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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

mercredi 2 septembre 2015

Chapitre XXXII : Haddock

Détour à Honfleur

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Plutôt que d’aller à Saint-Pierre en Port à la rencontre de Haddock, et partager une recette cauchoise concoctée par son épouse, c’est lui qui fait la route vers le sud jusqu’à Honfleur.
Une façon de découvrir « Eurydice », la goélette italienne sauvée de l’oubli et de la vase de la lagune vénitienne par Florence, qui en a fait refaire les aménagements, et Paul qui avait flashé sur ses lignes douces et étirées et … financé la restauration.
Un beau voilier, au comportement sain, qui vient d’avoir fait deux grands tours en méditerranée avec à la barre ses nouveaux propriétaires, avant de « tâter » les eaux plus froides de la baie de Seine.
Il est venu seul, sans « la Baronne », mais pas les mains vides, avec un « essai » des plus réussis de « crème à la crème » helvétique : un « Ruffle-cake » aux griottes !
Une recette échangée en Chine.
Et un petit gobelet en étain, gravé du prénom de Louis pour le dernier nouveau-né : charmantes attentions.
 
Paul est à bord et rafistole les « petits-dégâts » infligés par l’océan lors de la remontée du Golfe de Gascogne.
Il fait assez beau et chaud en cette fin d’été pour déjeuner sur le pont avec une veste ou un chandail sur le dos quand un doux zéphire vient du large.
On pourra aussi mirer les portes-containers, qui remontent le fleuve jusqu’à Rouen, profitant des effets de la marée montante.
Cette fois-ci, Haddock n’aura droit seulement qu’à une bordée de fruits de mer, confectionnée à son attention après un détour au marché au poisson voisin du matin, réunis en un vaste plateau, arrosée par un blanc sec du val de Loire.
Il était prévu un tiramisu pour la fin du repas, qui est, pour le moment, gardé au frais dans le réfrigérateur du bord aux côtés du « Ruffle-cake » aux griottes de « la Baronne ».
Paul repartira avec à Cabourg.
C’est excellent mais ça ne vaut pas les saveurs et odeurs âcres de leur premier pique-nique en mer, au large de la côte orientale Corse, lors de leur seconde rencontre qui devait déboucher sur le retour du « Nivelle 001 » (cf. « Opération Juliette-Siéra », aux éditions « I-Cube »), où Paul lui avait grillé des figatelli locaux au barbecue après les langoustes pêchées la veille à ... Rungis !
Un fameux souvenir gustatif sans compter le vol extraordinaire qui suivra, sur le prototype-maison.
Haddock en aura fait un autre au large de Toulon, nettement plus « acrobatique » et puis une « visite des étoiles » sur son successeur, le « numéro 2.1 », depuis la Chine.
Un voyage également extraordinaire, éprouvant physiquement, mais surtout un rêve de gamin qui se réalisait.
 
Après avoir demandé des nouvelles des uns et des autres et notamment de la santé de l’ex-commandant de Boeing 747, toujours sans soins appropriés contre son « crabe », ils font un tour complet du voilier que Haddock trouve décidément à son goût, mais un peu trop petit pour en faire un de ses grands voiliers à l'adresse des jeunes, intérieur et pont, puis s’installent d’abord dans le carré, à picoler un américano-maison et se remémorer quelques souvenirs marquants de leur séjour en Chine, pour laisser le temps à Paul de finir de monter sa mayonnaise, couper quelques citrons, fignoler sa vinaigrette, garnir le sceau à glaçons pour la bouteille de vin et ouvrir la première des deux bouteilles prévues pour ce repas … frugale.
« Vous vouliez me parler de quelle que chose d’important. »
Oui.
 
