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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

jeudi 5 août 2010

Opération « Juliette-Siéra » (VI)

Sixième chapitre : Les duperies
 
Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !
 
Paul se jette à terre en gueulant au planton d’en faire autant quand le deuxième coup claque contre la vitre blindée.
Celui-là sort de sa torpeur et se jette sous la table de conférence.
« Non pas là, contre les radiateurs ! Sur les côtés ! »
Paul rampe sur le coté pour éteindre la lumière dans la pièce. Et revient vers les fenêtres pour tirer les rideaux vénitiens et dérouler les volets.
En danger de mort, qu’elle disait la torride Emily, en fin de matinée ?
Franchement, « On me prend pour un con ou quoi, dans cette histoire ? »
« Pardon, Monsieur ? » interroge le gardien des dossiers.
« Vous ! Appelez vos chefs qu’on ramène immédiatement tous ces cartons à l’abri dans la minute. »
Ces chefs, mais ils dorment à cette heure-ci.
« L’officier de permanence alors ! Vite. Vous êtes armés ? »
Bien sûr qu’il l’est.
« Alors tirez sur tout ce qui bouge venant du balcon. Idem à travers la porte qui ne ce soit pas identifié. Moi, je file et vous laisse les secrets de la République sur les bras ! Vous claquerez la porte d’entrée derrière vous en partant. »
Un attentat ! Il fallait déguerpir et se mettre à l’abri fissa.
Paul prend une arme de poing rangée sagement dans un tiroir, son casque et son blouson de cuir, des papiers et un chéquier, et descend jusqu’au parking par l’ascenseur en introduisant une balle dans le canon du 11,43.
Le danger peut venir du parking et ensuite, dans la rue de sortie, par derrière.
Si on a à faire à des « pros », ils doivent savoir que les vitres étaient blindées, triple-feuillage et double-vitrage, le tout résistant en principe à du calibre de guerre, hors le 12,7, les coups de feu ne sont là que pour le faire sortir. Autant être le plus rapide possible pour bénéficier de l’effet de surprise. Après, il sera trop tard, même entouré de toute la flicaille du pays.
C’est donc en trombe qu’il sort, passe le coin de la rue, sans le moindre problème et file à vive allure sur sa moto vers la porte d’Orléans et l’autoroute du sud.
 
Au creux de la nuit, il refait le plein en Bourgogne, passe un coup de fil au sergent-chef Rémarde : il opte pour le haut-var. C’est plus loin, plus long, plus fatigant que le fortin de l’usine d’Aubenas, mais il y sera plus en sécurité.
810 kilomètres, il est parti vers deux heures moins le quart du matin, il devrait arriver vers sept heures et demie pour le café en comptant une autre pose-essence du côté de Grenoble.
Et puis sur la route, il repense à cette absence manifeste d’une deuxième équipe attendue dans le parking ou au coin de la rue.
Pas des « pros » ou alors c’est encore un « coup à trois bandes » : on ne voulait pas vraiment le tuer.
Ce qui contredit l’avertissement d’Emily. Mais alors, ça devient incohérent.
 
