Bienvenue !

Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…
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mardi 9 octobre 2018

Lâché ?

En tout cas, clairement un tournant !
 
Je te vous cause, bien naturellement, de « Jupiter », qui se serait aussi pris une avoinée de « Bibi » ! La semaine dernière, ça eut été un véritable vaudeville de pacotille jusqu’à la veille au soir du « conseil des sinistres ».
Avec une passation de pouvoirs entre « l’intérimaire » et le sortant de la place Beauvau particulièrement glaciale.
Depuis, je suppose que vous avez un nouveau gouvernement, mais comme je n’ai pas suivi, on en causera une autre fois.
Et votre « Gégé-la-Colombe » repartait à Lyon se faire élire par le maire démissionnaire (lui aussi !), alors même qu’on le disait fatigué et seriné par sa « moitié-à-lui » qui souhaitait le faire revenir fissa dans ses foyers…
Un peu contradictoire : Si le vieillard est fatigué, pour quelle raison il repart au combat – électoral – de « dans-deux-ans » ?
Hein, et puis les européennes, c’est l’année prochaine.
D’ailleurs au passage, je me suis « replayé » « Marinella-tchi-tchi » dans l’intermède. Quelle évolution ! Elle ne veut plus sortir de l’Europe ni même de l’Euro (hein, la leçon de chose britannique fait ses effets même chez les europhobes, au fil du temps, après la Grèce, la « Ritalie » et quelques autres…) mais bâtir une Europe des Nations !
Que c’est beau, que c’est beau…
 
Revenons à notre démissionnaire, je te vous dire : Je ne supportais pas trop sa tronche de « croquemort », celui des planches de Goscinny dans « Luky-Luke », mais ce n’était pas un si mauvais « sinistre » de l’intérieur que ça : On a connu pire, même si personne n’a jamais égalé le « cousin-Pasqua ».
(Vous n’étiez pas né ? Il avait une trogne de patibulaire pas croyable et l’accent rocailleux de sa vallée, formé à la vente du pastaga de contrebande marseillais qui étaient assez géniaux : À chaque fois qu’il ouvrait la bouche devant un micro, c’était pour dire une ânerie – des ânes de sa vallée Corsa, naturellement – sur le ton des évidences ! Magnifique…)
« Gégé-la-Colombe », c’était plutôt pour nous faire savoir tout le sérieux qu’il mettait à remplir sa charge : Plutôt tristounet.
Sait-il rire au juste ?
Peu importe.
 
Tout comme « Nico-Hurle-Eau » et la petite « Fesse-aille », il claque la porte.
Mais lui, c’est style Feydeau : « Attention, je vais partir ! » ; « de toute façon, je partirais » ; « j’en ai marre, on ne peut plus Lui causer » ; « je me casse » ; « il n’a pas accepté ma dém’ » ; « je la lui retourne, mais si on a besoin de moi, j’assumerai jusqu’au bout » ; « z’ont pas trouvé mon remplaçant » ; « ah si, c’est Phiphi qui s’y colle et fait la gueule, alors, bye-bye les meks : j’me tire ! »
Difficile de faire plus drôle : S’il ne sait pas rire, il ne manque pas d’humour, finalement…
Et d’en rajouter : « On quitte toujours ce ministère avec regret (un regret ou des regrets, je ne sais pas…), car c'est un beau ministère. Il y a des gens qui sont extraordinaires : les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers. J'ai pris énormément de joie à être à la tête de ce ministère », s’est-il épanché, parlant au passé de son passage Place Beauvau avant même que cette démission ne soit remontée au sommet de l’État.
Notez que les concernés en restent consternés, eux qui se font caillasser, agresser, vilipender et qui n’osent toujours pas aller perquisitionner les « caves-à-tournante » dans les « no-go-zones » : Ils préfèrent flasher le citoyen « solvable » et demandent des renforts via leurs syndicats…
Et « Jupiter », dont le « sinistre » avait été un soutien historique, allant jusqu’à chialer à grosses larmes le jour de l’investiture aux « Palais de l’Élysée », n’a pu que prendre acte de ce départ mené aux forceps.
Au suivant de rouvrir tous les dossiers encore chauds !
 
« Jupiter » est splendide : Un, il lui renouvelle publiquement sa confiance dans l’intermède – effectivement, la règle républicaine (et de bon sens) veut qu’on ne mette jamais à la tête de ce ministère qu’une personne de « totale-confiance », car c’est là que tous les « bruits & rumeurs » aboutissent et qu’il s’agit d’aller vite. Et puis ça se termine par un communiqué où « Jupiter » confirme lui garder « toute son amitié ».
Les nuances, vous savez, les nuances…
Un peu mon n’veu : C’est lui qui a travaillé à le faire « dieu » avec toutes les fratries maçonniques dans son sillage.
Il y aurait eu plus de 500 « frères », de toutes obédiences, dès avant le premier tour des présidentielles de l’année dernière, réunis autour du « Cercle Camille-Desmoulins » pour soutenir, que dis-je, appuyer la candidature de « Manu », grâce à leurs réseaux dans la presse, les médias, le monde « politique » et financier…
Et « Gégé-la-Colombe » est « maçon » depuis 1989, initié dans la loge parisienne « Droiture et Solidarité » affiliée au Grand-Orient. Il ne s’en cache même pas depuis 2011…
 
