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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

mercredi 18 mars 2015

Au nom du père (Chapitre III ; Tome I)

Toussaint 2009 : Samois-sur-Seine 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 
 
Ce jour-là, un dimanche, le professeur Edmond Risle prend le frais sur le balcon/terrasse du premier étage de sa maison des bords de Seine, en limite de la forêt de Fontainebleau.
Pour une fois, il fait beau et presque chaud au soleil.
Sa fille s’occupe de lui verser un chocolat chaud, façon catalane-espagnole, compact, presque pâteux, mais très, très chaud avant de lui avoir remis en place sa couverture.
« Merci ma chérie ! Il faut que nous parlions, tous les deux. »
Il se trouve qu’elle est venue justement pour ça, la veille au soir, abandonnant son mari à ses occupations parisiennes.
Elle sort de son cartable les dossiers dont elle croyait que son père voulait aborder et qu’elle était allée chercher dans ses bureaux de l’avenue Montaigne, en passant. 
 
« Non ! Les chiffres, je te fais confiance. Je suis sûr que les affaires vont bien. Je veux te parler d’une chose qui me tient à cœur. Tu trouveras le dossier sur le petit bureau. Il s’agit du rapport parlementaire sur la bioéthique que je me suis procuré sous le manteau. Il sera rendu public dans le courant du mois de janvier 2010. »
Car le Parlement français doit, pour la deuxième fois, réexaminer les lois de bioéthique adoptées en 1994, une exigence inscrite dans la loi de 2004.
Il y est d'autant plus contraint que, le délai autorisant la recherche sur les embryons conçus in vitro et les cellules souches embryonnaires, vient à échéance en 2011.
Et plus globalement, les parlementaires seront conduits à examiner les problématiques éthiques et juridiques que posent les évolutions récentes des connaissances scientifiques. 
 
Le rapport d'information sur la révision des lois bioéthiques analyse ainsi le nouveau contexte de 2010.
« Si les équilibres prévalant depuis 2004 ne sont pas bouleversés, plusieurs tendances se sont dégagées au cours de ces dernières années au sein de la recherche justifiant que le Parlement se saisisse à nouveau de ces questions, préconisera-t-il.
À la différence de 2004, le débat autour du clonage thérapeutique a perdu de son acuité, notamment à l’occasion du discrédit jeté sur les recherches conduites par le professeur Hwang. Tu verras ça. »
On se souvient que Hwang Woo-suk est un scientifique sud-coréen réputé pour ses recherches sur les cellules souches.
En décembre 2005, ses travaux sont considérés suspects, pour ne pas dire faux. Le 23 décembre, une commission d'enquête affirme que ses résultats ont été falsifiés et le 12 mai 2006, il est officiellement inculpé par les autorités sud-coréennes.
En 2004, Hwang et son équipe publient en effet un article dans le magazine « Science » annonçant qu'ils sont les premiers au monde à réussir à cloner un embryon humain pour la recherche scientifique (production de cellules-souches).
En mai 2005, Hwang publie un second article affirmant qu'il a réussi à produire 11 lignées de cellules souches, chacune à partir d'une personne différente.
Ce travail laisse alors entrevoir l'avènement d'une nouvelle ère thérapeutique, au plus près du malade et de la maladie, caractérisée par la production de cellules souches issues de, et destinées à, des personnes malades, dans le but de guérir leurs organes dysfonctionnels sans risques de rejets par exemple.
Exactement l’axe de recherche de l’Institut, qui du coup semble avoir pris du retard.
Et Hwang fait la une de l'actualité quand il critique la politique du président des États-Unis sur la recherche des cellules souches.
Le 3 août 2005, Hwang et son équipe clonent pour la première fois au monde un chien.
Le chiot, un lévrier afghan, s'appelle Snuppy.
En novembre 2005, le Professeur Gerald Schatten de Pittsburgh, avec qui il travaillait depuis deux ans, l'accuse de ne pas respecter certaines règles éthiques : il aurait utilisé des ovocytes de jeunes femmes rémunérées, sans expliquer l'emploi qui devait en être fait.
Cette prise de position marquera le début d'une polémique qui va s'amplifier rapidement jusqu'à invalider les résultats les plus spectaculaires obtenus par Hwang sur le clonage de cellules humaines.
Or, après avoir brièvement nié les faits qui lui sont reprochés, devant l'accumulation de témoignages accablants, Hwang les reconnaît en décembre 2005 et démissionne dans les semaines qui suivent de toutes ses fonctions officielles.
Entre autres choses, l'un de ses collaborateurs avait reconnu que plusieurs photos de cellules clonées étaient fausses.
Hwang et les autres signataires demandent alors au magazine « Science » de retirer l'un de ses articles.
Et le 23 décembre 2005, la commission d'enquête de l'Université de Séoul confirme que ses résultats sont falsifiés.
En conséquence, c’est désormais l’ensemble des travaux sur le clonage de cellules humaines qui seront dès lors considérés comme suspects.
Mais la commission Coréenne n'invalide pourtant pas les résultats sur le chien Snuppy, dont le caractère de clone a été confirmé indépendamment par une étude conduite au NIH.
Par ailleurs, le 29 décembre 2005, un enquêteur a annoncé qu'aucun des onze clones spécifiques que Hwang a affirmé avoir créés n'existe. Le gouvernement sud-coréen aurait également tenté, par crainte du scandale, de suborner les scientifiques qu'il soupçonnait de pouvoir alerter l'opinion.
Plus tard, le 12 mai 2006, Hwang est inculpé par les autorités sud-coréennes pour « fraude, détournement de fonds et violation des lois sur la bioéthique ». 
 
