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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…
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mardi 13 avril 2021

Cinq ans après… le bilan provisoire.

Les « Panama-Pampers »
 
Chacun se souvient que le 3 avril 2016, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), un organisme qu’on ne connaissait pas jusque-là, formé par 108 médias internationaux et leurs journalistes « enquêteurs », publient simultanément des centaines d’articles exhumant les avoirs secrets de chefs d’État, de milliardaires, de sportifs et de criminels dans les paradis fiscaux.
Une opération journalistique inédite qu’a rendue possible le lanceur d’alerte anonyme « John Doe » (un spécialiste de la délation), en transmettant un an plus tôt à un journal teuton des millions de documents confidentiels provenant d’un sulfureux cabinet d’avocats panaméen, Mossack Fonseca.
 
Cinq ans plus tard, la page des « Panama-Pampers » est encore loin d’être tournée.
Même si le « butin » récupéré par les autorités fiscales à la suite du scandale ne cesse de grossir : Au moins 1,36 milliard de dollars (1,15 milliard d’euros) d’impôts et de pénalités collectées, une goutte d’eau, dont 185 millions de dollars ces deux dernières années, selon le dernier décompte de l’ICIJ soi-même (limité aux sommes rendues publiques par les gouvernements).
Rien qu’en « Gauloisie-dispendieuse », le fisc a déjà récupéré 126 millions d’euros en menant à bien 50 redressements sur la base de 519 contrôles fiscaux, selon un décompte qui pourrait encore croître.
Même pas le prix de l’apéro…
Cela place « l’Hexagonie » dans le club des cinq pays à avoir, à ce jour, recouvré plus de 100 millions d’euros d’impôts et de pénalités avec le Royaume-Uni, la « Teutonnie », « l’Hispanie » et les « kangourous » Australiens.
Dans les jours qui ont suivi les révélations du Consortium et de ses partenaires, quelque 80 pays ont ouvert des enquêtes judiciaires.
Aujourd’hui encore, pas une semaine ne passe sans que le nom des « Panama-Pampers » ne ressurgisse dans l’actualité politique ou judiciaire – à Malte, au Pérou, ou encore en Suisse ou au Luxembourg.
 
Le cabinet panaméen au centre de l’affaire, Mossack Fonseca, a été contraint de fermer boutique en 2018. Ses fondateurs, Jürgen Mossack et Ramon Fonseca, n’ont passé que deux mois en détention dans le cadre du scandale de corruption brésilien Odebrecht.
Mais ils font, depuis 2020, l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités judiciaires Teutonnes, pour aide massive à l’évasion fiscale internationale et association de malfaiteurs, et se seraient réfugiés dans un pays à l’abri du risque d’extradition (peut-être en « Corsica-Bella-Tchi-Tchi » et son maquis réputé inexpugnable ! »).
En « Gauloisie-judiciaire », 29 enquêtes ouvertes ont occupé une part substantielle du temps et de l’énergie du Parquet national financier (PNF), chargé d’enquêter sur les affaires financières les plus retentissantes.
On se précipite à l’allure d’un train de sénateurs…
Puisqu’après cinq années d’enquête et des dizaines de demandes d’entraide pénale internationale envoyées au Luxembourg, au Delaware (États-Unis), au Panama ou encore dans les îles Vierges britanniques, les magistrats du PNF continuent de travailler sur quatorze dossiers – « notamment des enquêtes impliquant des intermédiaires financiers, car ce sont les dossiers les plus complexes, où il est très difficile de prouver la (moindre) culpabilité », explique un magistrat.
 
Devant la complexité de montages déployés sur plusieurs pays et caractérisés par l’empilement de sociétés offshore, telles des poupées russes, la justice n’a eu d’autre possibilité que de pousser la coopération internationale.
Les « Panama-Pampers » ont ainsi donné lieu à de nombreux échanges, « bilatéraux et multilatéraux, formels et informels », me rapporte-t-on, selon les dires du PNF.
Pour multiplier les chances d’aboutir, des réunions de coordination régulières ont ainsi été organisées au sein d’Eurojust (l’Agence de l’UE pour la coopération judiciaire en matière pénale), entre pays européens et en présence des autorités judiciaires panaméennes, tenues de coopérer.
 
À ce jour, le PNF n’aura bouclé que quinze dossiers : Il faut préciser que dix ont été classés sans suite, mais cinq se sont soldés par un « plaider-coupable » – une procédure accélérée permettant d’éviter une audience devant le tribunal !
Joies & bonheurs de la « pluie fine » !
Ces cinq dossiers ont abouti à 3,47 millions d’euros d’amendes pénales, assorties de peines de prison allant de trois mois à un an avec sursis.
Parmi eux, l’industriel de l’emballage Gérard Autajon, condamné en 2017, ou Marcel Hermann, ancien PDG d’un groupe de cliniques privées, condamné en 2020.
D’autres pourraient suivre dès cette année… paraît-il !
Je demande à voir !
 
