Et il voit l’humanité migrer dans l’espace !
Durant le Forum de Davos, il a réaffirmé son credo
habituel : « L’objectif final de mes entreprises est de maximiser l’avenir
de notre civilisation, c’est-à-dire de maximiser la probabilité que notre
civilisation ait un grand avenir et d’étendre la conscience au-delà de la
Terre.
SpaceX, par exemple, vise à faire progresser la
technologie des fusées au point de pouvoir étendre la vie et la conscience
au-delà de la Terre, vers la Lune, vers Mars, et finalement vers d’autres
systèmes stellaires. »
À mon sens, ce discours vise surtout à frapper
l’imagination, mais repose sur une confusion profonde entre exploration
spatiale, colonisation du système solaire et traversée interstellaire qui va
demander plusieurs générations étalées sur plusieurs siècles.
Si les deux premières destinations sont physiquement réalisables (même si elles sont difficiles, se heurtant à d’autres obstacles que ceux de la physique), la troisième relève très probablement de l’utopie, de l’impossibilité pratique, sinon fondamentale.
Qu’on compte bien : Le premier obstacle est celui
des distances. Le système de trois étoiles (dont une naine rouge éloignée) appelé
Alpha du Centaure, le plus proche du système solaire se situe à 4,37
années-lumière, soit la bagatelle de 41.000 milliards de kilomètres.
À titre de comparaison, la sonde Voyager 1, lancée en septembre 1977, est l’objet d’origine humaine actuellement le plus lointain de notre planète. Elle est maintenant située à plus de 25 milliards de kilomètres et dépasse désormais l’héliosphère.
Une sonde qui poursuit son chemin à raison de 17 km/s et devrait atteindre une distance de 1 jour-lumière d’ici un an. À ce rythme, Voyager 1 atteindrait la distance équivalente à celle qui nous sépare d’Alpha du Centaure en un peu moins de 77.000 ans !
Pour que le voyage d’une hypothétique sonde se fasse sur
une durée raisonnable, disons comparable à la durée de vie humaine, il faudrait
qu’elle se déplace à une vitesse au moins 1.000 à 2.000 fois supérieure à celle
atteinte par Voyager 1.
Si SpaceX imagine un vaisseau de 1.000 tonnes (ce qui serait pourtant bien trop petit pour assurer la survie d’un humain durant la totalité du voyage), lancé vers Alpha du Centaure à une vitesse moyenne égale au dixième de celle de la lumière, en tenant compte de phases d’accélération et de décélération, il mettra environ quarante-cinq ans pour atteindre son objectif.
Il faudrait une accélération beaucoup plus puissante pour raccourcir ce délai…
Or, à sa vitesse de croisière, sa seule énergie de mouvement (dite énergie cinétique, égale à la moitié du produit de sa masse par le carré de sa vitesse) atteindra 450 exajoules (1 exajoule correspond à 1018 joules), ce qui est du même ordre de grandeur que la consommation de toute l’humanité en un an (un peu moins de 600 exajoules) qu’il faudrait déployer deux fois, à l’accélération et à la décélération…
Le second obstacle est donc énergétique. Il faut une
énergie considérable pour voyager vite, et les lois de la physique imposent des
contraintes drastiques à tout moyen de propulsion.
Prenons un cas d’école, dans le film Avatar (James Cameron, 2009) : Le Venture Star est envoyé vers Alpha du Centaure par l’organisation qui exploite les ressources minières de Pandora.
Lors de la scène d’arrivée, au début du premier film, une voix anonyme annonce aux passagers en train de se réveiller qu’ils viennent de terminer leur voyage de « cinq ans, neuf mois et vingt-deux jours » (qu’ils ont effectué en « sommeil cryogénique », technique fictive, parce qu’embarquer autant de monde et le nourrir tout au long du trajet serait délirant…). Autrement dit le Venture Star a parcouru un peu plus de quatre années-lumière en un peu moins de six ans.
Pour y parvenir, ce vaisseau ne peut être propulsé que par l’énergie formidable dégagée par l’annihilation entre matière et antimatière.
Rappelons que, sur le papier, l’efficacité de conversion de l’antimatière en énergie est bien plus considérable que pour la fusion. Ça c’est pour la théorie…
Parce qu’en pratique, l’antimatière n’existe pas à l’état naturel !