« – Vous vous souvenez de notre vol en Algérie d’il y a un an ?
– Ah oui, pour sûr ! Mon deuxième Ovni, des photos remises par une WIB. Vous savez que j’en ai parlé à quelques amis ufologues : ils m’ont confirmé qu’ils n’en avaient jamais entendu parlée. Des MIB, des hommes, oui, mais pas de femmes !
– Ils devraient s’intéresser de plus près au « beau-sexe » au lieu de passer leurs nuits à guetter les Ovnis dans le ciel…
– Vous ne m’avez jamais dit ce qui s’était passé au sol. Je me souviens que quand vous alliez sauter au-dessus de votre cible, il y avait déjà des combats sur le site à aborder.
– Justement. Je vous ai fait venir pour en parler, que je ne sois pas tout seul à me considérer comme étant encore sain d’esprit.
Parce que j’en ai déjà parlé à un de mes correspondants américains, et il m’a pris pour un cinglé.
Même qu’il voulait en faire une tournée de conférences sur le thème « comment déraillent les esprits les plus brillants de notre époque », imagine-je ! »
Haddock décroche un éclat de rire tonitruant, contagieux au point d’être immédiatement communicatif !
 
« – Je vous avais prévenu, je crois ! Moi-même, personne ne m’a jamais vraiment cru même dans mon entourage personnel. Que croyez-vous ? Vous témoignez, et encore, moi je ne l’ai pas fait tout de suite par peur pour ma carrière de pilote à laquelle j’avais beaucoup sacrifié, mais c’est sûr que quand on n’est pas dans les canons de la pensée-unique, vous dérangez au plus haut point !
Personnellement, ils ont fini par avoir ma peau, je veux dire ma santé. Pas comme Galilée, mais du pareil au même.
En revanche, on est pris au sérieux par quelques allumés, même issus des « cercles (f)ummistes » !
Un gros gag les Ummos : comment peut-on voyager depuis une étoile distante de 14 années lumières ?
– Justement…
– Justement quoi ?
– Justement, je crois avoir compris comment, au-delà des contingences technologiques spatiales qui sont hors de notre portée actuellement, même si j’ai bon espoir avec le « 003 », mais pas avant 5 ou 10 ans.
– Expliquez-vous, s’il vous plait, vous m’intéressez, là. Vous imaginez bien !
– Je commence par le début. Quand je saute au-dessus du bled algérien, il y a effectivement des combats au sol.
Des silhouettes diffuses, mais actives à faire le coup de feu et sans lesquelles je n’aurai pas pu en sortir Florence vivante et sans doute pas moi non plus.
– On vous avait dit de ne pas y aller tout seul !
– Je sais, mais justement, il fallait que je sois tout seul alors même que finalement je n’y étais pas, tout en l’étant…
– Pardon ? Je ne vous suis pas là… »
Un autre gorgeon d’américano où on passe à table ?
 
Ils passent à table et Haddock salive déjà à la vue du gigantesque plateau de fruits de mer qui est dressé :
« – Ce n’est pas bon pour mon régime sans sel, mais ça a l’air exquis. Bon, expliquez-moi ce que vous venez de me dire, s’il vous plait !
– J’y viens. Depuis la naissance de mon fils, donc 8 mois plus tard, j’ai refait trois autres sauts ce soir-là, sur la même cible.
Et je ne m’en étais pas rendu compte lors du premier.
– Vous y êtes retourné ? Mais pourquoi ?
– Pas retourné hier soir, ou un peu avant. Retourné avant que je ne saute de notre avion ! Et justement pour « me donner » un coup de main bienvenu à moi-même, le premier saut, en parachute, ce soir de l’année dernière.
– Un saut dans le passé ? Mais ce n’est pas possible, vous le savez bien !
– Et pourtant, c’est ce qui s’est passé, figurez-vous. Et une fois encore à cause, ou plutôt grâce, à ma WIB.
– Attendez, je ne comprends plus rien ! Vous avez fait un saut dans votre passé, c’est ça ?
– Vous comprenez au contraire plutôt vite : c’est ça et trois fois de suite en plus !
Pour des arrivées coordonnées un peu avant mon premier saut, avec vous au commande de l’avion qui nous y emmenés, en parachute.
Par les « voies naturelles », en quelle que sorte !
– Non mais ce n’est pas possible, vous le savez bien ! », radote-t-il.
 