On peut donc conclure que le principal impact de l’enquête de l’ICIJ et ses partenaires n’a été que politique. « Les ‘‘Panama Pampers’’ ont réveillé tout le monde », estime l’une des cadres de l’ONG américaine Global Financial Integrity, qui lutte contre les dérives financières.
« Les ‘‘Panama Papers’’ ont fait office d’électrochoc. On le voit dans le discours politique, l’évasion fiscale n’est plus acceptable », ajoute le porte-la-parole de l’ONG Oxfam-Gauloisienne.
Ils m’auront permis de découvrir le site du Consortium international des journalistes d’investigation auquel je suis abonné ainsi qu’un autre, « Chien de garde » qui n’est pas mal non plus.
Le troisième que je fréquente – mais il est plus orienté « affaires-louches » interétatiques – reste « Le chat clochette » – et ils sont tous les trois anglophones.
Et j’ai parfois du mal…
 
Toutefois, les améliorations en matière de transparence « ont largement profité aux pays les plus riches », nuance une professeure de politique fiscale à l’université de Nairobi au Kenya.
Et la constitution de la liste européenne des paradis fiscaux, des mesures contre l’anonymat des propriétaires des sociétés, du renforcement de la responsabilité des intermédiaires et des peines contre les fraudeurs, plus un large coup de pouce à la coopération internationale…
En cinq ans, les règles en matière d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent sale ont été considérablement renforcées, sous la pression conjuguée de l’opinion publique et des ONG nourries par les exemples des « Panama-Pampers ».
« Nous sommes sur la bonne voie », veut croire la professeure de droit et de politique fiscale de l’université de Nairobi (Kenya). « Pendant longtemps, le problème était que tout cela se passait dans des endroits opaques – les gens n’en avaient même pas conscience. »
Néanmoins, la plupart des pays ayant mis en place des registres listant les véritables propriétaires des sociétés sont situés en Europe – alors que seuls trois pays africains disposent d’un tel registre, selon l’organisation Tax Justice Network.
Les paradis fiscaux traditionnels comme le Panama ou les îles Caïmans se voient contraints par la pression internationale à renoncer progressivement à leurs pratiques les plus dommageables, mais d’autres centres offshores prennent le relais, à l’image des Émirats Arabes Unis, de Singapour ou de Hong-Kong.
 
Les nombreuses enquêtes menées depuis 2016 par l’ICIJ sur l’évasion fiscale et l’argent sale – « Paradise Papers », « CumEx Files », « Luanda Leaks », « FinCENFiles », « OpenLux », etc.… – confirment que des failles béantes persistent dans les législations fiscales et financières, facilitant les dérives et les fraudes.
Un constat que notre prof’ Kenyane préfère regarder du bon côté : Selon cette universitaire, la persistance des scandales financiers n’est pas un signe d’échec, mais sert d’aiguillon pour « nous indiquer ce que nous faisons bien et ce que nous faisons mal ».
J’en rigole encore…
 
C’est vrai que les « Panama-Pampers » auront jeté une lumière crue sur différents schémas de fraude (à ne pas confondre avec « l’optimisation-légale » et légitime) qui en auront fait trembler quelques-uns.
Dans la foulée, les plus maladroits – à peine une poignée – auront été sanctionnés.
Un vrai miracle de l’appareil judiciaire aveugle alors que les amendes pour violation du couvre-feu ou des interdictions de « réunions festives » pleuvent…
Car avouez que la pêche reste maigre !
Ce qui est d’ailleurs assez merveilleux, c’est que finalement, les nouveaux outils d’optimisation internationale auront été mis au point jusqu’en Europe, et ça fonctionne sans le moindre raté !
La nature a horreur du vide : Tu coupes une branche, une autre en profite !
 
Moâ, ce qui m’épate, c’est qu’on n’aura toujours pas trouvé les traces des 40 milliards de dollars (valeur 1991, il y a 30 ans…) « évaporés » des caves du trésor koweïtien que même Saddam n’aura pas pu voler…
Mais ne vous en faites pas, le peuple irakien rembourse toujours sous la haute autorité de l’ONU.
Et ces sommes ne sont pas perdues pour tout le monde, croyez-moâ !
Dans mon volume « Laudato sì » j’imagine qu’ils sont planqués dans une « agence secrète » des USA…
Tout pareillement, « Jupiter » n’aura même pas tremblé pour l’occasion.
Un post parmi les plus lus sur ce blog, le plus lu même, « La Providence LLC », qui fait suite aux questionnements que les fiscalistes « bien-nés » se posaient au moment de la campagne présidentielle d’il y a 4 ans…
(Cf. I-Cube (l'exilé): La « Providence LLC » et les « MacRondLeaks » (flibustier20260.blogspot.com))
 
Je rappelle le montage (puisque j’en ai même fait un chapitre du « roman d’été » de l’époque) : « Jupiter », alors qu’il n’était encore que « Manu de la finance », avait démissionné de chez sa très chère banque d’affaires après avoir fait les 400 coups en vendant une boutique à 9 milliards d’euros.
Vous connaissez le principe de la flibuste, qui remonte au temps des marchands phéniciens : Un tiers des bénéfices pour l’affréteur, un tiers pour l’équipage, un tiers pour le capitaine.
Dans la banque, c’est un tiers pour le banquier, un tiers pour les équipes du « back-office » qui turbinent, et un tiers pour le « patron » du deal qui pilote l’opération de rachat/vente.
 
Or, sur une affaire à 9 milliards d’euros, avec un taux « normal » de 0,5 % de commissions (réservé pour les « grosses opérations », ce qui n’est pas cher, parce que ça peut aller jusqu’à 5 %) quand l’opération est finalisée à la grande satisfaction des vendeurs et autant des acheteurs d’entreprise, c’est 45 millions.
Dont 15 pour le bonhomme qui aura été la « cheville ouvrière » du deal.
Or, « Jupiter » n’aura jamais de sa vie déclaré pareils revenus avant de devenir « sinistre de la finance »…
Tout pareillement, quand il lui a fallu faire une déclaration de patrimoine – suite à l’affaire « Kaka-zut-Hack » et l’accouchement douloureux de la loi sur la transparence de la vie politique voulue par « Tagada-à-la-fraise-des-bois » – il nous aura presque fait pleurer avec la maison de « Bibi » au Tréport, sa petite auto et son livret de caisse d’épargne.
Effectivement, les fonds d’un LLC, tout comme ceux d’une LDD, d’un trust, d’une fondation Luxembourgeoise ou américaine, n’appartiennent juridiquement plus au « constituant ».
Il n’en est plus le propriétaire légitime : Il n’a pas, légalement, à le déclarer.
Bill Gates, Bezos, Musk et tant d’autres font exactement pareil, avec leurs fondations, il n’y a pas de secret, ne vous en faites pas.
 