« Quoi ? » C’est le colonel Gabeaux qui hurle dans son combiné téléphonique ! « Et c’est maintenant que vous me prévenez ? »
Il faut dire qu’il ne s’est passé que quelques heures. Les « archives » sont de retour au ministère et sous bonne garde : une équipe est passée dans la nuit pour ramasser tous les papiers, mais entre-temps, on a perdu toute trace de « Charlotte ».
On a paré au plus pressé sans penser à avertir le colonel, responsable de « l’opération Isidore », des événements de la nuit.
« Retrouvez-le moi le plus vite possible et mettez-moi en liaison radio-cryptée avec lui. Je file au ministère. Envoyez-moi la voiture. »
Et le voilà qui se rase sommairement et enfile une tenue civile pour monter en trombe dans le véhicule stationné en double file qui vient à peine d’arriver.
Le coup de l’attentat, aussi rapidement, là, personne ne s’y attendait, faut-il reconnaître.
Il y a des fuites, ce n’est pas possible autrement. Et comme ça ne peut pas venir du ministère, puisqu’à part deux officiers généraux et lui-même, personne n’est au courant, c’est que ça vient « d’au-dessus ».
C’est la seule chose qui puisse expliquer la rapidité de la réaction.
Mais pourquoi un attentat ? C’est l’étape ultime, pas celle par laquelle on démarre.
Ou alors le colonel s’est fait duper lourdement et on ne veut pas, en haut-lieu, avancer sur les ordres reçus, comme d’un avertissement avant « beaucoup plus fort » en termes de sabotage de mission.
Quand même totalement schizophrène comme attitude !
Donner des ordres dont on ne veut pas qu’ils soient exécutés ?
Dément.
Arrivé rapidement au ministère tout proche dans la circulation fluide des petits matins d’été parisien, toujours pas de nouvelle de « Charlotte ».
Pierre Gabeaux téléphone au général Wimereux pour le tenir au courant de l’évolution de la situation.
« Ce n’est pas croyable ce que vous me racontez, Colonel. Non seulement on nous enjoint des ordres stupides, mais en plus on voudrait nous empêcher de les exécuter ? Ça n’a aucun sens ! Et en risquant la vie d’un civil ? C’est vraiment n’importe quoi ! »
Le général doute qu’il en sache plus par sa hiérarchie. Il faut donc prendre les mesures d’urgence et chacun ses responsabilités.
« Un point positif, mon général. « Charlotte » étant désormais personnellement impliqué, comme je vous l’avais prédit, on risque de ne plus pouvoir l’arrêter ! »
« Ne me dites pas que c’est un de vos coups tordus pour lui forcer la main ? »
Bien sûr que non. C’est un coup tordu qui ne relève pas du service. Mais peut-être bien d’un autre, à moins que ce soit une bévue destinée à duper tout le monde en sabotant l’opération.
« En attendant, prenez les mesures de protection qui s’imposent pour protéger notre homme. On ne va pas sacrifier un officier de l’aéronavale pour des nèfles en restant les bras-croisés. Voyez avec les services de sécurité de l’armée. Pas la police ni la gendarmerie : cette affaire a été confiée à l’armée, l’armée l’assumera jusqu’au bout ! »
Quel service au juste. À part la police militaire des casernements, Gabeaux ne voit pas trop, sur le moment.
 
