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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

dimanche 20 août 2017

Ultime récit : Chapitre quinzième


Préparatifs

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

Une bataille, même spatiale et cosmologique, menée par la Garde, même contre des vaisseaux de guerre les mieux armés de la légion et servis par des troupes et officiers au top de leurs compétences, c’est comme un jeu d’enfant.
Absolument imparable !
Et pour cause.
Non seulement la Garde, qui vient du futur et maîtrise les sauts « dans le passé », possède vraisemblablement les meilleurs documents archivés de la vie de l’univers en plus de cartes du cosmos en quatre dimensions, et il lui suffit alors de se conformer à « ce qui est déjà marqué », puisque c’est marqué « comme ça », mais en plus le mutant Steph l’Ultra, a par conséquent prévu de collecter des informations essentielles, là encore en quatre dimensions et de façon très précise, de sa propre intervention en disposant préalablement cinq sondes « passives » orbitant autour du système Boomerkar en temps voulu.
C’est-à-dire « avant » l’arrivée de la flottille de la Légion de l’amiral Landditsy.
Simple…

Ayant ainsi tout le déroulé des opérations, en trois dimensions spatiales plus celle du temps qui avance de présents en présents, il a pu prendre connaissance, presqu’intime, des opérations de la Légion qui a d’abord consisté à chasser les Krabitz des planètes et étoiles « extérieures », à la fois en usant de la puissance de destruction des véhicules de sa flottille et en empoisonnant avec des cyanobactéries extrêmement voraces et efficaces l’environnement des « touffes d’herbe », vers Boomerkar, puis des planètes du système « Boomerkar » vers les deux dernières avec pour ambition de finaliser son génocide à coup de « chocs énergétiques ».
Et ses vaisseaux sont équipés pour ça.
Pour lui, il fallait faire rapidement, d’une part parce que c’est la mission que la « Haute autorité » lui avait confiée – et son avancement pouvait en être accéléré – mais aussi parce que la flotte est mobilisée par ailleurs pour réduire la rébellion de Qarassa, ces peuplades autochtones qui ne trouvent rien de mieux à faire, après être sorties de leurs planètes, de s’enrichir en pillant et piratant le trafic de vaisseaux-cargos qui circulent sur les lignes commerciales entre les diverses civilisations de leur coin de la galaxie.
Un transfert rapide s’impose donc à ce moment-là.
Et il est pressé de réussir. 

Les sondes de la légion n’ont pas su détecter les « intrus » de la Garde, dissimulés dans les ceintures d’astéroïdes éparpillées autour d’astres plus massifs, composant soit des satellites naturels, soit des « protoplanètes » en devenir, comme il arrive souvent.
Et les sondes de la Garde peuvent ainsi donner de précieuses informations ensuite recoupées avec les autres données disponibles en archive.
Paul de Bréveuil, alias « Charlotte » participe à cette phase finale de la bataille.
Après son enlèvement et « son initiation » par le « gouverneur Stéphane », à l’occasion de son repos, la machine retourne à son présent. C’est-à-dire … dans le futur lointain.
Puis « ressaute » dans son passé, au moment de la dite bataille sur les lieux de celle-ci. Dans l’intervalle, Paul, après avoir pris une connaissance sommaire des événements qu’il va vivre, est prié de préparer son intervention directement sur l’appareil de l’amiral Landditsy.
« – Mais vous faites ça comment ?
– Je crois que l’agent Birgit vous l’a déjà expliqué. Le saut vers le passé est très encadré et n’existe que quand il est évident qu’une de nos machines a pu y procéder.
– Que sont devenus Birgit et George ?
– Je n’ai pas à répondre à cette question, figurez-vous. D’autant que l’une d’entre-elle relève de mon futur à moi-même. Que j’ignore.
– Comment ça ?
– Birgit appartient à mon passé. Un excellent élément antérieur à la création de la Légion et par conséquent de la Garde.
– Ah ?
– C’était une « augmentée ». Elle a été, comme vous, enlevée à son époque, pour réaliser votre jonction et piloter l’opération que vous avez vécue, la première je crois, propre à votre époque et à l’enlèvement de votre… moitié à vous ! »
Une « augmentée »… Il va falloir qu’il comprenne un jour ou l’autre.