Mais deux, et c’est formidablement drôle, on vous raconte que la rupture entre les deux hommes est profonde : « La distance entre eux s’est installée bien avant l’affaire Benalla ». Ah bon ?
Quoi, cette « petite affaire », ce sketch de népotisme-appliqué ?
Avant sa resucée du consulat de LA et demain celle du rectorat de Versailles…
Et puis quelques autres passées inaperçues.
Attendez donc : La maçonnerie « opérative » ne fonctionne que comme ça, en « réseautant ». C’est exactement le même « népotisme »… entre frangins !
Voilà qui me surprendrait qu’ils soient « surpris »…
Alors certains évoquent une relation bien plus dégradée : « Ils ne se supportaient plus », estime un observateur.
Voilà autre chose : Le « manque d’humilité » ou encore autre chose ?
Parce que l’arrogance, ça n’a jamais empêché les mégalomanes de parvenir aux sommets du pouvoir, au contraire…
L’affaire « Benne-Allah » aurait servi de révélateur des tensions entre l’Élysée et le ministère de l’Intérieur.
Ah oui ?
Nous y voilà ?
 
Le premier flic de « Gauloisie-fliquée » ne peut effectivement pas ignorer qu’on a encore vu le sieur « Benne-Allah » à Londres la semaine dernière : Il est peut-être chômeur et mis en examen, il sort du territoire comme il veut (et y revient sans être inquiété), toujours actif à… on ne sait pas quoi.
Revenons-y donc une énième fois (que ça en devient de plus en plus pénible).
 
Les zones d’ombre relatives au « sieur » sont nombreuses et, dans la foulée, il y a au moins deux choses marquantes : 1 – Ils se sont tous débinés quand il a s’agit de couvrir « le patron » posté sur son Olympe et le seul qui est allé (le « porte-la-parole ») il s’est fait jeter comme un malpropre ; 2 – Il a quand même fallu plus de deux mois et demi pour « lâcher » la bombinette de l’agression du 1er mai, alors que toutes les hiérarchies semblent, après coup et dans votre dos, avoir été très au courant…
Là, je te vous le redis, ça m’interpelle !
Normalement, dans une démocratie qui se respecte (au moins en Europe-occidentale), il ne faut pas huit jours pour que ce genre de chose s’étale au moins dans les colonnes du « Canard-déchaîné ».
Non, là, deux mois et demi…
 
Ni le volatil-palmipède, ni les « Média-part », ni encore moins « Libé-ce-torchon », voire « #Charlie » n’ont pipé mot.
Idem en Helvétie, en UK, en Wallonie et encore ailleurs (Russia-Today, CNN, etc.).
Comment ne pas y voir autre chose que le « poids des réseaux », le « choc des solidarités fraternelles » ?
C’est « Le Monde » (cet autre « torchon » : C’est personnel, rien à voir avec leurs « honorables-correspondants » et autres pigistes qui y bossent) qui a dû se toucher pendant plus de deux mois pour accoucher du bidule.
C’est que ça a dû fermement « plancher » sur le sujet dans les milieux « maçons » : Faire ou ne pas faire ?
Brûler ou non les l’idole passée ?
Plus de deux mois pour décider de lâcher « Jupiter » !
On n’est plus dans une affaire « politique » ou même « métaphysique », où se jouent des égos hypertrophiés ou des lignes « partisanes » : On est probablement à la limite de la frontière « vie-publique/vie-privée ».
Et je dois vous avouer que chez les tabloïds de sa très gracieuse majesté britannique – c’est vrai que je suis parti « au large » un peu après – on préfère faire les manchettes sur Megan, pas sur la « vie-des-bêtes » continentale, c’est plus vendeur.
 
Donc, ils ont fini par le « lâcher » et eux lâcher leurs infos. Mais ça reste « maîtrisé » : Pas de débords sur les virées nocturnes de « Jupiter » (il ne sort plus, mais reçoit des visiteurs), ni même de filature de celle qui en sort tous les soirs avant d’aller se coucher, la « tendre Bibi ».
Vous ne saurez pas, jusqu’à ce qu’on chope l’un ou l’autre sur un scooter, un casque sur le crâne ou dissimulé dans une Burqa…
C’est quoi, ce coup-tordu-là ?
Eh bien serait-ce juste et seulement un avertissement, un lourd avertissement, une sorte de coup de semonce ?
Faire savoir à « Jupiter » qu’il a « missions à accomplir » et qu’il est comme tous les autres, mortel !
C’est là où j’en reste épaté : Quelles « missions » ? Quid de ses superpouvoirs jupitériens ?
 
