dimanche 16 décembre 2018

Je pense que vous allez mieux dormir, désormais

On connaît enfin le nombre de photons dans l’Univers !
 
Hein c’est-y pas fabuleux ce à quoi servent vos impôts !
C’est quand même mieux que la rénovation du palais de l’Élysée à 100 méga-boules que personne ne verra après 7 ans de travaux (pas même le titulaire sur bail-précaire actuel).
 
Voilà le souci : Je te pompe de la taxe pour inventer et envoyer en orbite un télescope spatial, Fermi.
Bon là, ce sont les ricains qui payent, mais ils ne savent pas encore.
Et des observations du télescope spatial Fermi de la Nasa ont permis d’estimer le nombre de photons présents dans l’Univers : 4 suivi de 84 zéros !
4.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000.000 photons bien vivants.
T’imagine le gars condamné à les compter tous (toute sa vie), sans se tromper ni compter double ou en oublier et prier de rendre des résultats à plus ou moins 1 près !
 
Bé oui question existentielle importante qui m’empêchait de dormir sereinement  depuis la nuit des temps : Combien y a-t-il de « grains de lumière », ces particules sans masse appelées photons, dans l’univers ?
Vous n’en perdiez pas l’appétit, vous ?
C’est à cette drôle et impérieuse question que l’équipe du télescope spatial Fermi de la Nasa de l’Université de Clemsen (Caroline du Sud, États-Unis) a tenté de répondre dans la revue Science, datée du 30 novembre. Plus précisément, combien y a-t-il de photons dans une portion qui représente 90 % de l’espace.
Vous donnez votre langue au chat ?
Eh bien moi je sais désormais (et je vais pouvoir cuver tranquillement) : 4.1084 photons, tous d’énergies différentes puisque certains sont dans l’ultraviolet, d’autres dans l’infrarouge et d’autres encore dans le visible.
Un nombre inimaginable, gigantesque (et sans erreur) de 4 suivi de 84 zéros !
 
Ce chiffre astronomique représente tout simplement les lumières émises par toutes les étoiles pendant 90 % de la durée de vie de l’Univers, jusqu’à ce qu’elles viennent heurter le fond de la rétine du mek qui a compté (sans être définitivement aveuglé, macula cramée…).
En effet, lorsqu’une masse de gaz s’effondre sur elle-même pour former une étoile, en son sein, au fur et à mesure de son effondrement gravitationnel, la température augmente. Jusqu’à ce que le gaz au cœur de l’étoile se transforme en un plasma très chaud.
C’est dans cet environnement de fournaise que démarrent les réactions de fusion nucléaire, qui libèrent des photons. C’est à partir de ce moment-là qu’une étoile brille de ses mille feux.
Or, l’Univers peut être considéré comme une fabrique permanente d’étoiles…
Au sein des galaxies, le gaz ne cesse de former des étoiles qui brillent plus ou moins intensément au cours de leur vie.
À la fin de leur existence, elles peuvent soit exploser et libérer aussi quantité de lumière ou s’éteindre très progressivement. Mais même une fois l’étoile disparue, la lumière qu’elle a émise au cours de sa vie reste, persiste, et continue de se propager dans l’espace à sa vitesse d’escargot de… la lumière.
Elle met quand même des milliards d’année (je n’étais pas né) à nous parvenir, (alors qu’avec le « 24 heures-chrono », c’est nettement plus rapide…)
Celui-ci contient donc tous les photons émis par des générations successives d’étoiles, au cours des 13,7 milliards d’années de la vie de l’Univers !
Logique.
 
Maintenant, pour obtenir ce résultat, il n’a pas suffi de ficher « S » tous les photons un à un et d’en faire le total. L’équipe au pouvoir du télescope spatial Fermi de la Nasa qui détecte les rayons gamma émis par les quasars, a exploité les données enregistrées en provenance de seulement 739 quasars très lointains.
Des astres très compacts qui hébergent en leur centre des trous noirs super-massifs. Or, avant de parvenir au télescope, en orbite autour de la Terre, la lumière des quasars, formée de photons gamma, traverse plus de 90 % de l’Univers.
Tout en se propageant elle percute les photons de moindre énergie – ultraviolet, visible et infrarouge – qui peuplent l’espace, émis par des générations d’étoiles.
Chaque collision absorbe l’énergie des photons gamma. Cette énergie se transforme en une paire de particules et antiparticules. À l’arrivée, la lumière des quasars paraît bien plus faible, car absorbée par tous les photons émis par des générations d’étoiles rencontrés sur leur trajectoire.
En connaissant cette absorption des rayons gamma, on peut ainsi estimer de façon fiable la densité de photons présents.
Logique…
Les chercheurs (qui ont trouvé) ont pu ainsi sonder l’activité stellaire de l’Univers sur une dizaine de milliards d’années.
C’est de cette façon-là qu’ils ont pu compter tous les « photons-de-l’univers ».
 
Fabuleux, n’est-ce pas, d’autant que ça ne sert à rien.
On ne peut même pas en tirer une « quantité d’énergie » globale (donc une masse) de l’univers.
Enfin pour une fois, je suis content : Vous n’avez rien payé !
En revanche, on crève toujours de faim dans le monde (ainsi vivement éclairé) et les fins de mois sont toujours aussi tendues qu’auparavant (là où il s’agit de sauver le monde, n’est-ce pas).
Mais vous dormirez probablement mieux, puisque malgré le nombre impressionnant de photon, vos nuits restent toujours aussi sombres.
Et « ah que » moâ, je vais m’en jeter un derrière la cravate, histoire de me remettre les idées en place.
 
Bonne fin de week-end à toutes et à tous !
 
I3

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