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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

lundi 4 août 2014

Chapitre XV.2

Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Cité des Doges (2/2)
 
Le déclin commença avec la progression turque en Méditerranée, qui la priva progressivement de toutes ses terres grecques, à l'exception des Îles Ioniennes, et de ses accès aux débouchés de la Route de la Soie, qui fut en plus très touchée par la peste noire.
Malgré la victoire sur les Turcs à Lépante en 1571, la république de Venise perdit encore de son importance commerciale à cause du détournement du commerce européen vers les océans après la découverte de l'Amérique.
Mais Venise maintient son rayonnement culturel, en devenant la ville européenne la plus élégante et raffinée du XVIIIème siècle, avec une forte influence sur l'art, l'architecture et la littérature.
 
Redevenue politiquement un État italien parmi d'autres, elle fut annexée par Napoléon Bonaparte le 12 mai 1797, durant la première coalition. L'invasion des Français mit un terme à près de 800 ans d'indépendance ! Napoléon fut cependant perçu comme une sorte de libérateur par la population pauvre et juive de Venise, république aristocratique où le pouvoir et la plupart des richesses étaient monopolisés par quelques familles. Napoléon supprima les barrières du Ghetto ainsi que les restrictions de circulation imposées aux Juifs.
En 1797, par le traité de Campo-Formio, Napoléon livre Venise et ses territoires aux Habsbourg en échange de la Belgique, puis il la leur reprit en 1805 pour l'intégrer au royaume d'Italie dont il se fit couronner roi, avant que la ville ne soit intégrée dans l'Empire d'Autriche de 1815 à 1866.
La domination autrichienne sur Venise et la Vénétie ne s'acheva que le 3 octobre 1866 après sa défaite de Sadowa contre l'alliance Prusso-Italienne.
Venise devint un chef-lieu de province italien et au fil du temps l'un des hauts lieux du tourisme mondial.
 
Après la Première Guerre mondiale, l'Italie revendique à l'Autriche vaincue l'ensemble des territoires jadis vénitiens, mais se heurte aux revendications yougoslaves et n'obtient au Traité de Rapallo que l'Istrie, la ville de Zara en Dalmatie et les îles de Veglia, Cherso et Lagosta.
Le ressentiment développé à ce moment contribuera au succès ultérieur de Mussolini.
Après la Seconde Guerre mondiale, l'Italie perdit aussi ces possessions au profit de la Yougoslavie, ne conservant que Trieste qui ne fait pas partie des territoires jadis vénitiens, mais où les populations italophones expulsées de Yougoslavie se réfugièrent.
 
Venise occupe une situation géographique exceptionnelle en mer Adriatique. Les Vénitiens établirent leur ville en enfonçant des pieux en chêne et en aulne dans le sol sablonneux.
Sur ces fondations, ils bâtirent des maisons et des palais et entamèrent un combat contre le mouvement continuel des marées.
La ville est parcourue par 177 canaux (dont le plus important est le Grand Canal), 455 ponts (le plus souvent arqués pour laisser passer les bateaux). Elle y a 123 églises et s'étend sur 118 îles situées entre l'embouchure de l'Adige (au sud) et du Piave (au nord).
Les principales autres îles de la lagune sont : le Lido, Murano, Burano, Torcello.
Sans oublier : San Michele (l'île cimetière de la ville), San Erasmo, Mazzorbo, Le Vignole, Certosa, San Francesco del Deserto, San Giacomo in Paludo, San Servolo, San Lazzaro degli Armeni, Giudecca.
Elle est découpée en six quartiers historiques appelés les sestieri : San Marco, Castello et Cannaregio sur la rive gauche du Grand Canal et Santa Croce, San Polo et Dorsoduro sur l'autre rive.
Le quartier de San Marco et la basilique du même nom constituent le cœur de la cité.
Le quartier de Castello recouvre toute la partie sud-est de Venise. Son nom serait lié à la présence légendaire d'un château ou bien encore à la curie patriarcale qui se trouvait à cet endroit.
Le quartier de Cannaregio occupe toute la partie de la ville comprise entre le Rialto et la gare ferroviaire. Il est nommé ainsi en raison du caractère rectiligne des canaux qui le parcourent (canal reggio).
 
Sur l'autre rive, Santa Croce et San Polo doivent leur nom à deux églises (la première, étant détruite).
Dorsoduro s'appelle ainsi en raison de l'altitude du sestiere (désignation traditionnelle locale du quartier) qui est plus élevé que les autres. En conséquence, pendant les épisodes d'« acqua alta » (hautes eaux), il est moins souvent inondé.
 
Le centre historique est entièrement piétonnier, les canaux faisant fonction de route, et les divers bateaux qui traversent seulement le Grand Canal, le Canal de la Giudecca et la lagune autour de la ville, sont le moyen de transport public.
Venise est une ville unique où l'on se déplace presqu'exclusivement à pied. On y trouve aussi des taxis d'eau - petits bateaux motorisés qui peuvent transporter de huit à dix personnes – et des gondoles asymétriques – petites embarcations à l’unique aviron, très légères. Le transport privé des Vénitiens au moyen des bateaux motorisés ou à avirons est limité aux excursions dominicales. Le transport traditionnel est la gondole vénitienne, bien qu'elle ne soit quasiment plus utilisée que par les touristes ou pour des occasions particulières (cérémonies, mariages et enterrements), ou plus grande et richement décorée, pour les joutes nautiques.
Son coût est en effet prohibitif. D'ailleurs, il n'en reste que 425.
D'autres modèles d'embarcations plus ou moins grosses sont destinés aux transports commerciaux, pilotées par un barreur et un ripeur.
Les vaporetti desservent les différentes îles en sillonnant les principaux canaux.
Ainsi que les traghetti, des gondoles à deux rameurs pour piétons qui assurent la traversée du Grand Canal à quelques endroits dépourvus de ponts.
À cela s'ajoutent toutes sortes d'embarcations publiques et privées tels que les canots à moteur et le transport commercial.
 