Le mécanisme veut que les fonds (ou tout autre biens corporels) n’étant plus la propriété du « constituant », ils sont gérés par un « gérant » qui en tire le meilleur (souvent une banque, un établissement financier, ou un gestionnaire de fortune), sous contrôle d’administrateurs qui peuvent même être le « constituant », sa famille, ses enfants, mais ne distribue pas les « fruits », les dividendes, les intérêts, les plus-values.
Une grosse caisse d’épargne d’où rien ne sort.
Et pour cause, quand ça sort, c’est là que la structure révèle les bénéficiaires qui… deviennent imposables, si l’échange de renseignements entre administrations fiscales est bien fait !
 
À la fin, soit le « constituant » meurt, et on ouvre alors les statuts du fonds et les héritiers se répartissent les soldes en fonction de ce qui était prévu à l’origine ou dans le courant de la vie du fonds. Mais ils payent des droits, ou alors ils décident de ne rien faire et ne payent rien.
Et durant la vie du constituant, il lui est possible de se faire verser des dividendes ou autre chose, qui deviennent imposables, ou plus simplement de s’acheter une rente correctement dimensionnée pour faire face aux dépenses courantes (à la Poste, à la Caisse des dépôts & consignations, ou à la compagnie d’assurance de son banquier) à son profit – avec un abattement fiscal conséquent en fonction de l’âge du bénéficiaire.
Tout simple…
 
Mais on aurait pu croire, espérer, que ce type d’opération aurait pu passer par le Panama et se retrouver dans les « Panama-Pampers ».
Eh bien pas du tout : D’abord, il y a une bonne dizaine de « cabinet » qui font la même chose au Panama soi-même et que les journalistes n’auront jamais vus, mais il y en a des centaines tout autour des Caraïbes, souvent sous pavillon britannique (la City en est une spécialiste de la « discrétion » financière, c’est même pour ça qu’elle peut se permettre de faire le Brexit et perdre ses licences européennes, en faisant en plus pleurer les chaumières au passage) et toutes les banques européennes ayant « pignon sur rue » ont un ou plusieurs comptoirs dans les mêmes îles et aussi en Asie qui font la même chose pour leurs « meilleurs clients »…
« Kaka-zut-Hack » s’est fait prendre la main dans le sac avec des comptes à Singapore… alimentés depuis ses comptes de la Suisse-Helvétique : Vous pouvez vérifier !
 
Bref, les « Panama-Pampers », un coup de pied dans la fourmilière, presque salvateur : Ça aura forcé la « haute finance » à « blinder » encore plus et mieux les schémas proposés à leur clients fortunés…
Ça aura engendré un mouvement de boycott international pour forcer à plus de transparence financière (ce qui me fait bien rire : Tout est déjà dans les fichiers du BRI, la banque des règlements internationaux, dont sont d’ailleurs issus les fichiers de « Clearstream », autre agence, européenne, de « compensation » et règlements entre banques.
« Clearstream », ça vous dit quelque chose, au moins : Ses fameux faux extraits, et ses vrais qui ont permis aux fiscs européens de récupérer bien plus ?)
Sans omettre de salir quelques personnalités politiques diverses qui ne comprenaient pas trop ce qui leur tombait sur le râble…
D’autres, si, naturellement.
Pourquoi croyez-vous que des entreprises aéronautiques rachètent de temps à autre une banque ?
 
Et puis l’éclosion des « cryptomonnaies ».
C’est du pognon « blackisé » qui doit le rester.
Et chacun rêve de pouvoir s’acheter sa baguette de pain avec des miettes de Bitcoins ou autres.
Je rigole… mais pas eux : C’est du sérieux et on vous invite régulièrement à vous prévenir de la disparition des billets de banque (le 500 euros aura déjà disparu…)
Même les chinois – et les coréens du Nord qui ont volé pour 300 millions de dollars de contre-valeur en Bitcoin l’année dernière – ont compris qu’avec ça, ils peuvent contourner l’interdiction de commercer avec du dollar et les embargos qui vont avec… « entre complices » punis de Forex.
Le dollar appartient au peuple des USA et ils en font ce qu’ils veulent, prononçant des amendes et des interdictions quand ça les arrange si on en fait un usage qu’ils prohibent.
 
Ce à quoi il faudra déjà rajouter la volonté de « Baille-dan » d’imposer un taux minimum d’impôt sur les sociétés à l’échelle de la planète, allant droit vers la taxe « GAFA » instaurée par « Pruneau-Le-Mère » violant ainsi la « très grande sagesse » de la députation démocratique « Gauloisienne » qui se le sera fait imposer…
 
Globalement, c’est le bilan quinquennal des « Panama-Pampers », mais il n’est que provisoire.
Car si on met l’accent sur la lutte contre les fraudes, il faut bien se rendre compte qu’il n’y aurait aucune fraude, jamais, nulle part, si les « enfers fiscaux » n’existaient pas par ailleurs !
D’autant mieux qu’il ne faut pas rêver : Si une entreprise est taxée, ce n’est pas elle qui paye mais ses clients et au bout du bout de la chaine, après quelques cheminements tortueux, c’est vous, directement dans votre assiette !
Et il se trouve qu’on ne prend pas vraiment le chemin d’éradication desdits enfers, au contraire.
Mais là, on le doit au « Conard-virus » (une invention « géniale » à plus d’un titre) qui aura vu exploser l’endettement public qu’il faudra bien « traiter » un jour ou l’autre…
Et avec quel pognon, sinon le vôtre ?

mardi 26 avril 2016

Panama-papers (4)


Dernières retombées…

On arrive au bout… et hélas, il semble que « la mission » première, une fois de plus, manque sa cible.
Je vais y revenir.