Il faut non seulement la produire sous forme d’antiatome en dépensant pour cela une énergie immense, mais aussi résoudre les difficultés inhérentes au stockage de l’antimatière produite.
En bref, comme pour les voitures électriques, il faut produire l’énergie en amont, autrement dit pratiquer à une première transformation, rien de plus, qui permet son stockage et sa concentration pour la retransformer ensuite en énergie cinétique…
Petit calcul : Au cours de son voyage vers Alpha
du Centaure, le Venture Star atteint une vitesse maximale respectable, égale à
65,8 % de la vitesse de la lumière., l’énergie de propulsion nécessaire à ce
voyage est au bas mot 130.000 fois supérieure à l’énergie consommée par
l’humanité toute entière en une année !
Calcul qui ne prend même pas en compte l’énergie nécessaire aux passagers pour les garder en état de « sommeil cryogénique »…
Donc, donc, donc, si on peut donc gloser à l’envi sur les techniques de propulsion du futur (fusion nucléaire, antimatière ou voiles poussées par des lasers)… en réalité, atteindre un autre système stellaire, même avec de simples sondes, ne sera possible que lorsque nous disposerons d’une quantité d’énergie très supérieure à celle dont l’humanité dispose aujourd’hui !
En d’autres termes, envisager un voyage interstellaire suppose implicitement que l’humanité dispose d’un surplus énergétique colossal, stable et durable, lui permettant d’en consacrer une fraction significative à ces projets durant plusieurs générations.
La conclusion est alors inéluctable : Comme il
n’existe pas d’énergie magique, le voyage interstellaire rapide avec une masse
conséquente est pour l’instant totalement hors de notre portée énergétique.
Voire, ressort non plus de l’utopie, mais d’une psychopathie quelconque (qui n’a pas encore de nom…).
Ce qui n’empêche pas de rêver et d’étudier les
problèmes d’un exil l’humanité hors de la Terre. C’est ainsi qu’est né le
projet Chrysalis (sans « Must ») qui repose sur une logique
d’ingénierie rigoureuse : Concevoir un vaisseau interstellaire de près de 58
kilomètres de long, capable de transporter une communauté humaine vers Proxima
Centauri b.
Ici, il ne s’agit plus d’exploration de quelques astronautes atteint d’agoraphobie aiguë, mais carrément de migration.
Là, il s’agit d’un voyage estimé à environ 400 ans – le « sommeil cryogénique » n’étant toujours pas au point malgré des milliards dépensés en pure perte en recherches diverses –, un voyage aller sans retour possible, où le vaisseau devient un monde autonome, conçu pour recréer toutes les conditions nécessaires à la vie humaine dans le vide spatial.
Une petite planétoïde privée, en quelque sorte…
À bord, tout est donc pensé comme un écosystème fermé
et durable : Le vaisseau fonctionnerait comme une biosphère artificielle,
intégrant agriculture, recyclage total des ressources, production d’énergie et
gravité simulée grâce à une rotation constante.
Les habitants vivraient dans des environnements recréant des paysages terrestres, avec une organisation sociale structurée pour garantir la survie collective.
Chaque fonction, chaque métier, chaque naissance même, serait intégrée dans une logique de stabilité à long terme, où l’individu devient une pièce essentielle d’un équilibre fragile.
Mais se pose deux types de problème : D’abord, la
véritable rupture est d’ordre humain et psychologique. Les premiers passagers
ne verront jamais leur destination. Ils embarqueraient pour une mission dont
ils savent qu’ils n’en verront pas l’aboutissement : Ce seront leurs
descendants, plusieurs générations plus tard, qui arriveront à destination !
Cela implique une redéfinition radicale du sens du voyage, du sacrifice et de la transmission.
Vivre et mourir dans un vaisseau, sans jamais connaître autre chose que cet univers clos, exige une discipline sociale, une résilience mentale et une cohésion collective d’un niveau inédit dans l’histoire humaine.
Et puis, deuxième problème, on s’est rendu compte que les
spermatozoïdes sont complètement paumés en apesanteur : Que ça va être chaud pour
faire des bébés dans l’espace.
