« Les valeurs de la Droâte et du Centre » ?
Pour avoir participé aux deux tours de leur primaire
(bon… pas vraiment « le centre », mais une « droâte »
encore plus à droâte que la droâte), j’ai donc payé deux fois 2 euros le
bulletin et signé une feuille d’émargement qui n’était autre que mon adhésion
personnelle à ces « valeurs » :
« Je
partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m’engage pour
l’alternance afin de réussir le redressement de la France », que c’était
marqué !
Je n’ai pas osé l’affront : « C’est quoi les
valeurs républicaines de la droâte et du centre » de peur de me faire
jeter alors que j’étais venu bien décidé à faire barrage à
« Bling-bling ».
Donc, je suis ressorti de là aussi kon que j’étais
venu. Deux fois…
Et en plus, au lendemain du second tour, je me suis
retrouvé cocu-de-première-classe : On avait bien viré le pantin, mais
c’était pour se retrouver à ramer pour le pantin du pantin !
Chapeau…
Depuis, je me pose des questions dans ma « ford-intérieur » :
D’abord, qu’est-ce qu’une valeur ?
En philosophie, plus particulièrement en philosophie
morale mais aussi en philosophie politique, la question de la valeur et d’un
système de valeurs divisent depuis Platon sur ce que l’on entend par ces termes,
souvent fourre-tout, ainsi que sur leur réalité.
Pour le philosophe athénien, les valeurs se
rapportaient à un Bien qui était indiscutable.
Néanmoins, au cours des siècles, le concept de valeur
a été balloté entre les « objectivistes » et les « subjectivistes » (entre
système de valeurs universelles et système de valeurs propre à chaque
individu), sans oublier ceux qui niaient qu’il puisse en exister, comme les
plus extrémistes d’entre eux, les nihilistes avec Nietzsche à leur tête.
Bref, on n’en saurait rien finalement. Sauf que moi,
je fais la synthèse : À titre individuel (subjectiviste), j’adhère sans
retenue aux valeurs universelles (objectiviste)…
Pour faire simple et « prolonger un peu »,
disons qu’en politique, il existe des systèmes de valeurs défendus par les
différents courants politiques ainsi que des systèmes plus larges englobant
plusieurs de ces courants, comme par exemple, les fameuses « valeurs
républicaines ».
Quant à la valeur, elle peut se définir, très
schématiquement, comme une référence et une base à l’action qui la légitiment.
Donc, selon la « Charte
de la primaire », non seulement les candidats mais leurs parrains l’ont
partagée.
Moi pas ! Curieux, mais c’est comme ça.
J’ai fini par comprendre (mais ça m’a demandé beaucoup
d’efforts et de temps) que cette obligation avait comme but d’éliminer les
candidats mais surtout les parrains venus de formations politiques de gôche ou
d’extrême-droâte.
Voilà pourquoi je n’étais pas concerné.
Alors que si elle est seulement « républicaine »,
en principe, hors les royalistes et les bonapartistes, tout le monde est
concerné…
Ceci dit, puisqu’il s’agit des valeurs « républicaines
», prenons d’abord la devise du pays et de ses républiques : « Liberté,
égalité, fraternité ».
Mais déjà, on ne peut pas dire que ce sont des valeurs
uniquement de la « Droâte et du Centre », la gôche s’en réclamant
également, puisqu’ils ne sont ni royalistes ni bonapartistes.
Mais s’il s’agit de l’intensité de ces valeurs et de
leurs relations entre elles, on ne peut pas dire non plus que la Droâte et le
Centre soient exactement sur le même plan.
Si la Liberté semble aussi importante des deux côtés
(de même que la responsabilité qui va avec…) et qu’elle a, à très peu de chose
près, la même signification pour la Droâte et le Centre, c’est moins le cas
pour l’égalité où si l’égalité politique est identique, ce n’est pas le cas
pour l’égalité sociale qui est un peu plus forte au centre qu’à droâte – même
si la méritocratie est autant défendue de chaque côté – ce qui découle, avant
tout, d’une fraternité plus étendue chez les centristes qui vient, notamment,
de leur héritage démocrate-chrétien.