Quoi de neuf depuis notre dernier « papier » sur le sujet ?
Il ressort que les banques Suisses ont été très actives dans la création de sociétés-écrans. Les établissements bancaires UBS, Credit Suisse (via une filiale) ont participé au processus, selon l'enquête en cours.
Il en va de même pour HSBC Suisse, et quelques autres (13 en tout) visées par une demande d’information américaine.

Au plan des « personnalités accrochées », pas de grosse surprise :
– Kojo Annan, le fils de l'ex-secrétaire général de l'ONU : On a la famille que l'on peut…
– Des associés et/ou proches du président russe « Vlad-Poux-tine » auraient détourné jusqu'à 2 milliards de dollars avec l'aide de banques et de sociétés-écrans.
Celui-ci n’a pas lancé la « contre-offensive » attendue et à expliquer que son pote le violoncelliste est en fait un homme ruiné, devant de l’argent un peu à tout le monde, à force d’acheter des instruments de musique.
Un compulsif… ?
Notez que 2 milliards d’instruments de musique, ça a un côté pitoyable comme explication.
Mais bon, c’est la Russie où tout est décidément possible en matière de contre-information !
– Des sociétés liées à la famille du président ukrainien Petro Porochenko apparaissent : On s’en doutait un peu.
– Le milliardaire Bidzina Ivanishvili a été premier ministre de Géorgie pendant à peine 13 mois. Il a été le propriétaire d'une société immatriculée dans les îles Vierges britanniques.
– Pedro Almodóvar et son frère Agustin apparaissent derrière la société Glen Valley Corporation, enregistrée dans les îles Vierges britanniques en 1991.
– Des sociétés liées à la famille du président chinois Xi Jinping, qui affiche sa détermination à combattre la corruption, sont citées : On ne choisit pas sa famille, c'est bien connu !
– Cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane, président des Émirats-arabes-unis et émir d'Abu-Dhabi, l'un des hommes les plus riches du monde, a été le bénéficiaire économique d'au moins 30 sociétés créées dans les îles Vierges britanniques par Mossack Fonseca.
– Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, ancien émir du Qatar : Sa société offshore détenait un compte en banque au Luxembourg et des participations au capital d'entreprises sud-africaines.
– Le prince saoudien Mohamed bin Naif bin Abdulaziz est également cité.
– Ahmad (Ahmed) Ali al-Mirghani, ancien président du Soudan (1986-1989). Il était propriétaire d'Orange Star Corporation, société créée aux îles Vierges britanniques en 1995.
– Des fonctionnaires proches d'Hugo Chavez, l'ancien président vénézuélien, mort en 2013, sont cités dans les « Panama-Pampers ».
– Des cousins du président syrien Bachar al-Assad figurent dans les listings : On s’en doutait aussi : La famille, décidément !
– Le tout nouveau président argentin Mauricio Macri a été membre du directoire d'une société offshore enregistrée aux Bahamas.
Un type incroyable qui vient d’éteindre les actions judiciaires des « fonds-vautours » en empruntant les fonds nécessaires à les désintéresser et qui ont été souscrits au-delà de toute espérance, plus de 6 fois le montant de l’émission.
Il faut dire qu’à 7,5 % de taux d’intérêt, c’est une aubaine par ces temps de taux négatifs qui courent…

Plus proche de « chez nous » :
– Des affaires réalisées dans les paradis fiscaux par le père aujourd'hui décédé de l'actuel Premier ministre britannique David « Camé-Rhône » sont citées.
– La sœur de l'ex-roi Juan Carlos de Borgón, Dona Pilar de Borbón : On a la famille que l'on peut, même chez les Bourbon !
– Le Premier ministre islandais, Sigmundur David Gunnlaugsson, est soupçonné d'avoir dissimulé des millions de dollars aux Iles vierges britanniques.
– Le ministre islandais des Finances Bjarni Benediktsson. Les appels à sa démission ne se sont pas fait attendre.
– À gauche, la ministre islandaise de l'Intérieur Olof Nordal.
Un cas particulier, l’Islande, semble-t-il : Ils ne sont pourtant pas très nombreux…
– L'ex-ministre du Budget Gaulois, « Jéjé Caca-zut-hack », qui a démissionné suite à la révélation de son compte bancaire en Suisse chez Reyl, est également débusqué dans cette affaire au Panama.

On citera aussi parmi les « peoples », le quintuple Ballon d'or Lionel Messi, « Michou Platoche » et Cristiano Ronaldo ; l'acteur chinois spécialisé dans les arts martiaux Jackie Chan est ainsi actionnaire de six sociétés situées dans le paradis fiscal des îles Vierges britanniques.
Jusque-là, et sauf erreur ou omission de ma part, 140 personnalités sont citées dans les « Panama-Pampers » sur 14.000 structures, que j’en reste coi : Tout juste 1 % !
Ce n’est même plus un glaçon qui laisse apparaître 10 % de son volume hors de l’eau…

Et je vous passe les quelques sociétés mondiales épinglées, car globalement, aucun « GAFA », pourtant les champions du monde de « l’optimisation fiscale », ne semble concerné, ni aucun « major » des bourses mondiales : Toutes ces entreprises usent d’autres « moyens » laissant le recours aux sociétés-écrans venant du Panama aux « petites-bites »…
Logique.

