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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

samedi 7 août 2010

Opération « Juliette-Siéra » (VIII)

Huitième chapitre : Retour en Afghanistan  
 
Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Au matin, avec le café-sur-plage, nouvelle pluie de Sms, sur le portable qui reçoit les messages. Rémarde annonce l’arrivée d’un contrôleur fiscal à Fox !
Pardon ?
C’est le moment, ça, tiens !
Charlotte, la vraie, a reçu un appel pressant dès l’ouverture des bureaux, en provenance de Matignon. Paul doit se présenter avant 16 heures GMT à Kandahar, en Afghanistan. En urgence.
Voilà que décidément les ministres, Bercy, Matignon et la défense se marchent sur les pieds, maintenant ?
Qu’est-ce qu’il doit aller faire en zone de combats au moment d’un contrôle fiscal inopiné alors qu’il est la cible de tueurs pour une enquête en France ? Sûrement une exfiltration pour les alliés, comme d’habitude, quand ça vient des services du chef du gouvernement.
Curieux comme idée : il est en pleine mission pour le ministère de la défense et Matignon semble n’en rien savoir…
Un bref calcul mental plus tard, Paul considère qu’il a le temps de partir pour être sur place à l’heure dite. Tranquillement.
Puis de revenir pour être après-demain à Malaga. C’est jouable.
Et s’il refuse la mission, ça pourrait mettre la puce à l’oreille de tous ces messieurs qui ont perdu le fric du contribuable, le désignant de facto comme la cheville ouvrière du dispositif vraisemblablement imaginé par l’Élysée. Prendre le risque de se dévoiler un peu plus avec des tueurs aux fesses ?
Est-ce aussi une opportunité pour tester le réseau d’information de Gijou ?
Il serait étonnant que son dispositif de sécurité le suive jusque là-bas. Et c’est une chose à vérifier.
Il fait savoir qu’il accepte, avec une autre carte Sim et qu’il passe par Fox pour voir la tête de l’inspecteur des impôts dans les deux à trois heures de battements : de toute façon, il faut que l’équipe de Rémarde aménage l’hydravion pour un vol de 4.000 milles et refasse les pleins en conséquence.
Dès le décollage et la montée en altitude, Paul appelle Fox.
« C’est quoi cette histoire d’inspecteur des impôts ? »
Contrôle inopiné des comptes de la fondation. En plein début de mois d’août !
Mais enfin, comment a-t-il pu le laisser entrer sur le domaine, qui est en principe militaire, sans accréditation ? Et que fait-il ?
« Elle… vous attend après s’être fait remettre les livres de compte. Moi, je l’ai mise dans votre bureau comme elle l’exigeait ! »
Encore une fille, pense Paul : ça doit « ramoner » sévère de la cheminée, dans les ministères en ce moment. Il faut absolument qu’elle dégage de son bureau. De toute façon il arrive.
« C’est qu’elle n’est pas commode. Et puis je sens que ça ne va pas être votre genre, commandant ! »
Il rappelle sur un autre téléphone portable avant de perdre définitivement le réseau.
« Quoi, pas mon genre ? » Rémarde fait-il encore une crise de jalousie à l’égard de sa femme qu’il accuse de lui faire porter si bien les cornes ?
Pour se dédouaner définitivement, il lui avait un jour expliqué que lui, c’était les grandes blondes aux cheveux courts, pas les boudins brunes aux cheveux longs, comme son épouse : pas son genre du tout. « Mais à chacun ses goûts, Chef », avait-il conclu.
« Bé… C’est pas le genre bimbo-grande-blonde. Vous verrez si vous passez refaire les niveaux. »
Ouais… En attendant, qu’il l’empêche de foutre son nez un peu partout dans son bureau.
 