Un, je vous rappelle ce post (certes, un roman, mais assis sur des réalités qui étaient en « information ouverte » jusqu’en juillet 2017. Après, ma foi…), puisque j’avais pu les repérer : « Jupiter » sait qu’il n’est pas éternel, forcément, même si quand on reste jeune, ce n’est pas si urgent que ça…
Deux, vous le savez depuis le mois de décembre 2017, ses « parrains » ne sont pas que « frangins-trois-points », mais on les retrouve aussi dans le « groupe Bilderberg » et même chez la « Trilatérale » (les « financiers-occultes »).
Souvenez-vous, il a déçu à Davos, avec deux discours divergents dans un seul et même exercice (en anglais et en gauloisien-natif), il ne va pas assez vite dans les « réformes en profondeur », même si le chemin parcouru reste impressionnant pour un béotien comme moi (code du travail, réforme du volet social en cours, privatisation de la SNCF, etc.), il patine sur l’Europe et dans les relations avec la Syrie et ses voisins, et surtout, il ne s’attaque pas à la mère de toutes les réformes : La réduction du train de vie de l’État (et de son champ de compétences), au contraire, il en rajoute !
 
Mais, trois, ce qui reste probablement le déclencheur, ça reste les travaux sur la réforme de la constitution : Avortée !
D’un coup.
Justement dans le sillage de ladite affaire du 1er mai.
Un hasard ?
Pensez donc !
En bref, « ils » ont préféré « le lâcher » plutôt que de le laisser faire sur ces sujets.
À lui de « rebondir », ou de s’effondrer.
À moins que, à moins que… on s’aperçoit, mais un peu tard, qu’il n’a rien de l’enfant de chœur qu’on nous chantait comme « le gendre idéal » et que ça reste un intrus intolérable dans les cénacles « bien-pensants », je veux dire presbytériens, luthériens, baptistes et même anglicans (que des « hérétiques huguenots »…).
Chez les feuj’, je ne vous raconte même pas comment on traite les gays et autres « déviants ».
Notez que, chez les mahométans, on s’en contre-cogne le coquillard…
Comme chez les « papistes » ou on préfère détourner le regard : Une sombre habitude.
 
En attendant, c’est bien un tournant : Maintenant et désormais, « Jupiter » est seul. Il perd ses « parrains », il a perdu son « totem » « Hurle-eau », les autres vont lui sucer le sang jusqu’à la moelle (j’ai dit le sang, pas autre chose) et les plus ambitieux songent déjà à se recaser.
Et si finalement « Jupiter » n’aura été qu’un « épiphénomène », une comète dérisoire dans le paysage politique du pays ?
Il a loupé son « coup d’État » et, à moins qu’il trouve la ressource d’y revenir (comment et avec qui cette fois-ci ?), on peut considérer qu’il est mort…
Parce que je reviens une dernière fois sur le déroulé de l’affaire « Benne-Allah » : Et si c’était bien un coup à trois-bandes fomenté par ses anciens « amis » qui ne toléraient plus ses dérives ?
Passionnante étude de cas…

mardi 18 septembre 2018

Affaire « Benne-Allah », les conséquences institutionnelles immédiates

L’inexorable dérive népotiste !


Le mot « népotisme » a été emprunté en 1653 à l’italien « nepotismo », lui-même dérivé de « nepote » qui signifie « neveu ». Une référence au favoritisme accordé par un pape à l’un de ses neveux par la cession indue de titres ecclésiastiques ou de donations réservés au Vatican.
Par extension, le terme désigne une tendance à accorder des avantages à des relations, ou amis proches, indépendamment de leur valeur, et est alors synonyme de favoritisme ou de copinage.
L’affaire « Benne-Allah », et peut-être plus encore autant celle du consulat de L.A. dévolu à Philippe Besson, le fait du prince par excellence, en témoigne.
Qu’est-ce qu’on reproche vraiment à « Alexandre-Maroine » alias « Lahcene Benahlia » ? D’avoir « Gauloïsié » son patronyme ? Pas du tout, pas du tout.
Ce serait presque un hommage…
D’avoir violenté d’innocents « touristes » place de la Contrescarpe (ex-barrière d’octroi au pied des fortifications de Philippe-Auguste) ? Certes le lieu mérite quelques respects, mais à la limite, même pas : Il y a tant de personnes « castagniées » les jours de manif, qu’une de plus ou de moins, ma foi…
D’avoir fait usage d’insigne, d’uniformes et « signes divers » usurpés, tels qu’il pouvait passer pour un « intouchable » élyséen ?
Bien entendu.
Mais pas seulement en ce qui me concerne.


On en a déjà parlé et même reparlé. Finalement pour vous dire que son sort personnel m’indiffère au plus haut degré. En revanche, je reste outré de la suite qui va encore faire les choux gras des news en direct demain à l’occasion de son audition (il en dira le minimum pour s’abriter derrière l’indépendance de la procédure judiciaire) et de la presse jeudi : Ce sera le bal des hypocrites, une fois de plus. L’ancien monde qui revient au galop tel que les sénateur jupitérien en ont si honte qu’ils n’assisteront pas aux auditions de la commission !
Et ce qui reste à mon sens encore plus outrancier, c’est son attitude : J’y vais pas, puis j’y vais, mais sous la contrainte d’un « petit marquis », et que ça se sache…
Punaise de gourgandine !
Traiter de « petit marquis » un sénateur élu (… enfin au suffrage indirect, élu d’élus), dans l’exercice de son mandat, Président d’une commission d’enquête parlementaire, faut oser sous les ors de la République !
Et le sinistre chargé des relations avec ledit Parlement en rajoute pour affirmer qu’ils « sont eux-mêmes des menaces pour la République » !
Mais de quelle République parlent-ils tous les deux ?
Qui menace qui donc au juste ?
D'ailleurs, sont-ils vraiment citoyens-Gauloisiens, là où nul n’ignore la Loi républicaine ?
Je me te vous demande…
En attendant, le patron des « non-rêveurs en marche », il aura tracé les lignes d'un portrait à venir des institutions, me semble-t-il.