En microgravité, les spermatozoïdes sont complètement déboussolés et ont toutes les peines du monde à trouver leur chemin jusqu’à l’ovule. Comme aller dans l’espace pour faire des tests de fécondation in vitro (FIV) reste aussi coûteux que complexe, des scientifiques de l’étude ont utilisé un dispositif appelé clinostat 3D, qui modifie en permanence l’orientation des cellules pour simuler une perte de repères gravitationnels. L’objectif est d’analyser le comportement des spermatozoïdes soumis à une microgravité simulée semblable à celle que l'on retrouve dans l’espace si on ne navigue pas comme dans le projet Chrysalis (qui tout d’un coup devient « précieux » même s’il est hors d’atteinte).
Plusieurs travaux antérieurs suggéraient que les
spermatozoïdes nagent tout aussi bien dans l’espace que sur notre planète, mais
cette nouvelle étude montre que c’est en fait seulement partiellement vrai. Si
leur motilité semble globalement préservée, leur capacité à atteindre un
objectif précis à travers un chemin complexe (semblable à l’intérieur du corps
humain) diminue fortement.
Les spermatozoïdes utilisent en fait indirectement la gravité comme repère pour s’orienter dans l’appareil reproducteur d’une dame. Une véritable boussole qui leur permet de progresser efficacement jusqu’à l’ovule. Sans ce repère, les spermatozoïdes sont beaucoup moins efficaces.
C’est d’ailleurs l’un des enjeux majeurs de ces études
: Comprendre comment l’homme pourra continuer à se reproduire s’il se lance un
jour dans la colonisation humaine de l’espace.
En précisant que les animaux sont également concernés, étant donné qu’une colonie durable devra intégrer une chaîne alimentaire complète. Mars ou la Lune, où la gravité est réduite, sont déjà en ligne de mire.
Et plusieurs expériences sur des mammifères révèlent que la microgravité pourrait affecter d’autres étapes-clés de la reproduction : Chez la souris, le taux de réussite de la fécondation chute d’environ 30 % après quelques heures d’exposition à une microgravité simulée.
Un environnement prolongé de microgravité simulée peut
même entraîner des retards de développement embryonnaire, voire une diminution
du nombre de cellules essentielles à la formation du fœtus. Le moins que l’on
puisse dire, c’est qu’il y a encore beaucoup de travail à faire, côté
reproduction, mais aussi, et surtout, côté éthique.
Aujourd’hui, Chrysalis qui reste un concept théorique, est issu de travaux d’ingénierie les plus avancés mais sans programme concret de réalisation.
Pourtant, il matérialise l’hypothèse (de « Must ») que l’humanité commence à envisager sérieusement : Celle d’un futur où la survie de notre espèce ne dépendrait plus uniquement de la préservation de la Terre, mais de notre capacité à nous en détacher.
Dans son roman Aurora, l’auteur « ricain »
Kim Stanley Robinson évoque de son côté plausiblement les problèmes techniques
considérables que pose un voyage interstellaire. Mais il fait surtout de ce
voyage un drame politique en explorant les libertés à sacrifier pour rendre
envisageable un vaisseau interstellaire, en interrogeant les réactions aux
échecs, les limites de l’acceptable, les risques biologiques liés à l’isolement
et à l’imprévu. « Must » l’aura-t-il lu ?
Ainsi, sous couvert de science-fiction spatiale, Aurora est aussi une parabole « écolologiste » soulignant l’inadaptation fondamentale de l’humain à d’autres planètes et sa vulnérabilité face à une possible vie extraterrestre.
Et c’est aussi la critique d’une génération arrogante
qui condamne ses descendants en les projetant vers les étoiles !
Aurora est ainsi une œuvre double, à la fois hommage au voyage spatial et réquisitoire contre son usage irréfléchi, recentrant maintenant l’attention sur l’essentiel : Le bien-être humain et la préservation de l’habitabilité de notre planète !
Personnellement, je pose également la question
iconoclaste suivante : Si on peut raisonnablement imaginer que la vie ait
émergé ailleurs autour d’autres étoiles que la nôtre et ait réussi à développer
des intelligences au moins égales à la nôtre sinon plus avancées encore,
comment ces espèces-là ont-elles résolu exactement les mêmes problèmes,
techniques, éthiques, philosophiques, « écolologiques », civilisationnelles
et autres pour – paraît-il – venir nous visiter ?
Et pour quel intérêt scientifique que de nous voir nous entretuer pour quelques barils de pétrole ou satisfaire l’égo surdimensionné de quelques clowns et autocrates divers ?
