Bienvenue !

Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

lundi 3 octobre 2016

Budget 2017 !


7,4 milliards de dépenses en plus

Le texte a été présenté mercredi dernier à l’issue du Conseil des « sinistres » : La totalité de la dépense prévue pour l'État passera de 374,3 milliards d'euros en 2016 à 381,7 milliards l'an prochain. 7,4 milliards d'euros nets de plus en 2017 qu'en 2016.
La cause ? Des mesures destinées à financer les nouvelles priorités, comme la lutte contre le terrorisme, naturellement…
Et du coup il faut que les recettes augmentent : Les recettes passeraient de 301,7 milliards à 307 milliards (+ 5,3 Mds), avec notamment une hausse espérée de 4,4 milliards d'euros des rentrées de TVA.
(C’est vous qui payez, les entreprises déduisent la « taxe-amont » alors on peut vous en redonner un tout petit-peu, environ 1 milliard).

Là, boum et d’emblée : Exit la promesse de 50 milliards d’économie !
Et encore, il est annoncé 46 milliards sur le quinquennat (dans lesquels on compte des mesures de « moindre augmentation » alors que le budget a toujours augmenté), mais en plus, il est clairement indiqué que, coup de bol, 6 milliards sont économisés à raison des intérêts de la dette monstrueuse accumulée jusque-là.
Les taux d’emprunt à 10 ans sont aujourd’hui au plus bas, à 0,3 %…
41,8 milliards en 2017 tout de même !
D’autant que la « Gauloisie-en-faillite » devra arracher 185 milliards à ses « prêteurs » (60 % du total des « recettes » !) : Seule la « Ritalie », première emprunteuse, devra faire plus en Europe (loin derrière les Grecs) !
Conclusion, les « efforts » n’auront jamais porté que sur 40 Mds, soit 80 % de l’objectif promis et affiché !
Je ne sais pas s’il vaut mieux en rire ou en pleurer … de rage dans les deux hypothèses : Un second quinquennat perdu !
Et de rappeler qu’en réalité, le montant de dette à refinancer en 2017 (hérité des années de crise de « Bling-bling ») s'élèvera à pas moins de 121,8 milliards d'euros.
Il était d'environ 125 milliards cette année…

Ceci dit, et dans le détail, y’a quoi dedans ?
Je n’ai pas encore tout lu (et le projet sera amendé abondamment, comme d’habitude) alors on y reviendra au fil du temps.

A – Mesures à destination des entreprises : 5 milliards, dont 100 millions pour les artisans.

– La hausse du taux du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi et la baisse progressive du taux de l'IS ont déjà été annoncées.
Les nouvelles mesures dévoilées sont globalement défavorables.

– Les modalités de calcul du dernier acompte d'IS des grandes entreprises (chiffre d'affaires au moins égal à 250 M€) qui réalisent, au titre de l'exercice en cours, un bénéfice estimé plus élevé qu'au cours de l'exercice précédent seraient modifiées et fixées comme suit :
- Pour les sociétés dont le chiffre d'affaires est compris entre 250 M€ et 1 Md €, le dernier acompte serait égal à la différence entre 80 % (au lieu de 75 %) du montant de l'impôt calculé sur le bénéfice estimé et le montant des trois acomptes déjà versés ;
- Pour les sociétés dont le chiffre d'affaires est compris entre 1 et 5 Mds €, le dernier acompte serait égal à la différence entre 90 % (au lieu de 85 %) du montant de l'impôt calculé sur le bénéfice estimé et le montant des trois acomptes déjà versés ;
- Pour les sociétés dont le chiffre d'affaires est supérieur à 5 Mds €, le dernier acompte serait égal à la différence entre 98 % (au lieu de 95 %) du montant de l'impôt calculé sur le bénéfice estimé et le montant des trois acomptes déjà versés.
Cette mesure s'appliquerait pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2017.

– Seraient modifiées les règles d'amortissement des véhicules de tourisme : L’amortissement des véhicules les moins polluants (émission de gaz carbonique strictement inférieure à 60 g/km) serait rendu déductible pour la fraction de leur prix d'acquisition qui n'excède pas 30.000 € (au lieu de 18.300 € actuellement).
À l'inverse, serait durcie la déductibilité des amortissements des autres véhicules. 

– Le dispositif en faveur des jeunes entreprises innovantes, qui consiste en une exonération d'impôt sur les bénéfices et d'impôts locaux, serait prorogé jusqu'au 31 décembre 2019.
Signalons à l'inverse la suppression :
- Du dispositif d'amortissement exceptionnel des logiciels,
- Du crédit d'impôt pour dépenses de prospection commerciale.

– Les exploitants redevables de la taxe sur les surfaces commerciales (Tascom) à taux majoré à raison de surfaces commerciales supérieures à 2.500 m² seraient tenus de verser un acompte au cours de l'année de réalisation du chiffre d'affaires de référence.

Et encore quelques autres…

B – Mesures à destination des particuliers : 1 milliard d’allégement (puisqu’on en pique 4 par la TVA)…

– La principale mesure concerne le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu. À également déjà été annoncée la baisse de l'impôt sur le revenu sous condition de ressources et l'aménagement de la réduction d'impôt pour services à la personne. 

– La réduction d’impôt « Pinel » et le crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) seraient prorogés pour un an, soit jusqu'au 31 décembre 2018 pour le « Pinel » et jusqu'au 31 décembre 2017 pour le CITE.
Serait également prorogée d'un an la réduction d’impôt pour acquisition d'un logement dans les résidences pour étudiants et seniors.
S’agissant des résidences de tourisme, serait créée une réduction d’impôt sur les travaux de rénovation énergétique, de ravalement ou d’adaptation aux personnes handicapées votés en assemblée générale.
La réduction d’impôt serait égale à 20 % des travaux retenus dans la limite de 22.000 €. 

– Une clause anti-abus serait introduite dans le dispositif de plafonnement de l'ISF, destinée à lutter contre la mise en place de sociétés holding patrimoniales interposées qui perçoivent et capitalisent les revenus de capitaux mobiliers (« cash box ») afin que ces revenus ne soient pas pris en compte dans le calcul de ce plafonnement. 

– Et aussi comme :
- La réduction d'impôt de 20 % pour les foyers fiscaux ayant un revenu fiscal de référence inférieur à certains plafonds (18.500 € pour un célibataire, doublé pour les couples et augmenté de 3.700 € par demi-part) ;
- La généralisation du crédit d'impôt de 50 % en faveur des services à domicile jusqu'alors réservé aux personnes exerçant une activité professionnelle et aux demandeurs d'emploi ;
- L’allègement des obligations fiscales pour les familles des victimes d'actes de terrorisme et des forces de l'ordre décédées dans leur mission ;
- La prorogation d'une année de la réduction pour acquisition d'un logement situé dans les résidences pour étudiants, pour personnes âgées ou handicapées (dispositif « Censi-Bouvard ») ;
- La prolongation d'une année du crédit d'impôt pour la transition énergétique (amélioration de la performance énergétique des logements) ;
- La modification du barème du bonus-malus automobile (abaissement du seuil d'application du malus de 131 à 127 grammes d'émission de dioxyde de carbone par kilomètre avec un malus de 50 € pour les modèles de véhicules émettant plus de 127 grammes de CO2/km porté jusqu'à 10.000 € pour les véhicules émettant plus de 191 grammes de CO2/km, mise en place d'un bonus en faveur de certains deux roues motorisés, reconduction de la prime globale de 10.000 € en cas de mise à la casse d'un véhicule diesel de plus de 10 ans, maintien du bonus en faveur des véhicules hybrides rechargeables…) ;
- La hausse de 2 € de la contribution à l'audiovisuel public ;
- La dématérialisation de la propagande électorale visant à remplacer l'envoi en format papier des circulaires et des bulletins de vote par leur mise en ligne sur un site internet public et leur mise à disposition en mairie ;
- La réforme des minima sociaux (révision des modalités d'intéressement à la reprise d'activité des bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, possibilité pour les bénéficiaires de l'allocation temporaire d'attente de bénéficier directement du revenu de solidarité active ou du parcours d'accompagnement contractualisé vers l'emploi, modification des règles de cumul entre l'allocation de solidarité spécifique et l'allocation adulte handicapé…) ;
- La revalorisation de l'aide juridictionnelle.