Car le pire n’est même pas là !
Il s’agit d’une attitude symptomatique de la dérive des institutions…
Notez que je vous avais déjà prévenu dès le mois d’avril dernier : Ça ne fait que se confirmer.
Et la « désignation » de « Castagneur » en « chef de secte » avait déjà pu en témoigner, mais seulement en interne d’un parti de « marcheurs-même-pas-en-rêve ».
Là, on est à un tournant au plan des institutions prise dans leur ensemble.
Et il y en aura d’autres.
Car ce n’est pas tant les institutions qui sont en cause (vous me savez attaché à la Constitution de la Vème République), mais les hommes qui s’en servent selon leur propre calendrier et leurs propres objectifs.
« Benne-Allah » peut émettre librement des opinions (même outrancières), il en reste le seul responsable et c’est justement ce que protège la constitution et les lois applicables tout autour.
Mais rien n’imposait à « Jupiter » de passer un coup de fil au Président du Sénat pour lui remonter les bretelles et quelques « principes constitutionnels » de son cru…
Quid ?
Le Président n’aurait pas apprécié la déclaration de Philippe Bas, président de la commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire « Benne-Allah », estimant que « le Parlement contrôle l’exécutif ».
Ah bon ? Ce serait l’inverse dans la pensée jupitérienne ?
Voilà qui en dit long…
Autant que je sache, c’est le citoyen qui contrôle l’exécutif à travers ses représentants légitimement élus par lui-même.
Le fait d’élire aussi le patron de l’Élysée ne lui donne pas un « blanc-seing » quinquennal, sans contrôle aucun : Il faut naturellement des « contre-pouvoirs » pour éviter les dérives « à la Trompe »…


Le chef de l’État lui a simplement demandé de garantir les équilibres institutionnels, estimant en substance que la commission sénatoriale sur cette affaire s’en éloignait. L’affaire déplaît aussi au sein du gouvernement : La ministre de la Justice a ainsi dénoncé son « instrumentalisation politique ».
D’accord, admettons que les sénateurs soient aussi des « hommes politiques » qui font parfois de « la politique » (les affaires de la cité) au lieu de peindre la girafe dans les zoos, qui est donc à l’origine de ladite affaire au juste ?
Et pour ne pas en rajouter, l’ancien garde du corps du Président avait de son côté indiqué n’avoir « aucun respect » pour la commission d’enquête sénatoriale, qualifiant donc son président de « petit marquis ». En réplique, ledit président de commission avait rétorqué au micro de Public Sénat : « Il faut qu’il prenne conscience de l’importance de la représentation nationale dans notre pays et qu’il accorde à celle-ci le respect minimal. »
Museler la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur la même affaire n’est pas suffisant : C’est la raison d’être du « bicaméralisme ».
D’ailleurs, pour ma part, je trouve cette réponse très mesurée.
Silence gêné en revanche à l’Élysée, où l’on s’est refusé à commenter l’information.


Tout cela n’est finalement qu’un avatar de la constitution gaulliste, qui tolérait une « zone grise » autour de l’exécutif afin d’assurer son efficacité, du moins sur le papier.
Mais dévoyé par quelques-uns d’ignorant, de malintentionné, voire de pervers, ça peut donner le pire.
Le premier à l’avoir compris, c’était « Mythe-errant » : En 1965, il arrive au second tour des élections présidentielles. Il s’est fait connaître au cours de la campagne électorale avec un livre en forme de charge contre son adversaire, le Général de Gaulle, et les institutions qu’il représente, la Vème République avec « Le Coup d’État permanent » où il dénonce les entorses à la justice et à l’état de droit. Mais aussi l’utilisation de pratiques policières brutales, d’officines parallèles, de coups tordus pour asseoir le régime et faire taire les opposants, et tout cela dessine en creux le régime politique autoritaire sous lequel nous vivons encore, alors qu’il fut taillé sur mesure pour répondre aux crises politiques nationales et internationales du moment, de la menace communiste aux guerres de décolonisation.
Les temps ont changé et en pensant le sommet du régime comme Souverain délié des lois ordinaires, le régime de la Vème République a laissé se perpétuer l’arbitraire politique et étendre sa corruption systémique.


En 1981, il devient à son tour président de la République. Une fois installé à l’Élysée, le pourfendeur du régime ne change strictement rien à ce dont il hérite. La Constitution qu’il avait rejetée en 1958, et qui concentrait le pouvoir au sommet, ne semblait plus le déranger puisque c’était à son tour d’en jouir.
Et il en aura usé.
Si, à l’origine, la constitution du général de Gaulle était « grosse de plusieurs régimes possibles » dont même trois cohabitations qui n’étaient pas prévues (comme quoi, le Parlement contrôle bien l’exécutif – au moins une tête à Matignon, à charge pour elle de contrôler celle du « Palais des plaisirs »), elle évolue à partir de 1962 avec l’adoption de l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Son caractère se fixe : De parlementariste « rationalisée », elle devient quasi-plébiscitaire, centrée sur la tête d’un exécutif toujours plus délié des règles du commun des mortels.


