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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

mardi 3 décembre 2019

Aujourd’hui s’ouvre le sommet de l’OTAN

C’est son 70ème anniversaire
 
Qui correspond à autant de décennies de paix au moins en Europe (hors le terrorisme imposé par quelques velléitaires-barbus) et qui, sans tirer le moindre coup de feu, aura réussi l’incroyable miracle de mettre à bas l’organisation désignée comme son adversaire, le Pacte de Varsovie.
Un destin fabuleux, mais qui tangue faute d’ennemi-désigné.
 
« L’Otan est obsolète », selon « McDo-Trompe ». En « état de mort cérébrale », selon « Jupiter », alors qu’un important allié, la Turquie, se rapproche d’une Russie, y achète ses armes, et se met en position de faire le coup de feu en Syrie contre ses propres alliés occidentaux.
C’est une crise profonde.
Au point que certains analystes s’interrogent sur sa survie et que son secrétaire général rappelle qu’« en dépit de divergences entre alliés – ce qui n'est pas nouveau –, l’Alliance ne cesse de se renforcer et continue d’assurer la sécurité de plus de 1 milliard de personnes ».
« Il n’y a aucune coordination de la décision stratégique des États-Unis avec les partenaires de l’Otan, et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l’Otan, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu », a dénoncé notre « Jupiter » national.
En fait « l’Otan est paralysée dans sa capacité de proposition et d’action », poursuit un expert.
 
« Trente ans après la chute du mur de Berlin l’Otan va bien techniquement » en dit-on du côté de l’Élysée, car elle permet d’assurer une interopérabilité entre les différentes armées. « Le problème est politique : Les États-Unis se retirent sans concertation de Syrie. »
La crise est d’autant plus profonde qu’en se retirant les Américains ont « chauffé la place » à l’armée turque, mais aussi à l’armée russe, qui s’est installée dans le nord-est de la Syrie, dans des bases occupées jusque-là par les forces américaines.
Drôle de pied-de-nez…
 
Ce que redoutent encore les alliés, c’est la remise en cause de l’article 5 du traité de Washington sur la solidarité collective, qui veut qu’« une attaque contre un allié (soit) une attaque contre tous ».
La clé de voute des « années de guerre froide ».
Qui a toujours freiné les ardeurs de Moscou, du temps de l’URSS comme de celui de « Vlad-Poux-Tine » en dit-on.
Personnellement, j’en doute : Moscou finançait les Kominterm et les partis communistes en Europe de l’Ouest à « chéquier ouvert » durant la période, pour miner de l’intérieur ledit pacte et, désormais, ne s’empêche plus d’intervenir aux frontières de l’Otan avec cynisme, en Syrie, en Ukraine et son Donbass et jusqu’en Crimée, mais tout autant en Ossétie ou en Géorgie.
 
L’idée de pouvoir renier ce principe effraie la chancelière allemande sur le départ et plus encore la Pologne et les pays Baltes, qui ont des frontières communes avec la Russie et ont été occupées par l’armée Rouge : Ce qui laisse des traces indélébiles dans les mémoires !
« C’est quoi l’article 5, demain ? Si le régime de Bachar Al Assad décide de répliquer à la Turquie est-ce que nous allons nous engager, c’est une vraie question », a fait valoir « Jupiter ».
Un véritable électrochoc dans les consciences.
 
Reste qu’en soixante-dix ans de vie l’Otan a connu nombre de crises. Elle a même survécu à la dissolution, le 1er juillet 1991, du pacte de Varsovie, qui réunissait depuis 1955 l’Union soviétique et les pays satellites d’Europe de l’Est, devenus par la suite membres de l’UE.
On se souvient que l’Alliance atlantique devait pourtant son acte de naissance à la crainte de voir l’Union soviétique s’emparer du reste de l’Europe occidentale par la voie militaire.
La prise de contrôle en février 1948 de la Tchécoslovaquie par le Parti communiste avec le soutien de l’Union soviétique de Staline – le fameux « coup de Prague » – avait alarmé les dirigeants et les opinions publiques des pays occidentaux.
L’inquiétude était d’autant plus forte que quelques mois plus tôt à Szklarska Poreba, en Basse-Silésie polonaise, les pays et les partis communistes européens, Gauloisien et ritalien avaient fondé le Kominform, l’organisation du mouvement communiste international.
 
On se rappelle que c’est à Washington, le 4 avril 1949, que les ministres des Affaires étrangères de douze pays occidentaux – Belgique, Canada, Danemark, États-Unis, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni – ont signé le « Traité de l’Atlantique Nord », qui devait protéger ces pays d’une éventuelle extension de l’Union soviétique : « Nous nous réjouissons à la pensée que l’Amérique du Nord et l'Europe occidentale se retrouvent dans un édifice commun dédié à la paix », avait commenté le chef de la diplomatie néerlandaise de l’époque, Dirk Stikker.
La guerre de Corée de juin 1950 aura également servi à cristalliser les décisions.
Trois ans plus tard, en 1952, la Turquie et la Grèce (les frères ennemis) rejoignaient l’Alliance, puis, en 1955, l’Allemagne de l'Ouest alors que la « Gauloisie-éternelle » quittait l’organisation en 1966.
Une « opération Gaulliste ».
Mais maintient des liens opérationnels puissants et y retourne en 2009 sous l’impulsion de « Bling-Bling » le gaulliste : Il manquait à l’organisation les ports en eau profonde de la façade atlantique et le bénéfice d’un dense réseau routier et ferroviaire terrestre en appui logistique…
Ce n’est pas pour rien qu’on lui aura opposé la « Cruchitude » à l’occasion de son élection, grâce aux manœuvres internes de « Déesse-Khâ » au sein du « P.Soce », celui-là même qui aura ensuite vécu comme un Nabab aux frais du FMI, tribune internationale inclue, en « récompense » pour « services-rendus »…
Puis enfin l’Espagne (1982), République tchèque, Hongrie et Pologne (1999), Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie (2004), Albanie et Croatie (2009) et Monténégro (2017) y adhèrent des deux mains.
Sans que les peuples soient véritablement consultés…
 