– Enfin, seraient supprimées :
- La déduction du revenu global des travaux de grosses réparations supportés par les nus propriétaires ;
- La réduction des droits de succession ou de donation en raison du nombre d’enfants du donataire ou de l’héritier.

Voilà pour un « premier regard ».
Le déficit budgétaire de l'État, l'une des trois composantes du déficit public, avec ceux de la Sécurité sociale et des collectivités locales, devrait néanmoins légèrement reculer, pour atteindre 69,3 milliards d'euros, après 69,9 milliards d'euros cette année, a précisé Bercy. Outre les rallonges accordées aux ministères jugés prioritaires, cette baisse modeste s'explique par la baisse d'un milliard d'euros de l'impôt sur le revenu, qui viendra grever les recettes, et par les baisses de charges des entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité, pour lesquelles l'État verse des compensations à la Sécu. 

Notons, parmi les missions prioritaires de l'État, l'éducation se verra dotée de 3 milliards d'euros supplémentaires, avec notamment plus de 11.000 créations de poste. Le ministère de l'Emploi bénéficiera d'une rallonge de 2,1 milliards d'euros et la Sécurité de 2 milliards d'euros également, avec, par exemple, 2.100 effectifs supplémentaires, l’emploi qui verra son budget augmenter de 1,8 milliard, la sécurité, 440 millions, la Justice, 290 millions et 1.746 de plus à l'Intérieur pour 600 millions.
Le ministère de l'Économie et des Finances devra, lui, se serrer la ceinture : Il perd notamment 1.540 postes.
Une promesse qui sera enfin tenue : L’embauche de 60.000 fonctionnaires nouveaux au compteur.
En revanche celle du maintien des effectifs à l’étiage 2012 aura été balayée d’un revers de veste : On n’en parle même plus !
Et finalement on pourra compter la création de 29.500 postes sur l'ensemble du quinquennat…

En incluant les comptes de la Sécurité sociale et des collectivités locales, la dépense publique totale devrait progresser de 1,6 %, d'après les calculs du ministère. Le gouvernement, malgré tout, assure qu'il tiendra son objectif de réduction du déficit public à 2,7 % du produit intérieur brut (PIB).
« Ce budget est sérieux », a assuré le ministre : « Cet engagement (les 2,7 % de déficit), nous le tiendrons ».
Concernant la croissance, le ministre a défendu l'objectif de 1,5 %, niant toute « imprudence ». « Si nous avons choisi de maintenir cette hypothèse, c'est que nous avons décidé de ne pas réagir précipitamment aux événements de l'été, dont les conséquences sont particulièrement incertaines », a-t-il déclaré, citant notamment le cas du Brexit.
Mais pas celui des attentats de juillet, puisque les dépenses et effectifs liée à la sécurité augmentent.

À vous signaler d’ailleurs une quadrature du cercle pas encore résolue : Le rappel des réservistes ne coûte pas un rond aux forces de l’ordre, puisqu’ils ne sont pas rémunérés.
En revanche, la constitution d’une garde-nationale pourrait coûter et les effectifs potentiels sont déjà « au taquet » et happés par « la réserve-citoyenne ».
Mon « pote-le-gendarme » calvais m’en a recausé, un peu angoissé et goguenard…

Et le « sinistre » de l’économie et des finances en a profité pour tacler la « droâte ».
On ne lui demandait rien : « Ceux qui se présentent à l'élection présidentielle, ou à l'élection préalable, à la primaire, en promettant des baisses d'impôts immédiates et en reportant la maîtrise des dépenses publiques à demain sont, je le dis, irresponsables ».
Certes, le seul projet valable en l’occurrence reste celui de « Juppette » qui propose de réduire le train de vie de l’État, les déficits et l’endettement, puis seulement ensuite de réduire les impôts tout au long de son quinquennat…
Notez quand même que l’actuel « sinistre » du ministère sait de quoi il cause, puisque finalement il propose lui-même des baisses d’impôts en dit-il !
Cherchez-y donc de la cohérence dans un tel propos…
Et surtout quelques ruses…
Qui visent à soulager les besoins de trésorerie, quitte à savonner la planche des premières années du prochain quinquennat.
Ainsi : « La France s’apprête à adopter le prélèvement à la source » de l’impôt sur le revenu, déjà en vigueur dans de très nombreux pays. Objectif : Supprimer le décalage d’un an entre la perception des revenus et leur imposition.
Globalement, il ne sait pas que ça ne changera rien, puisque la plupart des « Gauloisiens » sont déjà au prélèvement mensuel et qu’en plus on va leur faire cadeau de l’IR 2017.
En revanche, ils vont être plus de 20 millions à voir leur feuille de paye diminuer d’autorité : Je ne te raconte pas la bonne humeur généralisée…
Idem pour les entreprises avec les acomptes d’IS… Quand elles en payent encore.

Il le dit : Le gouvernement table aussi des rentrées d’argent plus fortes que prévu dans la lutte contre la fraude fiscale.
Avec un secret bancaire sur le point de disparaître, en raison de la prochaine application de l’échange automatique d’informations, le retour de capitaux s’est accéléré ces dernières années. Les titulaires de comptes non-déclarés à l’étranger accourent désormais à Bercy pour régulariser leur situation. Cette année, l’État table sur 1,9 milliard de recettes supplémentaires issues de la lutte contre la fraude fiscale après les 20 milliards et quelques déjà comptabilisés. Il maintient le même objectif pour l’année prochaine, sans se rendre compte qu’au bout du compte, la mesure épuise « le stock »…
Mais pas seulement : D’autres mesures sont mises en place pour boucler le budget. Hausse de la fiscalité du tabac, suppression d'une dizaine de niches fiscales, ou encore l'étalement des investissements d'avenir…

Budget « improbable » en dit le Haut Conseil des finances publiques !
Après l’annonce de la hausse du chômage en août, le dernier projet de loi de finances du quinquennat est déjà ébranlé.
Le « ça va mieux » aurait-il du plomb dans l’aile ?
Ou l’hypothèse d’un dérapage du déficit ? « C’est de la politique, ce n’est pas sérieux », soupire-t-on par ailleurs.
« On repart dans le cycle traditionnel des promesses électorales. Plus que les prévisions de croissance, les baisses d’impôts annoncées ont un caractère politique évident. Il s’agit là de débats politiciens qui ne tracent pas de politique fiscale claire. D’expérience, tous les projets de loi de finances ont tendance à surestimer légèrement les prévisions de croissance. Le gouvernement pourra peut-être améliorer par petites touches ses projections, mais sans aller très loin. Car les prévisions passeront ensuite à la moulinette européenne », en dit un syndicaliste des « polyvalents » de Bercy.