Le Président devient arbitre et chef d’un exécutif sanctifié par le vote populaire, écrasant ainsi le Parlement, sans parler du pouvoir judiciaire, dont l’autorité restera toujours subordonnée, et cela malgré le rôle grandissant du Conseil constitutionnel à partir des années 1970. Loin d’être le pouvoir neutre cher à Benjamin Constant, arbitre au-dessus des partis et des factions, il devient partie prenante aux querelles entre pouvoirs, mais avec un avantage certain, ce que la réforme du quinquennat à l’initiative de « Giscard-A-la-Barre » et son complice « Tonton-Yoyo » qui s’y voyait déjà, passée à l’époque du « Chi », ce caractère qui aura été accentué encore.
« Non seulement les institutions de la Vème République n’ont pas empêché la croissance de l’État, mais elles l’ont favorisée. Une bonne constitution limite le pouvoir ; la constitution de la Cinquième République l’a étendu. Une bonne constitution organise harmonieusement les « pouvoirs » ; la Constitution de la Vème République n’a pas remédié à leur manque d’équilibre ».


Notez que la dynamique centralisatrice est nettement plus ancienne que cela, et acte le triomphe absolu de la puissance de l’État moderne sur « l’utopie parlementaire », dont le dernier avatar, la quatrième République, a disparu dans les oubliettes de l’Histoire de « Gauloisie-démocratique ». Rappelons qu’à l’origine du projet républicain, à la fin du XIXème siècle, se pose la question de la place de l’État et de son administration : Le peuple se gouvernant lui-même donne aux administrations un rôle de pure intendance, subordonnée à la « représentation nationale » dont l’instrument privilégié est la loi.
Seulement, le travail de l’État et de ses juristes occupés à construire la légitimité d’un État fort le délie des impératifs du suffrage universel comme de la loi commune, via l’ordre administratif et le planisme économique : « L’exécutif moderne est devenu la tête de l’État, le directeur des grandes administrations modernes, l’entrepreneur en chef des « politiques publiques » dont les plans d’intervention sur l’économie et les grandes réformes sociales liées à la mise en place de l’État providence ont été les prototypes ».


Dès lors, la tête de l’exécutif cumule les casquettes « politique », « règlementaire » et « économique », ce qui le met à la fois au cœur de la redistribution des prébendes, statuts, privilèges et postes, mais le rend aussi dépendant d’un empire bureaucratique de « sachants » de plus en plus lourd et complexe.
Il navigue forcément peu ou prou entre la tentation de l’arbitraire, c’est-à-dire d’entretenir la « zone grise » de « la raison d’État » pour se soustraire aux règles étatiques ordinaires, la paralysie institutionnelle qui est aussi un legs du planisme économique, ce qui rend difficile tout changement brutal dans ce qui est devenu au fil du temps un maquis règlementaire où seuls les « sachants », bureaucrates et hauts fonctionnaires, peuvent se retrouver, et la possibilité d’utiliser sa position privilégiée pour s’acheter la loyauté de ses partisans ou de ses clientèles politiques.
Le Président est devenu le vrai souverain sous l’empire de la Vème République, plus que le peuple ou la loi, et le bon fonctionnement de ses institutions repose sur sa seule vertu personnelle davantage que sur le gouvernement du droit lui-même.
Et ce n’est qu’une fois que la morale du monarque républicain disparaît que les problèmes commencent.


« Mythe-errant » aura été le plus impressionnant dans ce rôle qui lui allait si bien.
Pensez, après les affaires « Urba & Cie » où on comptait en millions de francs, il y aura eu l’affaire des frégates de Taïwan (où on comptait en dizaines de millions de dollars), mais toutes s’étaient montrées foireuses au fil du temps.
Les imbéciles n’en apprennent jamais rien, les autres « dépassent » les échecs et là, tant avec les « Milliards de la Division Daguet » qu’avec « l’escroquerie-Ferrayé » (lien avec une des rares émissions censurées du moment), on passe au niveau des milliards et même des dizaines de milliards de dollars : C’est dire le talent du bonhomme…
Comme dit le futur député « Bleu-Blanc-Rouge », il ne s’agit plus de rigolos.
D’autant que posés là où ils sont, au sommet de l’État, ils ont les moyens de vous faire taire et d’effacer toutes les traces de leurs larcins…
Une vraie réussite sur lesquelles « Bat-La-Mou » et « Bling-Bling » plus tard ce seront cassés les dents (*).
Pour « Jupiter », c’est encore mieux fait…


Pour en revenir à notre sujet, la réforme constitutionnelle que « Jupiter » souhaite pousser au Parlement n’est pas en rupture avec l’héritage gaulliste. Il procède du même élan moderniste, « planiste », qui fait de l’exécutif le chef d’orchestre de la vie publique du pays. La rationalisation du Parlement continue, et si l’exécutif a concédé une dose possible de proportionnelle, c’est justement parce qu’il est prévu que le Parlement n’ait absolument plus aucun pouvoir, sauf à faire de la figuration, un peu comme la majorité « En-Marche-Même-pas-en-rêve » en ce moment en montre l’exemple.
Les parlementaires LREM exemplifient à merveille la dérive ultime et plébiscitaire de la Vème  République : Ils doivent leur poste et leur statut au chef de l’État et n’ont d’autre rôle que celui d’acter les initiatives du parti présidentiel.
D’ailleurs ils ont tous signé un engagement de totale soumission avant d’avoir été adoubé par le « proto-parti » naissant.