Paul débarque quasiment en trombe dans ses locaux, à Fox.
Joëlle Lidoire est effectivement une « petite-brune », un peu boulotte et ras-du-bitume, mais avec un joli visage encadré de cheveux longs tenus en chignon sage, et si elle n’avait pas d’affreuses lunettes de presbyte en demi-lune qui la force à regarder les gens par au dessus en baissant la tête, comme si elle regardait par-dessous, un tic désagréable, elle aurait pu être attrayante.
Paul ne comprend pas sa venue. Ce n’est pas prévu et elle attaque fort avec le train de vie soi-disant somptuaire du domaine, dépensant l’argent des subventions de l’État en frais grotesques, sans compter, et notamment, les avions « de prestige »…
Le tout dans la même phrase juste après s’être présentée.
C’est qu’elle compte vite, ou elle a vraiment préparé son dossier pour un contrôle fiscal inopiné ?
« De prestige ? Vous voulez que je vous montre à quoi ils servent, ces avions ? »
Elle sera curieuse de savoir pourquoi une fondation archéologique, installée sur le plateau du haut-var loin de la mer a effectivement besoin d’un hydravion, par exemple. « Parce qu’à l’ère secondaire, ici c’était un lac où venaient boire les grands sauriens préhistoriques ! Alors on ne sait jamais : il faut pouvoir y amerrir. Et vous, vous venez faire quoi ici ? »
Les contrôler, bien sûr.
« Et ça vous prend souvent de venir emmerder le peuple de cette façon, en plein été et sans même un courrier préalable ? »
Elle non, mais dans les services des finances, c’est la coutume.
« Et pourquoi pas vous ? »
Parce qu’elle n’est pas un contrôleur des impôts, mais une conseillère référendaire de la Cour régionale des comptes plus particulièrement affectée aux fondations. « Ma première mission, que je compte bien mener comme je l’entends et dès avant cette minute. Alors, je veux, notamment tous les justificatifs, rapports et comptes relatives à la fondation et ses activités… »
Paul la coupe. « Vous aurez tout ça, mais la semaine prochaine. Je vous envoie même l’expert-comptable, le commissaire aux comptes et le juriste qui s’occupent de ça si vous le souhaitez. Moi, je suis attendu pour une mission gouvernementale urgente. Alors, soit vous avez des questions qui n’attendent pas et je vous emmène avec moi pour y répondre, comme ça vous en profiterez pour comprendre à quoi sert l’argent du contribuable et comment il est utilisé avec cet avion « somptuaire » (ça n’est pas passé…), là-bas, notamment » reprend-il, « soit vous déguerpissez d’ici et en cas de refus, je vous renvoie manu-militari dans vos bureaux de ronds de cuir ! »
La discussion s’envenime, le ton monte : « C’est bien la première fois que je suis reçue comme ça par un maître-gougnafier de votre espèce ! J’en référerai en haut-lieu et croyez-moi, il vous en cuira si vous touchez à un seul de mes cheveux. »
Paul se tait : toute conseillère de la Cour des comptes, même régionale, elle n’allait pas le retarder comme ça indéfiniment.
« Madame, soit vous venez avec moi et on cause tranquillement. Vous reprendrez votre contrôle demain matin à notre retour, soit vous sortez d’ici immédiatement et je fais rendre la vie impossible à votre chef qu’il en regrettera d’être né. C’est vous qui choisissez ! »
La deuxième proposition est assez sympathique : elle ne supporte pas son chef, même si ça dépend du quel.
« Bon, allons discuter de ça dans votre avion ».
« Prévenez qu’on ne vous revoit que demain matin sur le territoire », fait Paul en l’invitant à sortir.
Pourquoi, il l’emmène où ?
« Secret défense et je ne pense pas que vous soyez accréditée ou habilitée défense ! Sans ça vous ne seriez jamais arrivée jusque dans mon bureau par effraction. Mais au moins, vous reviendrez plus savante qu’en arrivant ici et vous saurez à quoi sert pour de vrai cette fondation ! On y va ? »
 