« Les « augmentées sont des homos, comme vous, comme moi, dont le génome est « travaillé » par Sapiens. Ils ont des capacités physiques et intellectuelles « augmentées » par différentes techniques d’ingénierie notamment génétiques.
D’ailleurs, je crois me souvenir que ces sciences du vivant apparaissent à votre époque et vous allez même être projeté à votre époque, à votre retour de mission, pour mettre un terme à l’une d’entre elle qui reste anticipée pour… votre époque. »
Pas sûr, pas sûr…
« – En revanche George est probablement un cyborg de haute génération issu de mon avenir.
– Haute génération ?
– Il me semble qu’il a une conscience de lui-même et aurait été capable d’empathie. Tout ce dont les nôtres ne sont pas encore capables à mon époque à moi.
– C’est vrai qu’il m’a semblé être doté d’un certain sens de l’humour, de quelque autodérision et a pris son pied à surfer sur les vagues du pacifique à mon époque… à moi, quand il m’a balancé en pleine guerre du Koweït.
– Ah oui, ce conflit interminable du Moyen-Orient de votre siècle…
– Et alors ? Quelle différence entre « augmenté » et « amélioré » ?
– Les « améliorés » sont des « augmentés » mais qui ont atteint, par l’effet des progrès de l’ingénierie génétique, une relative « immortalité ».
Nous disons relative, parce que même pour nous, les « Ultras », nous ne sommes pas vraiment immortels. Au moins autant qu’eux. Il arrive un moment de notre existence où nous nous « endormons ».
Alors certes, nos mémoires et matières peuvent être conservées indéfiniment et « réactivées » n’importe quand, elles peuvent être également dupliquées, clonées, répliquées, mais il nous arrive à tous de ne pas souhaiter persister dans le monde des vivants.
Et nous nous éteignons.
À noter un détail qui reste important pour vous le Sapiens originel et … à peine évolué.
La différence physiologique entre nos quatre espèces tient à leur mode de reproduction.
Vous, les Sapiens et les « augmentés », êtes des vertébrés, sexués, vivipares. »
C’est un peu ça…
« Les « améliorés » sont toujours des vertébrés, mais sont devenus des « ovipares » asexués. »
Pardon ?
« – En fait il n’y a qu’un seul sexe. Celui des femelles. Elles pondent des « œufs », des ovules, tout-à-fait naturellement et en prélèvent quelques-uns avant nidification pour les ensemencer avec des gamètes issues d’autres ovules. C’est du génie génétique-appliqué.
– Eh bien, ça doit être gai un monde pareil, je veux dire sans sexe !
– Une façon comme une autre de goûter aux joies de l’existence. Et puis ça permet de progresser sans sentiments négatifs, tels que l’envie, la jalousie, l’orgueil, la luxure débridée qui génèrent souvent des querelles, des violences colériques, des guerres et leurs atrocités. Des plaies de votre espèce Sapiens si belliqueuse.
– Probablement… Mais comment font-elles pour réaliser une gestation complète ?
– Oh, ça ? Mais même à votre époque vous avez déjà mis au point des machines qui font ça très bien !
– Ah bon ? Je ne suis pas au courant…
– Alors c’est que ça va venir.
– Et vous, les « Ultras », qu’est-ce qui vous différencie ?
– Nous somme également des ovipares, mais pour être à la fois des non-vertébrés et de vrais hermaphrodites, nous sommes encore plus … autonomes. Nous nous dupliquons par clonage et manipulation de cellules souches, éventuellement enrichies. Vous remarquerez que ça nous met à l’abri des diverses distorsions comportementales liées à vos natures torturées pour être avant tout bestiales.
Mais il n’y a pas que ça. Par exemple, vous savez déjà que je reste sensible aux champs dans lesquels nous sommes plongés. Vos sens à vous, les six, dont un est formidablement atrophié, ne nous sont pas vraiment utiles. Et puis, il y a d’autres mutations dont je bénéficie, qui nous séparent de votre espèce particulière.
– Comme quoi ?
– Juste un exemple. J’ai un cortex comme le vôtre, mais ce qui vous sert de nerfs, qui commandent vos muscles, vos organes, vous renseignent sur votre environnement par vos sens, sont chez nous des prolongements de l’équivalent de vos neurones.
– Ah oui ?
– Eh oui !
– Intéressant. Combien de mutations génétiquement stables entre moi et vous ?
– Plusieurs dizaines. Je vous rassure, toutes ces « variantes » peuvent cohabiter. Pas toujours en harmonie, mais ça cohabite et se développe normalement, surtout quand on intervient de temps en temps, bien évidemment.
– Naturellement… Puisque vous disposez d’une « intime connaissance » du, des déroulés historiques.
– Il n’y en a qu’un seul. Seul l’avenir est incertain. Même si nous sommes rassurés sur ce point, puisque nous-mêmes, nous recevons des « impulsions » exactement comme vous. Venant de notre futur.
– Je vois : une longue chaîne de savoirs sur les devenirs.
– Un seul devenir, mettez-vous ça dans la tête, Paul.
– Et le tout contrôlé par une organisation politique optimisée, je suppose ?
– Je n’ai pas à vous en parler. Vous imaginerez bien que ce que vous voudrez. Sachez seulement que l’univers est peuplé d’une quantité incroyable de formes de vie, de la plus microscopique à la plus montreuse. Vous allez d’ailleurs en croiser, de la taille d’un planétoïde. Pas toujours dangereuses, mais d’après mes données, il va vous falloir faire usage des moyens de destruction de votre vaisseau pour « ouvrir un passage » un laps de temps suffisant pour faire passer les cargos-Krabitz et revenir. Étape 95.
– Étape 95 ? 
– Je vous explique. Vous allez prendre le vaisseau amiral de Landditsy avec mon aide. C’est pour cette raison que je suis là. Après une courte bataille. Puis vous allez ouvrir un chemin jusqu’au-delà de l’horizon de l’univers vers la matière noire qui fera un excellent terreau pour les Krabitz, dont on peut imaginer qu’ils vont pouvoir se développer sans limite.
En tout, 130 étapes par un cheminement qui nous échappe. Tout ce qu’on sait, c’est que vous serez aidé d’un pilote de la légion, qui va vous guider jusqu’à la sortie de la galaxie, puis que vous suivez ensuite les crêtes gravitationnelles vers les points les plus froids de l’univers.
Vous savez, ces déficiences, des faiblesses du rayonnement fossile. »
Paul en a déjà entendu parler. Mais pas des « crêtes-gravitationnelles ».