« – Avec nos technologies actuelles, même l’idée est inenvisageable ! Je crois que dans la littérature de science-fiction, on n’en entend plus parler, ça a disparu…
Mais pas avec les technologies du futur, manifestement. Et un futur qui me semble-t-il est assez lointain. Enfin peu importe : le futur, quoi, celui qui n’existe pas encore !
– Vous plaisantez j’espère. Et le futur viendrait modifier son propre passé jusqu’au jour où un de mes descendants vient me tuer sur la route du retour avant même que je donne naissance à ma lignée ?
Modifiant du coup le cours du temps et empêchant mon accident de la route provoqué par mon descendant qui n’existerait plus alors. C'est le fameux paradoxe du « voyageur imprudent ».
Mais vous dératez complètement, mon pauvre ami !
– Ils ne modifient pas : ils assistent en spectateur, ils inspectent, voire inspirent leurs ancêtres, les guident peut-être, comme le faisaient les dieux grecs, comme le feraient des mains invisibles. Et quand ils interviennent, comme en ce qui concerne notre épisode de Biskra, c’est parce qu’ils détectent, dans leurs archives, leurs propres interventions.
Le tout pour surtout ne pas dévier le cours des choses qui aboutira nécessairement un jour ou l’autre à leur présent et leur fameuse technologie du voyage dans le temps !
– Mais c’est incroyable, ça ! Vertigineux, même !
– Exactement. Je vous signale que vous l’évoquiez déjà lors de notre vol du retour…  »
 
Haddock digère l’information nettement plus lentement qu’il ne gobe et mâche ses clams et autres bigorneaux.
Il a pourtant ralenti sa dégustation et se sert même un verre de vin en silence, complètement perturbé.
« – Si je vous comprends bien, notre futur, je veux dire que la technologie humaine future, parviendra un jour à parcourir la flèche du temps, vers le passé et vers l’avenir ?
– Il me semble avoir compris que ce n’est que vers le passé…
– Et comment on revient à « son » présent situé dans le futur après un voyage dans le passé … Futur d’où l’on vient dans une époque où le voyage temporel est maîtrisé ?
– Simplement en coupant le courant de la machine temporelle. « Comme d’un élastique », m’a-t-elle dit.
– Vertigineux ! Vraiment vertigineux ! Aussi simplement que ça…
– Notre ovni de ce soir-là n’était qu’un relai. Juste une machine. Ne m’en demandez pas plus.
Et nous on sait qu’elle y était positionnée.
– D’où le « flou » indiqué par les stations radars : rien que du rayonnement… Je ne comprends pas… »
Il s’arrête et finit son verre.
Paul le lui remplit à nouveau.
 