Le décollage est toujours un peu chaotique sur le terrain aménagé sommairement pour être parfois piétiné par les chevaux du club hippique de la fondation.
Pareil pour les atterrissages. C’est un travers du Havilland. À l’aise dans les airs, un avion sûr, mais pataud sur l’eau et sur terre.
Cap sur l’Adriatique, la Grèce, la mer noire, la Turquie, le Caucase, l’Iran et enfin l’Afghanistan, il y en a pour au moins 6 heures avec remplissage des réservoirs en vol à mi-parcours, avec le contenu des fûts mis à disposition entre les sièges à cet effet et à la place habituelle de la moto de Paul, par l’équipe de Rémarde, au-dessus de la Turquie.
Joëlle Lidoire ne se montre pas désagréable et parle d’elle-même et de sa vie assez facilement dans une première partie du parcours. Femme mariée à un inspecteur des finances, comme elle, mère de deux enfants en bas-âge, brillante mathématicienne, elle a été recrutée par la Cour des comptes pour démêler les imbroglios financiers retords.
Bien sûr, quand elle a reçu l’ordre de se rendre à Fox hier après-midi, elle a fait le nécessaire pour être à la première heure du matin à poste, après avoir parcouru le dossier de la fondation réuni à la hâte en fin d’après-midi, hier.
« Mais au juste, qui vous a donné cet ordre ? »
Son patron, bien évidemment : elle n’a pas compris la question.
« Ah ! J’imagine que c’est un ordre de Paris. La rue Cambon, mais il est vrai que ce n’est très pas coutumier de faire une descente chez les contribuables sans raison préalable et de façon aussi soudaine. D’autant mieux que je ne suis pas une spécialiste des contrôles sur place. »
Mais alors, que fait-elle, pour la Cour des comptes…
Elle n’en dit pas beaucoup, mais Paul pose finalement la question qui lui brûle les lèvres pour lui paraître logique.
« En fait, vous êtes une spécialiste informatique ? »
Pour sûr. Et de se vanter modestement de pouvoir percer n’importe quel système sécurisé à travers le monde en racontant sa demi-douzaine de « frasques-informatiques ».
Au-dessus de la Grèce, Paul l’interrompt de nouveau. « Ne cherchez pas, Madame. Moi j’ai compris pourquoi vous êtes détachée à la fondation ! »
C’est manifestement « le » spécialiste qu’il a réclamé l’autre jour au ministère.
Il dispose bien de « DD », dit disque-dur de chez sa boutique de sécurité, mais si « DD » est très douée pour faire un dossier sur des informations « ouvertes », elle est complètement nulle pour le piratage. Et Paul ne veut pas mêler « CAP Investigations » dans cette affaire d’État.
Ils auraient pu prévenir, quand même ! Du grand n’importe quoi, finalement.
« Vous vous sentez capable de forcer les comptes archivés des meilleures banques, partout dans le monde et de me remonter des écritures si je vous donne des intervalles de dates ? »
Réponse dubitativement affirmative.
Alors il lui explique la trame de sa mission.
 
La nuit avance et l’hydravion avance vers la nuit quand il en termine : elle pourrait déjà avoir un « plan de bataille » en tête.
« Quel rapport avec notre arrivée en Afghanistan ? »
Aucun !
Et c’est là que c’est particulièrement curieux. Paul ne sait même pas pour quelle raison il y va, ni quelle mission on va lui confier.
« Probablement que même mes chefs au ministère de la défense ne sont pas au courant. On ne va pas tarder à arriver. Nous en saurons plus tout à l’heure. Peut-être n’ont-ils besoin que de l’avion. Je ne sais pas, mais ça m’étonnerait. »
 
Effectivement, une demi-heure plus tard, Paul est en tenue de combat et en salle d’opérations.
Le colonel de l’USAF explique la situation et la solution proposée par la CIA qui a l’agrément du général.
« On est en train de monter un blindage de protection sur votre machine. Et je vous fais équiper de lunettes de vision nocturne. Si la mission échoue, on recommence demain dans la matinée avec plusieurs pilotes venus des states. Acceptez-vous ces conditions ? »
Paul hésite. C’est un peu suicidaire de plonger en plein nuit sur un lac d’altitude, sans moteur, avec des lunettes de vision nocturne alors que c’est censé être le moment où les B 52 lâchent leurs bombes.
« Ça me paraît jouable, messieurs. Est-il encore possible que vos bombardiers glissent quelques bombes fumigènes dans leurs soutes ? »
Oui c’est possible, mais personne, et même pas lui, n’y verra quoique ce soit dans la nuit, par des conditions météos déjà pas très favorables, alors avec des fumigènes en plus…
C’est vrai, mais si les talibans sont équipés eux aussi en lunettes de vision nocturne, eux seront aveuglés alors que Paul pourra se guider sur la réverbération des explosions sur l’écran des fumigènes.
« Et s’ils n’ont pas de matériel de vision nocturne, de toute façon, il n’y aura plus que le bruit qui pourra les guider sur moi. Or, le moment crucial où ils nous repèreront au bruit, ce n’est qu’au décollage. Même si les explosions des bombes viendront couvrir le bruit de ma turbine. Décollage qui va être difficile de toute façon avec un avion surchargé ! »
Et on passe au minutage, à la navigation et aux codes radios.
« Vous êtes Juliet-Sierra, » intervient le type de la CIA resté silencieux jusque-là dans son coin.
Silence des officiers qui se retournent vers lui.
« Retenez bien ce nom de code, commandant De Bréveuil. »
« Et vous êtes qui, vous ? »
L’agent spécial Almont, celui qui l’a fait venir jusqu’ici. « Vous ne me connaissez pas, mais moi j’ai pu vous apprécier. »
Dire qu’Almont s’est tamponné le décalage horaire uniquement pour lui passer ce message-là !
Voir « Charlotte » aussi, jauger le personnage, se demander comment un type aussi grand et athlétique que lui peut bien entrer dans des cockpits de chasseurs et apprécier s’il pourra ou non mener à bien sa mission, que lui téléguide depuis Langley sans qu’il ne le sache encore.
 
