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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

vendredi 2 septembre 2016

Laudato si… (XLI)


Quarante-et-unième chapitre : L’épisode koweïtien de Paul

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

« Eh bien, ce coup-là, ce n’est plus une bonne-femme mais un petit gars un peu rachitique, efflanqué, pas trop mais assez pour que si j’éternuais dans la même pièce que lui, il s’étale sur les plafonds en couche fine.
Je me retrouve fin juillet 1990 ici à San Francisco. Je file à New-York où j’achète mes bonds BKR-A avec le pognon retiré ici 25 ans plus tard et je prolonge jusqu’à London, Manama et Koweït-city.
Là, Monsieur Jenkings, d’une agence fédérale qui n’existe pas, tout incrédule que vous êtes, vous serez prié de vérifier avant qu’on ne se recroise… Merci bien ! »
L’autre encaisse.

« Je vous résume : sur place, je fais connaissance avec l’équipe de l’AFP locale, et juste avant je croise River dans les rues écrasées par la chaleur locale.
Celui-là me fait rencontrer le général Ali, un petit-neveu de l’Émir, fils de l’ambassadeur de son pays au Qatar et responsable de la sécurité intérieure de son pays.
C’était la veille ou l’avant-veille de l’offensive de Saddam Hussein.
Ceci dit, je l’avertis de l’imminence de l’invasion et je les fais rire comme vous tout-à-l’heure, jusqu’à en être presque « fâchés »…
Passons, je peux comprendre et je reste tolérant.
Là-dessus, je file au poste-frontière avec mes journalistes locaux, qui seront les premiers à annoncer au monde l’offensive, soit-dit en passant : pas un hasard, finalement !
Puis je file au palais royal : je sais que c’est de là que le frère de l’Émir tente d’évacuer le trésor royal vers l’Arabie saoudite, un renseignement lâché par le général Ali, alors que je croyais que la « menue-monnaie » était parquée dans les caves de leur banque centrale.
Il y a des combats de rue dans le quartier, je me faufile entre les tirs. Pas encore un seul char, contrairement à ce qu’on a pu laisser entendre : ils étaient coincés au nord de la ville par une escouade de chars koweïtiens jetés en embuscade dans la bataille.
Là, je croise le général Ali et le sieur River.
Les troupes chargent des camions réquisitionnés de lingots d’or, de sacs et de cantines pleines à ras-bord de billets. Mon pick-up est lui-même réquisitionné et on y met une vingtaine de malles de billets. À peine un mètre cube.
J’embarque Ali et on suit le semi-remorque piloté par River avec à son bord le frère de l’Émir.
Pas longtemps : ce dernier choit sur la chaussée, le crâne explosé par une balle, vraisemblablement tirée par River, le chauffeur.
Je vous signale qu’à ce moment-là, il y a des combats dans la ville, mais pas dans les jardins du palais.
Bref, on se casse et on file vers l’autoroute qui va vers Ryad.
Sauf que, le semi a disparu : il est passé par le poste frontière de la route côtière, vers le sud. Demi-tour, on se met à le courser tous les deux !
Et on finit par le rattraper sur la route qui mène au pont du roi Fahd, vers Bahreïn.
Là, notre bonhomme abat Ali qui meurt dans mes bras et me recommande de pousser jusqu’à Doha où je me précipite jusqu’à mon ambassade à qui je confie mon pick-up et son chargement.
Je vais voir le père d’Ali à son ambassade sur place, et je rentre à San Francisco par la même route.
Voilà, tout con.
Et vous avez plusieurs points à vérifier pour corréler et confirmer ce récit. »
Et lesquels de ce beau roman ?

« Premier point, l’affaire des actions BKR-A et leur financement.
Deuxième point, l’existence du général Ali et s’il existe toujours, ma relation avec son père : il doit encore se souvenir du messager de la mauvaise-nouvelle.
Troisièmement, l’épisode de la fusillade à Khobar, à la sortie sud de Dhahran où River a abattu le général.
J’ai bien riposté, mais un peu tard et mon calibre n’était pas suffisant pour faire sauter un pneu de la remorque.
Quatrièmement, le sort de mon chargement. Je vous donne une piste : le Koweït fera don, très officiellement, vous pourrez vérifier, d’un milliard de dollars US à mon pays fin février 1991. Les mêmes que je retrouve ensuite planqués depuis Luzerne jusqu’à mon trust anglais, vous savez, cette affaire qui n’existe pas…
Maintenant, je sais qu’un mètre cube de billets, ça fait un milliard.
Cinquièmement : River était sur la route de Manama. Je ne sais pas s’il y est arrivé ou non, mais un semi portant un container de 40 pieds, ça fait entre 23 et 27 mètres cube. Je ne sais pas ce qu’il y avait dedans pour ne pas l’avoir vu, mais si le frère de l’Émir était à bord, au moins au début de l’épopée, ce n’était pas forcément pour un chargement de tomates…
Faites le calcul : il devait y avoir entre 23 et 27 milliards en billets ou en lingots, diamants ou autres valeurs ou alors nettement moins si le container n’était pas rempli …
Ceci expliquant vraisemblablement vos 15 milliards sortis de nulle part et qui y sont retournés sans laisser de traces !
River a dû les confier à une « autorité » quelconque de votre pays. Peut-être la même qui le protègerait peut-être actuellement.
Par ailleurs, dans l’ordre du détail, j’ai lu quelle que part qu’il y aurait eu jusqu’à 48 milliards entreposés dans les sous-sols du palais royal.
Or, les irakiens, qui ont tout pillé, n’ont restitué que 8 milliards. Vous retirez les 24 à 28 milliards dont j’ai pu suivre le parcours au moins pour partie, il y en a encore de toutes les façons entre 16 et 20 qui ont été planqués ailleurs.
De ce que j’ai pu en comprendre, ils étaient destinés à quelques ambassades « sûres », genre la vôtre sur place où l’Émir s’est d’abord réfugié avant d’être évacué en hélicoptère en Arabie Saoudite, la britannique ou celles de pays de la ligue arabe, dans la précipitation des événements. Mais une partie est revenue avant que je décampe l’autre, je n’en sais rien.
Parce que bien sûr, les koweïtiens n’avaient rien préparé, estimant que la guerre n’aurait pas lieu.
Ils m’ont même accusé de participer à l’alarmisme général des chancelleries occidentales pour faire ployer les dirigeants du pays et ce, pratiquement jusqu’au dernier moment. »
Les deux autres écoutent encore, tétanisés d’incrédulité.
« Ce que je peux vous dire, c’est que mon chargement était destiné à mon ambassade sur place au Koweït. Mais j’ai dissuadé le général Ali d’y aller : je savais qu’elle allait être envahie et pillée par les troupes irakiennes en septembre, ce qui a déclenché la décision de mon pays de participer à l’opération « Bouclier du désert »…
Voilà, vous en faites ce que vous voulez, mais c’est comme ça que ça s’est passé. »
Pas facile à démêler le vrai du faux.