Et puis j’ai retenu une innovation fabuleuse (pour revenir aux émissions de dettes qui engagent l’avenir) : Le programme d'émission de titres de 2017 comprendra au moins une grande nouveauté !
Une obligation « verte », c'est à dire une obligation destinée à financer des projets favorisant la lutte contre le réchauffement climatique.

Ce titre, qui sera une « OAT classique avec un coupon », devrait offrir une maturité longue. Par ailleurs, l'objectif serait de lever environ 3 milliards selon les premières informations recueillies.
La « Gauloisie-triomphale », premier État à émettre un « greenbond », s'engage aussi à faire un reporting régulier sur l'utilisation des fonds. 

Pour la dette de court terme, le taux moyen ressort à – 0,58 %.
Des conditions de financement inédites et liées à la conjoncture et à la politique monétaire de la BCE : Et de plus, la banque centrale n'est pas le seul gros acheteur de dette « gauloisienne » !
Les Japonais ont nettement renforcé leur exposition depuis que la Banque du Japon a adopté les taux négatifs et fait chuter les rendements des actifs. Selon les statistiques officielles japonaises, ils ont acheté environ 22 milliards d'euros de titres gauloisiens, contre 2 milliards l'an passé.
L'AFT quant à elle se félicite d'avoir un avantage comparatif remarquable : La liquidité de sa dette. Certains investisseurs considèrent que sur le marché au comptant, la dette gauloisienne est plus liquide que la dette allemande.
Très facile à acheter et à revendre, le papier est donc très recherché. 

Voilà ce qu’on peut en dire pour un tour d’horizon rapide.
De toute façon, tout le monde s’en fout, puisque ça ne se passera pas comme ça dès après la fin du premier semestre 2017 !

dimanche 2 octobre 2016

Laudato si… (L)


Cinquantième chapitre : L’autre 13 novembre

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

Ces attentats de Bruxelles, également revendiqués par l'organisation terroriste État islamique, seront les plus meurtriers commis jusqu'alors en Belgique.
Les frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui, originaires de la commune de Schaerbeek, proches de Salah Abdeslam, seront deux des auteurs de ces attentats, le premier s'étant fait exploser à l'aéroport de Bruxelles et le second dans la station de métro de Maelbeek.
Najim Laachraoui, également de Schaerbeek qui apparaîtra avoir tenu un rôle notable dans l'organisation des attentats de Paris le 13 novembre 2015, sous le faux nom de Soufiane Kayal, sera identifié comme l'autre terroriste kamikaze qui s'est fait exploser dans le hall d'enregistrement de l'aéroport bruxellois.
Mohamed Abrini, lui aussi impliqué dans les attentats de Paris, sera identifié comme l'« homme au chapeau », le troisième terroriste de l'aéroport de Zaventem qui s'est enfui et qui sera finalement arrêté le 8 avril suivant à Anderlecht.
L'enquête confirmera que la même cellule terroriste islamiste franco-belge, constituée au départ autour d'Abdelhamid Abaaoud, avait préparé, coordonné et commis les attentats de Paris le 13 novembre 2015 et ceux de Bruxelles le 22 mars 2016.

Pour les limiers de l'antiterrorisme, l'organisation État islamique comptait frapper en novembre 2015 non seulement le centre de Paris, mais aussi d'autres cibles en France, dont un centre commercial, vraisemblablement celui des « 4 temps » dans le quartier de la Défense. L'organisation terroriste visait également les Pays-Bas et le Royaume-Uni, où Daech avait multiplié les tentatives d'infiltration afin d'y perpétrer des attentats, écriront les enquêteurs.
La série d'attaques meurtrières du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis n'aurait été qu'un volet d'un plan plus large pour frapper l'Europe. La chaîne américaine CNN aura pu éplucher les 90.000 pages du dossier d'enquête regroupant investigations, comptes rendus, photographies, interrogatoires et analyses de données de téléphones portables, et validera cette théorie.
Dans cette montagne de documents, on apprendra plus tard que les autorités ont tardivement mis la main sur un troisième homme : Abid Tabaouni, un Marocain suspecté d'être lié à la cellule terroriste du 13 novembre, qui n’aura été arrêté qu'en juillet 2016 à Bruxelles après des mois de vagabondage en Europe. Jusque-là, son identité n'avait pas été communiquée publiquement. Les policiers auront été aidés dans leurs investigations par l'arrestation de l'Algérien Adel Haddadi et du Pakistanais Muhammad Usman, les deux hommes du quatrième commando qui aurait dû frapper Paris s'ils n'avaient pas été retardés en Grèce.
Depuis l'Autriche, estimeront les enquêteurs, Haddadi et Usman préparaient de nouvelles attaques visant Paris. Jusqu'à la veille de leur arrestation, ils tenteront de rejoindre la capitale française en train et appelleront de nombreux contacts en Belgique et en France. L'un d'entre eux n'est autre qu'Abid Tabaouni. Lui aussi a quitté la Syrie pour rejoindre la France en suivant la route des réfugiés. Il arrivera à Salzburg le 10 décembre, mais glisse entre les doigts de la police autrichienne qui interpellera le jour même Haddadi et Usman au centre de réfugiés.
Et d’autres arrestations auront lieu, en Allemagne notamment.
On imaginera alors que, profitant de la vague insoutenable de réfugiés syriens poussés sur les routes turques, des éléments radicaux se seront infiltrés à la demande des responsables de Daech aux prises à de fortes difficultés depuis l’entrée dans le conflit de l’armée Russe pour soutenir le régime syrien, protéger ses bases aériennes et surtout son seul port en eau-profonde de méditerranée, avec pour mission à la fois de provoquer des attentats mais aussi pour noyer les forces de l’ordre et du renseignement sous une montagne de suspects à recruter parmi la jeunesse établie en France, en Allemagne, en Autriche et encore ailleurs, comme d’un ultime sursaut de nuisances.

Dans cette offensive du terrorisme international islamiste, le régime russe n’est donc pas totalement « hors du coup » pour avoir favorisé et même amplifié la fuite des syriens hors de chez eux, la Turquie favorisant de son côté la traversée de la mer Égée vers l’Europe en laissant faire « les passeurs », pas vraiment contrariés dans leur trafic de chair humaine qui fera pleurer la Terre entière en découvrant la dépouille du petit Ilan, tout en réclamant de l’UE à la fois des visas pour ses propres ressortissants et quelques milliards de financement supplémentaire.
La Turquie est pourtant un membre à part entière de l’Otan, mais se heurte aux américains quant à la question kurde, les premiers s’appuyant sur les derniers dans leur lutte, sur le terrain en Irak, contre les éléments d’Al-Qaïda irakiens et de Daech syriens et irakiens.
Une position insupportable pour les « activistes » de l'ombre de l’Oncle Sam.
Le pays s’était même cru parfaitement « légitime » pour abattre un avion militaire russe de retour de mission de bombardement à sa frontière, dès que l’occasion s’est présentée.
Mais les choses seront radicalement changées après la tentative avortée de putsch à Ankara, suivi d’une immense purge du régime : les russes avaient prévenu les dirigeants de l’imminence du coup de force et leur auraient même offert un asile provisoire de quelques heures en Syrie.
Les deux présidents se sont depuis rapprochés pour poursuivre leurs actions antikurdes sous couvert d’action anti-Daech…
Et le turc accusera ouvertement les USA d’être à l’origine de « coup de force » raté.
Mais c’est une autre histoire.