Constatons que ce n’est qu’après la chute du Mur de Berlin que l’élargissement s’est poursuivi à l’est pour englober toutes les républiques populaires (et « démocratiques ») d’Europe et même trois anciennes républiques soviétiques (Lituanie, Lettonie et Estonie) !
Ce que Moscou n’a pas cessé de dénoncer.
À Bucarest, lors d’un sommet de l’Otan en avril 2008, le président russe a obtenu que l’Ukraine et la Géorgie ne puissent pas se porter candidates à l’organisation : Son « glacis de sécurité » s’était rétréci de façon drastique en si peu de temps…
 
L’élargissement à l’est s'est accompagné d’une véritable mutation de l’Otan, qui a dû s’adapter à des conditions totalement transformées depuis la fin de la guerre froide. Pendant quarante ans « l’Otan n’a pas changé sa raison d’être : celle d’être une force de dissuasion contre toute agression extérieure », et plus spécifiquement de l’Union soviétique. Paradoxalement, jusqu’à la chute du mur de Berlin, elle n’a jamais été impliquée directement dans une opération d’ampleur. Après la fin de l’URSS, l’Otan peut même se féliciter « d’avoir remporté la guerre froide sans avoir eu à tirer un seul coup de fusil ».
Magnifique vous en disais-je et j’ai même pu aller « casser le mur » avec mon marteau et mon burin un soir d’hiver 89 pour en ramener quelques vestiges bien en vue dans « ma vitrine » à trophées…
 
Car le paysage change radicalement dans les années 1990, avec les guerres dans l’ex-Yougoslavie en décomposition avancée. Après une première campagne en Bosnie-Herzégovine contre la république serbe pour faire respecter les zones de sécurité délimitées par l’ONU, l’Otan lance une opération aérienne d’envergure, en 1999, contre la Serbie et les Serbes du Kosovo.
Au lendemain des attentats contre le World Trade Center, à New York, et le Pentagone, à Washington, le 11 septembre 2001, les alliés évoquent l’article 5 pour la première fois, en solidarité avec les États-Unis. « George-Boubouche » senior ne fait pas immédiatement appel à l’Otan pour lancer une opération militaire en Afghanistan et renverser le régime des talibans, qui avaient donné l’hospitalité à Ben Laden et à Al Qaida : Cavalier seul sur ce coup-là.
Mais l’Otan, munie d’un mandat des Nations unies, dirige pendant onze ans (2003-2014) la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan. Une révolution symbolique : Si le gros des troupes est fourni par les États-Unis, l’Otan ajoute à ses missions la lutte contre le terrorisme.
Et on espère encore un cessez-le-feu dans la zone pour déboucher in fine sur un accord politique de paix, ce qu’a repoussé une première fois et de façon unilatérale le sieur « McDo-Trompe »…
 
La dernière mutation de l’organisation est la « redécouverte » d’un ennemi russe après l’invasion en 2014 du Donbass ukrainien et l’annexion de la Crimée, six ans après l’invasion de la Géorgie et la mise sous contrôle de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Les alliés décident seulement d’augmenter leurs dépenses de défense en se fixant comme seuil « symbolique » 2 % de leur PIB, dont 20 % pour les investissements d’ici à 2024. Justement un engagement que « McDo-Trompe » ne cesse de rappeler, sous peine de retirer la protection américaine aux pays européens qui ne paient pas assez, « Teutonnie » en tête.
Et aujourd'hui, une nouvelle ère débute. Celle d’un monde où la compétition stratégique entre les deux grandes puissances du début du XXIème siècle, la Chine et les États-Unis, va redéfinir les relations internationales.
La question est de savoir si l’Otan sera encore présente dans ce nouveau « grand jeu ».
Car le « ricain » a affiché sa préférence pour les « transactions » bilatérales d’un pays à l’autre, au détriment des alliances antérieures et encore en cours.
Depuis, il n’est pas certain que l’Alliance atlantique survivrait à sa réélection…
 
Si « Mère-Quelle » défend l’OTAN et a un peu cédé à la pression du « ricain », c’est qu’elle veut sauver l’essentiel, la protection US et le sous-investissement chronique de son pays dans sa défense. Au total, ce poste représente 1,2 % du PIB teuton et cette modestie permet, en partie, l’excédent budgétaire de « Teutonnie » (1,7% en 2018), le modèle de vertu budgétaire européenne…
Face à ça, « Jupiter » a effectivement raison de pointer que, sans même mentionner le sacrifice de nos soldats (43 morts depuis le début de l’opération Serval/Barkhane), la « Gauloisie-éternelle » consacre 1,8 % de son PIB à une défense qui « profite » à ses alliés européens (dont l’Allemagne) également menacés par le basculement djihadiste au Sahel/Levant et également protégés par la dissuasion nucléaire Gauloisienne.
L’enjeu de cette opposition ?
L’exclusion d’une partie des dépenses militaires Gauloisienne du calcul de notre déficit budgétaire.
Et l’avancée vers une défense européenne commune.
Bref les moyens de notre politique économique et la sécurité européenne.
 