Certains commentateurs ont pu parler d’une américanisation des institutions, en particulier à cause de l’usage nouveau du Congrès comme moment d’exposition de la politique générale du gouvernement, ou encore des commissions d’enquêtes. Là encore, le terme est faux et trompeur : Ce n’est pas une acculturation qui est en cours, mais l’approfondissement d’une dynamique, celle de la puissance de l’État, avec en son centre l’arbitraire du Souverain comme « Prince et Principe-Premier », au-dessus des lois.
L’affaire « Benne-Allah » n’est donc pas une nouveauté. Elle n’est qu’un avatar de ce que les juristes nomment la conception décisionniste de la constitution gaullienne, qui tolère une « zone grise » autour de l’exécutif afin d’assurer son efficacité, du moins sur le papier. Au fil du temps, cette « zone grise » s’est étendue, de pair avec la croissance de l’État, de sa complexification et de ses outils de redistribution sociale. La compétition pour bénéficier de ses largesses s’est accrue, suscitant convoitises et rancœurs au sein même des administrations, du landerneau médiatico-politique et des services de police.


Face à ce pouvoir et à cette dérive, l’opposition de droâte est sans voix car elle se pense comme le parti organique de la Vème  République, et donc le serviteur le plus naturel de l’exécutif étendu. Le Rassemblement national (ex-« F.Haine ») se rêve en héritier plébiscitaire du gaullisme de 1962, tandis que les insoumis du « Front de gôche », derrière la rhétorique révolutionnaire, rêve de l’État Léviathan corrompu à la vénézuélienne.
En bref, l’opposition au sein du régime de la Vème République ne rêve que de bénéficier du système de corruption politique généralisée qu’il a généré. Faire démissionner un ministre ou un préfet, remplacer un homme du président par un autre ne changera pas radicalement la donne : Ce sont soit les institutions qui doivent être réduites drastiquement pour assainir le jeu politique, soit remplacer un régime personnel, politiquement et économiquement daté, par un véritable régime où ce sont les lois, et non les hommes, qui gouvernent.
Ça n’en prend hélas pas le chemin puisque « Jupiter » vise à se faire renouveler indéfiniment par une oligarchie dont il aura lui-même mis le pied à l’étrier.
C’est ce qui se passe sous vos yeux et permet à un « enfant des zones de Normandie », pris dans le « syndrome-Kerviel » (un DESS-Lyon assis au milieu de centralien dans une salle de marché) de « mépriser » le Sénat…
Merci à lui d’ouvrir les yeux au plus grand nombre.
 
(*) Juste une explication : Blackéliser de l’argent-pas-soi, c’est assez facile. Tout le problème, c’est de s’en servir utilement après sans que ça se voit. C’est là ce qu’a appris à faire « Mythe-errant » avec ses échecs antérieurs.
Les autres, « Bling-Bling » à la reconquête de son boulot d’il y a 5 ans, et « Jupiter » ont suivi les traces de leur illustre prédécesseur, pas plus, pas moins.
Je vous ai expliqué tout ça, sous forme de romans parce que je ne veux pas mortifier encore plus « mes » institutions (j’y tiens pour être les moins mauvaises depuis des lustres) et à l’occasion du dernier opus de l’été « Ultime récit-suite ».
Je publie d’ailleurs « Opération Juliette-Siéra », bientôt en librairie (souscription en cours et relancée), avec une dédicace : « En hommages à tous les personnels politiques de mon pays (et de quelques autres) de ces dernières décennies ! »
Nous sommes quelques-uns à n’avoir pas été dupes de leurs « arsouilleries », pour reprendre le mot du Général…

vendredi 9 août 2019

Chapitre XX – Igor et Charlotte

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
On est à ce moment-là au début de l’affaire « Ben-Balla » qui mènera à la démission du ministre de l’intérieur et des enquêtes tous azimuts du parquet, du Sénat et des journalistes dénonçant le népotisme du président Makaron.
C’est « sensible » d’autant que tout le monde sait au FSB que l’ex-garde du corps présidentiel use et abuse de ses relations pour jouer un rôle « incontrôlable » auprès d’agents du Mossad en Afrique, alors même que c’est un ami de l’homme du Kremlin qui lui aura mis le pied à l’étrier, l’oligarque Iskandar Makhmudov.
« Pas de vague », lui avait intimé son colonel !
 