Le 13 novembre, et personne n’en a parlé, il n’y a pas eu que ça.
Quelques semaines après le passage de « Junior n°4 », les activités de Paul et Florence s’organisent.
La « mère-au-foyer » resplendissante a installé « son atelier » et sa table à dessin au second étage du bâtiment principal de « Chez Charles », côté sud-est, pas très loin de sa chambre, de celle de ses enfants et de celle de Matilda qui participe un peu plus aux activités du site mais reste bien fragile : bref, la vie reprend le dessus.
Paul, quant à lui, « patrouille » entre Cabourg et Paris.
La saison des « flacons » de fin d’année sur les différents campus confirmera les espérances de toute l’équipe animée par Loïc, d’autant que les « étudiants-américains » arrivés en renfort pour se former s’enthousiasment à leur tour : c’est « so frenchy » !
Ça booste tout le monde de les voir ainsi autant « accrochés ».
Charlotte, la vraie, a enfin livré les jeux de faux papiers d’identité à Paul, mais rame toujours pour identifier les commanditaires de la disparition du passager du MH 17 : elle ne parvient pas à remonter une quelconque piste pour un rapprochement possible, malgré les indications un peu plus précises de Paul. Ni dégoter la moindre indication d’un éventuel commanditaire qui ne soit ni russe ni ukrainien. C’est désormais si lointain que les pistes s’effacent par l’effet du temps.
Du coup, Anjo passe faire signer les papiers de changement de gérant du fonds des fonds de la République qui servent encore et toujours à faire dégringoler les taux d’émission des OAT et se fait tirer l’oreille quant à la vente des actions BKR.
Ce qui aura pour conséquence de précipiter leur cession et faire un peu chuter le cours passant de 207.745 US$ le lundi 2 novembre à 203.100 US$ le 6 novembre. Mais fait plus de 13 millions de dollars de plus-value-nette-nette après le remboursement de l’avance, soit presque 12 millions d’euros : de quoi financer les « petits trous dans le jardin », prévus là, derrière le petit-bois sur lesquels travaillent activement Florence.

Paul s'échine, avec bien des difficultés, à recruter le noyau de l’équipage qui l’accompagnera pour son « raid-transatlantique » à bord d’Eurydice programmé pour Noël.
Le point de chute, sur les conseils  d'Anjo, (« oui, mais alors, sans passer par le Panama », insiste Paul ! ) est trouvé à Phillipsburg, un port posé au sud de Saint-Martin, dans la partie néerlandaise de l’île, accessible par Princess Juliana international-airport, un petit paradis, tropical et même fiscal : il lui suffira d’y atterrir, d’y céder sa goélette à une société du cru détenue par un trust néerlandais local à créer par ses soins avec l’aide d’Anjo pour faire échapper tous les éventuels bénéfices de cette activité-là aux racketeurs fiscaux tricolores, dans une seconde étape. Si l’occasion se présente et si jamais il en ressort quelques bénéfices : on verra.
La visite impromptue de « Junior n° 4 » l’aide à préciser le format de la « CISA ». Si ça s’avère compatible, le support juridique sera également posé à Phillipsburg, mais les locaux techniques européens peuvent être répartis entre Kremlin-Bicêtre où Nathalie reprendrait bien du service, et la Normandie où, de toute façon, il faudra évacuer les « machines de McShiant », auxquelles Paul se remet à s’intéresser, dans une première étape dans l’un des nombreux sous-sols, et dans une seconde dans des locaux à creuser justement assez loin des chambres d’hôtel dans le parc : elles y seront plus en sécurité sur l’autre versant du petit-bois, dans l’optique de protéger les visiteurs des éventuels radiations.
Ce qu’il y a d’intéressant dans ce projet qui évoluera au fil du temps, c’est que des installations totalement sous-terraines n’emportent pas dépôt de permis de construire, même si elles se résument à un escalier et une rampe d’accès-parking en surface, forcément semi-enterrés, pour y acheminer les matériels.
De plus, déclarées « abris-anti-aérien », il n’est même pas prélevé de taxe d’habitation annuelle et aucune taxe foncière sur les propriétés-bâties n’est due…
Quitte à optimiser, autant se faire discret, n’est-ce pas, et Florence dessine fort bien des « plans-modulables » autour du « nombre d’or » chéri de sa corporation de bâtisseurs…
Alors on peut en remuer de la terre et sur plusieurs niveaux, sauf que plus on creuse, plus les budgets culminent à des niveaux vertigineux !

Et puis justement « Chez Charles » reçoit ses premiers « vrais » touristes. Des anglais et des belges attirés par une courte opération de promotion improvisée au péage de Dozulé et quelques flyers déposés un peu partout sur les parebrises des voitures parquées dans les centres commerciaux de la région par quelques chômeurs en déshérence rémunérés au black par Paul.
Ce n’est pas que la cuisine du restaurant soit de première qualité – le cuisinier fait ce qu’il peut avec ce qu’il a comme tour de main – mais les nuitées s’enchaînent et il n’est pas rare d’avoir quelques visiteurs à table en soirée.
Même une fois à midi, toute une famille flamande un peu perdue sur le chemin, qui a été reçue comme des princes, surtout la marmaille bruyante des six gamins !
Jusqu’à la catastrophe de ce vendredi 13 : George, son « MIB » californien l’avait pourtant prévenu, « se méfier de vendredi 13 », mais Paul avait complètement oublié !

Ce soir-là, alors que la capitale est à feu et à sang, qu’on assassine sur les trottoirs à tour de bras, il y a une paire de couple qui dîne ensemble et heureusement personne dans les chambres : les deux touristes qui avaient réservé une nuitée ne se sont pas présentés, sans même prendre le soin d’annuler leur réservation…
Et un type assez insignifiant, maigre et bien habillé, qui dîne en attendant Paul qu’il est expressément venu voir. Assez bien renseigné, finalement.
L’équipe de salle, deux personnes en comptant le chef de rang, est aux affaires, tout le reste du personnel est déjà parti depuis longtemps et ne reste que la famille de Paul et Matilda à l'étage.
Pendant qu’on attend l’arrivée du maître des céans, déboulent à l’entrée dont la grille est restée ouverte, deux véhicules qui se garent bruyamment devant le perron, à grand fracas de crissement de pneu sur les gravillons.
Dans le quart de minute qui suit, quatre hommes masqués font irruption dans la salle à manger et rafalent à en vider les chargeurs de leurs AK47 !
Tout le monde est heureusement à terre alors qu'ils tirent plutôt en l'air, et le solitaire, se sentant menacé et piégé, sort un Glock 21 de 20 cm de long de derrière son veston et réplique instantanément.
Deux agresseurs sont au tapis.
Les deux autres encore valides et surpris et affolés tentent de s’abriter et répliquent à leur tour un peu en désordre et en tirs tendus.
La bataille dure encore un peu dans un boucan infernal de coups de feu.
Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’un seul combattant qui, blessé par le type-maigre, s’éloigne tant bien que mal vers son véhicule afin de s’échapper.

