Bienvenue !

Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

samedi 24 février 2018

Cour d’appel de Toulouse, arrêt du 2 février 2018

Un « truc » débile à valeur d’avertissement


Décidément, « fesse-book » de chez la « montagne-de-sucre », ça aura eu des conséquences inattendues. D’abord quand j’étais jeune (il y a une éternité…) j’ai toujours cru que c’était un site de kul.
C’est comme « hotmail » : Je pensais qu’il s’agissait d’un accès à du porno via Microsoft.
Faut vous dire que j’ai été élevé à une époque où on s’échangeait des fichiers avec des adresses internet type « CompuServe », avec des chiffres et des codes chiffrés.
Avec AOL, j’avais pigé qu’on pouvait aussi avoir des lettres. Avec les autres, comme « Liberty surf » ou « easyjet », « Freebox », j’avais enfin compris comment ça marchait… Et « fesse-book », quand je m’y suis mis après avoir avalé mes appréhensions, j’ai été très déçu : Pas de porno là-dessus…
Les autres « twister », « Line-kel », je ne sais toujours pas : Passons.


Il aura fallu l’arrêt, récent, ci-dessous reproduit pour que je confirme que c’est de toute façon très dangereux…d’autant que ça a fait le tour de la planète toute la semaine dernière avant que ça ne me parvienne : Faudrait que j’améliore la réactivité de mes sources…
Notez, je savais déjà pour suivre le contentieux (de loin) sur les messages infamants, mais bon, c’était juste pour me tenir au courant.
Lisez donc : C’est passionnant !


Cour d’appel de Toulouse, 4ème ch. – Sec. 2, arrêt du 2 février 2018


Mme X. / Autour du bain


Mme X. a été embauchée par la société Sarl Autour du bain en qualité de préparatrice suivant contrat à durée indéterminée depuis le 1er février 2011, coefficient 100 de la convention collective “parfumerie-esthétique”.
Il était contractuellement prévu un taux horaire de 9 € pour 35 heures hebdomadaires.
Mme X. a été placée en arrêt maladie du 22 janvier 2014 au 11 juin 2014. Elle a repris le travail le 12 juin 2014.
Le 18 juin 2014, Mme X. a été convoquée avec une autre salariée Mme Y. par leur supérieure hiérarchique, Mme Z., afin qu’elles s’expliquent sur des discussions tenues sur le média Facebook.
Le 19 juin 2014, une mise à pied à effet immédiat a été notifiée verbalement par l’employeur à Mme X., laquelle a été placée en arrêt de travail suite à cette annonce.
Par courrier du 24 juin 2014, Mme X. a été convoquée à un entretien préalable en vue d’un éventuel licenciement fixé le 4 juillet suivant. À l’issue de cet entretien, une mise à pied conservatoire lui a été notifiée avec effet immédiat.
La salariée a été licenciée pour faute grave suivant courrier du 10 juillet 2014, pour dénigrement et injures dont elle serait l’auteur à l’égard de la société Sarl Autour du bain, de ses collègues de travail et de sa supérieure hiérarchique.


Mme X. a saisi le conseil de prud’hommes de Toulouse le 4 août 2014 de la contestation de son licenciement.
Par jugement du 13 septembre 2016, le conseil de prud’hommes de Toulouse a :
– dit et jugé que le licenciement de Mme X. repose sur une faute grave,
– débouté celle-ci de l’ensemble de ses demandes,
– dit n’y avoir lieu à application des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile,
– condamné Mme X. aux dépens.
Mme X. a relevé appel dans des conditions de délai et de forme non discutées.


Par conclusions notifiées par voie électronique le 05 janvier 2017, auxquelles il est fait expressément référence, Mme X. demande à la cour d’infirmer le jugement entrepris en toutes ses dispositions, de dire que son licenciement est sans cause réelle et sérieuse, et de condamner la société Sarl Autour du bain au paiement des sommes suivantes :
– 39.060 € au titre de dommages et intérêts pour “rupture abusive”,
– 1.085 € au titre de paiement de la période de mise à pied,
– 6.944 € au titre de l’indemnité de congés payés,
– 4.340 € au titre de l’indemnité compensatrice de préavis,
– 1.736 € au titre de l’indemnité conventionnelle de licenciement,
– 3.000 € sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens.


Par conclusions notifiées par voie électronique le 08 mars 2017, auxquelles il est fait expressément référence, la société Sarl Autour du bain demande à la cour de :
– confirmer le jugement entrepris en toutes ses dispositions,
– condamner Mme X. au paiement de 3 000 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens.


L’ordonnance de clôture est intervenue le 28 novembre 2017.


DISCUSSION


Sur la mise à pied à titre conservatoire :


Il est constant entre les parties que Mme X. s’est vue notifier verbalement par sa supérieure hiérarchique Mme Z. une mise à pied le 19 juin 2014.
Le courrier de convocation à l’entretien préalable du 24 juin 2014 mentionne la « confirmation de la mise à pied conservatoire ».
La salariée, sans soutenir l’existence d’une ambiguïté lors de la notification verbale, estime que cette mise à pied confirmée par écrit comme étant conservatoire, doit être en réalité considérée comme disciplinaire compte tenu du délai écoulé entre son prononcé verbal et sa notification écrite concomittammente à l’engagement de la procédure de licenciement.
Aucun formalisme n’entoure le prononcé d’une mise à pied conservatoire qui, dès lors qu’elle est prononcée concomittamment à l’engagement de la procédure de licenciement, peut être notifiée verbalement puis confirmée par écrit dans le courrier de convocation à l’entretien préalable au licenciement.
La cour observe qu’il s’est écoulé 4 jours ouvrés entre la notification verbale de cette mise à pied le 19 juin et sa confirmation écrite portant également engagement de la procédure de licenciement le 24 juin 2014.