Donc, si l’on s’arrête au triptyque gauloisien, soit
tous les partis républicains partagent ses valeurs, soit, si on prend leur
interactions les unes vis-à-vis des autres et leur degré d’application, elles
ne sont pas identiques ce qui signifie, dans ce cas, qu’elles ne sont pas
communes aux partis de droâte et aux partis du Centre.
Évidemment, il faut comprendre que ce terme générique
souvent employé ne signifie pas grand-chose si l’on ne dit pas quelles sont ces
valeurs, ce que les politiques ne font pas souvent…
D’ailleurs, « Bling-bling » était-il
vraiment « droit-dans-ses-bottes » en parlant des
« Gauloisiens » exclusivement « petit-gaulois », en
excluant les habitants originaires de tous les autres territoires du
pays ?
On aurait dû l’exclure, non ?
Peut-être que là, la Droâte et le Centre partagent les
mêmes, à l’intensité identique, ce qui les différencierait de la Gôche et de
l’extrême-droâte.
Ce doit être ça…
Quoique…
On peut estimer sans beaucoup se tromper que ces
valeurs sont, outre la liberté, l’égalité et la fraternité, la tolérance, la
solidarité et l’on englobera également la vertu qu’est le respect.
La laïcité, je ne sais pas : Il s’agit d’une loi
postérieure (de 1905 et les gens vivaient très bien républicain sans cette loi) pas d’un principe supérieur de constitutionnalité.
Mais il faut néanmoins constater que le Centre défend
une tolérance plus grande que la Droâte ainsi qu’une solidarité plus étendue,
la Droâte privilégiant avant tout et globalement ici, l’intérêt individuel.
Quant au respect dû à la personne, le Centre en fait
une de ses pierres angulaires alors que la Droâte se focalise souvent sur celui
dû avant tout aux institutions.
Y’a des nuances, comme ça…
Passons.
Pour étendre le champ de notre exploration, si l’on reprend
le principe de laïcité et que l’on dit par un rapprochement un peu excessif
qu’il est une valeur républicaine, alors même chose que pour la devise nationale, tous les partis
républicains la défendent mais la voient avec une intensité et d’une
application dans le champ sociétal qui sont différentes.
Cela vaut pour le Centre et la Droâte dont les
positions ne sont pas identiques.
De plus, si l’on prend la sûreté dans ce que « vivre
en sécurité » serait une valeur républicaine, même chose que pour la devise nationale, le
principe de laïcité ou les valeurs humanistes, tous les partis politiques s’en
réclament même s’ils ont des vues souvent très différentes quant à
l’application de cette « valeur ».
Bien entendu, on pourrait continuer à étaler des
valeurs ou des concepts qui se rapprochent de ce qu’est une valeur mais on
quitterait la définition même de la Charte de la primaire de LR qui ne parlait
que des « républicaines ».
Force est de reconnaître, in fine, que ces « valeurs républicaines de la Droâte et du
Centre » sont identiques à celles de la Gôche sur les grands principes.
Ce n’est que si l’on étudie leurs articulations entre
elles et leurs degrés qu’alors chaque courant idéologique est différent d’un
autre, ce qui semble normal si l’on estime que la Droâte n’est pas Centre qui
n’est pas la Gôche qui n’est pas la Droâte sans même parler de l’extrême-gôche
ou de l’extrême-droâte.
Et ce à l’infini.
En bref, comme on ne m’a pas expliqué, ni à
l’ékole-pue-blique, ni dans mon bureau de vote, normal que je sois ressorti
aussi kon que j’étais venu…
Dès lors, soit les valeurs communes à la « Droâte
et au Centre » sont celles qui sont communes à tous les partis
républicains, soit leurs articulations entre elles et leurs degrés
d’application dans l’organisation de la société sont différents et font qu’il
n’existe pas une ligne politique identique entre la « Droâte et le Centre »,
donc pas de valeurs communes dans cette acceptation pratique de l’expression « valeurs
communes ».
Là, je comprendrais plus facilement.