La fusillade est accompagnée au début par des cris stridents venant de la salle, des cuisines et de loin en loin du second étage.
Florence, dans un réflexe tout à son honneur, se précipite dans la chambre de Louis, le sort à la volée de son landau, file chez Annabelle, affolée et qui, réveillée en sursaut, pleure à grosses larmes, pousse une commode devant la porte et renverse le lit pour s’abriter derrière avec ses mouflets en les couvrant de son corps comme d’un ultime rempart des balles perdues de la fusillade qui fait rage au rez-de-chaussée.
Le cuistot finit par s’enfermer dans sa chambre froide sans demander son reste, alors que le chef de rang, le premier à avoir été renversé avec brutalité par les assaillants, file à quatre pattes se réfugier sous le grand escalier.
Personne, bien sûr, ne pense à se saisir d’un téléphone, dans ces moments de panique-là…
Quant à  Matilda, elle prend sur elle, file cahin-caha dans la chambre des gamins, constate que Louis n’est déjà plus dans son lit et que la porte d’Annabelle est bloquée. Elle enjambe une fenêtre et se laisse glisser sur la terrasse des nouveaux bâtiments un demi-étage plus bas, qui forment les ailes des chambres en surnombre de l’ensemble hôtelier, fonce sur l’échelle à crinoline située à une vingtaine de mètres de là et s’échappe par l’escalier de secours.
Elle file ensuite à travers les pelouses vers la route à l’allure qu’elle peut…
Paul qui arrive à ce moment précis en pleine nuit manque de la percuter. Elle n’arrive pas à aligner deux mots, grelotte de froid, a les pieds en sang : il s’est passé quelque-chose de vraiment très grave et Paul redoute le pire, puisqu'on entend encore clairement les derniers échanges de tir.
Ce n’est pas un incendie, il verrait des lueurs, pas plus qu’une explosion dont on verrait les volutes de fumée masquer les quelques étoiles, et il n’a pas le temps de réfléchir qu’une Mégane sort du parc à toute vitesse par la grille et percute sa petite auto posée au milieu de la chaussée dans l’urgence de la manœuvre d’évitement de Matilda.
Le conducteur en rajoute à ses blessures. Il est couvert de sang et en reste inconscient.
Paul forme le numéro de la gendarmerie la plus proche sur son portable quand une seconde voiture tente de s'enfuir de la propriété.
Ce sont les clients qui filent à la cloche de bois, un grave délit de grivèlerie : manifestement, ils sont tous sous le choc, les yeux exorbités, le neurone coincé, hurlant de trouille et n’iront pas plus loin, la route étant désormais obstruée.
Ce qui n’empêchera pas les pandores de la maréchaussée, arrivés en catastrophe et gilets pare-balles, armés de leurs fusils d’assaut antédiluviens, une dizaine de minutes après l’appel de Paul, de passer par les bas-côtés.
Une dizaine de minutes qui suffiront à Paul pour remonter l’allée, se rendre compte du carnage et des dégâts : il y a quatre cadavres qui finissent d'agoniser pour deux d'entre eux, du sang partout, un gars qui a éparpillé sa boîte crânienne sur les murs et le parquet (pointe de Hongrie), des débris humains mêlés à de la faïence et à des gravats de plâtre tombé des murs et du plafond. Le mobilier est sans dessus-dessous, des impacts de balle partout et on marche sur des étuis de douilles évidées et éparpillées. Il file à l'étage pour rassurer Florence et les gamins, pour le moins traumatisés, hagards.
Enfin, Louis, malgré tout ce raffut s’est endormi dans les bras de sa mère, lui qui n’avait toujours pas réussi à s’adapter au décalage horaire de la côte-ouest des USA : là, il compense, c’est sûr !
Pendant que les gendarmes envahissent les locaux pour faire les premières constatations alors que l'unique fuyard blessé aura succombé à ses blessures sur le chemin du CHU Caen, le chef de rang recherche le cuistot qu’il découvre frigorifié après moult appels-vains…
Deuxième ambulance, svp !
Florence en profite pour piquer une crise de nerf : elle ne restera pas une seconde de plus dans cette maison, même avec un régiment de plantons en arme devant sa porte !
Le médecin des pompiers lui fera une piqûre de sédatif qui va la calmer alors que Matilda retrouve assez de forces et de courage pour s’occuper de rassurer Annabelle après avoir « remonté » sa chambre.

Pas de doute, pour les flics, le commando visait Paul. Lui n’y croit pas et il fait plutôt le lien avec la visite de « l’acheteur » du début octobre.
En revanche, l’inconnu au Glock 21, qui aurait pu être un flic, mettra plusieurs jours à être identifié.
On repère le lendemain son point de chute à Deauville, au grand-hôtel, mais ses papiers sont faux et il se serait exprimé en anglais avec un fort accent américain – ils ont l’habitude –,  serait descendu en début de semaine se faisant passer pour un photographe, aurait loué son véhicule à Roissy-CDG et comptait le restituer le lendemain matin avant de reprendre un avion pour Rotterdam.
Et ce qui le démasque finalement, ce sont ses balles tirées : elles sont toutes gravées d’un minuscule scorpion, comme d’une signature, telles que le FBI informé via Interpol déboule le surlendemain, un dimanche, à la morgue locale pour relever des empreintes et pour tirer le portrait du macchabée avant d’aller rendre visite à Paul.
Paul est déjà à Paris où il ramène sa famille, Florence campée sur sa décision de ne plus jamais remettre les pieds à Cabourg.
Ça lui passera en pense d’abord Paul, comme par le passé d'avoir repris la mer après la tentative d'assassinat dont Paul a été victime au large des Lavezzi.
En attendant, il vaut mieux l’éloigner : elle retourne chez ses parents, en somme, mais, on le saura plus tard, comme d’une étape avant de repartir en catimini en Californie sans en avertir de Paul, après un coup de fil à « Junior n° 5 » à qui elle raconte ses aventures et qui lui avait fait les propositions de travail pour son groupe. Le jeunot, il enverra le jet-privé de la famille la chercher à Lyon Saint-Exupéry et demandera à voir Paul le plus tôt possible.
Ce sera à Londres, sous trois semaine, avec son père…