La navigation maritime et lagunaire resta le seul moyen de transport existant à Venise jusqu'à la construction au XIXème siècle d'un pont ferroviaire, le Pont des Lagunes.
Inauguré en 1846, il permit de relier la gare de Venise-Santa-Lucia, construite en 1860, au reste du continent. La gare devint un terminus des trains de nuit, amenant au cœur de la cité, à deux pas du grand canal, les voyageurs venant des capitales européennes.
Sous le régime fasciste, une liaison routière, le Pont de la Liberté (Ponte della Libertà), inauguré en 1933, fut également établie, menant à un grand parking sur l'île artificielle de Tronchetto en périphérie nord.
Une navette monorail (people mover) relie Tronchetto à la Piazza Roma où se situe la gare ferroviaire.
En 2007, Venise a accueilli 21 millions de touristes. Le tourisme génère un chiffre d'affaires d'environ 1,5 milliard d'euros par an.
Un montant sans doute sous-estimé car de multiples transactions sont effectuées au noir.
 
Si les bâtiments de Venise sont construits sur des piliers de bois, ils sont exposés à la menace de marées, notamment entre l'automne et le début du printemps. La ville est périodiquement inondée. C'est ce que les Vénitiens appellent « l’acqua alta ». Ce phénomène s'explique par la réunion de plusieurs facteurs naturels : attraction lunaire, et surtout le sirocco, vent chaud venu d'Afrique qui empêche la lagune de se vider, les marées hautes se succédant les unes aux autres.
Ce phénomène a toujours existé, mais s'est largement amplifié ces dernières décennies sous l'influence conjuguée de plusieurs causes relatives au climat et à l'activité humaine : la montée générale du niveau des mers (eustatisme) ; l'affaissement du sol (subsidence) : d'importants puits ont été creusés au XXème siècle pour pomper dans la nappe phréatique, ce qui a fragilisé les terrains déjà instables. Enfin les perturbations dans l'hydrographie : la modernisation du port a entraîné le creusement de canaux profonds pour permettre le passage de gros navires.
La mer s'engouffre ainsi beaucoup plus facilement dans la lagune.
Les conséquences sont importantes dans la vie quotidienne des habitants, qui doivent abandonner les niveaux inférieurs des maisons et emprunter des systèmes de passerelles pour se déplacer. Mais les conséquences les plus importantes sont la détérioration inexorable des monuments historiques et de l'habitat due à la montée des eaux et l'apport qui s'ensuit de produits nocifs à la pierre et à la brique.
 
Le problème des vagues en lagune (moto ondoso) est lié à l'accroissement du trafic des bateaux à moteur dans les canaux de la ville et en lagune. Il fragilise les fondations des constructions, érode les rives et fragilise les quais. Dans la lagune, il entraîne la disparition des barènes, bancs alluvionnaires indispensables à son équilibre. Plusieurs problèmes se conjuguent. D'abord, les bateaux sont de plus en plus nombreux pour satisfaire les besoins des touristes et sont de plus en plus gros. Des centaines de paquebots entrent chaque année en lagune pour rejoindre la gare maritime située à San Basilio, sans oublier les navires de commerce servant les industries installées à Marghera. Enfin, les bateaux, avec l'amélioration des moteurs, vont de plus en plus vite, créant des vagues toujours plus fortes. Pour autant, depuis peu des contrôles de vitesse sont effectués : ainsi la vitesse est limitée à 5 km/h dans les canaux de la ville et à 15 dans la lagune.
 
Les îlots de la lagune de Venise, composés de matériaux de remblais et alluvionnaires, ne permettaient pas de construction traditionnelle car le sol humide et instable ne pouvait supporter le poids des bâtiments. La solution a été l'utilisation de pilotis, permettant la construction au-dessus de l’eau. La technique consiste à enfoncer ceux-ci dans le sol afin de leur faire porter une plate-forme constituée de madriers en chêne et en mélèze solidement attachés les uns aux autres, consolidant et nivelant le terrain. Ainsi par exemple, afin d’ériger la Basilique Santa Maria della salute, les Vénitiens utilisèrent 1.006.657 pilotis de 4 mètres de long, en chêne, aulne et mélèze.
Les contraintes liées à une construction sur l’eau avec des pilotis comme fondations font que les palais sont conçus à l’inverse des règles traditionnelles de l’architecture. En effet si dans les palais terrestres, l'usage veut que l’on commence par les fondations sur lesquelles on pose l’infrastructure destinée à supporter le poids de l’ensemble architectural, à Venise la méthode est totalement inversée : on pose d’abord une grande « boîte » sur des portiques afin de transmettre la charge directement aux pilotis des fondations par un système d'arcs et de voûtes appropriés.
 
Dans Venise il y a près de 84 églises pratiquement intactes et des centaines de demeures richement meublées et décorées avec art : de vrais palais !
Les campaniles sont des clochers qui ont pour particularité d'être excentrés et parfois non attenants à leur église. Ils ont tous une architecture différente et servent de points de repère dans la ville.
Quand l’un tombe sous son propre poids, il est rebâti comme celui de la place Saint-Marc haut de de 98,6 mètres, le 14 juillet 1902 à 10 heures, reconstruit à l’identique et inauguré le 25 avril 1912, à l'occasion de la fête de Saint-Marc, exactement 1.000 ans après la fondation de l'édifice original.


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dimanche 3 août 2014

Chapitre XV.1

Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Cité des Doges (1/2)
 
Dans l’intervalle, entre Noël 2012 et le premier jour de l’année 2013, pour se détendre, c’est l’escapade à Venise, en compagnie de Florence alors qu’Annabelle est à peine sevrée et même pas encore baptisée à Saint-Julien-le-pauvre, parce que Notre-Dame de Paris, c’est compliqué et pas très intimiste.
Un déplacement à la rencontre d’« Eurydice », la goélette restée en panne au fond de la lagune qu’un broker a signalé à Paul en milieu de trimestre.
Il a même fait un aller et retour rapide en voiture depuis Aubenas pour voir « l’engin », complétement désossé de ses aménagements intérieurs, et demander sa remise à l’eau pour vérifier sa capacité à flotter.
 