Et du coup, pas ou vraiment très peu d’américains dans le lot.
Mais en revanche, une réaction « des 28 », à quelques semaines du « Brexit », des tensions autour du « Grexit » et à la veille des élections autrichiennes, qui est presqu’une répétition de la nôtre de 2017 : Dimanche, ils votaient une première fois pour élire leur président.
C’est une fonction nettement plus « représentative » qu’en « Gauloisie-démocratique », mais ça fait peur quand même quand on apprend lundi matin que c’est l’équivalent du « Marinella-tchi-tchi » local qui est en tête, écrasant tous les représentants des partis classiques autrichiens, « drôate » et « soce-démocratouille », qui rassemblent 22 % des bulletins à eux deux.
Je me demande si je vais suivre cette élection-là, finalement…

Bé oui, les 28 ministres des Finances de l'Union européenne ont affiché samedi leur volonté d'intensifier la lutte contre l'évasion fiscale en réponse au scandale des « Panama-Pampers », avec toutefois des divergences sur l'ampleur de l'effort de transparence à exiger des multinationales.

Après ce scandale d'ampleur internationale, « le sens de l'urgence est clairement bien plus important (…), tout le monde est très engagé pour combler les vides », a affirmé le ministre néerlandais des Finances, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE.
« Nous avons été très occupés à nous combattre les uns les autres sur nos régimes fiscaux, de manière à ce que nos pays soient les plus attrayants possibles pour les investisseurs. Maintenant, nous en sommes arrivés à un tel point que de grandes entreprises ont tendance à ne plus payer d'impôts », a-t-il ajouté.
Il serait plus que temps d’ouvrir les yeux, effectivement !

Au cours de la réunion ouverte vendredi à Amsterdam, tous les ministres ont endossé l'initiative lancée il y a dix jours de ça par cinq pays européens (Teutonnie, Hispanie, Gauloisie, Ritalie et Brexit) visant à expérimenter l'échange automatique d'informations, au sein de l'UE, pour identifier les bénéficiaires des sociétés-écrans.
« Il y a une volonté convergente, assumée, proclamée de lutter contre les mécanismes anonymes » ne permettant pas de savoir qui se cache derrière ces sociétés, a déclaré le ministre gaulois des Finances.
C’est un premier pas d’une « longue-marche »…
À l'heure actuelle, le droit permet des montages financiers créant des structures juridiques (société individuelle à responsabilité limitée, trust, fondation…) en dissimulant l'identité de leur réel bénéficiaire, brouillant les pistes et compliquant grandement la tâche des administrations fiscales, c’est un fait acquis depuis des décennies et il s’agit d’y mettre un peu de « traçabilité ».

Là, les 28 ministres des Finances ont également approuvé la création à terme d'une « liste noire unique », commune à toute l'UE, des paradis fiscaux, comme le souhaite le commissaire européen aux Affaires économiques « Pierrot Moscou-vicié », qui a parlé d'un objectif à atteindre « d'ici la fin de l'été ».
C’est sans compter que les négociations s'annoncent délicates, les États membres ayant des politiques très variables sur les paradis fiscaux. Il s'agira dans un premier temps de définir une méthode commune pour identifier qui pourrait figurer sur une telle liste. Des propositions seront soumises aux 28 ministres lors d'une prochaine réunion en mai.

À propos de l'incitation à davantage de transparence fiscale de la part des multinationales, la présidence néerlandaise de l'UE a assuré qu'elle lancerait « dès la semaine prochaine » les discussions entre États membres sur la proposition de Bruxelles de rendre accessibles au public les principales données comptables et fiscales des grandes entreprises.
Le ministre local n'a pas caché que des réticences s'étaient exprimées à Amsterdam parmi les 28 sur cette proposition de la Commission dévoilée le 12 avril.
« Il y a d'évidence des appréciations différentes sur ce sujet », a-t-il dit, soulignant qu'il ne fallait pas attendre d'accord avant le second semestre, sous la présidence slovaque…
Voilà qui démarre mal, d’autant que le ministre autrichien a pu déclarer que : « Je pense que nous ne devons pas sur-réagir là-dessus en pleine hystérie sur Panama ». Ce qui a permis à ses homologues Maltais, Belge et Teuton de faire part de réserves avec des arguments différents.

Dans l'absolu, « il faut une harmonisation internationale, mais il ne faut pas l'attendre (…) il faut casser ce cercle vicieux » voulant que « depuis 20 ou 30 ans on dise ‘‘on fera plus tard’’ parce que le monde entier ne le fait pas », a souligné votre ministre.
Bref, la route va être longue : « Panama-Pampers » va manquer cet objectif « public-là ».

Et puis au Panama, les autorités s’énervent et ont mené vendredi une nouvelle perquisition dans un bureau du cabinet d'avocats Mossack Fonseca.
Lors de cette nouvelle perquisition, « nous avons trouvé une grande quantité de documents qui sont présumés appartenir à la société ». Et on apprend que le cabinet archive la majorité de ses documents sous forme numérique dans plus d'une centaine de serveurs…
Là, on se dit que le « piratage » des 11,5 millions de documents n’est donc pas l’œuvre d’un unique geek aussi génial fût-il, mais bien de toute une équipe très motivée et organisée : Pas une machine à pirater, mais des centaines de serveurs… !