Pour l’heure, le FBI entend Paul sur les événements du début de week-end, alors que la planète entière se pare de « bleu-blanc-rouge » à la suite des attentats de Paris et du Bataclan.
L’agression chez Paul ? Juste un entrefilet dans la presse locale…
Normal comptes tenus des circonstances, finalement.
C'est ainsi que les deux agents du FBI lui confirment à l’occasion le décès de Brent Jenkings et l’attentat contre n° 4 : il en aurait déjoué un second, sur son yacht amarré à la marine de San Francisco. Encore une machine infernale, mais désamorcée à temps, celle-là.
Ils veulent le plus de détails possibles sur la fin d’un des tueurs à gage les plus redoutables du moment, alors que Paul ne l’a jamais croisé que refroidi…
Comment ce gars-là, au tableau de chasse chargé qui lui est attribué, recherché par toutes les polices du monde, peut-il ainsi circuler de pays en pays sans jamais se faire repérer ?
Et qui plus est, le plus extraordinaire, se faire descendre par quatre types venus manifestement pour autre chose, faire une vulgaire descente dans un lieu convoité, à l’ancienne !
« J’ai déjà vu ça » en dit Paul qui repense à l’affaire des bijoux volés de la biennale des joaillers organisée sous la houlette de Salomon Veyle, il y a bien dix ans de ça (cf. épisode « Le feux » des enquêtes de Charlotte, à paraître aux éditions I3).
Il n’y avait qu’un lieu à piller, et seulement trois façons d’y parvenir : les conduits d’eaux-usées des VRD pourtant sécurisés, donc par les sous-sols ; les ascenseurs d’accès aux grottes pour les visites, également sécurisés et bloqués ce soir-là, donc par les airs ; et par la route, avec en l’occurrence l’usage d’un pick-up et d’un half-track de récupération, armés tous les deux !
Eh bien les trois bandes se sont croisées pour être intervenues le même soir de gala, mais c’est un quatrième larron qui aura touché le jackpot en passant au même moment par l’entrée de service, sous le nez des agents de sécurité cloîtrés dans leur poste de contrôle à piloter toutes leurs caméras vidéos, enterré et blindé alors que l’ensemble des salles d’exposition était sous étroite surveillance électronique !
Mais pour en arriver là, il aura fallu employer les grands moyens et notamment déclencher un gigantesque incendie de maquis qui aura tué entre autre un équipage de canadair (hommages sincères à nos soldats du feu), destiné à provoquer une pagaille monstre à l’occasion de l’évacuation du millier d’invités du gala d’ouverture en plein air, que des VIP fortunés, prévoir de neutraliser l’ensemble des gardes de sécurité cloîtrés dans leur bunker, provoquer, par hasard, la mort d’une demi-dizaine de gredins inattendus, et celle du père Salomon qui aura d’abord dédouané la famille Veyle et surtout égaré totalement l’enquête de police lancée pour retrouver les joyaux et bijoux volés !
Et dire que Paul avait été le délégué général de cette manifestation, où il avait « pratiqué » Florence embauchée à titre d’architecte par l’agence chargée du projet, et avait été soupçonné lourdement de complicité active par Scorff lui-même, l’inspecteur-principal à l’époque, chargé de l’enquête conjointement avec les gendarmes !
C’est aussi à cette occasion que Charlotte, la vraie, celle dont le nez bouge quand elle parle, a démontré ses formidables facultés de raisonnement et que l’affaire s’est honorablement conclue grâce aux initiatives photographiques d’Aurélie, la géante.
Bref, un méli-mélo qui aura eu d’importantes conséquences dans la vie de Paul.


Tout comme cette soirée du 13 novembre 2015 : un jour de chance ou un jour de guigne ? Elle se serait déroulée selon un scénario légèrement décalé, dix minutes à peine, et elle en aurait été totalement différente.

samedi 1 octobre 2016

Laudato si… (XLIX)


Quarante-neuvième chapitre : Le 13 novembre 2015

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

En revanche, le FBI se donne du mal pour alimenter ledit juge d’éléments à charge, aidé en cela par le procureur.
Le procureur des États-Unis ou procureur fédéral (en anglais « United States Attorney ou federal prosecutor ») représente le gouvernement fédéral dans les cours de district ou les cours d'appel fédérales. Il existe 93 procureurs fédéraux répartis sur l'ensemble des États-Unis et de ses territoires (Porto Rico, Guam, les îles Vierges, les Mariannes du Nord…).
Chaque procureur fédéral est affecté à l'un des districts judiciaires (sauf Guam et les Mariannes du Nord qui n'ont qu'un procureur pour les deux districts), et est l'officier fédéral en chef chargé de faire respecter la loi dans sa juridiction, agissant suivant les règles du Manuel des attorneys des États-Unis.
La fonction a été créée par le « Judiciary Act » de 1789, qui créait également la fonction d'Attorney General, spécifiait la composition de la Cour suprême et établissait des cours inférieures, créant ainsi le système judiciaire fédéral américain. La fonction de procureur fédéral est ainsi antérieure à la création du département de la Justice des États-Unis.
Les procureurs fédéraux sont également nommés par le président des États-Unis pour un mandat de quatre ans et doivent être confirmés par le Sénat américain. Par la loi, chaque procureur peut être révoqué par le président. L'Attorney General a depuis 1986 l'autorité pour pourvoir à l’intérim les postes vacants.

L'une des mesures de la loi de 2005 prorogeant le « USA Patriot Act » prévoyait que les procureurs fédéraux nommés par intérim par le département de la Justice pouvaient demeurer en place plus de 120 jours, période au terme de laquelle ils étaient auparavant nécessairement remplacés par des procureurs nommés par le président.
Cette nouvelle mesure renforçait effectivement le pouvoir de l'exécutif, les procureurs nommés par le président devant être confirmés par le Sénat, à la différence des procureurs intérimaires nommés par le département de la Justice. Et on se rappelle néanmoins qu’en décembre 2006, le procureur général des États-Unis Alberto Gonzales profita de ce nouveau pouvoir pour forcer à la démission sept procureurs, suscitant un scandale important concernant le manque de respect pour l'indépendance de la justice. Le scandale aboutit finalement à la démission de neuf membres importants de l'administration, dont Gonzales lui-même, en septembre 2007, et au vote de la loi « Preserving United States Attorney Independence Act » de juin 2007 qui annula ces dispositions dérogatoires.
Mais là, dans cette affaire, le procureur est à la botte des démocrates et s’active.

C’est ainsi que le FBI prend connaissance l’existence de « contrats » sur la tête d’un citoyen américain, Harry Harrison junior (n° 4) et d’un citoyen français, Paul de Bréveuil, le seul européen distingué des deux plus hautes distinctions honorifiques du pays.
Et pourquoi pas d’un troisième, se met à penser un cerveau obscure au sein d’un membre probablement Républicain du departement de la defense ?
Le seul connu des services du Pentagone commis aux missions de « rentre-dedans » par le juge Goldberg, à savoir Brent Jenkins, l’agent californien à l’origine de ce dossier.
C’est comme ça qu’on retrouvera sa dépouille dans la baignoire de sa chambre d’hôtel, début octobre 2015, alors qu’il était en déplacement à Hong-Kong pour les besoins de son enquête, lancé à la poursuite de Johnny Walker…
Ce qui ralentira lourdement la progression de cette dernière, et précipitera la décision de « n° 4 » de son exil qui en profite pour exposer un peu confusément la situation à Paul : il y a un « contrat » sur la tête de son hôte.
Qui n’en a rien à cirer et prend d’abord ça plutôt à la rigolade.
Même si les choses vont se préciser au fil des jours…

Restaient à régler alors les « accessoires » pour l’administration démocrate sortante.
Pas question d’user de violence, ni contre un juge, ni contre un procureur, ni envers les deux témoins de cette affaire.
Déjà que la mort suspecte d’un agent fédéral aura mis le département de la justice en pétard…
Ce qui compte, c’est de garder bien au chaud la « bombe atomique » de potentielles révélations de détournements massifs de l’ancienne administration Bush, y compris en France ou ailleurs, comme d’un outil de dissuasion tant que Jeb n’aura pas renoncé : et il n’a pas encore renoncé à ce moment-là…