Cette fois-ci, ils y vont en avion. Naturellement, Florence reste surprise au dernier degré quand elle voit débouler tout l’équipage du vol Alitalia qui demande à tour de rôle un autographe à Paul.
Même le commandant de bord et son co-pilote !
« Mais qu’est-ce qu’ils ont tous ? L’avion peut voler sans son pilote ? »
Non, ce n’est pas ce qu’elle voulait dire… Mais tout de même.
Paul doit se faire une raison : s’il veut voyager incognito par la voie des airs, il lui faudra désormais soit emprunter les avions de chez Dassault, soit se mettre aux commandes d’un à louer…
Comment expliquer tout ça à Florence ? De toute façon, elle ne le croirait pas…
Le tour du monde par les pôles sans escale, elle ne savait que celui par les trois-caps et à la voile… Pas le premier.
Le Boeing tombé au milieu d’une tempête dans l’atlantique où Paul a pu ramasser la totalité de l’équipage et des passagers… inconcevable !
Et encore, ne sait-elle pas les missions de récupération en milieu hostile des pilotes de guerre en Afghanistan ou ailleurs, ni l’écho reçu à l’occasion de la patrouille « Charlotte » !
Que des légendes forcément incroyables, pour une béotienne comme elle…
 
Sortie de l’aéroport « Marco-Polo » par les salons « VIP » et un petit salut protocolaire et chaleureux du directeur et de son équipe naturellement, c’est direct et en taxi-vedette pour une traversée de la lagune jusqu’aux abords de l’Hôtel Danieli.
Là, de toute façon, ils vous reçoivent comme un prince des mille et une nuits : on rentre dans la « norme », peut-on dire.
La chambre est luxueuse, bien sûr, décorée avec goût et raffinement, robinetterie et poignées de fenêtre à l’ancienne, mais donnant sur le canal latéral. Pas grave pour y dormir…
 
Venezia, ses 270.000 habitants, dont ses 61.000 « intra-muros », sur ses 41.594 hectares, dont 25.302 sont recouverts par les eaux lagunaires. Les localités de la terre ferme occupent une superficie de 13.028 hectares, le Centre historique ne mesure à peu près que 800 hectares et les principales îles, environ 2.186 hectares.
Une ville plantée en zone perpétuellement inondable au milieu de la lagune, surnommée la « Cité des Doges » ou la « Sérénissime », capitale de la… Vénétie.
Une cité lacustre fondée peu après 528, elle fut la capitale pendant onze siècles (697-1797) de la République de Venise qui votera plus tard pour son indépendance.
Une ville célèbre pour ses canaux, sa place Saint-Marc devant sa Basilique du même nom qui accueille la dépouille de l’apôtre du même nom ramené d’Égypte antique : toute la chrétienté témoignant ainsi de sa réalité historique à travers un bloc de pierre scellé sous l’hôtel principal !
Là, même les athées ne peuvent plus nier.
Son palais des Doges ainsi que son carnaval. Venise, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, il faut ça !
 
Les clés de la domination économique de Venise sur l'Italie au Moyen Âge, ce sont l'insularité et l'aisance navale des Vénitiens qui n'a cessé de croître pendant plus d'un millénaire.
La région à l'extrémité nord-ouest de la mer Adriatique, son cul-de-sac, où se jettent plusieurs fleuves issus des Alpes, est habitée dès l'Antiquité par des pêcheurs, mariniers et sauniers. Elle fut nommée Venetia du nom des Vénètes, ancien peuple italique intégré dans la République romaine dès le IIème siècle av. J-C.
Les invasions des Goths d'Alaric Ier et des Huns d'Attila poussèrent les populations locales à se réfugier dans les îles des marais situés le long de la mer Adriatique, près du delta du Pô.
Selon la légende développée ultérieurement par les Vénitiens pour démontrer l'ancienneté de leur cité et la lointaine origine de leur liberté, Venise aurait été fondée le 25 mars 421 dans les îlots du « rivus altus, » qui deviendra le Rialto.
 
La région échut au royaume ostrogoth puis fut reconquise avec le reste de l'Italie par le général Bélisaire, devenant une province de l'Empire romain d'orient sous Justinien Ier.
Fondée au VIème siècle par des habitants des régions voisines, venus se réfugier en nombre dans les îles de la lagune après l'invasion de l'Italie du nord par les Lombards en 568, cette zone marécageuse, difficile d'accès pour des navires à quille, était restée sous la juridiction de l'exarchat de Ravenne, province de l'Empire romain d'Orient.
Elle fut initialement un refuge de la civilisation romano-byzantine mais au fur et à mesure de son développement, son autonomie s'accrut pour aboutir à l'indépendance.
Car, profitant de l'antagonisme entre l'exarchat de Ravenne et les Lombards, les Vénitiens élargirent leur marge de manœuvre politique et se dotèrent d'un pouvoir local incarné par le premier duc ou « doge », Paolucio Anafesto (697-717), personnage situé aux confins de la légende et de l'Histoire.
Mais la cité ne devint réellement indépendante qu'après le retrait des Byzantins de l'Adriatique, peu après l'an 1000, lors de l'émergence du royaume de Hongrie.
La cité-État s'appuya dès lors sur la mer pour étendre son pouvoir.
 
Venise n'eut pas de constitution propre. En effet, la définition des attributions et le mécanisme des institutions gouvernementales relevaient à Venise du droit coutumier. Les organes de décision gouvernementaux formaient une pyramide dont l'Assemblée populaire était la base et le doge le sommet.
Entre les deux siégeaient le Grand Conseil, les Quarante et le Sénat, puis le Conseil ducal.
Cette organisation politique dont les traits se dessinent au XIIIème siècle se maintiendra jusqu'en 1797.
Le quadruplement de la puissance navale dans le premier tiers du XVème siècle, fait de l'Arsenal de Venise la plus grande usine du monde, employant jusqu'à 16.000 personnes, derrière une enceinte secrète de 25 hectares.
L'activité navale est portée par le dynamisme du quartier d'affaires vénitien.
 