« – Doucement, je reprends la route tout-à-l’heure !
Je ne comprends pas. Je veux bien admettre votre histoire. Vous faites trois allers-et-retours il y a quelques semaines, pour vous retrouver à plusieurs mois avant et vous donner un « coup de main » à vous-même.
Sans autre intervention qu’une WIB et ses machines.
Est-ce la même qui vous a donné votre « gel-Birgit » qui a fait merveille en Chine sur le « 002 » ?
– Oui. Et c’est là que c’est curieux : je lui ai donné la formule dudit gel il y a quelques semaines seulement, parce qu’elle ne la connaissait pas, celle-là même qu’elle m’aura remise plus tôt pour moi, mais plus tard pour elle…
Et encore plus tard pour elle… mais « avant » pour nous, les photos satellitaires qui nous aurons guidés jusqu’à Florence.
Extraordinaire.
– Absolument ! Donc vers le passé et ailleurs, puis retour au point de départ dans le temps et l’espace.
– Mais pas de saut vers le futur ?
– Le « futur » l’interdit peut-être aussi, je ne sais pas.
– Oui mais alors, vous venez de me suggérer que ça a un lien avec les voyages interstellaires. Comment ça ?
– Absolument. Je ne me souviens plus comment elle m’en a fait la présentation, mais globalement, nous ne voyons jamais que les étoiles là où elles étaient quand leurs photons ont été émis. Puis ils voyagent vers nous pendant de longues années, parfois des siècles.
Or, durant ces siècles, les étoiles se sont déplacées. Elles ne sont plus là où on les regarde.
Et plus on regarde loin, plus on regarde « vieux », donc plus elles ont eu le temps de bouger.
– Oui bon et alors ? Tout le monde sait ça !
– Eh bien, même si vous allez à une vitesse infinie, très largement supérieure à la vitesse de la lumière et que vous visez une étoile à plusieurs milliers d’année-lumière de là, vous la raterez systématiquement, parce qu’au moment de votre départ, elle n’y est déjà plus.
Vous saisissez ?
– … Je vois, en effet. Il faudrait calculer sa trajectoire putative durant la durée du parcours de sa lumière originelle, anticiper les perturbations de sa route, tout en tenant compte des effets d’éventuelles « lentilles gravitationnelles » sur le trajet, et viser « à côté ».
Effectivement totalement impossible, même avec les meilleurs calculateurs : il faudrait en plus prévoir l’avenir de l’étoile…
Les Ummos n'ont jamais parlé de cette difficulté, dans leurs lettres aux humains, si je me souviens bien. 
Sans boule de cristal, je ne sais pas comment on pourrait faire « scientifiquement » !
– Alors qu’avec un dispositif qui vous projette dans le passé de l’étoile, il n’y a aucun problème de visée !
– Mais oui, bien sûr : c’est tellement évident ! » s’enthousiasme-t-il tout d’un coup.
Il a compris.
 
« – Ce qui veut dire que tous nos visiteurs, forcément, ils viennent tous de notre futur, même les exogènes !
Voilà qui ouvre des perspectives vertigineuses, parce que s’ils viennent de leur présent situé dans notre futur, forcément, ils ont une avance technologique sur nous que nous pouvons constater, ne serait-ce que par leur présence dans l'environnement de notre planète, ce que nous ne pouvons pas faire en retour, au moins dans leur développement scientifique, pour devoir maîtriser aussi les sauts temporels.
Même dans l’hypothèse où l’intelligence se développerait au même rythme des civilisations telles qu’on connaît la nôtre.
Mais c’est fabuleux, c’est absolument fabuleux !
– Exactement.
– Plus besoin non plus de spéculer sur ces développements justement. Plus nos visiteurs viennent de loin, plus ils sont avancés.
– Peut-être même qu’ils ont ensemencé notre planète et qu’ils reviennent régulièrement visiter l’avancement de leurs travaux antérieurs sur place.
Tout comme il devient aussi évident qu'une grosse partie du trafic, sinon l'essentielle, nos drovnis et autres ovnis qui circulent sous nos yeux actuellement, ne serait rien d'autre que nos descendants qui viennent vérifier toutes nos conneries in vivo : une sorte de leçon d'Histoire, sur place au moment où ça se passe, juste en achetant le journal du matin…
– Peut-être, peut-être ! Paul, vous êtes vraiment un type extraordinaire. Vous me permettez de parler de ces hypothèses à quelques-uns de mes cercles d’ufologues ?
– Naturellement. D’autant que c’est déjà en ligne depuis le 2 août sur le blog de « I-Cube », un type que je crois que vous connaissez bien.
– Son blog, naturellement. Lui, je ne l’ai eu que deux fois, peut-être trois, au téléphone.
On ne communique que par mails ! 
Et effectivement, il a déjà mis en ligne pas mal de choses cet été. Mais, j’étais en déplacement, je n’ai pas eu le temps de tout suivre. »
 