Selon une étude de chercheurs américains, canadiens et japonais parue dans la revue « Cell Stem Cell » le 2 août 2007, et ayant eu accès à la lignée cellulaire de leurs confrères sud-coréens, indique que le professeur Hwang et son équipe auraient toutefois bien réalisé, à leur insu, une première scientifique en obtenant in vitro des cellules souches embryonnaires humaines, mais par parthénogenèse et non par clonage.
En effet, chez les mammifères, le développement parthénogénétique ne permet ordinairement pas de créer des embryons viables.
Le protocole scientifique utilisé par le professeur Hwang rendait difficile d'opérer une distinction entre clonage et parthénogenèse, et son erreur a alors consisté seulement à ne pas avoir procédé aux vérifications nécessaires. 
 
Le professeur Risle poursuit sa phrase après avoir bu une première gorgée de son breuvage brûlant. « Il y est par ailleurs affirmé que les retombées pour la thérapie cellulaire des recherches sur les cellules souches embryonnaires n'ont pas été à la hauteur des espoirs formés en 2004.
À l'inverse, la communauté scientifique s'accorde à reconnaître beaucoup de potentialités aux cellules souches pluripotentes induites, découvertes en 2007, sans pour autant considérer qu'il faille arrêter toute recherche sur les cellules souches embryonnaires.
Là-dessus, nous gardons pour nous notre avance technologique.
En revanche, il considérera que le développement des bio-banques justifie d'être analysé au regard du respect des droits de la personne. Permission dont nous nous passons bien !
D’autre part, et d’après ce rapport, des incertitudes entourant le statut juridique des recherches sur les embryons transférés in vitro auraient également tout intérêt à être levées.
Parmi les évolutions juridiques marquantes depuis 2004, il citera un arrêt de la Grande chambre des recours de l'Office européen des brevets du 25 novembre 2008 qui a jugé non brevetables les inventions biotechnologiques concernant des cellules souches conduisant à la destruction de l'embryon.
Ce qui n’arrange pas nos affaires, dans un avenir un peu plus lointain. » 
 
