie du risque politique, crédibilise les entreprises, nourrit la chaîne industrielle.
Ensuite, on appellera cela un marché. C’est classique : Socialiser les débuts, privatiser les promesses.
De ce côté-ci de l’Atlantique on dit plutôt « nationaliser les pertes, privatiser les profits »… mais ce sont les mêmes mécanismes !
Et de Firefly, Blue Origin, Intuitive Machines ou
encore jusqu’à SpaceX, les montants publics s’empilent à coups de centaines de
millions de dollars pour des livraisons lunaires ciblées. La question n’est
donc pas « faut-il travailler avec le privé ? ».
Bien sûr que oui, si cela fonctionne.
La vraie question est plus brutale : À partir de quand une politique scientifique devient-elle une politique industrielle habillée en exploration ?
Mais pourquoi justement le pôle Sud, ce futur Far West
glacé ?
Tout converge, en effet et désormais, vers le pôle Sud lunaire.
Parce qu’il contient peut-être de la glace d’eau, des zones d’ombre permanente, des reliefs exposés à la lumière solaire sur de longues durées.
En clair, énergie, eau, carburant possible et donc présence humaine durable.
Mais les bons emplacements sont rares !
Certaines études alertent déjà sur les risques d’appropriation des meilleurs sites, notamment les zones de lumière quasi permanente.
D’autres appellent à encadrer l’exploration et l’extraction de glace avant que la ruée ne commence vraiment.
Car une ruée sans règles, même en combinaison spatiale, ça reste une ruée.
Le danger n’est pas seulement qu’un pays « possède »
la Lune. Le danger est plus subtil : Occuper les meilleurs endroits, installer
les infrastructures, imposer les normes par sa présence physique. Inutile de
planter une clôture quand les panneaux solaires sont déjà en place.
CLPS ne vise donc pas la Lune au hasard : La majorité des missions se concentre vers les régions polaires, là où se croisent eau glacée, énergie solaire et futurs conflits d’usage.
La science arrive, mais la géopolitique a déjà réservé la table.
La poussière avant le drapeau…
Il y a aussi ce que les beaux discours évitent : Alunir,
c’est aussi salir, polluer.
Les panaches des moteurs soulèvent le régolithe, projettent des particules, peuvent contaminer ou endommager les équipements voisins.
La NASA finance elle-même des recherches sur ces interactions, preuve que le problème n’est pas que théorique et n’a pas encore trouver de solution.
Plus on multiplie les alunissages, plus on risque d’altérer les sites que l’on prétend étudier. Les décollages peuvent se faire sans carburant : Une accélération électromagnétique linéaire est possible sur un astre sans atmosphère et dont la vitesse de satellisation est deux fois inférieure à celle de la planète-mère.
C’est plus facile avec un petit réacteur nucléaire qui fournit l’électricité…
Parce que la Lune n’a pas d’atmosphère pour… nettoyer la scène de crime des polluants
Côté Terre, les lancements pèsent encore peu dans le
bilan climatique mondial, mais leurs émissions sont injectées très haut dans
l’atmosphère, là où suies, oxydes et autres particules peuvent avoir des effets
disproportionnés sur l’ozone et le climat.
La conquête lunaire a toujours aimé les grandes phrases. Elle aime moins les bilans matière.
Soyons clairs : Il ne faut pas abandonner l’exploration de la Lune, ce serait absurde. Le programme CLPS peut produire de la vraie science, tester des technologies utiles, réduire certains coûts, ouvrir des voies nouvelles.
Le problème n’est pas l’exploration. Le problème, c’est la cadence lorsqu’elle devient doctrine.
Quand une agence publique promet presque des
alunissages en série alors que les premiers essais tanguent encore, il faut
poser la question qui fâche : Apprend-on vraiment ou accumule-t-on les
démonstrations pour ne pas perdre la course ?
Il est envisageable que la Lune mérite mieux qu’un simple
concours de vitesse entre puissances spatiales anxieuses et fournisseurs sous
pression. Elle mérite une stratégie prolongée quand il le faut, ferme sur les
critères, claire sur les intérêts privés, stricte sur les sites fragiles et
honnête sur les coûts.