Les premiers juges seront donc confirmés en ce qu’ils ont considéré, au regard des auditions du personnel rendues nécessaires par les faits reprochés à la salariée, que cette mise à pied avait un caractère conservatoire compte tenu de la concomittance de sa notification avec l’engagement de la procédure de licenciement.


Sur le licenciement pour faute grave :


Il appartient à la Sarl Autour du bain qui a procédé au licenciement pour faute grave de Mme X. de rapporter la preuve de la faute grave qu’elle a invoquée à l’encontre de sa salariée, étant rappelé que la faute grave se définit comme un manquement ou un ensemble de manquements qui rend impossible le maintien du salarié dans l’entreprise ; la cour examinera les motifs du licenciement énoncés dans la lettre de licenciement qui fixe les limites du litige.
La lettre de licenciement fait grief à la salariée de manière circonstanciée :
-d’avoir échangé des propos inacceptables sur Facebook sur Mme Z., ses collègues, ainsi que l’entreprise, propos découverts alors que la salariée avait laissé sa session Facebook ouverte sur l’ordinateur de l’entreprise,
-d’avoir, au sujet de ces propos, répondu à sa supérieure hiérarchique qu’il s’agissait de ce qu’elle pensait d’elle et de l’entreprise, et qu’elle avait laissé sa session ouverte afin qu’elle en prenne connaissance,
-d’avoir également tenu des propos insultants et dénigrants sur l’entreprise et sur ses collègues, à certaines d’entre elles,
-d’avoir ainsi fait preuve de déloyauté vis-à-vis de l’employeur, rompu le lien de confiance et généré une souffrance pour les salariées ayant subi l’attitude de Mme X.


Sur la loyauté de la preuve des faits reprochés :


Mme X. fait grief au jugement entrepris d’avoir retenu que les messages échangés avec sa collègue sur la messagerie de son compte Facebook n’étaient pas des messages privés, alors que la mise à disposition du compte Facebook sur le lieu de travail ne signifie nullement que l’employeur puisse s’approprier le contenu des conversations privées échangées et que, puisqu’il est établi que la plupart des conversations ont été échangées lorsque la salarié se trouvait placée en arrêt de travail, ces conversations étaient nécessairement privées.
Toutefois, la Sarl Autour du bain produit l’attestation circonstanciée de Mme Z. selon laquelle la session Facebook de Mme X. était volontairement restée ouverte sur l’ordinateur de l’entreprise, rendant les conversations publiques et visibles de l’ensemble des salariés du magasin. Mme X. ne produit aucun élément de nature à remettre en cause la sincérité de cette attestation ni à démontrer que l’employeur aurait usé d’un stratagème pour accéder à la messagerie Facebook de la salariée qui, à défaut d’être ouverte, est protégée par un login et un mot de passe.
C’est donc à bon droit que les premiers juges ont considéré que les propos tenus par Mme X. sur son compte Facebook, affichés sur l’écran de l’ordinateur de l’entreprise et visibles de toutes les personnes présentes dans le magasin, avaient perdu leur caractère privé.


Sur les faits fautifs :


L’examen des messages produits aux débats démontre que Mme X., lors de conversations sur Facebook avec une autre ancienne salariée Mme Y., tenait de manière régulière des propos irrespectueux, injurieux et malveillants à l’égard de sa supérieure, de ses collègues du magasin, ainsi que de la gérante de l’entreprise, pendant son arrêt maladie précédent sa reprise du 12 juin 2014, et durant les quelques jours de travail précédent sa mise à pied.
Il ressort notamment de ces messages, dont la teneur n’est pas contestée par Mme X., que ses collègues sont qualifiées par elle de “grosses merdes”, qu’elle souhaite à sa collègue une “bonne journée chez les fous”, qu’elle approuve sa collègue de traiter leur supérieure Mme Z. de “grosse conne stupide” et indique “elle est dégueulasse avec moi mais son entreprise ne va pas aller bien loin”, ajoutant qu’elle “travaille avec des grosses brêles”. Simultanément, Mme X. indiquait dans ses messages rechercher un autre emploi.


Ce comportement irrespectueux envers les autres salariées du magasin et déloyal vis-à-vis de l’employeur est également confirmé par les attestations circonstanciées de Mesdames V. et W., témoins de propos tenus méprisants et injurieux tenus par Mme X. à l’égard de Mesdames Z.
Mme W. confirme par ailleurs avoir régulièrement subi les remarques dénigrantes et méchantes de Mme X., l’affectant psychologiquement et la conduisant à venir travailler “la boule au ventre”.
Mme V. indique quant à elle avoir été insultée de “grosse merde” par Mme X. le 18 juin 2014 après son entretien avec Mme Z.
Le jugement entrepris sera confirmé en ce qu’il a considéré ces agissements comme constitutifs d’une faute grave justifiant le licenciement et débouté Mme X. de ses demandes afférentes à la rupture.


Sur la demande au titre des congés payés :


Ainsi que l’ont relevé les premiers juges, Mme X. sollicite la somme de 6.944 € au titre de congés payés sans expliciter cette demande ni apporter une quelconque méthode de calcul afin que la société Sarl Autour du bain puisse prendre position.
Aucun élément n’étant davantage produit en cause d’appel pour étayer cette demande, le jugement entrepris sera confirmé sur ce point.


Il sera également confirmé en ce qu’il a condamné Mme X. aux dépens.


En revanche, il sera alloué à la Sarl Autour du bain, par infirmation du jugement entrepris et y ajoutant, la somme de 1.500 € au titre des frais irrépétibles exposés en première instance et en appel.


DÉCISION
Confirme le jugement entrepris en toutes ses dispositions, hormis en ce qu’il a débouté la Sarl Autour du bain de sa demande au titre de l’article 700 du Code de procédure civile,
Statuant à nouveau du chef infirmé, et y ajoutant,
Condamne Mme X. à payer à la Sarl Autour du bain la somme de 1.500 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
Condamne Mme X. aux dépens.