« Et vous aviez bu quoi, entre hier et ce midi ? »
Connard !
« Monsieur Harrison, vous êtes certainement un citoyen très respectable, mais… parfois vos invités sont burlesques au plus haut point, voire grossiers… Si ça ne vous ennuie pas, j’aimerai pouvoir rentrer. »
Qu’il ne le prenne pas sur ce ton : le burlesque n'est peut-être pas là où il est prétendu…
« – Mon Cher Paul, imaginez bien que tout cela est assez extravagant. Vous pourriez avoir une imagination démesurée…
– Je vous ai donné assez d’éléments pour que les services fédéraux s’attèlent à vérifier ces quelques détails qui seraient iconoclastes autrement.
– Admettons. Mais ça peut prendre du temps. D’un autre côté, vous nous avez parlé d’une « assurance-vie ». De quoi il s’agit ?
– Mais Monsieur Harrison, ça tombe sous le sens ! River a vécu les mêmes épisodes. Et il s’en souvient parfaitement, sans ça il ne m’aurait pas alpagué dans les salons de Bill Gates, en votre présence. Vous ne l’avez pas rêvé non plus à votre tour, je suppose ?
La solution la plus simple pour lui reste de « m’effacer » pour retrouver un peu de quiétude.
Désormais, il lui faudra nous « effacer » tous les trois…
C’est ça mon « assurance-vie » et encore plus quand votre directeur-fédéral aura commencé à vérifier tout ça de son côté et que les uns et les autres vous en aurez fait des rapports à diverses personnes.
C’est tout ce que j’ai trouvé pour mettre la pression du River et ceux qui sont derrière.
Inutile de vous dire que ça peut devenir saignant ! »
Sympathique, la démarche…

D’autant que Paul a un biographe officieux en la personne d’un type qui se fait appelé « Ice-Cube » et qui dévoile tout de sa vie sur internet à en raconter des romans hallucinants.
Il y en a même un qui a rempli son blog durant tout l’été et qui se termine actuellement.
« Celui-là, je ne sais pas comment il fait. Mais un, il ne le fait qu’un an plus tard. De quoi avoir le temps de croiser plusieurs balles. Et il met en ligne sous forme de roman.
Qu’est-ce que vous croyez qu’un roman peut être une protection valable… ?
D’ailleurs, il en rajoute des tonnes à me faire passer pour un trousseur de jupons que je ne suis pas … enfin, pas tous les jours !
C’est que j’aimerai aussi pouvoir voir pousser mes poussins tranquillement, moi, si c’était possible. »
Certes… 

« – Et puis, dites donc, vous ne m’auriez pas accusé de je ne sais quelle turpitude corruptive, ni même parlé des milliards qui vont et qui viennent par quinzaine sans laisser de traces, je ne vous en aurai jamais parlé, soyez-en sûrs tous les deux, pour ne pas être en mesure de faire le rapprochement.
Mais les choses ne se sont pas passées comme ça et on ne peut pas y revenir.
– Pourtant, vous qui êtes le seul spécialiste contemporain encore vivant des voyages dans le futur…
- … dans le passé !
- … dans le temps, vous auriez pu prévoir !
- … Non, justement. Je ne sais rien de l’avenir. Mais il faut croire que des « mains invisibles » sont parfaitement au courant de leurs actes et des nôtres dans leur passé…
– Ah tiens donc ! Encore des « mains invisibles ».
– Eh oui Monsieur Harrison. Un concept qui reste à développer ! Car finalement il explique bien des choses, effectivement.
– Avouez quand même que ce que vous nous racontez depuis un quart d’heure est totalement ahurissant.
– Je vous l’accorde volontiers. D’autant que je vous avais prévenu et que c’est la seconde fois que ça tombe sur ma pomme, juste parce que j’ai accepté une mission de fou il y a six ans de ça.
Marqué au fer rouge le capitaine de réserve… »