Haddock repartira en début de soirée, après une petite sieste réparatrice et agitée des habitués des vols au long-cours.
Histoire de réduire un peu son taux d’alcoolémie aussi, par voie métabolisation-courante.
Et non sans avoir entretenu une conversation bouillonnante et décousue à son réveil, la cervelle en ébullition à cause de l’hypothèse émise par Paul pendant le repas.
Paul repartira de son côté vers Cabourg un peu plus tard avec son tiramisu, après avoir rangé et fermé le voilier pour aller dîner en famille.
L’âme en paix, le sentiment d’avoir enfin accompli tous « ses devoirs ».
 
Fin de l’épisode,
Venise, le 30 juillet 2015
I3

mardi 1 septembre 2015

Chapitre XXXI : Contrariétés

Laudato si…

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Le pape, n'évoque pas nommément la conférence internationale sur l'environnement prévue en décembre à Paris, mais appelle clairement les États à prendre leurs responsabilités pour de « nouveaux modes de production, de distribution et de consommation ».
Dans cette encyclique, le pape cite plusieurs fois ses prédécesseurs, et particulièrement son prédécesseur Benoît XVI sur ses conceptions de « l'écologie humaine ».
François est « en continuité avec ses prédécesseurs, mais il met en avant un point fondamental critique : la soumission de la politique aux technologies et aux pouvoirs financiers », résume le vaticaniste Marco Politi.
 
Une encyclique de près de 200 pages qui est la première entièrement de la main de François.
Son titre, Laudato si (« Loué sois-tu »), est inspiré d'un cantique de son modèle, François d'Assise, qui loue Dieu dans « notre mère la Terre ».
Des centaines d'experts ont été consultés depuis deux ans pour sa rédaction.
Elle se veut adressée à « tous » et pas seulement au 1,2 milliard de catholiques.
 
Le pape suscitera beaucoup de mécontentements dans les milieux de la droite libérale, notamment américaine,  dans la droite ligne des frères d’Harry n° 4, car il s'en prend de manière virulente au pouvoir de la finance.
Son autre « mouton noir » est l'excès de pouvoir de la technologie, à laquelle il regrette que les responsables politiques se soumettent, et qui ne respecterait pas la création et l'équilibre de l'homme. Des représentants du Parti républicain, dont le possible futur candidat à la Maison-Blanche, Jeb Bush, ont vivement réagi avec humeur, affirmant n'avoir pas à prendre leurs ordres auprès du pape, selon des médias italiens et américains.
Le pape argentin, qui se montre socialement très radical, juge que, dans la transition énergétique nécessaire – du gaz, du pétrole et du charbon vers les énergies renouvelables –, les États riches vont devoir consentir plus d'engagements et de sacrifices financiers que les pauvres.
Dans un portrait très pessimiste de « notre maison commune », il prend position contre les « climato-sceptiques », en estimant que l'homme est largement responsable du réchauffement climatique et de la destruction de la biodiversité.
Mais il assure aussi qu'il est encore temps d'agir pour inverser la course à la destruction.
Dans ce plaidoyer vibrant pour les pauvres et contre le consumérisme effréné des classes et des pays les plus riches, il avertit aussi du danger imminent de larges destructions et de guerres, notamment autour de l'eau.
Le pape François vante un modèle de développement sobre et appelle les dirigeants de la planète à avoir le courage de le promouvoir.
 