Le groupe se sépare et Paul retrouve Joëlle au mess des officiers. Une petite collation avant le départ comblera le creux laissé par les sandwichs au cours du vol.
« Alors ? », demande-t-elle.
Secret défense. Il devrait être de retour vers une heure du matin, heure locale. « Si je ne rentre pas, faites-vous ramener à Kaboul par un avion de liaison et reprenez un vol, le premier, pour Paris ou l’Europe. Vous confirmerez de mon décès à vos supérieurs. Mais vous êtes priée de ne pas souffler mot à quiconque, y compris vos proches, de ce dont nous avons parlé en route. »
Pour ce qu’elle en a entendu, de toute façon, il s’agit juste de faire du piratage informatique, sur des comptes bancaires encore indéterminés, à des dates non précisées. Le reste, mystère.
« Vous ne pensez pas que je vais rester seule ici entourée par tous ces militaires agités qui me lorgnent de façon bizarre quand j’entre dans leur champ de vision. Même les filles, figurez-vous ! Je viens avec vous ! »
Pas question une seule seconde. C’est extrêmement dangereux. Elle peut être blessée, tuée, peut-être même blessée-tuée-violée dans un ordre aléatoire. « Pas question de fournir un otage de plus à ces gens-là qui ne nous veulent de toute façon pas que du bien ! »
Mais elle n’en démord pas : « Si vous voulez que je collabore à vos pirateries, il faudra me faire confiance et réciproquement, donc m’emmener avec vous où je ne vous attends même pas pour rentrer et dirai à mes chefs que vous m’avez sexuellement harcelée ! »
Pas crédible une seule seconde, elle n’est pas son genre et tout le monde le sait…
« Et puis c’est une question de poids. Vous faites au moins dans les 60 kilos. Et au moment du décollage, c’est une ou deux secondes de trop ! »
« Mufle ! Vous faites bien le double, vous ! »
Pas tout-à-fait, mais lui, il pilote, pas elle. Et pour la manœuvre prévue, si tout le monde l’apprend dans les écoles aériennes sérieuses du monde entier, rares sont ceux qu’ils la font par temps couvert, de nuit, sur un lac posé à 1.500 mètres d’altitude, et sans reconnaissance préalable ! Ils sont une vingtaine dans le monde à pouvoir ne pas se planter en touchant l’eau. Et il n’est même pas sûr de se compter dans le lot !
Ça ne fait rien et elle insiste tellement que Paul finit par lâcher : « Allez mettre une tenue pendant que je finis votre dessert. C’est pas bon pour votre masse corporelle ! Mais à une seule condition : Vous n’ouvrez plus la bouche avant notre retour, même pour protester que je vous pique votre dessert ! »
À ses risques et périls, après tout. Si ça se passe mal, personne ne pourra plus lui reprocher quoique ce soit, de toute façon.
Si ça se passe bien, elle n’aura pas de rapport à faire sur les « dépenses somptuaires » !
 
