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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

dimanche 12 avril 2015

Au nom du père (Chapitre XV ; Tome I)

Délire aérien

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

 
« L’équipée sauvage » débute au matin tout de suite avant le lever du soleil. Paul emmène Jacques sur sa moto jusqu’à Pontoise dans un Paris déserté par les véhicules. Avant de partir, il laisse un message sur le portable de Mylène avec laquelle il a finalement décidé de passer le week-end. Qu’elle ne s’inquiète pas trop… 
Et c’est pour se faire engueuler au téléphone ! Non pas pour cause d’absence, de toute façon, le week-end elle a besoin de main-d’œuvre pour faire face à l’afflux de clients des beaux jours, mais parce que « Shirley, l’anglaise à la tâche de rousseur » est sur place à l’attendre ! 
Mais qu’est-ce qu’elle fait là, celle-là ? Qui lui a donné cette adresse ?
« Je ne sais pas ! De toute façon la question n’est pas là ! Que tu sautes ma fille, passe encore : C’est ma fille ! Même sous mon nez, une mère fait tout pour ses gosses. Mais que tu ramènes tes pouffiasses sous mon toit, je ne l’admets pas ! » Elle se fiche pas mal de ce qu’il fait par ailleurs et avec qui il la cocufie, mais pas chez elle ! 
Une véritable furie… 
 
Parce que chez elle (chez elle… on ne peut pas vraiment dire, mais passons), c’est totalement inadmissible. 
En revanche, l’arrivée de la jeunette brunette anglaise en terre normande, là, c’est une surprise même pour Paul : il ne lui avait pourtant rien fait ni promis, à cette gamine. 
« Justement ! Je ne te crois pas, elle est complètement allumée. » 
Bé qu’elle la renvoie dans ses foyers : il a d’autres urgences à régler. 
« Que tu parles que je vais te la renvoyer là où il faut ! » fait-elle en raccrochant violemment le combiné qui manifestement en tressaute avant de couper la conversation. 
Un grand n’importe quoi, « Shirley la tâche de rousseur » ! 
 
Récupération du De Havilland à Pontoise. Une petite heure de vol pour rejoindre Fox. 
Rémarde, pas prévenu n’est pas là, comme à l’accoutumée, parti sur Toulon « visiter sa sœur ». Lydia garde le domaine en solitaire. 
Un peu étonnée de voir « son chef » s’être démultiplié au passage : elle ignorait qu’il puisse avoir eu un frère, ce qui ne fait aucun doute à son œil de femme, tellement les ressemblances peuvent être nombreuses. 
Sauf que l’un est un peu plus petit, moins « musclé » et plus grassouillet que l’autre. 
Après les présentations, Paul lui raconte la belle histoire. « J’emmène mon frère à Límnos. Il a besoin d’être à l’abri quelques temps » lui fait-il après avoir téléphoné à son ami Desmondrios qui accepte de le recevoir quelques jours chez lui. 
« Je reprends le Robin. Le De Havilland me refait le coup des gyros qui déconnent. Faudra les changer au lieu de les bricoler. » 
Il lui expose que du coup il fera deux escales : Une à Dubrovnik et l’autre à Athènes. Normalement il est de retour dans la nuit par la même route aérienne. 
Et elle d’avoir les yeux qui brillent à cette perspective. Connaissant « son chef », elle sait qu’elle peut toujours espérer, mais que rien n’est jamais sûr avant que ça ne se réalise. 
 
Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est que Paul a eu en ligne Petros, à l’occasion d’une visite éclair des locaux désertés par son frère resté sous la douche, depuis son bureau à l’étage inférieur de son appartement parisien, le directeur de l’hôtel de Kotor qui s’active avec son équipe pour une ouverture aux touristes dans quelques jours. Les travaux de réhabilitation touchent à leur fin et enfin les premiers vacanciers et les premières recettes sont attendus dans moins de huit jours. 
Paul a arrêté son plan hier avec Jacques et le précise pendant le vol. « À l’escale de Dubrovnik, on refait le plein. Et tu te montres. Une fois décollé vers le sud, je simule une panne et on se fait un atterrissage en catastrophe sur la plage où Petros nous attend avec une voiture. Dès ce moment-là, tu es prié de rester planqué là où il t’emmène jusqu’à ce que ta barbe et tes cheveux poussent suffisamment pour devenir méconnaissable. Ok ? »
Jacques écoute la suite. 
« Je redécolle seul et retourne sur Dubrovnik pour un passage dans les ateliers d’un mécano. On reste sur la plage un petit quart d’heure, histoire que je puisse raconter par la suite que l’électricité, que j’aurai bricolé avant de redécoller, est naze ce qui justifie que l’avion n’est plus stable et qu’on renonce provisoirement à poursuivre notre route. 
Puis en revenant sur l’aéroport, je plante l’avion dans l’eau : L’assurance le remboursera. Et là, on me récupère accroché à mon gilet de sauvetage, alors que toi, tu seras réputé avoir coulé comme une pierre, incapable d’enfiler le gilet. Ça te va ? »
C’est le plan de son frère, qu’il avait lui-même sollicité, comment ne pas être d’accord… 
« Tu es sûr que ce n’est pas trop dangereux, un amerrissage sans flotteur ? »
Paul n’en a pas encore fait des comme ça, jusque-là. Bien sûr que la manœuvre est périlleuse, mais d’autres l’ont faite avant lui. Le tout, c’est de s’extraire rapidement avant que l’avion ne s’enfonce trop profondément. Et donc de rester conscient sans prendre de coup sur la tête. 
Mais il imagine déjà les mines idiotes et les blagues de basse-cour qui circuleront dans le monde aéronautique dès qu’on saura que « Charlotte », le roi de l’hydro-aviation, dès qu’il n’a plus ses flotteurs, il ne fait que des conneries : son premier crash, c’est un coup à foutre en l’air toute une réputation mondiale, ça ! 
 
« Normalement, moi, je raconte la belle histoire, que tu es venu me demander de l’aide et que je t’exfiltrais sur la Grèce. Ça justifiera une enquête de police sur les menaces que tu as reçues, dès le lundi qui vient. De mon côté, je n’en peux plus d’être responsable de ta mort alors même que je cherchais à t’aider, ce qui justifiera que je sois actif dans cette enquête, par contrecoup psychologique : responsable direct de ta mort, je chercherai à me dédouaner en recherchant à reporter la cause du désastre sur autrui, tes « malfaisants ».
Par ailleurs, on va sans doute retrouver l’épave de l’avion et la remonter. Ce qui va entraîner une recherche de ton cadavre pendant un moment, dans toute la zone. Ça va les occuper, pendant que j’affirmerai dans toutes les langues que je n’ai pas pu te repêcher quand je t’ai vu couler à pic faute d’avoir su capeler ton gilet de sauvetage ! »
Et si on s’aperçoit que l’avion n’a pas eu de panne ? 
« Mais que si, il aura une panne ! Un coup d’Opinel sur la courroie de transmission quand on sera sur la plage et je t’assure que normalement j’ai plus de jus dans les commandes des ailerons : on en revient illico-presto à la « force du poignet et de la cheville » sur la tringlerie du bord, en mode « natif et de secours » ! Ce qui éventuellement peut servir d’élément d’une enquête pour sabotage ! Vue ma réputation mondiale de pilote émérite, t’en fais pas que ça restera des plus plausibles ! »
 