« Nous avons l’agent « Charlotte » sur la ligne cryptée qui demande à vous parler, mon Colonel » annonce, tout de suite après cette conversation, l’interphone de service.
« Essayez de localiser l’appel », répond-il avant de le prendre.
« Mon colonel ? » C’est la voix de Paul De Bréveuil. « Vous avez reçu le paquet des archives ? »
Oui, bien sûr.
« Où êtes-vous ? » Caché, naturellement et à l’abri. Mais où, le colonel ne le saura pas.
« Que comptez-vous faire ? »
Raclement de gorge. « Mon colonel, je ne sais pas encore. Parce que plus j’y réfléchis, plus je pense que c’est un coup monté : il aurait fallu un bazooka pour passer à travers le blindage de la pièce. Et encore. Mais pas avec un fusil longue portée, sauf le M 95 ou équivalent. Si on avait vraiment voulu me tuer, on s’y serait pris autrement. »
Et Paul de continuer son raisonnement : Il ne s’agit que d’un avertissement ou d’une magouille organisée par le service. S’il l’apprend, il se promet de tuer après mille tortures tous les participants, leurs descendants, leurs collatéraux et même leurs ascendants encore vivants.
« Ça prendra le temps qu’il faudra, mais je le ferai ! » fait-il d’un ton menaçant.
Dénégations du colonel, un brin affolé par la portée de la menace proférée : « Je vous assure que je ne suis pas au courant. Si tel est le cas, je vous promets d’enquêter et de vous livrer le responsable ! »
« Admettons, mais j’enquêterai aussi de mon côté. Pour le moment, je ne vous fais plus confiance. »
Vous abandonnez la mission ?
« Non, au contraire, mon colonel. Mais vous n’aurez plus de mes nouvelles avant qu’on n’en termine. Je ne tiens pas à risquer ma peau pour du pognon qui n’existe peut-être même pas et qui n’est pas à moi, en plus ! »
Ah bé si : il lui faut assurer sa sécurité, le général l’a exigé, et un ordre reste un ordre, insiste Gabeaux. Faut qu’il comprenne ça, « Charlotte ».
« Alors avec un autre service que celui du ministère ! Qui ne dépende pas de lui directement. Pas question que je remette ma vie dans les mains de personnes qui ne savent pas tenir leur langue, parce que forcément, il y a eu une fuite, mon colonel. C’est impossible autrement. Et vous me prenez des gars qui savent y faire. De préférence des marins. »
Entendu. Il ne sait pas comment il va organiser tout ça, mais il se débrouillera.
« Bon, le reste, je vais avoir aussi besoin d’un crack en informatique, capable de pirater les meilleures sécurités sans se faire remarquer. Et là encore, pas un type de l’armée, sauf éventuellement, de la marine. Mais un type costaud et de totale confiance. »
C’est tout ?
Juste des fonds en avance sur budget. Une ligne de 100.000 euros ouverte sur le compte de la fondation.
Et Paul raccroche.
Moins d’une minute : pas de localisation confirmée. Dans le sud-est de la France.
La base de la Fondation Archéologique Icard ?
Le colonel consulte le dossier du capitaine De Bréveuil, trouve et forme le numéro.
Ça sonne. Le sergent-chef Rémarde décroche. « Passez-moi le commandant De Bréveuil ! »
« Qui le demande ? » Le colonel hésite. Puis se présente.
« À vos ordre mon colonel, mais, désolé, le commandant n’a pas été vu ici depuis plusieurs semaines. Je peux vous rendre un service, lui passer une commission quand il reviendra. Je suis à vos ordres, mon colonel ».
Bien joué, pense Paul en clignant d’un œil à l’adresse de son voisin. Il vaut mieux passer par les portables : on dispose de plusieurs cartes Sim, sur le site.
 
Il appelle par tranche de moins de deux minutes, le siège parisien pour rassurer. C’est branle-bas-de-combat. La police judiciaire est sur les lieux. Il y a trois impacts de balle. Du 9 mm. Pas deux.
Une de trop se dit Paul et décidément pas le bon calibre. On a bien à faire avec un faux attentat. Il n’a jamais été question de descendre « Charlotte », tout juste de lui faire peur, conclut-il pour lui-même.
Un tueur professionnel ne se sert que de deux étuis. Un pour immobiliser, un autre pour achever.
Dès le premier tir, il aurait dû se rendre compte qu’il ne se passait rien et laisser tomber.
Même en admettant qu’il tire à nouveau pour confirmer que ses projectiles ne passent pas, il n’aurait pas dû tirer une troisième fois.
C’est le premier tir qui n’a pas été entendu par Paul. Il aura fallu qu’il voie le pointeur laser pour qu’il se rende compte de ce qu’il se passait. Sans ça, l’autre aurait pu tirer tout son chargeur, personne n’aurait rien remarqué avant le passage de la femme de ménage le lendemain, tellement Paul était absorbé par sa lecture du moment.
Logique.
Mais alors qui ?
Effectivement, pas le colonel. Il se dit qu’il y ait allé un peu fort avec lui. Et que ce n’est pas plus mal, finalement.
Le détenteur réel des fonds ?
Ça implique que ces derniers existent bel et bien et que l’homme ou les hommes qui les protègent, sont terriblement au courant, formidablement renseignés. Très au-dessus du ministère.
Pas la présidence, tout de même ?
Il n’aurait jamais commandé cette enquête autrement, préférant l’assourdissant silence des maladies honteuses, au lieu de prendre le risque de remuer la boue.
Et puis ça, tout ça n’explique pas le dire d’Emily sur ces menaces…
À Aubenas, on avait un autre point de vue. C’est le prototype de l’avion en céramique qui est visé.
« C’est stupide, Isabelle ! »
Paul n’est pas le seul sur cette affaire-là. À la limite, il ne connaît même pas de tous les détails techniques. Le projet peut avancer sans lui : chacun sait ce qu’il a à faire.
Mais elle a quand même pris la décision de renforcer le niveau de sécurité de l’usine.
Pas plus mal.
 