Et qu’il réfléchisse encore un peu : « Vous ne m’auriez pas fait inviter à cette soirée de gala chez les Gates, figurez-vous que je n’aurai pas croisé River, il ne m’aurait pas reconnu et du coup il ne chercherait pas à m’abattre parce que je n’aurai rien su de ses turpitudes faute de faire un plongeon dans son passé. Le passé ! »
Oui, mais ça ne s’est pas passé ainsi.
« – C’est exactement ce que je viens de vous dire…
– Et vous ne seriez pas rentré avec 68 actions de BKR.
– Ça, figurez-vous que je m’en serai bien passé aussi. Je me suis toujours débrouillé avec ce que j’avais. Et autant que je sache, sans avoir votre large fortune, je ne manque de rien. Sauf de tranquillité !
Notez au passage que si je les vends dans les jours qui viennent, il aura fallu que je les achète auparavant ! Alors posez-vous la question de savoir avec quoi, puisque je ne dispose que d’un demi-million !
Ceci dit, maintenant que vous savez tout, il serait question pour moi de rentrer m’occuper de ma femme…
Mes petits débarquent demain, je vous rappelle et après je me tire de ce pays. »
Minute, la ramène Brent.

« Vous n’allez pas imaginer que je vais vous laisser sortir du territoire comme ça. »
C’est-à-dire ?
« – Soyez un peu sérieux, Monsieur De Bréveuil : avec tout le respect que je dois à un double médaillé des plus hautes distinctions de mon pays, vous qui êtes un héros sans égal chez nous, je ne vais pas avaler ce que vous nous racontez sans quelques vérifications préalables.
– C’est justement ce que je vous demandais de faire à l’instant…
– Oui, bien sûr. Et admettons que je recoupe assez d’éléments pour corroborer votre histoire à dormir debout de voyage dans le temps, ce qui n’est pas évident, mais admettons…
– … pas évident, loufoque même ! », interrompt Junior. « Mais pas si absurde que ça. Venez absolument chez moi mardi avant de repartir en Europe : on reparlera de ces mains inivisbles. Je mettrai à votre disposition mon jet privé pour rattraper votre retard si je vous en fais prendre : il faut absolument que vous rencontriez quelques-uns de mes « amis » pour leur raconter cette histoire-là.
En espérant que d’ici là, les services fédéraux auront pu étayer votre récit, ou inversement, l’infirmer définitivement…
– À Monsieur le Directeur d’activer ses services fédéraux. Ma survie dépend de la portée de ses recherches, figurez-vous !
– … Bon, admettons que l’on confirme plus ou moins » repend le « beau-blond », « vous ne pensez pas qu’il faille plutôt vous mettre au secret et sous protection fédérale, ici aux States plutôt que de servir de cible à quiconque dans les rues ? Il pourrait y avoir des victimes collatérales… »
Bé voyons !
« – D’une part je peux encore me défendre : j’ai reçu une formation d’officier militaire assez complète. Ce n’est pas un journaliste qui peut me faire peur, mais les gens qui sont derrière, parce que je ne les connais pas et ce sera à vous d’enquêter pour les identifier.
D’autre part les services de mon pays sont capables de faire aussi bien que les vôtres si vous les tuyautez adroitement via Interpol : j’y suis déjà connu et reconnu depuis l’affaire de l’attentat nucléaire contre les JO de Londres.
– Les JO de Londres ? Je ne suis pas au courant…
– Mais que croyez-vous que votre Président ne s’y est pas rendu sur l’insistance de ses services secrets ? Vous seriez bien mal renseigné, Monsieur le Directeur.

Mais bon, cet attentat n’a pas eu lieu en partie grâce à moi. (cf. épisode « Parcours olympiques » publié aux éditions I-Cube).
Enfin, j’ai une usine à piloter en Ardèche. Et on est probablement un peu à la bourre que ça fera du bien au moral des équipes de me voir dans les ateliers. C’est que je n’ai pas encore eu le temps d’organiser ma relève !
Par ailleurs, je ne vais pas rester planqué quelle que part dans ce pays que je ne connais pas bien, même sous votre couverture et malgré votre bonne volonté, et même si je suis traité comme un coq en pâte : je vous rappelle que vos fonctionnaires de l’émigration n’ont même pas visé mon passeport en arrivant !
Donc, je peux juridiquement disparaître, mais matériellement, c’est impossible pour toutes sortes de raisons. Et puis ça ferait tâche : je travaille finalement pour mon gouvernement. Et dans un domaine sensible, comme celui de sa défense nationale. Je vous rappelle que mon pays est engagé militairement dans plusieurs endroits du monde, en soutien de nos alliés, notamment américains. »
Il en convient une nouvelle fois.