Et le Président se fait ainsi tenir au courant des ambitions de l’autre acteur, l’ancien président français Krasoski qui détient sa part de secret.
Il avait été un peu snobé jusqu’à être reçu en grande pompe un peu plus tard en milieu de mandat américain pour un dîner « privé ».
Alors que son successeur et concurrent avait été reçu en dîner d’État assez rapidement après son élection : l’administration démocrate n’avait pas bougé le petit-doigt pour appuyer l’un plutôt que l’autre à l’occasion des élections présidentielles de 2012 alors qu’on aura noté des « choses curieuses » à l’occasion des primaires socialistes.
Or, les élections françaises de 2017 s’annoncent comme un remake de ces dernières, au moins vues depuis Washington, même si la montée des populismes aux élections intermédiaires, en France surtout, et en Europe d’une façon générale, inquiète.
Pour le français, il faut qu’il continue de la boucler au moins jusqu’en novembre 2016 et que l’actuel président ne se doute de rien jusqu’à cette échéance-là pour ne pas compromettre la mise en orbite définitive de la candidate démocrate, qui a déjà du mal à s’imposer, à l’époque, contre les concurrents dans son propre parti…
Après janvier 2017, ce ne sera plus le problème de l’actuel président américain. Et en attendant, prudent, il décide de laisser les deux fers au chaud, choyant l’un à l’occasion des différents sommets internationaux (COP21, G7 et G20) et couvant le second jusqu’à ses propres primaires, fin 2016, plus d’un an comme ça…
Quant aux « témoins », on applique la stratégie britannique du « wait and see ».
Sauf que…

Sauf que, tout le monde note une forte accélération des dossiers à l’occasion des attentats du 13 novembre 2015…
Un vendredi, après les attentats de janvier qui aura mobilisé en trois jours un « G80 » pour une « marche solidaire » de soutien, des djihadistes « assomment »  la capitale française par une seconde et sanglante attaque kamikaze.
En fait, début septembre 2015, deux appartements « conspiratifs » sont loués en Belgique par des locaux pour y accueillir des « combattants » de l’EI de retour de Syrie, mêlés dans le flot des réfugiés jetés à la mer par les turcs.
En témoignent les traces de l'explosif utilisé dans les ceintures explosives des terroristes retrouvées par la suite.
Le 9 septembre, Salah Abdeslam est contrôlé à la frontière austro-hongroise en provenance de Budapest. Il se trouve en compagnie de Mohamed Belkaïd et Najim Laachraoui, munis de deux fausses cartes d'identité belges au nom de Samir Bouzid et Soufiane Kayal. Ces deux hommes, soupçonnés d'avoir ensuite coordonné les attaques depuis Bruxelles le 13 novembre, mourront à Bruxelles en mars 2016 dans le cadre de la traque de Salah Abdeslam et de l'attentat à l'aéroport international de Bruxelles.
Le 5 octobre 2015, une autre maison est louée en Belgique par l'équipe chargée de préparer les attentats parisiens. Les trois voitures utilisées par les commandos du 13 novembre sont louées quelques jours avant le début des opérations, en Belgique.
Les 10 et 11 novembre, Salah Abdeslam est repéré par deux fois à bord de l'un de ces véhicules, une Clio noire, sur des autoroutes françaises, entre Paris et la Belgique.
Le 12 novembre, l'équipe de terroristes rejoint depuis Bruxelles son objectif parisien à bord des trois voitures, via Charleroi où le troisième véhicule rejoint les deux autres.
Ils parviennent à Paris en début de soirée et se répartissent entre deux logements loués par les frères Abdeslam en banlieue parisienne.
Le commando du Bataclan loge à Alfortville, tandis que les équipes du Stade de France et des terrasses se rendent dans un pavillon de Bobigny. À 19 h 40, l'équipe du Bataclan se met en route pour sa destination à bord de la Polo. Les trois kamikazes du Stade de France conduits par Salah Abdeslam prennent le départ de Bobigny à bord de la Clio à 20 h 29, puis l'équipe des terrasses part dix minutes plus tard avec la Seat.
Les coordinateurs communiquent avec le commando du Bataclan et avec Abdelhamid Abaaoud le soir du 13 novembre. 

Vers 21 h 20, le premier commando entre en action près du stade de France, pendant le match de football amical France-Allemagne, auquel assistent le président de la République et plusieurs personnalités politiques. Ce commando est composé de trois hommes, deux provenant probablement d'Irak, selon la revendication via la revue Dabiq de janvier 2016, et ayant transité par la Grèce, début octobre, munis de faux passeports syriens, et un Français, Bilal Hadfi, 20 ans, originaire de Neder-Over-Heembeek (Bruxelles, Belgique).
Aux abords du stade, après le début du match, alors que les lieux sont relativement peu fréquentés, le premier des trois hommes actionne sa ceinture d'explosifs, suivi quelques minutes plus tard par les deux autres. Les trois explosions font au total, outre les terroristes, un mort et une dizaine de blessés graves.
Les trois hommes avaient manifestement l'intention de pénétrer dans le stade pour y perpétrer leurs actes mais ont échoué à quatre reprises.
Compte tenu de l'armement dont ils disposaient, ils auraient pu causer des pertes beaucoup plus nombreuses.

À 21 h 25, le second groupe de trois terroristes intervient dans plusieurs rues des deux arrondissements parisiens. Plusieurs éléments identifient Brahim Abdeslam, 31 ans, Chakib Akrouh, 25 ans et Abdelhamid Abaaoud, 28 ans, djihadiste connu pour de nombreux actes de terrorisme en Syrie.
Abaaoud est suspecté par la police d'être le principal organisateur des attentats et trouvera la mort cinq jours plus tard à Saint-Denis lors d'une action de police.
Se déplaçant à bord d'une Seat León de couleur noire immatriculée en Belgique, ils ouvrent le feu à trois reprises sur des personnes attablées à des terrasses de bars et de restaurants, en criant « Allahu Akbar » et « C'est pour la Syrie ».
Après cette série d'attaques, qui cause la mort de trente-neuf personnes et fait trente-deux blessés graves, Brahim Abdeslam fait sauter sa ceinture d'explosifs dans un café du boulevard Voltaire, faisant deux blessés graves. Ses deux complices disparaissent.
La Seat sera retrouvée vingt-quatre heures plus tard à Montreuil, avec trois Kalachnikov, cinq chargeurs pleins et onze vides abandonnés à bord. Plus de 400 coups ont été tirés en 20 minutes et 116 cartouches de kalachnikov sont retrouvées sur les terrasses du « Petit Cambodge » et du « Carillon ».