Bien sûr la solution existe : Il faut déjà se
débarrasser du poids du temps qui passe et probablement nos éventuels visiteurs
sont des « immortels », au moins autant que nos robots et autres
drones… Du moment qu’ils disposent d’énergie, ils poursuivent inlassablement la
mission assignée, peu importe le temps qui passe.
Autrement dit, ce ne sont pas des « vivants » : Ce sont des machines.
Et puis d’un autre point de vue, une distance à franchir, c’est une durée qui dépend de la vitesse de déplacement qui elle-même découle de l’énergie qu’on y met, autrement dit encore du « temps qui passe » (et ne revient pas).
Or, la théorie de la relativité exige que le temps dépende également de la vitesse atteinte par l’horloge du bord (ce qui est tout de même abordé dans « Interstellar ») ainsi que des masses environnantes, qui elles-mêmes enflent avec la vitesse.
Et puis je suis marri que mes auteurs préféré de science-fiction – y compris dans la filmographie existante, hors le film « Gravity » qui reste absolument extraordinaire de ce point de vue – élude les contraintes de la vie dans le vide et n’envisage jamais de nous décrire une vie en apesanteur ou en pesanteur réduite : C’est pourtant frappant de vérités étranges quand on regarde les images des missions de l’ISS ou même d’Apollo (et on va en avoir d’autre avec Artémis).
Personne ne vous dit, pas même « Élan-Must »
que, toute technologie bue, avec une accélération d’un seul « G »,
qui règle les problèmes de l’apesanteur puisqu’il s’agit de la valeur de la
pesanteur à la surface de la Terre (qui est déjà moindre en orbite), il
faudrait accélérer durant un an et demi pour atteindre la vitesse de 95 % de la
vitesse de la lumière… Un an et demi à bord, deux ans et demi pour un observateur
resté sur le plancher des vaches…
Et autant pour ralentir à proximité de votre destination d’Alpha du Centaure.
Pareil pour le retour.
Aussi, dans une seule vie humaine, le colonel Miles Quaritch d’Avatar, peut faire plusieurs fois l’aller et le retour…
Mais là, s’il ne s’agit plus d’exploration mais d’exploitation et il n’est pas non plus question de migration de masse…
Plus loin, pour une migration sans retour, c’est plus
compliqué et on en revient à la solution Chrysalis : Pour un voyage vers
une nébuleuse située à 6.500 années-lumière par exemple et toujours avec une
accélération d’un « G » à bord, jusqu’à 99,998 % de la vitesse de la
lumière, il faut compter 50 ans à bord, 6.502 années sur la Terre.
C’est vous dire l’illusion qu’aura pu vendre « Must » au Davos de cette année… même si ça fait peut-être avancer la science…
Alors que d’autres envisagent l’éternité biologique de leur enveloppe charnelle, ou son clonage en sauvegardant aussi leurs connaissances et surtout… ambitions !
Mais c’est un autre sujet !
Bon
début de semaine (courte) à toutes et à tous !
I3
Pour mémoire (n’en
déplaise à « Pal-Poux-tine ») : « LE PRÉSENT BILLET A ENCORE ÉTÉ RÉDIGÉ PAR UNE
PERSONNE « NON RUSSE » ET MIS EN LIGNE PAR UN MÉDIA DE MASSE « NON RUSSE »,
REMPLISSANT DONC LES FONCTIONS D’UN AGENT « NON RUSSE » !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весь позор!
Parrainez Renommez la rue de l'ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny (change.org)
Si les deux premières destinations sont physiquement réalisables (même si elles sont difficiles, se heurtant à d’autres obstacles que ceux de la physique), la troisième relève très probablement de l’utopie, de l’impossibilité pratique, sinon fondamentale.
À titre de comparaison, la sonde Voyager 1, lancée en septembre 1977, est l’objet d’origine humaine actuellement le plus lointain de notre planète. Elle est maintenant située à plus de 25 milliards de kilomètres et dépasse désormais l’héliosphère.
Une sonde qui poursuit son chemin à raison de 17 km/s et devrait atteindre une distance de 1 jour-lumière d’ici un an. À ce rythme, Voyager 1 atteindrait la distance équivalente à celle qui nous sépare d’Alpha du Centaure en un peu moins de 77.000 ans !
Si SpaceX imagine un vaisseau de 1.000 tonnes (ce qui serait pourtant bien trop petit pour assurer la survie d’un humain durant la totalité du voyage), lancé vers Alpha du Centaure à une vitesse moyenne égale au dixième de celle de la lumière, en tenant compte de phases d’accélération et de décélération, il mettra environ quarante-cinq ans pour atteindre son objectif.