Et dans la foulée, on apprend que les USA vont baisser leur participation financière à l’OTAN (elle passerait de 22 % à 16 % du budget total), alors que la « Teutonnie » augmenterait, elle, son effort (passant de 15 à 16 %).
Un deal qui rend furieux « Jupiter » réalisé sans consulter ses alliés et emporte son refus d’augmenter notre effort national (10,5 %) à l’égard d’une organisation en… « état de mort cérébrale ».
Et de rajouter la semaine dernière sa « petite-musique » : « Si certains veulent voir ce qu’ils appellent « le cost sharing » (partage du budget de l’OTAN), ils peuvent venir lundi aux cérémonies que la France organisera (en hommage aux 13 soldats morts au Mali). Ils en verront le prix ».
Dans les dents !
 
« J’assume totalement d’avoir levé les ambiguïtés », a-t-il déclaré. Et d’affirmer sa volonté d’« assurer le succès » du sommet des 29 pays membres à Londres.
Interrogé sur ses propos, il a expliqué les avoir tenus après avoir constaté « une déconnexion criante et inacceptable » lors des deux derniers sommets de l’OTAN, qui « ont été uniquement consacrés à savoir comment on pouvait alléger le coût financier pour les États-Unis ».
Pendant ce temps-là n’étaient pas « résolues » des questions stratégiques sur « la paix en Europe, la relation avec la Russie, le sujet de la Turquie » ou sur « qui est l’ennemi » de l’OTAN, a-t-il ajouté, en citant la lutte contre le terrorisme comme une nouvelle priorité pour les alliés.
En l’état actuel, a-t-il insisté, l’Union européenne « n’est pas à même de défendre l’Europe » seule et « ne peut se substituer à l’Alliance atlantique ».
« Les deux sont les faces d’une même médaille », selon lui.
Il n’a probablement pas tort…
 
Allant dans le même sens, la nouvelle présidente de la Commission européenne, « Ursula-de-la-Lyre », avait d’ailleurs affirmé la semaine dernière que l’UE et l’OTAN n’étaient « pas rivales » mais « complémentaires ».
« L’Europe ne peut pas se défendre seule pour le moment », avait également souligné de son côté « Mère-Quelle » devant les députés teutons : « Il est important que nous assumions davantage de responsabilités. »
Après la mort de treize soldats au Mali, « Jupiter » aura fait savoir qu’il allait réclamer à ses alliés une « plus grande implication » contre « le terrorisme » au Sahel.
Où nos armes y déploient quelque quatre mille cinq cents hommes.
Et il aura déclaré être prêt à revoir « toutes les options stratégiques » des équipes tricolores au Sahel et que, dans ce cadre, « une plus grande implication des alliés serait tout à fait bénéfique. Proclamer son attachement à la sécurité collective ne suffit pas. Une véritable alliance, ce sont des actes, pas des mots », a-t-il ajouté.
Or, vous aurez noté que certains pays de l’UE sont déjà impliqués, comme l’Allemagne et le Danemark, et ne passe pas par le lancement d’une opération de l’OTAN…
 
Un effet qui se ressent jusqu’en l’opinion teutonne : 44 % de la population sondée estime faire « plus confiance » aux parapluies-nucléaires Gauloisien et britannique qu’à celui des USA, contre 22 % qui pense le contraire…
C’est, me semble-t-il, un élément sur lequel « Ah-KaKa » pourrait rebondir, si elle est à l’écoute de son opinion publique.
 
Pas beaucoup de doutes : Ce sommet va bien se passer entre gens de bonne compagnie, hors la tête du turc du Turc qui fait des siennes, se sentant un peu sur la sellette. C’est peut-être ce qu’il recherche d’ailleurs, se faire mettre « en marge » de l’organisation sans que ça ne vienne de lui.
Les évolutions seront reportées pour le prochain sommet et tout dépendra de la réélection ou non de « McDo-Trompe ». Pour l’heure, on fait comme si elle était acquise puisque l’ex-maire de New-York « Bloumbloum-Berg », qui pourrait la lui gâcher, est parti un peu tard en campagne…
Mais rien n’est joué.
De toute façon, il serait temps que les européens se concertent entre eux pour formuler une stratégie commune de défense contre les menaces.
Quelles menaces ?
« Jupiter » ne se rapproche-t-il pas à pas mesurés de « Vlad-Poux-Tine » ? Celui-ci ne va-t-il pas « décrocher » à la fin de son mandat ? Quel va être son successeur et quelle politique de rapprochement avec l’UE va-t-il enclencher à terme ?
Les USA persisteront-ils à se replier sur eux-mêmes sans pour autant tirer un trait sur leurs alliances au Moyen-Orient (et ses gisements pétroliers) à coup d’accords bilatéraux, défiant et défaisant les alliances multilatérales ?
C’est le vote « feuj » américain, sioniste par excellence, qui en décidera…
Autrement dit le régime des Ayatollahs perses par ses excès.
Loin de Pékin et de Pyongyang qui s’agitent en ce moment.

lundi 2 décembre 2019

Les délires de l’Urssaf

Et de ses vaillants inspecteurs/contrôleurs.
 