« – La gravitation universelle est une force d’attraction qui s’exerce sur la matière. La matière n’est d’ailleurs qu’une cendre d’énergie. Qui dit « attractivité » dit, selon les équations des symétriques, « répulsion ». Et l’un comme l’autre de ses champs de force créent des « vallées », où s’accumule la matière qui donne ces magnifiques galaxies qui peuplent l’univers visible, et forment des « crêtes » là où il n’y en a pas…
Ce sont là où se trouvent les champs d’énergie les plus faibles qui finalement ont l’avantage de ne recéler que très peu de matière et donc présentent très peu d’obstacles à votre progression.
Vous retenez tout ça, parce que je ne serai plus là pour vous le rappeler…
– J’enregistre. Savez-vous que je ne sais pas vraiment piloter vos engins ?
– Naturellement. Vous serez aidé en cela par un pilote de la légion, vous ai-je précisé Axel.
– Un otage ?
– Un volontaire désigné d’office. Mais qui compte revenir. Vous pouvez lui faire confiance.
Vous poserez donc à chacune de vos étapes des balises qui traceront automatiquement le parcours à faire pour tous les vaisseaux Krabitz qui vous suivront.
– Pourquoi des étapes ?
– Pour deux raisons : le cheminement le plus sûr dans l’espace n’est pas la ligne droite. Il faut éviter les obstacles et l’engin dont vous allez vous emparer est équipé pour, non pas les éviter, puisque lui va toujours tout droit, mais pour les détecter. Vous verrez. Dès qu’il y a un problème sur la trajectoire, les dispositifs de sécurité vous rendent maître de la manœuvre. Et puis, ils ne sont pas non plus infaillibles : il faut les entretenir, les réparer, les recharger. Ce qui impose des arrêts durant votre parcours, des étapes.
– 130 donc ?
– 129 en réalité. Avec une mention spéciale pour le 95ème.
– Parce que ?
– Vous verrez bien une fois arrivé sur place. En revanche, une fois votre voyage terminé, il vous faudra faire le chemin à rebours et vous ramasserez les balises laissées à l’aller afin de fermer définitivement le passage vers le nouveau lieu de vie des Krabitz.
C’est pour cette raison que personne ne saura jamais, au moins jusqu’à mon époque, où se ils se trouvent.
– Ok, ok ! Je vois. Et maintenant, quel est donc le programme des réjouissances ? »
À ce mot, le gouverneur-Stéphane éclate de rire, ce rire si incroyable qui sort de son orifice buccal étroit et montre ses petites dents-de-lait…