Le commerce du sel, puis l'expansion commerciale vers la Méditerranée orientale, entraînèrent une forte croissance de la ville. Ce n’est qu’après la 4ème croisade, que Venise se détourna sur Constantinople. La République s'empare des richesses de l'Empire byzantin et constitue son propre empire maritime constitué par la plupart des îles grecques et dalmates.
Elle le complète en conquérant la Dalmatie continentale, l'Istrie et un vaste domaine entre les Alpes et le Pô, incluant les cités de Bergame, Brescia, Vérone, Padoue, Trévise et Udine.
Elle entre alors en conflit avec Gênes, sa grande rivale en Italie du nord et en Méditerranée.
L'apogée de cette lutte sera la quatrième guerre génoise, autrement nommée guerre de Chioggia.
Venise en sortit vainqueur, mais très épuisée.
Le traité de Turin, en 1381, ne lui fut pas particulièrement avantageux : malgré sa victoire, Venise dut renoncer à des territoires et concéder certains droits à sa rivale.
Elle perdait Trévise et la Dalmatie qui revenait au roi de Hongrie. Cependant elle conservait ses institutions et ses principales colonies.
 
La ville a armé une flotte de 6.000 galères, lui permettant de prendre des risques, sous forme de convois réguliers, pour régner sur la mer Méditerranée. Le quartier du Rialto est la première bourse organisée, selon l’historien Fernand Braudel.
Les marchands y échangent des participations dans les galères vénitiennes, mises aux enchères selon le système de « l’Incanto des galées » du marché.
Venise devient alors le plus important port de Méditerranée, surclassant Constantinople.
Il lui fallut conquérir des terres sur la lagune.


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samedi 2 août 2014

Chapitre XIV

Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
L’affaire « Kakazucack »
 
Le mardi 4 décembre éclate, mollement d’abord, l’affaire Kakazucack et le premier « Scud » dont l’ordre de tir avait été donné la veille au soir depuis les bureaux du Kremlin-Bicêtre, l’entretien avec Denis Lespoix à peine terminé.
Le ministre délégué au Budget auprès du ministre de l'Économie et des Finances est jusque-là considéré comme un des « poids lourds » du gouvernement et comme « incarnant la ligne de fermeté budgétaire » dans un contexte de crise économique. Avant l'élection du président Landau, il était député socialiste et président de la commission des finances de l'Assemblée nationale. Et encore avant chirurgien plasticien et capillaire de profession, non sans s’être enrichi dans l’entourage d’un ancien ministre de la santé de « Tiersmirant », Monsieur « Néron Taulard » dont il faisait partie comme conseiller en charge de l’agence du médicament et divers achats d’équipements lourds.
 
Peu après sa nomination au gouvernement, il commande une expertise à propos de la vente de l'hippodrome de Compiègne, pour laquelle un de ses prédécesseurs au ministère du Budget est placé sous le statut de témoin assisté pour « prise illégale d'intérêts » devant la Cour de justice de la République (CJR), une affaire dont il sortira totalement blanchi à la fin de l’année 2013.
Le rapport, daté du 22 juillet 2012, remet en cause le travail des trois experts de la Cour de justice et disculpe l’ancien ministre.
Cette affaire aurait retenu la curiosité de l'équipe rédactionnelle du site d'informations en ligne Mediapart qui s'interroge déjà sur la raison de ce « cadeau » fait à l’ancien, également inquiété dans l’affaire « Bêtencourte ».
 
À compter du 4 décembre 2012, le site d'information en ligne publie plusieurs articles affirmant que le ministre du budget a possédé un compte bancaire non déclaré en Suisse, à la banque de gestion de fortune UBS, et ce jusqu'au début de l'année 2010 (le compte aurait été clos et l'argent déplacé à Singapour avant qu’il ne devienne président de la commission des finances de l’Assemblée nationale).
L’intéressé dément immédiatement cette information, sur son blog, et par voie de presse. Le premier article cite aussi le mémoire d'un agent du fisc du Lot-et-Garonne, « Dorémi Gars-nié », adressé en 2008 à sa hiérarchie, dans lequel il évoquait « un compte bancaire à numéro en Suisse » ouvert selon lui par le ministre.
Celui qui est passé entre les mains de la DRM à un moment ou à un autre…
 
Plusieurs responsables politiques de droite comme de gauche demandent alors d'apporter des preuves.
Le lendemain 5 décembre, Mediapart met en ligne un enregistrement, présenté comme un échange entre le ministre et « Hervé Dréfusse », son gestionnaire de fortune en 2000, qui corrobore les informations publiées.
On y entend : « Moi, ce qui m'embête, c'est que j'ai toujours un compte ouvert à l'UBS, mais il n'y a plus rien là-bas, non ? La seule façon de le fermer, c'est d'y aller ? (…) Ça me fait chier d’avoir un compte ouvert là-bas, l’UBS c’est quand même pas forcément la plus planquée des banques (...). Il faut ma signature (…) C’est extrêmement chiant. Il faut y aller, moi je ne peux pas y aller, je vois pas comment faire. (...) Surtout qu’il n’est pas exclu que je devienne maire au mois de mars, donc je ne tiens vraiment pas du tout à ce qu’il y ait la moindre ambiguïté. (…) Surtout que d’une certaine manière, les avoirs restent à l’UBS et que d’ici on peut gérer. C’est un jeu d’écriture pur et simple. »
Le même jour, en réponse au député UMP « Daniel Face-quelle » qui l'interpelle sur le sujet, le ministre affirme devant l'Assemblée nationale qu'il n'a « jamais eu de compte à l'étranger, ni maintenant, ni avant ».
Le ministre reçoit le soutien de l'Élysée, de Matignon et des ministres du gouvernement, et les réactions de l'opposition sont curieusement jugées comme modérées. Et pour cause comme on le comprendra plus tard.
Le 7 décembre, une enquête préliminaire est ouverte par le parquet de Paris, à la suite de la plainte pour diffamation déposée contre Mediapart.
Le 14 décembre, l’administration des impôts demande à son ministre de signer un document attestant qu’il n’avait pas de compte caché en Suisse.
Ce dernier n’a pas donné suite à cette demande.
 