La Cour : Caroline Parant (présidente), Alexandra Pierre-Blanchard (conseillère), Sonia Del Arco Salcedo (conseillère), Brigitte Couttenier (Greffière).
Avocats : Me Jean Fabry-Lagarde, Me Anne-Laure Derrien.


Plusieurs points : D’abord, il n’y a pas que « Trompe » pour raconter des konneries sur les réseaux sociaux ; ensuite ne jamais employer des mots comme « trou-du-kul », « grosses merdes », « bonne journée chez les fous », « grosse conne stupide », « elle est dégueulasse avec moi mais son entreprise ne va pas aller bien loin », ou encore « grosses brêles ». C’est injurieux.
Il vaut mieux employer les termes de « abysse-des-Ducs », « gros étron », « bonne année de super-démence », « gros koniklos » pour les hellénistes (ou « cuniculus » pour les latinistes) plutôt que « konne » (c’est toujours la même chose), « ignoble » (sans noblesse : Je sais de quoi que je cause… mais moi j’en suis infreequentable) ou « révoltant » plutôt que « dégueulasse » et « incapable », « incompétent », voire « nul » plutôt que « brêle », c’est plus soft et ça veut encore dire la même chose.
Personnellement, je préfère « autiste » ou « trisomique », c’est un peu injurieux à l’égard des personnes qui en sont malades. Mais comme ça me rend malade tout autant quand j’en croise, y’a pas de raison, puisque c’est déjà réciproque…
Et puis au pire, une femme n’est jamais « grosse », elle reste seulement « enveloppée » (parfois beaucoup, mais ça devient une mappemonde), c’est plus seyant.
Quant à émettre des jugements sur l’avenir d’une boîte, quelle qu’elle soit, j’ai toujours trouvé ça déplacé : Globalement, on se trompe tout le temps (sauf quand on en a fait revivre… mais ce n’est pas donné à tout le monde : Et je sais encore de quoi je cause !)


Autre remarque : Je suis resté scotché par les commentaires de la « grande-presse ». J’ai relevé pour vous ce monument d’anthologie :
« La scène est simple : vous quittez l’open space durant un laps de temps restreint pour aller vous laver les mains, participer à une réunion ou bien passer votre entretien annuel. C’est en quittant votre bureau que vous commettez cette erreur fatale : Vous oubliez de verrouiller votre ordinateur, laissant ainsi ouverte votre page Facebook personnelle, et tous les propos que vous y tenez ! Ce simple oubli, selon la justice, fait perdre à vos propos la totalité de leur caractère privé. »
Fabuleux, d’autant que la Cour relève que ça restait intentionnel, et non pas « un simple oubli »…
En revanche, elle affirme bien que « affichés sur l’écran de l’ordinateur de l’entreprise et visibles de toutes les personnes présentes dans le magasin (les propos), avaient perdu leur caractère privé »…
Logique, tout de même.


Notez d’ailleurs que la nature humaine n’étant pas toujours bienveillante, pensez d’une part à toujours verrouiller votre machine même quand vous allez pisser, à ne jamais laisser vos boîtes-à-mimile personnelles ouvertes (ne les consultez même pas au boulot), fermez toutes les applications en cours quand vous allez à la machine à café (c’est pause du même nom), et d’une façon générale éviter d’utiliser la machine du bureau pour vos cancans personnels qui ne regardent pas la marche du service : Ça peut vous retomber sur la tronche un jour ou l’autre.
Notez également que le vrai danger, c’est qu’un tiers s’empare de vos codes et envoie des messages insultants depuis votre adresse-courrielle dans le cadre de votre boulot…
Je ne vous raconte pas les dégâts. Je vous conseille signale d’ailleurs une excellente façon de se séparer d’un collaborateur irréprochable mais que vous ne pouvez pas pifer, parce qu’il n’a pas la même carte syndicale que vous : Envoyez donc un courriel à caractère raciste à un « black » de la boutique, antisémite à un « feuj » de la boutique, ou un message type « harcèlement-sexuel » à une misandrie-déchaînée avec son adresse quand il va pisser !…


Enfin techniquement, ce qu’il y a à en retenir (on est tout de même dans la rubrique « Le coin du juriste-fiscaliste »), c’est que cet arrêt pose encore une fois la question de la distinction du caractère public ou privé de propos tenus sur un réseau social. Sur ce point, la jurisprudence n’est pas encore unanime. « En droit du travail, la question s’était principalement posée jusqu’à présent concernant des injures contre l’employeur proférées sur le mur Facebook d’un salarié. Dans une telle hypothèse, le paramétrage du compte, le fait d’avoir ou non restreint l’accès de son mur à ses seuls amis, est un critère couramment utilisé devant les tribunaux pour qualifier les propos de privés ou publics. »
Or, dans cette affaire, c’est le fait que la salariée ait volontairement laissé sa messagerie ouverte sur un ordinateur d’entreprise, laissant les injures – dont elle ne conteste pas la teneur – visibles et accessibles à tous, qui a certainement constitué un critère déterminant.
« C’est un cas très circonstanciel. De nombreux éléments, outre les seuls propos sur la messagerie Facebook (les témoignages joints), étaient réunis en l’espèce pour caractériser une faute grave. »


Pour ma part je rajoute – pour savoir un peu comment fonctionne un juge, même prud’homal – que les prétentions de la dame ont dû en épouvanter plus d’un. Si vous comptez bien, elle est restée 3,5 ans à l’indice 100 et 9 €/h. Plus bas, on ne peut pas… C’est dire le niveau de la dame qui n’a même pas eu l’occasion de quelques primes ou promotions…
Et elle réclamait 56.165 € d’indemnités diverses, soit… 3,5 ans de salaire !
Fort la groβ…


Bonne fin de journée à toutes et à tous !