samedi 19 août 2017

Ultime récit : Chapitre quatorzième


Paradoxes temporels (24/21)

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

La dernière bataille, de très courte durée, fait rage sitôt après cette intrusion.
Comment cette apparition a pu pénétrer le vaisseau, sans avoir été détectée ni repérée alors même que tous ses détecteurs sont en fonction ?
Impossible !
L’un des officiers présents se remet plus vite que les autres de la tétanie provoquée par cette apparition ubuesque et monstrueuse à la fois : pensez, un poilu !
Il se précipite vers une console de commande pour couper l’activation du champ de gravitation interne au vaisseau et centré sur le poste de commandement.
Paul réagit très vite, comme s’il savait, sort son lourd 11,43 colt 45 fétiche et tire dans la direction de la créature alors que chacun flotte désormais en apesanteur !
La détonation claque, l’odeur de la poudre envahit l’habitacle et apparaît un liquide rouge qui gicle de la blessure, mortelle, de l’officier désormais inanimé …
Du sang !
De l’hémoglobine !
Son odeur âcre, ses petites gouttelettes qui se répandent dans le poste de commandement et de pilotage du vaisseau…
L’horreur absolue.
Ils sont combien à avoir vu du sang sortir d’un orifice gros comme un pouce ?

Paul se retourne vers un autre, flottant dans un coin isolé, sur le côté et lui loge une seconde balle dans le buffet alors qu’il sortait son arme personnelle de son étui.
Normalement, le massacre doit s’arrêter là, il le sait pour avoir pris connaissance des archives de Steph.
« Un autre candidat ? »
Les mots ne sont pas ceux-là quand ils sortent de son larynx, mais ils sont immédiatement traduits par un des cyborgs qui l’accompagnent en langage coutumier aux autres officiers de la légion.
« Rétablissez immédiatement la gravitation, que je n’ai pas à le faire moi-même ! »
L’un des officiers obtempère.
Tout le monde choie sur ses pieds (ou ce qui en fait office), l’arme sortie de son étui produit un son métallique en heurtant le sol, les gouttes de sang des deux victimes de Paul éclatent en une multitude de tâches par terre.
« Paul de Bréveuil, alias « Charlotte », ambassadeur de la Coupole. Je prends le commandement de cet appareil. »
Un prénom neutre et autre féminin. Serait-ce un transgenre ?
Qu’est-ce donc que la Coupole ?
Est-ce une façon normale et « diplomatique » propre à la fonction d’ambassadeur que de commencer par tuer des officiers de la légion ?
« Vous allez évacuer avec vos barges de secours vers l’appareil en second. Tous ! »
Le temps de comprendre…
« Tous, sauf les droïdes, les cyborgs, les robots d’entretien et un pilote. »
Il prend un otage ?
« Exécution ! Et plus vite que ça. Sortez-moi aussi l’amiral Landditsy de son trou et amenez-le-moi. »
Comment cette… créature peut-elle connaître le nom de l’ex-patron du bord et de la flottille ?