Le 15 décembre, « Michel Gamelle », ancien bâtonnier du barreau d'Agen et ancien maire RPR de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), prend contact avec « Alain Zébulon », directeur de cabinet adjoint du président de la République, qui fut sous-préfet de Villeneuve-sur-Lot entre 1997 et 1999, pour certifier l'authenticité de l'enregistrement révélé par Mediapart, qui avait été effectué accidentellement sur son répondeur en 2000. Il se dit également prêt à le fournir à la justice et à témoigner devant un juge.
« Alain Zébulon » en informe le Président de la République.
Entre-temps, le 17 décembre 2012, le virus installé depuis l’ordinateur de Denis Lespoix se réveille et détruit les tables d’index de tous les disques-durs qu’il avait pu pénétrer…
En parallèle, le 21 décembre 2012, Mediapart révèle que la direction régionale des finances publiques de Paris-Sud effectue des « vérifications approfondies » sur les déclarations de l'impôt de solidarité sur la fortune de son ministre de tutelle pour les trois années 2010 à 2012 et « dont la sincérité pourrait être remise en cause », ce que dément la direction générale des Finances publiques (DGFIP) alors que Mediapart maintient ses affirmations.
Le ministre serait soupçonné d'avoir sous-évalué le montant de son appartement parisien, d'avoir déduit un prêt parental déjà remboursé, et de ne pas avoir déclaré certains biens.
 
Le 29 décembre, le directeur de Mediapart, écrit une lettre au procureur de Paris pour lui demander l'ouverture d'une enquête sur le fond des faits qui ont été révélés.
Le parquet de Paris ouvrira, le 8 janvier 2013, une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale » et confiera l'enquête à la brigade nationale de répression de la délinquance fiscale. Plusieurs personnes susceptibles de détenir des informations seront auditionnées : l'épouse du ministre, le gestionnaire de fortune « Hervé Dréfusse », l'ancien juge « Jean-Louis Fougère », qui a détenu une copie de l'enregistrement, l'agent du fisc « Dorémi Gars-nié », qui avait fait part à son administration, dès juin 2008, de ses soupçons sur le compte suisse du ministre et d'autres soupçons de fraude fiscale.
Le 16 janvier 2013, « Michel Gamelle » est auditionné pendant plusieurs heures par les policiers de la Division nationale des investigations financières et fiscales (Dniff). Il remet une copie de l'enregistrement téléphonique.
Le 24 janvier 2013, le Procureur de la République de Paris apprend d'un premier résultat d’expertise de la police technique et scientifique (PTS) que l'enregistrement n'est pas truqué.
Le même jour également, en parallèle à l'enquête conduite par la justice, le ministre de l’Économie et des Finances le ministre de tutelle et des finances demande à la Suisse si son ministre du budget a détenu un compte (à l'UBS) dans ce pays : la réponse est couverte par le secret fiscal, mais d'après Le Journal du dimanche, les autorités suisses auraient exclu qu’il ait pu avoir un compte (à l'UBS) depuis 2006, ou qu'il ait pu en fermer un d'après Le Nouvel Observateur.
Cette dernière interprétation serait « inexacte » selon une source judiciaire, citée par une dépêche de l'agence Reuters et selon Mediapart.
L'interprétation qui avait été faite était celle d'un compte en Suisse, alors que la demande ne concernait qu'un compte à l'UBS sur les 377 banques en Suisse.
Le 19 mars 2013, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire contre X pour enquêter sur des soupçons de « blanchiment de fraude fiscale » et « perception par un membre d'une profession médicale d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la Sécurité sociale ».
Le président de la République, annonce le même jour le départ du ministre du gouvernement, « à [l]a demande de ce dernier ».
Pourtant il réaffirme son innocence et explique cette décision par sa volonté de se consacrer à sa défense. Il est remplacé à son poste par le ministre délégué aux Affaires européennes.
 
À la suite de son aveu du 2 avril 2013, où il annonce, sur son site internet, détenir 600.000 euros sur un compte à l'étranger il demande « pardon » au président de la République et au Premier ministre, pour le « dommage causé ». Ces aveux qui font suite à la découverte par la justice suisse d'un compte lui appartenant, qui lui attire de très nombreuses critiques, en particulier du Président qui parle d'« impardonnable faute morale », et du premier ministre, qui l'appelle à « ne plus exercer de responsabilités politiques », alors qu'il pourrait automatiquement retrouver son mandat de député un mois après son départ du gouvernement.
Le président de l'Assemblée nationale, reçoit le 18 avril la lettre de démission de son mandat de député.
Mais ce n’est pas tout. Entre-temps, l’ex-ministre s’enfuit chez des « amis sûrs » et avec son chien.
Le 24 avril 2013, sur proposition du président du groupe UDI, l'Assemblée nationale décide, à l'unanimité, la création d'une commission d'enquête (composée de trente députés), relative à l'action du gouvernement entre le 4 décembre 2012 et le 2 avril 2013.
Il en ressortira également une loi applicable au 1er janvier 2014, où 8.000 élus, hauts fonctionnaires et patrons d’entreprises publiques seront astreints chacun à une déclaration de patrimoine.
Ça, c’est pour l’aspect « contre-attaque » proposée par Gustave Morthe de l’Argentière dont il avait été question fin novembre 2012 dans un des « petits-salons » de chez « Maxim’s ».
Elle a loupé complétement sa cible et aura eu des conséquences inattendues dans la vie politique du pays par ailleurs en pleine crise économique, sociale et financière sévère.
 