I3

vendredi 23 février 2018

Attroupement

Jean-Marc et Jean-Paul…


… Mais d’abord la petite-énigme de la journée (très classique) :
Mon développement peut vous sembler illogique puisque chez moi :
« L’accouchement arrive avant la grossesse ; l’adolescence avant l’enfance ; la course avant la marche ; l’écriture avant la lecture ; les devoirs avant les leçons ; et même la mort avant la vie ; mais ma constitution est logique et la précède même.
Qui suis-je ? »


Donc Jean-Marc et Jean-Paul …
… sont à terre. Des dizaines de personnes se bousculent au coin de la rue.
Et plus le temps passe, plus l’attroupement prend de l’ampleur.
Un policier approche, fend la foule et voit deux gars couchés par terre, l’oreille collée au sol.
« Alors ? » demande le policier. « Vous entendez quelque chose ? »
« Non ! », répond Jean-Marc.
« – Et c’est justement ce qui nous embête » ajoute Jean-Paul. « Ça fait une heure qu’on est ici et on n’entend toujours rien.
– Mais vous pensez entendre quoi au juste ?
– Nous ? Ben justement, on ne le sait pas… »


« – Comme ça tu as pris une maîtresse », lance Germaine en hurlant à Jean-Marc qui vient de rentrer aux petites heures du matin. « Comme ça tu en as assez de moi ?
– Non. Justement, je n’en ai pas assez ! »


Un vieux arrive à la messe avec un parapluie alors qu’il fait beau. On s’étonne mais à la sortie il pleut.
Le dimanche suivant, il va pleuvoir mais il arrive sans rien et à la sortie il fait soleil.
On lui demande comment il fait pour deviner le temps qu’il va faire.
Il explique : « Avant de partir, ma femme prend mon sexe, le caresse un peu, le tient à la verticale et le laisse tomber ; s’il tombe à gauche, il va faire beau et s’il tombe à droite, il va pleuvoir ! »
Alors Jean-Marc lui demande :
« – Oui mais, si elle reste droite ?
– Eh bien, dans ce cas, on ne va pas à la messe ! »


Jean-Marc demande à son ami :
« Pourquoi tu plantes des presse-purées ? »
Jean-Paul lui répond :
« – Pour éloigner les girafes.
– Mais il n'y a pas de girafes ici !
– Évidemment puisque j’ai planté des presse-purées ! »


Germaine et Georgette sont au restaurant.
Le serveur dépose sur leur table deux morceaux de gâteaux un petit et un grand. Germaine dit à sa copine :
« Vas-y, sers toi ! »
Georgette donne le petit morceau à Germaine et garde le gros pour elle.
« Franchement », lui dit Germaine pas contente « tu es pas mal impolie…
– Pourquoi ?
– Tu prends le gros morceau et tu me laisses le petit !
– Et toi qu'aurais-tu fait à ma place ?
– J’aurais pris le petit et je t’aurais donné le gros.
– Mais de quoi tu te pleins alors ? Tu l’as eu ton petit morceau ! »


Une brave petite dame qui habite près du stade Intercommunal se promène sur le trottoir en tirant deux sacs poubelle.
Tout à coup, un des sacs se déchire et laisse sortir des billets de 5 euros. Remarquant cela, un policier l’arrête et lui dit :
« – Madame, il y a des billets de 5 euros qui sortent de votre sac.
– Ho ! Vraiment ? Je dois retourner et voir si je peux retrouver les autres que j’ai perdus. Merci de me l’avoir dit.
– Un instant madame, pas si vite »,  dit le policier, « d’où vient cet argent ? Vous ne l’avez pas volé, j’espère ?
– Ho, non ! » répond la petite vieille. « Ma cour arrière est près du stade Intercommunal et durant les matchs de rugby, quelques supporters viennent faire pipi à travers la clôture de mon jardin de fleurs. Alors ce que je fais, je me tiens près de la clôture avec une paire de sécateurs et à chaque fois qu’un gars sort son attirail pour faire pipi, je lui dis 5 euros ou je la coupe ! »
Le policier municipal ajoute en riant :
« C’est bien normal » et lui souhaite bonne chance.
Et puis il demande :
« – Qu’est-ce qu’il y a dans l’autre sac ?
– Vous savez », dit la petite vieille, « tout le monde ne paie pas… »


Un jour, au jardin d’Éden, Ève s’adresse ainsi à Dieu :
« – Seigneur, j’ai un problème…
– Lequel ?
– Seigneur, je sais que vous m’avez créée et que vous m’avez donné ce magnifique jardin et tous ces merveilleux animaux et ce grand bouffon de serpent mais je ne suis pas heureuse.
– Qu’est-ce qui t’arrive ?
– Seigneur, je suis seule, et j’en ai ras le bol des pommes.
– J’ai une solution. Je vais créer un homme pour toi.
– Qu’est-ce qu’un homme, Seigneur ?
– Une créature imparfaite, avec plusieurs défauts. Il mentira, trichera, sera vaniteux et s’auréolera de gloire. Il t’en fera voir de toutes les couleurs. Mais, il sera plus grand que toi, plus fort, plus rapide et il aimera chasser et tuer. Il aura l’air ridicule quand il sera excité, mais puisque tu t’es plainte, je le créerai en sorte qu’il satisfasse tes besoins physiques. Il sera un peu niais et s’amusera à des choses inutiles comme se battre et jouer au ballon. Il ne sera pas trop brillant, aussi aura-t-il besoin de tes conseils pour bien orienter sa pensée.
– Superbe ! » dit Ève, avec un haussement de sourcils ironique. « Mais où est le piège, Seigneur ?
– Tu peux l’avoir à une seule condition.
– Quelle est-elle, Seigneur ?
– Comme je te l’ai dit, il sera fier, arrogant et vaniteux. Alors tu devras lui laisser croire que je l’ai créé en premier. Mais rappelle-toi, ce sera notre petit secret, entre nous, entre femmes… »


Jean-Gérard, un passionné de golf demande au responsable du terrain de golf de lui trouver un groupe de personnes pour partager agréablement le parcours.
Le responsable en parle aux habitués et finalement, il trouve des personnes intéressées. Lorsque Jean-Gérard revient faire sa partie, le responsable lui dit :
« – Je vous ai trouvé un groupe de 3, mais ce sont des rabbins. Ça ne vous gêne pas ?