Et comme par hasard, de son côté, le régulateur des services financiers de New-York (NYDFS) a adressé une injonction aux banques Société Générale, Credit Suisse, Deutsche Bank et à dix autres citées dans le scandale des «Panama-Pampers».
Rappelons que l’institution avait déjà infligé en 2014 une amende record de près de 9 milliards de dollars à BNP-Paribas pour violations d’embargos américains…
Là, il a été ordonné à ces établissements financiers de lui fournir tout document et porter à sa connaissance toute transaction effectuée avec le cabinet, a poursuivi la source confirmant des informations de l’agence Bloomberg News.
Le NYDFS, dirigé depuis janvier par Maria Vullo après le départ en juin de Benjamin Lawsky, a donné jusqu’au 29 avril à ces banques pour répondre à sa demande.

Dans la lettre adressée à chacun des établissements, le régulateur ne leur reproche pour l’instant aucune malversation, selon la source. Les discussions sont encore à un stade préliminaire mais pourraient déboucher sur l’ouverture d’une enquête si Mme Vullo et ses services venaient à conclure que certaines transactions étaient litigieuses.
Notez que cette requête du NYDFS coïncide avec l’ouverture d’une enquête pénale par le procureur fédéral de New York, Preet Bharara, l’un des juges les plus redoutés de Wall-Street.
Sympa, finalement.

Conclusions encore provisoires :

1 – La « blanche Amérique », pas vraiment concernée par le contenu des fichiers-volés, se permet non seulement de se considérer « hors de cause » (malgré ses propres paradis fiscaux), mais en profite pour en tirer… profit et la couverture à elle !
Et comble du moment, exactement alors que « Baraque-Haut-Bas-Mât » fait sa tournée européenne contre le « Brexit » et pour le TAFTA.
C’est vous dire s’il y a de quoi se bidonner !

2 – L’UE patine grave, alors que le ricain fait la promotion du TAFTA, l’Autriche trébuche, la Grèce s’enfonce, tout cela ne peut pas mieux « s’arranger », se « goupiller » pour montrer les limites des pouvoirs des uns et des autres dans tout ce capharnaüm qui vous lamine tous les jours un peu plus.
Que s’en est magnifique, finalement.

3 – De mon côté je persiste à penser que l’objectif du « Panama-Pampers » est passé une nouvelle fois à côté de sa cible.
Parce que finalement, il y a bien plus grave sur cette planète : La corruption (dont les fruits restent planqués dans les plateformes « offshores » et ressortent à l’occasion dans l’émission d’emprunts toxiques comme en Argentine), qui générèrent de toute façon l’appauvrissement généralisé et parfois dramatique des populations.
Il n’y a pas à dire, de gigantesques fortunes restent « bien au chaud » et toujours cachées, alors qu’elles ont été constituées en quelques décennies : Ce n’est certes pas par le « labeur » de leurs détenteurs, mais bien par le détournement crapuleux d’encore plus « pôvres » sous domination.
C’est cela qui nourrit la « folie de la finance ».
Et on n’y touche pas encore.
Dingue !

Parce que (4), ce n’est pas la première fois que « des fichiers » sortent de leur cocon et s’étalent sur la place publique : Souvenez-vous des listings de « La-Hood » sous la forme tronquée et falsifiés des fichiers « Clearstream » (la banque des banques de compensation européenne, qui compense à travers le BRI et le monde entier), des fichiers d’Hervé Falciani volés à HSBC…
Tous ont atterri sur les bureaux des services fiscaux et nulle part ailleurs !
Comme nous savons que pour ceux-là, le premier a été fourni à Londres par un « aimable correspondant » et l’idée du second « travaillé » par un tout autant « honorable correspondant » à Genève, on ne peut qu’en conclure que les mêmes causes produisant les mêmes effets, les « Panama-Pampers » ont la même origine !
Et hélas, seulement les mêmes conséquences : Être traités uniquement sur le plan fiscal, un peu partout autour de la planète … surtout européenne !

Une slave de « trois tirs » en quelques années, vraisemblablement tirée du même « opérateur-global », vise forcément la même cible.
Et on passe une nouvelle fois à côté !
Ça, c’est vraiment splendide.

Je vous laisse y réfléchir, et si vous-mêmes vous patinez encore un peu, retournez donc lire ce post :
Parce que là, le mystère commence seulement, par ses propres voies, à s’éclaircir.
Et il va finir par vous péter à la tronche.
En attendant, tout cela fait les délices de l’auteur du futur roman que je vous prépare pour cet été, comme je le pressentais en début de mois.
Jubilatoire !
Qu’il se pourrait bien que j’avance d’ailleurs sa mise en ligne : Je ne sais pas encore !

Bien à vous toutes et tous !

I3

mardi 19 avril 2016

Panama-papers (3)


Les perles de la semaine dernière… 

Y’en a qui ont du culot : Aucune retenue quant à l’utilisation du nom de la Croix-Rouge internationale comme raison sociale de leurs « sociétés-offshores » !
C’est ce qu’on a appris la semaine passée et je reste étonné qu’au même titre le Vatican n’y soit pas mêlé avec une « Vatican Spiritus Sancti » illimited (après tout, la BES pour « banco esperita sancto » est portugaise), ou que personne n’ait encore dévoilé l’existence d’une « Camorra & confraternita » de blanchiment officiel des avoirs des produits des rackets, de la prostitution, des jeux, et des trafics illicites de drogues et d’influences…
Y’a pas de honte : J’ai bien participé à redresser une « boutique » d’activités sociales et solidaires baptisée par ses fondateurs d’avant-guerre « Travail-Intérêt-Profit » : Devenu un centre d’apprentissage agréé par le travail, exploitant sans retenue une myriade de handicapés… et rebaptisée autrement depuis.