« Tu sais que le désordre me plaît », avait-il confié à un de ses proches, selon le quotidien Repubblica, alors que le Vatican est dans tous ses états après la rupture par un hebdomadaire, L'Espresso, de l'embargo, qui aura été fixé au jeudi matin de la publication du texte.
L'Espresso avait publié lundi sur son site une version provisoire de l'encyclique.
« Cette encyclique aura un impact majeur : François est directement impliqué comme aucun pape avant lui. Il est animé d'une profonde passion, que cette encyclique communiquera », a affirmé mardi Christiana Figueres, présidente de la convention-cadre de l'ONU sur le changement climatique (UNFCCC).
Le 12 mai, le pape François avait déjà averti les « puissants » qu'ils seraient « jugés par Dieu » s'ils ne respectaient pas l'environnement.
 
L'encyclique a été présentée à la presse internationale par un de ses maîtres d'œuvre, le cardinal ghanéen Peter Turkson, chef du ministère chargé de la justice et de la paix, en compagnie notamment du climatologue allemand réputé Hans Joachim Schellnhuber et d'un représentant du patriarcat orthodoxe de Constantinople.
Le pape a déjà critiqué à plusieurs reprises les excès du capitalisme sauvage et le consumérisme. Ce mardi-là, il aura souligné que parler beaucoup de pauvreté comme il le fait sans son encyclique n'est pas « être communiste ».
« On entend dire : mais ce prêtre, cet évêque, parle trop de pauvreté. Ne sont-ils pas un peu communistes ? », a-t-il lancé le mardi suivant en réponse aux « néocons » américains qui l'accusent d'être lui-même marxiste.
Une étiquette qu'il a démentie.
 
Il n’empêche, il est à des années lumières des préoccupations de tous ceux qui s’occupent un peu de progrès et d’avenir.
Sans parler de tous ceux qui n’ont toujours pas d’accès à l’eau potable ou qui ne reçoivent pas un bol alimentaire minimum pour survivre : ils sont toujours là, dans leur misère, abandonnés dans des guerres et pillages qui les dépassent.
Comment un pape peut donner des leçons d’économie sans prendre en compte tous ces facteurs de la déshumanisation de la planète en cours, qui font plonger toujours une part plus grande des « fils de Dieu » dans la barbarie ?
Si c’est l’avenir, pourquoi pas en conclue Paul.
 
Pour l’heure, il compte bien profiter, avec sa famille, de « vraies grandes vacances » bien méritées depuis des années et des années : ne rien faire et ramener Eurydice à Solenzara, où le mouillage hivernal du « Lisbeth » est redevenu disponible à l’année.
Si ça rentre, quitte à démonter le mât de beaupré pour l’hiver, ou carrément sortir le voilier de l’eau pour un grand carénage.
Même si au dernier moment ça ne se fera pas.
 
Encore que, la route du retour aurait pu être plus compliquée : il était prévu de repasser par la Grèce pour éviter les routes de boat-people de migrants venus d’Afrique. Une Grèce qui s’est réveillée un matin d’août avec une bourse aux abois en quelques minutes.
Et puis un détour par le détroit de Messine.
Or, Paul est aussi Knight Grand Cross du Royal Victorian Order.
Et il est sollicité par Alex Younger pour naviguer au plus près des côtes libyennes, vers Bû Kammâsh et contacter, sans avoir l’air d’y toucher, des nageurs de combat des SAS britanniques qui extraient un agent blessé de Lybie et en grand danger, le plus rapidement possible.
Juste pour les sortir des hauts fonds où aucun sous-marin ne peut accéder discrètement.
Et de le ramener hors des eaux territoriales où un hélicoptère le prendra en charge pour l’emmener vers un navire-hôpital posé au grand-large en appui de la marine italienne qui fait face à l’afflux de réfugiés.
Une supplique de Shirley, la tâche de rousseur, une urgence sanitaire, qui se rappelle tout d’un coup qu’elle est aussi agent des SIS, et pas seulement nurse anglaise des « petits-bouts » de Paul et Florence.
Alex Younger, c’est son grand-patron qui pense à elle, l’agent anonyme en détachement, qui veut féliciter « Charlotte » avant de lui confier cette mission « paramilitaire », alors même qu’il sait forcément sa participation aux opérations de la place Maïdan à Kiev en février de l’année dernière (cf. « Mains invisibles », aux éditions « I-Cube » et chapitre suivant).
Décidément, ils ne le lâcheront jamais !
 