– Non pas du tout. »
Et ses nouveaux amis disputent ensemble leur première partie. Dès le premier drive, Jean-Gérard se sent un peu dépassé : Il tombe à 150 mètres dans le rough, alors que les trois rabbins parviennent tous à 250 mètres sur le fairway…Et presque tous les trous comme ça. À la fin de la partie, Jean-Gérard est époustouflé. Il demande :
« – Vous jouez vraiment très, très bien. Vous devez vous entraîner tous les jours ?
– Non non. On ne vient qu’une fois par semaine. Nous allons juste prier une fois par semaine dans notre synagogue le jour de Shabbat et nous demandons à jouer correctement, c’est tout ! »
Alors Jean-Gérard rentre à la maison hyper excité et il dit à sa femme :
« Chérie, on va se convertir au judaïsme ! »
Ils se convertissent aussitôt, trouvent une synagogue, se mettent à prier tous les Shabbat et mangent casher.
Une année passe, Jean-Gérard-David n’a toujours pas progressé dans son jeu : Il se fait toujours avoir par les trois rabbins qui eux, continuent à jouer comme des dieux.
Un beau jour, Jean-Gérard-David, très déçu, s’adresse à eux :
« – Je suis déçu, déçu, déçu… J’ai suivi vos conseils : Je me suis converti au judaïsme et j’ai rejoint une synagogue, j’ai fait mes prières à chaque Shabbat, tout ça pour jouer aussi bien que vous. Ça fait un an maintenant, et je suis toujours aussi mauvais !
– Dans quelle synagogue vous allez prier ? » demande Rabbi Ezekiel.
« – Shalom Kippour…
– Aïe, aïe, aïe ! Quelle erreur, Shalom Kippour, c’est pour le tennis ! »


Jean-Marc et Jean-Paul, une fois de plus complètement saouls, se racontent des histoires depuis des heures.
Soudain, Jean-Paul éclate en sanglots…
« – Je dois t’avouer une chose terrible. Il faut que je te le dise. Je l’ai sur le cœur depuis des années.
– Bof. Vas-y, on est des potes.
– Ben, ta femme…
– Quoi, ma femme ? Germaine ?…
– Ta femme, je couchais avec elle quand tu travaillais à Monaco.
– Ah !
– C’est tout ce que ça te fait ?
– Ben oui. Moi je couchais avec la tienne la veille de ton mariage. »


Un vétérinaire doit inséminer un troupeau de vaches. Il se rend dans l’étable pour effectuer consciencieusement sa mission.
Une fois son travail fini, il remonte dans sa voiture.
Au moment de démarrer, il voit les vaches, le museau écrasé contre le pare-brise. Il ouvre la fenêtre :
« – Mais… Qu’est-ce qu’il y a ?
– Ben quoi ? Et on n’a même pas le droit à un p’tit bisou ? »

Un jeune couple, follement amoureux, rentre de faire des emplettes de dernière minute, la veille de leur mariage, lorsque leur voiture est renversée éparpillée par un camion. La mort est instantanée.
Au paradis, ils remplissent les formulaires d’usage devant Saint Pierre.
« Nous devions nous marier demain. Serait-il possible que nous nous épousions au ciel ? »
Saint Pierre devint songeur :
« À ma souvenance, il n’y a jamais eu de mariage au ciel.
Laissez-moi en discuter avec Dieu. »
Quelques jours plus tard ils sont invités à rencontrer Dieu :
« – Vous voulez vraiment vous épouser ?
– Ah, oui, Seigneur », répondirent-ils en chœur. « Nous nous aimons tellement…
– Revenez me voir dans cinq ans. Si vous souhaitez toujours vous marier, je verrai ce que je pourrai faire pour vous. »
Déçus mais tenace, ils attendirent cinq ans, ce qui leur parut une éternité.
Toujours de plus en plus amoureux l’un de l’autre, ils se représentèrent chez Dieu qui leur dit :
« – Écoutez, si vous tenez toujours à vous marier, attendez que je vous fasse signe. Il faut être patient.
– Merci Seigneur », dirent-ils, cachant mal leur déception.
Ils attendirent encore cinq ans, puis, un jour, un messager vint leur dire de se présenter devant Dieu…
« Vous désirez toujours vous épouser ? » Leur demanda-t-il.
« – Plus que jamais, mon Dieu !
– Nous allons faire le nécessaire. »
Une semaine plus tard, ils se marièrent puis retournèrent, comblés, sur leur nuage.
Quelques années plus tard ils se présentèrent à nouveau devant Dieu :
« – Le mariage n’est pas tout à fait ce à quoi nous nous attendions. Nous vous serions reconnaissants si vous acceptiez que nous divorcions…
 – QUOI ? » dit Dieu, hors de Lui.
Son visage durcit. Les nuages s’entrechoquent et les éclairs zèbrent le ciel.
« Pas question ! J’ai mis plus de dix ans avant de trouver un prêtre au paradis !
Avez-vous une idée du temps qu’il me faudrait pour trouver un AVOCAT ? »