Je vous annonce depuis des décennies la mort du « droit du travail ». Et parmi les signes indicateurs de cette tendance de fond dans nos pays occidentaux, il y a cette « pieuvre » qu’est l’Urssaf.
 
Un de mes plus anciens « clients » qui avait eu à faire « à ces messieurs » était restaurateur dans le civil. Un « métier de dingue » (il a failli y perdre définitivement sa santé restée chancelante depuis) avec ses tournées nocturnes à Rungis et les fins de service qui s’éternisaient.
Si encore, il n’y avait eu que ça, mais entre les personnels en absences, nombreuses et impromptues, les « vétérinaires » de l’hygiène, le fisc qui lui réclamait de la TVA non due et les inspecteurs du travail qui déboulaient justement dans l’heure où il venait d’embaucher à la va-vite un cuistot qui comme par hasard n’avait pas ses papiers sur lui qu’on ne pouvait donc pas faire faire par l’expert-comptable la déclaration d’embauche (= 25.000 francs Pinay d’amende pour travail dissimulé d’une heure, 10 mois de salaire du « boss » en un seul coup !), il aura lâché sa boutique après son AVC et aura attendu 18 mois pour toucher le prix de la cession la faute au « drapeau » planté par la dite Urssaf, « superprivilégiée » parmi les créanciers, sur des cotisations soi-disant dues, évaluées à la louche et pour les trois-quarts sur des années prescrites, imaginez-vous que je me suis étouffé de rire quand j’avais entendu parler du cas d’Arnaud Bloquel !
De la gnognotte…
 
Souvenez-vous de ce restaurateur (lui aussi, mais étoilé, ça aide à se faire connaître) à qui l’URSSAF a infligé un redressement de 14.000 euros au titre des avantages en nature parce qu’il mangeait dans son propre restaurant, tarif « à la carte » évalué à 107 euros par repas « gastronomique-moyen » alors que sont comptés ces « avantages en nature » selon les forfaits édictés par l’Acoss (le « doctrinaire » des Urssaf) pour tous les personnels salariés…
Lui, le patron étoilé, il aurait dû aller manger le menu infect de madame Michu, ou aller se restaurer au fast-food du coin avec ses tickets-restaurant, au lieu d’améliorer les recettes de sa propre carte…
Extraordinaire : Tu parles d’une publicité !
 
Un redressement tellement délirant qu’il a même fait réagir le « sinistre des Comptes publics », « Gégé-Dard-à-la-main », qui dénonçait une « situation absurde issue d’une règle obsolète ! » et de demander à l’URSSAF de reconsidérer le cas de ce chef cuisinier.
En droit, ce redressement est parfaitement fondé : Pour un dirigeant de société, l’avantage en nature sur la nourriture ne peut être évalué qu’en fonction de sa valeur réelle et non forfaitaire.
Par souci de simplicité, l’inspecteur s’était donc contenté de réintégrer dans le montant des cotisations le prix d’un repas moyen dans ce restaurant-là…
Logique.
Moâ, j’attends le jour où cette belle administration-autiste s’occupera des toubibs qui se font soigner par un confrère (serment d’Hippocrate oblige), actes qui sont réalisés à titre gracieux…
Ou celui offrant un doliprane à sa femme (il n’a pas le droit de faire une ordonnance : Même serment) ou encore un électricien changeant une ampoule chez lui…
Des « twists » mi amusés, mi choqués l’ont envisagé.
 
Une affaire surmédiatisée mais qui cache le fait que neuf contrôles sur dix se soldent par un redressement : Même dans une de mes « petites-associations » de crèche, le konnard de service, ne trouvant rien à redire dans les comptes et déclarations, il voulait reprendre « l’avantage en nature » d’un forfait téléphonique de mes directrices.
Là, j’allais mordre profondément à faire mal, là : Elles avaient toutes leur propre forfait-personnel, et la convention CAF oblige ces dames à être jointes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 sur un numéro connu de toutes et tous et de pouvoir réagir à n’importe quels incidents dans la minute qui impacte de près ou de loin la santé des enfants (et des personnels).
« Relisez les documents qu’on nous oblige à signer ou retournez à l’ékole ! »
Il a fini par laisser tomber et j’ai encadré et accroché au mur l’avis de « non-redressement »…
 
En fait on recense des dizaines de cas ahurissants, dont les victimes n’ont pas eu la chance d’être repérées par le « sinistre des Comptes publics » : L’épouse d’un restaurateur qui le remplace au pied levé parce qu’il est parti aux urgences (cas flagrant, aux yeux des URSSAF, de travail dissimulé) quand ce n’est pas le « fiston » qui donne un coup de main sur les marchés à papa pour apprendre le métier sur le tas (travail interdit pour les mineurs), tout comme des laissés-pour-compte à qui Emmaüs verse un petit pécule, que l’URSSAF s’empresse de grever de charges sociales…
 
Depuis un courrier a été adressé aux restaurateurs où « Gégé-Dard-à-la-main » annonçait que d’ici la fin de l'année, la valeur des repas des dirigeants de la restauration ne sera plus déterminée sur les tarifs de la carte de l’établissement, mais sera la même pour tous.
Le montant des repas sera forfaitaire (3,62 euros), celui des dirigeants est calculé sur la base du menu (entrée, plat, dessert), tout le monde à la même enseigne :
« Dans un souci de lisibilité et d’équité réelle, et comme suite à mes engagements publics, j’ai décidé de modifier l’arrêté de 2002 relatif aux avantages en nature pour prévoir que la valeur à retenir sera désormais identique pour l’ensemble des salariés et des dirigeants d’entreprise relevant du régime général, soit 3,60 euros par repas et quel que soit le montant des menus et de la carte du restaurant », explique son courrier.
 