Un coup de téléphone au restaurant. Mylène est dans ses casseroles, c’est sa fille Éva qui répond. À la masse, comme d’habitude. Sur son nuage à elle.
Mais elle passera la consigne de prudence.
Puis Charlotte, la vraie. Paul lui fait un petit résumé.
« Je peux t’aider en quoi ? »
Sympa la fille. Dommage qu’elle soit grosse, avec son petit nez qui bouge quand elle parle et amoureuse transie de leur associée commune, Aurélie, la géante.
« Tu n’as pas encore changé les clés de ton appart, avec toutes tes histoires de cul compliquées avec Aurélie ? »
Non ! Quelle question. C’est la période « amour fou », entre-elles.
Tant mieux.
« Bon voilà », reprend Paul. « Je suis un peu comme un fugitif. Donc je vais prendre des mesures de prudence et me promener de domicile en domicile. Il se peut que je passe un soir chez toi pour dormir, si je suis dans la merde. Sans prévenir. Point d’ancrage, les portables. J’éteins le mien, mais tu laisses des messages courts ou des Sms. Il faut que tu me trouves un certain « capitaine Haddock ». Tu peux m’organiser une rencontre avec ce type-là ? »
Haddock ? Ou ad hoc ? Ou encore hadock ?
« Un pseudo, j’imagine ! Tu te débrouilles avec tes moyens. »
Et il raccroche. Les deux minutes pas atteintes, les deux minutes nécessaires pour remonter un appel sur un portable.
 
Celui qui boit du petit-lait en lisant les rapports, mais le surlendemain seulement, c’est le sous-directeur Almont quand il apprend les exploits de son « équipe bis ».
Elle a dupé tout le monde, même les pandores locaux qui cherchent un tueur fou, un « isolé du neurone bancal ». Les militaires y voient un complot et ne savent pas comment l’éventer ou le parer, et même leur sécurité militaire, qui ne comprend rien à rien et cherche à mettre la main sur « Charlotte », soi-disant pour le protéger de lui-même…
L’agent spécial Almont fait rapatrier l’équipe bis, pas la peine de lui faire prendre des risques et renvoie deux équipes sur place. L’une en Ardèche, qu’elle se tienne près à remettre la piqûre, au cas où ce serait nécessaire.
L’autre à Malaga, en Espagne, là où le « Capitaine Haddock » doit faire une conférence sur les Ummos dans le cadre d’un congrès astronautique qui doit décider du lancement d’un projet international de satellite pour la recherche de la vie extraterrestre.
Il faut vérifier si « Charlotte » sort de son bois pour rencontrer le contact indiqué par l’agent de l’équipe first, et s’active ou non sur l’enquête qui lui ait confiée.
Pas question de le lâcher, le « bon cheval », sur ce coup-là.
Reste aussi à repérer le loup au fond de sa tanière. Il faudrait, tout autant que l’agent Lison, toute dans sa « cruchitude » de nymphette, soit disponible à proximité pour lui passer les messages dont il aura besoin au moment où il faut, afin de gagner du temps.
Pour le coup, il fait préparer une synthèse du dossier du procédé « Joseph Ferrayé ».
Normalement, ça doit conduire « Charlotte » à Genève ou chez maître Lardco, à Paris.
Ou les deux.
Après, il sera temps de lui fournir les listings des comptes de banque.
Si avec ça, « Charlotte » passe lui aussi à côté, là franchement, c’est à désespérer des français !
De tous les français.
 
Et quelques jours plus tard, alors qu’on se bat encore dans les montagnes entre Kaboul et Kandahar, se présente une opportunité invraisemblable.
Almont, qui n’est pourtant pas un homme de terrain, se décide à aller jusque là-bas.
À condition que le major-général ne fasse pas trop de difficulté sur place.
 

 
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