Jean-Marc entre dans la chambre de l’hôpital.
Il visite son père qui est malade.
Ils discutent un peu pendant qu’il lui tient la main.
Puis, le fils s’assoit sur le lit, car son vieux parle très bas.
Soudain le malade se met à respirer avec difficultés.
Il devient bleu.
Il saisit un morceau de papier et un stylo, il griffonne quelques mots, lâche tout, et meurt.
Jean-Marc, désemparé par le chagrin, ramasse machinalement le morceau de papier et le met dans sa poche.
Quelques jours plus tard, lors des obsèques, en fouillant dans sa poche, Jean-Marc tombe sur la feuille de papier.
Toute froissée.
Il le déplie, et lit :
« Connard ! Lève ton cul du tuyau d’oxygène ! »


Un kangourou ne cesse de s’échapper de son enclos au zoo à Monte-Carlo.
Les gardiens, sachant que ces bestiaux peuvent sauter très haut, élèvent une barrière de 3 mètres de hauteur.
Le lendemain matin, ils le retrouvent rodant autour du zoo.
Ils élèvent alors une barrière de 5 mètres.
Le kangourou s’échappe encore.
Quand la barrière atteint les 10 mètres, quelques jours plus tard, un chameau de l’enclos d’à côté demande au kangourou :
« – Jusqu’à quelle hauteur crois-tu qu’ils vont aller ?
– Jusqu’à un kilomètre, à moins que quelqu’un ne ferme la porte à clé ! »


Bon week-end à toutes et à tous !


I3


PS : La réponse : Un dictionnaire !
Bé oui…

jeudi 22 février 2018

Le « cousin » Spineta décoiffe

En avant pour un démantèlement et une grève !

Remis il y a huit jours, le rapport de 127 pages sur l’avenir de l’industrie ferroviaire rédigé par l’ex-patron « d’Air-trans » (toujours aussi « pétillant » malgré ses 74 balais au compteur) propose quarante-trois mesures pour réformer le système de transport ferroviaire et sauver un système en faillite depuis des années.
« Ça va décoiffer ! », avait prévenu « Babeth-Borgne », la « sinistre des Transports ».
« Force est de constater, aujourd’hui, que les performances ne sont pas toujours satisfaisantes, en termes de régularité ou d’information voyageurs, par exemple, que les besoins de modernisation du réseau restent considérables, et que le financement de l’ensemble du système est gravement déséquilibré », assène-t-il d’emblée.
« La situation est donc aussi préoccupante, et le système doit se réformer dans l’intérêt de tout le monde : les usagers comme les personnels ».
(Moi, ça me fâche quand on parle d’usager et pas de « client », mais passons !)
Pour rappel, le gouvernement doit décider d’en reprendre ou non les propositions : Rien n’est donc joué. Et Matignon a indiqué alors que le gouvernement allait ouvrir « une première phase » de concertation avec les syndicats et la direction de la SNCF, les régions et les … usagers.
Ce qui a déjà été fait entre-temps…

À l’issue de cette première étape de concertation, seront ensuite précisés « les thèmes abordés » et « la méthode de concertation » de la réforme, selon le cabinet du Premier ministre. « (Le gouvernement) mettra tout sur la table » pour « trouver un nouveau modèle économique » pour la SNCF, a indiqué « Ben-Grivois », le porte-la-parole du gouvernement. Et de se rassurer : « On est lucide, on est responsable, et on n’avance pas en ayant la peur au ventre. On avance de manière sérieuse ». Notez que de son côté le président de l’Assemblée nationale encore en exercice, l’a ramené en faisant savoir qu’il estime « le système ferroviaire est un bel exemple de chose qu’on a “laissé pourrir” depuis trente ans ».
Inutile de vous dire que les syndicats-locaux comptent bien « pourrir » la vie des ministères et ont déjà lancé un appel à la grève pour le 22 mars prochain : Tu penses donc, un bastion, un « fromage » pareil, ils ne vont pas l’abandonner comme ça…
Et il dit quoi, ce « rapport » ?

Bé que le statut de cheminot disparaîtra à l'embauche… « Droits acquis » ainsi préservés…
Le passage de la SNCF au statut de SA permettrait, comme ce fut le cas à La Poste, d’abandonner le recrutement de cheminot « au cadre permanent » avec un régime de Sécurité sociale et de retraite spécifiques. « Dans le cadre de la loi, il pourrait être mis un terme au recrutement au statut des nouveaux embauchés, en préservant strictement les droits individuels des personnels en bénéficiant. Les nouveaux recrutements devront s’opérer (…) dans un cadre conventionnel à parachever » (comme quoi, toute reste entre points de suspension), de façon à ce que la SNCF puisse « recourir pendant deux ans à la procédure des plans de départs volontaires » : On dégraisse (du mauvais gras) et on embauche du « tout-nouveau/tout-kon » (moins cher) « effet de noria » garanti pour réduire la masse salariale : Logique.
Quant au recrutement de nouveaux « agents », il s’agira de généraliser les emplois contractuels de droit commun, en CDI ou en CDD. Ainsi, le statut de cheminot s’éteindrait tranquillement au fil des départs en retraite et sans faire de vague.

Mais c’est quoi ce fameux statut ? Bé on ne peut pas dire qu’ils sont maltraités :
Le régime des cheminots a été fixé par la loi en 1909. En 1945, malgré l’adoption du régime général de Sécurité sociale, le régime spécial de la SNCF subsiste du fait de son antériorité. Dans les évolutions récentes, en 2008 (« Bling-Bling »), a notamment été décidée la hausse de la durée de cotisation pour la retraite, passant de 37,5 à 41,5 années lors de son entrée en application en 2017. (Idem chez EDF et encore plus fortement à « La Poste »).
Jusqu’en 2016 les cheminots ont eu la possibilité d’un départ à la retraite dès 50 ans pour les conducteurs de trains et à 55 ans pour les travailleurs sédentaires. Depuis le 1er janvier 2017, cette limite d’âge augmente de quatre mois par an pour atteindre, en 2024, respectivement 52 et 57 ans.
Dans le même temps, la durée de service minimum va, de son côté, passer de 25 à 27 ans. Leur pension, à taux plein, représente 75 % du salaire des six derniers mois. Dans le « secteur privé », rappelons qu’elle est calculée en fonction des 25 meilleures années…