En fait, l’amiral aura avoué plus tard à Paul, que de toute façon, le ministre était dans la ligne de mire de l'armée française et les industriels de l'armement comme l’avançait le magazine suisse « L'Hebdo ».
Le ministre du budget souhaitait supprimer 31 régiments dans l’armée de terre, vendre le porte-avions Charles-de-Gaulle, annuler les commandes d'hélicoptères de combat Tigre et de sous-marins nucléaires d'attaque Barracuda, et d’arrêter la production des Rafales en violation des accords passés.
Il souhaitait aussi renégocier les contrats d'achats en cours avec le groupe industriel Marcel Dassault.
Dès lors, un collectif d'officiers de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur aurait donné à la justice des informations sur les comptes à l'étranger, pour détenir une copie de cet enregistrement, communiquée au juge « Fougère » le 12 novembre 2006. Ce dernier l'aurait fait circuler « parmi ses relations à la Direction centrale du Renseignement intérieur ».
Mais « L'Hebdo » ne citant pas ses sources, cette rumeur ne sera pas reprise que par le journal « La Croix » et « France-Intox ».
Puis, elle s’est évanouie…
 
Il n’empêche, dans les états-majors, il n’est désormais plus question que de tels épisodes ne se reproduisent, économies à faire ou non.
Le nouveau format des armées est donc repoussé avec des objectifs de « fin de mandat ».
Les avions voleront moins mais en échange le ministère fera un chèque d’un milliard d’euros à l’avionneur des Rafale pour le moderniser.
Tous les navires resteront 3 jours de plus dans leurs ports, mais le budget prévisionnel du « grand carénage » de 18 mois du porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle sera maintenu pour 2016.
Quelques régiments seront dissous et les personnels réaffectés, mais en douceur.
Les OPEX se succéderont : le Mali puis la Centrafrique après le ratage en Syrie contre Hassan qui gaze ses propres populations (rebelles) en août 2013 et encore plus tard en 2014.
Malgré l’échec d’un tir de missile balistique nucléaire, le programme de « mise à niveau » de la FOS est maintenu.
Et puis, au summum des pressions, il est confié à l’armée les moyens d’une « cyber-défense », incluant la mise sous tutelle de tout l’espionnage électronique sur le territoire, sans contrôle de juge-judiciaire, aux dépens de la police et de la DCRI (d’ailleurs démantelée, éparpillée par ailleurs).
De quoi calmer un temps les « étoilés ».
Parce qu’il est alors promis, dès le premier trimestre de 2013, mais l’information sera éventée en mai, puis en juillet 2013, puis réitérée par le ministre de la défense qui annonce en fin d’année 2013 des REX (Recettes exceptionnelles) à venir pour financer les dépassements budgétaires des OPEX (Opérations Extérieures) et autres coûts, et notamment un grand-emprunt de 12 milliards d’euros, qui ne sera pas mis en place.
L’argent récupéré par Paul, sur les « queues » des détournements d’antan serviront alors à maintenir la pression à la baisse sur les taux auxquels emprunte le Trésor public, contre toute attente : un « effet de levier » qui démultiplie la capacité de prêts des marchés par simple « suivisme » des principaux investisseurs.
C’est tout le travail de Paul et de sa petite équipe début 2013.
 
Du coup, si le 14 juillet 2013 aucun matériel lourd n’a défilé sur les Champs-Élysées comme habituellement « sur ses chenilles », ce n’est pas tant que le goudron ait été à refaire « dans les virages », mais bien plus en raison des menaces d’un « putsch des capitaines » si les choses ne rentraient pas dans l’ordre…
La menace a été prise très au sérieux dans les états-majors et la descente des Champs-Élysées du président Landau, ce jour-là, a donné des sueurs froides aux services de sécurité : des milliers, peut-être même des dizaines de milliers de « badauds » huaient copieusement le passage du président depuis les trottoirs.
On y a vu pêle-mêle des « bonnets rouges », des bonnets-frégiens, des pancartes anti-mariage pour tous et tant d’autres…
Car, après le vote du « mariage pour tous », après l’introduction de la théorie du genre dans les collèges (elle était déjà enseignée dans les lycées), la rentrée aux nouveaux rythmes scolaires ne se faisant qu’en septembre 2013 et la circulaire sulfureuse du ministre de l’éducation nationale sur les « différences sexuelles » un peu passée inaperçue, l’indice d’insoumission de la troupe grimpe alors à des degrés jamais atteints.
Et si ce n’est ce 14 juillet-là, il y en aura d’autres.
Les rendez-vous républicains ne manquent pas, ni les raisons de gronder et de se révolter non plus, avec la taxe-poids-lourd, la révolte des bonnets-rouges, après les poussins, les pigeons, les dindons et autres volailles à plumer, et le dernier matraquage fiscal voté fin 2013… Rien ne manque pour une révolte en bonne et due forme !
Revenons à fin 2012…
 
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vendredi 1 août 2014

Chapitre XIII.2

Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Contrôle fiscal… (2/2)
 
Paul ne voit dès lors plus qu’une seule solution. « De toute façon, ils ne vous diront rien et je n’ai pas l’autorisation de faire ce que je vous réserve, mais vous vous souviendrez de moi très longtemps. Parce que j’ai rapporté plus de fric à vos services que tous vos services en dix ans de redressement. Et vous ne saurez jamais comment. En revanche, vous allez savoir pourquoi sur le champ.
Des types comme vous, c’est la plaie de notre pays. Vous êtes capables de laisser échapper des dizaines de milliards d’euros de fraude, des dizaines de milliards, sans même sourciller, les mêmes que je me tue à ramener honnêtement comme je peux dans les comptes du Trésor. Et vous avez le culot de venir me faire chier avec des broutilles en me refusant jusqu’à la déduction des quelques picaillons de frais que j’ai bien été obligé de financer de mon côté en me collant en plus des redressements que je ne peux même pas payer. »
Oui et alors ? Il va lui faire quoi sans autorisation ?
 