« Je ne comprends pas, je ne comprends pas », commence ainsi l’amiral qui est amené manu-militari par les propres cyborgs de son bord, alors que d’autres regroupent les légionnaires vers les véhicules de sauvetage.
« – Qu’est-ce se passe ici ?
– Paul de Bréveuil, ambassadeur de la Coupole. Je prends le commandement de ce vaisseau et vous décharge de toute responsabilité quant à l’usage que je vais en faire.
– …
– Prise de guerre. Mais je vais vous le restituer d’ici quelques temps. Après usage. J’ai besoin d’un de vos officiers qualifiés pour en rendre compte et le piloter. Juste durant l’intervalle. Vous ne comptez pas comme moi, mais j’en ai pour environ 260 de mes mois. Si vous êtes assez patient, vous le récupérerez. »
En un seul morceau et en état de marche…
Qu’est-ce que ça veut dire ? Et puis tout ce sang étalé sur le sol…
Les deux cadavres.
Il reconnaît d’ailleurs en l’un d’eux son « partenaire de sensualité » favori, auquel il était attaché. Le conduire jusque-là pour le voir périr, alors que ce n’était pas vraiment un légionnaire qui s’intéressait à la chose militaire, quel gâchis ?
Pourquoi lui ?
Landditsy réprime le nœud qui lui tord les boyaux à la vue de cette chose devenue inerte et qui savait si bien prendre soin et exalter ses sens, pouvait être très tendre et toujours attentif, tel que lui n’avait jamais su lui rendre la pareille.
Mais quel désastre !
La honte de se faire voler son vaisseau en plus, également. Il ne pourra jamais y survivre.
« Nous récupèrerons quoi, si un de nos pilotes est à bord ? »
Une question stupide. Landditsy se rend compte que ce n’est le problème du moment.
« Comment avez-vous pu aborder et pirater un vaisseau de combat de la Légion ? Savez-vous ce qu’il en coûte ? »
La conversation est un peu hachée pour cause de traduction simultanée, malgré les deux cyborgs qui accélèrent le rythme.
« – Facilement.
– Quels sont vos objectifs ? Votre mission ?
– La même que la vôtre : pas les Krabitz ! »
Alors là, Landditsy ne sait plus quoi penser…
« – Mais, mais… » balbutie-t-il. « Ce n’est pas possible. Je m’apprêtais à me faire confirmer l’ordre d’évacuation par mon état-major.
– Pas la peine. Je suis là. Et puis… je vous signale que vous avez été destitué de votre commandement par vos propres officiers.
– Comment savez-vous ça aussi ?
– Et eux n’auraient fait qu’une bouchée des touffes d’herbes à transférer. Vous le savez bien. Vous n’auriez jamais eu le temps ni la possibilité d’exécuter le contrordre que vous avez reçu.
– Vous… vous êtes encore un avatar de ce… de ce Michel…
– Pas du tout. Moi, je suis un marin-militaire. Pas une gonzesse. Mais militaire de réserve mobilisé de temps en temps par la Garde et ses agents. Et j’obéis.
– Mais qu’est-ce donc que cette « garde » ?
– Je n’en sais rien et de toute façon, si je savais, je ne vous répondrai pas. Vous n’avez pas besoin de cette donnée pour débarrasser mon bord. »
Son bord, comme il y va !
« – Je ne comprends toujours pas, il était convenu avec… enfin il était convenu que nous restions sur place en attendant des vaisseaux de transport pour évacuer les Krabitz…
– Vous restez dans le coin si ça vous amuse. Le navire de la Garde que vous avez voulu écarter restera sur place tant qu’ils n’auront pas tous embarqué dans les cargos qui vont arriver. Des fois que vos officiers félons veuillent en découdre de nouveau.
Ce qui est improbable, mais ça va les retenir.
Moi, je file avec mes troupes et un de vos pilotes. Votre machine, mérite que je ne fasse pas trop de fausses manœuvres avec. Et comme je n’ai pas trop le temps de suivre des cours de pilotage accélérés, tâchez de me fournir celui qui est censé le ramener en un seul morceau.
– Vous allez où ?
– Mais j’en pose des questions, moi ? Faites ce que je dis où je me fâche. Et en ce moment, j’ai le sang chaud !
– Bien, bien ! »
Du calme.