« – Et en admettant que mes recherches et vérifications infirment vos dires, pensez-vous que ce soit raisonnable de ma part de vous laisser filer de l’autre côté de l’Atlantique avec une maladie rare dans la tête, sans rien faire, pas même vous prendre en charge ?
– D’abord, je vous ai averti que cette histoire était abracadabrante et assez peu crédible.
Sauf vérification, vous verrez.
Qu’il faut d’ailleurs être assez solide mentalement pour y faire face tout seul quand même, faut-il vous dire.
Ensuite, quel est le danger ? Je vous rappelle, Monsieur le Directeur, que ma femme et mes gosses seront sur votre territoire et que ce sont eux qu’il faudrait envisager de protéger. En tout cas de surveiller leurs abords.
Bon, les beaux-parents, je m’en fous, mais ça pourrait contrarier mon épouse s’il leur arrive quelque chose de fâcheux…
Et puis on cherche quoi au juste ?
– Vous vos milliards et il va vous falloir remonter très loin dans le passé et très haut dans vos hiérarchies pour les dégoter. Accessoirement, le dénommé River, au moins pour vérifier comment il a fait sa fortune, où il est et ce qu’il mijote. Après tout, dans l’hypothèse où j’affabule totalement, vous n’avez encore rien à lui reprocher.
En revanche, si avec les indications que je vous ai données vous épaississez un peu son dossier, je vous rappelle qu’il a au moins deux meurtres crapuleux à son actif…
À mon avis, ça va le motiver pour en rajouter un peu plus. »

C’est junior qui conclue : « On a quarante-huit heures pour avancer, mon cher Brent. Demain, les administrations seront ouvertes et mardi j’emmène monsieur De Bréveuil dans mon Ranch au nord de la ville. Vous aurez le temps de travailler utilement. »
En fait, après avoir donné l’ordre de se reprocher du yacht-club, il annonce à ses invités qu’il avait d’abord envisagé de faire venir Bill Gates actuellement en ville.
« – Ah oui ! Celui-là, il faut qu’il me parle de ses réacteurs nucléaires à sels-fondus.
– Vous en êtes où avec votre prototype, d’ailleurs ?
– Nulle part. Je veux dire que le concept est validé depuis mon passage en Chine. Les essais in situ ont été concluants. Reste à trouver les financements pour un véhicule assez gros pour porter une source d’énergie primaire assez imposante pour faire fonctionner des réacteurs à plasma. Mais bon, il faudrait déjà les fabriquer et les tester au sol… »
Mais de quoi parlent-ils soudainement, demande Jenkings ?
« – De projets concurrents à Virgin-galactic, SpaceX et quelques autres.
– D’ailleurs, que pensez-vous du projet de récupérer le premier étage d’un lanceur en le faisant atterrir à la verticale ?
– Que c’est techniquement faisable, même si ce n’est pas le plus pratique. De toute façon les gains seront techniquement minimes. Je crois savoir que la NASA a acheté le concept. Mais avouez que c’est assez con de ne récupérer que le premier étage, là où la NASA récupère tout sauf les réservoirs et les accélérateurs avec sa navette… Enfin passons, ce n’est pas mon argent mais celui du contribuable américain.
– Mais il récupère ainsi les moteurs !
– Et alors ? Au bout d’un parachute, on en fait autant et ce serait moins coûteux. Non, lui il crame en plus du carburant pour récupérer les moteurs ET le réservoir qui les surmonte. Les réservoirs, c’est juste de la taule. En revanche, le carburant est brûlé pour rien, d’autant qu’il faut le hisser jusqu’à bonne altitude pour le faire redescendre en douceur ensuite…
Enfin, s’il y a un marché pour ça, pourquoi pas.
Mais avouez que le projet de Paul Allen ou celui de Branson sont quand même plus sympathiques : on y récupère tout, moteurs et réservoirs, on refait les niveaux et on repart.
– Et le vôtre ? Le Nivelle 3 ?
– Pareil, mais en un seul bout, pas en deux avions, dont un « porteur », solution que j’avais retenue comme lui et de prime abord : c’est juste une question d’impulsion spécifique du carburant utilisé. Jusque-là, j’opérai avec du kérosène et de l’oxygène liquide, parce qu’on en trouve partout autour des aéroports du monde et ça impose deux vecteurs.
Mais demain, si j’ai une source d’énergie primaire assez puissante, n’importe quoi pourra servir de carburant avec des impulsions spécifiques du double du mélange oxygène-hydrogène, du triple du kérosène… »
Et là, tout devient possible…
Ah oui : intéressant !
« – Mais si les réacteurs à sel-fondus posent problème, je ne sais pas, techniquement instables ou psychologiquement « non-conforme » pour l’opinion publique…
– Il y a d’autres pistes à développer, ne vous en faites pas. Je pense au moteur Minato, à la Z-machine, à l’E-cat. Pour l’heure, c’est juste une question de budget et de volonté politique.
– Vous devriez vraiment venir travailler aux USA : vous auriez tout ça…
– Je n’ai pas de carte verte…
– … Pas un problème insurmontable…
– … Pas de visa d’entrée sur mon passeport et pour l’heure, il s’agit d’abord de sauver ma peau si les menaces de River se confirment. Et je ne suis pas sûr que de rester dans ses parages ne soit la meilleure idée. »

jeudi 1 septembre 2016

Laudato si… (XL)