Le moment drolatique, ça quand même été d’apprendre que les argentins ne sont pas en reste : Le quotidien argentin La Nación, chargé de mettre à nu les millions de documents de Mossack Fonseca, est rattrapé par l'enquête de ses propres journalistes !
Le groupe La Nación S.A. et son directeur Luis Saguier apparaissent dans l'affaire des Panama Papers.
Si !

Dans son édition de dimanche en huit, La Nación prétendait clarifier la situation dans un communiqué évasif, titré : « La Nación à ses lecteurs ». On y comprend, laborieusement, qu'à la suite de la vente de ses activités d'annonces immobilières et d'offres d'emploi, le groupe La Nación s'est retrouvé au capital d'une société créée par l'intermédiaire de Mossack Fonseca : Navent Group Ltd., dont l'une des filiales se trouve au Panama. Avec moins de 10 % du capital, l'influent Luis Saguier, directeur de La Nación, figurerait donc au conseil d'administration de Navent.
Rien de plus.
Un fait notoirement légal et assez peu étonnant pour un groupe aussi important.

Mais impossible de savoir si la participation de La Nación S.A. au capital de Navent Group Ltd. concerne sa filiale panaméenne ou une autre société du groupe. Les journalistes, notamment ceux chargés de l'enquête, naturellement sous pression, refusent de s'exprimer sur la polémique qui affecte leur journal.
Pourquoi ne pas avoir rendu publique cette information dès le début ? « La découverte s'est faite dans les derniers jours, car une grande partie des 11 millions de documents auxquels La Nación a pu avoir accès, grâce au Consortium international de journalisme d'investigation (ICIJ) et le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, sont toujours en cours de traitement », conclut le communiqué.

Un couac ? Parce que le choix de La Nación comme partenaire de l'ICIJ a de quoi étonner. Certes, le journal est le premier à avoir monté une équipe de data journalisme en Argentine. La Nación s'affiche en chantre de la transparence et de l'open data. Mais le contexte politique de la récente élection de Mauricio Macri, pour lequel La Nación ne cache pas sa sympathie, affecte d'emblée la crédibilité de l'enquête menée par un journal qui a largement soutenu sa campagne.
D'ailleurs, le lien direct entre le nouveau président, homme d'affaires réputé et, pour l'heure, trois sociétés offshores, a été très peu développé par le quotidien.
En dépit d'une enquête ouverte par la justice, La Nación s'est contenté des réponses officielles du gouvernement : Dès le premier jour des révélations des « Panama Pampers », la ligne de la direction de La Nación saute aux yeux des lecteurs.
Chaque article rappelle que la constitution d'une société offshore n'a rien d'illégal en soit. On préfère insister sur l'aspect légal plutôt que sur l'aspect moral.
Et pour cause : L'un des grands thèmes de campagne du tout nouveau président était justement la transparence et la lutte contre la corruption !
Pourtant, le quotidien fait la « une » avec l'autre scandale financier du moment : Notamment celui qui touche, indirectement, l'ancienne présidente Cristina Kirchner, qui doit se présenter devant la justice ce mercredi. Cette affaire, elle, a fait l'objet d'une enquête extensive dont le moindre rebondissement est relayé de façon prolifique par le quotidien.

Là, l'humour des Argentins traduit tout leur cynisme et leur lucidité quant au niveau de corruption de ses élites : Près de 600 personnalités argentines sont citées dans les « Panama Pampers », pour une population qui dépasse à peine les 40 millions d'habitants.
Les Argentins rient, jaune, à chaque nouvelle révélation, déjà certains que la collusion politico-médiatique les empêchera de connaître toute la vérité.
Une défiance loin d’être nouvelle, mais, dans un contexte de forte récession, de mesures d'ajustements drastiques, et alors même que l'Argentine s'apprête à s'endetter pour rembourser les « fonds vautours », la pilule « Panama Pampers » a du mal à passer.
Et jusque-là, l’entrée des « Panama Pampers », dont le quotidien était si fier, disparaît des « thèmes du jour » du site internet comme pour confirmer leur sentiment de cocu : Ne vous en faites pas, un jour ou l’autre ce sera votre tour !
Quant au dossier de la grande enquête, il est depuis relayé en bas de page, tout comme les articles concernant Mauricio Macri, savamment noyés au milieu des révélations « chocs » sur d'autres personnalités argentines.

Pareillement, on a appris que les autorités péruviennes se sentaient concernées.
Ce qui est curieux, dans la mesure où le Pérou ne figure pas parmi les pays évoqués par l'article du Süddeustche Zeitung.
Mais le fisc péruvien a quand même mené une perquisition au bureau local du cabinet Mossack Fonseca. Lors de cette perquisition, qui intervenait dans le cadre d’une enquête pour fraude fiscale, un certain nombre de documents comptables ont été saisis.
Les télévisions et médias locaux ont ainsi diffusé des images montrant des policiers équipés de boucliers anti-émeute devant un bâtiment du quartier financier de Lima, San Isidro, ainsi que des agents du fisc emportant des cartons contenant des documents.

Les inspecteurs du fisc, au nombre d’une vingtaine, étaient à la recherche d’informations permettant de dire si des sociétés que Mossack Fonseca a aidé à créer dans des paradis fiscaux des sociétés devant couvrir des crimes et délits au Pérou, ont indiqué les services fiscaux (Sunat) dans un communiqué.
La représentante locale de Mossack Fonseca au Pérou, Monica de Ycaza, a déclaré par la suite aux journalistes qu’elle collaborait avec l’enquête.
Ils ont dû lire mon post de jeudi dernier, où j’affirmais que le Panama n’était qu’une plateforme commode d’échanges entre les deux continents américains, nord et sud.