Et ce n’est pas encore le cas…
Sinon, « la renaissance lunaire » risquerait de devenir exactement ce que l’époque sait produire de mieux : Une grande promesse publique, une facture collective et quelques entreprises idéalement placées au pied du cratère.
Mais pour l’heure les acteurs de cette « reconquête » ne proposent rien de mieux que cette course d’égos nationaux surdimensionnés…
Comme il y a une (ou deux) générations passées avec le programme Apollo et ses prédécesseurs.
Avec en ligne de mire la planète Mars, tout aussi
inhabitable que la Lune, deux rochers à la dérive dans le cosmos qui n’ont pas
de champ-magnétique pour se protéger des vents solaires destructeurs… J’y
reviendrai probablement.
Curieux futur qu’on nous fabrique là…
Pour mémoire (n’en déplaise à «
Pal-Poux-tine ») : LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE PERSONNE « NON
RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE », REMPLISSANT DONC
LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весь позор!
Pétition · Renommez la rue de l’ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny - France · Change.org
Nos « milliardaires » ne savent pas maîtriser la plupart des risques qui pourraient mettre fin à la vie de l’espèce « homo-sapiens-supérieur » sur sa planète, mais rêve déjà d’habiter la Lune ou Mars, alors que la vie n’y existe pas…
La Lune, ce n’est plus seulement un astre, c’est aussi désormais un calendrier.
Avec un programme dénommé « Commercial Lunar Payload Services » (CLPS), inventé par la NASA, celle-ci ne construit plus seule ses atterrisseurs lunaires : Elle achète des livraisons à des entreprises privées !
C’est désormais un business…
En clair, faire de la surface lunaire un « banc d’essai » permanent.
Le programme devait ouvrir une nouvelle méthode : L’agence fixe la destination, charge les industriels de livrer, accepte davantage de risques et espère développer un marché lunaire totalement « ricain ».
Moins de bureaucratie, plus de cadence.
Or, justement la NASA veut désormais inscrire les alunissages dans une cadence industrielle : Missions privées, livraisons répétées, engins commerciaux, instruments scientifiques empilés comme des colis haut de gamme…
Sur le papier, c’est la grande renaissance lunaire !
Dans les faits, cela ressemble surtout à une fuite en avant : Aller vite, très vite, avant que la Chine n’impose sa propre présence technologique au pôle Sud lunaire. La recherche scientifique est invitée, mais elle n’est pas forcément aux commandes.
Et le programme CLPS doit accélérer l’exploration lunaire robotique à l’aide des entreprises privées.
Vu comme ça, l’idée paraît brillante : La NASA achète un service au lieu de tout construire elle-même.
Moins cher, plus rapide, plus souple, du moins en théorie, vous dis-je.
Ce n’est plus seulement un programme scientifique, c’est devenu une machine de puissance nationale !
La Lune redevient un podium et Washington ne veut pas voir Pékin monter dessus en premier.
Autrement dit, la NASA n’a pas mission de courir seulement vers la Lune : Elle court une nouvelle fois contre quelqu’un.
Une nouvelle fois, car les programmes Mercury, Gemini et Apollo, c’était déjà ça : Après avoir raté la première marche du premier astronaute en orbite basse laissée à l’URSS, la NASA a pris de l’avance avec le premier homme sur la Lune avec Apollo, puis l’a gardé avec la première station spatiale en orbite avec Skylab et aura tué le match avec l’ISS et sa coopération internationale…
Les USA ne veulent pas perdre la prochaine étape avec Artémis : La conquête du Pôle Sud de la Lune !
Astrobotic n’est par exemple pas parvenu à poser l’alunisseur Peregrine sur la Lune.
Intuitive Machines a bien atteint la surface avec Odysseus en 2024, mais l’engin a fini couché.
En 2025, sa mission IM-2 a également terminé sur le flanc, limitant fortement son exploitation scientifique.