Et autorisation de qui, d’abord ?
« Un, je ne donne pas cher de votre ministre qui va me redemander d’en rajouter, parce que je suis sollicité pour en ramener encore et encore et que j’en ai les moyens.
Deux, vous, vous allez vous retrouver au secret pendant plusieurs mois. Prenez les devants, fuyez rejoindre vos putes et les gamins qui vous sucent en Asie avant qu’il ne soit trop tard, et mettez de l’ordre dans vos affaires !
Pour le reste, je me charge de me faire exonérer de toutes vos conneries dès aujourd’hui et pour le reste de mes jours ! Compris ! »
Ce n’est pas tout-à-fait ce à quoi Lespoix s’attendait. Normalement, il devait le « faire pleurer », lui aussi.
Si Paul DE Bréveuil le prend sur ce ton, ce sera pour la prochaine fois, quand il lui aura soigné ses notifications de redressements et lui présentera le courrier de dénonciation qu’il compte faire parvenir à « son ami le procureur ».
Histoire de justifier des pénalités de mauvaise-foi : le redressement du siècle qui va faire exploser les statistiques du ministère pendant de nombreuses décennies !
Et il sait y faire.
« De quoi vous faire réfléchir longtemps aux frais de la princesse entre 4 murs et … à l’ombre ! »
Gustave Morthe-de-l’Argentière éclate de rire dans le dos de Denis…
« Je vous avais prévenu… Vous pouvez y aller : ça s’impose, non ? »
De quoi parlent-ils, se demande Denis Lespoix ?
 
« Très bien, alors voilà ce qui vous attend. » Et Paul tend la clé USB que lui avait préparé l’amiral Morthe-de-l’Argentière et l’ingénieur informaticien-maison.
« Y sont stockés quelques-unes des photos et vidéos en ma possession concernant vos visites de la Thaïlande. Vous savez forcément de quoi je parle. Je vous conseille de les visionner avant de revenir ici. Parce que si vous ne le faites pas, dès lundi prochain, tout le monde saura que vous pratiquez le tourisme sexuel avec des mineurs.
Vous êtes prévenu. »
Denis Lespoix ne s’attendait pas à ça, mais on lui avait déjà fait le coup dans le passé. Sous forme de papier, pas encore en fichiers électroniques.
« Je serai curieux de savoir ce qu’il y a de nouveau que ma hiérarchie ne connaît pas déjà, Monsieur DE Bréveuil.
Sachez une seule chose, c’est que ce n’est pas ce qui vous mettra à l’abri de mes notifications de redressements. Et je me permets de vous prévenir à mon tour que, comme vous le prenez sur ce ton, ces notifications, vous concernant, concernant vos entreprises, seront particulièrement soignées.
Si l’un de nous deux doit faire de la prison, sachez que ce ne sera pas moi ! »
C’est ce qu’on verra.
 
Ce soir-là, après que l’entretien tourne court, Paul est dans un état d’énervement à peine croyable, que Jean-Charles et Gustave ont du mal à le calmer.
Il est au téléphone à prévenir Madame Nivelle qui est effondrée et Florence… qui ne comprend rien, même si ce n’est pas ce qu’elle voulait dire !
Alors que Gustave Morthe de l’Argentière lâche les chiens de son côté.
Dès le lendemain, Médiapart publie son premier billet sur le ministre du budget et ses comptes cachés : c’est la matinée sur la côte-Est des USA et les satellites de relais fonctionnent alors sans encombre… Feu-vert de partout tel que ça repart en « pluie-fine » et urgente en sens inverse, là où il était prévu !
Quant à Denis Lespoix, il repart au bureau en jubilant : le redressement du siècle !
Et rien que pour lui !
SON redressement du millénaire, même.
S’il ne commence pas l’année 2013 en qualité de conservateur aux hypothèques de Paris, son administration serait vraiment bien cruelle !
 
En fait, ce n’est pas tout-à-fait comme ça que les choses se passent.
L’amiral aura fait jouer « ses cartouches », une à une.
D’abord le ministère de la défense. Qui contacte son correspondant à Washington. Lui-même passe un coup de fil à Chicago. Qui en réfère au grand-maître Harry Harrison Junior en personne, élevé lui, au 33ème degré - Souverain Grand Inspecteur Général –, archi-haut membre éminent de la loge « Liberté & Probité » de San-Francisco et autres « ordres » affiliés au Rite Écossais Ancien et Accepté. Qui joint à son tour le vénérable Charles, élu de la loge « Justice et Liberté », qui lui-même confirme à celui où est affilié le patron de Mediapart les instructions de faire, comme il a été prévu en cas d’urgence.
 
Puis l’amiral prend langue avec son contact dans le sud-ouest qui autorise à son tour à donner son feu-vert chez Mediapart : ce sera le début de l’affaire « Kakazucack » qui aboutira plusieurs mois plus tard à la démission du ministre du budget et sur une enquête parlementaire qui ne mènera à rien, telle qu’elle s’étalera sur plusieurs mois dans toute la presse mondiale et les réseaux.
Et notamment la partie la plus visible pour l’opinion publique, relative aux projets de loi quant à la transparence de la vie politique et le non-cumul des mandats en France, pour 2017 seulement, projets qui seront étrillés par le Parlement, enterrant bien vite les retombées qu’il s’agira de circonscrire pour éviter que ça ne déferle sur la place publique : une trahison de plus des promesses électorales passées…
 
Bien sûr à cette époque, Paul est particulièrement remonté : le travail relatif au « pistage » des « milliards-manquants » dont il était question au mois d’août dans la propriété de l’amiral et chez « Maxim’s », ne sont pas encore commencés.
Et ce soir-là, il s’emporte.
« N’importe quoi Amiral ! Je ramènerai le pognon, que ça ne coûtera même pas un ticket de métro à l’État et en plus ils voudront me redresser ! 35 milliards ici et vous voulez que j’en ramène encore 15 ? Démerdez-vous, mais ce sera sans moi ! »
Ou pas comme ça.
Car pourtant, le pouvoir en a besoin et ces sommes qui sont entre les mains d’aigrefins-receleurs qu’il s’agit de finir d’identifier de toute urgence avant que l’ensemble soit devenu définitivement inaccessible, même s’ils sont tous de bonne foi !
 