Un père de famille britannique tranquille de 51 ans au visage avenant, diplômé d’économie, adepte de musique, de voile et d’alpinisme.
Il vient de prendre les commandes du MI6, le puissant et très secret service de renseignements extérieurs de sa Majesté.
Le siège londonien du MI6 est signalé comme un simple « bâtiment gouvernemental » sur le plan du quartier, à côté de la station de train. Ou comme disait récemment un de ses anciens directeurs : « Les organisations secrètes ont besoin de rester secrètes. »
Stratégiquement situé au cœur de Londres, sur les quais de la Tamise et à proximité du Parlement de Westminster, le bâtiment ressemble à une imposante forteresse hérissée d’antennes et de caméras de surveillance qui lui ont valu le surnom de « Legoland ».
C’est entre ces murs blindés, derrière ces vitres pare-balles, au milieu de systèmes informatiques ultra perfectionnés, qu’Alex Younger a pris début novembre 2014 ses nouvelles fonctions à la tête du Service Secret de Renseignements (SIS), alias le MI6.
M. Younger connaît les lieux comme sa poche : c’est un homme du sérail. Cet ancien militaire y est entré en 1991, en a gravi les échelons petit à petit, jusqu’à devenir chef des opérations mondiales de l’agence ces deux dernières années, indique le Foreign office, ministère de tutelle du MI6.
Il compte également sur son CV des postes en Europe, au Moyen-Orient, en Afghanistan, et a dirigé les opérations du MI6 visant à assurer la sécurité des jeux Olympiques de Londres en 2012 où il  a forcément entendu parler des interventions heureuses de Paul.
 
« De son travail en Afghanistan à ce qu’il a fait pour garder notre pays en sécurité pendant les jeux Olympiques, Alex apporte avec lui une expérience riche et intéressante », a déclaré de façon sibylline le ministère des Affaires étrangères britannique, Philip Hammond.
« Dirigeant séduisant » et « populaire » dans le milieu du renseignement, « Alex est capable de rendre intelligible à tout un chacun des problèmes complexes », renchérira un ancien officier de MI6, cité dans le Daily Telegraph, selon qui ces qualités auraient poussé le Premier ministre David Cameron à le désigner pour succéder à John Sawers.
Ce dernier, ancien diplomate, est connu pour avoir tenté, ces cinq dernières années, de redorer le blason des services secrets, éclaboussés par des accusations de complicité de torture, d’écoutes téléphoniques et par l’affaire des armes de destruction massive (ADM) en Irak.
 
En 2002, le Premier ministre Tony Blair avait utilisé un rapport des services secrets pour justifier l’invasion de l’Irak. Ce document, qui s’est révélé infondé, affirmait que Saddam Hussein disposait d’ADM et était en mesure de les déployer en « 45 minutes ».
« La réputation du MI6 a été ternie par le fiasco sur les ADM », explique à l’AFP Stephen Dorril, un expert des services secrets de l’Université de Huddersfield.
« Toutefois, ces derniers temps, dans ce qui s’apparente à une campagne de relations publiques, on a constaté une soudaine apparition dans les médias d’anciens hauts responsables du MI6 » porteurs d’une vision « plus nuancée » sur les pratiques des services de renseignements, note-t-il.
« C’est peut-être une manière de distancer le service de toute forme de politisation et pression du gouvernement, mais aussi d’améliorer son image », ajoute-t-il.
 