Ce qui revient à signifier que la Droâte n’est pas le
Centre est inversement.
Et n’empêche évidemment pas une coalition entre partis
droâtistes et centristes… républicains, comme on ne l’a pas vu.
Mais là, peu importe.
(Vous suivez, là ?)
Pour en revenir au paysage politique gauloisien, il
faut bien reconnaître donc que la quasi-totalité des partis ou mouvements font
référence à la « république », après la faillite de l’État soviétique
marquant l’échec du « socialisme réel » : Du « Mouvement républicain
et citoyen », du « Parti radical de gôche », au « Parti de
gôche » fondé par « Mes-Luches », ils s’en réclament tous.
Mais à droâte, pour se distinguer de la « droite
nationaliste », certains se qualifient souvent de « droâte
républicaine » tout comme le parti politique « Les Républicains-démocrates ».
Où on trouve au sein de ces mouvements de « droâte »
des références au républicanisme, souvent teinté d’autres valeurs : Gaullisme,
Conservatisme, Souverainisme…
Par conséquent, l’idéologie du « républicanisme »
y est assez vaste sans qu’elle se mélange ou se confonde avec les autres idées
comme : Libéralisme politique, Multiculturalisme, Universalisme républicain,
Autoritarisme républicain, Communautarisme républicain et j’en passe…
Le triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité »
pourrait peut-être m’aider, d’où découle la définition de la Liberté comme la non-domination.
L’égalité devient alors la garantie d’une absence d’arbitraire,
qui permet la liberté.
On peut même lire une application de cette définition
à des débats concrets de la société gauloisienne (la loi de mars 2004 sur le
port des signes religieux à l’école, la parité, les revendications d’identité
régionale, l’ékole…).
Rappelons que si c’est la devise de la République gauloisienne,
c’est aussi celle de la République d’Haïti, de la Grande Loge de France, du
Grand Orient de France, du Droit humain et de la Grande Loge Nationale de
France, et plus généralement, elle est dite « devise républicaine » de toutes
les loges maçonniques gauloisiennes.
Et elle figure en bonne place dans l’article 2 de le
texte de la Constitution de 1958.
La liberté et l’égalité sont posées comme principe
dans l’article 1er de la Déclaration des droits de l’homme et du
citoyen de 1789, texte qui fait partie du Préambule de la Constitution de la
Cinquième République gauloisienne : « Article
Premier. Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits », en
droits et en devoirs pas en taille de quéquette, ni en QI.
Un texte repris en 1948 comme article 1er de
la Déclaration universelle des droits de l’homme en rajoute l’obligation de
fraternité : « Ils sont doués de raison
et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de
fraternité ».
Peut-être que déjà, ça exclut les krétins…
Cette devise est adoptée officiellement en « Gauloisie-des-Lumières »
une première fois le 27 février 1848 par la Deuxième République, et surtout
après 1879 par la Troisième République, inscrite aux frontons de tous les
édifices publics à l'occasion de la célébration du 14 juillet 1880.
Mais ça ne m’éclaire pas plus sur ces
« valeurs » républicaines de la « droâte & du centre »…
En fait, pour commencer à comprendre, il faut en
revenir aux attentats de janvier 2015, les « Charlie ».
Un gigantesque électrochoc !
Depuis l’invocation aux « valeurs
républicaines » tourne au moulin à prières, à chaque nouvel attentat. Gôche
et droâte s’en gargarisaient pour légitimer leur mise au rebut du « F-haine »,
même si « Marinella-tchi-tchi » ne s’en réclamait pas moins,
souvenez-vous de la manif internationale du 11 janvier à « Paris-sur-la-plage ».
Tous les éditos, tous les sermons politiques soulignaient
la nécessité de resserrer les rangs sur les « valeurs républicaines »,
talisman pour nous prémunir du communautarisme, panacée pour forger l’armature
morale de notre jeunesse, icônes pour combattre le terrorisme.
Or, finalement, comme personne n’explique ce que
c’est, on peut en conclure que ça n’existe pas.
Voilà l’explication profonde : On confond
indûment « valeur » et « principe » !