Quarantième chapitre : William River

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

« Oh non, l’opération a été menée en parallèle avec celle du banquier suisse retourné… Elle a même été beaucoup plus longue à aboutir. »
Un bail, oui !
Et alors ?
« – Well ! Il en est ressorti quelques 380.000 sociétés offshores, correspondant à quelques 250.000 personnes identifiées.
Bon, les services ont fait le tri, ont expurgé de ces listes les sociétés et citoyens américains désormais dans le viseur des services fiscaux et du FBI, ont en fourni sa part à la DIA, notre agence fédérale anti-narcotrafic, pour les affaires de drogue, et ils ont refilé ce qui en restait à des journalistes allemands en juin dernier.
Dossier qui est actuellement épluché et depuis lors par un groupe de journalistes d’investigation internationaux en vue d’une exploitation par les médias pour tout le reste. Normalement, ça devrait ressortir de façon coordonnée en février ou mars prochain.
Plus tard ou plus tôt selon la rapidité d’analyse de ces équipes…
Ils ont quand même 320.000 entités à sonder et à identifier, pour quelques 214.000 personnes, physiques et morales, dans 21 juridictions différentes, allant du Nevada à Hong-Kong en passant par les Virgin Islands, le Moyen-Orient et la Corée… entre autres…
Et ça représente bien plus de données que les Wikileaks de ce traître d’Assange.
Un travail de bénédictins !
– Bon et alors, vous les avez retrouvés, vos fonds, à cette occasion ?
– Non ! On vous a trouvé vous, sous de fausse identité ! Et pour 14 à 15 milliards d’euros environ… Notez que les euros, ce n’est pas notre devise, mais bon. »
Merde, Anjo s’est fait piquer au passage…
La vraie raison de ce rendez-vous : Paul apprendra à se méfier de Junior, pour la prochaine fois !
Un vrai piège à con…

Mais il est le premier à désamorcer la situation ainsi créée :
« Si on vous en parle librement, c’est que vous avez forcément une explication légitime, mon cher Paul. Après tout, vous êtes double-médaillé du Congrès et de la Liberté, vous êtes élevé au rang de Pair d’Angleterre et introduit à celui de l'Ordre du Christ, ou Ordre Suprême de Notre Seigneur Jésus-Christ, par le Pape Benoît, tous honneurs et gratifications auxquelles je ne peux même pas prétendre pour moi-même en toute une carrière parfaitement honnête au service de mes concitoyens et de la justice.
En bref vous êtes intouchable… C’est que vous ne devez pas être un mauvais garçon. Mais… »
Mais quoi ?
« J’avais en tête, je ne sais pas pourquoi, le montant de 2 milliards de dollars, récupérés grâce aux informations de Monsieur Jenkings et de son service à Hong-Kong, par mon intermédiaire (cf. épisode « Mains Invisibles », publié aux éditions I-Cube). Pas de plus 15 milliards… »
Des gros malins…

« Et vous voulez quoi au juste ? Que je viole mes secrets d’État ou que je vous dise que j’ai déjà oublié ? »
Une simple explication serait suffisante.
« – Et si j’ai oublié, vous me jetez à la baille comme un ignoble corrupteur ? Ça serait le pompon !
Ou juste comme un fraudeur fiscal. Parce que si j’ai bien suivi votre exposé, tout-à-l’heure, lorsque les impôts disparaissent, lorsque les actifs de l'État sont pris et mis dans ces paradis, tout cela peut avoir un effet négatif énorme sur la mission générale de mettre fin à la pauvreté et de stimuler la prospérité économique planétaire, comme en a déjà dit le président de la Banque mondiale, au moment, si je me souviens bien, où il a ouvert une réunion à Washington.
Soyons clairs, je ne fraude rien et puis, si mes souvenirs sont exacts, je crois vous l’avoir déjà indiqué, c’était avec nos gardes-du-corps respectifs dans un restaurant parisien…
– Je ne m’en souviens plus…
– Ça tombe bien, moi non plus… Sous le sceau du secret absolu, ces sommes servent encore aujourd’hui à faire baisser les taux d’emprunt de mon pays à chaque émission d’OAT. C’est qu’il est gourmand en dette publique pour faire ses fins de mois : tous les ans, pas loin de 6 mois de recettes fiscales sont à aller chercher, pour atteindre, tout cumulé, quelques 5 à 6 années de recettes financières totales ! Pas loin de l’insolvabilité définitive.
Ces sommes ne sont donc pas inclues dans quelques nouvelles arsouilleries, même si mes députés auraient bien aimé remettre le couvert du Grand-Emprunt de Krasoski, au cas où nous parlions de ces mêmes éventualités hasardeuses, virtuelles et imaginaires, qui n’existent pas, n’est-ce pas … »
Sourires en coin, toisages réciproques.
« – Je ne comprends pas à quoi vous faites allusions, tous les deux, là, boys !
– Moi si ! » lui répond Junior.
« – J’ai votre parole ?
– Vous l’avez. Mais en vous rappelant que j’ai besoin d’une nouvelle couverture. Mon pseudo d’emprunt a été éventé, je ne sais pas comment, ni par qui, mais je le sais… Je ne peux plus opérer légalement de la sorte sans prendre des risques insensés.
– Comment ça ?
– Un homonyme était dans l’appareil qui s’est fait abattre au-dessus de l’Ukraine par des tchétchènes-locaux. Le MH17. Vous vous souvenez.
– Ah yes ! I see now. Vous croyez vraiment… qu’il y a un lien ?
– Affirmatif. L’agent Russe du FSB qui me poursuit de ses assiduités ne serait pas venu jusqu’en mer Égée pour tenter de mettre le boxon dans mon couple et me mettre la puce à l’oreille il y a un an de ça…
Mais bon, je ne vous ai rien dit. Sauf que souvenez-vous, à Rome, il était question que vous mettiez une banque à ma disposition pour ce type d’opérations…
– Je me souviens, maintenant que vous me le dites. Mais c’était à Venise.
– Peut-être : je vous l’ai dit, j’ai des trous de mémoires.
– Ok, n’en parlons plus. Mais comment faites-vous ?
– Très simplement, d’après ce que j’en ai compris. Globalement, ce fonds de gestion des avoirs de mon pays souscrirait aux appels d’offre du même Trésor public. Il semble que le calendrier soit connu. À lui d’en prendre une petite-part, assez significative toutefois, à des taux sous les planchers officiels, ce qui fait baisser les taux servis sur tous les autres bouts.
– Et ensuite ?
– Il refourgue ces morceaux sur les marchés avec une décote pour le coup suivant.
– Ah oui… Mais, il finira par ne plus en rester assez.
– On verra bien, mais ce n’est pas sûr. D’abord il en reste à des maturités différentes, ensuite les décotes sont effacées en spéculant sur les marchés avec le disponible dans les intervalles. Et comme « mon banquier » sait s’y prendre, il y en a plus qui rentre qu’il n’en sort.
– Comment fait-il ?
– Je ne vous ai rien dit, ça n’existe pas. Mais c’est son métier et il m’a expliqué que globalement il suivait les traces des robots de speed-trading. Je n’ai pas tout bien compris, mais quand il voit un cours qui fait épaule-tête-épaule, ou inversement, il se positionne en « suceur de roue » et ressort rapidement. Je trouve cela très bien : on fait baisser les taux d’emprunt de mon Trésor à moi et ça multiplie donc les effets de levier au lieu de claquer tout d’un coup à faire les fins de mois une seule fois comme l’a fait Krasoski. Bref, l’argent tourne comme vous le souhaitiez. Alors pourquoi pas puisque les autorités ont validé l’opération.
– Assez classique et astucieux. Bien vu ! » laisse tomber Junior…
On fait quoi, ont l’air de demander les yeux du « beau-gosse ».
« – Clean !
– Ah non, pas du tout. Ce n’est pas tout, » fait Paul satisfait de son effet.
Comment ça ?