En revanche, et là on arrive au cœur du problème, ça n’a pas loupé : La CIA est impliquée !
Mais la révélation est mineure, parce qu’elle date de l’époque « Riz-Gagne ».
On en attend donc encore d’autres au moment où je prépare ce post-là.
« Des agents secrets et leurs indicateurs ont utilisé dans une large mesure les services du cabinet » panaméen, écrit le quotidien de Munich.
Dans la « clientèle » de Mossack Fonseca figurent ainsi « quelques acteurs » des ventes interdites d’armes à l’Iran dans les années 1980 (dit « Iran-Contra »), un scandale portant sur des ventes secrètes d’armes américaines à Téhéran visant à la fois à faire libérer des otages américains au Liban et à aider financièrement les Contras nicaraguayens, affirme le journal.

Les « Panama Papers » montrent encore que « d’actuels ou d’anciens responsables de haut rang des services secrets d’au moins trois pays, (…) l’Arabie Saoudite, la Colombie et le Rwanda », figurent parmi les clients du sulfureux cabinet panaméen, écrit encore le quotidien. Parmi eux, le cheikh Kamal Adham, ancien responsable des renseignements saoudiens décédé en 1999, et qui « passait pour être dans les années 70 l’un des principaux interlocuteurs de la CIA » au Moyen-Orient, affirme le quotidien munichois.
L’information ne surprend pas (les services secrets aiment par définition la discrétion, comme je l’affirmais en commentaire d’un précédent post).
Dans cette affaire, connue sous le nom d'« Iran-Contra » ou d’« Iran-gate », plusieurs membres de l'administration américaine avaient vendu illégalement des armes à l'Iran (principalement des missiles et des pièces de rechange pour avions) puis utilisé les profits dégagés pour financer secrètement, et malgré l'opposition du Congrès des États-Unis, les « Contras », un mouvement contre-révolutionnaire nicaraguayen de lutte armée regroupant les opposants au gouvernement sandiniste de Daniel Ortega.
Et en dépit des démentis officiels du Président de l’époque, la transaction a permis la libération des otages américains du Hezbollah au Liban. 

Si on ne trouve aucune trace de transactions ou de paiements effectués directement par la CIA, « on retrouve des comportements et des « méthodes habituelles » de l'agence de renseignement américaine », estime encore le journal : « L'utilisation de montages de sociétés douteuses, d'avions d'occasion ou plus classiquement le recours à des intermédiaires louches. Sans oublier la présence de personnages connus pour leur proximité avec les services secrets américains. »
Bé oui, ils n’allaient pas utiliser un compte bancaire du Trésor américain, tout de même !

Décryptage même provisoire ? Que des secrets de polichinelle, mais qui foutent bien « le boxon » évoqués précédemment, au moment où j’attends toujours la déclassification « filtrée » d’une partie des archives du FSB sur le sujet.

Toutefois, on peut désormais affirmer que la bombe à fragmentation éclabousse essentiellement les intérêts occidentaux pris d’une façon générale, après les « coups de griffe » d’entrée aux dictatures des « grands Satan » incontournables du moment, poussant même les pouvoirs publics de plusieurs pays, dont l’UE, à prendre les devants d’une lutte encore plus ferme contre la corruption et pour la transparence financière, qui n'aura sans doute pas lieu : Les « Panama-Pampers » auraient-ils loupé leur cible ?

Parce que là, sûr que les « GAFA » et autres « Licornes » vont devoir passer sous la toise dans les prochains mois, car eux aussi sont en ligne de mire des autorités et ça va être saignant car le prétexte est excellent.
Attendez, ce n’est pas pour rien que quelques-unes de ses majors préfèrent emprunter à des plateformes opaques (et défiscalisées de préférence) de quoi payer les dividendes promis à leurs actionnaires, et/ou soutenir leur valorisation boursière en procédant à des rachats « sous cape » de leurs propres titres, plutôt que de mobiliser directement leur propre trésorerie pléthorique : Non seulement c’est déductible, mais en plus ce n’est pas fiscalisé !
Pourquoi se gêner tant que c’est possible ?

Ce qui nous précise de plus en plus d’où vient « la fuite ».
Une agence des « USA » ? Oui, encore possible, mais un peu suicidaire…
Là encore, ça procèderait d’un enfumage d’un niveau encore jamais vu et les « pertes collatérales », au moins quant à leur crédibilité, ne vaudraient que si l’enjeu est encore beaucoup, beaucoup plus important.
Or, on ne voit toujours pas lequel dans tout ce brouillard de fumigènes.

Une agence « non-alliée » aux USA voire opposée aux occidentaux-fautifs ?
Ça devient de plus en plus probable et si on voit bien la manipulation de « puissances de l’ombre » à vouloir secouer le cocotier des « petits-secrets » honteux des uns et des autres, on ne voit pas encore le dessein véritable, le mobile profond qui va pousser au suicide les adversaires visés par tout ce délire.
La cible finale n’est pas encore identifiée…
Probablement les réseaux financiers internationaux, les réseaux de décisions qui n’apparaissent jamais au grand jour.
Mais lesquels, puisque tout le monde en a et en joue ?

En attendant, sans vouloir encore plonger tête baissée dans le « complotisme » aberrant, j’espère que toute cette histoire vous ouvre un peu les yeux !
Dans un iceberg, on voit la partie émergée. Et chacun sait qu’elle repose (et flotte) sur une partie immergée dix fois plus grosse, que personne ne voit.
Là, une bulle a éclaté, un morceau s’est désolidarisé du reste et l’ensemble bouge, déstabilisé, à défaut de basculer encore.
Vous ne pourrez plus jamais nier que ça n’existe pas puisque vous en découvrez les effets en direct.
À suivre…

Bien à toutes et à tous !

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