Parce que finalement, l’honneur, la liberté,
l’altruisme, le courage, la probité, la pudeur, l’équité, le respect de soi et
d’autrui, la bonté, le discernement, la générosité sont tout autant des
valeurs, et il serait opportun qu’on les inculquât à l’ékole. Mais personne n’en
parle nulle part.
À la fois universelles et modulées par la culture de
chaque peuple, elles ne sauraient être l’apanage d’un régime politique
déterminé.
Elles sont aussi enracinées dans les monarchies
européennes que dans notre République. Les sujets de Sa très gracieuse Majesté
la reine d’Angleterre jouissent de la même liberté que les citoyens gauloisiens.
Ceux des républiques d’Iran, du Soudan, du Pakistan ou
de l’ancien empire soviétique en sont privés.
Bref, le mot « république » ne recèle en soi
aucune « valeur » et, en conséquence, il n’a pas la moindre vertu
morale.
D’autant que ce sont les aléas de notre Histoire qui ont
abouti pour l’heure à un consensus sur la forme républicaine de nos
institutions et personne n’en conteste la légitimité.
Mais c’est juste un principe, héritage lointain des
Latins de Rome, recyclé à partir de la Révolution et pas très assuré sur ses
bases, car enfin, depuis la fin de l’Ancien Régime, force est de constater que la
« Gauloisie-ma-patrie » a déjà consommé cinq républiques, plus deux
empires, deux restaurations et deux régimes bâtards (La Commune et Vichy)
imputables à deux défaites face aux « Teutons ».
Ce qui manque manifestement à tous les étages de la
société Gauloisienne, depuis l’école jusqu’aux « élites », c’est bel
et bien une architecture morale reposant sur un socle de valeurs. Des vraies.
Les velléités pédagogiques que l’on voit poindre ici
et là ne s’y réfèrent d’ailleurs nullement, on n’y distingue en filigrane qu’un
catéchisme « républicain » de gôche, autant dire une fiction
maquillant un déni de mémoire à des fins bassement partisanes.
Et de constater que « la droâte-républicaine
& du centre » est tombée dans le panneau de la récupération…
Puisque personne ne m’explique ce que c’est !
Peut-être qu’il serait urgent de combler ce déficit
d’explication et de renouer avec les valeurs cardinales. Elles ont toutes en
commun une exigence d’élévation, comme c’était le cas dans toutes les
civilisations quand les modèles du saint, du héros ou du sage équilibraient les
pulsions inhérentes à la nature humaine.
Et que je me dis qu’aussi longtemps qu’on mettra la
barre des aspirations à l’altitude zéro du mercantilisme, « républicain »
ou autre, on lâchera dans une jungle sans foi ni loi des êtres
intellectuellement, psychiquement et spirituellement invertébrés.
Et surtout, on verra surgir de partout des candidats
au djihad ou à une autre barbarie.
Alors j’ose un rappel (certes tardif), pour les
béotiens (de mon bureau de vote) : Liberté.
La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de
1789 définit ainsi la liberté : « La
liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice
des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux
autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne
peuvent être déterminées que par la loi. » (article 4 de la Déclaration des
Droits de l’Homme et du citoyen ayant valeur constitutionnelle).
« La Loi n’a le
droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n’est pas
défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire
ce qu'elle n’ordonne pas. » (article 5).
Égalité (devant la loi) : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions
sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » (article
premier).
Le Conseil constitutionnel a néanmoins assoupli ce
principe « en admettant des modulations
lorsque celles-ci reposent sur des critères objectifs et rationnels au regard
de l’objectif recherché par le législateur et que cet objectif n'est lui-même
ni contraire à la Constitution, ni entaché d’une erreur manifeste
d'appréciation ».
Et de ce principe, il en fait depuis une application
constante jusque dans la censure de dispositions fiscales diverses…
Fraternité : « La fraternité a pleine vocation à embrasser tous ceux qui, français mais aussi étrangers, luttent pour
l’avènement ou le maintien de la liberté et de l’égalité ».