Mais ce n’est pas qu’un « régime spécial de retraite » : C’est quantité de mesures « hors du droit commun » comme le « régime spécial de sécurité sociale » qui donne notamment accès aux cheminots à des centres médicaux gratuits (tout comme celui réservés aux agents de la RATP), sauf que pour les cheminots, c’est n’importe quel centre médical conventionné, y compris pour les ayants-droit (hors celui de la RATP… !).
Les salariés de la SNCF au statut de cheminot bénéficient également de l’emploi à vie, comme c’est le cas dans d’autres entreprises publiques.
Autre avantage : Les facilités de circulation, soit la gratuité des billets de train et la possibilité d’obtenir des billets à prix réduit pour leurs proches. Ces billets, dont seule la réservation est payante, sont accessibles à tous les salariés de la SNCF, qu’ils soient cadre permanent, contractuels ou retraités.
Vous noterez que les agents EDF/GDF ont de leur côté des compteurs électriques « gratuit »… logique !
Les agents SNCF ont 28 jours de congés payés par an, contre 27 selon le code du travail. Ils disposent aussi d’un nombre variable de RTT selon leur durée de travail journalière : Lorsqu’ils dépassent les 7 heures de travail, des RTT leur sont octroyées. Si les personnels administratifs ont 10 RTT, les personnels roulants et agents travaillant de nuit bénéficient respectivement de 22 et 28 jours correspondant aux contraintes qu’ils subissent pour assurer un service 7 jours sur 7.
Là encore… logique !
Évidemment, on ne dira rien des accès aux logements du parc SNCF à des loyers qui vont encore baisser (l’effet de la baisse des APL, même quand les agents ne sont pas concernés et des injonctions gouvernementales de l’automne dernier pour « sauvegarder » du pouvoir d’achat…) et des logements de fonction…

Rappelons à l’occasion que 92 % des quelque 150.000 salariés de la SNCF relèvent du « statut de cheminot » : Ce sont les « agents du cadre permanent ».
Pour en bénéficier, il faut avoir moins de 30 ans au moment de l’embauche. Les jeunes salariés non-cadres passent ensuite un « stage obligatoire » d’un an alors que les jeunes cadres embauchés font l’objet d’une période d’essai de deux ans et demi durant lesquels leur contrat de travail peut être rompu sans indemnité.
Ils sont également évalués trois fois par leur manager durant cette période, sur leurs aptitudes professionnelles et sur leur comportement, explique le site de la SNCF : Une formule totalement dérogatoire au droit commun…
Le reste des salariés de la SNCF (8 %) sont des « agents contractuels », en CDD ou CDI, liés à l’entreprise par un contrat de travail conforme, lui, à votre code du travail et ne bénéficiant donc pas du statut de cheminot.

Notons par ailleurs que l’embauche au statut cheminot est réservée aux ressortissants de l’UE. C’était ainsi l’argument avancé par la SNCF pour se défendre dans l’affaire des « chibanis », ces cheminots marocains arrivés dans les années 70 et restés contractuels toute leur carrière… Mais la compagnie ferroviaire a été condamnée fin janvier en appel pour « discrimination » salariale et professionnelle à l’encontre de ces cheminots marocains : Il est donc temps de revenir au droit commun…

Tout cela a un coût phénoménal : La preuve, quelle que soit la façon dont on compte, la compagnie perd un pognon monstrueux et s’endette pour faire les échéances. SNCF Réseau, gestionnaire de l’infrastructure qui assure la rénovation et l’entretien du réseau ferroviaire, croule sous une dette de 45 milliards d’euros. Et celle-ci augmente de 3 milliards d’euros supplémentaires chaque année et la seule charge d’intérêt s’élève à 1,5 milliard/an.

Cette fois, la reprise de la dette par l’État est programmée et devrait être échelonnée. « Le traitement de la dette est une condition préalable et nécessaire à un retour à l’équilibre du gestionnaire d’infrastructures », dit le rapport, sans plus de précisions.
Les gouvernements précédents avaient promis courageusement de s’y atteler tout en repoussant, tout autant courageusement, l’échéance d’une reprise même partielle de cette dette.
Il faut dire que pour l’heure, cette dette est assez mal-gérée, pour se faire « au jour-le-jour » en fonction des besoins de trésorerie.
C’était déjà le cas il y a 30 ans : Je me souviens parfaitement d’avoir acheté des bons de caisse-SNCF quand j’étais à la tête d’une boutique que j’avais réussi à faire ruisseler sous le pognon (qu’il y en avait partout, même caché dans les stocks). À 9 % de taux d’intérêt, c’était une excellente façon de financer l’apéro là où les banques ne m’offraient que du 3 % à vue…
Ceci dit, il y a aussi les dettes d’exploitation…

Justement, le « cousin » pointe le problème (sans le chiffrer) : « Recentrer le transport ferroviaire sur son domaine de pertinence » ! Je n’aurai pas dit mieux…
« Les 30.000 kilomètres du réseau ferroviaire français sont utilisés de manière très différente : 30 % du réseau voit passer 90 % du trafic voyageurs, quand, à l’autre bout, 45 % des voies ne sont empruntées que par 2 % des voyageurs ».
Ça, c’est une remarque « à la kon » : Ce n’est pas le  trafic qui compte, mais la marge opérationnelle des uns et des autres types de trafic !
Si les deux payent le « bon prix » (celui d’équilibre d’exploitation), il ne devrait pas y avoir de soucis.
Mais dans les faits, ce n’est pas le cas : Les tarifs de base (hors promotions pour remplir les trains) est le même au kilomètre. Une ânerie, mais bon, service public oblige, n’est-ce pas.
Pour le « cousin », il s’agit donc de concentrer l’activité de la SNCF sur les transports du quotidien autour des agglomérations et les dessertes TGV entre les principales métropoles Gauloisiennes.
Il estime ainsi que « le réseau à grande vitesse peut être considéré comme abouti » et que construire de nouvelles lignes « entraînerait le TGV au-delà de sa zone de pertinence économique, c'est-à-dire les dessertes de très grandes agglomérations avec des trajets durant jusqu'à trois heures ».