Au-dessus des Alpes, de la plaine du Pô et de l’Adriatique, la conversation roule sur le passé de Paul. 
« Bé pendant que tu étais pris en charge par Grand-père, suite au décès de Papa et de la dépression de Maman, moi, j’étais confiné à Paris dans l’hôtel de la veuve du colonel, la vieille chouette de « Tante Jacqueline ». »
« On m’avait dit que tu étais resté avec Maman, en Alsace. Tu sais, je t’en ai beaucoup voulu d’avoir pu vivre avec elle sans avoir de nouvelle. À tous les deux, d’ailleurs. Mais peut-être plus à Maman de m’avoir abandonné ainsi. »
Elle ne l’a jamais abandonné, ni lui, ni Paul. Mais elle a été très secouée par la mort de leur père. 
Paul raconte comment il a grandi dans ce milieu où on le traitait avec mépris, entre ses deux « cousines » issues de germain, Sylviane et Josiane, « deux salopes », la « vielle chouette » et le type avec lequel cette dernière s’était mise à la colle, pour ne pas perdre le bénéfice de la pension militaire de son veuvage : il était devenu le « garçon à tout faire ». 
« Nous étions deux à faire tourner la boutique en permanence. Mon pote Michel, mort depuis du sida, un homo comme d’un phoque, et moi. Nous faisions les gardes de nuit, le petit-déjeuner, et lui servait à midi pendant que moi j’étais au collège puis au lycée. Et nous servions les repas du soir. » 
André, l’amant de la « vieille chouette », était restaurateur dans une station de ski dans les Vosges. « Elle avait dû le rencontrer sur place. » Et il est descendu à Paris pour transformer l’hôtel particulier de la rue de Sèvres que la veuve occupait pour partie avec ses filles et louait le reste en meublé, en un hôtel avec restaurant. 
« La cuisine était dégueulasse. L’hôtel et ses dix chambres un peu minable, mais ça tournait quand même grâce à Michel qui s’y entendait avec son réseau homophiles pour des chambres et des soirées un peu spéciales du « Newvox », quand les deux loufoques partaient à Gérardmer pour la saison, ou pendant leurs vacances d’été, pour se faire du beurre. » 
 
Paul indique à son frère qu’il a compris que l’hôtel était une poule aux œufs d’or, plus pour Michel que pour lui, à part quelques compensations en nature quand des lesbiennes accompagnaient leurs homos dans les soirées spéciales, il avait intérêt à accélérer rapidement le rythme de ses études pour sortir le plus vite possible de ce milieu-là. 
« Tu es pédé ? » 
Que nenni. « Non moi, ce sont les filles et les avions. Les types n’ont pas trop intérêt à m’approcher avec même une seule ombre d’étincelle de lubricité dans le regard, ou l’once d’un geste déplacé. Michel y veillait : Il savait que je pouvais foutre en l’air son petit bordel en un claquement de doigt. Il me préférait nettement en qualité de complice de ses activités obscures ! »
Il n’aillait quand même pas lui expliquer aussi, entre deux vacations radio dans les airs, comment il avait formé son premier pécule. 
Le « boulot » de gigolo, c’est plaisant sur le moment, mais ça ne l’est pas forcément « avant »… 
 
Et puis advint ce qui devait advenir. Les Affaires d’André n’étaient pas aussi florissantes qu’il ne le souhaitait. « Faut dire qu’il avait tendance à boire le stock et manger la marge ! »
Les « cousines » étaient inquiètes et « à l’époque, je les avais convaincues que pour protéger le patrimoine de leur paternel, dont elles étaient nues-propriétaires, il fallait le rendre inaliénable en me signant une promesse de priorité sur leurs droits en cas de cession. Bon, j’étais mineur, ça n’avait pas grande valeur juridique et j’étais en prépa scientifique à Louis le Grand. Je n’avais pas trop le temps entre les cours de culture G, les équations à s’enfiler et mes vols de certification pour obtenir ma licence moteur d’aviation, mais elles l’ont fait. » Il avait su être convaincant…
Car le « métier » de gigolo, ça apprend certaines choses de la vie. Des envies des femmes, surtout. Leurs secrètes et refoulées. 
Et l’année suivante, la pression était devenue trop forte et la caisse trop vide. Il a s’agit de vendre l’hôtel particulier et d’investir le pactole dans les Alpes. « Pas du tout d’accord, les gamines ! C’était en 1993 ou 94, je ne sais plus, mais on a fait échouer au dernier moment la cession du foncier à un promoteur avec cette fameuse promesse de priorité. Je n’avais pas beaucoup de rond, mais je me suis porté acquéreur grâce à Michel qui m’a prêté ses deniers. Que je ne lui ai jamais remboursé, d’ailleurs, puisqu’il était sur son lit d’hôpital à agoniser de son sida. Une horreur cette maladie ! »
Il n’allait pas non plus lui raconter comment ils avaient fait… 
En bon juriste, il aurait qualifié ça d’extorsion de fonds sous la menace de révélations photographiques parfois très scabreuses. 
Quoique les plus généreuses donatrices n’aient été forcément les plus scabreuses, justement… 
 