Ils savent ça tous les deux, pour en avoir discuté en début d’année en commission technique et stratégique.
« L’essentiel du travail des parlementaires se penchera sans doute sur les affaires de fécondation avec don de gamètes.
Pas notre problème ! »
En revanche, légiférer sur les données génétiques, l’utilisation du corps humain dans un but médical et de recherche, et l’émergence des neurosciences et des nanotechnologies, ça peut devenir un problème.
« D’après Dominique Thouvenin [1] il s'agira de s’assurer le concours de plusieurs institutions : le Conseil d'État, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), et l'Agence de la biomédecine.
Et, en sus de ces diverses évaluations, le Gouvernement devra décider de faire appel à la participation des citoyens, car le débat qui s'ouvrira ne doit pas rester un débat d'experts. »
L'idée d'engager un débat public impliquant la participation des citoyens est certes une procédure utilisée pour la première fois, mais elle s'inscrit dans la continuité des modalités de traitement par les pouvoirs publics des questions dites bioéthiques en vue d'adopter des lois.
« Depuis le début des années 1980, un même fil conducteur les a tous guidés : assurer la plus large expression des opinions pluralistes, dégager les consensus les plus larges possibles, en ne réservant ces interrogations ni aux seuls experts, ni au seul législateur et en mettant en avant leur souhait d'éviter des choix partisans.
Ce qui promet un sacré bazar, ma petite fille !
C’est comme si on laissait un dentiste réparer une chaussure ! »
Ce gouvernement de pantins envisage même d’organiser des États généraux de la bioéthique, afin de permettre aux Français de faire connaître leur avis sur les sujets qui engagent la condition humaine et les valeurs essentielles sur lesquelles est bâtie la société.
« Tu verras que la discussion exprimera le souci de réfléchir au sens à donner aux progrès de la médecine au service de l'homme, d’une façon générale.
Ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’au niveau européen, la collaboration entre les membres de l'Union n’en est qu'à ses débuts, tous ces problèmes étant très largement dominés par les législations nationales, souvent très différentes d'un pays à l'autre. Les règles au niveau européen ne sont pas univoques.
Ainsi certaines pratiques interdites dans certains États sont possibles dans d'autres. Je te donne juste un exemple : Pour les recherches sur l'embryon, les lois espagnoles et britanniques sont nettement plus libérales, alors que la loi allemande interdit la recherche sur l'embryon et la loi française, maintient le principe de l'interdiction, tout en l'autorisant à des conditions très contrôlées. » 
 
Et pour ce qui est des transplantations d’organes, interroge Priscilla.
« Eric Martinet, le co-auteur du même laïus, affirme qu’il ressort de l’analyse comparée du droit, une diversité de solutions juridiques, d'organisations administratives et de rapports culturels aux dons d'organes est possible. »
S'il sera partout fait mention de la pénurie fonctionnelle d'organes, qu'il s'agit de pallier, les régimes juridiques existants sont aussi mus par des principes et valeurs comme la justice sociale, le respect de la personne, la bienfaisance, la non-malfaisance et l'autonomie.
Ces principes s'invitent dans toutes les réflexions bioéthiques. Il conviendra donc, d’après lui et à l'instar des doléances formulées par les citoyens rassemblés lors des États généraux de la bioéthique, de réfléchir au sens, à la philosophie et/ou à l'éthique des greffes d'organes.
« Ces regards devront être pluridisciplinaires et permettre de débattre des droits de l'homme et des libertés publiques, d'abord, d'épistémologie et d'éthique biomédicale, ensuite, et, enfin, du droit de la protection sociale. »
Il faut toutefois reconnaître que depuis le 8 décembre 2008, date de l’inauguration officielle des États généraux de la bioéthique, il ne s’est pas passé grand-chose.
Tout juste, le 23 juin 2009, le panel de citoyens, composante des États généraux de la bioéthique, a rendu ses propositions pour réorienter le texte de la loi sur la bioéthique de 2004.
Et cet été, le 16 juillet 2009, le député des Alpes-Maritimes, Jean Leonetti, a remis au président de la République un rapport de synthèse sur la bioéthique, achevé à l'issue de six mois de concertation.
« Il n’y a rien de compromettant pour nos recherches, si je ne m’abuse, Papa ! »
Certes non !
« Pas encore, parce qu’on nous ignore superbement, dans un bel et grand cynisme généralisé ! » s’emporte le professeur Risle.
« Tout le monde connaît nos travaux, ou du moins leur existence, jusque dans les hautes sphères de la finance et du monde politique. Les uns sont de généreux donateurs, les autres des patients ou des parents de patients qui ont bénéficié, directement ou indirectement de nos techniques, de nos savoir-faire, de nos capacités et compétences, de notre ingénierie en la matière, et tout le monde fait semblant de nous ignorer !
Pourquoi, ma chérie ? »
Mais parce qu’elle a bien travaillé. Que son lobbying a été efficace, puisque la politique de l’Institut et de son groupe a toujours été de ne jamais faire parler de lui, comptant pour l’essentiel sur son réseau de praticiens et de l’effet « bouche-à-oreille ».
Jusque-là, ça avait parfaitement fonctionné.
Et fait la fortune des Risle.
Depuis tant d’années, bien avant même la naissance de Priscilla. 
 