Il n’a pas oublié qu’il a été PDG de l’avionneur national : Les lignes « à une heure » de vol, c’est limite… parce que justement ça fait 3 heures de porte-à-porte.
Et que faire voler un avion durant 3 heures, ça met à portée toutes les capitales (et grandes-villes) d’Europe à portée…
Au-delà, c’est du « long-courrier ».
Pour ma part, j’aurai plutôt pris le pari de mettre Berlin, Milan, Turin voire seulement Barcelone ou Madrid « à trois heures » par le rail avec de nouvelles lignes à ouvrir.
Je rappelle au passage que Toulouse, Pau, Montpellier, Brest dans une moindre mesure, et surtout Nice, sont encore « à perpète »…
Et que l’avion ne peut pas non plus tout assumer…

Ceci laisse présager également la suppression des petites lignes ferroviaires – qui mobilisent 16 % des moyens consacrés au ferroviaire – ainsi que de petites gares. Les lignes les moins fréquentées pourraient ainsi être confiées aux régions dans le cadre de la libération du rail, mais alors, ça pourrait « coûter bonbon » aux kontribuables locaux…
À suivre.
D’autant que je n’ai rien lu sur la CFC (Chemin de Fer Corse), une sous-filiale locale, déjà financée par la communauté territoriale, et son TGV (train à grandes vibrations)…
Le cadet des soucis pour un « cousin-natif »…

« Ceci implique une filialisation qui sera exigée par Bruxelles car une recapitalisation a déjà eu lieu en 2005 », explique-t-il pour justifier de la libération du fret. Pour rappel, la dette d’exploitation du transport de marchandises de la SNCF s’élève à elle seule à plus de 4 milliards d’euros. Mais elle devrait être conservée par SNCF Mobilités.
Du coup, il va falloir changer de statut : La SNCF devient une société anonyme.
Je rappelle qu’avant les nationalisations antérieures (d’une part pour cause de faillites diverses et variées due notamment aux « régimes sociaux » d’avant-guerre et, d’autre part à la vague de 1945 et des « sinistres communistes » du moment qui voulaient en faire une « vitrine-sociale »), c’était déjà une myriade de SA.
Donc, retour au régime d’antan (et enterrement de première classe des « hérésies post-cocos »), mais avec des spécificités qui font tout le « charme discret de la Gauloisie ».
Le rapport préconise effectivement de changer à nouveau le statut de l’entreprise ferroviaire, en modifiant ses deux principales composantes, SNCF Mobilités et SNCF Réseau, en sociétés anonymes à capitaux publics. Pour rappel, une SA peut être détenue à 100 % par des capitaux publics comme c’est le cas avec La Poste, détenue à 73,68 % par l’État et à 26,32 % par la Caisse des dépôts (elle-même détenue par…).
À l’heure actuelle, le groupe SNCF est constitué de trois établissements publics industriels et commerciaux (Épic). C’est le fruit de la réforme ferroviaire de « Tagada-à-la-fraise-des-bois » de 2014 qui a de nouveau réuni les deux branches du ferroviaire : Le réseau – SNCF Réseau – et les services – SNCF Mobilités – chapeautés par un Épic de tête qui fait office de holding.
« Le statut d’EPIC procure une facilité mais qui est aussi un défaut : l’établissement est relié organiquement à l’État », estime-t-il. « Il peut donc s’endetter sans limites. Cette facilité de la dette doit être stoppée ».
 
D’autant que l’ouverture à la concurrence va aller plus vite que prévue initialement.
Pour Bruxelles, elle doit avoir lieu au plus tard fin 2023 pour les TER et les Intercités et fin 2020 pour les TGV.
Or, plusieurs régions ont fait part de leur souhait de ne plus confier à la SNCF leurs TER dès 2019.
Les négociations de concertation doivent préciser les conditions de transferts de personnels aux éventuels concurrents de la SNCF.
Pour les lignes à grande vitesse, le rapport opte pour une concurrence en accès libre. Autrement dit, il y aurait plusieurs opérateurs sur une même ligne, mais les personnels (navigants et sédentaires) pourraient rester les mêmes « aux manettes ».
Je ne te raconte pas les embrouilles à venir…

Car ça tombe bien : Un statut de droit-privé pour le « bidule », une ouverture des lignes à la concurrence (celles qui rapportent mais surtout celles qui plombent), un statut des agents qui revient dans le giron du droit commun, ça donne un  plan de départ volontaire à venir.
« La SNCF doit pouvoir recourir pendant 2 ans à des plans de départs volontaires »…
Chose jusque-là impensable (et illégal) pour incompatibilité avec « le statut »…
On ouvrira le capital social plus tard, au moment où il faudra des « capitaux frais » pour refaire les installations ferrées, sujet à peine évoqué, alors que bon… ça défaille plutôt assez fréquemment…
En effet le recours au financement public pour reconstituer une dette publique reste « non soutenable », selon son rapport.

Reste maintenant à savoir la réaction des personnels concernés : Régulièrement remise sur la table, la réforme, qui était notamment l’un des déclencheurs des grèves de 1995, est devenue au fil des décennies un enjeu social.
« Jupiter » saura-t-il déminer ce dossier… « en même temps » qu’un autre, celui des retraites (on y reviendra) qui reste explosif, avec ce rapport « pro domo » ?
C’est à suivre, mais c’est bien essayé.