Il aura contacté directement Charlotte de la « CIA » après la mi-juillet par téléphone pour être parfaitement bilingue francophone, avec un « fort accent » certes, qui trahit ses origines.
Non sans mal.
Pour convenir d’un rendez-vous dans la semaine.
Charlotte, la petite-grosse au nez qui bouge quand elle parle, se montre tout d’abord très suspicieuse.
Il lui a alors raconté sa belle histoire et elle l’a écouté.
« Je vais être clair avec vous : je suis un officier du FSB. Plus exactement du contre-espionnage, le SVR russe. Et je vais vous parler d’une affaire qui fait tanguer la diplomatie Est-Ouest depuis plusieurs mois. L’affaire de l’empoisonnement du dénommé Skripal.
Est-ce que ça peut vous intéresser ? »
En quoi peut-elle se rendre utile à la paix en Europe ?
« C’est un peu compliqué. Avez-vous un peu de temps pour que je vous expose les éléments que j’ai en ma possession ? »
Elle vend du temps… assorti de quelques compétences en matière de déduction.
« Je suppose que vous le savez, que vous connaissez mes tarifs et que vous savez que je présume que vous avez tous les moyens nécessaires pour résoudre vos propres énigmes sans l’aide de quiconque… »
Sous-entendu qu’elle n’a rien à leur apporter…
« C’est plus complexe que ça. Nous avons effectivement des antennes partout et savons beaucoup de choses sur bien des choses et des gens qui vous étonneraient : c’est notre métier…
C’est d’ailleurs pour ces raisons que j’ai reçu l’autorisation de vous solliciter.
Mais là, on est… comment dire… un peu coincé. »
Comment ça ?
 
« Si nous enquêtons sur des agents du GRU en vadrouille en Angleterre, plus ou moins associés à cet incident à Salisbury, mais non pas du suivant de ces derniers jours dans le voisinage, car certes nous en avons la compétence juridique, ça va rallumer une guerre des services dont mes chefs ne veulent surtout pas. »
Et probablement mettre inutilement la puce à l’oreille des SIS… « si nous nous rendons sur place pour cette seconde affaire… »
Comment ça un « incident » ?
« Il y a eu tentative d’assassinat… et même un récent décès prématuré ! »
S’il y avait eu volonté d’assassinat, Skripal ne serait plus de ce monde !
« Croyez-moi ! Les agents du GRU sont des militaires entrainés à tuer sans état d’âme. Ils l’ont maintes fois démontré. Or, les Skripal sont toujours en vie à ce qu’on sache et probablement mis au secret. »
Quelle se souvienne de quelques affaires qui ont fait scandale, jusqu’au MH17…
 
Qu’il ne compte pas sur elle pour localiser les Skripal : ce serait une complicité de meurtre futur !
« Je sais que vous prétendrez pouvoir les retrouver. Mais justement, nous ne voulons pas les retrouver ! Les gars du GRU voudront « finir le travail » si ce sont bien eux les initiateurs. Et nous n’aurions pas besoin de vous. Nous sommes capables de les retrouver jusque n’importe où, où ils se sont cachés. Ce n’est pas ça… »
Même pas une priorité…
Alors quoi ?
 
« Pour commencer, on aimerait bien savoir ce que nos agents du GRU sont allés faire à Salisbury. Car très probablement, ils y étaient comme ils l’affirment pour faire du tourisme. Le reste c’est l’œuvre du diable, comme a pu le prétendre un de vos ministres de l’intérieur à une époque lointaine, et des coïncidences qui ne plaident pas en leur faveur…
Or, avec les expulsions de « diplomates » qui ont suivi cette affaire, on manque de moyens sur place. Au moins provisoirement alors même que nos services, je veux dire mon service, le FSB, sont sollicités à outrance, notamment pour cette seconde affaire récente. C’est juste une question de temps et nous n’avons pas de piste.
En fait, on aimerait en savoir plus sur les liens impossibles à faire avec cette seconde affaire : ils démontreraient plutôt que justement, faute de coïncidence malheureuse, nos services de renseignements militaires n’y sont vraiment pour rien. »
Qu’elle se remémore : May prétend que les deux hommes ont été envoyés par le service d’espionnage militaire russe mais la police métropolitaine ne fait pas, de son côté, de telles affirmations. Theresa May n’a pas dit non plus sur quelle preuve elle avait fondé sa conclusion.
« Il semble n’y en avoir aucune. »
Il y a des vidéos de surveillance qui les avaient repérés « à ce que je sache… »
 
« Ils ne le nient pas. Nous pensons seulement qu’ils se sont fait piéger et plusieurs éléments le laisse supposer, comme l’absence d’échantillon de la substance répandue auprès des instances internationales. Toutes ces accusations reposent sur les assertions non prouvées du gouvernement britannique. La présence de nos concitoyens aura peut-être déclenché une opération de discréditation de mon pays à l’avant-veille de nos élections présidentielles. Une manière de les influencer. »
Les britanniques se mêlant de politique intérieure russe, « c’est parfaitement improbable alors même que l’issue ce scrutin ne faisait aucun doute… »
En revanche, l’inverse… n’est-ce pas.
Peut-être et justement d’ailleurs une revanche conjointe quant aux accusations « infondées » de manipulation de l’opinion à l’occasion des élections américaines et du Brexit ?…
« Ça n’a eu aucune influence chez nous, au contraire… »
Et le capitaine Igor de rappeler que le 18 mars, Vladimir Poutine est réélu Président fédéral de Russie avec 56.206.514 bulletins sur 110.864.228 inscrits sur les listes électorales… au premier tour !
Entre la Géorgie, la Syrie, la Crimée et le Donbass, le président sortant est plébiscité avec 76,69 % de voix exprimées !
Un franc succès que rien ne peut venir entraver, pas même les britanniques.
« Qui de toute façon avaient bien d’autres préoccupations à ce moment-là… » rajoute-elle faisant allusion au Brexit en cours de négociation.
 