La suite est des plus classiques, même si l’opération était un peu compliquée sur le plan juridique : les banquiers ont suivi. « Et on a pu rénover l’hôtel et le transformer partiellement en résidence médicalisée pour vieux : Je pensais aussi aux vieux jours de Maman. Un projet superbe : On a creusé sous le bâtiment jusqu’à trois niveaux sous le sol. À R – 3, c’étaient des parkings et les pompes de relevage. R – 2, mais seulement sous le jardin et en son pourtour, c’était une piscine semi couverte et des locaux techniques et médicaux. Au-dessus, tu avais déjà des chambres de long séjour, une bonne vingtaine. Puis les arbres et le jardin à R - 1. Quant aux bâtiments, on l’a redécoupé pour en faire 18 chambres d’hôtel sur les trois niveaux et jusqu’aux combles, avec le restaurant réaménagé donnant sur la cour. La cadette voulait une sorte de restaurant à tapas, buffet ouvert, genre « club méditerranée » et j’avais insisté pour que le bâtiment sur rue soit transformé d’un côté en une boulangerie et de l’autre en un salon de soins aux personnes, pour que mes petits pensionnaires aient tout sous la main, du pédicure en passant par un salon de coiffure, et y compris un fauteuil de dentiste, un cabinet médical et une salle de rééducation en sous-sol ! »
Un projet qui s’est revendu comme des petits-pains, avant même la première journée d’activité, les deux sœurs s’occupant de la gestion des différentes sociétés d’accueil et de prestations de services. 
« Elles n’ont pas eu à regretter de m’avoir fait confiance et moi j’en suis ressorti avec mon premier million de dollar, pendant que tu trimais comme une bête et mangeait des patates à l’eau à en rembourser les droits de successions sur le patrimoine de Grand-père, la maison et ses parts dans le cabinet. » 
 
Autrement dit, si la renonciation à l’héritage paternel (hors celle du grand-père) avait été racheté à vil prix par Jacques, en quelques mois Paul avait pu récupérer plus de 20 fois sa mise personnelle « héritée » : du bon travail. 
Jacques en reste coi sur le moment, enviant un peu son petit-frère, qui n’avait pas connu les années de galère. 
« Et puis, j’ai réussi l’X, j’ai intégré l’aéronavale, je me suis marié aux USA… T’inquiète, j’ai divorcé rapidement. J’ai piloté des avions extraordinaires, je suis allé faire la guerre en Afghanistan et j’ai collé ma démission un peu plus tard. »
Paul raconte que depuis, il glande « à gérer une usine de poudre, missiles et prototypes secrets pour la défense nationale. La fondation varoise (où il venait de faire escale), un restaurant sur les boucles de Seine, une agence de détectives privés et de sécurité et depuis peu, l’hôtel de Kotor. Mais un vrai celui-là, pour touristes ! »
Bref, les affaires vont bien. Il n’a pas à se plaindre. « Je pense que je devrais parvenir à la dizaine de millions d’euros de patrimoine perso d’ici un an ou deux, si les affaires continuent de bien marcher comme ça. Mais je regretterai toujours que tu aies voulu tirer la couverture à toi : à deux, nous aurions été encore plus forts et plus loin ! » conclut-il en amorçant sa descente sur l’aéroport de Dubrovnik, situé au sud de la ville historique, martyre de la guerre « Serbo-bosniaque ». 

Avant d’atterrir, Paul souhaite revenir sur un détail qui le chiffonne : « Dis-moi Jacques, pourquoi devant tes menaces, qui pourraient s’avérer sans fondement par la suite, tu n’as pas fait faire une enquête par la police et pourquoi c’est moi que tu viens trouver alors même que je suppose que ta position sociale comporte forcément de solides amitiés ? »
« J’ai déposé plainte contre X avec constitution de partie civile pour menaces de mort. C’est un délit en France. Manifestement sans effet depuis. C’était à l’occasion de la visite des flics, suite à la diffusion de la « lites des mille ». Je devais être entendu par un juge d’instruction dans quelques semaines mais il m’aura fait savoir qu’il ne pouvait pas grand-chose. » 
Des amis, il en avait plein. « Non seulement j’en ai de vrais, qui sont là pour partager les peines et les bonheurs à l’occasion de mon mariage avec Priscilla. Mais des amis sûrs, je ne sais pas : il y a trop de félons potentiels parmi eux, surtout dans le domaine politique. »
Il hésite, puis continue. 
 