Mais la meilleure de cet épisode rocambolesque, aura été le sort de « Pénis Les-doigts »…
Quelques jours après ce dernier rendez-vous, il se re-pointe dans les locaux du Kremlin-Bicêtre et une dernière fois à Aubenas, pour émettre ses propositions de redressement.
Il est d’abord reçu par Jean-Charles qui l’écoute attentivement sans dire un mot jusqu’à la fin.
« Avez-vous ouvert les fichiers que mon Président vous a remis ? »
Oui bien sûr ! « Comme je vous l’ai dit ce jour-là, il n’y a rien que ne sache déjà ma hiérarchie. Et de toute façon, ça ne m’empêchera pas de faire mon travail et d’envoyer ces notifications ! »
Idem le lendemain à Aubenas : n’est présent que Gérard, le contrôleur de gestion, qui précise d’emblée qu’il n’a pas qualité pour répondre.
« Mais alors, vos dirigeants me laissent faire et paieront ? »
Rien ne sera payé, puisque rien ne sera notifié.
« Vous en êtes bien sûr ? Je poste ça la semaine prochaine et prépare le dossier contentieux ! On est appelé à se revoir… »
Il ne les aura pas non plus « fait pleurer », mais vus les montants, ça ne tardera pas, il en est certain. Peut-être même qu’il pourra butiner la taulière, si elle lui demande d’instruire aimablement une demande gracieuse de remise.
Celle-là, il l’aura par les trois orifices, se délecte-t-il déjà.
 
Sauf que…
Le virus en mode « .txt » s’est installé sur la machine de l’inspecteur central quand il a ouvert la clé USB. Son anti-virus l’a alerté très naturellement que l’origine des fichiers n’était pas connue, ce qu’il savait déjà, et que ce pouvait s’avérer dangereux. Et il lui a demandé s’il souhaitait l’ouvrir malgré tout. Ce qu’il a fait.
Bien sûr, il avait envie de voir ce qu’ils avaient pu collecter et, pourquoi pas, revivre quelques souvenirs attrayants autant qu’exotiques, qu'il aimait tant… 
Mais bon, ce n’étaient que des vidéos et des photos qu’il avait prises lui-même. À se demander tout de même comment ils avaient fait pour se les procurer…
Le lendemain au bureau, le virus s’est décompressé tout seul en mode « .dll » sitôt après la série des mots de passe habituels et connexions à l’intranet de Bercy réalisées, et il est allé s’installer en mode « .txt » sur des dizaines de machines connectées.
Et ainsi de suite pendant près d’une semaine…
Et 17 décembre 2012, le virus s’est réveillé opportunément et a détruit les tables d’index de tous les disques-durs qu’il avait pu pénétrer…
Grosse panique matinale dans le « Grand Ordinateur de Bercy » (dit aussi « GOB-tout »), dans les directions régionales et locales, jusque dans les comptes du Trésor.
Rien ne fonctionnait ! Jusqu’à épuisement des informaticiens et des agents bien contents de rester en rade à se tourner les pouces ou à procéder à du classement en retard.
Idem pour quelques services ministériels annexes.
Naturellement, personne n’en a jamais rien su. Les équipes de cyber-sécurité ont d’abord dû identifier le virus malveillant, juste quelques lignes de programmation en langage natif.
Puis écrire un programme de nettoyage dans les sauvegardes infectées et réinitialiser l’ensemble des machines de façon automatique…
Toute la journée, toute la nuit suivante et une partie de la journée d’après.
 
Et ils ont tracé le fichier vérolé jusqu’à remonter à la machine de Denis Lespoix. Où on a découvert un fichier classé top-secret émanant de la MAPEA.
Il avait donc non seulement emporté un fichier en violation de la loi fiscale, ce qui faisait tomber légalement toute sa procédure de redressement, mais en plus un document rapidement identifié comme « classifié »…
Les process de fabrication des boosters de la fusée Ariane IV !
Denis Lespoix aura passé les fêtes de fin d’année au secret, dans la cave d’un « service qui n’existe pas ».
Et même les mois qui ont suivi.
 
Son directeur a repris ses dossiers et archivé ce qui restait incompréhensible pour lui : les fameux 35 milliards, notamment, persuadé que cet agent-là, tout ex-gendre d’un copain lui-même directeur-retraité, était un fou, et du coup tout le reste était à mettre à la poubelle.
Il faudra des mois et des mois de lobbying intensif et discret, d’EADS, de l’amiral et de quelques autres, pour que le successeur de « Kakazucack » ordonne de clore ce dossier-là par des notifications de « non-redressement ».
C’était ça, où personne ne reverrait jamais les « 12 milliards-manquants » qui devaient « rentrer » durant les mois suivants, mais en deux fois… Avril et mai 2013.
C’était la contrepartie, Paul s’étant engagé à ce moment-là à poursuivre ses recherches.
Denis finira sa vie bien plus tard, dans un asile psychiatrique, atteint de paranoïa aiguë, sous camisole chimique… impitoyable d’efficacité.
Triste épisode pour ce pédophile avéré.
 
À l’invitation insistante de l’amiral, Paul pourra reprendre la direction des opérations de recherche des fonds dispersés, alors que la lieutenante qui lui tient à cœur débarque début janvier 2013 dans les locaux du Kremlin-Bicêtre pour se tourner les pouces durant une bonne paire de semaines.


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