« Tu as raison, je m’emporte, je m’emporte. Je ne cours pourtant pas après les honneurs, ni même aucune reconnaissance publique. Mais il me semble que quelque chose a changé. Tu as eu beaucoup de mal, je le sais, ne le nie pas et ça nous a coûté assez cher, pour faire taire les investigateurs, pour reléguer les indésirables loin de nos activités.
Je te le dis ma fille, trop de monde reste au courant, même si beaucoup sont décidés à rester silencieux, à se taire, comme d’une faveur.
Ce gouvernement-là, je ne le sens pas du tout. Il fait n’importe quoi et change d’avis tout aussi vite qu’une girouette.
Et note que nous n’avons pas beaucoup de prise sur ces parvenus de Neuilly ! Je t’assure qu’il faut qu’on investisse dans un changement radical de mener l’action publique, si on veut pouvoir continuer d’habiter en France. J’en ai l’affreux pressentiment. »
Et que veut-il qu’elle y fasse ?
Y placer des « hommes sûrs », des hommes à nous !
« Le peuple est souverain. Il suffit d’attendre 2012 ! »
« Le peuple ! Le peuple ! On lui donne même le droit de discutailler des greffes alors que le comité national reste aveugle à nos activités. Et ce sont pourtant des praticiens aguerris !
Tu crois vraiment que le peuple soit capable de transplanter un organe dans le corps de ses enfants ? »
On ne va quand même pas faire un coup d’État pour renverser un gouvernement de pacotille ? 
 
« Non, mais on peut leur faire assez peur pour exiger qu’ils continuent à nous foutre la paix et surtout à ne légiférer durablement que sur un minimum. Qu’on n’ait pas à revenir tous les 5 ans sur une loi liberticide ! Ça c’est sûr ! »
Oui mais l’Europe ?
« Ton mari est aussi là pour nous alerter. Ce n’est pas pour rien que je l’ai fait monter en puissance dans notre sillage et jusqu’à Strasbourg ! »
Justement, son mari, elle n’en est pas si sûre.
D’autant qu’il se peut qu’il serve à autre chose. Mais il est encore trop tôt pour en parler.
« Faire peur ? Mais comment ? »
Ce n’est pas bien difficile. Tout le monde a peur quand sa propre vie est en jeu.
La santé est un enjeu. Irrationnel, irraisonné. Ils avaient bien « surfé » sur le sujet durant des décennies.
« La menace en est une autre. Et tu as les outils en place à redéployer pour des menaces concrètes. »
Priscilla ne comprend pas tout de suite.
De quoi son père veut-il parler ?
Quels outils ? Quelles menaces ?
Elle n’en saura pas plus sur le moment, d’autant mieux de son père passe abruptement à un autre sujet. 
 