« – J’ai une piste à vous proposer pour remonter à vos 15 milliards originels qui vous manque. Le problème, c’est que si je vous raconte mes aventures, récentes et plus anciennes d’ailleurs, vous allez me prendre pour un foldingue.
– Et de quoi s’agit-il » intervient Brent, quand même passablement dépité de son dimanche.
Mais il fallait qu’il s’y attende : Junior avait dû le prévenir…
« J’ai déjà essayé de vous en parler quand vous êtes venus partager un repas chez Le Nôtre, sur les champs Élysées. Mais bon, vous étiez obtus alors je n’ai pas insisté.
Pareil avec l’ami Allen, quand il est venu à Cabourg, en Normandie. Je ne sais pas si cette fois-ci vous allez croire à ce roman-là…
Vous vous souvenez de cet olibrius prénommé William River qui croyait me connaître à la soirée de gala des Gates ? 
– Oui, bien sûr. Un multimillionnaire de la côte pacifique qui a fait fortune dans l’élevage d’huîtres perlières il y a quelques années. Ici, mais surtout à Hawaï, Osaka et peut-être en Nouvelle-Calédonie, je ne sais plus…
Il avait l’air sûr de lui.
– C’est qui, William River ? » demande le « beau-blond » qui a du mal à suivre…
« – Un journaliste du WP. À une époque plus reculée. Avant d’avoir fait fortune manifestement. Or, je sais vraiment comment il l’a faite.
– Comment ça ?
– C’est toute l’histoire abracadabrante que je vais vous narrer.
Elle est folle, totalement déjantée, je vous aurai prévenu, mais j’ai des preuves irréfutables que notre bon ami Brent pourra contrôler a posteriori, s’il prend des notes.
– Bé allez-y, racontez-nous, mon cher Paul ! On vous écoute ».
Là, Paul fait un saut dans l’inconnu : il en a dit trop ou pas assez et maintenant il ne peut plus reculer.
Mais d’un autre côté, peut-il faire autrement, car c'est peut-être une véritable opportunité ?

« J’ai une preuve que vous allez pouvoir vérifier dans les jours qui viennent, si vous suivez bien mes indications dans vos archives et dans les opérations que je vais faire d’ici sous peu : il paraît que vous tracez avec une facilité déconcertante tout ce qui circule sur la planète, dès lors que c’est libellé en dollars, hors les milliards de l’Otan.
Alors au boulot.
Et j’ai une motivation impérieuse pour vous en faire part : vous allez me servir d’assurance-vie, parce que pour l’heure, si je disparais de façon impromptue, les faits et informations que je vais vous rapporter seront effacés à jamais de presque toutes les mémoires. »
Oui bon : et c’est quoi au juste ?