La notion est donc universelle et appartient plutôt à
la sphère des obligations morales plutôt que du droit, des relations plutôt que
du statut, de l’harmonie plutôt que du contrat, et de la communauté plutôt que
de l’individu.
Une vraie valeur morale.
En effet, l’article 2 de la Déclaration des droits de
l’homme et du citoyen de 1789 mentionne également « le droit de résistance
à l’oppression » comme l’un des quatre droits fondamentaux avec la liberté,
la propriété, et la sûreté.
La fraternité était donc née de l’aspiration à la
liberté, et dirigée par une cause commune.
Autrement dit, il n’y a pas de « valeurs
républicaines de droâte & du centre », mais des valeurs républicaines
tout-court.
C’est au nom de ces dernières que j’ai voté à ces
primaires, la conscience claire et tranquille.
De la même façon, je devrais aller voter pour celles
de gôche.
Mais eux n’appellent pas à une adhésion à des
« valeurs républicaines », même pas de « gôche » ou
seulement « soces ». Soit qu’ils n’en ont pas (et je ne voterai pas),
soit qu’ils admettent qu’ils ne savent pas ce que c’est (et c’est déjà dommage pour
eux).
De toute façon il leur faudrait expliquer en quoi elles
sont différentes de celles des autres.
Alors autant les laisser se démerder tout seuls :
Ils s’y entendent finalement assez bien pour se faire « haras-qui-rit »
et faire le lit de leurs opposants sans moi.
Mais je reste ouvert à toutes explications de mes
lecteurs pour mourir moins kon au bout du bout : Alors, à vos commentaires !
Merci pour cette réflexion avec des questions qui devraient être obsolètes aujourd’hui.
RépondreSupprimerLe modèle français n’est plus une évidence car elle ne sait plus qui elle est. C’est Alzheimer et Parkinson qui l’attaquent à la fois : l’oubli et l’impuissance.
On a souvent vu Vals la Menace tel un prédicateur halluciné les yeux fous, brandir son doigt de Commandeur écarlate et déverser des flots « d’esprit républicain », par ci, de valeurs républicaines, de front républicain par là, avec la laïcité en prime.
Mais qu’est-ce que c’est que ce charabia me demandais-je ? Ne vivons pas nous dans une Démocratie Républicaine ou République démocratique « une et indivisible » ?
Comme cette rhétorique obsessionnelle et cocosos m’intriguait, dans un 1er temps, je suis allée du côté de la philosophie regarder le sens de laïcité.
« Ce n’est pas l’athéisme, ni l’irréligion. Encore moins une religion de plus. La laïcité porte sur la société. Ce n’est pas une conception du monde mais une organisation de la Cité. Ce n’est pas une croyance ; c’est un principe, ou plusieurs (…) »
C’est la neutralité de l’Etat
« C’est mettre l’Etat au service des humains, comme il doit être, plutôt que les humains aux sien. (…) ; L’Etat ne doit régner ni sur les esprits ni sur les cœurs. Il ne dit ni le vrai ni le bien, mais seulement le permis et le défendu. Il n’a pas de religion. Il n’a pas de morale. Il n’a pas de doctrine. Aux citoyens d’en avoir une, s’ils le veulent.
(…)
Dans un état vraiment laïc, il n’y a pas de délit d’opinion. Chacun pense ce qu’il veut, croit ce qu’il veut. Il doit rendre compte de ses actes, non de ses idées.
Les droits de l’homme, pour un Etat laïque, ne sont pas une idéologie, encore moins une religion. Ce n’est pas une croyance, c’est une volonté. Pas une opinion, une loi.
On a le droit d’être contre. Pas de les violer.
Conclusion, en vrai, nous sommes carrément à des années lumière de cette définition. Une laïcité ni en esprit ni en lettre : un mot conservateur sucé comme une friandise frelatée.
Au sujet des valeurs de dextre et de sénestre, on doit d'abord repenser la théorie démocratique afin qu'elle reflète mieux la réalité.
Dans les sociétés démocratiques, on pourrait dire que ces valeurs sont la liberté, la justice, l'égalité. Mais encore là, cette affirmation pourrait être matière à discussion. En effet, tous n'interprètent pas de la même façon ces valeurs.