« Où en es-tu avec notre projet de barge en eaux internationales ? »
Elle va faire prendre à bail emphytéotique une plate-forme d’exploitation pétrolière reléguée par une société de forage pour cause d’obsolescence.
« Il y aura naturellement des travaux d’aménagements à faire, ainsi que de sécurité active et passive avant d’y transférer les banques de données et la banque d’organe. Mais avant tout, il s’agit de la remorquer à l’endroit de son positionnement. Or, tu ne l’as pas encore choisi. »
L’option « Mer de Chine » serait la plus logique, mais également la plus longue et coûteuse.
Quant à l’option « Canadienne », si elle est moins onéreuse, elle présente l’avantage de la proximité des côtes américaines et donc du marché le plus prometteur. En revanche, en termes d’exploitation, elle pourrait se révéler assez cher d’ici à quelques années.
« Dans quelques années, tu trouveras une autre solution si besoin est ! »
L’affaire est donc entendue après que le Professeur E. Risle se fasse expliquer les détails techniques et financiers de l’opération et notamment l’aspect sécuritaire.
« Est-ce bien raisonnable, Papa, de regrouper tous les fruits de nos travaux en un seul et même endroit, à la merci d’une tempête ou d’une action commando d’écolos ou d’autres ? »
Non, ce n’est pas raisonnable.
« Il s’agit seulement de préparer une base de repli en cas de nécessité, ma petite fille. On aura à l’utiliser que si des puissances publiques nous obligent à déguerpir, souviens t’en.
Pour l’heure, il faut aussi que tu finances un système de sécurité capable de soutenir un siège contre quelques anarchistes débridés.
Appuies-toi sur les compétences du Colonel Frank. Jusque-là, c’est un collaborateur efficace. »
Elle comptera peut-être aussi sur « l’allié objectif » qu’est le parti populaire chinois… 
 
Priscilla était encore toute petite quand « Frank », cet ancien légionnaire, est entré au service de son père. Avec sa gueule tailladée, sa mine patibulaire, son énorme carcasse de baroudeur, son teint sombre et ses cheveux rares, il lui faisait peur.
Par la suite, elle avait appris à l’apprivoiser. Et comme il ne lui a jamais manqué de respect, mais assurait discrètement et efficacement sa sécurité et celle de son père, elle a appris au fil du temps à lui faire confiance.
Il n’a pas son pareil pour dégotter un organe à n’importe quel bout du monde, juste sur les indications de la base de données, et de le ramener là où un patient en a besoin en moins de 24 heures.
Un « logisticien » hors pairs, entourés de collaborateurs parfois tout autant « bizarres » que lui, coûteux peut-être, mais sans jamais aucune surprise. Une constante appréciable dans ce domaine où tout doit aller très vite et de façon impeccablement coordonnée.
Et puis, poli, il ne dit jamais « non » à quoique ce soit. Peu importe les moyens ou la mission confiée au coup par coup, il se débrouille et le fait savoir par un « ok » qui veut dire « oui » dans son langage.
Sans ça, il garde le silence.
Bien sûr, un ex-militaire, un ex-légionnaire qui plus est, soi-disant colonel alors qu’aucun officier de la légion n’est soi-même issu du rang de cette troupe de soldats perdus, le plus souvent apatrides et recherchés par leur pays d’origine, ce n’est pas l’idéal ni très glorieux pour l’Institut et ses activités sanitaires et sociales.
Mais c’est comme ça.
« D’ailleurs, je le ferai venir ici pour parler de tout ça. Mais avant, il faut qu’on réunisse notre comité exécutif. »
Sur quel sujet ?
Mais le sujet précédent, bien sûr !
C’est qu’il y tient à avoir des « hommes sûrs » dans le gouvernement. 
 
[1] Dans un article « Le réexamen de la loi relative à la bioéthique : origine, méthodes et objectifs », qui sera publié par la revue. Regards sur l'actualité n° 356 (La Documentation française, décembre 2009).

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