« C’est tout simple. River avait raison l’autre soir : nous nous sommes déjà croisés dans un passé lointain, mais je ne pouvais pas le savoir à ce moment-là. »
Qu’est-ce que Paul raconte, là ?
Numéro 4 n’a pas vraiment prêté attention à cet épisode-là… Tout ce dont il se souvient c’est que Paul a été affublé d’un nom grotesque et impossible et qu’ils avaient été retardés, à cause de cet « incident » dans leur quête de Bill Gates.
« – D’abord la preuve, c’est plus convainquant : j’ai récemment fait un retrait de mon compte personnel géré par mon fameux banquier portugais d’un demi-million de dollars. « La gratte » qu’on se partage sur les commissions de gérant. Lui garde les siennes pour lui au titre de ses activités de directeur exécutif, moi, je remets au pot pour soutenir les opérations habituelles. Comme quoi, vous le voyez, le bilan des « petites opérations » de ce dernier reste positif.
Pas plus, parce que je ne dispose pas de plus. J’ai cassé ma tirelire, toutes mes « petites-économies » personnelles disponibles, en quelle que sorte.
Vous pouvez vérifier. Les fonds ont été virés au profit d’un certain Julius Molenbeek, ici-même, ma fausse identité éventée, et je les ai retirés au guichet d’une de vos agences San franciscaine.
Ça ne devrait pas être trop compliqué à vérifier puisque ça a eu lieu avant-hier.
Et puis je suis « parti ». Et là non plus ça ne doit pas être trop compliqué à vérifier dans les archives, pour acheter avec cette somme-là 68 actions au porteur, avec des numéros et des tampons partout et un certificat de « bonne fin » de l’opération, de chez BKR-A…
– Quoi 68 ? Le fameux fonds de « l’oracle d’Omaha », Warren Buffet, et ses « Berkshire Hathaway » ? Mais ça vaut beaucoup plus que ça ! » intervient n° 4.
« Aujourd’hui, oui certainement. Je repars le plus vite possible en Europe pour qu’Anjo, mon banquier portugais, me les liquide au mieux. Vous comprendrez que je sois pressé de rentrer.
Vous devriez donc voir, si vous surveillez vraiment tout depuis vos ordinateurs, non seulement la cession de ces titres, mais également de pouvoir retracer la vie de ces actions au porteur. »
Les deux compères en restent cois. 

« Mais ce n’est pas possible ! » intervient le premier Brent.
« C’est vrai ! Comment faites-vous ça ? » renchérit Harry-junior, soudainement appâté par l’opération de bourse de Paul.
« C’est toute l’histoire que je vais vous raconter. Mais laissez-la-moi terminer avant de me faire interner, please ! »
Parce que c’est aberrant jusqu’à la folie.
« Et pourtant, c’est du vrai et qui va vous expliquer comme je commence à le comprendre moi-même où sont vos 15 milliards disparus dans « un trou noir » !
Ce n’est pas moi qui l’aie inventé : vous ne me l’auriez pas raconté initialement aujourd’hui, je n’aurai pas fait le rapprochement, et je ne vous raconterai pas en ce moment ce que je qualifie moi-même de « délire ». »
Et Paul déballe « son » affaire depuis l’origine (cf. épisode « Mains invisibles tome II », publié aux éditions I-Cube) sans les quelques détails inutiles, « sans importance », pour ne rien apporter de mieux.

« – Voilà comment ça s’est passé : c’est l’époque où ma femme s’est fait enlever en Normandie. Naturellement, je suis aux cent coups et je mobilise ma hiérarchie qui fait ce qu’elle peut pour avoir quelques pistes.
Vous vous souvenez, Monsieur Harrison : sa jambe a été salement abîmée à cette occasion et si ça n’avait pas le cas, je ne serai pas à San Francisco pour la lui faire remettre droite par un chirurgien que vous m’avez-vous-même vivement recommandé.
– Effectivement…
– Je continue. Je suis à Paris et une jeune femme étrange me croise sur le trottoir pour me porter des photos satellitaires qui tendent à démontrer que Florence est blessée et retenue  Algérie par quelques terroristes…
Absurde, mais au point où j’en étais, tout valait mieux, même n’importe quoi, plutôt que rien.
Je fais confirmer par ma hiérarchie que ces clichés sont authentiques. Ok ? »
Logique dans de telles circonstances.
« Si on veut, parce qu’en fait, ces photos sont datées, et sauf à un coquille, la date ne correspond pas. Ou alors elles viennent du futur. Absurde n’est-ce pas ?
Et ce n’est pas tout. »

« Dans la foulée, j’organise rapidement un raid en solo sur le lieu-dit et j’atterris dans une zone de combats. Il y a déjà trois gusses sur place qui me déblayent le chemin, me couvrent et m’ouvrent la voie, là, je fais le quatrième lourdement équipé.
Bien. Je parviens à extraire Florence, on rentre fissa à Marseille pour la soigner et la remettre sur pieds, enfin, façon de parler, puis en Normandie. »
L’un et l’autre ne savaient pas tout ça.
« – Ce n’est pas tout : hors la provenance des clichés qui de toute façon sont corrélés par les constats sur place, il n’y a pas trop de mystère. En revanche, un peu plus tard, je suis convoqué par la même bonne-femme à Barcelone. C’était le jour où le vol de la Germanwings est allé se crasher dans les Alpes. Le 24 mars dernier.
Et là, ça devient surréaliste : elle m’annonce que cet avion n’arrivera pas à destination et m’explique comment alors qu’il est encore à embarquer ses passagers sous mon nez.
Bien sûr, on essaye d’alerter les autorités et ça n’a pour effet que de retarder son départ.
Et finalement, l’impensable arrive : il décolle et n’arrivera jamais, comme si elle disposait d’une boule de cristal !
– Mais c’est qui, cette personne-là ?
– Une personne qui n’est pas encore née… Je continue s’il vous plaît. Je paye mes dettes et engagements, vais foutre sa raclée au dictateur nord-coréen, file en Chine mettre au point le « Nivelle 002 » et je rentre en France pour être là au moment de la naissance de mon fils, Ô mon fils !
– Attendez, je ne comprends pas tout, là, moi.
– Une seconde, svp : ce soir-là, la même bonne-femme m’accueille dans ma cave et avec une machine qui a l’air tout con, et je saute avec sa boîte, trois fois de suite dans mon passé, jusque dans le bled algérien où était retenue Florence, juste avant sa libération. Les trois personnages qui déblayent le terrain avant mon saut en parachute, c’était moi, démultiplié !
– Mais ce n’est pas possible » en dit l’un.
« Impossible » s’écrie l’autre, presqu’effaré.