Et au « top départ », le De Havilland décolle de l’unique piste de Kandahar. Paul passe en pilotage-automatique : les programmeurs s’y entendent pour faire faire de la navigation « millimétrée » à la machine. Paul n’a qu’à ajuster la puissance de la turbine pour respecter l’horaire prévu.
Un Awacs en haute altitude supervise les vols. Les B 52 arriveront sur zone à l’heure prévue, feront deux passages aller et retour en deux vagues, laissant un battement de 10 minutes entre leurs tirs est/ouest, et ouest/est après un virage serré sur bâbord à 36.000 pieds. Les drones d’attaques tourneront à 20.000 pieds et Paul est attendu à 30.000 pieds.
La manœuvre consiste à couper la turbine à 5 nautiques de la zone d’amerrissage, en venant de l’est, en amont des B 52. Paul attend que la vitesse de son avion tombe, met les volets en position basse et pique vers le lac, ajustant sa vitesse avec les aérofreins.
En, principe il n’est plus qu’à 2.000 pieds et 140 nœuds quand il aborde la rive-est du lac.
Et ça se passe comme prévu. Il est devancé par la première vague de bombes qui noient les berges nord et sud sous un déluge de feu et une fumée envahissante. S’il n’y avait pas eu de la brume naturelle, Paul aurait eu une visibilité parfaite en cette nuit de lune rayonnante.
Le feu des bombardiers roule plus vite que lui, le dépasse et la seconde vague entame sa traversée du lac, sur le même axe et la même célérité pour le rattraper à peu près au moment où il réduit les volets pour perdre de l’altitude et maintenir sa vitesse : c’est qu’il faut qu’il arrive sur la pointe ouest du lac, jusque-là épargnée par les bombes de la première vague sans démarrer la turbine qui aurait alerté les tireurs.
Il touche l’eau trop tôt, de telle sorte que l’hydravion ne parvient finalement pas à monter sur la berge dans son élan. Faut ramer et pousser l’engin sur une dizaine de mètres où heureusement on a pied, même si c’est un peu « glauque » sous les semelles.
Une partie de soldatesque à évacuer se présente sans prévenir, aidée par son matériel de vision nocturne et vient l’aider à remettre le zinc face à l’est pour le décollage. Un phare s’allume côté sud, qui fouille l’obscurité dans le silence revenu et une autre direction que vers eux.
2 minutes et on entend le sifflement d’un engin lâché par un drone qui vient encadrer le porteur du phare. Encore 2 minutes et le blessé est hissé à bord. Un autre phare s’allume, côté nord, pas très loin de l’endroit où l’équipe des huit rescapés finit d’embarquer le matériel.
On attend le retour des B 52 pour lancer la turbine.
Finalement, le faisceau lumineux balaye l’hydravion masqué par la brume et les fumigènes, revient dessus, puis s‘y fixe. Nouveau sifflement avant l’explosion des projectiles lâchés par un drone qu’on entend au loin. Les rebelles ont le temps d’ouvrir le feu à l’aveuglette en direction de l’hydravion, ce qui décide Paul à anticiper le lancement de la turbine.
Joëlle hurle alors que les commandos ripostent en larges rafales depuis les portes latérales restées ouvertes.
Il est temps de déguerpir.
L’hydravion lourdement chargé a du mal à prendre son accélération. Derrière, le roulement des bombes du B 52 revient. Un Sam 7 est tiré d’en face.
On voit nettement la lumière de ces gaz d’échappement venir rapidement en direction de l’hydravion.
Paul tire une chandelle sur tribord, moteur à fond, pour l’éviter et présenter son ventre blindé au petit missile. Le détonateur fait exploser la charge derrière l’appareil qui est secoué un grand maximum, pour être mis en décrochage, la perte de sustentation, pour le coup.
Ils plongent tous sur la surface du lac, déportés vers le sud. L’hydravion percute l’eau, mais le flotteur résiste bien et renvoie l’appareil sur bâbord. Bon pour un second déjaugeage.
Paul rabat sa machine sur la rive nord pour éviter d’avoir à être sous la trajectoire des bombes lâchées de nettement plus haut et qu’on ne peut plus arrêter.
Quelques impacts de balle sur le blindage. Personne n’est blessé à bord et la machine tient le coup.
À 2.000 pieds, Paul pique de nouveau vers l’ouest sur la surface du lac, quand la seconde et dernière vague de bombes touchent le sol dans cette direction. Cette fois-ci, il s’agit de redonner de la vitesse de pointe à l’hydravion, pour rentrer les volets et pouvoir se dégager.
De préférence côté non-bombardé, ce n’est pas plus mal.
Et l’avion obéit alors que la conseillère référendaire de la Cour régionale des comptes se vide les poumons à hurler depuis tout à l’heure, les yeux écarquillés de terreur.
 
Finalement, elle se tait une fois que l’avion est stabilisé en montée rectiligne, cap sur Kandahar. En anglais : « Elle est toujours comme ça ? »
« Je ne la connais pas » répond Paul à la voix qui pose la question, derrière lui. « Elle n’est pas à vous ? »
Un doute plane dans l’habitacle : grand moment de solitude partagée dans le ciel Afghan.
« Talibane, alors ? »
Donc, ce serait une prisonnière ? « Splendid, men !... Felicitations ! »
 

 
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