Il faudrait une accélération beaucoup plus puissante pour raccourcir ce délai…
Or, à sa vitesse de croisière, sa seule énergie de mouvement (dite énergie cinétique, égale à la moitié du produit de sa masse par le carré de sa vitesse) atteindra 450 exajoules (1 exajoule correspond à 1018 joules), ce qui est du même ordre de grandeur que la consommation de toute l’humanité en un an (un peu moins de 600 exajoules) qu’il faudrait déployer deux fois, à l’accélération et à la décélération…
Prenons un cas d’école, dans le film Avatar (James Cameron, 2009) : Le Venture Star est envoyé vers Alpha du Centaure par l’organisation qui exploite les ressources minières de Pandora.
Lors de la scène d’arrivée, au début du premier film, une voix anonyme annonce aux passagers en train de se réveiller qu’ils viennent de terminer leur voyage de « cinq ans, neuf mois et vingt-deux jours » (qu’ils ont effectué en « sommeil cryogénique », technique fictive, parce qu’embarquer autant de monde et le nourrir tout au long du trajet serait délirant…). Autrement dit le Venture Star a parcouru un peu plus de quatre années-lumière en un peu moins de six ans.
Pour y parvenir, ce vaisseau ne peut être propulsé que par l’énergie formidable dégagée par l’annihilation entre matière et antimatière.
Rappelons que, sur le papier, l’efficacité de conversion de l’antimatière en énergie est bien plus considérable que pour la fusion. Ça c’est pour la théorie…
Parce qu’en pratique, l’antimatière n’existe pas à l’état naturel !
Il faut non seulement la produire sous forme d’antiatome en dépensant pour cela une énergie immense, mais aussi résoudre les difficultés inhérentes au stockage de l’antimatière produite.
En bref, comme pour les voitures électriques, il faut produire l’énergie en amont, autrement dit pratiquer à une première transformation, rien de plus, qui permet son stockage et sa concentration pour la retransformer ensuite en énergie cinétique…
Calcul qui ne prend même pas en compte l’énergie nécessaire aux passagers pour les garder en état de « sommeil cryogénique »…
Donc, donc, donc, si on peut donc gloser à l’envi sur les techniques de propulsion du futur (fusion nucléaire, antimatière ou voiles poussées par des lasers)… en réalité, atteindre un autre système stellaire, même avec de simples sondes, ne sera possible que lorsque nous disposerons d’une quantité d’énergie très supérieure à celle dont l’humanité dispose aujourd’hui !
En d’autres termes, envisager un voyage interstellaire suppose implicitement que l’humanité dispose d’un surplus énergétique colossal, stable et durable, lui permettant d’en consacrer une fraction significative à ces projets durant plusieurs générations.
Voire, ressort non plus de l’utopie, mais d’une psychopathie quelconque (qui n’a pas encore de nom…).
Ici, il ne s’agit plus d’exploration de quelques astronautes atteint d’agoraphobie aiguë, mais carrément de migration.
Là, il s’agit d’un voyage estimé à environ 400 ans – le « sommeil cryogénique » n’étant toujours pas au point malgré des milliards dépensés en pure perte en recherches diverses –, un voyage aller sans retour possible, où le vaisseau devient un monde autonome, conçu pour recréer toutes les conditions nécessaires à la vie humaine dans le vide spatial.
Une petite planétoïde privée, en quelque sorte…
Les habitants vivraient dans des environnements recréant des paysages terrestres, avec une organisation sociale structurée pour garantir la survie collective.
Chaque fonction, chaque métier, chaque naissance même, serait intégrée dans une logique de stabilité à long terme, où l’individu devient une pièce essentielle d’un équilibre fragile.
Cela implique une redéfinition radicale du sens du voyage, du sacrifice et de la transmission.
Vivre et mourir dans un vaisseau, sans jamais connaître autre chose que cet univers clos, exige une discipline sociale, une résilience mentale et une cohésion collective d’un niveau inédit dans l’histoire humaine.