Mais ledit « sinistre » a également tenu à expliquer le zèle des contrôleurs les organismes de recouvrement des cotisations sociales (URSSAF et CGSS) : « En pratique, les organismes retiennent le plus souvent une valeur nettement plus faible que celle résultant du droit. (…) L’absence de valeur forfaitaire de référence conduit les organismes à devoir apprécier eux-mêmes la valeur à retenir. En un mot les choses sont complexes et le bon sens n’a pas prévalu ».
Ah oui ?
Est-ce équitable à défaut d’être « égal » ?
On nage en plein arbitraire, non ?
 
Les restaurateurs gérants peuvent maintenant se nourrir en toute tranquillité, des consignes ont été récemment données à tous les services afin qu’ils ne soient plus pourchassés pour avoir pris leur repas sur leur lieu de travail. Bloquel n’était pas le seul, tous étaient en cours de contentieux ou allaient l’être.
Et désormais se sont d’autres professions qui sont aussi harcelées.
C’est le cas des boulangeries qui vendent des sandwichs à emporter…
En fin de journée, il reste des invendus ne pouvant être remis en vente le lendemain. Pour éviter le gaspillage et une scandaleuse mise à la poubelle, les employés peuvent donc en disposer.
Demain ce sera les traiteurs, les vendeurs de fruits & légumes, les épiciers avec les boîtes de conserve à mettre à la benne.
Heureusement l’Urssaf veille au grain : Il s’agit d’un avantage en nature à déclarer.
La chasse aux sandwichs invendus va remplacer la chasse aux restaurateurs. Elle a d’ailleurs déjà commencé et va pouvoir se développer.
Un jour, si vous êtes embauché pour cueillir des cerises, des pommes, du raisin ou des abricots, attention si vous en mangez au passage…
En attendant les fonds de cuve des laitiers, des viticulteurs et les croûtes du fromager…
 
Et ce n’est pas tout : L’Urssaf n’aime pas beaucoup la « famille » et les forains en savent quelque chose.
Si le patron du stand ou du manège s’absente pour satisfaire un besoin naturel et que l’enfant ou l’épouse prend sa place, il ne faut pas qu’un contrôleur passe par là à ce moment-là, ils sont très vigilants sur le sujet : C’est du travail au noir !
Pourtant, depuis des millénaires, chez les commerçants surtout, les artisans, les professions libérales, les conjoints aident, parfois beaucoup, de la tenue de l’officine au standard, en passant par la comptabilité.
Non, non, en « Gauloisie-égalitaire », il n’est plus naturel de s’entraider entre conjoints : Ce ne sont plus des époux, mais un patron et un salarié non déclaré.
Point-barre.
Certes, il existe le statut de conjoint collaborateur, mais il n’a jamais été prévu que ce soit une obligation légale.
Pour l’Urssaf, si !
 
Pire, l’Urssaf discrimine selon que vous soyez affilié à la MSA, en tant que travailleur indépendant ou au régime général. Car par exemple si père et oncle travaillent chaque jour et toute la journée dans une exploitation agricole, alors qu’ils sont retraités depuis des années, et ils le feront sans doute tant qu’ils le pourront, bé l’Urssaf ne viendra jamais leur reprocher de prendre la place d’un autre travailleur, analysant qu’il s’agit de travail au noir. La raison est fort simple : C’est officiellement accepté par la MSA.
L’agriculteur peut faire travailler son conjoint huit heures par jour sans le rémunérer, mais le forain n’a pas le droit de le faire un quart-d’heure par jour.
Une discrimination légalisée…
 
Ainsi, un restaurateur de la Côte d’Or vient de se faire redresser de 40.435 euros : Sa femme l’aidait ponctuellement au service en cas de coup de feu ou d’absences. En tant qu’agriculteur, il pourrait l’employer en permanence.
Dans le Doubs, c’est un père retraité venu aider son fils sur un chantier : 7.750 euros de redressement pour une seule journée.
À Pau, l’été dernier, ce sont 54.202 euros de redressement finalement annulés par le tribunal : Le patron d’un camping avait fait travailler son petit-fils pendant les vacances.
Scandale aux Urssaf !
Les saisonniers de stations de ski ont très rarement quelques heures pour skier, mais si un forfait leur est offert par l’employeur, gare à l’Urssaf…
 
Et pourtant, sur le plan économique, l’attitude de l’Urssaf à l’égard de la famille ne rapporte rien.
Fiscalement la famille est un tout, l’impôt était et reste payé sur l’ensemble des revenus du couple. Lorsque le conjoint d’un indépendant apporte son aide, son activité augmente de fait l’activité globale, et donc les recettes.
Le professionnel est taxé et imposé sur son travail, celui du conjoint l’est donc indirectement, puisqu’il apporte une valeur ajoutée qui sera taxée et si ce n’est pas le cas, alors ce n’est pas du travail, et il n’y a pas de raison de taxer !
Si le conjoint est déclaré, salaire et taxes viendront en déduction du chiffre du premier, qui sera moins taxé et imposé. In fine, cela revient à peu près au même, cette activité de bénévole est toujours taxée.
 