Il y a peut être une solution à ce problème : selon Glucksmann, « il faudrait, afin de trouver les limites de la tolérance, se servir d'un humanisme négatif (dont on trouve les premières traces dans la déclaration des droits de l'homme de 1793). Cela veut dire que pour savoir ce qu'on doit tolérer, il suffit de savoir ce qui est intolérable. Le droit est d'ailleurs basé sur ce principe : tout ce qui n'est pas interdit par la loi est permis. On évite ainsi le problème des valeurs universelles : il est beaucoup plus facile de savoir ce qu'on ne veut pas que ce que l'on veut! »
On mettrait en application ceci par des référendums permanents.
C’est tout pour le moment.
ComtesseÔPiedNu
Et merci de votre contribution, "Comtesse au pied dénudé" : c'est puissant !
SupprimerMais incomplet : qui ne saurait l'être ?
Vous aurez noté que pour ma part, je ne mets pas nécessairement le principe de laïcité (qui est effectivement une question de "neutralité du fait religieux" dans la conduite des affaires d'Etat et des affaires publiques, neutralité positive et négative : pas d'interaction permise dans un sens ou dans un autre) dans un autre registre que les valeurs fondamentales du triptyque "Liberté-Egalité-Fraternité".
La laïcité découle à la fois de la loi (de 1905, avant il y avait le concordat) et du principe de "Liberté" (des opinions, notamment, mais aussi des croyances et des engagements politiques, syndicales, associatives... le tout sur le même plan).
Je l'ai dit j'aimais bien le discours de "Poisson-des-primaires-de-droâte" sur le sujet et il a été le seul à être clair et incisif sur le sujet en restant "très court", très simple.
"Menuet-Valse" est plutôt, comme quelques-uns de ses ministres, dans le domaines de l'intransigeance absurde, qui vire au sectarisme dès les premières plaques de verglas abordées.
Il ferait mieux de parler de justice et d'injustice, ça aurait eu plus de sens, mais je le soupçonne d'ignorance-crade...
Le problème, c'est que chez les "soces", c'est tous azimuts ! Dès qu'on n'aime pas un "truc" qu'ils vous demandent d'adorer, si on le dit, on est tout de suite taxé d'anti-quelque chose d'absolument ignoble.
Bon, moâ, "ignoble", c'est marqué dans l'en-tête de ce blog, comme ça, pas de surprise !
Mais y'en a d'autres qui se font choper bêtement et tombent dans les rets de lois liberticides sans le savoir.
Il faut donc rester méfiant. Ce qui à la longue devient pénible.
Par ailleurs, on pourrait entamer un débat sur une valeur comme "le juste", la justice.
Né juriste, pour moi ça se limite au respect de la règle commune, point-barre.
Aller plus loin, distinguer donc entre le bon et le mauvais, je sais parfaitement que je ne sais pas le faire et que ce je crois bon de faire (ou d'être) à un moment, peut se révéler une erreur catastrophique et devenir particulièrement mauvais.
Je préfère nettement mieux les notions de tolérance (ça j'aime bien) et d'équité (même si l'équité se heurte fatalement à l'égalité : Pas grave, l'égalité constitutionnelle n'est jamais limitée qu'aux droits et devoirs de chacun, et nullement à tout le reste).
Là, ça me convient très bien, sans pour autant me mettre à l'abri de l'injustice, du mal, de l'erreur, bien sûr.
Mais bon, on va en rester là aujourd'hui !
Bien à vous charmante Comtesse !
I-Cube
Impossible de vous conseiller d'une manière omnipotente! Je n'ai rien compris ...
RépondreSupprimerC'est quoi tout ce truc? D'habitude, vous êtes plus clair. Et, donc, je peux ne pas être d'accord! Là, rien ...
Eh bien, pour une fois.... je vous laisse coi !
SupprimerY'a pas de truc, justement, puisque c'est vide de sens, ou alors c'est comme une auberge-espagnole : Chacun y amène ce qu'il veut !
Bien à vous !
I-Cube