La réussite pour le moment, elle s’appelle Blue Ghost, de Firefly Aerospace.
On promet une autoroute lunaire, mais les premiers camions arrivent cabossés.
Pendant ce temps-là la Chine avance jusque sur la face cachée de notre satellite.
Avant de promettre des alunissages quasi mensuels, CLPS traîne déjà ses premières casseroles : Retards lourds, missions bancales, réussite complète encore rare. La cadence industrielle commence avec un pied dans le cratère : Même Starship « d’Élan-Must » aura loupé sa première mission juste avant la méga-hyper introduction en bourse de SpaceX. Même si on en dit que ça reste « perfectible »…
On parle beaucoup de « marché lunaire ». Très bien.
Mais qui finance l’apprentissage ?
La NASA finance les premières livraisons, absorbe une partie du risque politique, crédibilise les entreprises, nourrit la chaîne industrielle.
Ensuite, on appellera cela un marché. C’est classique : Socialiser les débuts, privatiser les promesses.
De ce côté-ci de l’Atlantique on dit plutôt « nationaliser les pertes, privatiser les profits »… mais ce sont les mêmes mécanismes !
Bien sûr que oui, si cela fonctionne.
La vraie question est plus brutale : À partir de quand une politique scientifique devient-elle une politique industrielle habillée en exploration ?
Tout converge, en effet et désormais, vers le pôle Sud lunaire.
Parce qu’il contient peut-être de la glace d’eau, des zones d’ombre permanente, des reliefs exposés à la lumière solaire sur de longues durées.
En clair, énergie, eau, carburant possible et donc présence humaine durable.
Mais les bons emplacements sont rares !
Certaines études alertent déjà sur les risques d’appropriation des meilleurs sites, notamment les zones de lumière quasi permanente.
D’autres appellent à encadrer l’exploration et l’extraction de glace avant que la ruée ne commence vraiment.
Car une ruée sans règles, même en combinaison spatiale, ça reste une ruée.
CLPS ne vise donc pas la Lune au hasard : La majorité des missions se concentre vers les régions polaires, là où se croisent eau glacée, énergie solaire et futurs conflits d’usage.
La science arrive, mais la géopolitique a déjà réservé la table.
La poussière avant le drapeau…
Les panaches des moteurs soulèvent le régolithe, projettent des particules, peuvent contaminer ou endommager les équipements voisins.
La NASA finance elle-même des recherches sur ces interactions, preuve que le problème n’est pas que théorique et n’a pas encore trouver de solution.
Plus on multiplie les alunissages, plus on risque d’altérer les sites que l’on prétend étudier. Les décollages peuvent se faire sans carburant : Une accélération électromagnétique linéaire est possible sur un astre sans atmosphère et dont la vitesse de satellisation est deux fois inférieure à celle de la planète-mère.
C’est plus facile avec un petit réacteur nucléaire qui fournit l’électricité…
Parce que la Lune n’a pas d’atmosphère pour… nettoyer la scène de crime des polluants
La conquête lunaire a toujours aimé les grandes phrases. Elle aime moins les bilans matière.
Soyons clairs : Il ne faut pas abandonner l’exploration de la Lune, ce serait absurde. Le programme CLPS peut produire de la vraie science, tester des technologies utiles, réduire certains coûts, ouvrir des voies nouvelles.
Le problème n’est pas l’exploration. Le problème, c’est la cadence lorsqu’elle devient doctrine.
Et ce n’est pas encore le cas…
Sinon, « la renaissance lunaire » risquerait de devenir exactement ce que l’époque sait produire de mieux : Une grande promesse publique, une facture collective et quelques entreprises idéalement placées au pied du cratère.
Mais pour l’heure les acteurs de cette « reconquête » ne proposent rien de mieux que cette course d’égos nationaux surdimensionnés…
Comme il y a une (ou deux) générations passées avec le programme Apollo et ses prédécesseurs.
Curieux futur qu’on nous fabrique là…
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весь позор!
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