Il ne faut pourtant pas être opposé à l’Urssaf, ni au principe du contrôle. Il est nécessaire et indispensable, car nous payons ce que gagnent les fraudeurs (qui détruisent l’équilibre des marchés et de la libre concurrence à leur profit). Le problème est la discrimination et surtout le manque total de discernement dans ce qui relève du travail non-déclaré, du service rendu, de la solidarité familiale.
Les règles doivent être les mêmes pour tous et il faut cesser de persécuter les petits, les familles, ceux qui rendent service quelques heures, sur la base de planchers d’activité en dessous desquels l’Urssaf ne doit pas intervenir.
 
On y revient ainsi : On se souvient qu’en 2018 Emmaüs s’était vue être redressée pour un montant de 87.000 euros. 
Quatre associations du Nord – dont la vocation est d’aider les plus démunis (l’Armée du Salut, l’ABEJ, l’AFEJI, le foyer Béthel de Tourcoing) – se sont vues signifier des redressements dont le montant dépassait le million d’euros.
Quel crime ont-elles commis pour se voir infliger une telle amende ?
Elles ? Rien.
Mais un de leurs sous-traitants était soupçonné de travail dissimulé.
Quel tort ont-elles eu ? Celui de ne pas avoir demandé, deux fois par an, une « attestation de vigilance », auprès de leurs sous-traitants, ce qui est, il est vrai, une obligation légale dès qu’un contrat de sous-traitance est supérieur à 5.000 €.
Faute d’exiger ce document, et en cas de défaillance du sous-traitant, son client peut se voir poursuivre au titre de « la solidarité financière ». Une obligation ignorée par la plupart des entreprises (y compris EDF sur certains de ses chantiers par le passé), mais qui entraîne des situations compliquées telles que celles vécues par ces quatre associations.
Une actualité qui rappelle étrangement l’affaire Emmaüs, révélée en mars 2018 (l’URSSAF réclamait plus de 87.000 € à une communauté Emmaüs, située elle aussi dans le Nord, parce qu’elle accordait un modeste pécule aux laissés-pour-compte qu’elles faisaient travailler).
Quand on délire et dépasse les bornes, c’est bien connu, il n’y a plus de limite !
La réaction du ministre de l’Action et des Comptes publics a été immédiate. Le 18 novembre 2019 dernier, il déclarait qu’il allait faire application de « l’esprit du droit à l’erreur » et que, au moins pour une des associations, la mise en jeu de la solidarité financière serait annulée.
 
Au-delà de l’aspect médiatique, l’affaire soulève tout de même plusieurs questions de fond.
D’abord, il serait sans doute temps de faire le ménage d’une réglementation souvent incompréhensible, voire absurde. Et qui explique pourquoi 9 contrôles URSSAF sur 10 dans les PME donnent lieu à un redressement … chiffre qui prouve que le redressement frappe tout le monde y compris et surtout les employeurs de bonne foi.
En l’occurrence, personne ne remet en cause la bonne foi des dirigeants de ces structures d’insertion. Néanmoins, elles se voient notifier des redressements pour des sommes astronomiques.
Ensuite, il est incroyable de constater que seul le recours au ministre peut arrêter ces organismes. Des inspecteurs ont jugé bon de procéder à ce redressement, un supérieur hiérarchique l’a validé (ils sont payés pour ça), une commission de recours amiable – composée essentiellement de représentants du MEDEF ou de la CPME – a peut-être été saisie…
Alors comment toutes ces personnes ont-elles pu se montrer aussi insouciantes ?
 
Le ministre de tutelle de l’URSSAF n’a-t-il d’autre pouvoir que de réagir sur le coup face à ces aberrations, et d’effacer ponctuellement, par le fait du Prince, ces amendes ?
Où est la « rigueur du droit », pièce maîtresse de nos civilisations avancées ?
Pour une grâce ministérielle, combien de contrôles éminemment discutables sont appliqués ?
Combien de dirigeants, qui ne disposent pas des réseaux permettant d’atteindre le ministre, s’acquittent de redressements injustes ?
 
Il est à mon sens plus que temps de créer les conditions d’un dialogue pendant et après le contrôle URSSAF afin d’éviter ce genre de situation qui ne peut que ternir l’image des organismes de recouvrement et désespérer un peu plus les entrepreneurs.
Parmi les propositions simples (et non coûteuses) on retrouve :
– Celle de permettre au cotisant d’avoir recours à un supérieur hiérarchique de l’inspecteur en cas de difficultés au cours de la vérification,
– Ou de pouvoir donner la possibilité au dirigeant de défendre physiquement son dossier devant la commission de recours amiable…
Toutes ces propositions sont toujours repoussées.
Il faut donc logiquement s’attendre à ce que de nouvelles absurdités fassent encore la Une de l’actualité !
 