À 21 h 40, le troisième groupe, qui se déplaçait à bord d'une Volkswagen Polo noire, arrive au théâtre du Bataclan (XIème arrondissement), abat des personnes à l'extérieur du bâtiment, y pénètre et commence à tirer sur les spectateurs par rafale, en criant « Allahu Akbar », « à tue-tête », précise Shawn London, l’ingénieur du son du groupe de rock Eagles Of Death Metal qui faisait le spectacle.
Le groupe d'assaillants est composé de trois Français : Foued Mohamed-Aggad, 23 ans, originaire de Wissembourg dans le Bas-Rhin, Ismaël Omar Mostefaï, 29 ans, domicilié à Chartres et Samy Amimour, 28 ans, originaire de Drancy.
Pendant une vingtaine de minutes, les trois hommes assassinent froidement les spectateurs, un par un, cherchant également à abattre les membres du groupe Eagles of Death Metal.
Un témoin déclare avoir entendu un assaillant dire : « C'est pour tout le mal fait par « Landau » aux musulmans partout dans le monde ».
Des otages, utilisés comme boucliers humains, sont placés devant les portes et les fenêtres de la salle.
La folle tuerie fera 90 morts et des dizaines de blessés graves avant que les forces de police n'interviennent. Après qu'un commissaire de la BAC ait abattu Samy Amimour, vers 22 heures, ses deux complices se retranchent à l'étage dans une pièce, emmenant avec eux une vingtaine d'otages. À 22 h 15, soixante hommes de la BRI prennent le relais de leurs collègues de la BAC restés à l'extérieur du Bataclan et qui ont essuyé le feu des terroristes.
Ils investissent les lieux, appuyés par dix homologues du RAID.
Entre 22 h 15 et 22 h 30, les hommes de la BRI sécurisent le bas de la salle puis quarante hommes de la BRI formant deux colonnes montent au premier étage. Protégés par un bouclier Ramsès, équipés de fusils d’assaut, de gilets lourds et de casques à visière blindée, ils sécurisent le bâtiment pièce par pièce. À 23 h 15, ils repèrent les deux terroristes retranchés derrière leurs otages dans un couloir.
À 0 h 20, au terme de différentes tractations infructueuses, les deux hommes sont tués par les hommes de la BRI, sans que l'on ait cette fois à déplorer de nouvelles victimes.

Après ces tueries, Salah Abdeslam que l'on soupçonne d'avoir convoyé aux abords du Stade de France les trois terroristes qui s'y sont fait exploser, à bord de la Renault Clio noire qu'il a ensuite abandonnée place Albert-Kahn, a peut-être renoncé à se faire sauter dans le XVIIIème arrondissement. Il se dirige en métro vers Montrouge (Hauts-de-Seine). C'est à proximité, rue Chopin à Châtillon, que sera découverte une ceinture artisanale d'explosifs non équipée d'un système de mise à feu, vraisemblablement portée par Salah Abdeslam.
Avec l'aide de deux complices joints par téléphone et qui sont venus le chercher de Belgique, Mohamed Amri et Hamza Attou, il rejoint Bruxelles. Le premier étant barman et le second revendeur de cannabis au café des Abdeslam.
Les trois hommes sont contrôlés dans la matinée du samedi sur l'autoroute A2 par des gendarmes français à hauteur de Cambrai, sans être interpellés, car Abdeslam n'apparaît pas encore comme l'un des suspects des attentats.
Attou appelle dans la nuit de vendredi à samedi un certain Ali Oulkabi qui est un ami de Brahim Abdeslam. Samedi à midi, Attou retrouve à Laeken Ali Oulkabi qui les convoie avec son véhicule personnel. Il découvre la compagnie de Salah Abdeslam et prend connaissance de ses actes. Après avoir pris un café, Ali Oulkabi dépose Salah Abdeslam à Schaerbeek où l'on perd sa trace.

À l'intérieur de la Seat ayant transporté le commando terroriste des terrasses abandonnée dans une ruelle de Montreuil, les enquêteurs retrouvent trois kalachnikov sur lesquelles ils identifient des traces d'ADN d'Abdelhamid Abaaoud et de Chakib Akrouh.
Deux cent cinquante mètres plus loin, les caméras de surveillance de la station de métro Croix de Chavaux enregistrent le passage des deux hommes à 22 h 14. Leur passage est une nouvelle fois enregistré à la station Nation à 22 h 28. À 0 h 28, environ vingt minutes après le début de l'assaut mené par les forces spéciales, leur trace est identifiée à proximité du Bataclan. Ils se sont sans doute retrouvés parmi la foule de badauds suivant de loin l'intervention policière, alors que les patrouilles militaire de l’opération « Sentinelle » n’avaient pas reçu l’ordre d’intervenir et ont refusé de prêter leurs armes.
Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh se terrent ensuite sur un talus végétalisé situé en contrebas de l'A86 dans une zone d'entrepôts à Aubervilliers. Après avoir bénéficié d'un renseignement direct, les enquêteurs installent une caméra à proximité du talus le 17 novembre et guettent les allées et venues. À 20 h 10 ce même jour, ils aperçoivent une jeune femme, qui se révélera être Hasna Aït Boulahcen, s'approcher des fourrés. Une minute plus tard, Chakib Akrouh apparaît puis à 20 h 13, les policiers reconnaissent Abaaoud émergeant des bosquets.
L'équipe chargée de la filature décide de ne pas intervenir directement car Abaaoud porte un gilet fermé, ce qui laisse craindre qu'il soit équipé d'une ceinture explosive. Le trio monte dans un taxi, qui est suivi par la police et dépose Abaaoud et ses complices rue du Corbillon à Saint-Denis.

C’est un communiqué de Daech ainsi que l'enquête policière qui laisseront supposer, qu'un quatrième attentat aurait pu être commis dans le XVIIIème arrondissement. L'enquête atteste qu'un attentat-suicide était également programmé cinq jours plus tard dans le quartier d'affaires de La Défense. « C'est un acte de guerre commis par une armée terroriste, Daech », déclare le Président de la République la nuit des attentats.
Il en profitera, notamment, pour annoncer une révision de la constitution portant notamment sur la déchéance de nationalité devant le Congrès.
Une initiative qui aura magistralement fait « flop » non sans avoir fait un peu plus « éclater » sa majorité parlementaire…
Le bilan officiel monstrueux des victimes fait état de 130 morts et de 413 blessés hospitalisés, dont 99 en situation d’urgence absolue.
L'ampleur de l'événement est telle que le gouvernement décrète l'état d'urgence : la police effectue de nombreux contrôles, des perquisitions administratives dans tout le pays pour traquer les criminels en fuite et prévenir de futures attaques, tandis que le président de la République rencontre tour à tour les grands dirigeants mondiaux afin de mettre sur pieds une coalition élargie pour « détruire Daech » dans ses fiefs de Syrie et d'Irak.
Le belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, qui selon les autorités françaises a joué un « rôle déterminant » dans l'organisation de ces attentats, sera tué en même temps que deux complices le 18 novembre 2015, lors d'un assaut donné par les forces de police à Saint-Denis.
L'unique survivant du commando responsable de ces attaques, Salah Abdeslam, sera capturé vivant par la police belge à Molenbeek le 18 mars 2016, après quatre mois de cavale et une traque qui se traduira, dans un ultime élan désespéré de ses complices, par les attentats de Bruxelles.
Depuis, extradé en France, sous surveillance-vidéo constante, il se contente d’exercer son droit au silence.

Les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles dans la Région de Bruxelles-Capitale et dans la province du Brabant flamand, en Belgique, en sont la conséquence directe et désignent trois attentats-suicide à la bombe : deux à l'aéroport de Bruxelles à Zaventem et le troisième à Bruxelles, dans une rame du métro roulant dans un tunnel proche de la station Maelbeek, dans le quartier européen.
Le bilan définitif fera état de 32 morts, hors les kamikazes, et 340 blessés.