En microgravité, les spermatozoïdes sont complètement déboussolés et ont toutes les peines du monde à trouver leur chemin jusqu’à l’ovule. Comme aller dans l’espace pour faire des tests de fécondation in vitro (FIV) reste aussi coûteux que complexe, des scientifiques de l’étude ont utilisé un dispositif appelé clinostat 3D, qui modifie en permanence l’orientation des cellules pour simuler une perte de repères gravitationnels. L’objectif est d’analyser le comportement des spermatozoïdes soumis à une microgravité simulée semblable à celle que l'on retrouve dans l’espace si on ne navigue pas comme dans le projet Chrysalis (qui tout d’un coup devient « précieux » même s’il est hors d’atteinte).
Les spermatozoïdes utilisent en fait indirectement la gravité comme repère pour s’orienter dans l’appareil reproducteur d’une dame. Une véritable boussole qui leur permet de progresser efficacement jusqu’à l’ovule. Sans ce repère, les spermatozoïdes sont beaucoup moins efficaces.
En précisant que les animaux sont également concernés, étant donné qu’une colonie durable devra intégrer une chaîne alimentaire complète. Mars ou la Lune, où la gravité est réduite, sont déjà en ligne de mire.
Et plusieurs expériences sur des mammifères révèlent que la microgravité pourrait affecter d’autres étapes-clés de la reproduction : Chez la souris, le taux de réussite de la fécondation chute d’environ 30 % après quelques heures d’exposition à une microgravité simulée.
Aujourd’hui, Chrysalis qui reste un concept théorique, est issu de travaux d’ingénierie les plus avancés mais sans programme concret de réalisation.
Pourtant, il matérialise l’hypothèse (de « Must ») que l’humanité commence à envisager sérieusement : Celle d’un futur où la survie de notre espèce ne dépendrait plus uniquement de la préservation de la Terre, mais de notre capacité à nous en détacher.
Ainsi, sous couvert de science-fiction spatiale, Aurora est aussi une parabole « écolologiste » soulignant l’inadaptation fondamentale de l’humain à d’autres planètes et sa vulnérabilité face à une possible vie extraterrestre.
Aurora est ainsi une œuvre double, à la fois hommage au voyage spatial et réquisitoire contre son usage irréfléchi, recentrant maintenant l’attention sur l’essentiel : Le bien-être humain et la préservation de l’habitabilité de notre planète !
Et pour quel intérêt scientifique que de nous voir nous entretuer pour quelques barils de pétrole ou satisfaire l’égo surdimensionné de quelques clowns et autocrates divers ?
Autrement dit, ce ne sont pas des « vivants » : Ce sont des machines.
Et puis d’un autre point de vue, une distance à franchir, c’est une durée qui dépend de la vitesse de déplacement qui elle-même découle de l’énergie qu’on y met, autrement dit encore du « temps qui passe » (et ne revient pas).
Or, la théorie de la relativité exige que le temps dépende également de la vitesse atteinte par l’horloge du bord (ce qui est tout de même abordé dans « Interstellar ») ainsi que des masses environnantes, qui elles-mêmes enflent avec la vitesse.
Et puis je suis marri que mes auteurs préféré de science-fiction – y compris dans la filmographie existante, hors le film « Gravity » qui reste absolument extraordinaire de ce point de vue – élude les contraintes de la vie dans le vide et n’envisage jamais de nous décrire une vie en apesanteur ou en pesanteur réduite : C’est pourtant frappant de vérités étranges quand on regarde les images des missions de l’ISS ou même d’Apollo (et on va en avoir d’autre avec Artémis).
Et autant pour ralentir à proximité de votre destination d’Alpha du Centaure.
Pareil pour le retour.
Aussi, dans une seule vie humaine, le colonel Miles Quaritch d’Avatar, peut faire plusieurs fois l’aller et le retour…
Mais là, s’il ne s’agit plus d’exploration mais d’exploitation et il n’est pas non plus question de migration de masse…
C’est vous dire l’illusion qu’aura pu vendre « Must » au Davos de cette année… même si ça fait peut-être avancer la science…
Alors que d’autres envisagent l’éternité biologique de leur enveloppe charnelle, ou son clonage en sauvegardant aussi leurs connaissances et surtout… ambitions !
Post-scriptum : Alexeï Navalny est mort en détention pour ses opinions politiques. Les Russes se condamnent à perpétuité à en supporter toute la honte !
Постскриптум: Алексей Навальный умер в заключении за свои политические взгляды. Россияне обрекают себя на всю жизнь нести весь позор!
Parrainez Renommez la rue de l'ambassade de Russie à Paris en rue Alexeï Navalny (change.org)
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