« Il faut que je te dise. Grand-père m’a introduit en loge maçonnique à la fin de mes études de droit. J’ai donc plus de 100.000 frères en France, dix à vingt fois plus dans le monde. À chacun, je peux demander asile, aide et assistance en poussant leur porte, au nom de la « veuve et de l’orphelin ». Mais des frères comme toi, je veux dire de ta qualité, je n’en ai qu’un ! »
Franc-mac ! Frère trois-points ! En voilà une surprise pour Paul ! 
« Bé, pour ce que ça te sert, ta maçonnerie, te voilà bien con, mon frérot ! » 
Jacques s’en défend. Il explique que dans son métier, il vaut mieux savoir à qui on a affaire. « Et puis je suis dans une fraternelle de juristes et une loge plutôt spéculative qu’opérative. Tu sais, on nous y apprend d’abord le respect d’autrui. Que la liberté, c’est avant tout la responsabilité. Égalité, ça veut dire humilité, respect. Fraternité signifie solidarité, équité, justice. Des notions qui me conviennent très bien même dans le cadre d’une vie d’harmonie avec le Grand-Œuvre ! » 
Le laïus classique des « frangins trois-points » en pense Paul. 
« Tu es dans un pays de liberté, Jacques. Je te reconnais le droit d’association avec qui tu veux. Mais devenir solidaire, et indéfiniment en plus, avec des inconnus, ça me sidérera toujours ! »
 
« Pas du tout, puisque nous partageons tous les mêmes valeurs ! Il n’y a rien de dangereux : nous n’avons pas de voyou dans nos loges, mais exclusivement des honnêtes gens qui œuvrent chacun et au quotidien pour un monde d’harmonie et de tolérance. » 
« Alors, pourquoi ne pas faire jouer la solidarité infinie en ta faveur dans ta fuite ? »
Parce que du coup, 100.000 personnes en France sauraient où il se trouve. « Et que forcément, mes tueurs éventuels en profiteraient. Alors qu’avec toi, je suis sûr que tu garderas ce secret pour toi. Sous ton hospitalité, je suis bien plus en sécurité. Ce qui ne veut pas dire que je n’userai pas des fratries à l’occasion, non plus. »
Il avait intérêt à la fermer et rester silencieux tant que Paul ne revenait pas le chercher. 
« Ça ne sert à rien de te faire disparaître, de te faire croire mort, si demain tu passes un coup de fil à l’un de tes frangins ou à quiconque ! » 
Bien évidemment. 
 
L’atterrissage se passe sans encombre. Les deux frères confie le Robin aux mécanos de services afin qu’ils refassent le plein et vont prendre un petit-déjeuner léger à la buvette de l’aérodrome avant de repartir vers le sud.
Le décollage se passe tout d’abord correctement, avec une montée tranquille vers l’altitude de croisière. 
Puis, arrivé au niveau de la baie de Kotor, et juste après le changement de zone de contrôle régional, Paul signale une panne non identifiée des instruments de navigation de bord. « Je rentre à Dubrovnik réparer ça ! », annonce-t-il à la radio et en reçoit l’autorisation du contrôleur. 
Il entame un virage sur tribord qui le ramène au-dessus de la mer, et perd rapidement de l’altitude avant de rentrer dans le périmètre de contrôle de l’aéroport qu’ils venaient de quitter. 
À vitesse réduite et volets partiellement sortis, il revient alors vers la côte. Pour finalement repérer la plage visée où l’attend Petros avec une voiture. « Température de l’huile alarmante, je me pose en catastrophe ! » indique-t-il au contrôleur de la tour en indiquant la distance approximative des pistes.

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