Pour ma part je considère qu’au-delà, c’est le droit du travail tout entier qui recule à chaque fois un peu plus.
Avoir des salariés, c’est une source d’emmerdements incroyable. Vous ne pouvez savoir que quand vous en avez, à gérer leur santé, leurs absences, leurs « émotions de discriminés » ou de « harcelé(e)s », à passer votre temps à récupérer leur travail parfois bâclé, suspendu que vous êtes à leur « droit de retrait », leur « droit de grève », leurs retards perpétuels, leurs « humeurs » du moment, la main sur le chéquier quand il faut les payer, eux, leurs caisses d’assurance et surtout quand vous vous en séparez même pour une « juste-raison », même en cas de « rupture conventionnelle ».
Jamais on n’a vu un salarié rembourser son patron pour ses konneries personnelles, même les plus aberrantes et démesurées…
On a voulu un droit « protecteur » de la condition « d’esclavagisme-consenti ». Je ne suis pas contre naturellement.
Seulement, en voulant « caler » sa condition à celle d’un travailleur « fonctionnaire » (du début à la fin de sa « carrière ») allant jusqu’à créer de toute pièce (c’est dans le préambule de la constitution de la IVème République et quantité de traités) un « droit AU travail », on est resté planté les pieds pris dans le béton sec de la Libération (ou tout le monde il était beau, tout le monde était gentil, hors les collabos), alors qu’un nouveau millénaire est né depuis bientôt 20 ans…
Et qu’on n’a rien imaginé pour s’adapter aux « Uber & Cie » : On a préféré délocaliser les usines là où il n’y a pas de « droit du travail ».
Sans blague : Il serait peut-être temps de s’organiser pour sauver ce qui peut encore l’être.
En rappelant qu’un robot, une machine, n’a encore aucun « droit du travail »…

dimanche 1 décembre 2019

On en sait un peu plus sur nos erreurs

C’est à cause de notre « curiosité »
 
Plus jeune, j’étais « stupéfait-béat » durant mes études de droit de lire des textes (arrêts, lois, décrets) absolument exempts d’erreur et même de « faute de clavier » (moi qui en fait toujours autant…).
Sorti de ce monde de perfection pour intégrer celui de l’activité entrepreneuriale, je me suis rendu compte que dans la « vraie-vie », les erreurs étaient un fléau.
« Erreur de clavier », erreur d’inattention, erreur de calcul, erreur dans la prise de décision (à une époque où on « normait » ISO tous les process), c’était « calamité ».
Même dans les actes notariés, voire des jugements, on avait systématiquement 2 % d’erreur qu’il fallait corriger le plus vite possible, ce qui était très chronophage !
Un carnage.
 
Et puis les temps ont changé : On retrouve des « erreurs de clavier » jusque dans les « journaux officiels » de la République, des « erreurs d’addition » même dans la fabrication des comptes sociaux d’entreprise, quant aux erreurs « politique », même dans une entreprise, elles sont flopées et quand la coupe est pleine, la boîte « croise les courbes » et fait faillite.
C’est devenu une seconde nature : La chasse à l’erreur, même dans une facture ou la préparation d’une commande. C’est simple, j’en ai monté une mission d’audit des conditions d’achat dans des boîtes milliardaires (en CA) : 2 %, réduit de moitié (parce que les erreurs se font dans les deux sens et finissent par se compenser peu ou prou) c’est un budget de 10 MF. Si on partage les gains avec le donneur d’ordre, il reste assez pour embaucher une équipe qui va se plonger dans les archives et faire le tri… (et des erreurs !)
Et mon grand bonheur, ça a été de faire de même avec les taxes locales (les taux d’accident du travail, les couvertures d’assurance risques divers, etc.) où les erreurs sont de l’ordre de 90 %… (toujours dans les deux sens) : Une mine d’or.
Et puis, ça ne m’a plus amusé et l’essor de l’intelligence artificielle fait ce « métier-là » beaucoup plus vite qu’une paire de « petites-mains ».
La machine n’en fait pas…
 
Les erreurs et l’aléa, les cerner, les éradiquer, c’était un peu mon « grand-dada ».
Comment naissent-elles ?
L’aléa, j’ai encore du mal : Pas plus de trois numéros sur les 7 tirés au sort (avec les étoiles) à l’Euromillion, et encore, pas tout le temps : Insuffisant.
Mais l’erreur ?
Eh bien il semblerait qu’une grande partie de nos prises de décision soit poussée par notre curiosité.
D’après une équipe Inserm de l’École normale supérieure, notre cerveau utiliserait ses propres erreurs pour produire des choix sans s’appuyer sur notre curiosité.
Alors pourquoi certains de nos choix semblent-ils poussés par l’envie d'explorer l’inconnu et d’autres non ?
Où aller dîner ce soir : Choisir son restaurant favori ou essayer un nouvel endroit ? Pour quelle destination opter pour ses prochaines vacances : La maison familiale que l’on connaît par cœur ou une location à l’autre bout du monde ?
Lorsque nous devons faire un choix entre plusieurs options, nos décisions ne se dirigent pas toujours vers l’option la plus sûre en se fondant sur nos expériences passées. Cette variabilité caractéristique des décisions humaines est le plus souvent décrite comme de la curiosité : Nos choix seraient le reflet d’un compromis entre exploiter des options connues et explorer d’autres options aux issues plus incertaines.
La curiosité serait même un attribut de l’intelligence humaine, source de créativité et de découvertes inattendues. Cette interprétation repose sur une hypothèse très forte, quoique rarement mentionnée explicitement, selon laquelle nous évaluons nos options sans jamais faire d’erreur (ou exceptionnellement).
 