« De plus si les services de Londres semblaient être pris au dépourvu pour n’avoir pas su détecter les aller-et-venues des agents russes comme il est prétendu, il en va tout autant de ceux du GRU qui n’ont pas l’habitude d’envoyer une équipe « d’assassins russes », issus d’un service secret hautement professionnel, voyager en groupe et utilisant des vols directs entre Moscou et Londres. Cela semble extraordinairement insouciant même pour un tiers, figurez-vous ! »
Elle en convient : ce n’est pas logique…
Pourquoi ne pas voyager séparément et via un pays tiers ?
« Et pourquoi une équipe d’assassins professionnels déposerait-elle un flacon de parfum non ouvert, enveloppé avec du papier en cellophane et contenant le même poison, dans une poubelle derrière des magasins de la rue Catherine à Salisbury où Charlie Rowley le retrouverait 14 semaines plus tard » rajoute-il ?
« C’est peut-être ce qui nous dédouanera définitivement – ce qu’on cherche – alors même que nous sommes empêchés de le faire. D’où ma présence dans vos locaux. »
Qu’elle se rassure, la même démarche est effectuée par ailleurs, dans d’autres pays, auprès d’agences d’enquête similaires à la sienne : « On met le paquet ! »
 
« Mais la police a déclaré avoir trouvé des traces de Novichok dans l’hôtel où vos « agents russes » étaient restés entre le 2 et le 4 mars » à Londres.
Elle a en trouvé des traces, « mais elle a attendu plusieurs semaines, le 4 mai, pour demander publiquement aux autres clients de l’hôtel de contacter la police !
Si l’incident était une tentative d’assassinat professionnel avec un composé « Novichok » extrêmement puissant, le plus étonnant pour tous les spécialistes, c’est que 4 personnes sur les 5 qui sont entrées en contact avec lui ont survécu ! »
Un taux d’échec de 80 % est incompatible avec le conte effrayant sur le très puissant poison Novichok « russe »….
Ce n’est pas faux, reconnaît-elle.
« Tout cela est bien étrange et plusieurs théories se dégagent. »
Lesquelles ?
 
« La première, c’est qu’il s’agit d’un service concurrent, probablement américain, qui aurait profité de l’opportunité de trouver nos deux concitoyens au bon endroit pour tenter d’assassiner Skripal. »
Et pour quel motif ?
« Là deux hypothèses : mettre en difficulté le gouvernement britannique au moment où s’embourbent les négociations sur le brexit, ou, seconde possibilité, mettre un coup de projecteur sur les activités du laboratoire NBC de Porton Down. »
Ce serait plutôt avantageux pour vous, les russes : « Tremp n’a rien à gagner à malmener un allié historique… En revanche, le Kremlin… »
Peut-être… peut-être pas.
« Nous n’en savons pas plus. Mon gouvernement entretient déjà d’assez mauvaises relations avec Londres pour ne rien avoir à gagner à en rajouter, je vous rassure.
En revanche, Porton Down aurait pu fournir des gaz aux syriens ou à El Nostra pour mener des actes chimiques en Syrie. Là non plus, on n’en sait pas beaucoup plus… »
Quel intérêt pour les américains ?
 
« Peut-être ont-ils un autre mobile qui ne nous apparaît pas encore. À vous de le découvrir ou d’enterrer cette idée. »
Charlotte ne voit toujours pas comment elle peut « rendre service à la paix mondiale »…
Il y a une seconde hypothèse.
Laquelle ?
« Un chimiste fou ! »
Ah oui ?
« Un type qui aurait sorti quelques productions de Porton Down et aurait fait des expérimentations à l’air libre. Par hasard ou non, il commence sur Skripal. Franchement, nous, on s’en fout : mort ou vif, c’est un traître, il paye sa dette et puis c’est tout. Ce n’est même pas un opposant, ni même un « gros poisson ». Juste une larve qui a seulement servi à un échange d’agents. Le seul vrai service qu’il ait rendu à mon pays.
Pas bien important.
Mais ce qui nous fait avancer cette seconde hypothèse, c’est le second incident. Avouez que ça nous dédouane, parce que par bonheur et vues l’absence de relations « touristiques » que nous avons avec la Perfide Albion en ce moment, il n’y avait aucun membre de nos services dans les environs ! »
Là, on ne peut plus accuser ni le GRU, ni le FSB…
« C’est peut-être un accident. La décédée de ce mois juillet était peut-être elle aussi un agent retourné ? »
Igor en rit franchement à gorge déployé !
Il ne s’attendait pas à ça…