Qui lui refourguer ? Soit il choisit Ilke mais ce serait prendre le risque de saboter le parcours, car ce n’est pas le pilote le plus habile, soit il désigne Axel. C’est un bon élément, assez adroit et si le vaisseau revient, il aura bien eu l’idée de noter jusqu’où cet ambassadeur-là emmène les Krabitz.
Pour une opération ultérieure. 
Seulement voilà, Axel est déjà embarqué sur la chaloupe d’évacuation. Il faut le sortir de là.
« – Et pourquoi moi, Amiral ?
– Parce que j’ai besoin d’une personne de confiance.
– Ilke ferait l’affaire. Non mais, je ne comprends pas Amiral. Je ne vais quand même pas voyager avec ce rustre-là, seul jusqu’à je ne sais où ?
– Il affirme en avoir pour 260 de ses semaines à lui…
– Et ça fait combien des nôtres ? »
Comment peut-il savoir…
« – Non mais Amiral ! Vous ne pouvez pas me faire ça… J’ai toujours été bien noté. Je ne vais pas voyager avec cette bête toute poilue tout de même.
– Si ! Et justement parce que vous êtes bien noté. Votre mission, c’est de nous faire un rapport de l’endroit où il va. C’est absolument essentiel. Et je m’occupe de votre avancement et de votre solde… Avec prime de risque doublée !
– Pendant toute la durée de la mission ?
– Toute et au tarif majoré ! »
Dans ces conditions-là…
« – Mais vous me demandez l’impossible… Cohabiter avec ce… ce monstre !
– Vous y arriverez. Prenez sur vous. C’est important pour la suite. » 

Les cyborgs de Paul auront compris l’essentiel de l’échange et l’un d’entre eux lui en rapportera le contenu.
Les derniers légionnaires embarquent, laissant l’équipage réduit à un seul de leur membre, désigné volontaire, et une armée de droïdes, de cyborgs et de robots à bord.
«  – On va où et on part quand, votre excellence ?
– On attend d’embarquer mon chargement personnel qui devrait arriver dans quelques instants. Et on démarre.
Appelez-moi Paul. Vous êtes Axel, si je ne m’abuse. Et puis rassurez-vous, j’ai besoin de vous, dans certaines limites, naturellement, mais vous n’êtes pas du tout mon style. Et j’ai ce qu’il faut pour satisfaire tous mes instincts bestiaux… »
De quoi parle-t-il ?
« – Avez-vous à bord une machine qui puisse traduire nos échanges vocaux en direct.
– Naturellement ! »
Axel se tourne vers une des consoles du bord et manipule quelques boutons et curseurs.
« – Je note que votre langage est … comment dire ? Très antique !
– Je viens de votre antiquité.
– Vous, vous… vous êtes un Homo ou une machine ?
– Un Homo Sapiens. L’espèce mère de la vôtre. Mais pas dégénérée par quantité de mutations génétiques comme vous l’êtes… »
L’affront !
Il n’y a pas plus évolué dans tout le cosmos connu que les homos-supérieurs tel qu’Axel…
« Et si je peux me permettre… Paul… Comment à votre époque pouvez-vous disposer d’une telle technologie qu’elle dépasse le mienne ? »
Une alarme retentit et un robot d’alerte indique la présence d’une chaloupe de ravitaillement en approche imminente.
« Ah ! Voilà ma cambuse avec mon matériel, » s’exclame Paul.
Époustouflant de précision : comment cet engin est apparu de façon si proche sans avoir été détecté avant ?
Et de quelle façon il s’arrime à l’un des sas de ravitaillement, pris en charge par les robots manipulateurs qui déchargent le matériel et quantité impressionnante de conteneurs… !
« – Excusez-moi de vous importuner, Paul. Savez-vous au moins piloter ce vaisseau ?
– Vous allez m’expliquer. J’étais assez doué pour piloter n’importe quel engin, à mon époque. Même des prototypes qui n’avaient jamais volé.
Mais vous avez raison, j’ai besoin que vous me fassiez faire le tour du propriétaire…
– Le tour du propriétaire ?
– De la machine et de tous ses organes et nous mettons les voiles ?
– Les voiles ?
– Une expression de mon mode à moi. Ça veut dire qu’on décampe. On se casse.
– On n’attend pas l’évacuation des Krabitz ?
– Pas la peine. D’autres vaisseaux vont s’en charger dès que vos petits camarades auront rejoint leur vaisseau en second.
– Mais comment vont-ils nous suivre ?
– Il est prévu de larguer des balises spéciales sur notre parcours qui débarquent avec mon chargement. Pas compliqué. Elles arrivent dans plusieurs des containers ».
Euh, si tout de même. Et puis n’importe qui peut les suivre…
Axel ne comprend plus très bien…