« Je le sais bien ! Pour nous, au XXIème siècle. Mais qui sait pour une personne venant du futur ? De notre futur ?
Qui s’amuserait à faire des sauts dans notre passé avec une technologie dont nous ne disposons pas… »
Invraisemblable : personne n’a jamais imaginé que la flèche du temps, depuis des temps immémoriaux, serait réversible.
Et puis ça n’est jamais encore été relaté, et pourtant, Dieu sait si junior en connaît un morceau sur les sciences ésotériques et parallèles…
Même avec une technologie hyper-avancée : ce n’est pas marqué comme ça dans les équations de la physique. Ni quantique, ni de la relativité générale.
Les causes précèdent toujours les effets, c’est une loi universelle !
Pas l’inverse : IMPOSSIBLE.
« Je le sais bien : j’ai assez passé de temps à les manipuler les unes et les autres dans mes diverses formations de scientifique.
Ceci dit, l’affaire des photos satellites, ça peut effectivement être du « bidouillage ». Le crash du vol de la Germanwings, un simple exercice de voyance, de prémonition, qui avait une chance sur une infinité de se réaliser à moins d’une manipulation du copilote, j’en conviens.
Une sorte de coup de bluff pour me faire avaler une connerie grosse comme une montagne.
J’y ai pensé.
De même, le coup de « retourner » sur les lieux de libération de Florence, AU MOMENT de sa libération, ç’aurait pu être une vaste manipulation hypnotique s’il n’y avait pas eu trois détails. »
Lesquels ?
« Un, sur place, lors du troisième saut, je me plante et m’arrache les tendons internes-externes de la cheville… Que j’en suis resté plâtré une bonne quinzaine… On faisait la paire avec Florence, que ça a bien fait rire Paul Allen…
Bon, vous pourrez aussi me dire que je me suis foulé la cheville en loupant une marche dans ma cave à aller chercher quelques bouteilles pour fêter la naissance de mon fils !
Mais deux : je reviens avec des cachets d’amphétamines de guerre améliorées dans la poche, remis par un de mes autres « moi-même » rencontré sur place le soir de la libération de Florence en Algérie.
D’ailleurs, je les fais analyser par un labo de l’armée et je m’en sers pour déguerpir du palais de Kim-joujou-one après lui avoir foutu la trouille de sa vie : drôlement efficace d’ailleurs. Je n’y serai pas arrivé sans et je comptais m’en remettre aux autorités de Pékin à qui j’avais promis en échange de travailler sur le « 002 » pour me sortir de ce traquenard si j’étais toujours vivant.
Trois : je redécouvre justement un bout de papier remis par la gonzesse à Barcelone qui est en fait la formule d’un gel destiné à protéger mes fameuses céramiques sur la durée.
Sans elle, on n’aurait peut-être pas bouclé notre tour de planète aussi facilement…
– Et c’est quoi ? Un saut technologique ?
– Même pas ! Une petite formule de thermopile qui sert à alimenter un champ électromagnétique participant à repousser la formation de plasma créé aux très fortes vitesses par frottement avec les couches de l’atmosphère. Je pense que la NASA avait utilisé le même procédé pour les vols d’Apollo avec ses céramiques dites abrasives… Mais pas pour les tuiles de la navette… Je ne sais pas : à vérifier ! Mais jusque-là, je n’y avais pas pensé. »

« De la pure science-fiction », en conclu Brent qui a envie d’en rire. « On sait qu’avec des vitesses proches de lumière, le temps se ralentit, les masses augmentent, les distances raccourcissent, se contractent, mais pas jusqu’à ce qu’il y ait inversion de la flèche du temps ! Vous vous rendez-compte que c’est impossible ? Je ne peux même pas vous croire », avance-t-il.
« J’en suis d’accord. Il doit y avoir une autre explication, plus conforme à ce qu’on connaît de notre univers.
Sauf qu’avant-hier, je suis rentré du mois d’août 1990, là où j’ai rencontré le sire River, William sans « t » au Koweït, une vraie première fois, au moins pour lui.
Vous pourrez vous faire confirmer par la police de la route qui m’a contrôlé sur « Ocean-Beach » pour défaut de visa d’entrée.
Allez-y, vous verrez bien ! »
Bien sûr qu’il le fera…
« Bon racontez-nous ce que vous avez à nous dire sur ce River… » coupe junior n° 4, impatient.