Les chercheurs soupçonnaient que notre capacité à évaluer nos options et à les réviser était largement surestimée, sur la base de résultats publiés en 2016 dans Neuron : « L’un d’entre nous avait montré que notre capacité à faire le bon choix sur la base d’indices partiels est limitée par des erreurs de raisonnement au moment de combiner ces indices, et non par des hésitations au moment du choix. Nous nous sommes donc demandé si ces erreurs de raisonnement pouvaient être responsables d’une partie des choix considérés comme relevant de la curiosité par les théories actuelles. »
 
Pour étayer leurs soupçons, les chercheurs ont étudié le comportement d’une centaine de personnes dans un jeu de machines à sous qui consistait à choisir entre deux symboles associés à des récompenses incertaines. Ils ont analysé le comportement des participants à l’aide d’un nouveau modèle théorique tenant compte d’erreurs d’évaluation des symboles développé par Charles Findling, post-doctorant dans l’équipe et copremier signataire dudit l’article. Les chercheurs ont ainsi découvert que plus de la moitié des choix habituellement considérés comme relevant de la curiosité était en réalité due à des erreurs d’évaluation. « Ce résultat est important, car il implique que de nombreux choix vers l’inconnu le sont à notre insu, sans que nous en ayons conscience ».
« Nos participants ont l’impression de choisir le meilleur symbole et non pas le plus incertain, mais ils le font sur la base de mauvaises informations résultant d’erreurs de raisonnement. »
De quoi faire battre en retraite toutes les « théories des jeux » en matière économique…
Et ailleurs, réduisant le rôle de la curiosité à près d’un quart dans nos choix.
 
Pour comprendre d’où viennent ces erreurs, les chercheurs ont enregistré l’activité cérébrale d’une partie des participants en imagerie par résonance magnétique fonctionnelle. Et ils ont découvert que l’activité du cortex cingulaire antérieur, une région impliquée dans la prise de décision, fluctuait avec les erreurs d’évaluation des participants.
Plus l’activité de cette région était grande au moment de l’évaluation des options, plus les erreurs d’évaluation étaient importantes. Pour les chercheurs, « ces erreurs d’évaluation pourraient être régulées via le cortex cingulaire antérieur par le système neuromodulateur de la noradrénaline, en contrôlant la précision des opérations mentales effectuées par le cerveau ».
Autrement dit, notre cerveau utiliserait ses propres erreurs pour produire des choix vers l’inconnu, sans s’appuyer sur notre curiosité : « C’est une vision radicalement différente des théories actuelles qui considèrent ces erreurs comme négligeables ».
 
Si ces résultats peuvent paraître surprenants, le sont-ils vraiment ?
De nombreuses découvertes majeures sont le résultat d’erreurs de raisonnement : La découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, qui croit avoir atteint les « Indes orientales » (une erreur de navigation de 10.000 kilomètres), mais aussi la découverte de la radioactivité par Henri Becquerel, qui pense initialement que les radiations émises par l’uranium sont dues à la réémission de l’énergie solaire, ou encore la découverte du pacemaker par John Hopps en essayant de traiter l’hypothermie à l’aide d’une fréquence radio, et on en passe comme les erreurs de manipulation qui ont pu « inventer » l’Aspartam.
En allant plus loin, on peut dire que « l’évolution des espèces repose elle aussi sur des variations aléatoires du génome, autrement dit des erreurs génétiques, dont certaines sont conservées par sélection naturelle », nous rappelle-t-on.
Il n’y aurait donc en fait rien d’étonnant à ce que notre cerveau tire parti de ses erreurs pour sortir des sentiers battus.
 
Et c’est là le point clé de « la machine » animée d’IA.
Elle ne fait pas d’erreur dans la collecte des données. Elle apprend elle-même à corréler les informations analysées et elle a tout le temps pour balayer des encyclopédies entières…
Pour gagner des parties de Rami, de Go ou d’Échecs, ce sont des activités « cernées », contenues sur un plateau ou un nombre de cartes limité.
Et elle va infiniment plus vite qu’un cerveau biologique…
Reste à savoir si elle peut « inventer » une solution nouvelle à une situation nouvelle (jamais imaginée jusque-là).
Certains l’affirment, d’autres comme moi doutent.
Car même si un plan conceptuel ou théorique cela reste possible, bien évidemment, sur un plan pratique, soit on lui assigne un objectif prédéfini (mais comment définir ce qui n’existe pas ?) soit il faudrait que la machine « juge » de l’utilité d’une innovation qu’elle découvre (sans savoir l’utiliser).
Autrement dit il faut en passer par le filtre d’une intelligence-corrélative : Faire des « rapprochements transversaux ».
Alors là, ce jour-là, inutile de vos dire que même l’Euromillion disparaîtra : L’aléa intégral ne sera plus.
Nous vivrons dans un monde sans surprise et sans erreur.
Magnifique, non !
 
La machine saura-t-elle un jour « inventer » Dieu et le décrire ?
Ce jour-là, Homo-sapiens aura vécu : Il ne servira plus à rien…
 
Bonne fin de journée à toutes et à tous !
 
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