En prenant les rênes du MI6, Alex Younger récupère les dossiers brûlants de son prédécesseur – Irak, Syrie, Ukraine, etc. – au moment où le niveau d’alerte de sécurité au Royaume-Uni a été relevé au niveau « grave » face à la menace d’attentats liée aux groupes djihadistes comme l’État islamique (EI).
Il hérite aussi d’un surnom : « C », référence à cette simple lettre par laquelle le premier chef des services de renseignements extérieurs, Sir Mansfield Cumming, signait ses directives.
Et Paul n’a rien à refuser aux autorités alliées, surtout celles qui l’ont distingué à l’occasion des JO de 2012 (cf. « Parcours olympiques », aux éditions « I-Cube ») jusqu’à lui conférer le titre de « Sir »…
Quelle vanité !
L’homme fait le déplacement jusqu’à Cabourg, juste pour en serrer 5 à Paul.
Comment refuser ?
D’autant que ce n’est pas trop compliqué, mais tout de même trop risqué pour emmener ses gosses et leur mère.
Par conséquent, changement de programme : l’équipage de garde de la goélette à La Valette est requis et les britanniques y dépêchent deux marins volontaires de la Royal Navy.
Le surlendemain.
Pour 36 heures sous voile.
Ils mouillent devant la baie au soir.
Le transfert à lieu de nuit et ils remettent les voiles sitôt après.
Le mec a l’air mal en point.
Quatre heure plus tard, ils se retrouvent seuls tous les quatre à bord, au large de la Tunisie filant au nord pour récupérer Florence, sa marmaille et les beaux-parents à Palerme, cette ville splendide.
 
Une ville fondée aux alentours du VIIIème siècle av. J.-C. par des commerçants Phéniciens dans un port naturel. Pendant la Première guerre punique, Palerme est d’ailleurs un important bastion pour Carthage jusqu'à ce qu'elle soit conquise par les Romains en 245 av. J.-C..
Son nom latin, qui a donné Palerme, était Panormus. Un nom d'origine grecque et maritime (Panormos) qui signifie « Havre de sûreté universelle ».
La Sicile était dans l'Antiquité une île où la langue dominante était le grec ancien, notamment sur la partie orientale. Lorsque les Vandales fondent leur empire, en 439, avec l'actuelle Tunisie comme centre et Carthage pour capitale, la Sicile est envahie à plusieurs reprises et les Vandales tentent de l'annexer définitivement.
En 535, la ville passe de nouveau aux mains des Romains d'Orient.
Sous l'Empire byzantin, Palerme connaît une période florissante, qui dure deux siècles et la ville entière porte encore les traces splendides de ces diverses époques.
 
Ils y restent quelques jours amarrés au quai d’honneur, suscitant la curiosité des gamins : une situation difficile, tellement ils sont bruyants, telle que Paul se décide assez vite à quitter les lieux. 
Sans visiter tous les monuments dont chacun mérite le détour.
Ils filent sur la Sardaigne où ils débarquent le couple de marins bateau-stoppeurs maltais, pour mettre le cap sur Gibraltar avec détour par les Baléares, Minorque et Majorque et la Costa Del Sol.
Remontée des côtes portugaises dès la mi-août, avec un détour par Lisbonne et Porto.
Paul cherche en vain la bouée météo d’où il avait pu lancer un SOS salvateur, et ils traversent le golfe de Gascogne jusqu’à la pointe du raz sous la risée et par mer formée, pour dépasser le Cotentin et venir mouiller en baie de Seine avant la fin du mois, à Honfleur.
 
Ce n’est pas très romantique, face aux torchères du Havre et à l’ombre des mâts-porteurs du pont de Normandie, mais ça a l’avantage de n’être pas très loin de Cabourg, de l’aéroport de Caen et de Paris où Florence partira rapidement à San Francisco se faire remettre droit sa jambe : au moins, désormais elle affolera tous les portiques de sécurité des aéroports du monde entier…
En tout cas, elle aura appris qu’on peut « décompresser » des aventures de l’année passée avec quelques semaines prolongées de haute-mer : c’est même elle qui suggèrera un tour des îles britanniques de deux mois, pour le printemps suivant…